BFM Radio, lundi 20 septembre à 10h46 – Où en est l’Irlande ?


20/09/2010 – Paul Jorion – BFM Radio – Intégrale Bourse
envoyé par PJorion_BFMRadio. – L'actualité du moment en vidéo.

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’Irlande est entrée dans une zone de tous les dangers. La journée de vendredi fut rude et celle de demain mardi aura valeur de test. Vendredi, le taux des obligations irlandaises a fait un bond sur toutes les maturités (le 10 ans passant de 6,11 % à 6,38 % en une séance), tandis que le prix des Credit-Default Swaps (CDS) sur la dette irlandaise se renchérissait lui aussi, et que les actions de deux banques irlandaises partiellement nationalisées (à 25 %), Allied Irish Banks et Bank of Ireland perdaient respectivement 11 % et 7,1 % de leur valeur. Une rumeur affirmait que la Banque Centrale Européenne soutenait activement la dette irlandaise par des achats. Une autre rumeur corrigeait la première en affirmant que ces achats ne portaient que sur quelques dizaines de millions d’euros. Une autre rumeur encore voulait que le gouvernement irlandais ait contacté le FMI dans la journée, rumeur que les deux parties concernées s’empressèrent de démentir.

Mardi verra l’Irlande émettre de la dette à quatre et à huit ans pour un montant total de 1,5 milliards d’euros. Un commentateur disait vendredi à ce propos : « On manque tout simplement d’acheteurs pour l’Irlande en raison de ses banques et de son économie. L’Irlande et le Portugal sont un réel souci pour les investisseurs ». Simon Johnson, l’ancien économiste en chef du FMI, avait de son côté mis de l’huile sur le feu dans la journée en déclarant dans un entretien radio à l’agence Bloomberg que la Grèce, le Portugal et l’Irlande bénéficieraient sur le long terme de restructurer leur dette le plus tôt possible, tout atermoiement ne faisant qu’augmenter l’ampleur de leurs difficultés. Il faut cependant souligner qu’il n’y a pas feu en la demeure puisque l’Irlande a d’ores et déjà emprunté sur le marché international des capitaux des sommes suffisantes pour tenir jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2011.

On attribue les événements de la journée de vendredi à un rapport de la banque anglaise Barclays affirmant que si l’Irlande n’a rien à craindre dans l’immédiat, ses options se sont à ce point amenuisées au fil des mois, que le moindre imprévu pourrait faire capoter le pays vers le défaut de paiement et la restructuration de sa dette. Ce simple lien causal entre le rapport de la Barclays et les péripéties de la journée de vendredi est cependant simplificateur car deux autres événements ont joué un rôle beaucoup plus important dans la montée de l’inquiétude en Irlande. Le premier, c’est la déclaration officielle faite le 9 septembre à propos du nouveau statut de la banque nationalisée Anglo Irish Bank. On pensait, et cela avait d’ailleurs été annoncé, que la banque serait scindée et que l’on créerait deux entités : une « mauvaise banque » (banque de défaisance ou de cantonnement) chargée de gérer et de vendre progressivement les actifs toxiques détenus par AIB et une « bonne banque » qui reprendrait progressivement l’activité de prêt gelée depuis la nationalisation de 2009. Or si la banque de défaisance était bien créée (Asset Recovery Bank), le principe d’une « bonne banque » était lui abandonné : la banque qui sera créée (Funding Bank) se contentera de gérer les dépôts de ses clients existants et de nouveaux déposants éventuels. Les raisons alléguées pour le changement de plan : un coût trop élevé. La déclaration officielle, aux termes voilés, explique que : « Le gouvernement est parvenu à la conclusion que ce plan, sous sa forme actuelle, n’offre pas la solution la plus viable et la plus durable qui assurerait une stabilité constante au système bancaire irlandais ».

Autre facteur qui précipita la crise, un entretien du Premier Ministre Brian Cowen à la radio, le mardi 14 au matin, jugé calamiteux par l’opinion publique irlandaise. Le premier ministre se vit reprocher par ses alliés d’avoir trop peu dormi la nuit précédente, et accusé d’avoir trop bu par ses ennemis, la seconde hypothèse ayant été plus ou moins confirmée par l’intéressé qui parla de « maîtriser à l’avenir la quantité de « contacts sociaux » (socializing) qu’il aurait », une référence à la soirée du jour précédent qui ne s’était terminée qu’au petit matin. Le plus inquiétant en fait dans ses propos, est qu’il n’avait pas pu, ou n’avait pas voulu, préciser le coût final du sauvetage de l’Anglo Irish Bank, entre les 23 milliards d’euros déjà dépensés et les 70 milliards auxquels s’élèverait une liquidation pure et simple. Au total, le sauvetage de ses banques a déjà coûté très cher au pays : 33 milliards d’euros, soit 20 % de son PIB.

Avec un chômage s’élevant à plus de 13 % dont 38 % de chômeurs de longue durée, un PIB en baisse de 3 % en 2008 et de 7,1 % en 2009, un déficit s’élevant à 14 % du PIB en 2009 et qui atteindra probablement les 25 % en 2010, l’Irlande n’en mène pas large.

Le rapport de Barclays Capital publié vendredi affirmait : « Nous pensons que le gouvernement irlandais a dans son ensemble adopté jusqu’ici les politiques économiques et financières appropriées. Le problème est qu’en dépit de ces efforts en matière de politique, il ne reste que très peu d’options au gouvernement ». Malheureusement pour le pays, cette phrase résume en effet parfaitement la situation présente de l’Irlande.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Taux des obligations irlandaises 10 ans © Bloomberg

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40 réflexions sur « BFM Radio, lundi 20 septembre à 10h46 – Où en est l’Irlande ? »

  1. C’est sur ils vont bientôt crever la voute céleste avec tous ces taux d’obligations de plus sur les êtres.

    Au début je faisais beaucoup d’efforts afin de mieux comprendre les graphiques que le Monsieur se donnait souvent la peine de présenter à autrui, mais à la fin j’ai surtout préféré allumer la télévision, c’était en effet beaucoup plus rassurant émotionnellement pourvu quand même que les médias puissent toujours bien nous divertir et nous amuser jusqu’au bout au niveau de l’estomac et de la rate, c’est important je crois d’avoir réellement le souci d’informer plus ou moins bien son monde surtout selon les premières directives du chef …

    A force de savoir compter comme un usurier que donne-t-on de mieux à l’homme ?

    1. « C’est sur ils vont bientôt crever la voute céleste avec tous ces taux d’obligations de plus sur les êtres. »

      C’est sur ils vont bientôt crever. Difficile d’aller au-delà, dans un premier temps.

    1. La lente descente de l’Irlande, du Portugal et de quelques autres contribue-t-elle artificiellement à maintenir un Euro bas par rapport aux autres monnaies ?
      Sans ces pays, l’euro suivrait-il la même voie que le Yen qui flambe?
      Si je comprends bien, l’Allemagne a tout intérêt à ce que ces crises Irlandaises ou Portugaises durent le plus longtemps possible tout en martelant refusant de les soutenir, c’est bien ça ?

    2. Oui, c’est bien ça, sauf qu’il faudrait en même temps que ces pays continuent à acheter les produits allemands…..et donc en pleine forme économique. Fous zaffez dis parratox?

  2. Le prochain domino se précise ….

    ECB Stepped In To Rescue Ireland

    Another sovereign bankruptcy, another stick save by the ECB. The FT has confirmed Friday’s rumors that it was just the ECB’s intervention that prevented domino number two – Ireland – from toppling, and taking with it all of Europe. « The European Central Bank intervened to stabilise the Irish bond markets on Friday after a report by a leading UK bank triggered investor fears that the country might turn to the international community for a multibillion-euro bail-out. » As readers will recall, the half a percent spike in Irish bond yields was precipitated by a Barclays report that the IMF would be needed to rescue the Emerald Isle, coupled with confirmation that the Irish government was negotiating with AIB bondholders about an imminent bankruptcy. At least now it is doubtless that domino #2 is now on a ventilator, in the critical condition ward, and should Doctor ECB’s attention be diverted elsewhere, say to quell riotous mutiny in Greece, that the house of cards will finally fall.

    http://www.zerohedge.com/article/ecb-stepped-rescue-ireland

    1. Merci peinture pour ce tableau fort juste. Et fort pédagogique.
      Resterait à ajouter que mettre un terme à ce système qui use les hommes et la planète
      demande de préparer et assumer des affrontements gigantesques.

    2. Charles..
      La période 39-45 est-elle si éloignée…???

      Avec, cette fois-ci, une différence de taille : ce sera aux anciens vaincus de défendre leur beef-take.

  3. Comme quoi, tout irlandais qu’ils soient, ils passeront comme leurs frères ennemis anglais entre 75 et 77 sous les fourches caudines du FMI. Cela dit, le passage sera pour eux beaucoup plus étroit cette fois-ci !
    Mais ils ont tant péché… Peuple de miséreux destiné à la misère, qui s’abandonna à l’illusoire espérance spéculative et voué dorénavant à la rédemption par la mortification, la pénitence, le jeûne et la flagellation. Deux décennies d’aisance pour des siècles de souffrances; ils vont payer.

    Les mirages de la finance et du Marché et de l’Europe n’auront rien pu, bien au contraire, contre la malédiction irlandaise.
    Puissent tous les rêveurs affligés de ce monde retenir la leçon…

    1. Eeeeeet… Vigneron :

      Le fait que la Saint Patrick ait tant de succès aux US, ça ne te chatouille pas une circonvolution cérébrale, quelque part..???
      Les Irlandais n’en sont plus à une exode près, à priori.

      Notes, si l’on considère le nombre de descendants d’Italiens et de Polonais vivant dans le Nord-Pas de Calais, on pourrait aussi se poser un paquet de questions.
      Les Hollandais sont aussi de bons voyageurs, en parlant de ça… Peut-être que c’est pour ça qu’on m’a souvent pris pour un Allemand, quand j’étais jeune et beau.
      Un peu plus, et je t’écrivais depuis l’Afrique du Sud… 😉

      Les historiens se marreront, plus tard, lorsqu’ils devront faire un état de lieux sur les mouvements migratoires en fonction de l’état économique des pays…

    2. @p’tit père vigneron qui écrit : « Peuple de miséreux destiné à la misère, qui s’abandonna à l’illusoire espérance spéculative… » : c’est pas gentil pour ce peuple qui me semble plutôt victime d’une petite minorité qui eut le tort d’être assez intelligente et instruite pour « maîtriser » les « rouages » de la « finance internationale ». Pourquoi ne pas évoquer aussi les « illusoires espérances » que l’on fonde encore sur le progrès technique, en informatique particulièrement ? Reconnaissons que ces 30 dernières années de régime néolibéral ont imprégné tous les esprits et tous les domaines, de sorte que la spéculation fait partie de l’air que nous respirons.

    3. Merci pour cette éloquence du verbe, souhaitons nous un futur représentant de l’Etat digne de ce trésor vocale inestimable.
      (Merci au pour cette version que je ne connais pas.)

    4. N’oublions pas, cependant, que les irlandais sont les pros du dumping fiscal sur les bénéfice des entreprise : un comportement pas trop « euro-responsable ».

  4. La dette est détenue de manière domestique à un niveau de 15% soit le plus bas d’Europe.
    Les banques irlandaises possèdent (NB : seulement !) 8.5 milliards d’euros de la dette de l’Irlande sur un total de 700 milliards d’euros.
    http://www.reuters.com/article/idUSWLA292620100914

    « Ce pays – qui était à la tête dans la croissance européenne avec un attrait pour les entreprises et son immobilier en plein boum – affiche aujourd’hui des chiffres effarants.
    • Un émigration (oui vous avez bien lu émigration, les polonais sont partis, entre autres) de 9%
    • Un taux de chômage (officiel) de 14%
    • Un éclatement de la bulle immobilière avec une diminution du secteur de la construction de 70%
    • Des surfaces commerciales vides à profusion  » …
    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=5322

  5. « La reprise américaine est à crédit, tout à crédit, rien qu’à crédit. »
    (levez la main droite et dites,…)

    Y’a pas à dire, Onubre, tu décapes…

  6. L’Irlande finira comme l’Islande. Un pays exsangue qui a cru à la magie illusoire de l’ultra libéralisme.

    À quand le tour de l’Espagne et de la Grande Bretagne ?

    TINA (there is no alternative) fait des ravages. Voir à ce propos un papier allégorique plein de finesse.

    TINA ou les amours perverses d’une doctrine putassière. http://bit.ly/ci2O6c

    1. euh , j’ai vu que le peuple islandais pense à inculper le premier ministre du gouvernement islandais pour mauvaise gestion , c’est pas en Irlande ou en France que l’on verrait cela !

  7. Bonjour,

    La Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne pour ne citer qu’eux.
    on leurs prête des finances, on peut dire plutôt qu’on leurs donne
    puisqu’ils ne rembourseront jamais.

    mais pourquoi donc on continue ainsi a alimenter des gouffres sans fins.

    est ce que vraiment si on ne soutient plus ses pays
    cela va faire un effet dominos et la fins c’est tout le système qui chute
    si c’est ça on est vraiment mal….

  8. Les graphiques suivants sont incroyables :

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,418 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,492 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,546 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    1. Cela donne le vertige effectivement.
      Tout comme la hausse de la bourse de ce jour !!
      C’est à croire que quelques soient les mauvaises nouvelles, tout doit monter.
      Quelqu’un d’autre pourrait dire : Cela montera, ce n’est pas négociable.

  9. … »tout atermoiement ne faisant qu’augmenter l’ampleur de leurs difficultés. Il faut cependant souligner qu’il n’y a pas feu en la demeure tout … »Tout atermoiement ne faisant qu’augmenter l’ampleur de leurs difficultés. Il faut cependant souligner qu’il n’y a pas feu en la demeure puisque l’Irlande a d’ores et déjà emprunté sur le marché international des capitaux des sommes suffisantes pour tenir jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2011… »
    Atermoiement !… On attribue les événements de la joE , esquive, mouvement pour éviter une attaque.

  10. Pour les germanophones, je vous cite un lien vers une analyse de la débâcle financière, dont la véritable ampleur ne s’est pas encore révélée entièrement :

    http://www.weltwoche.ch/ausgaben/2008-45/artikel-2008-46-das-debakel-kommt-erst.html

    L’auteur, Fredmund Malik, adore utiliser la métaphore suivante :
    Depuis quand a-t’on guéri un alcoolique en lui donnant du schnaps ?
    Il s’arrêtera tout au plus de trembler momentanément, mais il n’en aura certainement pas pris le chemin de la guérison.

    Les liquidités qui ont été déversées sur les marchés financiers, au travers des multiples plans de sauvetage des Etats, s’apparentent au schnaps de l’alcoolique. Comme le préconise Paul, il faut rechercher des solutions systémiques telles l’interdiction des paris sur les fluctuations pour rétablir un fonctionnement plus sain du système financier, l’économie ne pourra s’en porter que mieux. Ce ne serait qu’un début, surement pas suffisant, mais un premier pas essentiel dans la bonne direction!

  11. au fait Paul qu’est devenue l’Islande (surtout après l’extinction de son volcan, les dettes se sont elles aussi éteintes ?)

    1. Rien n’est réglé, des négociations sont toujours en cours avec les gouvernement hollandais et britannique. Elles portent sur le calendrier de remboursement et le taux d’intérêt assorti.

      Par ailleurs, la commission spéciale d’enquête parlementaire, qui vient de rendre son rapport, a préconisé des poursuites judiciaires contre les dirigeants en place en 2008  : le premier ministre et les trois ministres des affaires étrangères, du commerce et des finances.

  12. Par ailleurs, un bon papier du Figaro (si si) sur l’Irlande, avec de multiples liens, notamment ceux concernant les achats récents de la BCE, qui ont augmenté (et pas qu’un peu) :
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/09/20/04016-20100920ARTFIG00582-l-irlande-s-apprete-a-affronter-les-marches.php
    Ainsi, en lieu et place d’une taux d’intérêt à 5% par le FMI, les irlandais se frottent les moignons avec un 6,45% sur ‘les marchés’ : pas belle la vie (en taxi mauve) ?
    Par contre, les analystes cités sont assez drolatiques dans leurs expressions :
    « De plus, «Dublin est trop avancé dans son programme d’émissions de dette pour vivre un scénario à la Grecque», avance Cyrille Regnat, stratège chez Natixis. «La Grèce devait trouver 20 milliards d’euros. L’Irlande n’a besoin, elle, que de lever environ 3 milliards d’ici la fin de l’année.» Une somme trop modeste pour justifier un recours au Fonds dans l’immédiat. »

    2 points :
    1/ pourquoi faudrait-il que l’Irlande DOIVE vivre un scenario ‘à la grecque’, en lieu et place d’un scenario ‘à l’irlandaise’ ? Je veux dire, à quoi cet amalgame est-il censé servir, autrement qu’à confusionner les lecteurs ? Car en quoi le fait qu’un crise qui se déroule dans un pays dont les spécificités ne sont oubliées par personne et qui effectivement risque de ne pas advenir telle qu’elle est advenue dans ce pays et à un moment ‘X’ permet de dire que Dublin échappera à la crise, ou pas ?
    Comme si TOUS les pays en crise se devaient de suivre le MEME schéma de crise que celui suivit par la Grèce …
    Forcément, les analyses seraient ainsi plus faciles à faire et à prédire : celle là non, celle là non, ahhhhhtention, celle là ressemble à 90% à la crise grecque, sortons notre Fonds Européen de Stabilisation Monétaire, il va pleuvoir des dettes !!
    Comme si l’Irlande n’avait pas ses propres dynamismes de crise et qu’il était exclu que parce que l’Irlande était par trop avancée dans son programme de dette qu’elle défaille : ceci ne règle en rien l’appréciation par ‘les marchés’ de l’état, bon ou mauvais, de la dette de AIB et/ou de l’état irlandais, et de continuer à exiger plus de primes de risque sur les obligations, alourdissant ainsi le service de la dette du dit état et de ses finances.
    2/ ‘dans l’immédiat’. Effectivement, ce n’est pas demain que le premier ministre irlandais, complètement saoul, fera une allocution télévisée pour déclamer que l’Irlande vend son stock de Guinness au FMI (‘Lovely day for FMI’).
    Ouf, on peut souffler alors … ?

  13. « je ne peux pas m’imaginer que la banque centrale mette en doute les objectifs d’économies convenus avec l’Union européenne »
    http://www.lemonde.fr/depeches/2010/09/21/le-president-du-fonds-de-stabilite-confiant-sur-l-irlande-et-le-portugal_3214_236_43435581.html
    Et pourtant, la dite banque centrale irlandaise ne s’est pas gênée …
    Sans doute aussi que cette incapacité à imaginer une autre réalité est en soit une des causes de la crise.

    Sinon, un ‘papier’ qui a de la saveur car provenant des Echos, dont le titre est : ‘La vertu ne suffit plus’.
    « Le ministre des Finances irlandais, qui réfute l’idée d’une intervention du FMI, a peut-être tort de faire la fine bouche. Pour sauver ce qui peut l’être de l’Anglo Irish Bank, troisième banque du pays, il lui faudra trouver une douzaine de milliards d’euros d’ici à la fin de l’année. Alors que le « Misery Index », qui mesure l’appauvrissement d’un pays, montre que l’Irlande est le pays qui a le plus souffert depuis un an, il serait temps pour l’Europe de considérer qu’en matière budgétaire la rigueur est un excellent remède, mais qu’à haute dose elle peut aussi se transformer en poison. »
    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/020803423947-par-marie-jeanne-pasquette-la-vertu-ne-suffit-plus.htm
    Venant des Echos, cela vaut constat d’échec.

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