Compétitivité et coût du travail : le mauvais débat, par FOD

Billet invité. 30/11 à 00h08 : deux paragraphes modifiés entre le 1er graphique et le second.

Un graphique remplaçant parfois avantageusement un long discours, ce billet a pour objectif de donner des arguments visuels à partir de graphiques établis sur la base des statistiques de l’Insee, et donc de corroborer ou d’invalider certains propos ou idées reçues, au risque d’enfoncer quelques portes ouvertes. Cette analyse porte essentiellement sur les sociétés non financières pour la raison simple qu’elles totalisent presque 65 % des rémunérations versées et 86 % des dividendes distribués (1). Cliquer sur les graphiques pour les agrandir

Comme tout le monde, nous entendons parler de compétitivité à longueur de journée, parfois jusqu’à la nausée. Devenu argument d’autorité, ce terme ne souffre aujourd’hui aucune discussion, aucune remise en question, alors qu’il y aurait certainement beaucoup à dire et à discuter autour de la conception guerrière qu’il sous-entend. Mais mon propos n’est pas là. Que cela nous plaise ou non, ce mot, répété en boucle dans les médias, colonise les cerveaux et les discussions jusqu’à « psycholeptiser » toute critique sur son bien fondé. Et force est de constater que ce nouveau leitmotiv, fer de lance de la guerre idéologique, accapare aujourd’hui toutes les énergies du Medef et concentre ses tirs, essentiellement, sur le coût du travail. Or, comme certains l’ont déjà fait remarquer, cet argument équivaut à de la pure propagande dont le seul objectif est d’introduire un rapport de forces favorable au patronat et aux actionnaires – en d’autres termes le capital – face aux salariés.

Au risque de faire une légère digression, une des analyses que j’ai pu lire sur la compétitivité a particulièrement retenu mon attention. Dans un article récent (2), Arnaud Parienty, adoptant un point de vue original, écrit :

Un problème plus général est la mauvaise qualité des dirigeants d’entreprises en France, rarement souligné. Il est étonnant (et symptomatique de notre culture colbertiste) que l’État ne retourne jamais vers les entreprises les accusations qui lui sont faites. Pourtant, les cadres ne sont pas les premiers à dénoncer des dirigeants parachutés dans des secteurs d’activité auxquels ils ne connaissent rien, choisis pour leur carnet d’adresses plus que pour leurs compétences, obsédés par la performance financière sans volonté de construire un outil de production, passant d’une entreprise à l’autre à toute vitesse.

Voilà qui a le mérite d’être dit et de poser le problème sous une autre forme : le manque de compétitivité ne serait-il pas tout simplement la conséquence d’un manque notoire de compétences, d’imagination et de volonté chez certains de nos grands patrons ? Raison de plus pour contrecarrer, par tous les moyens possibles, la politique qui consisterait à faire payer aux salariés l’incompétence de quelques-uns.

Pour en revenir au cœur de ce billet, je commencerai par évoquer une intervention récente de Jean-Luc Mélenchon (3) – proposée ici même en lien par un des fidèles lecteurs du blog (4) – dans laquelle il proclamait que les dividendes distribués étaient très largement supérieurs aux cotisations versées par les employeurs. N’ayant jamais eu une confiance totale dans les propos de nos hommes politiques, je suis allé directement vérifier l’information sur le site de l’Insee en consultant le compte S11 des sociétés non financières et S12 des financières. Et force est de constater, comme le montre le graphique 1, qu’il a raison.

Aujourd’hui et depuis 2004 – 2002 quand on cumule SNF (sociétés non financières) et SF (sociétés financières) -, les cotisations sociales pèsent moins lourd que les dividendes totaux distribués dans les comptes des sociétés non financières. Toutefois, l’honnêteté oblige à préciser que les dividendes nets (reçus – distribués) en 2011 sont encore très largement inférieurs aux montants des cotisations sociales : 66,8 versus 166,8 milliards, 89,9 versus 166,8 si nous prenons le compte « Revenus distribués des sociétés » dont les dividendes représentent 75 %. L’argument de JL Mélenchon dont l’avantage est de frapper les esprits est fondé, mais doit être assorti d’un « MAIS » de réserve, suivant l’angle de l’analyse. Compte tenu de cette différence d’appréciation selon que l’on prenne les dividendes totaux ou les dividendes nets, il est nécessaire d’aller un peu plus loin et de trouver d’autres éléments moins contestables.

Ainsi, poussant l’investigation un peu plus loin, j’ai réalisé le graphique 2 qui montre sur une base 100 prenant 1993 (2) comme année de référence, que la masse salariale (salaires + cotisations soc. effectives et imputées) est restée relativement stable par rapport à la valeur ajoutée brute (66,93 % en 93, 67,77 % en 2011) alors que dans le même temps, le poids des dividendes totaux distribués était multiplié par presque 3 dans leur rapport avec la valeur ajoutée brute (7,5 % en 93, 21,1 % en 2011) et par 2 dans celui avec le compte d’affection des revenus primaires (8,8 % en 93, 19,4 % en 2011) (3). Quelle que soit l’assiette du calcul, que vous preniez le total des dividendes distribués ou les dividendes nets (total dividendes distribués – dividendes reçus) en rapport avec la VAB ou l’EBE (graphique 2bis), il y a systématiquement une multiplication par 3 (ou presque) des sommes versées entre 1993 et 2011.

Quant à la masse salariale, vous pourrez constater sur le graphique 3 que les salaires et traitements ont augmenté, mais ont été compensés par une diminution des cotisations sociales effectives et imputées. Donc, si les salariés qui ont la chance de bénéficier d’un système de participation ou d’intéressement ont vu leurs gains augmentés, la charge globale de la masse salariale pour les SNF n’a quasiment pas bougé depuis 1993 comme le montre la courbe linéaire (en rouge).  Elle a même été légèrement inférieure à 1993 de 1994 à 2010. Seule l’année 2011 présente une légère augmentation de 1,25 %. Ce graphique nous indique clairement que le coût du travail n’est donc aucunement responsable de la baisse des marges des entreprises.

Dès lors, une question se pose. Si l’augmentation des dividendes n’a pas été prélevée sur la masse salariale – en tout cas depuis 1993-, contrairement à une idée trop largement répandue, sur quel(s) poste(s) a (ont) été prélevés ces dividendes ? En d’autres termes, quelle(s) est(sont) la(les) ligne(s) comptable(s) qui a(ont) été la(les) plus affecté(es) ?

Le prochain graphique (graphique 4) montre que l’impôt sur les sociétés n’a pas été affecté sur la période 1993-2011 et serait au contraire en légère augmentation comme le suggère la courbe de tendance linéaire. Si nous en restions là, comme le feraient certains apôtres orthodoxes sur le mode du « Circulez, y’a rien à voir ! » ou pire de « L’État nous spolie !», nous passerions à côté de la tendance lourde qui se dégage des dernières années. En effet, si nous faisons un focus sur la période 2006-2011 (graphique 4bis), nous voyons clairement que si les dividendes nets ont retrouvé rapidement leur vitesse de croisière après la crise de 2008, ce n’est pas le cas de l’IS.

Autre chiffre intéressant : le rapport entre le montant de l’IS et les dividendes nets. Comme le montre le graphique 5, nous avons atteint les niveaux les plus bas depuis 2009. Si en 2000, le montant de l’impôt était 20 % plus important que les dividendes, il était en 2011 inférieur de 50 % ce qui représente un manque à gagner d’environ 16 milliards d’euros, 16 milliards qui seraient très utiles en ces temps de déficits publics.

Pour conclure ce billet, je finirai par un dernier graphique (graphique 6) qui montre une corrélation évidente entre les dividendes bruts et nets distribués en plus par rapport à leur poids en 1993 et le besoin de financement des entreprises (valeurs exprimées en milliards d’euros en ordonnée).

Comme je l’ai rappelé au début de cet article, ces graphiques ont pour objectif de servir d’arguments visuels, notamment face à tous ceux qui au nom de la compétitivité, arguent d’un surcoût du travail. Comme nous le voyons, le poids de la masse salariale n’a quasiment pas bougé depuis 1993. La problématique est donc ailleurs, et en particulier dans le coût du capital.

Je sais qu’il ne s’agit pas d’une révélation et que beaucoup défendent déjà ce point de vue. Ces graphiques sont là simplement pour éclairer leurs lignes de défense et d’attaque.

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PS : Tous les graphiques présentés ici sont librement disponibles et peuvent être repris par toute personne qui les juge digne d’intérêt. Le copyright a juste pour objectif de rappeler qui les a réalisés et empêcher toute forme d’usurpation.

(1) Voir tableau économique d’ensemble année 2011 http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=16&sous_theme=5.5

(2) http://alternatives-economiques.fr/blogs/parienty/2012/11/18/vive-le-debat-sur-la-competitivite/

(3) http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/11/14/invite-du-grand-journal-sur-lci/

(4) http://www.pauljorion.com/blog/?p=43638

(5) Pourquoi 1993 ? Tout simplement parce que les données longues font apparaître une ligne spécifique au compte D421 (dividendes) à partir de cette année-là.

(6) Compte d’affectation des revenus primaires = excédent brut d’exploitation +  revenus de la propriété

 

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194 réflexions sur « Compétitivité et coût du travail : le mauvais débat, par FOD »

  1. Aille, je pense qu’il y a un problème avec les graphiques, ils sont malheureusement minuscules et donc illisibles pour la plupart.

      1. J’avais cliqué dessus et les images restaient au format de l’article. Je pense plutôt qu’un petit lutin a corrigé le problème depuis…

  2. Compétitivité est un mot comme charges imposé dans le champ sémantique par le patronat et ses très, trop nombreux chiens de garde médiatiques, pour discréditer son contenu à savoir le montant de la protection sociale qui est une forme de salaire différé quand il s’agit de cotisations pour la retraite.
    Compétitivité par rapport à qui et à quoi? Forcément à l’Allemagne qui a pratiqué depuis 10 ans une politique de déflation sociale et salariale par les « réformes » du social-démocrate Schroeder au détriment de ses partenaires européens pour mieux engranger des excédents commerciaux qui, cependant, fondent pour financer les conséquences de son déclin démographique.

  3. Je retiens de vos graphiques que les actionnaires coûtent vraiment plus cher à l’entreprise que les salariés sans rapporter quoique ce soit à cette dernière et il faut, selon Mme Parisot et consort, économiser sur le dos des salariés pour que les entreprises puissent payer leurs gourmands actionnaires.

    Je commence à comprendre pourquoi les entreprises qui en ont les moyens se retirent de la bourse et que c’est vraiment une mauvaise idée de se mettre en bourse pour une entreprise. Elle va augmenter ses prix et baisser ses salaires pour payer ses actionnaires. Le client et l’employé seront déçus par ce qui est fourni par l’entreprise.

    Le modèle économique actuel a un très très gros problème. Je crois savoir qu’un type considère que le capitalisme est mort.

    1. Et vous savez quoi? Mme Parisot et consort sont convaincus dans leur chair du bien fondé de ce système. Il y a bien quelques cyniques (dotés de l’intelligence opportuniste des retourneurs de veste) pour colporter la « bonne » parole aux micros des médias aux ordres, il y a surtout de valeureux soldats éduqués dans les centres de formation de la ploutocratie (ENA, Science Po, HEC, etc..) à qui il ne viendrait jamais à l’idée de changer leur fusil d’épaule. Et c’est ceux-ci les plus dangereux. Il me semble que Lordon a glosé la dessus.

  4. Comme je l’ai rappelé au début de cet article, ces graphiques ont pour objectif de servir d’arguments visuels, notamment face à tous ceux qui au nom de la compétitivité, arguent d’un surcoût du travail. Comme nous le voyons, le poids de la masse salariale n’a quasiment pas bougé depuis 1993. La problématique est donc ailleurs, et en particulier dans le coût du capital.

    Ah ben c’est ce que dit le Front de Gauche (mais pas que lui, je l’accorde à Charles A…)

    1. Puisqu’on me sollicite, je ne dirai pas
      « la problématique est dans le coût du capital »,
      ce qui ouvre la porte à tous les compromis avec le capital,
      fonction bien récompensée des politiciens de gôche,
      keynésiens et mitterrandiens déclarés.
      mais
      « le problème, c’est l’appropriation privée du capital »

      Face à une tumeur,
      le médecin sérieux ne se contente pas de réduire sa nocivité
      à chaque consultation, prolonger la maladie et ainsi toucher des honoraires,
      il l’extirpe !

  5. Et encore, la hausse des cotisations sociales s’explique principalement par la CSG et la CRDS qui grèvent le pouvoir d’achat des classes laborieuses et qui est non-progressif.

    Autre point : en 2011, l’épargne brute des sociétés non financières (qui sont en première ligne quand on parle de compétitivité) était de +136 Mds€.
    Ce qui plombe leur déficit c’est leurs investissements en particulier l’achat d’actifs fixes corporels (bâtiments, terrains). On en revient toujours à ce problème : le coût excessif de l’immobilier en France.

    1. J’avais entendu dire que Schroeder avait pratiqué une politique industrielle qui favorisait la recherche et le développement plutôt que de favoriser les dividendes. C’est justement ce que la droite, en France et pendant 10 ans n’a jamais fait!

  6. On oublie aussi que notre système de retraite pris en charge par la société permet aux sociétés notamment étrangères d’investir et de pouvoir partir quand elles veulent sans garder de dettes sociales à l’égard de leurs salariés. Malgré les conflits sociaux et le coût du travail, les IDE sont très élevés en France, dans le peloton de tête mondial. Alors que dans les autres pays, les sociétés émettent un chèque en blanc jusqu’à ce que le dernier ayant-droit du dernier salarié ne puisse plus prétendre à ses droits.

      1. Les sociétés ne peuvent pas solder leurs filiales tant qu’il y a des retraites à payer. Même si elles licencient et ajustent le nombre de leurs salariés par rapport à leur activité, elles auront toujours la charge des retraites et pensions des anciens salariés pour plomber les comptes.

  7. Si quelque chose est vrai même la droite devrait pouvoir le dire, en théorie, en pratique évidemment seul la gauche en parle.
    Enfin voilà des arguments solides pour discussions.

  8. Félicitations. C’est une belle démonstration de la propagande sur le soit-disant manque de compétitivité du travail qui est menée par le MEDEF, les néolibéraux et maintenant la fausse gauche qui gouverne en France. J’imagine que c’est une tendance européenne et mondiale. Le capital exploite de plus en plus le travail, et surtout en temps de crise. On a donc un problème de coût du capital. Dit de cette manière, c’est très clair.
    Par ailleurs, vous citez un extrait d’article : « l’Etat ne retourne jamais vers les entreprises les accusations qui lui sont faites ». J’acquiesce. La seule parmi les politiques qui a eu les ***lles de renvoyer les entrepreneurs sur leur terrain est Martine Aubry ; elle a mis le doigt sur une vérité qui fait mal : en gros, les chefs d’entreprise devraient s’occuper de leur propre compétitivité, en formant correctement leur collaborateurs, en investissant dans la R&D et l’innovation, en s’appuyant sur les talents de leurs employés, etc. Chacun son boulot !
    Je la suis à 100% : pour travailler dans l’industrie depuis 16 ans, je constate que l’industrie souffre essentiellement d’un vaste problème de management. En effet, les top managers sont généralement des purs financiers qui n’ont aucune vision industrielle, et donnent des objectifs financiers à leurs ouailles (facile comme job !) qui doivent se démerder pour les atteindre ; ils sont le plus souvent complètement déconnectés des réalités du terrain ; en France notamment, mais pas seulement, les hiérarchies sont très verticales, quasi militaires, et donc le management intermédiaire est infantilisé, ne pouvant prendre la moindre décision autonome ; ainsi les décisions sont lentes et souvent inadaptées ; par cascade, tous les niveaux de l’entreprise sont atteints et on rencontre des tas de personnes qui ne se sentent pas estimées à leur juste valeur (manque de reconnaissance) et qui sont donc peu motivées. Souvent même, les ouvriers qui connaissent le mieux la machine sur laquelle ils travaillent proposent des améliorations et ne sont pas écoutés (ceci n’est pas vrai partout, heureusement : l’approche japonaise change la donne, notamment dans l’automobile), et donc finissent par faire le travail demandé, sans plus. Ainsi, force est de constater qu’il existe des gisements de compétitivité énormes dans l’industrie. Demander au gouvernement de baisser le coût du travail via des baisses de charges est une solution de facilité. C’est tout le mérite de Martine Aubry de l’avoir rappelé à sa façon.

    1. Parce que le but des ces entreprises et de leur management là est devenu uniquement faire du fric et le plus vite possible. Il ne s’agit pas de produit des biens nécessaires (ou juger comme tel) à la population et de gagner de l’argent par ce biais, mais avant tout de faire le maximum de profit pour les redistribuer, peu importe ce que l’on produit, sa qualité, pourvu qu’on le vende avec le plus de marge possible, même si pour ce faire il faut tailler dans les couts au risque de fragiliser et même tuer l’entreprise. Peu import, il est toujours temps de passer à une autre, en laissant des cadavres derrière soi. Cela s’appelle la financiarisation de l’économie.

  9. Bonjour,

    Mettre en cause la propagande économique est d’utilité publique. Mais se limiter à cet aspect économique des choses conduit à une véritable cécité :

    (extrait Arnaud Parienty, Alternatves économiques proposé en lien)
    « Le point fort traditionnel de la France est le montage de projets colbertistes, très coûteux et sophistiqués, pour lesquels l’alliance du public et de quelques champions nationaux privés donne de bons résultats. Mais le nucléaire ou Airbus ne peuvent pas être facilement reproduits, car cette logique de grands programmes va mal avec la réactivité et la multiplication des alliances internationales qui dominent de nos jours. »

    Le nucléaire ne paraît être une réussite que parce que les coûts véritables et les inconvénients peuvent être rejetés sur les générations futures et que sa menace (épée de Damoclès) est difficilement traduisible économiquement, ce qui permet de l’ignorer (coût réel à venir de Fukushima ?). L’aviation dite « démocratisée » (tarifs artificiellement bas, l’aviation est toujours exonérée de la taxe carburants par exemple ) par ses promoteurs est un exception temporaire, quand on sait ses besoins en énergie et son impact écologique et social désastreux.

    Il faudra bien finir par s’intéresser à ce sur quoi porte la science économique : la production elle même.

    Je propose de remplacer les activités nucléaire, activités pétrolières et gazières, agroalimentaire, Airbus et TGV, construction automobile, chimie du plastique, agrochimie etc. – nées, avant tout, d’un critère de performance économique – par des activités basées, avant tout, sur des critères d’utilité collective.

    Ce critère sera le seul économiquement vraiment solide dans la monde à venir, car l’économique va rejoindre l’écologique et social à grand pas.

    Ca pourrait donner savoirs faire modernes construction et rénovation terre, paille, bois , chanvre / production et mise en oeuvre isolation non dévoreuse d’énergie / techniques solaires et vent à impact écologique minimisé / maraîchage agroécologie / déplacements urbains tricycles couchés et compagnie / toilettes sèches et filtres plantés de roseaux / mise en oeuvre et gestion de villes productrices de fruits et légumes dans ses murs etc.

    Toutes ces techniques, qui demandent des savoirs pointus, pourraient également constituer un savoir faire exportable.

    Delphin, utopiste raisonnable

      1. @ Kaiel
         » l’écosocialisme  » , je viens de feuilleter rapidement ce projet qui ne remet en cause ni l’argent ni le le salariat . Le jour où on découplera ces deux-là …
        Chacun , dès sa naissance a DROIT à une possibilité de vivre décemment .

      2. taratata
        C’est en avançant dans la bonne direction qu’on peut arriver à quelques choses et remettre en cause le dogme de rentabilité économique pure c’est déjà la grosse part.
        Nous n’avons pas du lire le même projet :

        Rompre avec les schémas de pensée orthodoxes. Le changement de paradigme écosocialiste doit questionner la propriété privée des moyens de production, et le rapport au travail. Nous défendons l’appropriation des moyens de production par les travailleurs et les alternatives de l’économie sociale et solidaire en termes d’autogestion et de coopératives.

        ou encore

        Le paradigme écologiste appelle la démocratie, la laïcité et l’égalité sociale pour pouvoir produire son effet. Enfin, dans la délibération pour déterminer l’intérêt général humain, chacun d’entre nous est appelé à dire non pas ce qui est bon pour lui mais ce qui est bon pour tous. Cela institue la citoyenneté comme devoir et la République comme nécessité. Tel est le lien raisonné qui unit l’écologie politique et la République sociale universelle. C’est cette théorie politique globale que nous nommons écosocialisme. Il s’agit d’un humanisme et d’un universalisme socialiste concret.

        et puis ce dont vous parlez

        Nous soutenons les propositions portées par des
        économistes, sociologues et philosophes qui ne se retrouvent pas dans la doxa libérale. Indice de progrès humain, démondialisation et protectionnisme social et écologique, dotation inconditionnelle d’autonomie et salaire socialisé sont autant d’horizons dont nous devons débattre pour sortir des sentiers battus et éviter le piège d’un accompagnement du système.

        Ce pourrait être intéressant de discuter de cela en détail sur le blog.

    1. Il y a deux façons, pour l’économie libérale dominante, de se maintenir dans l’opinion:

      1/ l’une est de maintenir sa propagande sur la compétitivité en entretenant l’idée « Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous » !
      L’article de FOD contribue fort bien à dénoncer cette propagande. On peut aussi trouver maints éléments complémentaires sur le site qu’entretient Michel Husson sur ces sujets, depuis plusieurs années (http://hussonet.free.fr/). Dernièrement:
      En finir avec la compétitivité note Attac/Fondation Copernic, novembre 2012
      Les mystères de la non-compétitivité française note hussonet n°51, 18 octobre 2012

      2/ l’autre est d’écarter les vrais modèles concurrents en entretenant des leurres (capitalisme vert, décroissance, etc.) dont l’inocuité permet aux bonnes âmes de se défouler, sans dangerosité pour les maîtres du modèle actuel. Car ces leurres ont la particularité de se muer en véritables faire-valoirs de la pratique dominante:

      D’abord par un malthusianisme mal compris:
      Ainsi nous est-il proposé par Delphin (Sauvez Willy… sans doute?) de remplacer les activités
      – nucléaire, pétrolières et gazières, Airbus et TGV, automobile, matières plastiques, agrochimie, agroalimentaire, etc.,
      par des savoirs faire « modernes » :
      – terre, paille, bois , chanvre / énergies solaires et à vent / déplacements urbains tricycles couchés / toilettes sèches et filtres plantés de roseaux / production de fruits et légumes dans ses murs etc.

      Ensuite par le renfort apporté aux thèses euro-libérales (la grande spécialité d’ « Europe-écologie ») et à la mondialisation capitaliste (la grande ambiguité d’ « Alternatives économiques »):
      « Le point fort traditionnel de la France est le montage de projets colbertistes, très coûteux et sophistiqués, pour lesquels l’alliance du public et de quelques champions nationaux privés donne de bons résultats. Mais le nucléaire ou Airbus ne peuvent pas être facilement reproduits, car cette logique de grands programmes va mal avec la réactivité et la multiplication des alliances internationales qui dominent de nos jours. »
      Ben voyons!… au cas où ça donnerait de mauvaises idées à tout le monde:
      La nationalisation du secteur du crédit, par exemple…
      N’était-ce pas déjà la séparation imposée avec les banques d’affaires, que l’on appelle aujourd’hui de ses voeux, après l’avoir fustigée en 1945 et en 1981 ?
      Et puisque sont évoqués les « projets colbertistes » où le secteur public « donne de bons résultats » de même que les nationalisations en général, pourquoi donc les libéraux se sont-ils ingéniés à en dépouiller l’Etat, sinon pour s’emparer de leur « résultats » à des fins tout autres que nationales ?
      Regardons-y de plus prés :
      Entre 1986 et 1988, Chirac cédait au privé 10 milliards de privatisations:
      INDOSUEZ, PARIBAS, La SOCIETE GENERALE, SAINT-GOBAIN, la CGE et MATRA.
      Edouard Balladur, à Matignon en 1993, fera de nouvelles privatisations:
      BNP, UAP, ALCATEL, ALSTOM, RHÔNE-POULENC, ELF, La SEITA.
      En 1995, le gouvernement Juppé cède à son tour 9,4 milliards d’actifs dont:
      USINOR-SACILOR, RENAULT, La CG Maritime, PECHINEY, BULL.
      La législature Jospin et le ministère des finances Strauss-Kahn feront beaucoup mieux: le dépouillement de l’Etat s’accentue, avec prés de 31 milliards d’Euros de cession d’actifs, autant que les trois autres phases:
      Le Crédit Lyonnais, Le GAN, Le CIC, L’UIC, CNP Assurance, La Société Marseillaise de Crédit, DASSAULT, l’AEROSPATIALE, THOMSON-CSF, THOMSON Multimedia, EADS, ASF, TDF, La SFP, Les Autoroutes du Sud de la France, FRANCE TELECOM et AIR FRANCE.
      Aujourd’hui, parmi ces entreprises cédées, les seuls profits annuels engrangés par celles du secteur financier dépassent 30 milliards, dont l’Etat s’est volontairement amputé !
      Et l’Europe a servi d’alibi à tous les étages:
      Ainsi, les banques empochent le différentiel de taux entre celui de la BCE, et celui qu’elles facturent à l’Etat. Résultat, sur les 300 milliards annuellement renouvelés pour le service de la dette: 3 milliards de bénéfice net, pour un service inexistant (éxécuté en trois jours dans les salles de marché). A titre indicatif, le budget total du CNRS, avec des milliers de chercheurs et des centaines de laboratoires, ne dépasse pas 3 milliards.
      Sans même parler de secteur bancaire nationalisé, les banques centrales nationales devraient pouvoir se financer directement auprés de la BCE, n’eussent été les clauses scélérates des traités de Maastricht et de Lisbonne…
      Va donc, dit le profane, pour la critique des activités financières…
      Mais pour les autres, qui nous dit que sous la propriété et la gestion étatiques, ces entreprises auraient engrangé les mêmes profits ?
      Réponse: le profit réel des entreprises nationalisées étant dans l’utilité collective et non le dividende aux actionnaires, la plupart des entreprises privatisées ont ainsi ruiné le potentiel scientifique et technique hérité du secteur public qui les avait mises à flot. Ainsi, la privatisation de France Telecom s’est accompagnée de la disparition du CNET qu’elle finançait pour sa recherche fondamentale. Aprés l’abandon du technique pour le casino financier et le mirage de l’e-society, France Telecom a plongé dans les abîmes… et n’a plus rien pour se relever, jusqu’à la prochaine nationalisation… ou son rachat par les chinois !
      Autre exemple comique: notre gouvernement s’est prévalu récemment des marchés en Chine pour Areva et Airbus, deux industries nationales qui n’auraient pas vu le jour sans “l’ardente obligation du plan” des années keynesiennes: Areva est une création dérivée du CEA, Airbus naquit des recherches faites à l’Aerospatiale et Sud-Aviation.
      (Il est intéressant d’entendre à ce sujet les ingénieurs d’Airbus reconnaître qu’aucun airbus n’aurait pu sortir des chaînes sans les acquis des recherches du programme Concorde).
      Partout, on a suivi la logique libérale (et délibérée) dont se sont fait complices tous les gouvernements de l’aprés Trente Glorieuses: on commence par appauvrir l’Etat en lui otant des ressources pour les offir au privé. Lorsqu’il ne reste plus que des charges, on s’appuie sur cela même pour invoquer le besoin de privatiser les services publics en les élaguant:
      D’abord les Télécommunications, puis la Poste, les autoroutes, les chemins de fer, et enfin la première des conquêtes républicaines: l’Education avec l’autonomie des Universités, avant leur privatisation.
      Et pendant que les écologistes applaudissent à la mise à sac de ce « Colbertisme » par le libéralisme ambiant, le pouvoir et les médias les laissent volontier instiller leurs savoir-faires « modernes » que sont terre, paille, bois , chanvre, déplacements urbains tricycles couchés, toilettes sèches et filtres plantés de roseaux, production de fruits et légumes dans ses murs, etc.

      1. Citation Hadrien :
        «  l’autre est d’écarter les vrais modèles concurrents en entretenant des leurres (capitalisme vert, décroissance, etc.) dont l’inocuité permet aux bonnes âmes de se défouler, sans dangerosité pour les maîtres du modèle actuel. Car ces leurres ont la particularité de se muer en véritables faire-valoirs de la pratique dominante: »

        Hadrien, votre idéologie « Le Concorde fleuron Aérospatiale années 70 » vous empêche de constater l’évidence de l’absence de l’idéologie « mise en cause de la société de croissance » sur les grands médias et la haine à son égard continuellement exprimée par les dits médias dominants, qui amalgament malicieusement ses partisans aux libertariens (capitalisme retour au primitif).

        Il faut donc que je vous explique quelque chose :

        Jusqu’à des temps récents, le monde de la dominance capitaliste construisait sa formidable richesse en aliénant toujours plus à l’hypermatérialisme la grande masse des dominés subjugués par la religion progrès mis en avant et un peu aussi achetés par les miettes lui revenant (« démocratiser la consommation de viande » disaient-ils, en mettant sur le marché des ersatz de poulets industrialisés. « Du saumon quand je veux ». Résultat, plus de poisson dans les océans !).

        Il vint un moment où cette frénésie productrice et consommatrice, ce pillage généralisé (du Tiers Monde également) – qui semblait possible car ne concernant qu’une minorité – s’étendit jusqu’à mettre en cause les limites mêmes de notre planète (même processus de dépassement que pour la frénésie financière).

        Une fraction de plus en plus importante des dominés, dégrisée par l’inquiétante réalité de plus en plus visible (biodiversité/pollution/réchauffement/ raréfaction de certaines ressources/ accidents/ etc.) commença alors de percevoir l’imposture (externalisation, sociale ( « quand la misère chasse la pauvreté » ) et écologique (planète poubelle et vache à lait) des appauvrissements.

        Conscient du danger de mise en cause de leur moyen de dominance, un temps décontenancé de la prise de conscience qui s’opérait, le monde de la dominance se ressaisit bien vite en sortant alors du chapeau le concept de Développement Durable. On allait continuer la croissance, mais sans les inconvénients de la croissance puisque celle-ci allait se dématérialiser (fable de l’inocuité internet, de la voiture verte électrique etc.).

        La réalité têtue se chargeant de démystifier ce beau conte de fée (l’électricité de la voiture est nucléaire, le maïs bt OGM sans pesticides produit son propre pesticide, l’avion vert n’existera pas …), les dominants reprirent bien vite leurs certitudes musclées de dominants : exit le charmeur Développement durable, retour aux réalités bien tempérées. On allait faire de la croissance verte et puis c’est tout (verte parce que la croissance est consubstancielle de la nature).

        Delphin

        Les opposants à ND des Landes sont-ils d’indécrottables écologistes demeurés ?

      2. Jusqu’à des temps récents, le monde de la dominance capitaliste construisait sa formidable richesse en aliénant toujours plus à l’hypermatérialisme la grande masse des dominés subjugués par la religion progrès mis en avant et un peu aussi achetés par les miettes lui revenant (« démocratiser la consommation de viande » disaient-ils, en mettant sur le marché des ersatz de poulets industrialisés. « Du saumon quand je veux ». Résultat, plus de poisson dans les océans !).

        Delphin, c’est pas que je sois fondamentalement opposé à vos idées, mais quand je lis ce genre de tirade fleurant bon son petit écolo-gauchiste à l’impeccable conscience écolo-sociale, je pense à ma grand-mère, ouvrière du textile vosgien, qui à 60 ans passés n’avait pas encore de toilettes à l’intérieur de sa misérable petite maison ouvrière, fallait sortir le seau, hiver comme été, et dont les filles, et partant ma mère, n’ont découvert les oranges et autres produits délicieusement exotiques que déjà tard dans l’enfance. Quant à la grande masse des « dominés subjugués », ( quel mépris ..), ils ont découvert avec ravissement le confort, le progrès technique, les joies de l’automobile, du bricolage, et une certaine liberté et on les comprend, du moins moi je les comprend. Alors, « l’hypermatérialisme », c’est plutôt humain.

      3. A Ion,

        La complexité des choses ne semble pas encore faire partie de votre monde.
        Grand-père contre grand-mère.

        Mon procès résumé :
        («  tirade fleurant bon son petit écolo-gauchiste à l’impeccable conscience écolo-sociale, je pense à ma grand-mère, ouvrière du textile vosgien, qui à 60 ans passés n’avait pas encore de toilettes à l’intérieur de sa misérable petite maison ouvrière, fallait sortir le seau, hiver comme été… »)

        – Ecologauchiste
        – inconscient des formidables progrès sociaux
        – méprisant à l’égard des « petites gens » ( » Quant à la grande masse des « dominés subjugués », ( quel mépris ..), » )
        – drapé dans mes certitudes («  »impeccable conscience écolo-sociale).
        ———–
        Votre réponse présente les regrettables caractéristiques suivantes :

        – Elle est centrée sur ma personne, ce qui permet de ne pas répondre aux arguments.
        – Elle instrumentalise la pauvreté (« sa misérable petite maison ouvrière », là vous en faite un peu trop, ce qui vous décrébilise), le mépris n’est pas du côté que vous affirmez.
        – Elle est le copier-collé d’un catalogue d’arguments à visées culpabilisatrices destiné à fermer le bec à l’interlocuteur.
        – Le simplisme de l’argumentaire est confondant.

        Apprendre à voir plus loin que le bout de son nez :

        Moi, mon grand-père a fait partie des 500 000 morts depuis 50 ans de l’automobile (un génocide). L’eau de son puits (pompe électrique), comme tous ceux du village, n’était plus, depuis longtemps, potable, polluée par nitrate et pesticides (80% des eaux de surface en France). Son épouse avait auparavant été emportée par le diabète (nourriture trop riche, trop grasse et sédentarité. Ce qui explose chez les jeunes générations). La jolie plage de la rivière Marne, où nous allions en masse nous baigner dans mon époque « pré écolo-gauchiste » n’existe plus, les champs de maïs à l’atrazine l’ont recouverte et de toute façon on ne peut plus se baigner dans la rivière. Les tomates que ma grand-mère achetait à l’épicier sont devenues insipides (long life, pesticides, substrat laine de roche et goutte à goutte NPK ). Elles proviennent des 40 000 ha de serres de la région espagnole d’Alméria. Ma baguette de pain est catastrophique, molle le lendemain s’il fait humide, desséchée si le temps est sec. Même mes 4 poireaux en vinaigrette (J. Ferrat) ne valent pas le coup, car des gros poireaux dopés nitrates en vinaigrette, c’est pas ça).

        Je pourrais continuer très très longtemps, mais ça deviendrait lassant. Pour conclure sur une note hyperprogressiste, ma 2ème grand-mère, comme la majorité des français, se déplace chaque semaine au supermarché pour en rapporter ses deux fois 6 bouteilles d’eau d’1,5 l (18kg) + ses 16 pots de yaourts. Terrible régression, mon arrière grand-père pouvait au moins faire appel au porteur d’eau et de lait, et de yaourts, service à domicile.

        Caractériser une personne, sans la connaître, ca ne grandit pas celui qui s’y livre :
        – Je n’ai pas fait mai 68, juste explosion contre le carcan gaulo-pompidolien (le grand-père de mon meilleur ami, années 50, n’avait pas le droit de traverser seul, en diagonale, la cour de son lycée), mais hystérie gauchiste (fougue de la jeunesse, particulièrement celle dorée).
        – J’ai connu, enfant, les frisottis de glace sur la partie intérieure de la vitre de ma chambre non chauffée et, plus tard, le seau de charbon de la cave à remonter au 4ème. Pourtant, depuis 1921, existe la maison en paille de l’architecte français Feuillette, toujours belle, hyperisolée, facile à partellement autoconstruire, donc très bon marché et que rien ne distingue extérieurement des autres maisons. Ce vrai progrès a été scié à la base par Bouygues et assimilés, comme empêcheur de s’enrichir en rond.
        – Si je déplore, par exemple, l’aliénation de femmes en burqa fières de l’être de certains pays musulmans, suis-je méprisant à leur égard ? Allez- vous alors suavement m’assimiler à l’extrême droite qui, elle, instrumentalise ce fait pour faire prospérer son fond de commerce ?

        Dans votre inconscience un peu puérile de la réalité complexe, c’est vous qui êtes, sans vous en rendre compte, complice des dominants qui savent se servir du nécessaire progrès social pour le détourner à leur profit.

        Delphin

  10. Avez-vous une possibilité d’évaluer la part des frais financiers des entreprises, c’est-à-dire les intérêts payés pour assurer la trésorerie d’une part et pour financer les investissements d’autre part ?
    Je connais dans un certain secteur des proportions de 4 à 6 % du chiffre d’affaire pour l’ensemble de ces intérêts alors que la masse salariale globale (salaires + cotisations) est de 30 à 35 % du chiffre d’affaire et le résultat proche de 0.

    1. Il semble d’après les chiffres qui circulent que ce soit de l’ordre de 150 milliards d’euros, c’est-à-dire autant que les cotisations sociales… Soit une somme dividendes + intérêts de 309 Milliards d’euros, soit l’équivalent du budget de l’Etat…

      Quant on sait comment les donneurs d’ordres jouent sur les délais de paiements et obligent les sous-traitants à emprunter auprès des banques pendant qu’eux placent l’argent à la banque…
      On voit que nous travaillons peu pour vivre mais surtout pour que les hyperriches se la coulent douce.
      Mais tant que les salariés voteront pour ceux qui veulent leur tondre la laine sur le dos sous des prétextes idiots, nous en resterons là. Enfin peut-être.

      1. Tss tss, 309 Mds ? frais financiers nets (intérêts versés moins intérêts perçus) des sociétés non financières 2011 : 12,3 Mds.
        Dividendes nets (itou) : 89,9 Mds…
        La faiblesse des premiers expliquant en partie la croissance des seconds…
        Piketty confirmerait…

      2. N’oubliez pas que les investissements qui sont généralement réalisés à crédit et subventionnés par l’Etat puisque les intérêts sont une charge, donc déductibles, ont pour objectif de diminuer ce qu’on ose nommer la masse salariale.

      3. Il y a déjà quelques « déserteurs » du travail, ils sont pour la plupart diplômés du supérieur parfois avec des compétences très appréciées sur le « marché » mais n’acceptent plus le « système » tel qu’il fonctionne. C’est tabou dans la société, une sorte d’hérésie, comme pouvait l’être le Catharisme dans le Sud de la France, ils peuvent être perçus plus négativement que les délinquants eux-mêmes. Ils pourraient bien faire des émules. Ce sont les nouveaux résistants…

      4. Oh oui vivanco ! Beaucoup de ces « déserteurs-hérétiques-résistants-délinquants-cathares » parmi les traders, tout particulièrement. Beaucoup moins parmi les caissières.

      5. Je ne comprends pas comment les investissement et:ou les intérêts versés viennent diminuer la masse salariale. Il y a là mélange des genres. Cela vient augmenter les charges en général, mais ne rentre pas dans la masse salariale, même si celle ci est aussi dans les charges. merci d’être plus clair

      6. Parmi les traders, non pas du tout sauf quelques exceptions, non parmi de jeunes diplômés dans l’informatique et autres domaines, communication, commerciaux etc…Ils vivent avec très très peu d’argent

  11. Le livre « Aux actes citoyens ! » de Sérieyx et Portnoff fourmille d’exemples montrant que la compétitivité est fort peu une affaire de coût du travail, mais d’imagination de personnes motivées et se souciant bien plus de leurs collègues de travail et des clients que des actionnaires.

  12. Il me semble manquer un paramètre fondamental à votre excellente présentation; mais peut-être est-il difficile d’obtenir les données correspondantes.
    Quelle a été l’évolution des investissements de recherche et de production des entreprises sur la même période?
    Sans être un dévôt fanatique de SCHUMPETER, il me semble évident que l’innovation est un des facteurs clés de la productivité et de la compétitivité. J’ai l’impression que c’est là précisément que « ça pêche ». Comme si le capital avait été rémunéré principalement au détriment de la recherche et de l’innovation.
    Je ne suis pas certain que le Crédit Impôt Recherche (SARKOZY puis HOLLANDE) soit la solution unique et idéale à cette dérive; il y a probablement des rigidités de structures, de contexte et de mentalités qui y contribuent, ceci pour tous les acteurs en cause: capitalistes, dirigeants, salariés, chercheurs, universités, grandes écoles et Etat dans son ensemble.

      1. …Surtout tant que le ‘travail’ sera considéré comme un ‘coût’.
        C’est comme l’espérance de vie qui devient un ‘problème’…

      2. Ashulia, dans la banlieue de Dacca au Bangladesh compte plus de 500 usines textiles. Ces usines fabriquent pour les grandes marques occidentales. C’est pas demain la veille que ces usines reviendront en Europe !

        Une usine moyenne en Europe compte environ 100 salariés, ce qui nous fait 50 000 emplois directs, plus les indirects (service, entretien, commerçants…). On peut considérer que ce confetti a détruit 150 à 200 000 emplois en Europe. Comme il y a beaucoup de confettis en Asie du Sud-Est, comme les salaires sont là-bas plus petit qu’un confetti, je ne vois pas pourquoi ni comment on pourrait recréer ces emplois perdus. A part Montebourg peut-être ?

        Il y a quelques années, nous avions délocalisé une production en Turquie, production qui jusque là se faisait dans notre usine Française. Lorsque j’ai dit à mon DG que la qualité serait moindre en Turquie, il m’a rétorqué : « Au prix de la main d’œuvre la bas, on mettra 4 ou 5 personnes par ligne de production au contrôle final ».
        Imparable ! Notre usine a fermé quelques mois plus tard, dans un bassin d’emploi où il y avait peu d’espoir de retrouver du travail.

        La main d’œuvre est immobile, le capital est tout au contraire bien mobile.

        PS : aucune haine vis à vis de ces pauvres salariés qui pour la plupart vivent dans des conditions que Zola n’aurait pas oser décrire

      3. @ Patrick
        Si vous cherchez à concurrencer le Bangladesh, je vous souhaite bien du plaisir.
        Le problème n’est pas là mais dans une compétition, qu’on le veuille ou non, entre pays (encore) riches.
        N.B.: Comme je n’ai pas le sens de l’utopie, je continue à me placer dans une perspective d’économie de marché, même si je suis loin d’y adhérer complètement.

    1. @ Eole

      Vous avez raison de souligner l’importance des dépenses de R&D. Toutefois, au vu de ce tableau issu d’Eurostat, ces dépenses sont relativement stables par rapport au PIB depuis 1993. Même si nous déplorons la 8ème place de la France derrière la Finlande, la Suède, le Danemark, L’Allemagne, L’Autriche, la Slovénie et l’Estonie, les dépenses de R&D n’ont pas été affectées par la progression des dividendes.

      Il n’en reste pas moins vrai qu’un transfert partiel des dividendes vers la R&D aurait certainement eu un impact très positif sur la compétitivité de nos entreprises.

      1. Mais la délocalisation des usines n’est pas fait pour vendre moins cher, mais pour augmenter les marges, donc les dividendes à reverser.

    2. Mais doit-on produire pour produire, innover pour innover, c’est une course sans fin qui détruit l’environnement, un peu irresponsable…

      1. Vous avez en partie raison mais l’environnement ne s’auto-détruit-il pas de lui-même depuis des miliards d’années?
        La vraie question: qu’est-ce que l’environnement (chargé ou non de nos contenus et projections émotionnels)?

      2. @Eole :
        La destruction actuelle est plus rapide que celle constatée dans les dernieres extinctions …
        La vraie question est plutot « comment faire de la croassance dans un système dorénavent //fermé// ? » … la logique plaide pour l’ endophadie …mais laquelle ? spatiale ou sociétale ?
        Pour l’ « environnement » , il y aurait plusieurs réponses : les boucles trophiques d’interactions me parait la plus concise …pour un économiste on va « réduire » aux « resources  » .

  13. La compétitivité , voilà un mot qui l’est joli .Mais qui ne veut pas dire grand chose , dans l’industrie c’est un peu comme dans le cyclisme professionnel , vous avez ceux qui gagnent en trichant et le reste du peloton qui tourne à l’eau clair .Les premiers se montrent , les autres bossent . Il y a deux sortes de patrons , celui qui innovent , qui crée une dynamique au sein de leur entreprise , payent le salaire juste charges comprises , donne une participation aux bénéfices , et puis les autres qui utilisent exonérations diverses et néanmoins nombreuses pour permettre de diminuer leurs prix de ventes .Pour ces deuxièmes , compétitivité veut dire exonérations, et bien sur fermeture ou déplacement de la boutique une fois que celles-ci sont supprimées.
    C’est un peu à l’image de Mittal , mais vu que Arnaud veut nationaliser j’attends donc la prochaine campagne de celui-ci tenant un mixeur avec un bras et une poutrelle IPN sur l’épaule .

  14. Très bien, c’est l’investissement qui a souffert des hausses de dividendes et la « compétitivité » des SNF qui en souffre subséquemment aujourd’hui. Pas vraiment une info.
    Sauf que les apôtres de la compétitivité vous demanderaient de revenir précisément à cette notion qui fait titre et intro du billet et rétorqueraient « ben voui l’investissement a chuté et le sucage vampirique des actionnaires (tous les actionnaires, ceux des jetons d’présence des conseils d’administration, ceux des salariés petits et gros, l’État même) en est la méchante cause. Voui mais nous on vous cause de nos compétiteurs, i.e des allemands, qui eux ont planté leurs canines sur la masse salariale plutôt que sur l’investissement – qu’ils ont intensifié – et nous taillent des croupières.. »
    Je rappelle que l’Allemagne a fait descendre la part des salaires dans la valeur ajoutée aux coûts des facteurs des SNF aux alentours de 57/58% (contre plus de 65 en 1995)…
    Les Us sont toujours en tête autour de 70%… et ces pauvres norvégiens si mal lotis en queue de peloton ocdéesque à moins de 50%, bien en dessous des italiens ou finlandais vers 55%…

    1. Eh bien cher vigneron, c’est justement le débat du jour.

      Si les pays du Nord ont tiré les salaires vers le bas (en réalité je me fiche que le manque à gagné ait été empoché par quelques coffres forts sur pattes), il en résulte ceci :

      Passe encore qu’ils aient tué leur poule aux œufs d’or, mais on voit qu’ils exportent leur idéologie vers les pays qui ne sont pas touchés, se faisant ainsi hara-kiri.
      Car c’est bien grâce aux consommateurs européens qu’ils ont constitué leur petit pécule.

      1. Précarisation du salariat, multiplication des emplois à temps partiel et délocalisation des fabrications dans les pays européens voisins, voila la recette allemande, tout ça pour vendre le maximum de produits à ses voisins européens. Un retour des poires au panier, puisqu’il parait que la France, avant l’euro, avait de m^me, mais en dévaluant sa monnaie.
        Si lors de l’entrée de l’ Espagne et du Portugal dans la CE, à l’époque, il était dit que nous allions hisser ces pays au même niveau de vie que nous, ce n’est plus du tout le but affiché de cette europe, qui, allemand oblige à tout intérêt à garder un semi tiers monde à sa porte.

      2. Tchoo,

        Je n’arrive pas à saisir dans votre commentaire où se trouve l’intérêt de l’Allemagne à tiers voire « quart » mondialiser le reste de l’Europe.

        Sauf pour l’idéologie subjective du pouvoir.

      3. ais-je écrit cela?
        je ne crois pas
        juste garder à ses portes et en europe des pays à plus bas niveau de vie comme manufacture allemande, garder par créer

  15. On se fout de la croissance, n’est-ce-pas ?

    “Even at a zero growth rate in physical output, we will still be steadily exhausting our non-renewable resource reserves and will still be experiencing the effects of their rising costs. The bottom line for the U.S. is that if resource prices rise at an accelerated 9%, then obtaining sufficient resources will use up all of our growth potential in just 11 years. After that, the balance of the economy will be in reverse!”

    Jeremy Grantham: Growth as We Knew It ‘Gone Forever’
    http://www.advisorone.com/2012/11/20/jeremy-grantham-growth-as-we-knew-it-gone-forever

  16. Bonjour
    Merci pour ce billet vraiment très intéressant.

    Une question : qu’est-ce que le compte d’affectation de revenu primaire?

    Amicalement

      1. Merci!

        Je me trompe peut-être, et au risque de me faire l’avocat du diable, mais dire au 8ième paragraphe que :

        masse salariale = salaires + cotisations soc. effectives et imputées

        me semble faux car la masse salariale (au sens INSEE) ne comprend pas les charges patronales (donc une partie des cotisations sociales effectives) :

        http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/masse-salariale.htm
        http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/cotisations-soc-effectives.htm

        Ne serait-il pas plus juste de parlé de « coût du travail » ou « coût de la main d’œuvre »?

        http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/indice-cout-travail-industrie.htm
        http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=11&ref_id=15264&page=dossiers/industrie/annexes/annexe.htm
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%BBt_de_la_main-d%27%C5%93uvre

        Amicalement

      2. @ Olivier

        Je me permets de vous préciser que la nomenclature utilisée dans les comptes S11 et apparentés n’est pas celle de l’Insee mais du Système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC95).

        En fait, par masse salariale, j’entends la masse salariale comptable qui intègre l’intégralité des cotisations sociales (salaires bruts + cotisations patronales).

      3. Proposons d’appeler « coûts salariaux » (salaires + cotisations salariales et patronales) » ressources salariales« , puisque les chefs du personnel s’appellent maintenant directeurs des ressources humaines.

        Delphin

  17. Bon! eh ben me voilà rassuré! les salaires sont maitrisés et les dividendes sont confortés!
    ouf, le spectre de la baisse tendancielle du taux de profit ( un cauchemar, mon bon ami), s’éloigne…prochaine étape, la fin du CDI, histoire de fluidifier le marché du travail…en français vulgaire, foutre la pétoche aux ouvriers-employés afin qu’ils bossent plus et surtout ferment leur g…vous verrez, on y arrivera vite, sinon, adieu le double A et place aux copieux taux d’intérêt pour sanctionner l’absence de réformes structurelles, et gna gna, et gna gna
    €nfin, on n’est pas en Grèce, en France, on y va doucement, avec tact et délicatesse, tout dans le feutré, le non dit, la litote ; ahhhh la novlangue…..y sont forts quand même les spin doctors!

    1. foutre la pétoche aux ouvriers-employés afin qu’ils bossent plus et surtout ferment leur g…

      C’est déjà le cas, malgré les CDI, non ? Même des cadres, inférieurs 😉 ou supérieurs, voire hors classe. Tout le monde a la pétoche.

      Je connais par un tiers l’histoire vraie et actuelle d’une société qui fait travailler ses employés 14 h/jour et 6 ou 7j/7, pour un contrat de 37,5 heures par semaine. Les heures supplémentaires ne sont pas payées, évidemment. Pas de pointage, pas de traces. Personne ne dit rien, et les employés eux-mêmes découragent les plus audacieux, qui voudraient parler et se plaindre de cette situation. Ils s’accrochent à leur boulot pour vivre (environ 1600 € / mois). Elle est belle, la société d’aujourd’hui !

  18. Le patronat francais (et européen) agit selon le principe du « the winner take it all ».
    Le but du discours autour de la « compétivité » consiste à faire baisser les charges patronales et, bien sûr, les salaires. On veut ainsi instaurer deux classes de salariés: ceux qui sont indispensables pour dégager des gains à court terme (probablement la « nouvelle race supérieure »), et ceux dont l’économie n’a pas besoin dans un monde globalisé où l’on cultive la robotisation et la financiérisation de la production.
    La seule solution consisterait à mettre sur pied un revenu universel pour ceux qui sont durablement exclus du monde du travail. Mais je doute au’il y ait une volonté politique pour ca.

    1. J’aime beaucoup la formule « The winner takes it all » ; très juste. Un programme : mettre ABBA la classe qui a gagné la lutte (celle de Warren Buffet).

  19. M. Jorion

    J’aurais aimé voir sur ce blog une discussion à propos des solutions proposées par le Front de Gauche à la crise financière.

    Son pendant grec, Siryza, devrait arriver au pouvoir si des élections anticipés ont lieu prochainement. Il est donc possible que bientôt les idées de la gauche radicale soient mises en pratique. Un peu, beaucoup, passionnément ? La Grèce est un laboratoire d’expérimentation des politiques libérales les plus extrêmes. Parions qu’elle deviendra le laboratoire des idées humanistes les plus ardentes.

    Il y a urgence à réfléchir.

  20. J’aimerai bien voir un graphique montrant l’évolution des charges sociales patronales par rapport au chiffre d’affaire des sociétés.
    Merci

    1. @ Chappuis Michel

      La chose n’est pas très compliquée à faire. Vous prenez le compte S11 puis la ligne du compte P1 et vous faites le rapport avec les comptes D121 et 122.

      Je l’ai fait pour vous et là encore, la tendance est sans appel. Le rapport est passé de 7,08 en 1993 à 6,09 en 2011 (compte D121 cotisations sociales effectives cad réglées aux organismes de SS et régimes privés avec constitution de réserve) et de 7,95 à 6,55 si vous cumulez les cotisations sociales effectives et imputées (ces dernières correspondant à des prestations sociales directement versées par les employeurs à leurs salariés).

  21. Niveau de vie et compétitivité

    Je pensais jusqu’ici que c’est le niveau de vie d’un pays (dépenses militaires incluses) qui conditionne la compétitivité de ce pays et que les dividendes faisaient partie de ce qu’il s’agit de préserver sinon d’augmenter.

    Même si on m’explique que c’est plus compliqué que ça (et qu’en Henry Ford l’a prouvé à son époque) il me semble évident qu’un pays où on va travailler à pied ou en vélo plutôt qu’en tram ou en voiture en retire finalement toujours un avantage de compétitivité. Personne ne semble mettre en doute le fait que les guerres que mènent les Etats-Unis constituent un handicap sérieux parce que leur coût se répercute forcément sur ce qu’ils produisent.

    En ce qui concerne la santé, l’enseignement et la recherche les choses sont certes moins évidentes mais là aussi on voit assez facilement que les médicaments hors de prix destinés à prolonger la vie des personnes agées, la recherche sur la grammaire du grec ancien ou l’enseignement de l’histoire de l’art peuvent beaucoup plus directement nuire à la compétitivité que la servir.

    Pour ce qui est des dividendes ça parait assez simple: s’ils sont faibles les cours de la Bourse sont mauvais, l’industrie périclite et les exportations s’effondrent en même temps que la compétitivité.

    1. G L. Tu vas rire…
      je te « reprends » :
      Pour ce qui est des dividendes ça parait assez simple: s’ils sont forts les cours de la Bourse sont bons, l’industrie périclite et les exportations s’effondrent en même temps que la compétitivité.

      Soit, ce qui se passe actuellement…
      Tu inverses juste le début, et ça marche aussi. 🙂

      1. En fait c’est une grosse machine très (trop) compliquée dont on nous montre en gros plan un des engrenages pour essayer de nous prouver qu’en le remplaçant par un autre tout va repartir comme avant alors que c’est l’ensemble de la machine qui n’est plus adapté au monde dans lequel elle avait été placée il y a environ deux siècles et qui a beaucoup changé depuis.

        Le capitalisme n’est pas une idiotie mais une organisation du pouvoir économique qui s’est avérée efficace à partir de la fin du XVIIIe siècle en Angleterre puis en Europe et surtout aux Etats-Unis parce que:
        – il convenait très bien a la plupart de ceux qui étaient riches et puissants
        – il n’était souvent pas beaucoup plus insupportable pour les plus pauvres que ce qui existait avant
        – il a fortement contribué au développement des classes moyennes.

        Les obstacles qu’il rencontre actuellement chez nous (les occidentaux) – les trois crises dont parle P.J. et beaucoup d’autres – semblent insurmontables mais nos mécaniciens sont si attachés à ce qu’ils croient être la seule manière avantageuse pour eux d’organiser l’économie qu’ils ne savent rien proposer d’autre que changer l’engrenage qui coince.

        Il me semble qu’en expliquant pourquoi le capitalisme a paru être supportable à beaucoup dans la période d’expansion précédente on explique aussi pourquoi tout ne va pas repartir comme avant et la compétitivité qu’on nous propose (qui équivaut à la frugalité des producteurs)semble un excellent point de départ pour montrer que nos petites affaires d’occidentaux ne sont pas près de redevenir florissantes.

    2. va falloir nous expliquer en quoi et comment des cours de bourse faible, peuvent faire péricliter une industrie.
      Pensez vous encore que ce qui se passe à la bourse enrichit ou appauvrit une entreprise (cotée bien sur)

  22. Pauvres idiots (:)), il n’y a pas 36 variables que l’on peut ajuster à loisir dans une entreprise
    – on ne peut pas rouler en clio de fonction
    – on ne peut pas baisser les frais financiers car il est idiot de payer comptant !?!
    – on ne peut pas diminuer les intérêts sur un investissement foireux
    – on ne peut pas augmenter les salaires
    – on ne peut pas diminuer les dividendes
    mais
    – on peut virer un chercheur qui a trouvé
    – on peut virer un informaticien qui a terminé son logiciel
    – on peut faire travailler un ouvrier inefficace plus longtemps ou le payer moins cher (cqfd)
    – on peut diminuer le nombre de salariés incompétents (cqfd)

    Et d’ailleurs pour être sur de bien le vivre, et parler de la compétitivité des autres à son aise, il vaut mieux faire de la politique.

    1. Vous êtes si injuste avec les hommes politiques alors qu’en ce moment même la compétitivité des notables UMP semble faire débat. D’ailleurs ils sont tellement compétitifs à l’UMP qu’ils vont faire 2 partis rentables à partir d’un seul. Les dividendes ne seront pas négligeables : 42000 euros de bon argent public réputé si rare par député.

  23. Bravo Fod ! Voila encore un grand et beau travail. Hélas, il ne va pas faire se rapprocher les tenants du capital et du travail.

    Mais quand donc tous ceux qui veulent le meilleur pour l’humanité, comprendront-ils que tout ce qui tend à opposer les uns aux autres est nuisible à la communauté des hommes ?
    Quand comprendront-ils qu’avant de se préoccuper du pouvoir d’achat des pauvres des pays riches, il vaudrait mieux s’intéresser à celui des pauvres, des pays pauvres d’aujourd’hui et des nôtres de demain, quand nous serons tous plus pauvres pour avoir trop consommé ?

    Plus on s’emploie à donner du pouvoir d’achat à ceux qui ne pensent qu’à consommer, plus on détruit la planète et moins on laisse de temps à notre espèce pour comprendre la nécessité d’épargner ses richesses et son capital, et de cultiver son intelligence. Toute richesse financière venant grossir le capital, c’est autant de richesse matérielle de la terre qui est épargnée, donc c’est autant de vies futures rendues possibles.

    Ne devons-nous pas penser à ceux qui nous suivent, à nos enfants, petits enfants et aux autres ? N’y a-t-il pas moyen de réorienter la soif de consommer des gens d’aujourd’hui alors que ceux d’hier savaient davantage se contenter de nourritures spirituelles et religieuses ? Pourquoi, si besoin, ne pourrions-nous pas par exemple, les remplacer de nos jours, par les découvertes et les enchantements qu’offrent de meilleures connaissances d’un monde qui apparait de plus en plus infini ?

    Non, cher Fod, je crois qu’il ne faut pas chercher à donner davantage d’arguments et de moyens de s’abaisser à consommer encore plus de richesses matérielles. Il vaut mieux inciter les gens à se nourrir de richesses immatérielles, intellectuelles et de raison qui tendent à élever l’humanité au lieu de l’anéantir.

    1. Mais quand donc tous ceux qui veulent le meilleur pour l’humanité, comprendront-ils que tout ce qui tend à opposer les uns aux autres est nuisible à la communauté des hommes ?
      Quand comprendront-ils qu’avant de se préoccuper du pouvoir d’achat des pauvres des pays riches, il vaudrait mieux s’intéresser à celui des pauvres, des pays pauvres d’aujourd’hui et des nôtres de demain, quand nous serons tous plus pauvres pour avoir trop consommé ?

      Il faut avoir tout le talent d’un jducac pour être capable de dire une chose et son contraire en l’espace de deux phrases 😉

      1. faut décrypter et c’est tout transparent; que les pauvres de là-bas se contentent d’une pièce afin que les pauvres d’ici en prennent de la graine: égalité parfaite. le changement plus c’est loin et plus l’avenir l’est beau. Jducac, on dirait un fable mécanique d’un La Fontaine ivre et fatigué de ne pas pas trouver le frein, ses coups de volant dans le virage renouvelant le paysage 🙁

    2. @Jducac

      Je peux vous poser une question combien de temps je peux vivre en me contentant de nourritures spirituelles et religieuses ?
      Merci de me répondre

    3. Merci Jducac.

      Cela dit, je constate que vos idées fixes ont la peau dure et que vous faites toujours une interprétation très personnelle de ce que vous lisez. Je vous rappelle que ce billet a simplement pour objectif d’opposer des arguments visuels au mensonge sur les causes de notre manque de compétitivité et ne traite aucunement de la problématique du pouvoir d’achat.

      Toutefois, et je crois me souvenir que vous aviez eu ce débat avec Julien, augmenter le pouvoir d’achat n’est pas obligatoirement synonyme d’une augmentation de la consommation. Pour prendre un exemple simple, à commencer par le mien, je connais plein de personnes qui aimeraient pouvoir acheter des produits frais et biologiques auprès des producteurs locaux, mais qui en sont empêchées faute des moyens nécessaires. De la même façon, ces personnes préféreraient acheter des produits de grande qualité Made in France plutôt que Made in China, mais ne le font pas pour les mêmes raisons. En bref, des personnes qui seraient prêtes à privilégier la qualité à la quantité. Certes, cela nécessiterait de mettre en place des politiques incitatives un peu plus vigoureuses, au niveau national ou européen, pour élargir la demande qualitative, mais présenterait l’immense avantage de relocaliser certaines productions et de diminuer leur coût carbone, donc d’agir favorablement sur la planète.

      Et n’allez pas croire que tout le bon peuple est idiot et inconséquent dans ses choix ! De plus en plus de personnes sont sensibilisées à la problématique écologique, et j’en veux pour simple preuve l’augmentation croissante d’initiatives alternatives qui vont dans ce sens. Rien que dans le canton où j’habite, j’ai vu en quelques années la création d’Amap, de SEL, de Journées du Don, l’installation de fermes agricoles à vocation biologique, d’un immense parc photovoltaïque…

      Donc, outre le fait qu’une augmentation du pouvoir d’achat permettrait à certains de vivre décemment (logement, nourriture suffisante sans être obligé d’aller quémander quelques paquets de pâtes aux restos du Coeur, chauffage etc…), il est partiellement faux d’affirmer avec certitude que cette augmentation aurait pour effet une augmentation équivalente de la consommation.

      1. @ Fod 27 novembre 2012 à 17:43

        Toutefois, et je crois me souvenir que vous aviez eu ce débat avec Julien, augmenter le pouvoir d’achat n’est pas obligatoirement synonyme d’une augmentation de la consommation

        Vous évoquez peut-être un sujet concernant aussi la compétitivité ayant amené une discussion au cours de laquelle j’avançais l’idée d’augmenter le temps de travail pour être plus compétitif. Cela entraînait corrélativement, pour les travailleurs, une augmentation du pouvoir d’achat sur leurs propres productions. C’était ici :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=42344#comment-370817

        A ce sujet et en revenant sur votre tableau 1, l’envolée des dividendes observée entre 1999 et 2008 ne serait-elle pas à relier à l’introduction des lois sur les 35h lesquelles ayant conduit à devoir amortir un même coût de capital sur une moindre production ? Qu’en pensez-vous, vous qui maitrisez bien ce qu’expriment les données de ces graphiques ?

      2. @ Jducac

        Je crois pouvoir répondre NON à votre hypothèse :
        1°) parce que les graphiques 2 et 2bis montrent que la dynamique de progression des dividendes est antérieure aux lois sur les 35 heures.
        2°) parce qu’il n’y a pas eu baisse de la production, les 35 heures ayant été largement compensées par une amélioration de la productivité horaire.

      3. @ Fod 27 novembre 2012 à 22:18
        Vous avez raison, mon hypothèse était idiote. Il faut donc en conclure que les détenteurs du capital français n’ont plus eu confiance dans leurs investissements en France. Ils ont alors décidé de les « pomper » le plus possible avec les dividendes, puis de les sacrifier totalement une fois leur coquille vide, en allant investir ailleurs.

        Voila à quoi l’on arrive quand certains politiques traitent avec mépris les investisseurs. Ces derniers délocalisent et laissent les partis politiques incompétents en économie se débrouiller avec une population réduite au chômage. Je crois me souvenir que Mme Aubry ne s’était pas embarrassée par des négociations avec les partenaires sociaux, notamment avec le patronat à l’époque des 35h

        Il serait très intéressant de pouvoir disposer des mêmes graphiques 2 et 2bis pour l’Allemagne qui, à la même époque, avec un gouvernement également à gauche, a mené une politique économique totalement différente de celle de la France. Idem pour le graphique 6.
        Avez-vous la possibilité de les faire, sans que cela vous demande trop de travail ?

        Après avoir méprisé les gestionnaires du capital français investi en France, va-t-on faire la même chose avec le capital étranger investi en France ? L’attitude du gouvernement français avec Mittal n’est pas rassurante de ce point de vue.
        http://www.lefigaro.fr/societes/2012/11/27/20005-20121127ARTFIG00555-mittal-le-maire-de-londres-se-moque-de-montebourg.php

        Voila un avis de l’OCDE qui montre, entre autres, que ne pas travailler assez est préjudiciable à la compétitivité française
        http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/11/27/20002-20121127ARTFIG00512-la-france-epinglee-par-l-ocde.php

      4. Les 35 heures n’ont posé de problèmes que dans le secteur des services et particulièrement des services publics. Ce n’est donc pas aux entreprises (ni a fortiori aux capitalistes) qu’elles ont nuis mais à l’Etat et donc aux citoyens qui ont la chance de payer l’impôt…

      5. @ EOLE 28 novembre 2012 à 10:33

        Les 35 heures n’ont posé de problèmes que dans le secteur des services et particulièrement des services publics.

        Ajoutées à la retraite à 60 ans, alors que la plupart des autres pays tendaient à reporter l’âge de départ, les 35 heures ont nui au pays dans son ensemble, donc à tous ses habitants. Le pays est alors apparu aux yeux des autres « hors du coup », c’est-à-dire sous développé en matière de compétence économique, comme tous ceux d’Europe du Sud.

        Mais la tendance, dans ce domaine comme ailleurs, consiste à reporter la responsabilité sur d’autres et, tout comme les mauvais élèves les plus immatures, en s’en prenant aux premiers de la classe, surtout s’ils sont les plus appliqués, les plus sérieux et les plus travailleurs.

    4. Bof, commentaire d’un bourgeois hypocrite qui a compris le mécanisme production / consommation à ses dépens, mais trop tard.

    5. Mais c’est déjà fait jducac, vous retardez d’au moins un an !

      Le PEAD (Plan d’aide aux plus démunis) qui coûtait 1 € par an et par habitant de l’Union européenne, est passé à 0,75 € et devrait atteindre un niveau enfin soutenable de 0,5 €. Il suffit d’attendre la mise au point du dernier budget européen au 31/12/12.

      Réduire la nourriture des plus pauvres va permettre d’en faire disparaître par attrition discrète et donc réduire d’autant les comptes sociaux… pas bon ça ?
      Un cercle vertueux de ce type on n’en avait pas vu depuis la proposition de Swift pour résoudre la crise irlandaise, en 1698.

      1. **Le PEAD

        les resto du coeur et le secours populaire parlent haut et clair :la misère monte ; sans les aides européennes, des personnes mourront de faim, ici même …
        (déjà qu’en plein Paris, l’hiver dernier, des personnes sont mortes de froid).

        http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-le-lancement-de-la-campagne-hivernale-des-restos-du-coeur

        **nos députés européens de Gauche : GUE nous en avaient parlé depuis longtemps déjà …

      2. Mais c’est déjà fait jducac, vous retardez d’au moins un an !

        D’un siècle, non ?
        Malheureusement zombie, ni mort, ni vif. Faut-il s’ennuyer pour ainsi venir dévider vos-jducac- pénibles sottises ?
        Mettez-vous au Monopoly, le monopoly c’est bien pour les zombies.

    6. Toute richesse financière venant grossir le capital, c’est autant de richesse matérielle de la terre qui est épargnée,

      Woaw!!!! Dans quel film?
      D’où elle vient la richesse financière? Des intérêts qui payés par les travailleurs et les entreprises et la consommations des matières premières et de l’énergie.

      1. @ michel lambotte 27 novembre 2012 à 20:59
        Arrêtez Michel de refuser de voir les choses au fond et jusqu’au bout.

        Bien sûr que toute la richesse crée est extraite de l’environnement des hommes, soit de stocks que la nature avait réalisés depuis des millions d’années, soit par une captation sur les flux renouvelables opérée grâce au travail et à un ensemble de moyens (le capital) nécessitant l’utilisation d’une plus ou moins grande quantité de ressources non renouvelables.

        Mais tant que cette richesse extraite des « ressources primaires » reste convertie en argent, ou en investissements encore non productifs mais promis à le devenir (territoires recélant des richesses potentielles telles que des terres agricoles, « des savoirs et des connaissances », des brevets, de l’ or et autres matériaux de valeur etc….) ce sont des richesses stockées qui ne coûtent que les dépenses de conservation en sécurité.

        Cette première consommation de ressources primaires a permis de constituer un capital qui est une ressource (Paul Jorion le Capitalisme à l’agonie, page 30, 2011). C’est une « ressource secondaire » ou de second rang par rapport aux ressources primaires qui ont permis de la constituer.

        Mais cette même quantité de richesse, si au lieu de la mettre dans mains de ceux qui traditionnellement veillent à la conserver en valeur, en l’investissant judicieusement, on la met à disposition de gens qui n’aspirent qu’à la consommer pour en jouir, pour rendre leur vie plus agréable (écrans plats, téléphones et électronique derniers cris, fringues à la mode pour en remplacer d’autres loin d’être usées, voyages pour la coupe du monde à l’autre bout de la planète, voyages d’agrément divers, parfois-même achetés à crédit, etc….) c’est alors qu’elle entraîne la destruction de tout ce qui est nécessaire à la production de ces « biens de consommation »

        C’est à dessein que j’ai parlé « des savoirs et des connaissances ». Dans les domaines qui sont fondamentaux pour assurer la perpétuation de notre espèce, notamment l’économie, ces savoirs étaient intuitivement mieux assimilés par simple atavisme, chez les populations nées avant la dernière guerre mondiale. Bien qu’elles aient bénéficié de beaucoup moins d’instruction, elles étaient bien plus matures et responsables que le commun des mortels d’aujourd’hui. Il vit et consomme sans même savoir pourquoi et comment cela lui est possible de le faire. Il est devenu plus inconscient que ses ancêtres.

        Il faut comprendre que sans travail et la constitution de stocks (capital) grâce à l’épargne, permettant d’investir pour s’adapter à l’évolution, la survie d’une communauté est gravement compromise. Voilà où nous en sommes arrivés grâce au discours suicidaire de l’anticapitalisme, inconsciemment propagé par beaucoup de gens sincères, mais qui n’ont pas suffisamment réfléchi.

    7. ben tè, augmenter la part de capital préserverait la planète
      enrichir les plus riches deviendrait écologique
      vous allez finir vert, si vous n’y prenez pas garde

      1. @ tchoo 28 novembre 2012 à 09:38

        augmenter la part de capital préserverait la planète

        Bien évidemment. Chaque €uro gagné par du travail et qui n’est pas dépensé, entre dans le capital du pays. Il contribue à l’enrichir et lui donne plus de force, plus de moyens pour d’adapter à l’inévitable évolution du monde.

        Réfléchissez, c’est la consommation au-delà du seuil de renouvellement des ressources renouvelables ou la consommation des ressources non renouvelables qui détruit la planète. Ça n’est ni l’épargne ni la capitalisation qui détruisent la planète, c’est la consommation. Ce ne sont pas les capitalistes les plus destructeurs de la planète ce sont les anticapitalistes. En exerçant une pression morale et culpabilisatrice sur ceux qui ne consomment pas tout ce qu’ils gagnent, les anticapitalistes agissent pour faire grossir leurs rangs mais ils poussent à la consommation, donc à la destruction de la planète.

        Personne n’a dit que la force et l’avenir d’un pays dépendait de sa consommation, sauf quelques personnels politiques stupides, tant à droite qu’à gauche, voire-même certains économistes. Ce qui fait la force d’une communauté comme d’un individu c’est sa capacité à produire de la richesse par le travail, le savoir et le savoir faire, tout en consommant peu. Et c’est d’autant plus facile d’y parvenir lorsqu’on s’appuie sur un capital matériel et humain de bon niveau.

        Bien sûr, quand on abêtit une population en faisant tout pour qu’elle ne vive qu’en consommant des « nourritures » matérielles, on finit par n’obtenir que des consommateurs de planète. Ils finissent d’ailleurs par se manger entre eux, incités qu’ils sont par ceux qui poussent à la lutte entre capital et travail.

  24. Bonjour à tous,

    Il n’y a qu’avec des données chiffrées que l’on peut argumenter contre le néo-libéralisme. Mais, la France est une île. Quelle que soit la qualité de notre argumentation, nous n’avons pas un poids suffisant pour soulever le couvercle. Si un jour nous pouvions, au niveau européen, voir simplement dans la zone euro, construire un argumentaire commun sur cette base…. alors peut être que la vaguelette créée pourrait générer un tsunami. Ces données, et donc ces graphiques, exitent-ils pour chaque pays de la zone euro ?

    1. Ces données, et donc ces graphiques, exitent-ils pour chaque pays de la zone euro ?

      Oui, une telle étude serait très intéressante.

    2. @ Duceux JF et Stephane S

      Je ne saurais vous dire s’ils existent pour les autres pays, mais en tout cas, ils existent maintenant pour la France.

      Comme je l’ai dit – je ne sais plus où -, c’est un travail long et laborieux. Rien n’empêche d’autres personnes de le faire à partir des données statistiques de leur pays ou éventuellement des données d’Eurostat si elles permettent d’aller aussi loin dans l’analyse.

      Je vais essayer d’y regarder de plus près mais je ne vous promets rien.

  25. Graphiques parlants!
    Cela conforte le besoin de financer les entrepprises par des sociétés financieres qui
    souscriraient des obligations.
    Après cela on peut basculer les charges sociales sur la TVA pour baisser le prix hors taxe.

  26. Le véritable souci est que ces graphs sont connus de l’Elysée , de Matignon, du Medef etc…et leur petit coeur continue de parler d’austérité et de nous rappeler que le travail est une charge.

    L’enjeu est une fois de plus l’information. On pourrait se cotiser pour coller le bon graphique 30 secondes sur TF1 avec un commentaire de Schwarzenegger (le doublage) en voix off… (On demanderait à Costa Gavras de le réaliser) ou bien demander une loi pour faire un site officiel avec des compteurs qui tournent : bénéfices, salaires et charges , par secteur, pour le CAC40….ou bien imprimer des tee-shirt « Nous sommes au courant » ou bien …

    Le problème FOD, c’est que j’ai tendance à vous voir dans la scène finale d’un film avec vos graphiques dans la main gauche, le poing droit tapant rageusement sur une vitre épaisse qui ne laisse passer ni le son ni les balles, la caméra finit sur un travelling arrière ou l’on peut voir un type qui vous tire sur chariot dans un entrepôt immense et mal éclairé…. mouais…

    1. @ Diego

      J’aurais préféré une fin plus glorieuse. 🙂
      Rêvons un peu et laissons nous aller à imaginer une fin plus hollywoodienne avec happy end : Fod en sauveur du monde, adulé des foules, proclamant un discours, mondialement retransmis avec la 9ème de Beethoven en fond sonore, sur les marches du Parthénon, symbole du sacrifice grec, ou au bas de celles du Palais Brongniart ou de Wall Street détruits, symboles du capitalisme déchu, ou bien les trois dans un travelling final avec vues aériennes et effets spéciaux… 🙂

    2. Bien d’accord !
      La question est comment se fait-il que ces chiffres publics ne puissent jamais être discutés sur un plateau TV ?
      Comment se fait-il qu’aucun journaliste économique ne les donne, ne les oppose aux faux chiffres et taux donnés par les politiques ?
      Qu’avons-nous fait pour qu’un service public comme l’Insee (création de la Révolution, quand même) ne puisse jamais intervenir pour dire ce qu’il en est ? Iindépendamment des avis ou des interprétations des uns et des autres, car il faut du débat contradictoire. Les chiffres doivent être discutés !

      1. Vous vous trouvez sur un plateau télé, vous êtes entouré de personnes tenant le discours dominant, il leur suffit d’une phrase largement approuvée par la majorité des auditeurs pour vous « démolir ». Vous disposez de quelques minutes émiettées (dans le meilleur des cas) pour présenter et démontrer le bien fondé de vos propos, de l’ordre de ceux-ci :

        « Poussant l’investigation un peu plus loin, j’ai réalisé le graphique 2 qui montre sur une base 100 prenant 1993 (5) comme année de référence, que la masse salariale (salaires + cotisations soc. effectives et imputées) est restée relativement stable par rapport à la valeur ajoutée brute (66,93 % en 93, 67,77 % en 2011) alors que dans le même temps, le poids des dividendes bruts distribués était multiplié par presque 3 dans leur rapport avec la valeur ajoutée brute (7,5 % en 93, 21,1 % en 2011) et par 2 dans celui avec le compte d’affection des revenus primaires (8,8 % en 93, 19,4 % en 2011) »

        C’est à ce moment que la musique à 5 temps de Mission Impossible MMXII commence à sonner, lointaine puis crescendo !

  27. Le chômage explose en octobre.

    Le chômage a de nouveau très fortement augmenté en octobre. Selon les statistiques publiées mercredi 27 novembre par Pôle emploi et le ministère du travail, le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant eu aucune activité au cours du mois (catégorie A) a abondi de 46 500 personnes, DOM compris. En septembre, il avait déjà bondi de près de 47 000 personnes. Pire, en comptant les chômeurs en activité réduite (catégorie B et C), la hausse atteint 73 600 personnes !
    Une telle explosion n’avait pas été vue depuis mars 2009. Avec 4 870 800 personnes inscrites à Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A,B et C atteint un niveau jamais vu aussi loin que remontent les statistiques. Pour ceux en catégorie A, le niveau n’avait pas été aussi haut depuis quatorze ans, en mai 1998.

    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2012/11/27/le-chomage-explose-en-octobre_1796694_1698637.html

  28. La simple notion novlangue de « cout du travail » résume à elle seule la pensée du MEDEF et de ses obligés politiques. L’esclavage, le pillage, la guerre sont historiquement dans les gènes du capitalisme, croire qu’il peut en être autrement est pour le moins naïf.

  29. Le terme compétitivité va toujours dans un seul sens. Il ne viendrait pas à l’idée de Mme Parisot d’évoquer la compétitivité des salaires des patrons du CAC40.
    Compétitivité : Action concertée de l’aristocratie des marchands pour abaisser le salaire du grouillot à son strict niveau de survie.

  30. comme on compare toujours a la belle et respectable Allemagne, y a t il des comparaisons possibles a faire sur ces graphes? est ce un probleme specifiquement français, ou bien ce fameux cout du capital est il le meme dans tous les pays? merci de m’apporter des reponses si c’est possible…

    1. @ggbal

      Il faudrait faire le même travail avec les statistiques allemandes. Travail long et laborieux. Rien n’empêche quelqu’un d’autre de le faire ou de tenter une synthèse à partir des données Eurostat.

      1. Merci mais avez vous au moins une juste une petite idée? est ce typiquement français ou est ce vrai partout? car ca ne veut rien dire de parler seulement pour nous français, est ce vrai dans l’ensemble du systeme, sinon a quoi ça sert de nous bourrer le mou avec cette histoire de competetivité (qui n’a de sens que par comparaison, et ils ne s’en privent pas )??? pourriez vous transmettre ces graphes a ce beau Mr Lenglet sur A2, il paraitrait un peu plus original….

      2. Mr Lenglet sur A2

        lequel s’ est déjà fait *mélenchoniser proprement …
        mais son sourire est resté imperturbablement TINesque ( à mon avis un lifting qui aurait mal tourné )

        * synonyme de : pulvériser façon puzzle …pour le plus grand bien de la remise des questions dans le bon sens, avec déboisement de la langue, et pédagogie à la clef …

        rien que pour cela, mélenchons nous fraternellement !

      1. J’attends votre avis
        pour l’avoir rapidement parcouru, il me semble qu’il parte du postulat que la baisse de compétitivité en France provient du « cout  » du travail et des 35 heures, et donc que le développement de l’étude est faite avec cette optique.
        Par exemple la comparaison du prix du travail horaire entre France et Allemagne oublie de comparer le montant produit pour les deux pays dans la même unité de temps.

    1. Dividendes vs frais financiers :

      La hausse tendancielle de la part des dividendes dans la valeur ajoutée est intervenue en contrepartie d’une baisse des frais financiers nets. Selon les comptes nationaux, le poids des frais financiers nets dans la valeur ajoutée (intérêts versés moins les intérêts reçus) est passé de 6,1 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières en 1990 à 2,1 % en 2000 et même 1,2 % en 2011. La part des dividendes nets est en revanche passée de 4,5 % de la valeur ajoutée en 1990 à 5,9 % en 2000, 7,7 % en 2007 et 9 % en 2011. Au total, le point à noter est que le coût de la rémunération des capitaux (ou coût de financement externe) apparaît assez stable sur longue période : 10,6 % de la valeur ajoutée en 1990.

      Secteur industrie manufacturière vs construction, extraction et services :.

      C’est le secteur industriel qui a subi les plus forts reculs de ses résultats d’exploitation. Le taux de marge de l’industrie manufacturière a baissé de plus de dix points depuis 2000, passant de 33 % à 21,6 %. Le montant de son excédent brut d’exploitation est en recul de 40,1 % par rapport à son niveau de 2000. Il est en retrait de 31,8 % par rapport à 2007. Le montant de l’EBE de l’industrie manufacturière ne représente plus que 5 % de la valeur de la production de la branche. Ce ratio était de 9,3 % en 2000.

      1. @ vigneron ou l’art de mettre le doigt là où ça fait mal

        Concernant uniquement la 1ère partie, deux remarques à faire :
        1) les chiffres sont exacts sur la période analysée par Rexecode. Cependant, le rapport du coût de la rémunération des capitaux a connu de fortes fluctuations entre 1993 et 2011 : 11,36 en 96 contre 7,06 en 2002. Si je procédais à la manière de Rexecode en prenant comme base le point le plus bas, je pourrais alors faire remarquer qu’entre 2002 et 2011, ce coût a augmenté de 31 milliards et correspond en cumulé à 236 milliards d’euros.
        2) les frais financiers regroupent aussi bien les intérêts sur crédit bancaire que ceux versés au titre des obligations, les commissions bancaires de découvert ou les intérêts sur les opérations de crédit-bail… Dès lors, je me pose la question de savoir s’il est légitime d’amalgamer dans une même entité comptable les soldes des revenus distribués et des frais financiers dans la mesure où compte tenu de l’hétérogénéité de ces derniers, le détail précis nous est inconnu ? La seule hypothèse que je puisse émettre, c’est que si les SNF se sont «désendettées», c’est au seul profit des revenus distribués donc des actionnaires, mais en aucun cas pour améliorer l’appareil de production ou le budget R&D.

    2. @ Vigneron

      Suite à l’enfumage que Coe-Rexecode, via Parisot, nous avait infligé en 2010 sur les coûts horaires de la main-d’oeuvre entre l’Allemagne et la France, j’avoue émettre les plus grandes réserves quant à leurs arguments. Toutefois, malgré un début d’urticaire géant et une tachycardie galopante :-), j’ai lu avec intérêt et le plus d’objectivité possible (il est interdit de rire !) leur analyse, en m’épargnant tout de même l’annexe sur les coûts du travail – pour les raisons sus évoquées- et en me concentrant sur les parties en rapport avec mon billet.
      4 remarques me paraissent intéressantes à faire.

      1°) Les chiffres sont justes, notamment ceux concernant la masse salariale comptable, même si le rapport tend à résumer sous les termes « salaires » et « rémunération des salariés » l’ensemble de la masse salariale, sous-entendant ainsi que seuls seraient en cause les salaires perçus. Mais bon ! Arrêtons de voir le mal partout !

      2°) Une remarque plus sérieuse s’impose : l’année 2007, prise comme point de départ de l’analyse sur les salaires, est en ratio (référence 1993) l’une des plus basses sur la période 1993-2011 : 96,49. Rapporté à la VAB, c’est le rapport le plus faible (64,58 % de la VAB) de toute la période après l’année 1998 (64,19 %). Il est donc facile à partir d’un des points les plus bas de démontrer une hausse de 3 % de la masse salariale comptable, alors que comparativement à la moyenne des 20 dernières années, elle est seulement pour 2011 de 1,87 % ce qui représente un surcoût de 18,8 milliards d’euros (10 milliards si on le compare avec 2010), et non pas 57. Comparés aux 66,8 milliards de dividendes nets (compte D421) ou aux 89,9 milliards de revenus totaux distribués nets (compte D42), il est clair qu’il nous faut immédiatement sortir nos mouchoirs pour épancher leurs pleurs – même ça, les pauvres actionnaires n’ont plus les moyens de se l’offrir, salauds de salariés !-.

      3°) Une phrase dont l’ambiguïté n’a rien à envier à la transparence des eaux de l’estuaire de la Gironde, a aussi retenu mon attention : « La distribution accrue de dividendes ne paraît ainsi pas tant relever d’une “exigence” de rendement qu’elle ne reflète la hausse des fonds propres. ». Bonjour la formulation ! « Y paraît que »…. Depuis quand « y paraît que » est une preuve ? Si ce n’est pas de la noyade de goujon, alors je ne sais pas ce que c’est.
      Dans la même veine, j’ai beaucoup apprécié le « seraient » de « les profits nets, après imputation de la consommation de capital fixe (amortissements économiques) SERAIENT passés de 63 milliards d’euros en 2000 à 70 milliards en 2011 (+11,1 % en euros courants), soit un recul en valeur réelle de près de 9 % ». Si les SI n’aiment pas les RAIT, on sait par contre qu’avec des SI, on refait le monde.

      4°) Dernière remarque concernant les dépenses de R&D. On peut lire dans le rapport la chose suivante : « La faiblesse relative des dépenses d’investissement et de recherche des sociétés non financières, qui est fréquemment invoquée comme une cause de manque de compétitivité des produits et services réalisés par des entreprises françaises, notamment en comparaison avec l’Allemagne (les dépenses de R&D privées rapportées au PIB sont de 1,9 % en Allemagne et 1,4 % en France) s’explique ainsi en premier lieu par la faiblesse des résultats des entreprises et non par un taux d’effort qui serait significativement plus faible en France. »
      Alors là, y’a de quoi se marrer ! En 30 ans, le taux le plus élevé a été atteint en 1992/93 avec 1,46 % par rapport au Pib. Qu’on ne vienne pas nous raconter aujourd’hui que la faiblesse de ce taux est liée à un manque de résultats, alors qu’historiquement, même en période faste, il n’a jamais dépassé 1,46 %. Sur ce coup-là, on nous prend vraiment pour des billes.

      Finalement, je n’ai pas été déçu. J’ai été confirmé dans mon opinion première. Après l’enfumage, j’ai beaucoup apprécié la noyade de goujon et l’art de l’esquive. En bref, ce rapport pourrait se résumer à « C’est pas d’ma faute, c’est d’la faute aux autres ! ». L’auto-critique n’est pas encore à l’ordre du jour au Medef.

      1. Tss tss Fod, sur le 2) le fait est que la masse salariale comptable sur la VAE a augmenté de 3% depuis le début de la crise en 2007. Il n’est pas inutile de le signaler, quelles que soient les autres perspectives qu’offriraient d’autres années de référence – perspectives aisément visibles par ailleurs sur les graphiques. Sur le 3) le conditionnel dans les deux cas se réfère aux chiffres insee et d’après ceux-ci les éléments avancés sont difficilement contestables (voir les deux citations dans mon post au-dessus). Sur le 4) on est d’accord, ça tient pas la route.

      2. @ vigneron

        point 2) Si la progression de 3% est une réalité, tu ne peux pas non plus passer sous silence le fait qu’en 2007 la part de la masse salariale comptable était inférieure d’un point, voire légèrement plus, à toutes les années précédentes. Rexecode, lui-même, utilise la moyenne des 20 dernières années comme comparatif.

  31. Merci Fod pour ce travail… qui malheureusement s’adresse aux coutumiers des chiffres… dont je ne suis pas.
    Ceci dit, j’ai tout de même réussi à capter çà et là quelques infos… merci pour cela…

    Ce qui m’a traversé la tête après lecture c’est la difficulté d’utiliser les chiffres (même s’ils sont parlants, j’imagine) dans un débat qui se veut en définitive, politique… voire social… voire métaphysique…

    A mon sens, la compétitivité, la concurrence sont « Le » problème… Le coût du travail n’est en réalité qu’une arme de plus utilisée dans une lutte qui est voulue…
    Personnellement, je peux être en compétition avec mon voisin ou non… je peux choisir…
    Ce qui en ressort (n’en déplaise à vigneron qui ne semble pas être sensible à ces arguments) c’est que notre choix n’est pas dans la manière d’être compétitif mais bien dans notre conviction, notre désir à entrer ou non en compétition…

    Je me suis moi-même posé cette question il y a plus de 25 ans… et puis j’ai tranché… La compétition est « Le » problème… point barre
    Donc, pas de compétition pour bibi… jamais… en rien… (autant que je puisse tenir ce cap, bien sûr… ce qui n’est pas toujours évident, vous pouvez vous en douter)…

    Alors, ce qui est difficile personnellement devient-il encore plus problématique lorsque l’on agit globalement…? … je pose la question…
    Je pose la question parce que, évidement, la réponse semble être: Oui… mille fois Oui…
    Comment un pays (un ensemble de pays comme l’UE….) peut se détourner de toutes compétitions…?
    Pour y répondre, il faudrait tout simplement revenir à la définition de la notion de concurrence… et si on la résume à la volonté qu’a quelqu’un d’obtenir pour lui seul la même chose que quelqu’un d’autre… on est obligé de délimité ce « quelque chose »…
    Et des choses convoitées… il y en a un paquet… Toutes différentes les unes des autres en fonction des acteurs en liste…
    … et pour cela, pas de chiffres, pas de graphiques malheureusement…

    Je n’ai jamais entendu personne se mettre d’accord sur la chose convoitée… Parfois on parle de l’emploi, parfois on parle du déficit budgétaire… parfois d’environnement, parfois de l’europe… Des comptes de l’Etat, du pouvoir d’achat… etc. etc.
    Tout cela pour dire que… tout cela se tient mais qu’il n’existe pas de vision hiérarchisée des buts à atteindre… à convoiter… à désirer…

    Admettons que certains veulent la guerre… par bravade ou par intérêt financier (vente d’armes, reconstruction après la bataille)… Ils ne pourront certainement pas le dire ouvertement mais agiront délibérément dans ce sens malgré tout… A quoi bon leur opposer des chiffres…?
    Puisqu’ils sont de mauvaise fois… Ils veulent la castagne et iront jusque là d’une manière ou d’une autre… Un signe d’harmonisation et Paf!!! ils repartent en campagne pour saborder l’avancée…

    Admettons que certains ne veulent pas d’une Europe sociale… Ils n’en veulent pas, ils n’en veulent pas… ça va contre leurs intérêts…
    Admettons qu’une femme, disons Angela par exemple… désire être réélue dans 10 mois dans son pays… sa rivalité à elle ne s’accordera pas avec celle de sa femme de ménage… Elles n’auront pas les mêmes concurrents… donc pas la même stratégie…
    Et caetera et caetera…

    Bref, le billet que vous avez rédigé est fort utile mais uniquement pour ceux qui s’affrontent sur le terrain actuel… La concurrence économique… Or, moi, ce que je dis, c’est qu’il n’est écrit nulle part que ce soit le bon angle de tire…

    Il n’y aurait donc pas un problème de stratégie entre tous ceux qui avancent l’obligation d’être en compétition (et donc en guerre, c’est le même terme finalement)… mais bien entre ceux qui désirent vivre dans une compétition constante (quel qu’elle soit) et ceux qui désirent le travail en commun…
    Elle est là la rivalité… pas ailleurs…

    Deux camps sont en concurrence: le clan de ceux qui aiment la compétition (qui n’imagine pas leur vie autrement) et le clan de ceux qui ne veulent pas perdre leur temps dans la compétition… D’après vous qui gagnera…?
    L’équation est simple, ceux qui ne vouent pas un culte au combat perdront également celui-là… Obligatoirement… ils ne le perdront même pas puisque qu’ils n’auront même pas guerroyé… Considérés forfaits…

    On apprend ça dans la rue… le type qui cherche à foutre la merde y parviendra toujours… et ceux qui voulaient juste passer une bonne soirée, même s’ils réussissaient à prendre le dessus, auront vu leur soirée pourrie par un sale con… qui les aura amené sur son terrain et leur aura fait perdre leur temps…

    Or notre temps est précieux… c’est même la seule chose que l’on possède vraiment…
    Et je pense que de redéfinir le problème ainsi pourrait nous faire gagner beaucoup de temps…
    Car je ne suis pas certain, d’une part qu’il n’y ait pas plus d’individus dans le clan des « non compétiteurs » (viscéralement et malgré la mode actuelle) et d’autre part que les gens se soient réellement posés la question dans ces termes…

    Il ne faut donc pas essayer de combattre sur leur terrain, les fouteurs de merde, mais bien de construire parallèlement autre chose entre ceux qui désirent vivre sans compétition…
    C’est pas simple mais la première chose à faire est de s’expliquer pour réunir les lignes et savoir qui veut quoi… si définitivement les casse-couilles sont en sureffectifs… bon ben là, on passe la main et y a plus qu’à attendre que l’esprit de l’époque change de trajectoire…

    Si par contre c’est l’inverse… nous aurons pour nous la force du nombre et pourrons 1/ utiliser l’arme ultime en toute conscience… c’est à dire le Non… le refus systématique et coordonné de participer à tout ce qui irait dans le mauvais sens et 2/ construire une société qui aurait pour base la non-compétitivité…

    Bon, c’est un peu prise de tête et je ne sais pas si je me suis bien expliqué mais c’est ce que votre billet à soulevé en moi…

    Voilà…

    1. @ Ju

      Commentaire très intéressant auquel j’adhère en partie.
      Si cela vous intéresse, je vous recommande vivement la lecture de « Crack Capitalism : 33 thèses contre le capital » de John Holloway dont la thèse principale repose sur l’idée que nos sociétés évolueront non pas en cherchant à prendre le pouvoir mais en agissant silencieusement par la mise en forme et en pratique de modes de vie alternatifs refusant l’obéissance aveugle au capitalisme, et donc s’émancipant progressivement de ses diktats. En d’autres termes, notre Rodrigue des temps modernes ne s’écrie plus «Et le combat cessa faute de combattants» mais «Et le capitalisme cessa faute de serviteurs.»
      C’est une idée intéressante qui rejoint le mouvement des désobéissants. J’ai cru comprendre que vous étiez un peu – ou beaucoup- dans cette logique.

      1. «Et le capitalisme cessa faute de serviteurs.»

        Voilà… c’est bien cela…
        La force du capitalisme-ogre, c’est l’adhésion qu’il inspire à ses victimes… un syndrome de Stockholm tout bête…

    2. @ Ju, 27 novembre 2012 à 20:34

      Bonsoir Ju,
      Mon commentaire n’apportera pas d’eau au moulin, mais je tenais à dire que j’apprécie cet autre angle de vue ; trouve très intéressante votre réflexion, qui ouvre d’autres pistes à explorer ; et touchante son expression.
      Merci (à vous aussi) de ce partage.
      Bien cordialement.

      1. Salut GéBé,

        la moindre manifestation d’un acte allant contre le sens de la machine à broyer apporte de l’eau au moulin… et fera tourner la roue…

        C’est bon pour tout le monde…
        Merci à vous

    3. Ouaich … Ju.

      Si tu veux faire du constructif à l’heure actuelle, veux-tu bien m’excuser mais tu as, comme moi, soit 20 000 ans de retard, soit, 20 000 ans d’avance…
      L’humain est passé en mode « si vis pacem, para belum » il y a 2500 ans… Et nous sommes sur cette malheureuse trajectoire encore actuellement.

      1. Salut Yvan,

        Je n’avance ni ne retard, je crois… pas plus moi qu’un autre…

        Nous avons bien tous 2012 ans… de véritables poupons joufflus…. Le truc, c’est que certains pensent ceci et d’autres pensent cela… et chacun en totale cohérence bien pesée avec l’importance qu’il donne à telle ou telle info glanée deci delà…

        Il y a donc… du savoir, des manques, de l’observation, de la logique, une situation et… et… de la foi…

        Certains sont plutôt analytiques, d’autres, dialectiques, d’autres, mathématiques voire dogmatiques… Certains sont nombreux et d’autres sont minoritaires…
        Certains savent à peu près comment ils fonctionnent et d’autres n’en ont pas la moindre idée ( l’idée même qu’ils puissent fonctionner d’une manière ou d’une autre ne leur ayant jamais traversée l’esprit… Ceux-là sont les plus néfastes dans le sens où ils sont persuadés que la pensée est Une, « naturelle » et universelle…)

        ….

        Alors, là où vous n’avez pas tord, c’est que ma vision des choses ne semble pas majoritairement partagée (de manière consciente en tout cas)… et certainement pas dans les sphères qui concentrent le pouvoir… mais mais mais… le vent peut tourner très rapidement en haute mer, surtout les jours de tempête… Donc… pazienza

        En ce qui concerne l’adage « si vis pacem, para bellum »… il ne faudrait pas croire que si l’on n’est pas un fanatique de la compétition, on soit pour autant près à se laisser vider comme une dinde… et totalement « martyre » dans l’âme…
        La guerre, la véritable guerre… ça n’est pas de la compétition, c’est de la saine défense face à l’agression caractérisée (c’est résistance contre compétition)…
        … c’est juste qu’on ne combattra pas sur un terrain que l’on n’aura pas choisi et qu’on voudrait nous obliger à rejoindre…
        La véritable attaque peut être lente et souterraine comme rapide et sans merci… mais elle utilisera ses propres armes et choisira sa méthode en fonction de (et en cohérence avec…) la quête du Graal qu’on se sera choisi…
        Donc… pas de compétition aveugle mais pas non plus d’acceptation béate… et surtout surtout aucune collaboration possible avec le « nain géant »… ça, c’est la première règle qui renseigne sur la bonne santé et la fermeté de la position…
        On ne collabore pas…

    1. @ octobre 27 novembre 2012 à 21:18
      Verdun ou pas, la compétition est là, et il faut vivre avec. Où en êtes vous avec l’internationale ?
      Le capital s’est internationalisé et coûte un peu partout le même prix. C’est à qui la faute, si le travail est à la traîne?

      1. jducac,
        Vous avez raison. Mon travail d’illustrateur ou de peintre est à la traîne. Je suis terriblement fatigué psychiquement et la famille s’en fout. Je surnage dans un bain d’alcool, devient négligeant, voire de plus en plus grossier dans mes commentaires ici ou ailleurs etc… Allez, tant pis et tant mieux, cela va faire une matière pleine de boue à transformer, le temps d’un battement d’aile de papillon bien dérisoire. Et aussi, la lecture du journal d’Etty Hillesum fait partie des plus belles choses à portée de main : souvenir inoubliable.

      2. @Octobre :

        Après une illustration par BD , pourquoi pas une illustration des « tableaux  » de FOD ou Piketty par des « icônes » à la manière d’Octobre ?

  32. Face à la propagande il est bon de rappeler certains faits. Dans l’entreprise où j’exerçais mon activité syndicale j’expliquais il y a déjà 5/6 ans que « 10 points de PIB sont passés du salariat vers le capital ». Certains salariés , les plus sensibles à la propagande répliquaient : » oui mais c’est pour faire plus d’investissement ». C’étaient à l’époque le fameux « les profits d’aujourd’hui sont les investissements (et l’emploi de demain) de H. Schmidt. Et non ils n’ont pas plus investi les patrons français. C’est peut-être pour ça d’ailleurs qu’ils sont de moins en moins concurrentiel.

    Ceci dit le capitalisme ne peut s’appréhender que d’au niveau international. Ils faudrait donc avoir des Par ailleurs sa seule règle est de faire le maximum de profit.

  33. A lire Paul, François et ce genre de billet, je sais pas vous, mais moi ma productivité, elle baisse..

    J’en suis profondément navré pour le PIB (fr), mais il faut bien que se manifeste (égoïstement) un peu d’instinct de survie.

    J’en appelle à la glandouille générale !

    Un bon moyen de ré-équilibrer les deltas de « productivité » entre les pays du sud et du nord distordus par la monnaie unique, ici on glande, plus loin ils travaillent un peu.

    Et quand tous les vautours s’apercevant que nous sommes tous des gros glandeurs, ils partiront à Jersey, Hong-Kong et laisseront la place libre.

    Nos ares de terre sans chimie et nos vieilles enclumes seront alors utiles. Et alors comme au moyen-âge, on vivra, avec 250 jours fériés par an.

    BANZAÏ !

  34. Ce billet montre bien où passe l’argent, et pour cela mériterait de faire le tour de la planète, mais l’explication finale ne va pas du tout. En effet, la question est de savoir « sur quel(s) poste(s) a (ont) été prélevés ces dividendes« , et l’on s’attend à une réponse qui porterait sur la période allant, grosso modo, de 1993 à 2011. Or, la réponse ne parle que de l’après crise 2008, à partir de 2010. Donc quid de 1993 à 2009 ?

    En tout cas, l’on constate au final que moins les entreprises ont besoin de financement, plus les dividendes sont élevés. C’est quand même cocasse au pays de la loi de l’offre et de la demande !

    1. J’ai peut-être regardé trop vite, mais il me semblait
      que les données mettaient fondamentalement en évidence
      – hausse des profits,
      – stagnation de l’investissement et des salaires,
      – chute de l’IS.
      Ma conclusion au niveau macro, ce que je savais déjà,
      mais c’est mieux avec graphique et données offcielles…
      – déficit budgétaire
      – emprunt auprès des actionnaires qui ont déjà bénéficié de l’augmentation des dividendes et baisse de l’IS.
      Et ce, peu importe gouvernement de gauche ou de droite,
      puisque aucun ne remet en cause la dictature du capital,
      se foutant comme d’une gigne de la Survie de l’Espèce.

      A part JduCAC40, qui me corrige ?

  35. Merci pour ces graphiques et joli travail
    Les comptes financiers ne sont pas ma spécialité ni même mon centre d’intérêt et je ne comprends pas tous les termes de vos graphiques.
    Cependant, remettre le concept de compétitivité en cause me semble être une nécessité absolue si nous voulons établir le cadre de la sortie du capitalisme.
    Vous démontez parfaitement que cette vision de la compétitivité n’est pas correlée au coût du travail mais au contraire à celui des charges financières.
    L’augmentation des charges financières n’est rien d’autre que l’augmentation de la rente financière qui a été le moteur du capitalisme depuis environ cinq siècles, ce qui réclamait d’office une concurrence entre les producteurs et à forçiori l’augmentation de la productivité et de la compétitivité.
    Depuis un siècle, la croissance de la productivité s’est faite à coups d’augmentation de consommation de barrils de pétrole (entre autre), aujourd’hui, cette augmentation n’existe pratiquement plus et ce système arrive au bout de sa logique.
    (N’oublions pas que 98% de l’énergie nécessaire au développement de la mondialisation de l’économie de marché est du pétrole)
    Il est facile pour les tenants du capitalisme de culpabiliser le monde du travail et de le ponctionner puisqu’il n’existe pas encore d’alternative crédible qui pourrait remplacer la rente financière comme moteur de développement.
    Je reste persuadé que l’austérité qui de toute manière est sans issue pour relancer la machine productiviste pousse de plus en plus de monde à réfléchir sur notre manière de vivre par rapport au futur et à l’épuisement des ressources.
    Si l’austérité avait une vertu, ce serait celle là.
    Alors quid de la compétitivité et de la productivité dans le nouveau cadre que nous devons construire?
    Il s’agit bien naturellement de la productivité des ressources et je me demande s’il ne serait pas possible de réaliser des graphes qui tiennent compte de ce concept dans la réflexion.
    Un exemple
    http://users.skynet.be/idd/documents/indicateurs/indic04-1.pdf

    ;

  36. Je fais en ce moment une analyse des rapports gallois, pacte compétitivité, rapport cotis … commentaires attac, uimm rexecode …
    bref ça m’intéresse. Je trouve le commentaire bien fait.

    Quelques remarques :
    0 Gallois parle de la marge dans l’industrie manufacturiere, qui a plongé de 34% à 21% un chiffre jamais atteint depuis l’après guerrre (donc part salariale de 79%)
    je n’ai pas les memes chiffres pour la part de VA en 2011 (prévision), 71,4 chiffres insee, déjà 69 en 2007

    Ca change quand meme la donne.

    1 le projet gouvernemental a des actions sur le cout du travail (les fameux 20 milliards pour 2015 et 10 milliards sur impots 2013, gagnés en 2014…) d’un autre coté, il y a eu un alourdissement fort du cout du travail dans les mois précédents (forfait social, heures sup, cotisation des entreprises individuelles … et autres) au final c’est plutot une stabilité du cout du travail en tout cas pour 2013. Et bien sur il va y avoir un renchérissement de la protection sociale dans les mois qui viennent.

    2 le projet prévoit aussi des actions pour réduire la part des dividendes net, en tout cas c’est comme ça que je lis toutes les démarches visant à réorienter l’épargne francaise vers les actions pour réduire la pression des actionnaires institutionnels internationaux, favoriser l’accès au crédit …

    3 L’uIMM et rexecode disent que si la part des dividendes augmente c’est parce que les capitaux propres augmentent et qu’en ratio des capitaux, la part est stable. Je subodore qu’il y a une cause comptable un peu artificielle (valorisation au cout d’achat). Mais peut etre le cout du capital, comme celui du travail est il impacté par la bulle immobiliere. Ex. si je finance l’achat d’un immeuble par actions, que cet immeuble coute plus cher, il me faut plus d’action et je dois payer plus de dividende …

    4 il y a au moins un autre sujet comme :
    pourquoi alors que les couts unitaires progressent surtout dans les services c’est la marge dans l’industrie qui est plombée. Rédire les couts du travail dans les services va t il augmenter la marge de l’industrie ou des services ?

      1. bah oui, je pointe certaines données fausses, l’existence d’autres enjeux et interroge sur l’interprétation de certains points …

      2. Ici pour le taux de marge en série historique
        http://www.insee.fr/fr/ffc/figure/NATTEF08117.xls

        l essentiel du débat est la marge dans l industrie, hors la il n’en pas question dans le papier de fod. (ceci ne veut pas dire que je pense que le cout du travail soit la cause de la baisse de marge, mais etre en désaccord avec une des solutions proposées ne permet pas de nier le probleme

      3. En fait je raisonnais taux de marge et l’article était part des salaires entre les deux il y a les impots.
        la série longue est ici
        http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2005/donnees/xls/t_4101.xls

        Je retrouve bien les memes chiffres. avec une hausse légère de la part des salaires au global.

        Mais en fait la principal variation c’est entre secteur.
        Si on part de 2000 : part des salaires stable dans les services (hausse de 2 points dans les marchands, baisse de 2 points dans les non marchands) et hausse dans l’industrie +10 points

        apres du coup comment expliquer que les salaires soit la cause alors que les couts unitaires ont surtout augmenté dans les services … je ne sais pas faire, mais si on entre pas dans la decomposition par secteur on passe a cote du probleme qui est je le rappelle celui de l industrie

  37. Merci pour ce très bon boulot!
    Si je comprends bien, le capitalisme se met en danger; en cause, l’avidité des actionnaires qui réclament des dividendes trop élevés, pour que les entreprises les supportent.
    Si il y en a des qui veulent sauver le capitalisme, alors il faudra penser à limiter les dividendes dans les S.A. , proportionnellement aux bénéfices.
    Exemple:pas plus de 50% des revenus, les dividendes.

    1. @ FranckG 27 novembre 2012 à 22:54
      C’est très bien tout cela. Il faut le faire tant que l’on peut. Mais il faut aussi traiter le problème à un autre niveau, en comprenant qu’on ne peut pas vivre sur notre territoire national sans être capable de vendre à l’extérieur de nos frontières. Il nous faut en effet pouvoir importer ce qui nous manque (minerais et énergies) ou ce sur quoi nous ne nous sommes pas suffisamment spécialisés (électronique, numérique).

      Or, si certaines personnes peuvent s’offrir, en les payant cher, des produits bio que l’on n’est pas prêt de pouvoir exporter de France, c’est parce d’autres producteurs français, dans d’autres domaines d’activité, ont été en mesure d’être compétitifs avec des pays où le niveau de vie est bien inférieur au nôtre tels les pays du BRICS.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/PIB_par_habitant

      Pour bien analyser le problème de compétitivité posé à la France il faut prendre nettement plus de hauteur.

  38. Merci Fod pour cette contribution ô combien salutaire
    Je voudrais souligner l’intérêt de notre époque et les moyens dont nous disposons.
    pouvoir vérifier de part soi-m^me les propos de nos hommes politiques est un privilège dont nous ne mesurons pas toujours l’importance.
    Je voudrais aussi souligner, que celui dont il est question ici, fait l’objet de beaucoup de vérifications ici où là, et qu’il est rarement pris en défaut. C’est déjà pas si mal.

  39. Magnifique travail mais…

    Si les stats montrent une réalité Franco-Française il conviendrait de leur demander s’il s’agit de notre spécificité ou alors si nos voisins voyagent dans la même charrette, celle qui va pour les uns vers le toujours plus pauvres et pour ceux qui creusent l’ornière vers le toujours plus riche.

    La France n’est pas une île, loin s’en faut, est-elle pour autant ce rocher sur lequel la bave des Néocons anglo-saxon ne trouve pas de prise, je ne le crois pas du tout non plus, j’attends de voir comment va réagir Mittal et d’autres à sa suite,

    Il me parait judicieux de poursuivre ce très bon travail par une comparaison à tout le moins des différents pays de l’Union et des USA pour voir vraiment où sont les marges de manœuvre de ces pays et comment ils trouvent eux les moyens de s’en sortir autrement qu’en appauvrissant leur population.

    Autre point ils en font quoi de leur fric les actionnaires ?? Sont-ils à ce point stupides pour ne pas voir que ce système va leur péter dans les mains ?

  40. Bon article parfois un peu lourd – sigles mal expliqués, phrases ambiguës -.
    Il faudrait l’envoyer à Thibault et Mailly, peut-être qu’ils sortiraient de leur inadmissible torpeur.

    Faire aussi un reply à Jducac et Cordon…

  41. Comme tout le monde, nous entendons parler de compétitivité à longueur de journée, parfois jusqu’à la nausée. Devenu argument d’autorité, ce terme ne souffre aujourd’hui aucune discussion, aucune remise en question, alors qu’il y aurait certainement beaucoup à dire et à discuter autour de la conception guerrière qu’il sous-entend. Mais mon propos n’est pas là.

    Supposons qu’il y ait une guerre et qu’elle soit menée par des généraux qui ont poussé à la déclarer, sont incompétents et profitent de la situation pour s’en mettre plein les poches: il me semble qu’il y aurait une contradiction entre le fait de se plaindre du comportement de ces généraux et le fait d’essayer de convaincre les autres citoyens que la guerre qui a été entreprise doit cesser.

    Nous sommes si profondément imprégnés par l’idée que la compétition est synonyme de progrès que nous avons beaucoup de mal à mettre en doute sa nécessité mais le débat pour savoir qui devrait se sacrifier sur l’autel de la compétitivité ne mène probablement à rien de bon (ça n’est d’ailleurs que pour avoir l’occasion de s’en mettre plein les poches que les généraux en question ont déclaré une guerre qui ne pourra se terminer que faute de combattants.)

      1. C’est un peu ce qui s’est produit en France avec la baisse de la pression fiscale sur les hauts revenus leur permettant de devenir prêteur à la faveur de l’explosion des marchés d’obligations publiques: coup double!

  42. Glencore, Zambie, Marc Rich, E.B. Williams, Irangate, Ivan Glasenberg, Simon Murray, Suisse, Chiluba,, Camdessus, cuivre, prix de transfert, Eva Joly, Gvt norvégien,Tony Blair, Xstrata, dioxyde de souffre, eau potable bleue, Banque Européenne d’Investissement, etc. Arte en ce moment.

  43. Franchement je viens de lire votre document très bien illustré. Je ne suis partisan politique d’aucun parti et ne fais parti d’aucune organisation syndicale, mais Mélenchon est un homme brillant qui s’approprie les chiffres dans son sens et votre justification me désole vraiment.
    Comme lorsqu’il disait que les chefs d’entreprises touchaient 4000€/mois et que Hervé Lambel lui avait répondu preuve à l’appui que le salaire moyen était de 1800€/mois, que l’embauche de nouveaux salariés avait un effet direct sur sa rémunération.
    Vous oubliez, certainement pour appuyer votre démonstration, de rappeler qu’en France 97% du nombre d’entreprises sont des PME mais qu’elles emploient 48% des salariés français( source http://www.economie.gouv.fr/cedef/chiffres-cles-des-pme). Ces chiffres datent de 2009, ils sont à pondérer avec les 500000 créations d’entreprises/an dont la moitié sont des auto entrepreneurs qui ne feraient qu’augmenter le 97% et baisser le 48%.
    En vérité vous parlez essentiellement des 3% d’entreprises qui font des bénéfices et embauchent 52% des salariés français. Faut il conclure par « la baisse les cotisations sociales n’aura pas d’effet sur la santé financières de nos entreprises, puisqu’elles distribuent de plus en plus de dividendes ». Franchement c’est mal connaître nos entrepreneurs de PME. Rajouter à vos graphiques la répartition des dividendes distribués en séparant PME et grosses entreprises financières ou non. Faites la même chose pour les charges IS et cotisations sociales et vous verrez que votre démonstration ne tient pas…..

      1. Le sujet n’est pas de savoir si les 2,6 millions de PME vont bien ou non et honnêtement, il faudrait mieux quelles aillent bien. Je disais seulement qu’à confondre les PME et les 3% des grands groupes, on faisait un amalgame qui donne une image pitoyable de notre tissu d’entrepreneurs. Vous croyez vraiment que les dividendes versés aux actionnaires des PME et entrepreneurs individuels représentent 97% du schéma 2 et 2 bis ?

      2. Allez vous plaindre au Crédit Agricole, pas à moi, voyez, ils sont très conscients des problèmes de leurs péhèmeuhs de clientes…
        12,5% de masse salariale/VA en plus pour les péhèmeuhs par rapport aux GE, 72,5% exactement en 2010. Forcément. Marché national quasi exclusivement et/ou prix contraints, ça aide pas non plus. Les impôts sur production par contre… 4,9% de la VA pour les petites er moyennes contre 14,3% pour les grosses, ça compense…

    1. @ Franco

      Ce travail de macroéconomie se base sur les chiffres de l’Insee qui ne font en effet aucune distinction entre grosses, moyennes, petites et micro entreprises. C’est un biais évident, mais il faut faire avec ce que nous avons. Quoi qu’il en soit, sans le dire explicitement, ce billet vise les entreprises qui distribuent des dividendes ; ne devraient donc se sentir concernées qu’elles seules, et je pense que personne sur ce blog n’a été dupe. Nous savons bien pour qui travaille le Medef. Toutefois, et à mon grand regret, j’aurais dû, en propos liminaire, introduire une nuance.

      Maintenant, rien ne vous empêche de proposer un travail similaire pour défendre les PME. Rien n’interdit non plus à la CGPME ou à l’UPA d’apporter une contre argumentation les dissociant de cette analyse.

      Concernant vos chiffres, je tiens à préciser que si les PME représentent 97 % des SNF en 2009 et 48 % des salariés, elles génèrent 37 % du chiffre d’affaires.

      PS : votre lien « franchement, c’est mal etc… » ne fonctionne pas.

      1. Fod, pour les péhèmeuhs…
        Et on aimerait bien te voir enfin confirmer que les dividendes distribués sont en réalité très nettement inférieurs aux cotisations versées, mine de rien…

      2. Mes propos avaient pour but d’essayer de rétablir la vérité sur la situation des PME françaises et je suis d’accord avec vous sur le point que le Medef défende uniquement les grosses sociétés. Je souhaiterai personnellement que les grosses entreprises payent au minimum le même taux IS que les 97% des entreprises. Avec 14% IS sur le groupe Total, le problème vient de là.
        merci pour le rapport du Crédit Agricole

  44. Merci pour cette analyse ; je n’avais pas réalisé que les dividendes distribués par les SNF étaient supérieurs aux cotisations sociales versées, et que l’écart s’accentuait.
    Par contre, je ne comprenais pas ce qu’était « l’affection primaire » dans le graphique 1 et dans le texte en dessous (qu’est-ce que l’affectif vient faire là-dedans ?). Après recherche, je suis tombé sur le terme « compte d’affectation des revenus primaires », et j’ai mieux compris, avec la syllabe complémentaire !

    1. Benoit, révisez votre jugement, les dividendes distribués par les sociétés non financières ne sont en aucun cas supérieurs aux cotisations versées. Réfléchissez un peu, comment voulez-vous que ces Snf distribuent en dividendes plus de 200 mds alors que leur excèdent brut d’exploitation n’est lui-même que de 287 mds ? Ce sont les dividendes nets, effectivement distribués aux actionnaires, qui doivent être pris en compte et ceux-là c’est 89,9 mds. Quand on vous dit que ça va vraiment mal pour le capitalisme, vous comprenez ?

    1. C’est honteux. Un mail de Parisot (ou de son larbin Chérèque, pareil) et aussi sec le blog Jorion fait rectifier un billet… 😉

      1. @ vigneron

        Je n’ai pas l’âme d’un délateur, mais tout le monde sera consterné en apprenant que le coupable ici n’est pas Chérèque mais un dénommé Vigneron, un Mossieur qui passe son temps à mettre le doigt là où ça fait mal. La prochaine fois que tu verseras des dividendes à tes actionnaires, fais-le en bouteille de grands crus millésimés de ta vigne, ça fera quelques milliards en moins sur le compte D421 et quelques migraines en moins pour moi. 😉 🙂

      2. Délateur Fod, ou detalleur ? En tout cas déflateur sur le coup.
        La vérité est mauvaise fille et encore pire payeuse. Elle paye à coup de pincées de sable dans les yeux, mais pas celui des marchands de sable, celui qui pique tellement qu’t’en dors pas. Ou sinon à poignées de petits cailloux dans les grolles, de scrupules quoi. Mélanche marche pieds-nus (l’ascèse lambertiste…) et abuse des collyres analgésiques.

  45. Bonjour,

    Me demandant si les investissements industriels étaient aussi les dindons de la farce de la montée des dividendes, je me suis intéressé aux « Acquisitions nettes d’actifs fixes corporels » (ligne P511 des TEE) sur la période 1983 – 2011 de l’INSEE et en me concentrant sur les SNF.

    Il apparait que ces acquisitions sont très irrégulières, avec des forts investissements en sortie de crises (à partir de1983, puis à partir 1997, puis à partir de 2003), il y a une stagnation notable dans les années 1993-1997, ce qui compte tenu de l’inflation peut être considéré comme une diminution.

    La vision de l’analyse des chiffres peut aussi être retournée, avec chaque période de fort investissement débouchant sur une surproduction qui entraine une crise. Là le palier de 1993-1997 est intéressant car après ce laps de temps il ne se passe rien, il n’est suivi d’aucune crise immédiate, mais au contraire d’une forte augmentation qui débouchera sur la crise de 2000-2001.

    Il manque le graphique pour illustrer mes propos, dommage.

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