Archives par mot-clé : BRI

LE CASSE-TÊTE DU SERVICE APRÈS-VENTE DES BANQUES CENTRALES, par François Leclerc

Billet invité.

La Banque des règlements internationaux (BRI), ce haut-lieu de la réflexion macro-économique, est confrontée à une énigme dont traite son rapport annuel : comment se fait-il que la reprise économique significative qu’elle constate ne s’accompagne pas de la relance de l’inflation ?

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QUAND RIEN NE VA PLUS, QUE RESTE-T-IL À FAIRE ? par François Leclerc

Billet invité.

« Il se pourrait que nous soyons face non pas à des coups de tonnerre isolés, mais aux signes avant-coureurs d’une tempête qui couve depuis longtemps », a estimé Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la Banque des règlements internationaux, en commentant son dernier rapport trimestriel.

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UN PILOTAGE FINANCIER À VUE, par François Leclerc

Billet invité

On n’en finirait pas d’énumérer les facteurs de déstabilisation du système financier qui sont à l’œuvre ! Voulant bien faire, les banques centrales portent à ce sujet une grande responsabilité, leurs injections massives de liquidités et leurs taux proches de zéro ayant des effets qu’elles ne maîtrisent pas. Les régulateurs ne sont pas en reste, à l’origine d’une pénurie de collatéral résultant de leurs tentatives de renforcer le système et conduisant à de nouvelles acrobaties pour y remédier.

Il y a déjà l’embarras du choix, mais il va aussi falloir compter avec les chambres de compensation qui fleurissent dans le but d’accueillir le commerce des produits dérivés, avec pour mission réglementaire de garantir contre d’éventuels défauts occasionnés lors des transactions. À l’épisode précédent, le risque inhérent à ses produits financiers était censé être dilué par les bienfaits de la titrisation, il est maintenant concentré dans des structures ad hoc ! La question se pose uniment : est-ce un progrès ?

Comment désamorcer les bombes en puissance que sont les chambres de compensation ? Les meilleurs experts se penchent sur la question, appartenant à la Banque des règlements internationaux (BRI), à l’Organisation internationale des commissions de valeur (connue sous son acronyme anglais IOSCO) qui regroupe les régulateurs, ou à l’International swaps and derivatives association (ISDA) qui rassemble les acteurs du marché des produits structurés.

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LA RÉGULATION DU SHADOW BANKING, UNE PLAISANTERIE, par François Leclerc

Billet invité.

Par quel bout faut-il prendre la « finance de l’ombre » pour la réguler à son tour ? Ils s’y mettent tous pour y réfléchir, lançant des consultations : le Conseil de stabilité financière, la Banque des règlements internationaux, la SEC américaine et la Commission européenne, sans oublier l’IOSCO, l’Organisation internationale des commissions de valeur…

Leurs réflexions visent à établir une liste des entités systémiques, pour faire pendant à celle où figurent des banques et quelques compagnies d’assurance. Ce qui implique une réflexion sur la nature du risque systémique, dont dépendra ensuite la définition des mesures de régulation à prendre pour le contenir. Autant dire que le chemin à parcourir va être au moins aussi long qu’il ne l’a été pour les banques – selon des modalités revues à la hausse – alors que le dossier de la séparation des activités bancaires reste toujours ouvert en Europe et que la Fédération bancaire française (FBF) continue de s’y opposer résolument.

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DES MARGES DE MANŒUVRE SUR LE PAPIER, par François Leclerc

Billet invité.

Deux débats agitent le microcosme, signe de marges de manœuvre limitées et de difficultés à maitriser la situation. Le premier, au plus haut niveau, oppose à propos des taux la Banque des règlements internationaux (BRI) aux principales banques centrales. Faut-il les augmenter, comme le voudrait la première, ou les maintenir à leur très bas niveau actuel, comme la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et la BCE continuent de le pratiquer ?

Des deux côtés, on se revendique de l’équilibre du système, ce qui tend à démontrer qu’il n’est pas facile à trouver ! La BRI met l’accent sur les effets néfastes de la poursuite de la stimulation monétaire, les banques centrales sur la nécessité de ne pas tirer prématurément de sous les pieds du système financier le tapis dont il bénéficie. L’intervention de la BRI est intervenue à point nommé pour donner un point d’appui au débat qui rebondit au sein de la BCE, sans surprise à l’initiative du nouveau membre allemand de son directoire, Sabine Lautenschlager.

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BÂLE III RÉDUIT SES EXIGENCES !

Les mesures prônées par la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle, en matière de LCR (liquidity coverage ratio = taux de couverture de liquidité) des banques, visant à empêcher une répétition de l’effondrement des marchés financiers de l’automne 2008, seront mises en vigueur entre 2015 et 2019. On l’a appris aujourd’hui-même à 17h.

–  Quid si le problème devait se poser plus tôt ?

–  Voilà ! Tout de suite mauvais esprit ! Tous ces braves gens travaillent comme des dingues à résoudre les problèmes, et quelques anarcho-gauchistes mettent aussitôt en question leur bonne volonté !

Pour faire plaisir aux banques commerciales (et à leurs lobbyistes, qui travaillent dur : voir ici), la BRI a décidé que davantage d’instruments financiers serait déclarés liquides qu’il n’avait été envisagé en 2010 quand la question avait été examinée initialement.

Fait-il partie des attributions de la BRI de déterminer si un instrument de dette particulier (une reconnaissance de dette), est « liquide » ou non ? Bien entendu que non : la liquidité d’un instrument de dette, autrement dit sa capacité à se transformer en argent sonnant et trébuchant, c’est-à-dire encore sa capacité de se vendre au prix qui ferait plaisir au vendeur, dépend du seul marché des capitaux : ces instruments de dette parviendront à se vendre à ce prix là oui ou non.

L’opinion de la BRI a-t-elle la moindre importance à ce sujet ? Bien entendu que non ! Se moque-t-on alors du monde ? Apparemment oui… mais cela n’empêche que l’on marche d’un pas décidé vers la solution des problèmes !

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LE TEMPS, « Nous sommes en train de mettre en place une machine à créer de l’hyperinflation », le 12 mai 2012

Mon entretien avec Sébastien Dubas

Avant de retourner chez lui en Bretagne, Paul Jorion a fait escale, jeudi dernier, au « Club 44 » de la Chaux-de-Fonds pour donner une conférence. L’occasion d’évoquer avec cet économiste connu pour avoir prédit la crise des subprime, l’avenir d’un système capitaliste qu’il décrit comme étant « à l’agonie ».

Le Temps : La fin programmée du « Merkozisme », autrement dit de l’austérité comme seule issue à la crise de la dette, est-elle une bonne nouvelle pour la zone euro ?

Paul Jorion : Depuis qu’on a commencé à parler des problèmes de la Grèce, en décembre 2009, les décisions politiques ont toujours été prises avec au moins six mois de retard. Si bien que le budget qui aurait pu permettre à la Grèce de sortir de la crise est passé de 13 milliards, une somme évoquée en janvier 2010, à 105 milliards d’euros lorsque des mesures ont enfin été prises en mars de cette année. C’est presque dix fois plus que prévu. Ces atermoiements ont à chaque fois été motivés par des calendriers électoraux. Il a fallu attendre les élections dans les Länder en Allemagne, les législatives en Espagne, les présidentielles en France ou les prochaines réunions du G8 et du G20. Et ce sera probablement encore le cas avec les législatives françaises. La maladie de l’Europe a été de ne jamais prendre des mesures à la hauteur de la gravité de la situation. Tout ça parce que les hommes et les femmes politiques manquent d’audace et de détermination.

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SOUVERAINETÉ DES ÉTATS, RÉPUTATION FINANCIÈRE ET DROITS VITAUX DES PEUPLES, par Alain Gauvin

Billet invité

Doit-on priver de sa souveraineté un État impuissant à honorer sa dette ? Certains soutiendront que la question n’a pas lieu d’être posée car, de fait, la pression exercée par les agences multilatérales sur les États financièrement défaillants s’apparente à une privation de souveraineté camouflée. On peut adhérer à une telle opinion, bien qu’elle ne nous semble pas refléter la réalité : l’État défaillant conserve la maîtrise de ses prérogatives régaliennes, parmi lesquelles, la défense nationale, la diplomatie, l’ordre intérieur, la liquidation et la collecte de l’impôt, la décision de s’endetter ou encore le pouvoir normatif.

On pourrait réfléchir à défaire, temporairement, par une décision solennelle et suivie d’exécution, un État de sa souveraineté, lorsque l’État en question se trouve en situation de remplir les trois conditions suivantes :

(i) les droits vitaux de son peuple sont menacés ;

(ii) cet État est impuissant à faire face à ses obligations d’emprunteur, et il a déjà été défaillant dans le remboursement de sa dette après qu’elle a pourtant été restructurée ;

(iii) les autres États, mais surtout les agences multilatérales s’interrogent sur le risque qu’elles encourraient en termes de réputation si elles venaient en aide, une nouvelle fois, à l’État défaillant.

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L’actualité de la crise: quand tout patine… par François Leclerc

Billet invité.

QUAND TOUT PATINE…

La Banque des règlements internationaux (BRI), souvent présentée comme le saint des saints du système financier, a enfin trouvé la solution à la crise, ainsi qu’elle vient de l’exposer dans son rapport annuel. Devant le danger que représente l’existence simultanée de déficits publics grandissants et d’une nouvelle bulle d’actifs en voie de formation, elle propose de dégonfler les deux en même temps. Il fallait y penser !

La BRI vient en effet d’endosser ce qu’elle présente comme l’habit de la raison pour préconiser une vigoureuse action de réduction des déficits publics, tout en avertissant de la nécessité de restreindre les facilités monétaires des banques centrales. Les mesures de stimulus dans l’un et l’autre des domaines doivent selon elle avoir une fin, en raison de leurs effets ; le temps est donc venu de réfléchir à la manière de les arrêter. Elle précise même qu’il ne saurait être question d’attendre la reprise de la croissance pour agir, c’est à dire de tirer ces deux tapis de dessous les pieds des uns comme des autres  !

Cette prise de position remarquée de la BRI ne va pas contribuer à éclaircir une situation déjà passablement confuse à propos de la réduction des déficits publics, dont les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris acte à Toronto en décidant pratiquement que chacun faisait comme il l’entendait (ou le pouvait). Car elle contredit les récentes prises de position du FMI, qui, sans être d’une excessive clarté dans l’expression, vont dans le sens opposé. Dominique Strauss Kahn, son directeur général, affirmant pour une fois clairement, au sortir du G20, qu’ « il serait catastrophique que tous les pays resserrent leur politique, cela pourrait détruire totalement la relance ».

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L’actualité de la crise: de conciliabules en bricolages et en tâtonnements, par François Leclerc

Billet invité.

DE CONCILIABULES EN BRICOLAGES ET EN TÂTONNEMENTS

Une nouvelle série de réunions internationales au plus haut niveau format G20 est en préparation dans les antichambres. Des ministres des finances et des présidents des banques centrales, en Corée du sud les 4 et 5 juin, puis des chefs d’Etat, à Toronto les 26 et 27 juin. A croire que la tenue de ces rencontres obéit à une loi étrange : moins elles aboutissent à des décisions pratiques, plus elles se multiplient. Comme si toute une énergie devait leur être dépensée, consacrée à la difficile rédaction d’un communiqué final aussitôt classé que publié.

De quoi sera faite l’unité de circonstance qui va être affichée ? Deux grands sujets vont former la trame publique de ces réunions : la quadrature du cercle d’une réduction des déficits publics n’affectant pas la croissance, toutes deux présentés comme salvatrices, et l’ajustement international des mesures de régulation financière, dont les chefs d’Etat ont besoin de se prévaloir, puisque les marchés sont par ailleurs les maîtres incontestés, voire même revendiqués. Un troisième sujet sera certainement évoqué, mais pas nécessairement depuis les tribunes : la fragilité toujours très grande du système financier et bancaire, comme la crise européenne vient de l’illustrer.

De toutes les voix qui commencent à s’exprimer à propos du danger que représenterait un arrêt brutal des aides publiques à la relance de l’économie, en raison de réductions budgétaires trop précoces au nom de la lutte contre les déficits, une mérite d’être mise en exergue. Celle de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois. « Certains disent que l’économie mondiale est déjà repartie et que nous pourrions arrêter les mesures de soutien, mais je considère ce jugement trop hâtif », a-t-il estimé à Tokyo devant le patronat japonais. « La crise de la dette dans quelques pays européens pourrait entraver la reprise économique de l’Europe (…), le taux de chômage aux Etats-Unis ne baisse pas ». Prédisant que « Nous devons nous préparer à des difficultés », il a assuré que la Chine en tirait sans attendre les conséquences, faisant en sorte « de rester en alerte et de prendre des mesures avec calme (….) afin d’éviter une nouvelle baisse de la croissance ».

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L’actualité de la crise: briser l’encerclement de la dette, par François Leclerc

Billet invité.

BRISER L’ENCERCLEMENT DE LA DETTE

Deux réunions vont se tenir en Suisse ce dimanche et en début de semaine, dont nous ne saurons probablement pas grand chose. Mais ce n’est pas la discrétion qui les entoure qui fait en soi leur intérêt, mais plutôt leurs objets respectifs. La première est une réunion régulière de la Banque des règlements internationaux (BRI), la seconde un forum organisé conjointement par le FMI et la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale du pays.

La crise européenne est suivie de près dans le monde entier, en raison de ses conséquences systémiques potentielles à court terme, et de ses incidences à moyen terme : l’Europe, première puissance économique, représente plus de 30% du PIB mondial. Le G7 s’est donc penché dessus dans l’urgence vendredi dernier, à l’occasion d’une téléconférence.

Quant aux banques centrales, restées aux premières loges de la crise générale depuis son démarrage, elles ont de nombreux sujets à discuter ce week-end. Notamment Bâle III, cette future réglementation internationale qui vise à renforcer les fonds propres des banques, et qui est l’objet d’un bras de fer avec les Américains d’un côté et les Européens de l’autre.

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L’actualité de la crise: un système qui marche totalement en crabe, par François Leclerc

Billet invité.

UN SYSTEME QUI MARCHE TOTALEMENT EN CRABE

Donald Kohn, vice président de la Fed, a sonné l’alarme vendredi à l’occasion d’une conférence organisée par l’agence gouvernementale FDIC, à Arlington (Virginie). « Emprunter à court terme et prêter à long terme est une stratégie risquée par nature », s’est-il soudainement rappelé, en tirant comme leçon de cette constatation que ceux qui développent ce business (les banques) « doivent être certains que, la relance économique apparaissant, ils ne risquent pas d’être coincés par la hausse des taux d’intérêt … ». Se contentant de mentionner, comme cause de celle-ci, le moment où la Fed modifiera sa politique de très bas taux d’intérêt, ce dont il n’est pas question dans l’immédiat. Nous amenant à nous interroger sur les raisons de l’opportunité de son intervention; sur ce qui pourrait, selon ses propres termes, amener les banques à naviguer dans des « eaux inexplorées » et donc périlleuses.

Paul Tucker, numéro 2 de la Banque d’Angleterre, a également évoqué cette inconnue devant les parlementaires britanniques, la semaine dernière, mais il a été plus explicite. Il s’exprimait dans le contexte de la réunion de la semaine à venir du comité de politique monétaire de la banque centrale britannique – qui pratique le très bas taux de 0,5% – qui va devoir décider ou non de prolonger et d’étendre son programme d’achat des obligations d’Etat (les gilts). Tandis que les milieux d’affaires, craignant un redémarrage de l’inflation, préconisent l’arrêt de ce programme. Prélude, dans un second temps, à l’augmentation des taux de la BoE.

Les craintes qui s’expriment à propos de la capacité des banques à supporter une future hausse des taux sont suffisamment importantes pour avoir fait l’objet d’une réunion à la Banque des règlements internationaux, a révélé Paul Tucker. Un autre facteur poussant à la hausse des taux, sur le marché obligataire cette fois-ci, aurait été pris en compte. Dans l’immédiat celui de la crise grecque, et à terme les effets de la campagne qui s’exerce sur les gouvernements pour qu’ils entament la réduction de leurs dettes. Pouvant aboutir à un surenchérissement général des taux du marché, celui-là même sur lequel les banques seront appelées à lever des capitaux, une fois fermés les robinets à liquidités des banques centrales.

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L’actualité de la crise: une double impasse financière, par François Leclerc

Billet invité.

UNE DOUBLE IMPASSE FINANCIERE

Discrètement, le gratin de la finance mondiale s’est réuni à Bâle ce week-end, sous les auspices de la Banque des règlements internationaux (BRI). Présentée comme une réunion de routine, cette assemblée trimestrielle de la BRI ne l’est toutefois certainement pas, ne serait-ce qu’en raison de la présence de très nombreux représentants des mégabanques, qui y ont été conviés. Que ce soit pour les chapitrer ou leur demander leur soutien, cela risque fort d’être sans effet dans les deux cas. Un peu comme ces récentes et naïves missions en Chine qui avaient pour objet d’obtenir une réévaluation du yuan. A noter toutefois que les Pdg de Goldman Sachs et de JP Morgan semblent avoir décliné l’invitation, non sans désinvolture. Il faudra attendre la fin de la matinée de lundi pour prendre connaissance de ce que Jean-Claude Trichet voudra bien rendre public de ces deux jours de débat, une version destinée aux enfants, comme d’habitude. Mais rien n’empêche sans attendre d’évoquer le contexte de cette réunion.

Deux grandes questions, selon des indiscrétions dont le Financial Times a bénéficié, devraient y avoir été traitées, mais ce n’est pas réellement un scoop : la première portant sur les risques d’une nouvelle bulle financière, chaque jour plus potentiellement menaçante, résultant de l’embellie boursière, la seconde sur l’accroissement préoccupant de la dette publique. Avec à la clé, dans les deux cas, une même question toujours sans réponse : comment y faire face ? Car, comme déjà souligné à maintes reprises, les banques centrales et les gouvernements sont pris au coeur d’impératifs contradictoires qui pratiquement les paralysent. Alors qu’il se confirme que la faible croissance enregistrée dans les pays occidentaux résulte de ce qui ressemble étrangement à un faux départ, et que le système financier est à nouveau menacé de connaître de très fortes tensions. Tout le contraire d’un cercle vertueux.

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Pires que des sangsues, par Jean-Pierre

Billet invité.

PIRE QUE DES SANGSUES

La politique monétaire pratiquée par le monde occidental depuis l’amorce de la crise bancaire en 2007 ne mène à rien. À peu près tout le monde sur ce blog l’admet. Les interventions de Paul Jorion et de François Leclerc sur ce sujet nous le démontrent. Les esquisses de solutions proposées sont souvent pleines de bon sens et généralement faciles à instaurer. À se demander pourquoi personne parmi les responsables ne s’y attèle.

S’il ne fait aucun doute que de nouvelles bulles spéculatives sont en gestation actuellement, alimentées par l’argent facile et abondant distribué par les banques centrales occidentales, il y a un danger bien plus grand qui pointe lentement à l’horizon. Car s’il est vrai que rien de ce qui a été entrepris jusqu’à présent ne résout la crise et ne consolide le système bancaire, force est de constater que ce système s’en accommode parfaitement, voire le préconise. Il y trouve, en effet, tout bénéfice. Considérons quelques faits.

Dès l’avènement de la crise en juillet 2007, les banques centrales ont rapidement compris l’ampleur du désastre et ont ouvert leurs divers robinets de liquidités. La plupart d’entre elles, pour ne pas dire toutes les banques centrales, avaient parfaitement conscience du danger. Depuis plusieurs années, peut-être même avant la publication du livre prémonitoire de Jorion, la BRI, la Banque des Règlements Internationaux, s’alarmait de la propension incontrôlée du crédit et des produits dérivés dans le monde (occidental). Elle a récemment réitéré ses craintes après avoir constaté que le volume des produits dérivés négociés de gré à gré était de nouveau en progression, alors que les contrats antérieurs posent encore toujours problème. Il est donc évident que la crise n’a dû surprendre personne en haut lieu.

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