L’actualité de la crise: un monde instable et à la dérive, par François Leclerc

Billet invité.

UN MONDE INSTABLE ET A LA DÉRIVE

De quoi cette rentrée est-elle faite ? D’une certitude qui n’est même plus relevée, comme s’il fallait en prendre son parti, puisque l’on ne peut rien y faire : la crise se poursuit sans autre perspective que de continuer à faire subir ses rebondissements et progressivement ses effets. Une pente qui n’a que commencé à être descendue.

Pour preuve, s’il en était besoin, il n’est même plus question d’en sortir dans les objectifs tracés par Nicolas Sarkozy, à l’occasion de ce qui est abusivement appelé sa présidence du G20, car ce serait désormais tracer des plans sur la comète. Mais d’ouvrir seulement deux dossiers, certes importants, dont l’horizon est pour l’un lointain (l’évolution du système monétaire international) et pour l’autre avec une issue positive peu vraisemblable (la régulation des prix des matières premières), vu le risque non négligeable qu’il soit traité comme l’a été celui des paradis fiscaux. Des annonces considérées dans les milieux financiers comme à utilisation politique intérieure mais sans portée internationale.

Les projecteurs continuent d’être braqués sur les Etats-Unis, dont les médias européens commencent à découvrir l’ampleur de la crise sociale qui y sévit. Les nouvelles négatives s’y succèdent, confirmant que la relance économique n’a été qu’un feu de paille. Non seulement le marché immobilier ne se relève pas – comment le pourrait-il  ? – mais il donne de nouveaux signes d’affaissement. Tant dans son secteur résidentiel que commercial, dont la crise a été depuis longtemps annoncée et qui se précise. Les prix de l’immobilier neuf ou ancien continuent de chuter, entraînant les emprunteurs dans une spirale descendante, et derrière eux les banques et les organismes de crédit qui ne doivent leur salut qu’au soutien financier de l’Etat. Le nombre de nouvelles saisies ne diminue pas mais s’accroît, voilà la vérité des chiffres.

Des vérités élémentaires commencent timidement à être perçues  : le débat sur le double dip et l’éventualité de l’entrée de l’économie américaine dans une nouvelle phase de récession est symbolique mais en réalité secondaire. Une croissance actuelle de l’ordre de 2%, dont il est prédit qu’elle va continuer à diminuer, n’est déjà pas en mesure de remonter une quelconque pente. En particulier celle du chômage et de la baisse des revenus, qui combinés avec la crise hypothécaire immobilière et les restrictions à l’accès au crédit revolving des cartes bancaires (les taux d’intérêt sur les cartes sont au plus haut et l’encours continue de chuter), continuent d’hypothéquer une reprise de la consommation. Reconnue contribution essentielle à la croissance (70%). Un cercle vicieux y fait obstacle : dans cette conjoncture, en attendant la reprise de l’emploi, les consommateurs se restreignent et en conséquence, les entreprises n’embauchent pas.

Si la consommation ne reprend pas, qu’est ce qui va pouvoir contribuer à la croissance, alors que l’administration Obama n’est pas en mesure de faire adopter – le voudrait-elle – un quelconque nouveau plan de relance public par le Congrès  ? Et que les investisseurs privés – bénéficiant de taux obligataires favorables – se concentrent sur le renouvellement des équipements (et non l’acquisition de nouveaux), ainsi que la reprise des opérations de fusion-acquisition, recherchant dans la taille accrue des entreprises et les compressions de personnel des gains de productivité qu’ils n’entendent pas partager ? Incapables eux aussi de comprendre que l’environnement a profondément changé.

Deuxième découverte dérangeante, les atermoiements de la Fed ne sont pas uniquement la conséquence de désaccords internes marqués avec comme conséquence la préconisation de solutions diamétralement opposées. Cette quasi paralysie résulte de son impuissance, car il n’y a pas à cette crise de remèdes monétaires efficaces, comme ils l’auraient été en temps normal. Si le crédit n’est plus en mesure d’épauler la croissance, la titrisation qui l’alimentait ne remplissant plus son rôle, le moteur principal de la croissance ne peut pas redémarrer. La Fed peut inonder le système financier avec toutes les liquidités qu’elle veut, mais s’il y a à la fois refus de prêter et incapacité à emprunter, cela n’a pas d’impact. C’est saisissant sur le marché immobilier, où les taux n’ont jamais été aussi bas depuis quarante ans et le niveau des ventes aussi faible depuis quinze ans.

La première puissance économique mondiale est encalminée, entraînant tout le monde avec elle. L’une des conséquences de cette situation durable – et non la moindre – est d’accentuer la crise au Japon, déjà aux prises avec ses propres difficultés en raison d’une déflation incrustée. Une ruée vers le yen, qualifiée même par certains de panique, a pour conséquence son irrésistible hausse vis à vis des autres monnaies, pénalisant l’unique moteur de la croissance, les exportations japonaises. La monnaie japonaise est à son plus haut niveau depuis neuf ans vis à vis de l’euro et quinze ans par rapport au dollar.

Le gouvernement japonais continue de maintenir sous perfusion son économie, avec l’aide massive de la Bank of Japan qui étudie de nouvelles mesures, incapable de réduire les émissions à jet continu de ce qui est déjà la plus grande dette publique mondiale (exprimée en pourcentage du PIB). Pris entre les nécessités contradictoires d’une relance interne et d’un accroissement du taux de la TVA, toujours envisagé mais jamais décidé. Mais à l’intérieur du pays, les disparités sociales s’accroissent, sans espoir de rebond économique et d’amélioration. Le ciment de la société japonaise est progressivement en train de se désagréger. Non sans annoncer ce qui se prépare dans l’ensemble du monde occidental, déjà entamé aux Etats-Unis. Et qui devrait activement inciter à la réflexion.

De la même manière que les obligations souveraines des grands pays rejouent internationalement leur rôle de refuge, en dépit de la crise qu’ils connaissent, le yen remplit cette même fonction sur le marché des devises, déstabilisant une économie japonaise qui ne repose que sur un seul pied.

La crise européenne ne devrait pas tarder de son côté à montrer à nouveau le bout de son nez, avec comme moteur imprévu les résultats à l’exportation de l’économie allemande vers les pays émergents. Tout indique que l’Europe est désormais à deux vitesses. Tandis que la note de l’Irlande vient d’être abaissée par S&P, en raison des énormes refinancements auxquels le pays va devoir procéder sur le marché et des incertitudes que cela crée (30 milliards d’euros en septembre), la Grèce s’enfonce dans une crise économique et sociale profonde qui n’aura d’autre issue possible qu’une restructuration de sa dette publique, seulement donc différée. Une PME sur cinq, soit 175.000, devrait fermer ; 300.000 emplois devraient disparaître d’ici fin 2011. La TVA est passée de 19 à 24% pour de nombreux produits ces derniers mois et il est question d’étendre encore cette mesure.

Serrant tous les boulons, le gouvernement espagnol restreint pour sa part les allocations chômage, tout en tentant d’éviter dans l’urgence l’asphyxie du BTP en rétablissant partiellement des budgets annulés, car elle aurait de nouvelles conséquences désastreuses pour l’emploi et le secteur bancaire. Avec une perspective de croissance de 0,2% du PIB, l’Espagne reste au bord de la profonde récession d’où elle est à peine sortie, au risque d’y replonger. Ce gros morceau là, l’Europe aura du mal à l’avaler.

La baisse des taux obligataires allemands – dont les taux français bénéficient – fait les gros titres, mais les taux de quasiment tous les autres pays de la zone euro restent à un niveau à terme insoutenable. Ce spread (cet écart) n’est pas destiné à se réduire et illustre les limites atteintes par les actions gouvernementales et de la BCE, permettant par avance de douter de la politique de réduction prioritaire des déficits que les Allemands ont réussi à imposer. Car ces taux accentuent irrésistiblement le poids de la dette publique, imposant afin d’obtenir la réduction des déficits des choix sociaux et politiques toujours plus difficiles à tenir. Inscrivant la zone euro dans une logique de dépression masquée à cause des résultats allemands. Aboutissant dans les pays les plus fragiles à de vraisemblables restructurations de la dette, qui atteindront en retour un secteur bancaire toujours très fragile.

L’instabilité prédomine, toute stratégie permettant de s’y opposer demeurant introuvable. Sur tous les continents, l’économie des pays développés reste à la dérive. Des marionnettes s’agitent, cachant de plus en plus mal leur impuissance à influer sur le cours des événement. Ainsi que leur incapacité à réformer le capitalisme financier, un programme annoncé en claironnant et oublié.

Les temps sont durs, mais il ne vont pas l’être de la même manière pour tout le monde.

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149 réflexions sur « L’actualité de la crise: un monde instable et à la dérive, par François Leclerc »

  1.  » KRUGMAN : THIS IS NOT A RECOVERY » Le titre géant, à la une de The Huffington Post d’aujourd’hui, est une reprise de l’article de Krugman paru dans la colonne « opinion » du NewYork Times de la veille .
    Krugman ne le dit plus, il le hurle .

    Il affirme une fois de plus que Bernanke et Cie, toujours dans le déni, continuent de bourrer le mou du bon peuple de gogos sur un prétendu retour de la croissance . Exactement comme nos Lagarde et Cie dans nos médias mainstream aux ordres . Tout cela pour que les initiés de la spéculation se remplissent encore les fouilles tant que ça dure .

    1. Oui…encore cinq minutes Monsieur le bourreau !

      Les grands spéculateurs et les enfants ne supportent pas que l’on interrompe leurs jeux, sauf que les premiers ont des jeux qui tuent les enfants.

  2. Croissance par ci, croissance par là… Mais pourquoi au fond ? Et de quoi d’abord ?
    De la consommation ?? La planète hurle déjà. Pour envisager un quelconque avenir, il faut d’abord diviser notre consommation -Europe- par 5 ! Oui 5… en moyenne, on ne va pas demander à celui qui est déjà à la rue de donner son slip en plus (si celui qu’il porte lui appartient d’ailleurs, ce qui n’est même pas sûr) Ne serait-il pas plutôt temps de faire l’inventaire de ce qui est réellement indispensable, ce qui ne va pas faire grand-chose probablement. Quand cela sera fait, faire le compte du travail nécessaire au-dit indispensable. Ca va laisser du temps libre sauf à revenir à la moisson à la main. Et quoi ? Vivra-t-on plus mal pour autant ?
    Croissance pourquoi ? Pour prélever sur le travail de demain, le montant des intérêts qu’on compte aujourd’hui. Rien de plus ! Les seuls qui ont besoin de la croissance telle qu’on tente de nous la vendre sont les banquiers. Le reste, c’est jeu de chiffres : qu’on inscrive un zéro ou dix mille ne change rien à la valeur réelle (utilité) de la marchandise échangée. (Bon d’accord, avoir besoin d’une brouette de billet pour aller chercher son pain, c’est pas pratique mais bah !)
    Ou me goure-je complètement ??
    Les afficionados de la FFFFinance ne seraient-ils pas plus conscients que les fanas du mainstream ? Est-ce qu’à force de vouloir voir les choses en détail, on n’en perd pas la compréhension de l’ensemble ? Est-ce qu’en cherchant à modifier/moraliser, on ne finit pas simplement par conforter un jeu malsain dans son essence puisqu’en aucun cas, on en remet ses fondements en question ?
    Au delà de la finance, n’est-ce pas toute l’organisation industrielle (libérale ou communiste, c’est pareil) qui est à revoir ?

    Bon allez zou ! Le travail m’attend : de l’utile, du bon (tant qu’à faire) et du beau si possible (ça ne gache rien). Ca rendra au moins deux personnes heureuses 🙂
    Bon après-midi à tous !

  3. Pour rire : (?)

    La cigale et la fourmi. VERSION CLASSIQUE

    La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.
    La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l’été.
    Une fois l’hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
    La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri et meurt de froid.
    FIN

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    VERSION FRANCOFRANCAISE

    La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.
    La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l’été
    Une fois l’hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
    La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres moins chanceux comme elle ont froid et faim.
    La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.
    Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance. Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.
    Les journalistes organisent des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie « sa juste part ».
    En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination. Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide.
    La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts.
    La fourmi quitte la France pour s’installer avec succès ailleurs.
    La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant bien nourrie, voire engraissée.
    Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.
    L’ancienne maison individuelle de la fourmi devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir.
    Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens!!!
    Une commission enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 Millions d’euros.
    La cigale meurt d’une overdose d’assistanat; Libération et Humanité commentent sur l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
    La maison est squattée par un gang d’araignées clandestines, le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France.
    Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent le reste de la communauté, compatissante .

    F i n

    1. @ Senec
      Comme il y a beaucoup de commentateurs qui s’interrogent sur votre « sensibilité », je vais vous faire le plaisir de publier votre dernier commentaire (les 6 ou 7 précédents du jour, exposant les mêmes « idées » d’une façon ou d’une autre étant passés à la moulinette intraitable de la modération) afin de laisser à tout le monde le soin de juger sur pièce.

      Il est important que la contradiction ait le droit de citer sur le blog, et c’est est le cas. Mais comme il y a beaucoup d’autres commentateurs qui le font très bien sans essayer de faire passer le même type de « messages », il se peut que ce soit également votre dernier.

      Ps : pardon d’avance au commentateur qui reprochait ce matin à Paul d’évoquer certaines choses à mots couverts. C’est la seule façon de ne pas verser dans l’émotivité exacerbée.

    2. La seule différence avec la fable, c’ est que la plupart des fourmis travaillent tout l’été dans la canicule pour ne rien gagner ou presque, même pas de quoi subsister ni se loger l’été et encore moins de quoi mettre de côté ou se loger pour l’hiver .
      Les cas de fourmis en emploi précaire et de fourmis « SDF qui travaillent  » se multiplient .

    3. @senec,
      la qualité de ce blog – qui n’est plus à démontrer – n’est-elle d’apporter des arguments circonstanciés, directement ou par renvois à des études plus fouillées. A chacun ensuite de juger selon ses propres aspirations.
      Or je m’excuse mais cette litanie sous forme de parabole est indécente et son prosélytisme tout autant.
      Au même instant, apparait le lien suivant :
      http://www.marianne2.fr/Nouvelle-revelation-comment-Liliane-Bettencourt-trompe-le-fisc_a196721.html?com.
      Il fait écho à tous les posts du blog qui prouvent par A+B, depuis de longs mois déjà, tous les problèmes que posent la taxation et l’équilbre salariat-capitale/rente.
      On peut privilégier un sens ou l’autre, mais au moins avec des arguments secs.
      J’en prends un, au hasard : associez vous nombre de nos « capitaines » d’industrie à votre cigale (bettancourt, bouygues, lagardère etc.) ? Ils ont tous travailler d’arrache-pied et n’ont, aucun, reçu leurs biens par contrat de mariage ou par héritage. Dans les deux cas, c’est la loi, donc légitime. Mais l’utilisation qui en est faite, au regard de cette même loi, peut tout de même nous interpeller.

    4. encore et encore « LOL » ..
      Mais qui est qui? Qui travail pour produire?
      Le blog de Paul Jorion est un magnifique bocal ou l’on trouve certaines espèces rares…
      Elle est loin l’époque de papi mamie…

      Il est clairement inévitable qu’on se foute sur la gueule un grand coup de nouveau… malheureusement.

      Je crois que l’Homme s’oublie, sachant écrire il n’a toujours pas appris à se relire. (dixit mes fautes d’orthographe et en tout genre)

    5. Et alors Senec! T’as pas fini le boulot! T’as oublié les rats aux doigts crochus qui se tapissent, envahissent et se multiplient dans les banques des braves fourmis françaises!

      Signé : Désénectiseur SA.

    6. @ Julien Alexandre,

      Préserver le blog de Paul Jorion des pires rumeurs d’Internet est une tâche difficile. La qualité de la modération y parvient cependant depuis toujours, et participe à construire la crédibilité des paroles échangées ici.
      Je parle des rumeurs d’Internet car vous avez pu constater comme moi que la fable que nous a apporté Senec est diffusée sur des dizaines de sites. La première version est présentée selon les lieux comme « classique », « suisse », « anglaise », « allemande », « ancienne », la deuxième varie selon les sites et est qualifiée de « française », « anglaise », « américaine », et plus rarement de « moderne ».
      La plus ancienne version que j’ai trouvé est en anglais et date du 10 février 2006. Le posteur précise :

      I was studying in the United States a few years ago and this joke appeared on the student bulletin board. (…) This is a racist joke and a crude one at that. I’m not saying censor it, but I think there are better ways to satirise the barmyness of political correctness than being racist.

      « (…) il y a de meilleures façons de tourner en dérision la loufoquerie de la correction politique que d’être raciste. »
      …on ne peut pas mieux dire, et tous ceux qui ont depuis toutes ces années colporté cette fable, l’accommodant à toutes les sauces, auraient dû s’en rendre compte à la première lecture.

      —————

      @ Senec,

      Sans présumer de la nature des commentaires de vous qui n’ont pas paru aujourd’hui, je voudrais profiter du problème soulevé ici pour vous dire que, contrairement à des centaines d’autres blogs, le blog de Paul Jorion n’a pas pour raison d’être d’échanger des opinions mais bien des IDEES.
      Je vous en prie Senec, évitez les opinions toutes faites ou mal fondées car vos contradicteurs emprunteront forcément les mêmes chemins, transformant ce blog en champ de bataille. Sur les champs de bataille d’opinions aucune idée n’arrivera jamais à pousser.
      Je pense que vous savez parfaitement quels jeux amènent certaines de vos interventions de béotien candide. Des jeux qui font l’ordinaire de certains blogs, où l’incorrection politique est un esclavage et où se fabrique les pires prisons mentales. Un grand nombre d’entre nous ont choisi de venir sur le blog de Paul Jorion afin de confronter des idées à l’abris de ces vents aigres. Nous avons trouvé ici un havre abrité de l’irresponsabilité et où les idées peuvent enfin naître.
      Evitez également de copier-coller des documents spécieux. Ne polluez pas le blog de Paul Jorion avec des baratins dont vous ne connaissez pas la provenance, car il se pourraient qu’ils viennent des pires caniveaux.
      En agissant en être responsable de nos écrits, nous participons à ce que le blog de Paul Jorion demeure un lieu fertile aux idées. C’est trop rare sur Internet pour que nous prenions cela à la légère.

    7. @Jean-Luc

      Vous êtes un ange. J’ai peur que l’on fasse la paire…

      Si j’avais les ailes d’un ange! Je partirais pour…

    8. Ramener les rapports sociaux à la différence entre deux espèces sans rapport, c’est un degré au dessous du racisme.
      Dommage que cela soit un pur plagiat, et donc méprisable…

    9. @ vigneron,

      L’ange de miséricorde et l’ange exterminateur en effet, et quand j’en aurai assez de ramasser les brebis, comme un idiot de Heaven’s Angel à pied, comme un God’s Choice raté, il se pourrait bien que je grimpe comme vous sur mon bike, pour aller respirer l’air pur…

  4. @ François Leclerc,

    Bonjour,

    Séance de wiki surf (banque), quelques liens:

    système de transfert express automatisé transeuropéen à réglement brut en temps réel :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Target_2
    Les banques centrales ont accès à des outils performants (CRACKS et affiliés), qui leurs sont réservés, leurs attributions et outils sont-ils suffisants?

    « La Single Euro Payments Area (SEPA) est un espace de paiement européen unifié  »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Single_Euro_Payments_Area

    Accès USA aux données bancaires SWIFT UE…un accord non réciproque, au nom…du terrorisme (?)..dis tonton, pourquoi tu tousses?

    http://www.lemagit.fr/article/etats-unis-us-ue-vie-privee-swift/6663/1/swift-valide-transfert-massif-informations-bancaires-aux-nom-lutte-anti-terroristes/

    Bonne journée

  5. Ce n’est peut-être pas le l’endroit pour poster cette question,

    On voit ces derniers jours des « mini » krachs sur les marchés, tous apparaissant au même moment sur toutes les places, après quoi ils remontent en flèche. Y a-t-il une corrélation entre la baisse du cours de l’or, qui se produit au même instant. Y a-t-il un rapport entre l’or et la liquidité pour les Entreprises cotées ?

    Crée-t-on de la liquidité avec de l’or parce qu’il n’y a plus de réponse à l’achat sur certaines valeurs rebond.

    En gros, rachète-t-on ses propres parts ??

  6. Texte de Bill Bonner issu de l’une de ses « Chroniques »

    Ce qui se passe VRAIMENT dans l’économie aujourd’hui

    Les investisseurs se réveillent. Ils se frottent les yeux. Regardez ! Pas de reprise.

    Les analystes et le commentariat luttent pour trouver un sens à tout ça. Avec des taux hypothécaires à des plus bas record, et après huit programmes conçus pour stimuler l’immobilier, par exemple, les ventes continuent de chuter à pic aux Etats-Unis. En juillet, on a vu la plus grande chute mensuelle de ventes de logements anciens depuis l’administration Johnson en 1969.

    L’offre de maisons à vendre augmente — grâce à un nombre record de saisies. La demande chute. Les prix baisseront eux aussi.

    La dette de cartes de crédit américaine a atteint son plus bas niveau en huit ans. Voilà qui nous dit que le désendettement du secteur privé est réel… et continu. Et tant qu’il dure, vous pouvez oublier toute idée de « reprise ».

    A la place, attendez-vous plutôt à une récession par intermittence… avec une hausse du chômage, une chute des prix des actifs, des ventes faibles et un déclin des revenus.

    Cette correction est une bonne chose. Les consommateurs ont trop de dettes. Ils s’en sortiront mieux lorsqu’ils se seront débarrassés de la moitié d’entre elles. Mais les autorités veulent lutter contre cette correction de la pire manière possible. Quelle est cette pire manière possible ? Ajouter plus de dette !

    Alors que le secteur privé se désendette, le secteur public, lui, s’endette. Cela finira par avoir le résultat que tout le monde attend… les obligations s’effondreront, et le dollar chutera… mais tout ça ne se produira probablement qu’une fois que les gens auront cessé de l’attendre.

    A court terme, le marché boursier va probablement baisser… il semble d’ailleurs se renverser ces jours-ci.

    Lorsque les actions baisseront, elles entraîneront avec elles les attentes inflationnistes. Cela fera probablement chuter les marchés boursiers des économies émergentes… provoquant peut-être l’éclatement de l’économie chinoise… et précipitant aussi une chute des prix des matières premières ainsi que de la déflation. L’idée d’une « bulle obligataire » disparaîtra. Les gens verront que la « dépression/Grande Récession » est réelle… et permanente. Ils essaieront de se protéger en achetant des bons du Trésor US — ce qui permettra aux autorités américaines de s’endetter de plus en plus.

    Ainsi commence le long voyage du monde dans l’abîme.

    L’économie américaine deviendra une Economie Zombie, de plus en plus d’activités dépendant des dépenses et du soutien gouvernementaux. Les banques sont déjà des Investisseurs Zombies. Plutôt que de prêter à des entreprises viables qui développent la richesse du monde, elles empruntent à la Fed et leur prêtent de l’argent en retour. Nous verrons les investisseurs privés devenir eux aussi des Investisseurs Zombies — mettant quasiment toute leur épargne dans le papier du Trésor US, tout comme le Japon l’avait fait.

    Le Dow chutera vers les 5 000. Les autorités annonceront programme de relance après programme de relance. Les taux d’épargne des ménages fileront vers les 10%. Le chômage passera à 12%… voire 15%. Les rendements obligataires s’effondreront à de nouveaux planchers record. Ben Bernanke menacera de larguer de l’argent par hélicoptère… mais tant que les Etats-Unis suivront un déclin ordonné, il n’osera pas le faire.

    En fin de compte, tout le système explosera en une boule de feu spectaculaire — mais pas avant que les investisseurs ne soient pleinement engagés dans les bons du Trésor US. Après avoir subi de gigantesques pertes sur les marchés actions et immobilier, ils pourront finalement être ruinés par ce qu’ils pensaient être les investissements les plus sûrs au monde — les bons du Trésor US basés sur le dollar.

    1. Texte de Bill Bonner issu de l’une de ses « Chroniques ». Par correction, merci de l’indiquer.

    2. Merci d’avoir corrigé de vous-même cet oubli volontaire qui n’est vraiment pas dans mes habitudes :
      Ce qui se passe VRAIMENT dans l’économie aujourd’hui par Bill Bonner, vendredi 27 Août 2010.

      Heureux de constater qu’au moins un lecteur de ce blog lit également ses chroniques 😉

      Remarquez que vu le peu d’intérêt que ce texte de prévisions apocalyptiques fort réaliste a suscité… contenu manquant d’intérêt, je ne pense pas… blasement généralisé, peut-être… défaut de signature reconnu pour rendre crédible de telles assertions, plus probablement… car en l’absence d’une étiquette clairement identifiée, le lectorat a sans doute un peu de mal à se faire sa propre opinion sur ce type de contenu rédactionnel…

      mea-culpa

    3. Bill Bonner, avec son adjoint Béchade sur son site français d’Agora, est un pur faucon d’inspiration libertarien. Il a choisi l’angle d’attaque anti-impérialiste US pour mieux légitimer sa version purement idéologique et libertarienne qu’il voudrait voir adoptée par les US et, si possible le monde occidental puis global. Une sorte d’impérialisme idéologique anti- impérialisme politique et nationaliste.

      Sa prévision, très tardive (c’est d’abord un pur financier comme Béchade, expert des marchés à terme) avec son bouquin best-seller sorti juste avant le krash immobilier (L’empire des dettes de Bill Bonner et Addison Wiggin 10.2006) lui a permis de surfer sur ce regain de popularité, et de capitaliser à travers ses sites dédiés à sa gloire et (un peu) à ses amis conservateurs ou purs libertariens (Ron Paul par ex…) ainsi que diffuser ses thèses pour le moins tendancieuses.
      Bref, de la récup néo-lib bien lourdingue.

      A titre d’exemple, voilà ce qu’il pensait de la politique de défiscalisation de Reagan :

      « Un taux d’imposition plus bas donna aux citoyens l’impression d’avoir davantage d’argent à dépenser. Individuellement, c’était le cas. Collectivement, non. » (p. 240 L’empire des dettes)

      Et d’ajouter à ce qui pourrait bien aujourd’hui nous servir d’étalon dans l’analyse des politiques publiques en France depuis 10 ans au moins :

      « Réduire le taux d’imposition était une bonne idée. Mais réduire uniquement le taux d’imposition nominal, tout en augmentant simultanément les ressources du gouvernement, c’était une imposture». (p. 241 L’empire des dettes)

      Signalons que la société Agora de Bonner est propriétaire des éditions Les Belles Lettres. Eh oui, les éditions des fameux classiques « Budé », de la collection des universités de France!

      Faites un tour sur le site des belles lettres aux pages Droit/Économie/ Sciences sociales, vous comprendrez :
      Ayn Rand, Nassim Nicholas Taleb, Lemieux, Pascal Salin, Edouard Laboulaye, Frédéric Bastiat, Ludwig Von Mises, William Bonner…

      http://www.lesbelleslettres.com/catalogue/?thestartrow=1&vue=1&category_id=97&order=date

    4. @ vigneron,

      et si au lieu de me parler de l’étiquette vous me donniez votre opinion personnelle sur le contenu réel de ces prévisions…

  7. Notre système fiscal est basé principalement sur les taxes indirectes, TVA surtout.
    Donc, la collecte des impôts est dépendante de la consommation. Plus on épargne, moins on consomme, moins l’argent rentre dans les caisses de l’état, y compris pour le SDF qui achète de quoi manger (c’est un contribuable, lui aussi!).
    Donc, attaque sur les retraites, donc j’épargne en conséquence, précarisation du travail, mes enfants épargnent également. Moins nous consommons, plus le déficit de l’état s’aggrave, non?
    D’autre part, nos gouvernants ultra_libéraux n’ont ils pas intérêt à « casser » l’état en aggravant sa dette à coup de cadeaux fiscaux?
    Le diagramme de la dette de l’état sur les trente dernières années est éloquent, chaque fois que la droite est « aux affaires », le déficit se creuse.

  8. A moi.
    vous avez raison , rien ne permet de penser que le capitalisme est plus efficace et c’est l’environnement culturel et idéologique qui nous fait nous exprimer ainsi. Et en tout premier la théorie économique qui est la forme moderne de la théologie.
    Cela étant, les constructeurs de l’Etat providence sont là pour lisser la demande et une demande croissante face à une offre elle même croissante en vertu de l’accumulation du capital et des gains de productivité générés. L’Etat providence va garantir les débouchés pendant plusieurs dizaines d’années: croissance forte et sans crise ou presque.
    Maintenant cet Etat providence apparait dans les années 30, pour ce qui est des USA
    (Roosevelt) avec l’extraordinaire développement de l’Etat fédéral jusqu’alors embryonnaire; aprés la guerre en Europe, mais imaginé dans les maquis pour ce qui concerne la France, et sous les bombes pour ce qui sera le plan Beveridge britannique. Et ces accoucheurs de la généralisation du paradigme fordien (bien évidemment ils n’ont pas une claire conscience de ce qu’ils construisent, comme toujours dans l’histoire) n’étaient évidemment pas des adeptes d’une planification impérative à la soviétique.

    1. « Et en tout premier la théorie économique qui est la forme moderne de la théologie. »

      Lire cela, écrit par un économiste, me fait le même effet que lorsque j’ai appris que Copernic était chanoine. 🙂

    2. Et en tout premier la théorie économique qui est la forme moderne de la théologie.

      On dirait du Léo Strauss.
      Un art tout au plus divinatoire, mâtiné de pensée magique et maquillé des atours rationalistes voire positivistes de la Raison en lieu et place d’une science semi-ésotérique de la Révélation et de la superstition. Une autre façon pour l’élite de mépriser la foule.

    3. Et ces accoucheurs de la généralisation du paradigme fordien (bien évidemment ils n’ont pas une claire conscience de ce qu’ils construisent, comme toujours dans l’histoire) n’étaient évidemment pas des adeptes d’une planification impérative à la soviétique.

      Certes, mais la plupart savaient fort bien sans doute combien ils allaient compliquer la tâche des propagandistes soviétiques, et alimenter en munitions de « progrès social », « d’American way of life » ou de « social-démocratie » les troupes engagées contre les ennemis du bloc de l’Est.
      Les munitions sont toutes brulées désormais. Partout le désenchantement prospère, malgré quelques derniers illusionnés. Quelles nouvelles munitions restent-elles à inventer, et contre qui, ou quoi? Quel American Dream revisité est-il encore possible?
      Quelle guerre froide pourrait donner encore trente ans (une génération!) de rêves factices et d’avantages cédés à 15 ou 20 % de l’humanité? Contre le reste.

  9. Francois ,le titre un monde instable ,a la derive.En faite il s’agissait d’un chateau de carte et aujourd’hui on s’etonne de le voir s’effondrer.Je reviens a Alfred Sauvy qui aurait 100 ans cette annee,nos 30 glorieuses sont le chateau de carte il s’ecroule rien de plus naturel!
    Amities a tous

  10. Je voudrais reposer cette question qui me semble importante à l’échelle europe: Comment la banque Espagnole Santander qui croule sous les dettes issues de l’immobilier, peut-elle racheter d’autres banques en Europe ? ??????

    1. Je ne connais pas les engagements de Santander dans la promotion immobilière et le BTP, mais je crois savoir que les caisses d’épargne – qui représentent la moitié du chiffre d’affaire bancaire espagnol – sont les plus exposées. Par sa surface financière, sans commune mesure, Santander est en mesure de mieux absorber ses pertes dans ce domaine et, surtout, d’aller sur les marchés chercher les financements qui lui sont nécessaires pour réaliser d’autres opérations. C’est ce qui fait tout la différence entre les mégabanques et les autres. A l’occasion des derniers stress tests européens, des analystes ont contesté les résultats obtenus par Santander, ce qui laisse entendre que les dépréciations rendues nécessaires par la crise immobilière espagnole n’ont pas été effectuées totalement. Enfin, on sait que Santander est à l’origine du lancement de produits dérivés liés aux crédits immobiliers espagnols.

    1. Si je me souviens bien :

      – Quatrième trim 2009 : +5.6

      – Premier trim 2010 : +2.7 (dernière révision..)

      – Deuxième trim 2010 : +1.6 (première estimation..)

      – troisième trim 2010 : -/+? On lance les paris-choucroute Yvan?

    2. Vigneron,

      Evolution du PIB aux Etats-Unis :

      – 4ème trimestre 2009 : + 5 %.

      – 1er trimestre 2010 : + 3,7 %.

      – 2ème trimestre 2010 : + 1,6 %.

      En fait, le 2ème trimestre avait été annoncé officiellement à + 2,4 %. Vendredi 27 août, il a été rectifié par les statisticiens des Etats-Unis : il est passé de + 2,4 % à + 1,6 %. Je ne sais pas si tous ces chiffres sont définitifs.

      En tout cas, je fais le constat suivant : contre toute attente, la reprise est terminée.

      Je dirais même plus : contre toute attente, les Etats-Unis et l’Union Européenne (sauf l’Allemagne) sont entrés dans l’ère glaciaire.

      Je parie qu’on va avoir très froid.

      Au 3ème trimestre 2010, je parie que le PIB des Etats-Unis sera descendu à – 1 degré Celsius.

      Je parie une flammekueche parce que c’est un plat de pauvre : une flammekueche coûte moins cher qu’une choucroute.

      http://www.alsace-terroir.com/recette-plats_flammekueche__tarte_flambee__flamenkuche-28.html

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