Retranscription – « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée », le 27 juillet 2014

« Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée », le 27 juillet 2014. Merci à Marianne Oppitz !

Moi, personnellement, je suis dans une situation paradoxale, c’est-à-dire que les décroissants me considèrent comme l’un d’eux et que moi j’explique pourquoi ce n’est pas possible dans le cadre existant. Pourquoi est-ce que je dis que ce n’est pas possible dans le cadre existant ? Parce que je ne pense pas qu’on puisse appliquer un programme de type « décroissantiste » sans modifier de manière radicale la définition de la propriété privée dans nos sociétés. Continuer la lecture de Retranscription – « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée », le 27 juillet 2014

Partager

LES BANQUES, PLANCHES DE SALUT OU PLANCHES POURRIES ?, par François Leclerc

Billet invité.

C’est le printemps, les projets de plans de sauvetage des banques fleurissent ! Le gouvernement italien tient enfin un projet complexe à plusieurs étages, dénommé Atlante, qui est destiné à assainir son système bancaire, l’étape préalable à toute reconfiguration. Reste à obtenir l’accord de la Commission, étant donné que les finances publiques sont mises à contribution dans un montage qui prévoit la titrisation des prêts non performants (NPL) que personne ne veut acheter, bien qu’ils aient été dépréciés d’environ 45% par les banques qui les détiennent.

Continuer la lecture de LES BANQUES, PLANCHES DE SALUT OU PLANCHES POURRIES ?, par François Leclerc

Partager

Trends – Tendances, Est-il vraiment si difficile de déterminer si une opération est spéculative ?, le 17 décembre 2015

La spéculation était interdite en France jusqu’en 1885 par l’article 421 du Code pénal, qui portait le nom prédestiné de « 421 », celui d’un jeu de hasard également appelé « zanzibar ».

Continuer la lecture de Trends – Tendances, Est-il vraiment si difficile de déterminer si une opération est spéculative ?, le 17 décembre 2015

Partager

Transfusés : pourquoi le revenu universel n’est pas la solution, par Zébu

Billet invité.

Les deux reportages d’hier soir, « Cash investigation » et celui qui suivait sur la « lignée » Wendel (sans doute le plus pointu) d’infrarouge ont permis de mieux comprendre dans quel contexte nous vivons et d’où celui-ci vient.

Très clairement, nous sommes dans une situation de transfusés : nous dépendons des liquidités pour notre survie.

Et nous devons tout faire pour que ce lien vital soit maintenu.

C’est en ce sens que l’intervention d’Emmanuel Macron doit être comprise dans le magazine « Cash Investigation », lorsqu’il est interrogé sur la situation de Sanofi : son partage des bénéfices au bénéfice des actionnaires (« objectif 50 % »), sa « rationalisation’ des coûts » (que sont les chercheurs), ses plans stratégiques à venir et les aides publiques que cette entreprise reçoit (136 millions en 2013), notamment le Crédit d’impôts recherche (sic) et le CICE.

Continuer la lecture de Transfusés : pourquoi le revenu universel n’est pas la solution, par Zébu

Partager

VOUS LES CROYEZ ENCORE, VOUS ? par François Leclerc

Billet invité.

En application d’un calendrier parfait, Angela Merkel rend aujourd’hui visite à Antonis Samaras, le premier ministre grec, afin de conforter l’idée que le pire est passé et dans le but de distancer Syriza aux élections municipales et européennes à venir. Un geste calculé qui éclaire l’émission obligataire d’hier, dont la vocation était de permettre d’affirmer le retour de la confiance des marchés. Les Grecs sont pauvres mais sauvés !

Mais les résultats de cette émission à cinq ans sont inquiétants plus qu’autre chose, précisément en raison de leur succès mirobolant. Plus de 21 milliards d’euros de demandes auraient été enregistrés par les banques pour cette émission syndiquée de finalement 3 milliards d’euros : cela a été la ruée, l’opération ayant été bien orchestrée ! D’où provient cependant cet appétit glouton pour la dette d’un pays dont le montant représente 175% du PIB et dont on ne voit pas comment il échappera à une nouvelle restructuration ? Les marchés ne cherchaient-ils tout simplement pas à réaliser une bonne affaire dans l’immédiat ? Dans une situation de faible inflation, le coupon de 4,75% est des plus attrayants, surtout s’il est imprudemment parié que la BCE va mettre en œuvre le programme d’achats de titres qu’elle a déclaré tenir prêt, ce qui permettrait de lui céder ensuite les obligations achetées.

Continuer la lecture de VOUS LES CROYEZ ENCORE, VOUS ? par François Leclerc

Partager

LE MONDE, « Réalité comptable » et vérité, lundi 17 – mardi 18 mars 2014

« Réalité comptable » et vérité

Dividendes accordés aux actionnaires en hausse, bonus accordés aux dirigeants des mêmes entreprises en hausse eux aussi, alors que leurs résultats sont en berne. Ne s’agit-il pas pourtant pour ces deux postes, dividendes et bonus, de parts prélevées sur les bénéfices ?

M. Antony Jenkins, patron de la banque britannique Barclays depuis août 2012, époque où celle-ci avait été décapitée suite au scandale de la manipulation des taux LIBOR, détient peut-être la clé du mystère.

À son entrée en fonction M. Jenkins avait promis de mettre un terme à la culture d’avidité et de corruption qui avait conduit à la déchéance de la banque, assurant en particulier qu’elle renouait avec le quakerisme de ses origines. Or, malgré ses bonnes intentions, le chef de la Barclays est aujourd’hui sur la défensive pour avoir augmenté les bonus de 200 millions de livres (240 millions €) alors que les chiffres de sa banque sont en baisse. M. Jenkins a affirmé que si une banque cesse de verser de gros bonus, « elle entre dans une spirale mortifère. Votre image de marque se détériore et vous pouvez très rapidement tomber de la première à la deuxième ou à la troisième division… ».

Le patron de la Barclays aurait pu dire que le meilleur moyen de devenir riche est d’avoir déjà l’air d’être riche. La banque BCCI l’avait bien compris au temps de sa splendeur dans les années 1980 : elle avait obtenu de quelques milliardaires, contre rémunération, qu’ils affirment confier leurs intérêts à la banque – ce qu’ils se gardaient bien de faire par ailleurs. Quand la BCCI s’avéra être une usine à traiter l’argent sale, elle s’effondra.

Plus le climat se détériore, plus il est important pour apparaître différent des autres, d’avoir l’air en bonne santé, et donc d’augmenter les dividendes distribués et les bonus attribués. Principe contradictoire avec le fait qu’il s’agit de postes alimentés par les bénéfices et, moins ceux-ci sont substantiels, plus minces devraient être les sommes à distribuer. Certains critiques de Jenkins le lui ont rappelé : réduisez la manne à distribuer au prorata de la baisse des bénéfices et si certains employés ne peuvent être pénalisés selon vous à aucun prix, modifiez le barème en leur faveur.

Augmenter dividendes et bonus quand l’entreprise est en difficulté équivaut à son pillage. Sa dépouille est dépecée entre dirigeants et actionnaires aussi longtemps que l’illusion perdure. Quand celle-ci se dissipe, le prix de l’action s’effondre et la firme fait faillite.

Apparaît ici la marge de manœuvre considérable dont disposent les dirigeants d’une firme dans l’allocation des bénéfices mentionnés à son bilan. C’est à tort qu’on imagine que le roc des chiffres comptables prévient toute dérive de dividendes et de bonus en hausse dans une conjoncture de bénéfices en baisse, au détriment d’autres postes comme le refinancement de la firme ou la recherche et le développement, sans même mentionner le parent pauvre du partage des bénéfices, pour ne pas dire son souffre-douleur : les salaires des employés du rang, que les a priori de la règlementation comptable considèrent des coûts plutôt que les « avances » en travail » qu’ils sont en réalité.

Témoin du caractère de moins en moins déterminant des chiffres comptables dans le partage des bénéfices, le fait que l’on préfère parler aujourd’hui de « chiffres de reporting », suggérant qu’ils ont valeur informative plutôt que contraignante.

Les chiffres financiers publiés au bilan sont le visage de l’entreprise que les dirigeants veulent offrir aux actionnaires, reflet d’un bras de fer séculaire engagé entre eux. Exercice ambigu par nature puisque l’idéal supposé de transparence est neutralisé par le souci censément légitime des firmes de ne rien révéler de leur véritable fonctionnement, domaine du « secret commercial ».

Les stock options furent inventés en 1975 pour araser l’antagonisme entre dirigeants et actionnaires. Grâce à elles, ceux-ci bénéficient tous ensemble d’une hausse du cours de l’action, et leurs intérêts s’alignent. Il était jusque-là de l’intérêt des dirigeants de veiller à l’intégrité des chiffres financiers, rempart contre l’avidité des actionnaires. Avec les stock-options cela cesse d’être le cas.

S’ouvrit alors l’ère de la comptabilité dite « imaginative » où les grandes firmes d’audit surent s’illustrer.  On garde le souvenir par exemple du « cash swap », dont la logique fut approuvée dans un livre blanc de la firme d’audit Arthur Andersen, qui accompagna en 2001 sa cliente Enron dans sa chute. Dans le cash swap les deux contreparties échangent des sommes identiques (oui, vous avez bien lu !), transaction censée constituer davantage qu’une opération blanche au prétexte que les sommes « échangées » sont comptabilisées sous des rubriques différentes chez l’une et l’autre partie et relèvent de traitements fiscaux distincts.

Si les dirigeants d’entreprise disposent d’une marge de manœuvre considérable dans les décisions qu’ils prennent à partir du portrait comptable de leur firme, celui-ci évalue très mal de son côté son état de santé. Pensons en particulier aux deux variables que sont le taux d’escompte utilisé pour actualiser les flux de trésorerie futurs et la dépréciation du goodwill, la valeur marchande de l’image de marque telle qu’elle se reflète dans la capitalisation boursière de l’entreprise, variables auxquelles le bilan global est très sensible. C’est la direction de la firme qui décide s’il y a eu ou non dépréciation du goodwill, tandis que la détermination du taux d’escompte des flux de trésorerie à venir intègre de manière synthétique sa vision subjective de son propre avenir, de celui de sa branche et, pourquoi pas ? du futur de la planète tout entière.

Partager

INCROYABLE MAIS VRAI : M. PIERRE GATTAZ ET MOI, SUR LA MÊME LONGUEUR D’ONDES !

Dans ma chronique du Monde en date du lundi 10 février 2014, Arithmétique et responsabilité :

Ceci étant dit, il doit bien exister un mécanisme qui transformera les 100 milliards offerts aux entreprises en quelque chose, à défaut d’emplois. Quel est-il ?

Le bénéfice, la différence entre les coûts et le prix de vente des services offerts ou des objets manufacturés, est redistribuée en fonction du rapport de force existant entre trois parties en présence : ceux qui font les avances en capital – les créanciers rémunérés en flux d’intérêts et les actionnaires rémunérés en dividendes ; ceux qui font les avances sous forme de supervision et de gestion – les dirigeants d’entreprise rémunérés en bonus et salaires élevés ; ceux qui font les avances en travail – les salariés rémunérés en salaires. Une part de ces bénéfices peut être réinvestie dans la firme, en recherche et développement par exemple. Si l’expansion paraît un rêve hors d’atteinte, une part de bénéfices peut être consacrée par la firme à racheter ses propres actions, raréfiant l’offre de celles-ci et poussant leur prix à la hausse, à la grande joie des actionnaires. Rien dans ce mécanisme ne débouche de manière évidente sur la création de nouveaux emplois.

M. Pierre Gattaz, président du MEDEF, dans Challenges en date du 6 mars, Les allègements de charges pourront servir à verser des dividendes :

Les entreprises décideront de l’usage qu’elles feront des allègements de charges promis dans le cadre du pacte de responsabilité, y compris la distribution de dividendes, a déclaré jeudi 6 mars le président du Medef, Pierre Gattaz.

« Les dividendes, c’est la rémunération d’un risque et c’est vrai qu’ils ont été augmentés depuis trois ans », a déclaré jeudi 6 mars Pierre Gattaz, expliquant qu’en période de crise, les entreprises s’étaient moins endettées et avaient « fait appel plus à des fonds propres, et donc à des actionnaires extérieurs ». « Et les actionnaires extérieurs vous les rémunérez par des dividendes », a-t-il poursuivi.

« Le monde entier fonctionne comme ça. Ce ne sont pas nous les Français, ce n’est pas le Medef ! », s’est-il exclamé. « Les Chinois fonctionnent comme ça, les Indiens, les Coréens, les Allemands, les Anglais », a-t-il dit, fustigeant « l’ignorance de la microentreprise, de l’économie de marché de ceux qui nous gouvernent ».

Partager

LE RÉGIME FISCAL FRANÇAIS DES DIVIDENDES ET DES PLUS-VALUES MOBILIÈRES, par Zébu

Billet invité.

 Les dividendes sont moins fiscalisées en France aujourd’hui que les plus-values mobilières.

 Auparavant, les dividendes étaient taxés forfaitairement (PFL = prélèvement forfaitaire libératoire), le taux étant passé de 18% à 21% de 2008 à 2011 ou intégré dans la déclaration des impôts sur le revenus mais avec un abattement de -40% et la possibilité de déduction fiscale forfaitaire maximum par couple (quelques milliers d’euros par an). Au total, pour les revenus issus des dividendes ne dépassant pas un certain seuil (disons 10 000€), la fiscalité demeurait très faible, du fait du PFL et des déductions.

Continuer la lecture de LE RÉGIME FISCAL FRANÇAIS DES DIVIDENDES ET DES PLUS-VALUES MOBILIÈRES, par Zébu

Partager

Compensation keynésienne de l’investissement par les dividendes, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Dans la compensation monétaire keynésienne, il ressort une définition pratique nécessaire du dividende pour que l’investissement soit réel et non spéculatif. L’investissement qui produit une potentialité réelle de richesse est un travail de l’intelligence personnelle anticipatrice. Si la richesse passée, présente et future est définie comme quelque chose qui peut se vendre honnêtement contre un prix, alors l’investissement est la garantie bénéficiaire de satisfaction présente et future d’une personne acheteuse de l’objet d’investissement. Évidemment nous parlons d’une satisfaction non seulement dite en parole mais éprouvée en réalité physique et biologique ; donc une satisfaction conforme au droit du citoyen.

Si l’investissement est un potentiel réel de satisfaction personnelle honnête, alors le prix d’un investissement est la mesure honnête et réelle en droit d’un potentiel de richesse. Nous devinons que la potentialité portant sur des engagements personnels humains est fragile et vulnérable. C’est ici la raison d’être du marché financier de la réalité qui soit non spéculative. La certitude la plus forte qui puisse être produite de la réalité d’un investissement est fondée sur la parole échangée publiquement devant témoins entre l’investisseur du réel et l’investisseur du prix ; entre l’investisseur réel et l’investisseur financier.

Continuer la lecture de Compensation keynésienne de l’investissement par les dividendes, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager

AVANCES, INTÉRÊTS ET DIVIDENDES, par Marian Wielezynski

À propos de Misère de la pensée économique (Fayard 2012). A paru dans la revue Cadres (CFDT), N° 452, décembre 2012

Un soir, sur un plateau télé, Paul Jorion se trompe et confond Dick Rivers avec Eddy Mitchell. Mortifié, il raconte (p. 35) la gêne qu’il éprouve face à cette confusion. Selon lui, face à la crise économique actuelle, la même sorte de honte devrait submerger les acteurs financiers et agir comme une boucle de rétroaction qui imposerait l’apprentissage de comportements plus vertueux. Mais le silence assourdissant de la « science » économique n’offre aucun remords possible ni d’autre alternative que le rejet sans appel du capitalisme. Nous devons refuser un monde où « la machine à concentrer la richesse », actionnée par des financiers ultra-cupides, tourne à « très haute fréquence ». Paul Jorion déplore l’aveuglement des acteurs sans scrupules de cette course insensée et en tient pour responsable la « science » économique. Celle-ci est aux abonnés absents quand on a besoin d’elle. Elle est un « système de croyance fermé, bien plus proche d’une religion que d’une science » (page 169). Elle interdit même l’éventualité de sa réfutation et ses propositions disparaîtront avec elle.

Continuer la lecture de AVANCES, INTÉRÊTS ET DIVIDENDES, par Marian Wielezynski

Partager