L’actualité de la crise: les Irlandais vont-ils montrer le chemin ? par François Leclerc

Billet invité

LES IRLANDAIS VONT-ILS MONTRER LE CHEMIN ?

Les Etats-Unis sont sans autre perspective que d’assister à l’affaiblissement de leur croissance, ce qui menace de les engager dans une claire récession ; le Japon est une fois de plus aux prises avec son vieux démon de la déflation, lançant sans conviction un énième plan pour en sortir ; quant à l’Europe, dont le sort semblait s’améliorer, elle va à nouveau faire parler d’elle.

Plus précisément, c’est l’Irlande qui devrait en être l’occasion immédiate, la crise grecque destinée à mûrir plus lentement, et l’espagnole restant toujours sur le fil du rasoir. Le cas irlandais – déjà remarqué en raison de l’ampleur de la récession qu’a connu le pays et de la rigueur du plan d’austérité qui y a été engagé – est en effet à lui tout seul un résumé exemplaire des contradictions dans lesquelles se trouve la zone euro. Comme une mise à nu des mécanismes de contagion entre dette privée et publique qui dominent la scène européenne et ne sont pas prêts d’être résolus.

D’ici à la fin septembre, les importants besoins de refinancement des banques irlandaises vont être le détonateur d’un nouvel épisode de la crise de la dette, dévoilant un cercle vicieux bien enclenché. D’un côté l’agence S&P diminue la note de l’Irlande, abaissée à AA-, en raison du poids que représentent les garanties que l’Etat a accordées au système bancaire, de l’autre ce dernier cherche à en obtenir le renouvellement, afin de ne pas se présenter seul sur le marché et supporter des taux qui augmentent avec ceux des obligations souveraines, en raison de l’abaissement de la note. Le cercle est bouclé.

Les garanties publiques actuellement en vigueur ne devraient plus être disponibles à la fin du mois de décembre prochain, et les échéances de refinancement des principales banques irlandaises vont intervenir dès ce mois de septembre. Un test attendu et redouté pour la suite des événements. Comment les banques irlandaises vont-elles se présenter sur les marchés et quel accueil vont-elles y recevoir ? Quels montant vont-elles essayer d’y lever et à quelle maturité  ? Quels taux vont-elles devoir consentir  ? Toutes questions auxquelles les prochaines réponses augureront des difficultés qu’elles doivent se préparer à affronter dans un futur qui n’est pas lointain. Et qu’elles voudraient continuer d’esquiver.

Le gouvernement irlandais cherche – et le dit clairement – à se dégager de ce poids financier qui n’est pas dans ses moyens et entraîne le pays dans une spirale descendante. Les banques veulent le contraire et le font savoir. La banque centrale irlandaise joue au go between et suggère un renouvellement trimestriel du plan de garantie, car l’effondrement des banques n’est pas non plus dans les moyens de l’Etat. Le décor du prochain acte est planté.

Ayant connu un déficit dépassant l’année dernière les 14% de son PIB, ce dernier chutant de plus de 11% la même année, comment l’Irlande pourrait-elle en effet remonter la pente, si en plus du fardeau qu’elle supporte déjà elle devait continuer à financer son système bancaire ? Même sans celui-ci, le chemin va être dans le meilleur des cas très long à parcourir. Le poids de la structure de défaisance mise en place par le gouvernement – NAMA – pourrait même s’accroître, si comme il est plus que probable de nouvelles dépréciations des actifs toxiques qu’elle a recueillis des banques devaient intervenir.

Dans un éditorial remarqué à propos de l’Irlande, le Financial Times déclarait tout dernièrement qu’il était temps « d’arrêter la saignée», précisant que « la remise de chèques en blanc aux banques » devait y cesser et qu’elles devaient engager un programme de conversion de leurs dettes en actions. Une détestable issue apparaissant finalement comme un moindre mal, y compris pour les partenaires européens des banques, au premier rang desquels figurent des banques britanniques. Car si un dérapage intervenait, il ne concernerait pas seulement l’Irlande, ce qui explique le ton préoccupé du quotidien financier.

On peut se poser la question : si les banques irlandaises, n’ayant pas d’autre choix, devaient s’engager sur cette voie, cela ne donnerait-il pas le signal à d’autres banques dans d’autres pays, afin qu’elles procèdent de même ? Aboutissant à une reconfiguration du système bancaire européen, dont l’interpénétration est grande ? Cela remettrait au premier plan la crise de la dette privée et pourrait engager le début du désamorçage de celle-ci.

La BCE va se réunir à nouveau, jeudi prochain, et il en est attendu la confirmation d’une nouveauté : la conversion sans restriction du président de la Bundesbank, Alex Weber, à la poursuite du programme d’injection des liquidités de la banque centrale. Les faits sont là et sont installés désormais, le système bancaire ne peut toujours pas se passer de cette attelle, qui tend à s’inscrire de manière permanente dans le paysage, ses maillons les plus faibles en dépendant étroitement pour se refinancer. Confrontés à la crise de leur propre système bancaire, qu’ils ne parviennent pas à régler, les Allemands en viennent à faire de nécessité vertu.

Une autre leçon pourrait être tirée par la BCE, qui se gardera bien de le faire publiquement : son programme d’achat sur le marché secondaire de la dette souveraine n’est pas parvenu à faire baisser les taux que doivent consentir les pays dans la ligne de mire des marchés, comme leurs récentes émissions de l’été l’ont montré.

Avant même de s’interroger sur les conséquences à terme de l’accroissement des spreads (écarts) entre les très bas taux dont bénéficient l’Allemagne et la France – en raison du refuge relatif mais recherché que leurs obligations souveraines offrent – et les taux élevés que subit le reste de la zone euro, il faut enregistrer que la BCE est dans l’immédiat au mieux parvenue à calmer le jeu, sans rien régler. Comment les pays les plus étranglés par leur dette vont-ils pouvoir continuer à la refinancer, si les taux restent obstinément au niveau élevé actuel, remettant en question les efforts qu’ils imposent en application de leurs restrictions budgétaires et accroissement de leur fiscalité ?

La crise de la dette publique n’est plus dans l’immédiat aiguë, mais elle est également devenue chronique, comme sa petite soeur privée. Dans l’attente d’une nouvelle éruption qui ne manquera pas d’intervenir.

Dans l’avenir, quelle politique commune à tous les pays de la zone euro la BCE pourra-t-elle dopter en matière monétaire, pour redéfinir ses taux directeurs, avec une Europe écartelée et n’ayant d’autre avenir que l’éclatement ?

Les résultats à l’exportation de l’Allemagne font actuellement l’objet d’évaluations contradictoires. Mais il semble admis que sa croissance actuelle ne va pas se poursuivre, après son redémarrage en flèche. Les incertitudes à ce propos ne doivent cependant pas masquer ce qui est par contre une certitude : l’économie allemande, en raison même de son moteur, continue d’alimenter la crise en accentuant les disparités au sein de la zone euro. Ce paradoxe-là sera-t-il finalement pris en compte, sous la pression des événements à venir ?

Le FMI vient de son côté d’anticiper, sans attendre. Il a annoncé que sa ligne de crédit par précaution était désormais totalement déplafonnée. Cette facilité, qui a encore été peu utilisée, a été mise en place en 2009, afin de fournir aux pays « bien gérés » une sorte de coussin, a-t-il été expliqué en choisissant le terme le moins alarmiste possible.

Cette nouvelle disposition a toutes les apparences d’avoir été prise en pensant à la nécessité de conforter des pays devant faire face à d’importantes obligations financières sans qu’ils soient dans l’obligation d’aller sur les marchés. Comme par exemple un nouveau sursaut prévisible de la crise de la dette européenne. L’idée pourrait être de sauter l’étape des euro obligations, injouable en raison du veto allemand, et de mutualiser des éléments constituants de la dette européenne via le FMI.

Ce dernier continue de placer ses pions afin d’occuper une position centrale quand des grandes décisions seront finalement inéluctables. En particulier à propos de l’évolution du système monétaire international, dont la crise actuelle du yen japonais – contrecoup de la faiblesse du dollar – illustre la criante nécessité.

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117 réflexions sur « L’actualité de la crise: les Irlandais vont-ils montrer le chemin ? par François Leclerc »

    1. J’aurai pu être plus catégorique: le choix est désormais entre la banqueroute des banques zombies et celle de l’Etat. Un scénario extrême à l’image d’une situation générale qui a été occultée et rejaillit immanquablement.

    2. Je ne vous avez pas lu, fils Leclerc, pour ce commentaire.
      Mais mon commentaire à Zébu en dessous est EXACTEMENT dans le même fil.

    3. @ François Leclerc,

      C’est sans compter avec notre Zorro international, alias le FMI !

      Donc, « le choix est désormais entre la banqueroute des banques zombies et celle de l’Etat », ou du Fond Monétaire International à terme.

      Que croyez-vous que notre « oligarchie aveugle, cupide et incompétente » décidera pour notre avenir ?

    4. Si un plan préconçu existait, ne croyez-vous pas qu’il serait déjà appliqué ?

      Que le FMI puisse, quand la crise aura encore mûrit, être l’instrument d’un nouveau sauvetage – les banques centrales se révélant ne plus être le dernier recours, ce rôle dépassé que les monétaristes leur avaient assignées – ce n’est pas improbable.

      Qu’un nouveau plan sous son égide soit viable et autre chose qu’une nouvelle échappatoire, cela reste encore à démontrer !

    5. Malheureusement, la navigation à vue semble bien être la politique actuelle des « hautes sphères » qui ne font en fait que reculer pour mieux sauter !

    6. Affirmatif, Leclerc.

      Je ne retrouve pas, par ailleurs, un article de blog qui explique que des milliardaires financent les tea party.

      Soit, nous nous retrouvons avec une part de milliardaires pro-guerre et une anti-guerre.
      Mais, leur plan commun étant l’anti-pauvre, on pourrait presque parler de complot, non..???

    7. Une autre alternative existe: arracher la vie économique à la dictature du profit.
      Comparant dettes du Sud et du Nord, le CADTM vient de faire des propositions de répudiation très concrètes:
      http://www.cadtm.org/Peut-on-comparer-la-dette-publique

      Les conclusions:

      Avec son expérience sur la question de la dette des pays du Sud, le CADTM met en garde contre une revendication insuffisante, comme une simple suspension du remboursement de la dette. Il faut un moratoire sans ajout d’intérêts de retard sur les sommes non remboursées.

      D’autres mesures complémentaires devraient être mises en œuvre:

      1. Exproprier les banques pour les transférer au secteur public sous contrôle citoyen.
      Il n’y a pas de régulation durable possible avec des institutions financières privées. Les Etats doivent retrouver leur capacité de contrôle et d’orientation de l’activité économique et financière.

      2. Instaurer une véritable justice fiscale européenne et une juste redistribution de la richesse. Interdire les paradis judiciaires et fiscaux. Taxer lourdement les transactions financières.
      Avec une harmonisation européenne de la fiscalité permettant d’empêcher le dumping fiscal, il faut une réforme en profondeur de la fiscalité. Le but est une augmentation des recettes publiques, notamment via l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, et une baisse rapide du prix d’accès aux biens et services de première nécessité (aliments de base, eau, électricité, chauffage, transports publics…), notamment par une baisse forte et ciblée de la TVA sur ces biens et services vitaux.
      Depuis 1980, les impôts directs n’ont cessé de baisser sur les revenus les plus élevés et sur les grandes entreprises. Ainsi, dans l’Union européenne, de 2000 à 2008, les taux supérieurs de l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés ont baissé respectivement de 7 et 8,5 points. Ces centaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux ont pour l’essentiel été orientés vers la spéculation et l’accumulation de richesses de la part des plus riches.
      Il faut interdire toute transaction passant par des paradis fiscaux. Les différents G20 ont refusé, malgré leurs déclarations d’intention, de s’attaquer réellement aux paradis judiciaires et fiscaux. Il faut interdire ces gouffres noirs de la finance, de la corruption, de la délinquance de haut niveau et des trafics illicites. A la progressivité de l’impôt, il faudrait ajouter une taxation dissuasive des transactions spéculatives et des revenus des créanciers de la dette.

      3. Lutter contre la fraude fiscale massive des grandes entreprises et des plus riches.
      La fraude fiscale prive de moyens considérables la collectivité et joue contre l’emploi. Des moyens publics conséquents doivent être alloués aux services des finances pour lutter efficacement contre cette fraude. Les résultats doivent être rendus publics et les coupables lourdement sanctionnés.

      4. Mettre au pas les marchés financiers, notamment par la création d’un registre des propriétaires de titres et par l’interdiction des ventes à découvert.
      La spéculation à l’échelle mondiale représente plusieurs fois les richesses produites sur la planète. Les montages sophistiqués de la mécanique financière rendent celle-ci totalement incontrôlable. Les engrenages qu’elle suscite déstructurent l’économie réelle. L’opacité sur les transactions financières est la règle. Pour taxer les créanciers à la source, il faut les identifier. La dictature des marchés financiers doit cesser.

      5. Réduire radicalement le temps de travail pour créer des emplois tout en augmentant les salaires et les retraites.
      Répartir autrement les richesses est la meilleure réponse à la crise. La part destinée aux salariés dans les richesses produites a nettement baissé, tandis que les créanciers et les entreprises ont accru leurs profits pour les consacrer à la spéculation. En augmentant les salaires, non seulement, on favorise le pouvoir d’achat des populations, on renforce aussi les moyens de la protection sociale et des régimes de retraite. En diminuant le temps de travail sans réduction de salaire et en créant des emplois, on améliore la qualité de vie des populations.

      6. Socialiser les nombreuses entreprises et services privatisés au cours des 30 dernières années.
      Une caractéristique de ces 30 dernières années a été la privatisation de nombre d’entreprises et services publics. Des banques au secteur industriel en passant par la poste, les télécommunications, l’énergie et les transports, les gouvernements ont livré au privé des pans entiers de l’économie, perdant au passage toute capacité de régulation de l’économie. Ces biens publics, issus du travail collectif, doivent revenir dans le domaine public.

      7. Pour une assemblée constituante des peuples pour une autre union européenne.
      L’Union européenne issue des traités constitutionnels imposés aux populations est une véritable machine de guerre au service du capital et de la finance. Elle doit être totalement refondée par un processus constituant où la parole des populations est enfin prise en considération. Cette autre Europe démocratisée doit œuvrer à l’harmonisation par le haut de la justice fiscale et sociale, permettre une élévation du niveau et de la qualité de vie de ses habitants, retirer ses troupes d’Afghanistan et quitter l’OTAN, réduire radicalement ses dépenses militaires, bannir les armes nucléaires et s’engager résolument dans le désarmement, mettre fin à sa politique de forteresse assiégée envers les candidats à l’immigration, devenir un partenaire équitable et véritablement solidaire à l’égard des peuples du Sud de la planète.

    8. Les américains ne peuvent malheureusement que suivre la pente qui conduit au fascisme. C’est là le lot des sociétés de petits bourgeois en désarroi complet. Ils ont déjà été très près de cela dans les années 30 (avec Lindbergh et l’America First). Lorsque la puissance de l’aristocratie locale (aristocratie ploutocratique) est en danger, se servir de cette tendance petite bourgeoise pour rester en place est de bonne guerre.

    9. @Moi

      d’accord avec cette alarme. Mais n’oublions que l’histoire de notre beau pays depuis plus de deux siècles démontre abondamment que les US n’ont aucune leçon à nous donner sur le thème de la « réaction de bonne guerre » (ou mauvaise).
      On pourrait même leur en remontrer sur le sujet…
      La France reste d’ailleurs une référence courtisée sur le marché mondial du maintien de l’ordre, du renseignement, du contrôle social et policier comme de l’expertise anti-subversion, « anti-terrorisme », anti-insurrection ou anti-émeute.
      Le prestige lié à l’Histoire du pays des droits de l’homme sans doute…

  1. « Le Financial Times déclarait tout dernièrement qu’il était temps « d’arrêter la saignée» … » : ou quand un parangon du capitalisme préconise de se « résigner » à une solution capitaliste aux turpitudes du capitalisme…L’affaire ne manque pas d’humour (un peu jaune quand-même).

  2. En complément et pour éclairer d’un autre jour cette rubrique fort instructive, la revue « Acteurs Publics » qui s’est fait la spécialité de jouer le « go between » entre la sphère des décideurs publics et les « conseilleurs » privés (entendez grosses boîtes de consultants), publie cet interessante série de 3 articles consacrées à la dette publique et la notation d’icelle

    http://www.acteurspublics.com/article/26-08-10/a-la-dette-du-client
    http://www.acteurspublics.com/article/26-08-10/la-signature-de-la-france-demeure-solide
    http://www.acteurspublics.com/article/26-08-10/des-comptes-100-fiables

    Cela dit pour régler définitivement la question de la dette publique il y a toujours les solutions adoptées par Philippe le Bel (mais depuis Druon, on sait qu’en général ça se finit mal pour certains)

    1. Sully également réduisit de manière drastique le remboursement de la dette, au moment de l’avênement de Henri IV, tant pour les créanciers étrangers (notamment italiens), que pour les crénciers français. Le discours tenu par Sully fut très simple « c’est cela ou rien ».

  3. En effet. FMI prêteur de dernier ressort finira par l’emporter.

    Ce coup-ci, vu l’amplification financière dont l’Irlande doit maintenant descendre, les montants de prêt vont faire passer la Grèce comme un petit échauffement ridicule.

    Coté US.
    Ce n’est pas Bernanke qui a souhaité que les autres banques centrales injectent aussi quelques centaines de milliards histoire de ne pas faire trop chuter le dollar…???
    L’Europe pourrait profiter de l’opportunité.

    1. La crise de la dette est maintenant localisée au sommet de la pyramide monétaire. Le FMI est bien prêteur en dernier ressort des zones monétaires grâce au déplafonnement de ses crédits aux Etats. La mesure paraît technique mais elle est radicale pour l’architecture du SMI. Les États actionnaires du FMI et spécialement les États-Unis sont en train de renoncer au pilotage de la masse monétaire mondiale. Ils la délèguent au FMI qui devient source autonome de création monétaire alors que cette faculté était réservée aux banques centrales nationales. Les banques centrales nationales sont dessaisies de leur monopole formel d’émission au profit d’une institution internationale contrôlée par les États sous le leadership des États-Unis.

      Nous sommes désormais en terra absolument incognita. Les outils traditionnels de politique monétaire (les taux et la réglementation financière) sont déclarés caducs. La discussion est ouverte et libre entre les autorités politiques nationales leurs agents de création monétaire et la coordination monétaire internationale. Nul doute que ce nouvel ordre va servir à ouvrir davantage les vannes de la liquidité nominale pour combler les béances qui se manifestent de-ci de-là. Mais il est un fait nouveau capital (qui est bien créateur de capital au sens financier) : la mise en commun internationale de la création monétaire. Jusqu’à présent, le FMI accorde des crédits dans les monnaies nationales, surtout en dollar, en demandant l’autorisation d’emprunter à l’Etat garant de la monnaie utilisée. Désormais, le FMI peut s’en dispenser et faire constater a posteriori s’il y a urgence (les urgences vont se multiplier) qu’il a dû créer de la monnaie pour renflouer tel ou tel.

      Pour le moment, le FMI devient banque centrale mondiale sans couverture légale internationale qui définisse les finalités, les formes et les effets d’une politique monétaire mondiale. Mais un pas a été franchi dans la constitution d’un étalon monétaire international unique par la mise en commun de la technologie monétaire. Le FMI acquiert l’autonomie de création de toute monnaie et constitue par son bilan comptable la matrice de l’étalon monétaire international. Mais il reste à négocier le partage quantifié de la création monétaire avec les banques centrales nationales et surtout la responsabilité légale du FMI face aux zones politiques et économiques qui produisent la contrevaleur réelle de la création monétaire.

      La politique monétaire du FMI va devoir être couplée à une réglementation financière internationale qui délimite les montants de crédit alloués à chaque zone monétaire. Il va falloir établir des critères objectifs d’ajustement du crédit à la production effective de valeur par des systèmes juridiques différents ; des critères objectifs de valeur réelle uniforme d’une unité de crédit du FMI. Il va falloir que l’émission monétaire du FMI renvoie à une même réalité de valeur quels que soient les bénéficiaires de ses crédits. Quand un équilibre international aura été retrouvé entre la loi financière, la politique monétaire et la production réelle de valeur par les États nationaux, la définition des monnaies nationales pourra être renversée. Le bilan bancaire du FMI sera converti en une seule monnaie (le bancor, le mondio, l’unitas…) ce qui définira ipso facto le taux de change des monnaies nationales dans la nouvelle monnaie qui sera alors étalon monétaire international.

    2. Dans son discours prononcé à Jackson Hole, déjà commenté, Jean-Claude Trichet conclu son propos par un développement consacré au rôle des banques centrales.

      S’appuyant – ainsi que Paul Jorion l’a analysé – sur Max Weber, il a expliqué que l’éthique de la conviction et de la responsabilité étaient complémentaires. Derrière ce langage un peu abscons, où la patte d’un banquier central se reconnaît aisément, que faut-il comprendre ?

      Les deux phrases clé sont les suivantes  :

       …dans les temps exigeants que nous vivons actuellement, une combinaison des deux éthiques est appropriée – un rôle égal étant accordée à chacune.

      Et

      Les mesures «non-standard » – qui peuvent être associées plus étroitement avec l’éthique de la responsabilité – sont précisément conçues pour aider à rétablir un fonctionnement plus normal du mécanisme [de la politique monétaire], afin de contribuer à recréer un environnement où les mesures « standard » – que je verrais associées plus étroitement à l’éthique de conviction – puissent fonctionner efficacement.

      Au-delà de la justification a posteriori des décisions prises par la BCE – et par Jean-Claude Trichet – on peut voir dans cette explication implicitement se profiler une interrogation : qu’en serait-il si les mesures « non standard », les programmes d’acquisition d’actifs par exemple, n’aidaient pas à recréer un environnement favorable aux mesures « standard » ?

      La question n’étant pas évoquée, la réponse n’est donc pas apportée. Mais c’est pourtant bien celle qui est dans toutes les têtes : les banques centrales ont-elles les moyens, comme l’affirme Ben Bernanke sans les identifier, de jouer leur rôle central dans les « temps exigeants que nous vivons » (Jean-Claude Trichet). Si cela ne devait pas être le cas, quel échelon supérieur faudrait-il gravir, ultime dernier recours l’actuel ne l’étant plus  ?

      Nul doute que cette problématique va prendre de l’ampleur, et que le FMI va prétendre apporter des solutions. Mais, il ne pourra pas être fait l’économie d’un nouveau Bretton Woods. La faiblesse des pouvoirs politiques occidentaux en place compliquant singulièrement la concrétisation de cette perspective.

    3. @François Leclerc,
      Où la demande d’un nouveau Bretton Woods vous paraît-elle la plus forte : les marchés, les États ou les banques centrales et régulateurs ? La situation où l’on devine ce qu’il faut faire sans que personne n’ait la légitimité pour l’exprimer va-t-elle à votre avis durer longtemps ? La dégradation de la conjoncture étatsunienne peut-elle aider Obama à convoquer un Bretton Woods même informel avant un officiel ? Quelqu’un pense-t-il à Bretton Woods aux États-Unis ?

    4. Mais, il ne pourra pas être fait l’économie d’un nouveau Bretton Woods. La faiblesse des pouvoirs politiques occidentaux en place compliquant singulièrement la concrétisation de cette perspective.

      C’est sûr, pas de Roosevelt, de Churchill, ni même de Keynes ou de Harry Dexter White, en vue!

      Petit rappel de ce que déclarait en 1945, Henry Morgenthau, le ministre des finances de Franklin Delano Roosevelt à ce sujet :

      « les mesures collectives pour sauvegarder les peuples du monde de ce qui menace la paix, …ne doivent pas être basées seulement sur une machinerie internationale pour gérer les disputes et prévenir les agressions, mais aussi sur une coopération économique entre les nations visant à prévenir et supprimer les désajustements sociaux et économiques …»

      Rappel aussi de ce qu’avait écrit Rocard en 2007…

      5 décembre 2007 (Nouvelle Solidarité) – Dans un article diffusé en sept langues internationales par Project Syndicate, repris notamment par le quotidien suisse Le Temps, l’ancien premier Ministre français et économiste Michel Rocard, affirme une fois de plus qu’il faut organiser d’urgence « une conférence financière mondiale – Bretton Woods II. » pour ré-réguler le système financier international.

      Michel Rocard constate d’abord que la dernière réunion du G7 fut un échec complet. « Sur le plan financier on ne s’est mis d’accord que sur une admonestation à la Chine » mais la question qui reste ouverte est la chute du dollar. « Jusqu’où va aller la dévalorisation du dollar ? Comment éviter l’asphyxie des économies qui exportent massivement vers les Etats-Unis ou en zone dollar, la Chine d’abord et l’Europe loin derrière mais en seconde position ? La crise des prêts hypothécaires à risques américains, dont on sait qu’elle connaîtra une aggravation en 2008, a-t-elle chance de se calmer ensuite ou va-t-elle contaminer l’ensemble du système financier international ? La hausse attendue du prix du baril de pétrole – il est déjà à son maximum historique – risque-t-elle de faire s’effondrer le château de cartes que constitue l’état actuel de l’endettement dans le monde ? Déjà en ce début Novembre nous apprenons que les plus grandes banques américaines sont touchées. »

      Face aux économistes qui affirment qu’il ne s’agit que de turbulences passagères, Michel Rocard répond qu’il « ne partage pas ce point de vue, et je crois que nous sommes entrés dans une phase de fragilisation de différentes parties du système mondial qui risque fort de provoquer une vraie crise au sens de récession massive, et qui appelle pour tenter d’éviter cela une régulation publique internationale vigoureuse. »

      Il rappelle ensuite qu’entre 1945 et 1975 un fort taux de croissance et de nombreux investissement dans des emplois hautement qualifié ont permis la mise en place d’une forte protection sociale. Pendant cette période, selon Rocard, « c’est l’actionnaire qui accusait le prix de tout cela par la minceur des dividendes. ». Mais, « trente ans après, l’actionnaire s’est vengé en cassant le système. Les fonds, qu’ils soient de pension, d’investissements, ou d’arbitrage – les fameux hedge funds – ont regroupé les actionnaires autrefois absents et ont pris le pouvoir. Dans toutes les économies développées le profit a fait un bon spectaculaire. Il représente partout entre 8 à 10 % de plus du PIB qu’il y a 25 ans. Salaires et revenus de Sécurité Sociale sont amputés d’autant. »

    5. @ Pierre Sarton ……

      Vous avez indiscutablement une bonne connaissance du fonctionnement du FMI et des enjeux qui sont à l’œuvre. Cependant, pour ma compréhension personnelle et celle, sans doute, de bien d’autres lecteurs de ce Bolg, je voudrais que vous nous éclairiez de vos lumières concernant certaines interrogations.

      Tout d’abord, lorsqu’il s’agit de Monsieur, DSK, je constate qu’en tant que directeur général du FMI, il soulève une sympathie et une adhésion de la part de bon nombre des français, comme s’il était une sorte de Messie qui aurait compris la manière, non seulement de venir en aide des pais déjà en difficultés, comme c’est le cas de la Grèce mais en plus, avec la représentation que les outils que son institution mets en œuvre pour venir en aide de ces pays solliciteurs seraient, sans conteste, les plus performants pour les tirer d’affaire. En même temps, nos compatriotes, par un phénomène d’extrapolation, pensent que par l’expérience acquise au sein de cette Institution, et de par l’étiquette qu’il s’ octroi en se revendiquant comme quelqu’un de « gauche ou social », il serait le mieux placé pour résoudre, le moment venu, les problématiques propres à la France.

      Néanmoins, il y a un élément, qui est le plus souvent passé sous silence et auquel personne, et compris la gauche française, ne met en lumière, c’est que Monsieur, DSK, est un EMPLOYÉ, comme n’importe quel autre, a un poste éminent et respectable certes, sur le plan International. Il n’en resta pas moins que M. DSK est un EMPLOYÉ comme une autre, au service d’un patron, lequel, vous l’avez bien dit, a une grande influence sur cette respectable institution, les Etats Unis d’ Amérique.

      Alors, je me demande, dans ce contexte là, qui sont les véritables décideurs de la politique mise en place par le FMI ? Les États membres ou Monsieur, DSK ? Sans doute que le Directeur Général de cette Institution est censé d’apporter ses lumières et suggestions quant aux mécanismes et actions à mettre en place, mais in fine, ce sont les administrateurs qui décident de de la politique à suivre et des mesures que les accompagnent. A cet égard, comment est-elle représentée l’ Europe ? combien des sièges occupe t-elle dans le conseil ? Enfin, Monsieur, DSK, doit bien agir en fonctions des décisions que son patronat s’accorde de mettre en œuvre. Avons-nous entendu Monsieur, DSK, en vertu de ses propres convictions personnelles, s’interroger sur la pertinence des certaines mesures mises en œuvre par son Institution, et en particulier, concernant les effets ravageurs sur le plan social là où elles sont censées d’être mises en œuvre ?

      Par ailleurs vous écrivez : « Pour le moment, le FMI devient banque centrale mondiale sans couverture légale internationale qui définisse les finalités, les formes et les effets d’une politique monétaire mondiale. Mais un pas a été franchi dans la constitution d’un étalon monétaire international unique par la mise en commun de la technologie monétaire. Le FMI acquiert l’autonomie de création de toute monnaie et constitue par son bilan comptable la matrice de l’étalon monétaire international. Mais il reste à négocier le partage quantifié de la création monétaire avec les banques centrales nationales et surtout la responsabilité légale du FMI face aux zones politiques et économiques qui produisent la contrevaleur réelle de la création monétaire. »

      Pensez vous que dans la stratégie d’influence des États Unis au sein de l’FMI, ils seraient près à lâcher leurs monopole de monnaie internationale et de voir ainsi, leurs dollar, devenir une monnaie quelconque parmi d’autres ? En admettant que les USA déléguaient cette parcelle de souveraineté au FMI, ils seraient de facto un des candidats a être en doit de bénéficier d’un soutien contant et trébuchant du FMI vu la situation de l’état de la dette de ce pais. Que resterait-il alors pour le reste du monde ? Cette monnaie de sauvetage, bien que commune, ne signerait-elle pas une forte dévaluation généralisée au point de confirmer une déflation mondiale soutenue à bras le corps par cette seule Institution ? Enfin, sur quoi reposerait la valeur fiduciaire de cette monnaie ?

      Je vous prie de bien vouloir m’éclairer, nous éclairer, et compris si mes interrogations vous semblent non pertinentes. En tous cas, c’est là la valeur pédagogique aussi de ce Blog.

    6. La caractéristique nouvelle de cette crise mondiale va être sa longue durée.

      Sans doute faudra-t-il d’autres épisodes aiguës de celle-ci, ou bien un envasement spectaculaire – les deux se profilent, le second est garanti si le premier n’est que probable – pour que les politiques en viennent à considérer un nouveau Bretton Woods inévitable, moindre mal auquel il faudra se résoudre.

      Les Etats-Unis sont le noeud du problème, car ils y perdront l’énorme avantage que représente le dollar monnaie de réserve. Ils ne s’y résoudront donc qu’en dernière extrémité, et c’est là tout le problème.

      La réforme du système monétaire international devra être accompagnée d’autres mesures, au minimum une remise de peine sous une forme ou sous une autre pour la dette publique. Car sinon les Etats-Unis s’enfonceront irrémédiablement dans une profonde récession de longue durée, à moins qu’ils ne choisissent la voie de l’hyperinflation.

      Le nouveau concours Lépine est ouvert  !

    7. Hhmm.. Messieurs.

      Des perspectives de « bretton woods » même en tant que « moindre » mal paraissent impossibles.

      Tant pour des raisons politiques :
      – chute de pouvoir refusée par les US
      – peur des réactions de l’électorat américain
      – revendication d’une place non-subalterne par les émergents

      Que pour des raisons financières :
      – refus de perte de pouvoir de la classe des possédants
      – politiques soumis à ces mêmes possédants

      Même avec une crise en pleine vigueur et en plein développement comme nous la voyons avec ravissement, la raison ne peut plus l’emporter.
      Et nous en voyons déjà les signes.

      La propagande est allée trop loin et ne peut plus faire machine arrière.

    8. @Ricabel,

      A vous lire vous êtes mieux renseigné que moi sur le FMI. Vos remarques sur la gouvernance du FMI décrivent une problématique essentielle du nouveau système monétaire en gestation : qui est vraiment responsable des décisions ou non décisions du FMI ? Si le FMI se transforme en banque centrale mondiale, il faudra une réponse claire à cette question.

      Le diagnostic que les États-Unis font sur leur privilège monétaire est certainement en train d’évoluer. La menace d’un retrait, même partiel, même involontaire, de la Chine dans le financement de la dette extérieure étasunienne en dollar est très sérieuse pour le Trésor américain, pour le dollar et pour la Chine. Si les réserves de change de la Chine s’effondrent par la chute du dollar l’autorité du régime chinois sur son empire intérieur peut disparaître très vite. Si le citoyen américain retire sa confiance à son gouvernement et à la Fed, le dollar peut s’effondrer très vite. Les porte-avions étatsuniens ne changent rien à cette double menace.

      Et les États-Unis et la Chine ont un intérêt objectif à rééquilibrer leurs relations par une intermédiation monétaire internationale. Sera-ce le FMI ? Une banque centrale mondiale (BCM) ne peut pas fonctionner directement piloté par un conseil d’administration où siègent les États. Il lui faut un CA indépendant responsable de la rentabilité et de la couverture en fonds propres de la politique monétaire mondiale ; bien sûr un CA non confondu avec le pouvoir exécutif qui accorde les crédits. C’est au niveau de la dotation en capital du SMI que les États doivent intervenir en se mettant d’accord sur les règles d’émission du crédit et de la monnaie inscrites dans les statuts de la BCM. On doit imaginer que les États fondateurs du SMI se constituent en société holding chargée de contrôler la stabilité monétaire de la BCM par le calcul du capital versé et les objectifs de seigneuriage qui en découlent (plus-value nette de création monétaire).

      Dans le schéma d’un étalon monétaire international, le yuan est découplé du dollar. La politique monétaire et budgétaire étatsunienne n’est plus dictée par la menace d’un effondrement de la Chine mais par un équilibre rationnel entre le risque de crédit de la zone dollar (dont celui du Trésor US et de la Fed) et le taux de change du dollar en monnaie internationale. Les Chinois peuvent continuer d’adosser leur monnaie à la monnaie internationale. Si ses réserves de change, donc des créances chinoises sur le reste du monde, continuent d’augmenter, toutes les monnaies accumulant des dettes internationales peuvent se dévaluer par rapport à la monnaie internationale et par rapport au yuan.

      Cette révolution monétaire implique un effort des élites étatsuniennes : renoncer à l’hégémonie juridique et à la démocratie impériale. Les classes moyennes étatsuniennes pourraient s’exprimer dans ce sens dès les prochaines élections. Le contrôle de la BCM est bien un enjeu que le patron actuel du FMI doit chercher à maîtriser. S’il ne parvient pas à proposer des règles monétaires satisfaisantes pour tout le monde, la BCM pourrait ne pas être le FMI. N’importe quel groupe de pays influent peut lancer une initiative régionale. L’Union Européenne peut très bien transformer la Zone Euro associée à la livre et au franc suisse en base monétaire d’un nouveau SMI. C’est l’efficacité des règles de crédit (particulièrement aux États) qui fera la solidité de la future monnaie internationale.

  4. « The spread between Irish 10-year bonds and German bunds widened 3 basis points today to 356 basis points. It was 306 basis points on May 7, just before the European Union announced a 750 billion-euro financial backstop for the region’s most indebted nations. »
    Effectivement, on ne peut pas dire que les 750 milliards mis sur la table par l’UE a changé quoique ce soit : c’est même l’inverse.
    Quant aux CDS, on revient à la situation d’il y a 15 mois :
    « Credit-default swaps on Irish sovereign debt climbed 10.5 basis points to 352, the highest level since March 2009. Swaps on Anglo Irish Bank jumped 15 basis points to 614, the highest in more than 13 months. »
    http://www.bloomberg.com/news/2010-08-31/anglo-irish-bank-puts-capital-needs-at-32-billion-disputing-s-p-estimate.html

    Enfin, last but not least, les liens entre banques et marchés immobiliers sont très clairement faits :
    « Anglo is still concerned “that the commercial property market in Ireland doesn’t seem to have stabilized,” Chief Financial Officer Maarten van Eden said.
    Commercial real estate prices have fallen 58 percent from the peak of the market in 2007, according to Patrick Koucheravy, property economist with CB Richard Ellis in Dublin, citing Investment Property Databank figures. »

    Tant que le marché immobilier continuera à s’écrouler, les banques aussi. Et pour ‘relever’ le marché immobilier, encore faudrait-il donner du pouvoir d’achat aux acheteurs. Or, c’est une politique déflationniste qui s’applique (très) rudement en Irlande.
    Donc on ‘repart pour un tour’ … jusqu’à la mise en faillite organisée (bad bank/good bank) ou jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule goutte d’argent public.

    On a la réponse :
    « The European Commission will veto the plan, the Sunday Business Post said on Aug. 29, without citing anyone. Aynsley said Anglo Irish is not hearing the “fluff and bubble” around speculation that the commission may veto the bank split plan. He said expects to the commission’s decision on September. »

    Les irlandais vont apprendre à compter SANS l’UE. Et même CONTRE eux.
    Les premiers de la classe n’ont plus la côte …

    1. Zébu..
      Look at la chute de la Californie et dis-moi si cela fait chuter le dollar.
      Europe : idem.
      Plusieurs états utilisant la même monnaie ne peuvent encaisser la chute d’un membre.

      Je le ré-écris pour le plaisir : faillite et restructuration sont devenus interdits. Et ceci grace à la prise en otage des états par les banques.
      Et c’est un piège qui se retourne contre son auteur : tues ton otage et tu verras que ta négociation devient beaucoup plus « délicate »…

    2. @ Yvan :
      Oui, c’est ce que j’ai indiqué avec le refus futur, antérieur (la Grèce), de l’UE des plans irlandais : pas de faillite organisée. Jusqu’à la lie.

      Ceci dit, cela ira un certain temps, qui peut éventuellement être certain mais pas plus.
      Pour deux raisons :
      1/ l’endettement public a des limites, quand même : la monnaie
      2/ la patience (?) des états a des limites, aussi : leurs peuples.

      Qui, de la monnaie ou des peuples, commencera à craquer le premier ?

  5. Moi je retire toutes mes actions mes obligations et mon cash de la banque , j’achete des chèvres et je vais vendre du fromage car en Septembre tout va péter , c’est certain……. .faites comme moi.

    1. Avec quelle monnaie vos acheteurs de fromage vont-ils vous payer ?
      En « monnaie de singe » ?
      Ou allez vous faire du troc avec tous ceux qui vont faire du fromage de chèvre ?

      Plus sérieusement, j’ai connu, après le beau mois de mai 68, quelques camarades qui sont partis à la campagne – le terme sociologique de l’époque était « drop-out » – et je vous assure que la marchandise les a rattrapés, souvent souvent la forme « tourisme à la ferme » et plus souvent encore sous la forme de retour vers les zones marchandes.

      Bonne chance.

    2. à yvan,

      Quant on demande à un auteur de polar pourquoi il écrit des livres policiers ou noirs, il peut répondre : « parce que le monde est policier, et la vie noire. »

  6. En parlant de FMI, tiens… (qui est largement bénéficiaire)

    Quelqu’un pourrait-il nous dire quels sont ses actionnaires..???

    Histoire que l’on voit à qui rapporte le crime.

  7. Le FMI vient de son côté d’anticiper, sans attendre. Il a annoncé que sa ligne de crédit par précaution était désormais totalement déplafonnée. Cette facilité, qui a encore été peu utilisée, a été mise en place en 2009, afin de fournir aux pays « bien gérés » une sorte de coussin, a-t-il été expliqué en choisissant le terme le moins alarmiste possible.

    Cette nouvelle disposition a toutes les apparences d’avoir été prise en pensant à la nécessité de conforter des pays devant faire face à d’importantes obligations financières sans qu’ils soient dans l’obligation d’aller sur les marchés. Comme par exemple un nouveau sursaut prévisible de la crise de la dette européenne. L’idée pourrait être de sauter l’étape des euro obligations, injouable en raison du veto allemand, et de mutualiser des éléments constituants de la dette européenne via le FMI.

    Après avoir été dans un premier temps financés par les états, les dettes du « système » le seront probablement dorénavant par le FMI en dernière instance.
    C’est effectivement ce que l’on appelle mutualiser les risques au niveau mondial en sautant l’étape des banques centrales à bout de souffle.
    Et après l’Europe, pourquoi le FMI n’ouvrirait-il pas ensuite aussi une ligne de crédit illimitée aux USA !
    Et qu’adviendrait-il alors ensuite lorsque le FMI ne sera plus in fine que la plus grosse « bad bank » du monde ?
    La fin du « système » actuel et de début de…

    1. Ma thèse, mais je me trompe peut-être, est qu’il ne s’agit plus de rembourser le capital, mais seulement de payer des intérêts, eternellement.

    2. Ok le James Bond martini c’est celui la : (dans Casino Royale)
      6 mesures du gin
      2 de vodka
      1 mesure de Lillet blanc (apéritif légendaire de Bordeaux, Podensac exactement!)
      spirale de zeste de citron jeune pour la déco…

    3. Ou bien 3 mesures de gin, une de vodka et une demi de Lillet blanc.
      Ah, ces Gascons! Pas mesquins, voient tout en grand.
      Tchin à tous.

      Ceci dit, Casino Royale, avec un nom pareil, pourrait bien faire une deuxième carrière sur le blog de Paul Jorion, non?

    4. Vodka-Martini …whisky-orange …whisky-vodka …vous me fendez le coeur …j’ai le coeur fendu par vous… Et le Picon alors ?!!
      —————

      – Marius… Tu ne sais pas servir un picon-grenadine…
      – Je ne sais p…!?
      – Non ! Non ! Tu ne sais pas servir un picon-grenadine ! Je vais te faire voir : …D’abord… Tu mets un tiers de Picon …Là ! …Tu ajoutes…un tiers…de grenadine …Voilà ! …Tu mets un tiers de Curaçao …Voilà ! …Et puis tu mets un grand tiers d’eau…
      – Mais ? ça fait QUATRE tiers ?…
      – Et alors ?
      – Be, dans un verre …il n’y a que TROIS tiers !
      – Mais bougre d’imbécile, ça dépend de la grandeur des verres !
      – Eh non ! …c’est de l’arithmétique !
      – Dis-donc, tu vas pas apprendre le français à ton père, non ?!!!

      (« Marius », d’après Marcel Pagnol)

  8. @ Yvan,

    Les DTS, comme la valeur universelle du FMI, sont très inégalement perçus, parlons de justesse, dans ces « contes » en faiblesse et terre-mythes boursico-financiers:

    Le panier de monnaies et Etats correspondants ayant voix au chapître du FMI en sont aussi la volonté politique et l’esprit, d’où le rapport de force inclus et la justice de l’acte exclue.

    Le FMI n’a pas une représentativité mondiale, sa légitimité est invalide, combien même en tant qu’institution ad hoc elle a su préserver au gré des déboires de la mondialisation capitaliste.

    Pôvres de nous si nous attendons la panacée des institutions qui ne justifient depuis quelques décennies tout du moins leur existence que comme paravent fantasmagorique aux dérives dont ils ne nous protègent qu’au théatre de nos illusions et des promesses que nous les appelons à nous faire.

    Paradigme, la sphinge a dit, cessons de singer l’énigme, coeur à l’esprit! Osons!

    1. Certes.

      Mais sachant que les droits de vote (soit le contrôle de cette saleté) sont détenus par les pays occidentaux qui ont envoyé paître les Chinois par deux fois depuis fin 2008, on est aussi à se demander si une guerre ne va pas devenir nécessaire pour aller reconquérir les richesses des pays « aime hères gens » qui sont aussi en train de nous bouffer avec un niveau salarial contre lequel il est impossible de lutter.
      Soit, chair à canon contre chair à boulot.

      Osons, en effet, parler franc.

  9. Quand je pense qu’il y a quelques années, l’Irlande était un modèle à suivre …

    Le capitalisme et plus précisément le capitalisme anglo-saxon va exploser d’ici peu.

    1. Et j’ajouterais qu’on nous a aussi vendu le modèle Espagnol (tout basé sur l’immo) comme un autre ‘modèle’ à suivre..quand sarkozy voulait introduire des subprimes à la Française..ce qui prouve bien que tous ces pseudos experts économiques ‘mainstream’, membres du club de la pensé unique se sont tous plantés et continuent à nier les faits…ainsi que la grande majorité des journalistes ‘éco’..lisez Le Monde partie économie…ils sont en retard de 10 ou 15 ans dans leurs raisonnements et il y a bien pire que Le Monde…tout ceci n’est qu’une vaste fraude…les banksters continuent à ‘sauver’ ce qui peut l’être avant la chute finale ….

    2. Et j’ajouterai qu’on nous vend la chine comme un modèle (pour sauver le monde parcequ’ils ont 2000 milliards de réserves monétaires, c’est à dire peanuts par rapport aux sommes totales en risque de perte) actuellement, et pourtant les craquements s’y font entendre de plus en plus fort.

  10. Ce dernier (le FMI) continue de placer ses pions afin d’occuper une position centrale quand des grandes décisions seront finalement inéluctables. En particulier à propos de l’évolution du système monétaire international, dont la crise actuelle du yen japonais – contrecoup de la faiblesse du dollar – illustre la criante nécessité.

    Sous entendriez-vous que DSK et « les cadors » du FMI se la joueraient pour le moment dans le sens du poil avec le milieu financier et les gvts « forts » pour asséner leur régulation, type bancor par ex, quand la position d’arbitre incontestable du FMI, voire de maitre du jeu après les BC, sera devenue patente?
    Et que la redistribution enfin équitable des droits de vote et de représentativité des émergents ou des « soumis par faiblesse » (le toujours « tiers-monde ») deviendra non-différable?

    On aurait alors un président de fait pour notre république dès avant 2012!
    Mais j’ai comme un doute… Et le temps passe.

    Dans l’avenir, quelle politique commune à tous les pays de la zone euro la BCE pourra-t-elle dopter en matière monétaire, pour redéfinir ses taux directeurs, avec une Europe écartelée et n’ayant d’autre avenir que l’éclatement ?

    Le terme de « dopage quantitatif » devait résonner très fort sur votre clavier et dans votre cortex! 😉

    1. En effet, Vigneron.

      Et je ne peux que regretter la mort de Laurent Fignon.

      Comme je disais à une infirmière de mes amies récemment : « ce fut court, mais intense ».

    2. Penser que le FMI favorise un passage au Bancor m’interloque. N’est-ce pas le FMI, qui a vendu 200t d’or à l’Inde. D’ailleurs il restait selon leur plan 200 autres tonnes à vendre hors marché, je ne sais pas s’ils ont déjà trouvé preneur (pourtant les chinois aime bien l’or !)

      Comment après avoir vendu son or, peut-on devenir une référence Bancor, Monseignor?

    3. Je viens de relire les quatrains d’Omar Khayyan et j’en ai un pour vous, bien que ce soit hors sujet, je vous le livre donc :

       » Bien que le vin ait déchiré mon voile,
      Tant que vivra mon âme, je ne le délaisserai pas…
      Mais, vraiment, ceux qui vendent le vin m’étonnent :
      Que peuvent’ils acheter de meilleur que ce qu’ils vendent ? »

      Bien à vous.

    4. @ Pégase

      Note sur le bancor

      « Dans les premiers temps de l’existence du système, le bancor (et donc chacune des devises locales) aura une parité avec l’or, mais le métal précieux sera petit à petit repoussé en-dehors du cadre monétaire général en raison d’une asymétrie introduite délibérément dans le fonctionnement global du système : si les nations peuvent se procurer du bancor en échange d’or auprès de la chambre de compensation multilatérale, un surplus en bancor ne pourra pas lui s’échanger contre de l’or. »

    5. @pégase

      Et 200 Tonnes d’or, ça fait jamais que 6 Mrds d’euros… peanuts quoi.

      @l’imper mastic

      Par contre d’accord avec vous et ce quatrain d’Omar Khayyan! Si le FMI a raison de se séparer de son tas de ferraille jaunâtre, j’ai autant de mal à échanger mon breuvage bordeaux que de plaisir à le « produire »! Mais un peu court en gousier pour tout me le siffler…

    6. @ Paul Jorion,

      Donc, sous réserve de l’exactitude des calculs de notre vigneron hexagonal, et à supposer que la totalité des soit-disant 30.000 tonnes d’or détenues dans le monde par les états soit converties en bancor, cela ne ferait qu’une masse monétaire maximum possible en bancor équivalente à environ 900 Mrds d’euros !!!

      gloups

      D’autant que si l’on en croit le GATA, il n’y en aurait pas plus de la moitié encore physiquement en stock, soit seulement 450 Mrds d’euros de bancor pour toute la planète !!!

      « La plupart des observateurs calcule que les réserves des banques centrales sont supposées s’élever à environ 30.000 tonnes d’or dans le monde, mais nous pensons que la quantité d’or qui s’y trouve réellement est plus proche de 15.000 tonnes », a affirmé William J. Murphy III le président du GATA, « le reste a disparu « .

      gloups, gloups

    7. La quantité d’or extraite par l’humanité depuis les origines est estimée, fin 2008, à 163 000 Tonnes (Wiki. Sachant que c’est un matériau réputé pour se perdre assez difficilement et se chercher ou se cacher assez activement, on peut considérer globalement que la valeur de l’or extrait et à peu près disponible aujourd’hui est sensiblement de 163 000 000 kgs * 30 000 euros = 4890 Milliards d’euros soit 4.89 Trilliards.
      Bof… la moitié d’un tout couillon M3 BCE…

  11. http://www.independent.ie/business/irish/lsquozombiersquo-hotels-arise-in-ireland-as-recession-empties-rooms-2318437.html

    Nationalised Anglo Irish Bank today posted losses of €8.2bn for the first half of 2010, claiming it was still battling through an exceptionally difficult period.

    The state-run bank, which has been funded by €23bn of taxpayers’ money, said it expects further losses as more assets are shifted off the bank’s books.

    http://www.independent.ie/business/irish/anglo-irish-bank-posts-euro82bn-loss-2318577.html

  12. Je me rappelle que, il y a quelques années, certaines élites politiques, médiatiques, économiques et patronales donnaient l’Irlande en exemple !

    Il y a quelques années, j’ai lu des dizaines d’articles sur l’Irlande, « Tigre celtique ». L’Irlande, « Un modèle à suivre ». « Le miracle irlandais ». Etc.

    Comme d’habitude, la propagande médiatique nous a raconté des foutaises.

    Mais aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, nos brillants économistes ne nous parlent plus de l’Irlande, « Le Tigre celtique ».

    Où sont passés nos brillants économistes ?

    On ne les entend plus parler de l’Irlande, c’est bizarre.

    Certaines élites françaises osent encore venir pérorer à la télévision sur la crise, sur les efforts que le peuple français doit faire, sur les adaptations nécessaires au monde comme il va, sur les douloureuses « réformes » que les Français doivent accepter, etc.

    Certaines élites françaises n’ont aucune honte.

    Ces gens-là m’écoeurent.

    1. Joli article sur Wiktionnaire (tiré du dico de l’académie…) sur ce sentiment qui ne les étouffe pas…

      Du latin vĕrēcŭndĭa (« retenue », « réserve », « pudeur », « modestie », « discrétion »). Il existait en ancien français, une forme semi-savante vergonde (XIIe siècle), d’où sont issus les mots dévergonder, dévergondage, dévergondé. D’autre part, sont apparus au XVIe siècle, les mots vérécondie et vérécondieux (directement formés d’après le latin verecundia).
      On retrouve cette racine dans l’italien vergogna (« honte ») et l’espagnol vergüenza (« honte »).

      Nom commun
      Singulier Pluriel
      vergogne vergognes

      vergogne féminin

      1. (Vieilli) (Littéraire) Retenue, pudeur, modestie, honte.
      * Un jour, le peuple délirant,
      Las d’être tondu, sans vergogne,
      Prit un couteau entre les dents
      Et dit : « Faisons notre besogne!… — (Octave Charpentier, « Tous les voleurs à la lanterne », dans La Proue, n° 1, mai-juin 1929)

      * Comme il était résolu à agir, il s’abandonnait à ce sentiment sans vergogne. — (Stendhal, Le Rouge et le Noir)

      Note

      Mot sorti de l’usage dès le XVIIe siècle. Ne subsiste plus que dans l’expression sans vergogne.

    2. L’histoire économique de l’Irlande depuis 50 ans serait longue,
      mais elle a bénéficié d’avantages exceptionnels dès son intégration dans le marché commun.
      Ses gouvernements l’ont transformé notamment en cheval de Troie des multinationales
      pour pénétrer le marché européen.

      Ils offraient alors un chomâge élevé et donc des salaires très en dessous des pays européens.
      Ils ont ajouté un régime franc copié sur la Corée du Sud et autre tigres d’Asie.
      Et ont même ajouté des subventions à l’investissement (jusqu’à 30% dans certains cas).
      Et n’ont jamais oublié d’inviter très généreusement les journalistes…
      De quoi rivaliser pendant des annéess sur le marché européen avec les tigres asiatiques.

      Il suffit de se coucher pour plaire au capital.
      Mais avec sa maladie sénile, la coucherie tourne court.

    3. Un ami irlandais, Jim, les soirs de beuverie – c’est à dire souvent- me disait avec cette emphase qui n’appartient qu’à eux et aux bretons : « Dieu a inventé l’alcool, sinon les irlandais auraient gouverné le monde! (God invented alcohol so the Irish would not rule the World) »
      Il aurait pu rajouter « et le capitalisme! »

  13. Le ‘miracle Irlandais n’était qu’une vaste bulle, un mirage…une pyramide de ponzzi…et tous ont fermé les yeux…comme quoi un pays ou le taux d’impôt est si bas ne peut durer très longtemps….

  14. Tant que les dettes ne seront pas cantonnées , arrétées pour leur vraie valeur et transformées en répartition et amortissement le monde sera asservi à toutes sortes de problèmes.

  15. Tant que j’y suis, message que je répèterai assez souvent :

    Vu la conjoncture à venir, la « banque postale » doit rester la seule banque en France.
    Non pas que j’y ai un intérêt, non non.
    Mais c’est la banque qui n’est pas encore trop contaminée par la privatisation désirée et a le plus d’agences en France.

    Je répète : la banque postale peut encore servir. Ne la détruisons pas.

    1. Sans compter qu’une poste bancale sans banque postale, c’est plus du service-public moignon résiduel, c’est du service-public cul de jatte! 🙂

  16. Il faut souligner l’ampleur des dégâts en Irlande: selon le gouverneur de la banque centrale,
    les aides publiques à la banque, qui s’élèvent à 25 mds d’euros, représenteraient entre 15 et 16% du P.I.B, pour un pays de 4 millions d’habitants.Sur l’ile, vu les pertes abysmales de la banque, ils hésitent entre la démanteler ou diviser la ‘NAMA’,la bad bank..

    Un post de AFOE qui donne une description de la situation:

    A recession of the banks, by the banks and for the banks

    1. Je suggère une immigration massive. Pas aux US bien sûr, plus personne veut y aller! Non, j’sais pas moi, au Vietnam, Venezuela, Corée du Nord, Burkina Faso… 🙂

  17. Même l’Afga occupé par les gouvernements des banques est obligé de controler la première banque du pays. La suite, à MDR, dans le Wash Post, ci-dessous:

    Breaking News Alert: Afghanistan’s Central Bank takes control of top private bank August 31, 2010 1:3:37 PM
    —————————————-

    Afghanistan’s Central Bank has taken control of the Kabul Bank, which is partly owned by President Hamid Karzai’s brother and has been beset by corruption allegations. The intervention aims to shore up Afghanistan’s largest private bank, whose faltering finances threatened to wreak both economic and political havoc.

    Kabul Bank handles salary payments for Afghan soldiers, police and teachers, and has taken in more than $1 billion in deposits from ordinary Afghans. U.S. officials have long worried that trouble at the bank could trigger financial mayhem, a prospect that would leave Afghan security forces without pay, threaten unrest by angry — and often armed — depositors, and gravely undermine President Obama’s entire Afghan strategy.

    The Central Bank has also ordered Kabul Bank’s chairman to hand over $160 million worth of luxury villas and other property purchased in Dubai for well-connected insiders, according to Afghan bankers and officials.

    http://link.email.washingtonpost.com/r/E5QODK/722RWQ/ONYK3C/2YMVIE/MBDUB/9A/h

  18. Chronique d’une agonie à venir.

    L’économie US flirte avec le précipice, les bourses étant plus ou moins à leur niveau de l’été dernier, dans une atmosphère étrange où les investisseurs du monde entier déversent leurs masses de liquidités vers le seul placement qui leur semble encore sûr, à savoir les Bons du Trésor.

    A 2,06 %, le rendement du Bon US à 10 ans ne s’approche-t-il effectivement pas de son plus bas historique atteint le 30 Décembre 2008 ? Comment s’en étonner alors que la Réserve Fédérale US elle-même a annoncé la reprise de son programme de rachat de papiers valeurs émis par la Trésorerie de son propre pays…

    Bienvenue dans la « japanification » des Etats-Unis ! Cette expression, utilisée tout récemment par le stratégiste de Merrill Lynch, Michael Hartnett, n’est-elle qu’une boutade ? Ou insinue-t-elle que le pays est à l’orée d’une longue traversée du désert jalonnée de déflation, d’une interminable récession, et d’un grand cycle baissier affectant les bourses ?

    Les Etats-Unis subiront-ils le même sort que le Japon qui n’en finit plus de se battre, et dont les taux d’intérêts sont à zéro depuis 20 ans ?

    En fait, Merrill Lynch et quelques rares analystes lucides, quoique terriblement pessimistes, prévoient des taux Américains sensiblement réduits jusqu’à 2020, ponctués d’une croissance moyenne de 1 à 1,5 % sur les 20 ans à venir, un Dow Jones dont les valorisations seraient divisées par deux, et un marché immobilier condamné à chuter de 30 % supplémentaires pour la même période…

    Ce scénario catastrophe est-il vraisemblable après les 7 300 000 emplois déjà perdus aux USA, après les faillites immobilières, bancaires, et en dépit des multiples plans de relance ? Ou ces précédents le rendent-ils au contraire crédible ?

    Quoiqu’il en soit, notre monde semble avoir aujourd’hui complètement perdu ses repères.

    Comment interpréter sinon le rendement actuel sur les Bons du Trésor Britannique à 10 ans qui rémunère à hauteur de 3 % quand le taux d’inflation est de … 3,1 % ? Une seule signification : que les investisseurs sont disposés à placer gratuitement, voire à perdre même un peu, en échange d’avoir la certitude de recevoir leur placement dans 10 ans !

    En d’autres termes – et énoncé brutalement – le monde se prépare à la « japanification » Occidentale et ajuste ainsi ses portefeuilles en fonction de la déflation à venir.

    Michel Santi.

    http://www.gestionsuisse.com/2010/chronique-d%e2%80%99une-agonie-a-venir/

  19. Le problème principal de l’Irlande réside dans le fait que cette île n’a pas d’industrie qui mérite ce nom, ni un historique industriel, c’est ou c’était un place pour concenvoir et pour vendre. Les américains l’ont utilisé comme plate-forme pour conquérir de là le marché européen (pendant le boom de l’informatique notamment). Le succès apparent était bâti sur du sable, sur du temporaire, on le savait.

    1. Et il y en a quelques-unes comme ça. Islande, Irlande, Espagne, Singapour, Luxembourg voire de plus en plus la Grande-Bretagne et USA. Des bulles de papier tout ça, pas d’usines derrière.

  20. Etude de Natixis de mars 2010: qui détient les dettes publiques européennes? (en anglais)

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=52406

    A noter qu’il s’agit essentiellement d’évaluations, rassembler des chiffres en la matière tenant, semble-t-il, de la gageure.
    En ce qui concerne la dette souveraine irlandaise, les banques anglaises en détiennent 9.6%, les fonds et assureurs français 8.1%, les banques allemandes 9.6%…

    1. @souva
      Je tressaille de plaisir à voir les fourmis françaises et allemandes toujours si bien placées, cote à cote, dans la course à la ruine européenne. On comprend mieux le sens profond du « moteur européen », de la « convergence » et du « couple franco-allemand ».
      Les intérêts sont communs effectivement… Intérêts de rentiers de l’Europe.

    2. @vigneron

      Très juste. Mais avec un père fondateur du nom de Jean Money, cette Europe là ne pouvait de toute façon que mal tourner. 🙂

    3. @souva

      Yep! Jean « Money » aux paroles et Robert « Schumann » à la musique! Ça pouvait que tourner au délire monétaire bipolaire et romantique! 🙂

      J’aurais préféré Claude Monet et Mort Schuman! Une Europe comme des nymphéas sous les neiges du Lac Majeur…

  21. @ Souvarine,

    Histoire d’un billet de banque, Bernard Lavillers,

    http://www.youtube.com/watch?v=OaR2AhTBzSk

    Bernard Lavilliers
    URUBUS

    Je suis un chanteur de passage et j’appartiens au paysage. En ouvrant les
    yeux dès l’enfance, j’ai compris d’où vient la puissance. Banquiers des
    multinationales dont on ignore les initiales, comme les éboueurs de désert,
    vous engraissez sur la misère.

    Comme les Urubus du Nord-Est, vous ne laissez même pas les restes.
    Urubu, le nom africain pour le vautour américain

    Urubus, vous n’avez pas de cri
    Cri de chasse, cri d’amour, cri de peur
    Urubus, vous attendez qu’on meure
    Mort de faim, mort d’amour, mort de peur

    Cercles noirs cisaillants le ciel vide
    Sans espoirs, attentifs et avides
    Sans beauté, sans couleur et sans race
    Obstinés, nettoyeurs et voraces
    Anonymes citoyens solitaires
    Charognards, utiles, élémentaires
    Voyageur si tu plies, si tu tombes
    Méfie-toi de l’ombre de ton ombre

    Urubus, vous n’avez pas de cri
    Cri de chasse, cri d’amour, cri de peur
    Urubus, vous attendez qu’on meure
    Mort de faim, mort d’amour, mort de peur

    C’est ta vie qui ne tient qu’à un fil
    Si tendu, si ténu, si fragile
    Angle droit du désert du Sertao
    Si stérile, si perdu, si brûlant
    Le soleil, mangeur d’hommes et de fous
    Immobile, efficace et tout roux
    Trace encore quelques barreaux obliques
    Entre toi et ta mort symétrique

    Urubus, vous n’avez pas de cri
    Cri de chasse, cri d’amour, cri de peur
    Urubus, vous attendez qu’on meure
    Mort de faim, mort d’amour, mort de peur

    Le silence est un cri qu’on étouffe
    Et la peur du sable dans ta bouche
    La lumière un fusil dans les reins
    La fatigue un foyer qu’on éteint
    Tous tes pas dans la poussière qui danse
    Sont comptés par le temps qui avance
    Tu oublies et tu crois qu’il s’endort
    Il te suivra jusqu’à Salvador

    Tournez, Urubus
    Quand la lumière des villes s’obscurcit vers le néon fragile!
    Planez, Urubus
    Au-dessus des soumis comme une ombre portée sur la vie!
    Vivez, Urubus
    Cachés dans vos buildings sans un cri, penchés sur vos plannings!
    Vivez, Urubus
    Glissez vos doigts d’acier dans nos démocraties avancées!
    Tournez, Urubus
    Donnez-nous un peu d’air et on vous laisse le phosphate et le fer!
    Tournez, Urubus
    Qui contrôlez le temps, mines d’or, de platine, de diamants!
    Tuez, Urubus
    Tout ce qui vous résiste, ce qui vit, qui respire, qui existe!
    Fouillez, Urubus
    Au fond de leurs entrailles, becs crochus, longs couteaux et tenailles!
    Cherchez, Urubus
    Ce qui nous fait marcher, ce qui nous fait rêver, nous aimer!
    Planez, Urubus
    Au-dessus du linceul que déchire le poing d’un homme seul!

    Crevez, Urubus
    Tombez comme des pierres sur la terre, le goudron en enfer!
    Personne Urubus
    Ne viendra vous becqueter
    Même pas les fourmis rouges affamées

    Urubus
    Les aigles sont déchus
    Innombrables vous gardez les issues!

  22. @ François Leclerc, @ tous :
    Si cela vous intéresse …

    Il n’y a pas que les banques à détenir des actifs pourris : Le Monde vient de paraître un article concernant ‘l’utilisation’ de produits ‘structurés’ par les HLM.
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/01/des-organismes-de-hlm-plombes-par-des-produits-financiers-toxiques_1405096_3234.html#mf_sid=223263710

    Pas nouveau en soit car je crois que vous en avez déjà parlé sur ce blog je ne sais où.
    Mais en allant rechercher le rapport annuel en question de la Miilos (Mission interministérielle d’inspection du Logement Social) de 2008, on s’aperçoit qu’il y a aussi d’autres informations, que n’a pas relevé Le Monde.
    Et c’est franchement ‘dommage’ :
    « Quelques organismes (4) ont à ce jour engagé une procédure
    contentieuse envers les banques ou établissements financiers qui
    les avaient sollicités. L’une a abouti à un accord amiable sur la
    soulte à verser (1,2 M€) ; une deuxième s’est conclue avec succès
    pour l’organisme, les deux banques concernées devant rembourser
    (600 k€ chacune) après un premier jugement (appel en cours). Les
    autres procédures sont en cours. »
    http://www.logement.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_annuel_d_activite_2008_cle7974da.pdf ; pp.52-55.

    Sur 4 contentieux, 2 en cours, 1 à l’amiable, 1 défavorable aux banques (en appel actuellement) !!
    Mais personne n’en parle. Pourquoi ? Pour ne pas ‘gêner’ les banques, qui auraient un peu trop faciliter à forcer la main aux dirigeants sur des produits un peu trop ‘complexes’ ?

    « On observe donc qu’une dizaine d’organismes (soit un tiers de ceux
    faisant l’objet de cette analyse) commencent à avoir de sérieuses
    difficultés. »
    « La Miilos ne peut donc que renouveler son souhait, déjà exprimé dans
    le rapport d’activité 2007, d’un encadrement réglementaire dans un
    secteur où la mission d’intérêt général impose à la fois une rigueur
    financière et le souci de la cohésion sociale. »

    ‘Renouveler son souhait’, ‘encadrement réglementaire’, ‘intérêt général’, ‘souci de cohésion sociale’ … Sont communistes à la Miilos ou quoi ?

    PS : Tout ceci ne concerne que 150 établissements contrôlés. Les ‘dégâts’ sont donc sans doute plus importants, d’autant que le contrôle ne porte que sur les bilans d’activité 2008. Il y a donc (très) forts à parier que sur les bilans 2009, les choses soient bien pire.

    PS 2 : Les prestataires de services financiers sont tenus par le devoir de mise en garde et le devoir de conseil, en particulier pour les clients considérés comme non professionnels (ou non avertis). C’est sans doute pour ces raisons que certaines banques ont négocié …

    1. Qu’en est-il pour les collectivités locales, dont certaines ont été fortement atteintes (Seine St Denis), et dont il n’est plus parlé ?

      Quand les banques sont sur un terrain mouvant, elles finissent par préférer négocier, est-ce le cas?

    2. Elles ont intérêt à négocier les banques! Je les vois mal se payer sur la bête et récupérer les « quartiers » du 9.3…
      Ou alors elle exigerait le monopole de la sécurité (privée!), des décisions urbanistiques, des zones free-tax, des services publics privatisés et des trafics rémunérateurs et légalisés en attendant une rentabilité « améliorée », type La Défense bis! 🙂

    3. Pas tout le temps apparemment car d’après le blog de Claude Bartolone, le ‘cas’ Dexia n’est toujours pas réglé (à la différence d’avec le Crédit Agricole et de la Société Générale) :
      http://www.claudebartolone.net/2010/06/14/conseil-general-prets-toxiques-ca-pourrait-exploser/
      « Si le 93 devait finalement aller en justice cet automne, Dexia serait la première visée. »

      Il a d’ailleurs joint l’acte à la parole puisqu’il a proposé un amendement à la loi de régulation financière votée cet été :
      http://www.claudebartolone.net/2010/06/14/intervention-sur-la-regulation-bancaire-et-financiere/

      Ceci dit, il est CLAIR que la dite banque DEXIA se sent d’autant plus renforcée dans sa situation de rapport de force que la commission bancaire a conforté sa position par la publication d’un rapport la blanchissant le 25 mai 2010 :
      « En l’absence de réglementation spécifique, la commercialisation des crédits structurés par Dexia Crédit Local s’est faite dans le respect de la réglementation propre aux acteurs publics ayant recours à l’emprunt. »
      http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sur-les-emprunts-toxiques-dexia-va-dans-le-bon-sens_894965.html

      ‘En l’absence de réglementation spécifique’ …

      Mais apparemment, cela n’a pas convaincu Claude Bartolone, qui doit estimer que la dite réglementation ‘propre’ aux acteurs publics ayant recours à l’emprunt n’exonère pas Dexia de son devoir de mise en garde et de conseil.

    4. A propos des contentieux avec les collectivités locales, je ne serai pas forcément aussi optimiste que cela, car à la différence des organismes cités, leur nature politique rend les choses plus délicates :
      – tout d’abord, les sommes en jeu sont souvent beaucoup plus importantes
      – tout accord défavorable aux banques va créer un précédent « visible »
      – enfin, il n’est pas indifférent que beaucoup d’entre elles (mais pas toutes…) soient tenues par l’opposition. Créer un abcès de fixation est toujours utile pour le pouvoir central (qui a des liens forts avec ces banques), soit pour mettre en cause la gestion locale (et peu importe si les accords ont été pris avec les prédécesseurs), soit pour se poser en dernier recours en cas de blocage.

      Je me félicite que ces points soient abordés sur ce blog, car une partie importante est en cours au niveau des collectivités locales et l’on touche très concrètement du doigt les mesures en cours (et chacun peut s’en apercevoir le cas échéant sur sa vie personnelle). Personnellement, je suggérerai volontiers que l’un des blogueurs (Zébu, par exemple?) suive ces affaires et revienne avec des points réguliers.

    5. super info

      ça donne une idée des marges de manoeuvre, eh oui; j’ai du mal a être radical, et j’aime tellement la négo.

  23. The bluffers’ guide to banking jargon. . .

    BANKERS love jargon almost as much as computer geeks and doctors but, unlike the geeks and consultants who need specific words to describe often complex concepts, most banking is relatively simple.

    Most of the jargon is a deliberate smokescreen to confuse and befuddle the shareholders, which in the case of Anglo Irish Bank is you, your family and friends.

    http://www.independent.ie/national-news/the-bluffers-guide-to-banking-jargon-2319457.html

  24. La révolte contre les banksters monte en Irlande ….the country is almost broke !

    David McWilliams: Paying for our banks a recipe for instability
    It is clear now that reparations led to disaster. The key difference between the Marshall Plan and the Versailles Treaty is forgiveness. The architects of the Marshall Plan did not encumber the Germans with any more financial hardships.

    NOW keep the idea of reparations in your head and let us switch to the thinking behind our Government’s banking and economic policy. Consider the bailing out of the banks and encumbering the citizens of the country with a massive bill as a modern-day, peacetime equivalent of reparations.

    However, our Irish bank reparations dwarf those of Versailles. The Treaty of Versailles demanded that Germany pay €318bn in today’s money. From a German population at the time of 58 million, this equates to €5,482 per person in today’s money. If bank bailout costs are €50bn, then this will work out at €11,235 per head — or more than twice the cost per head of the Treaty of Versailles to the average German.

    Let that sink in a bit. Remember what we know about how reparations destroyed democratic Germany and just imagine what our bank reparations will do to us.

    http://www.independent.ie/opinion/columnists/david-mcwilliams/david-mcwilliams-paying-for-our-banks-a-recipe-for-instability-2319377.html

  25. Seasonally adjusted Live Register rises to 455,000 in August

    01 September 2010 11:21

    The Live Register rose again in the month of August, but the increase was not as big as in July, according to the latest figures from the Central Statistics Office.

    The seasonally adjusted Live Register total increased from 452,500 in July to 455,000 in August, an increase of 2,500.

    In the year to August 2010 there was an unadjusted increase in the Live Register of 30,198 (+6.9%). This compares with an increase of 34,403 (+8.0%) in the year to July 2010.

    There was an increase of 700 males and 1,900 females in the seasonally adjusted series in August.

    The standardised unemployment rate in August was 13.8%. This compares with 12.9% in the first quarter of 2010, the latest seasonally adjusted unemployment rate from the Quarterly National Household Survey.

  26. Après les PIGS méditerranéens gréco-latins les PIGS NNAA Néo-libéraux Nord Atlantiques Anglophones, autrement dit le coeur de la nouvelle droite financiariste: ça branle dans le manche…, air connu pas toujours suivi d’effet.

  27. @ François Leclerc :
    Si ça vous intéresse aussi, des news du secteur bancaire grec (qu’on avait un peu oublié), en pleine ‘consolidation’ :
    http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/020751949306-banques-grecques—resultats-en-chute-libre-et-consolidations-en-vue.htm
    Des bénéfices qui fondent de 60% en moyenne, voir de 80/90% et même … des pertes abyssales pour ATEbank et Emporiki : -110 millions et … -535 millions, rien que pour le premier semestre !!
    En cause, la détérioration des actifs et l’augmentation des retraits de dépôts, outre la crise obligataire.
    Conséquences ?
    ‘Consolidation’, qui signifie en grec ‘privatisation’, soit vente à bas prix de deux banques nationalisées (dont une, ATEbank, afin justement de la recapitaliser) à une concurrente privée et d’une autre (Alpha Bank, la quatrième de Grèce) à la plus grosse ou à une banque étrangère (ce qui ‘consolide’ effectivement le processus qui avait été engagé avec le gouvernement précédent Karamanlis lors de la vente d’Emporiki à Crédit Agricole, entre autres banques.
    Comme quoi, en la matière, rien de nouveau sous le soleil, quelque soit ‘l’option’ politique prise.

    La course à l’embonpoint et le ‘mercato’ bancaire a donc commencé en Grèce, sur fond de soutien toujours indispensable de la BCE et de prévision de récession continue (avec des faillites de sociétés et privées à attendre) : « Dans l’immédiat, les banques grecques pourront toujours bénéficier du dispositif de soutien de la BCE qui doit être prolongé jeudi ».

    M. Leclerc, vous étiez au courant d’un truc de ce genre de la part de la BCE concernant la Grèce demain ?
    Dispositif qui était déjà évalué en juillet à … à hauteur de 96,2 milliards d’euros !!

    Et allez, rock’n’roll : c’est rolling stones en live …

    1. La concentration au sein du système bancaire est en marche depuis que la crise a commencé. Elle a débutée et se poursuit aux Etats-Unis. Nous en avons vu dernièrement une illustration en Espagne (réseau des caisses d’Epargne), demain ce sera en Grèce et en Irlande. En Allemagne, une très grosse opération se prépare.

      A court terme, l’édifice est tant bien que mal consolidé, à long terme il sera fragilisé.

    2. Très dépendant de la Banque centrale européenne – en juillet, celle-ci l’avait déjà recapitalisé à hauteur de 96,2 milliards d’euros -, le secteur (bancaire grec) est pressé par le gouvernement de se consolider. leséchos.fr

      Vu le bouillon pris par CASA avec Emporiki (-535 millions d’euros en un semestre!), je vois mal les autres venir tremper leurs doigts dans la salade bancaire grecque, malgré l’huile d’olive généreusement versée par la BCE!

      @zébu : Sympathy for the Devil-The Rolling Stones : 🙂

      http://www.dailymotion.com/video/x3w3ty_one-plus-one-sympathy-for-the-devil_shortfilms

      http://www.youtube.com/watch?v=aqQBF7zXndI&feature=related

  28. Bonjour Mr Leclerc et tous les lecteurs de ce blog.

    « un nouveau Bretton Woods »
    Pourquoi utilisez-vous un nom propre en lieu d’un nom commun? La langue française n’est-elle pas assez riche pour décrire l’architecture monétaire que vous appelez de vos vœux?

    Je rappelle que les accords de Bretton Woods n’ont été que partiellement appliqués. Ils prévoyaient des parités fixes entre les monnaies avec des ajustements possibles seulement après accord politique du FMI. Cela n’a jamais été le cas. Lorsque vous évoquez « Bretton Woods » évoquez-vous le système décrit dans le texte des accords ou celui appliqué de 1945 à 1971?

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