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L’actualité de la crise : en Europe aussi, les faits sont têtus, par François Leclerc

Billet invité.

EN EUROPE AUSSI, LES FAITS SONT TÊTUS

L’Irlande vient de rejoindre la Grèce dans le camp des pays européens dont il est très probablement devenu inévitable qu’ils fassent défaut sur leur dette obligataire. Le Portugal entre dans la zone des tempêtes après avoir réussi un temps à l’éviter en se faisant tout petit. Le risque monte que d’autres pays comme l’Espagne et l’Italie les rejoignent, ce qui serait pour l’Union européenne – et pas seulement la zone euro – une toute autre affaire.

Cette perspective n’a rien d’alarmiste, si l’on entre dans le détail.

Willem Buiter, chef économiste de Citigroup et observateur pointu de la scène européenne (il est d’origine britannique), considère en effet que l’Irlande n’est pas en mesure de faire face à l’addition de sa dette publique et du renflouement de son système bancaire, en premier lieu l’Anglo Irish Bank (AIB). C’est d’ailleurs ce qui explique que des tractations sont en cours, menées par le gouvernement irlandais, afin de reporter sur les créanciers de la banque une partie de ses pertes grâce à un mécanisme financier en cours d’élaboration dont il n’est pas dit qu’il soit accepté.

Les marchés vont être testés demain mardi, à l’occasion de deux émissions obligataires à quatre et huit ans. Mais, quel que soit le résultat, le véritable test va être ailleurs : l’Etat irlandais n’a en effet pas les moyens d’absorber les pertes d’AIB. Il est en train de se débattre dans l’improvisation et les autorités européennes comme le FMI ne vont pas pouvoir rester longtemps derrière le rideau, comme ils s’efforcent de le faire en faisant comme si de rien n’était.

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BFM Radio, lundi 20 septembre à 10h46 – Où en est l’Irlande ?


20/09/2010 – Paul Jorion – BFM Radio – Intégrale Bourse
envoyé par PJorion_BFMRadio. – L'actualité du moment en vidéo.

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’Irlande est entrée dans une zone de tous les dangers. La journée de vendredi fut rude et celle de demain mardi aura valeur de test. Vendredi, le taux des obligations irlandaises a fait un bond sur toutes les maturités (le 10 ans passant de 6,11 % à 6,38 % en une séance), tandis que le prix des Credit-Default Swaps (CDS) sur la dette irlandaise se renchérissait lui aussi, et que les actions de deux banques irlandaises partiellement nationalisées (à 25 %), Allied Irish Banks et Bank of Ireland perdaient respectivement 11 % et 7,1 % de leur valeur. Une rumeur affirmait que la Banque Centrale Européenne soutenait activement la dette irlandaise par des achats. Une autre rumeur corrigeait la première en affirmant que ces achats ne portaient que sur quelques dizaines de millions d’euros. Une autre rumeur encore voulait que le gouvernement irlandais ait contacté le FMI dans la journée, rumeur que les deux parties concernées s’empressèrent de démentir.

Mardi verra l’Irlande émettre de la dette à quatre et à huit ans pour un montant total de 1,5 milliards d’euros. Un commentateur disait vendredi à ce propos : « On manque tout simplement d’acheteurs pour l’Irlande en raison de ses banques et de son économie. L’Irlande et le Portugal sont un réel souci pour les investisseurs ». Simon Johnson, l’ancien économiste en chef du FMI, avait de son côté mis de l’huile sur le feu dans la journée en déclarant dans un entretien radio à l’agence Bloomberg que la Grèce, le Portugal et l’Irlande bénéficieraient sur le long terme de restructurer leur dette le plus tôt possible, tout atermoiement ne faisant qu’augmenter l’ampleur de leurs difficultés. Il faut cependant souligner qu’il n’y a pas feu en la demeure puisque l’Irlande a d’ores et déjà emprunté sur le marché international des capitaux des sommes suffisantes pour tenir jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2011.

On attribue les événements de la journée de vendredi à un rapport de la banque anglaise Barclays affirmant que si l’Irlande n’a rien à craindre dans l’immédiat, ses options se sont à ce point amenuisées au fil des mois, que le moindre imprévu pourrait faire capoter le pays vers le défaut de paiement et la restructuration de sa dette. Ce simple lien causal entre le rapport de la Barclays et les péripéties de la journée de vendredi est cependant simplificateur car deux autres événements ont joué un rôle beaucoup plus important dans la montée de l’inquiétude en Irlande. Le premier, c’est la déclaration officielle faite le 9 septembre à propos du nouveau statut de la banque nationalisée Anglo Irish Bank. On pensait, et cela avait d’ailleurs été annoncé, que la banque serait scindée et que l’on créerait deux entités : une « mauvaise banque » (banque de défaisance ou de cantonnement) chargée de gérer et de vendre progressivement les actifs toxiques détenus par AIB et une « bonne banque » qui reprendrait progressivement l’activité de prêt gelée depuis la nationalisation de 2009. Or si la banque de défaisance était bien créée (Asset Recovery Bank), le principe d’une « bonne banque » était lui abandonné : la banque qui sera créée (Funding Bank) se contentera de gérer les dépôts de ses clients existants et de nouveaux déposants éventuels. Les raisons alléguées pour le changement de plan : un coût trop élevé. La déclaration officielle, aux termes voilés, explique que : « Le gouvernement est parvenu à la conclusion que ce plan, sous sa forme actuelle, n’offre pas la solution la plus viable et la plus durable qui assurerait une stabilité constante au système bancaire irlandais ».

Autre facteur qui précipita la crise, un entretien du Premier Ministre Brian Cowen à la radio, le mardi 14 au matin, jugé calamiteux par l’opinion publique irlandaise. Le premier ministre se vit reprocher par ses alliés d’avoir trop peu dormi la nuit précédente, et accusé d’avoir trop bu par ses ennemis, la seconde hypothèse ayant été plus ou moins confirmée par l’intéressé qui parla de « maîtriser à l’avenir la quantité de « contacts sociaux » (socializing) qu’il aurait », une référence à la soirée du jour précédent qui ne s’était terminée qu’au petit matin. Le plus inquiétant en fait dans ses propos, est qu’il n’avait pas pu, ou n’avait pas voulu, préciser le coût final du sauvetage de l’Anglo Irish Bank, entre les 23 milliards d’euros déjà dépensés et les 70 milliards auxquels s’élèverait une liquidation pure et simple. Au total, le sauvetage de ses banques a déjà coûté très cher au pays : 33 milliards d’euros, soit 20 % de son PIB.

Avec un chômage s’élevant à plus de 13 % dont 38 % de chômeurs de longue durée, un PIB en baisse de 3 % en 2008 et de 7,1 % en 2009, un déficit s’élevant à 14 % du PIB en 2009 et qui atteindra probablement les 25 % en 2010, l’Irlande n’en mène pas large.

Le rapport de Barclays Capital publié vendredi affirmait : « Nous pensons que le gouvernement irlandais a dans son ensemble adopté jusqu’ici les politiques économiques et financières appropriées. Le problème est qu’en dépit de ces efforts en matière de politique, il ne reste que très peu d’options au gouvernement ». Malheureusement pour le pays, cette phrase résume en effet parfaitement la situation présente de l’Irlande.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Taux des obligations irlandaises 10 ans © Bloomberg

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L’actualité de la crise : des spirales qui vont vers le bas, par François Leclerc

Billet invité.

DES SPIRALES QUI VONT VERS LE BAS

Avec quelle sévérité les historiens de demain jugeront-ils le sommet européen d’hier jeudi, la pantalonnade qui vient de se dérouler à Bruxelles  ? A moins qu’ils ne préfèrent l’ignorer, afin de se pencher sur la lente nouvelle montée de la crise européenne, que le chefs d’Etat n’ont même pas abordée, ne pouvant mieux exprimer leur incapacité à y faire face autrement que dans l’urgence, quand il faut à tout prix y aller.

Deux sévères voies d’eau sont déclarées en Europe, où l’expectative continue de prévaloir pendant que les cales se remplissent. L’une en Grèce et l’autre en Irlande.

Dans le premier cas, on ne cesse de toute part de conjurer le risque d’un défaut sur la dette souveraine pour que le pays puisse continuer à se financer dans des conditions scabreuses, qui ne font qu’en repousser l’échéance tout en la rendant encore plus inéluctable. Dans le second, on joue également la montre en feignant d’ignorer que l’Etat est au bord de la banqueroute devant les besoins de financement de l’Anglo Irish Bank (AIB), qui lui incombent de couvrir après l’avoir nationalisée, et de toute évidence dépassent ses possibilités.

Taux des obligations irlandaises 10 ans © Bloomberg

La banque britannique Barclays, aux premières loges de la crise irlandaise, vient de justifier les pires prédictions. Elle estime qu’un appel du gouvernement de Dublin à l’Union européenne ou au FMI pourra être difficilement évité, « dans les mois à venir », si l’environnement dans lequel celui-ci évolue devait ne serait-ce qu’un peu empirer. Au vu de l’importance de sa dette, de la charge provenant de la restructuration de AIB et des nouvelles pertes à venir de la banque, ainsi que des taux qu’il doit consentir sur le marché obligataire, dont la hausse se poursuit de manière alarmante.

Faisant la part du feu et rejoignant la conclusion du Financial Times, la mégabanque britannique – restée privée envers et contre tout – considère qu’il est nécessaire que soit trouvé un terrain d’entente entre le gouvernement et les créanciers de AIB (dont elle doit probablement faire partie), ce qui signifierait qu’ils acceptent une restructuration de la dette, sous la forme d’un échange d’une partie de celle-ci contre une participation à son capital.

La situation irlandaise est donc exemplaire : dépassé par le volume de sa dette à laquelle il est en passe de ne pas pouvoir faire face – le déficit de cette année atteignant prévisionnellement 25% du PIB – l’Etat est au bord d’un défaut de paiement potentiel et n’a d’autre ressource que de se retourner vers les détenteurs privés de la dette de la banque nationalisée, afin qu’ils prennent leur part de la charge financière à venir, dans le cadre de la création projetée d’une bad bank. Dont le montant de son capital n’a pas été annoncé mais effraye par avance les marchés.

Une telle démarche, si elle devait advenir, serait une grande première depuis le début de la crise mondiale et inverserait la vapeur. Elle mettrait en évidence, à cette première échelle, que les fonds publics ne sont pas en mesure d’éponger les dettes privées, contrairement à ce qui est essayé.

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L’actualité de la crise, le petit théâtre va recommencer, par François Leclerc

Billet invité.

LE PETIT THÉÂTRE VA RECOMMENCER

Cela fait déjà deux fois qu’une chronique consacrée à la crise monétaire est repoussée au prétexte de l’actualité. La première en raison de la situation irlandaise – ce qui semble a posteriori justifié, de nouveaux éléments montrant à quel point elle est inextricable dans le cadre européen qu’elle est censée respecter, qui est donc mis en cause – la seconde en raison d’une série de première annonces européennes à propos de la régulation financière, qu’il est difficile d’ignorer même si l’on en fait bien peu de cas.

En se demandant, cette fois-ci, si ce nouveau report est bien circonstancié. Car l’ascension irrésistible du yen japonais est en train, sous l’effet de la baisse du dollar américain et à la faveur des gigantesques mouvements quotidiens de capitaux du Forex – le marché mondial des devises – d’enfoncer le Japon dans sa crise déflationniste. Celui-ci n’ayant les moyens ni de s’y opposer, ni d’enrayer la progression de sa dette publique qu’il lui est intimé de stopper, qui seule lui permet de rester en surface. L’immobilisme n’est pas une solution mais il finit toujours par s’imposer, peu ou prou.

Jusqu’où et jusqu’à quand ? C’est la même question que l’on peut se poser vis à vis de la dette américaine.

Pourquoi abandonner provisoirement ce sujet, pour traiter de la régulation financière européenne ? Son destin semblant tout tracé : rejoindre peu glorieusement sur le banc de touche la réglementation américaine qui s’y trouve déjà, dont on sait à quel point elle laisse à la finance un jeu ouvert.

C’est l’effet de la dictature de l’actualité, cette grande oublieuse qui fait se succéder sans répit et sans laisser le temps de les analyser les grands phénomènes dont nous sommes les témoins. Qui mériteraient d’être mieux hiérarchisés.

Certes, on remarque aux Etats-Unis que certains régulateurs tentent, dans le cadre des prérogatives que la loi Dodd-Frank leur a accordée, de durcir ses dispositions. Pouvant faire espérer que tout n’est pas joué. Mais tout cela ressemble à des batailles d’arrière garde, comme vont l’être les tentatives européennes d’encadrer la spéculation sur les matières premières, ou bien de promouvoir une taxe sur les transactions financières, deux campagnes qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy entendent bien mener à grands renforts de flons flons.

Avec pour objet dérisoire – pour ne pas dire pathétique – de masquer derrière un frêle paravent l’essentiel de la politique qu’ils ont suivie depuis le début de la crise, et qui a spectaculairement échoué. C’est à dire préserver à tout prix le système financier, dans l’espoir insensé et naïf qu’il relancera l’économie et que tout repartira comme avant. On appelle cela une manoeuvre de diversion, une de plus, accréditant l’idée que contrairement à l’adage, gouverner ce n’est pas prévoir, c’est faire semblant d’agir. Diriger les regards vers l’accessoire pour préserver l’essentiel.

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L’actualité de la crise: les Irlandais vont-ils montrer le chemin ? par François Leclerc

Billet invité

LES IRLANDAIS VONT-ILS MONTRER LE CHEMIN ?

Les Etats-Unis sont sans autre perspective que d’assister à l’affaiblissement de leur croissance, ce qui menace de les engager dans une claire récession ; le Japon est une fois de plus aux prises avec son vieux démon de la déflation, lançant sans conviction un énième plan pour en sortir ; quant à l’Europe, dont le sort semblait s’améliorer, elle va à nouveau faire parler d’elle.

Plus précisément, c’est l’Irlande qui devrait en être l’occasion immédiate, la crise grecque destinée à mûrir plus lentement, et l’espagnole restant toujours sur le fil du rasoir. Le cas irlandais – déjà remarqué en raison de l’ampleur de la récession qu’a connu le pays et de la rigueur du plan d’austérité qui y a été engagé – est en effet à lui tout seul un résumé exemplaire des contradictions dans lesquelles se trouve la zone euro. Comme une mise à nu des mécanismes de contagion entre dette privée et publique qui dominent la scène européenne et ne sont pas prêts d’être résolus.

D’ici à la fin septembre, les importants besoins de refinancement des banques irlandaises vont être le détonateur d’un nouvel épisode de la crise de la dette, dévoilant un cercle vicieux bien enclenché. D’un côté l’agence S&P diminue la note de l’Irlande, abaissée à AA-, en raison du poids que représentent les garanties que l’Etat a accordées au système bancaire, de l’autre ce dernier cherche à en obtenir le renouvellement, afin de ne pas se présenter seul sur le marché et supporter des taux qui augmentent avec ceux des obligations souveraines, en raison de l’abaissement de la note. Le cercle est bouclé.

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L’actualité de la crise: un monde instable et à la dérive, par François Leclerc

Billet invité.

UN MONDE INSTABLE ET A LA DÉRIVE

De quoi cette rentrée est-elle faite ? D’une certitude qui n’est même plus relevée, comme s’il fallait en prendre son parti, puisque l’on ne peut rien y faire : la crise se poursuit sans autre perspective que de continuer à faire subir ses rebondissements et progressivement ses effets. Une pente qui n’a que commencé à être descendue.

Pour preuve, s’il en était besoin, il n’est même plus question d’en sortir dans les objectifs tracés par Nicolas Sarkozy, à l’occasion de ce qui est abusivement appelé sa présidence du G20, car ce serait désormais tracer des plans sur la comète. Mais d’ouvrir seulement deux dossiers, certes importants, dont l’horizon est pour l’un lointain (l’évolution du système monétaire international) et pour l’autre avec une issue positive peu vraisemblable (la régulation des prix des matières premières), vu le risque non négligeable qu’il soit traité comme l’a été celui des paradis fiscaux. Des annonces considérées dans les milieux financiers comme à utilisation politique intérieure mais sans portée internationale.

Les projecteurs continuent d’être braqués sur les Etats-Unis, dont les médias européens commencent à découvrir l’ampleur de la crise sociale qui y sévit. Les nouvelles négatives s’y succèdent, confirmant que la relance économique n’a été qu’un feu de paille. Non seulement le marché immobilier ne se relève pas – comment le pourrait-il  ? – mais il donne de nouveaux signes d’affaissement. Tant dans son secteur résidentiel que commercial, dont la crise a été depuis longtemps annoncée et qui se précise. Les prix de l’immobilier neuf ou ancien continuent de chuter, entraînant les emprunteurs dans une spirale descendante, et derrière eux les banques et les organismes de crédit qui ne doivent leur salut qu’au soutien financier de l’Etat. Le nombre de nouvelles saisies ne diminue pas mais s’accroît, voilà la vérité des chiffres.

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Dimanche, dimanche sanglant (le 30 janvier 1972)

Il y a de vieilles colères rentrées dont on se rend compte qu’elles étaient là à croupir quand elles s’apaisent soudain.

« What happened on Bloody Sunday was both unjustified and unjustifiable. It was wrong », vient de dire David Cameron, le Premier Ministre britannique, à propos des tirs des soldats dans la foule de Derry, en Irlande du Nord, qui firent 14 morts parmi les manifestants.

Une enquête qui prit trente-huit ans. Il n’est jamais trop tard.

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L’actualité de la crise: la dette, un cadavre dont on ne peut se débarrasser comme ça, par François Leclerc

Bilet invité.

LA DETTE, UN CADAVRE DONT ON NE PEUT SE DÉBARRASSER COMME ÇA

La série à suspens grecque a focalisé ces dernières semaines toute l’attention, faisant presque oublier que la crise de la dette publique était globale et touchait potentiellement tous les pays occidentaux.

L’Europe, et plus particulièrement la zone euro, était et reste sur le devant de la scène, faisant passer au second plan des situations tout aussi préoccupantes (pour manier la litote) mais pas encore arrivées à maturité : celles du Japon et des Etats-Unis. Les deux premières puissances occidentales où ont été émises les plus grandes masses de dette publique, ce qui mérite d’être rappelé.

Le Japon, plus que jamais condamné à une déflation dont il ne parvient pas à sortir, est dans une situation à force inextricable. On dit souvent, pour décrire le financement de son énorme dette publique, qu’il provient de l’épargne intérieure, à la différence de celui des Etats-Unis. Ce qui est exact mais omet de préciser qu’une grande partie de la dette japonaise est en réalité achetée par les banques du pays, qui se financent auprès de la Bank of Japan où elles déposent en garantie les obligations souveraines qu’elles ont acquises.

L’épargne des ménages joue parallèlement son rôle, mais elle parvient de moins en moins à éponger les nouvelles émissions, tandis que le bilan des banques – et de la BoJ – continuent de gonfler. Par voie de conséquence, le Japon commence à se tourner vers les marchés financiers internationaux, ce qui ne va pas être sans conséquences pour les autres pays.

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L’actualité de la crise: risques allemands notoires, par François Leclerc

Billet invité.

RISQUES ALLEMANDS NOTOIRES

Les marchés n’auront pas attendu pour saluer à leur manière l’émission obligataire grecque de lundi. Ce mardi matin, le taux des obligations grecques sur 10 ans grimpaient brutalement à 6,416%, contre 6,289% lundi soir.

Paradoxalement, le gouvernement grec n’a pas cessé d’afficher sa satisfaction depuis le sommet européen de la semaine dernière, aux résultats pourtant jugés finalement très décevants, une fois le texte de l’accord de sauvetage financier connu et analysé. Georges Papaconstantinou, le ministre grec des Finances, a même qualifié la nouvelle émission de succès. Comment le comprendre ?

L’argumentation du ministre repose sur l’idée que les taux vont se détendre et, explique-t-il, qu’il n’y a plus que 10 milliards (ou 12 milliards, selon une autre source grecque) a trouver dans l’immédiat sur les marchés, d’ici à la fin mai (compte-tenu des réserves de l’Etat). Il poursuit : « Ce serait une grave erreur de penser que l’écart de taux chuterait juste après la décision du sommet de l’UE ». Ne donnant par ailleurs aucune information sur les raisons qui lui permettent de prévoir cette détente ultérieure des taux.

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