Archives par mot-clé : Jean-Jacques Rousseau

Compte-rendu de David PACE, Claude Lévi-Strauss. The Bearer of Ashes (1986)

Compte-rendu inédit de David PACE, Claude Lévi-Strauss. The Bearer of Ashes, Routledge & Kegan Paul, Boston, London, 1983. 263 pp.

David Pace a écrit sur Lévi-Strauss en tant qu’intellectuel un livre plein de sensibilité. Ce faisant, il permet au non-spécialiste d’apprendre ce qu’il a toujours voulu savoir sur une célébrité sans passer par l’épreuve rebutante de textes extrêmement techniques consacrés à la parenté ou aux arcanes de la mythologie amérindienne. Le ton de Pace est très plaisant, à mi-chemin entre le style universitaire et le journalisme littéraire. Cela sied d’ailleurs parfaitement à un « historien de la culture et du climat intellectuel, spécialisé dans l’Europe des XIXe et XXe siècles » à l’Université d’Indiana. 

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Vidéo – Liège, Solidarités renforcées : mon intervention, le 11 octobre 2019

50 ans de Laïcité à Liège. Personne n’a regardé ça ! Pourtant, tout y est dit !

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Vidéo – Une feuille de route

La démocratie dirigée de fait par une élite économique

« Le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes est un essai du philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) publié en 1755. »

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Rousseau et Lévi-Strauss – Texte sauvé des eaux…

Je vais le relire et je verrai si cela mérite d’apparaître ici en feuilleton.

Voici en tout cas le début.

L’HOMME, L’ESPÈCE, LA NATURE et L’HISTOIRE

Une étude structurale de la pensée de Jean-Jacques ROUSSEAU

« Tu chercheras l’âge auquel tu désirois que ton Espèce se fût arrêtée. » J. J. Rousseau III 133

C’est de Rousseau aujourd’hui qu’il fallait parler. Le grand psychosomatique s’éloigne et ses interrogations où nous reconnaissons cependant les nôtres nous paraissent fort âgées.

Tant il est moins simple de vivre en 1972.

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LIège, La mobilisation solidaire : un idéal citoyen, le 11 octobre 2019

Ouvert aux commentaires.

Je parle de choses dont j’ai l’habitude de parler : concentration de la richesse, disparition du travail, intelligence artificielle, mais aussi de questions que j’évoque rarement : laïcité (c’était le cadre : les 50 ans du Centre d’action laïque de la province de Liège), islam, chrétienté, Israël.

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Laudato si’ et la décroissance, La Nef, N° 273, septembre 2015

J’ai accepté de commenter le thème « Laudato si’ et la décroissance » dans le numéro de septembre de la revue catholique traditionaliste La Nef. En voici le texte.

Il est dit au paragraphe 193 de Laudato si’ que « Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties » (p. 147). La décroissance est mentionnée là comme un objectif économique qui devrait être le nôtre. Rien n’est dit du fait que la décroissance est l’inverse de la croissance et que cette dernière joue un rôle tout particulier, en fait un rôle clé, au sein de notre système économique.

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Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (IV) Le rendement du capital provient du travail appliqué aux ressources naturelles

Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (I) Une trouvaille
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (II) Keynes pressé par son agenda politique ?
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (III) « Le taux d’intérêt tend à être égal au rendement marginal du capital »

Lisons un passage du « chapitre 5 » intitulé « Quasi-rent and the marginal efficiency of capital » d’un manuscrit perdu de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), datant de 1933 ou 1934 et retrouvé en 1976 dans un panier à linge à Tilton House, l’ancienne maison de campagne de John Maynard Keynes. Ce passage sera repris dans la Théorie générale à l’exception de l’expression « rente au sens large » remplacée par « rendement ». Keynes remplacera également, le mot « classique » par le mot « préclassique » dans l’expression « la doctrine classique ».

« Je préfère de loin dire du capital qu’il possède une « rente au sens large » que dire qu’il est productif. La raison pour laquelle un actif a un rendement durant la période de sa vie où il offre ses services, ayant une valeur agrégée supérieure à ses coûts de production, est simplement due au fait qu’il est rare. J’ai une certaine sympathie, du coup, pour la doctrine classique qui veut que tout est produit par du travail en conjonction, si vous voulez, avec ce qu’on avait l’habitude d’appeler l’art et que l’on appelle aujourd’hui la technique, que viennent compléter les ressources naturelles qui sont gratuites ou qui coûtent une rente selon leur rareté ou leur abondance, et par les résultats du travail passé, incarné dans des actifs, qui peuvent exiger un prix égal ou supérieur au prix du travail inclus en eux selon leur rareté ou leur abondance » (Keynes [1933-34] 1976 : 116).

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La passe chez les paludiers

Là où Freud évoquait une psychanalyse personnelle « interminable », Lacan a placé « la passe » : le constat fait devant deux témoins que l’anamnèse, la remémoration, a parcouru en tous sens le champ de la mémoire et a fait sauter au passage les mines dont il était truffé et qui faisaient d’une vie potentiellement sereine, une névrose. La passe met en pleine lumière, la « fin de l’histoire » pour un sujet humain qui bascule, pour reprendre les termes de Jean-Jacques Rousseau, d’une chronologie du « complément » à une chronologie du « supplément » : chaque nouveau jour n’est pas le complément d’une histoire de vie qui n’a pas encore trouvé sa signification globale (ce que les Scolastiques appelaient le complexe significabile : le sens global de la phrase, qui ne peut pas coaguler avant que n’intervienne in fine la chute de la voix ou le point final dans la phrase écrite), chaque nouveau jour est, une fois l’analyse terminée (ou presque), un supplément à une histoire et à un destin dont le sens global s’est lui déjà trouvé.

J’ai appelé « La passe chez les paludiers », cinq pages extraites de La transmission des savoirs, rédigé par Geneviève Delbos et moi-même et publié en 1984 aux Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, où est décrit ce même processus dans l’apprentissage d’un savoir empirique, et ici, dans le cas du paludier et du métier du sel.

N. B. : Dans ce qui suit « la mère », c’est le sol en argile de l’« oeillet » où le sel cristallisera du fait de l’évaporation. Il est sacrilège d’y poser le pied.

La passe chez les paludiers
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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – RENTE, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

RENTE – Voyons ce que nous en dit l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : « Revenu, soit en argent, grain, volaille ou autre chose, qui est dû à quelqu’un par une autre personne. » C’est un peu court, plutôt vague, vrai du point de vue du droit ancien, mais faux de notre point de vue. Une rente n’est pas n’importe quelle dette ; elle n’est en tout cas pas un « revenu » au sens strict pour celui qui la touche. Un salaire est un revenu. C’est ce qui nous revient en échange d’un service ou d’un travail contractuel et tarifé (tant de l’heure) que nous avons accompli. La rente n’est pas le salaire du rentier, puisqu’elle ne rémunère pas son labeur. On veut voir la rente partout, soit pour la banaliser et l’excuser, soit pour s’en désoler stérilement et l’ajouter à d’autres motifs de paranoïa, mais elle n’est présente en force qu’en de certains secteurs du corps social. On se gardera bien de qualifier de rente les droits d’auteurs. Sauf imposture négrière, les droits perçus par un auteur en acompte et sur les ventes de son ou de ses livre(s) ne sont pas une rente. Ils le soutiennent dans son effort d’écrire et viennent généralement en appoint d’autres sources de revenu. Aux quelques privilégiés qui pourraient en vivre et qui ont l’écriture dans le sang, ils permettent surtout de ralentir un rythme de production préjudiciable à la qualité des oeuvres publiées.

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LE « MEILLEUR AMI » DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Thomas Robert Malthus (1766 -1834) était convaincu que la capacité de notre espèce à se reproduire dépasse celle dont elle dispose à se nourrir. Les politiques visant à contrer ce fait supposé portent aujourd’hui le nom de « malthusianisme ».

Le père de Thomas, appelé Daniel, était un grand admirateur de Jean-Jacques Rousseau. Il avait élevé ses huit enfants selon les préceptes de l’Émile et se considérait d’ailleurs l’ami du philosophe. Ils eurent trois fois l’occasion de se rencontrer et l’une d’elles suivit de quelques semaines seulement la naissance de Thomas. Rousseau était alors accompagné de David Hume.

Daniel Malthus rêvait de s’attacher la présence constante du philosophe genevois, ayant loué pour lui une fermette dont il rêvait qu’il fasse sa demeure permanente. Celui-ci visita en effet l’endroit mais ne prit pas la proposition avec autant de sérieux que l’espérait son hôte en puissance puisqu’il répondit : « Je pense souvent avec plaisir à la ferme solitaire que nous avons vue ensemble et à l’avantage d’y être votre voisin ; mais ceci sont plutôt des souhaits vagues que des projets d’une prochaine exécution ».

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L’EMPATHIE COMME DISPOSITION À NÉGOCIER, par Timiota

Billet invité.

En lisant les deux billets LE VIVANT ET LE SOUFFRANT de Claude Lévi-Strauss, sur Rousseau et EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE de Paul Jorion, sur Keynes, il me vient le questionnement suivant sur l’empathie.

L’empathie se couple chez l’humain à une partie consciente de l’attitude : « que vais-je faire pour la/le convaincre ? Pour la/le séduire ? « , elle a une partie spontanée assez variable (tendant vers zéro le long du spectre autistique, ce que pourra commenter Paul Tréhin, auteur du billet LES ORIGINES DE L’ART ET DE LA CULTURE : le rôle des individualités) et une partie « négociée » lourdement médiée par la société, les règles de dialogue orales, la « nétiquette généralisée » si je peux en profiter pour faire d’une (récente) partie un tout.

Il me semble donc qu’il y a cette tension entre le spontané et le négociable dans l’empathie.

Si je me souviens bien du « principe des systèmes intelligents », la machine doit donner l’impression que le savoir est « négociable » pour paraître humaine (c’est du moins mon à-peu-près sur la question). Avec différentes formes de négociabilité (vigneronne ou plus calme).

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LE VIVANT ET LE SOUFFRANT, par Claude Lévi-Strauss

El JEm suggère que je reproduise à votre intention un extrait d’une conférence que fit Claude Lévi-Strauss à Genève en 1962 à l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau. Je rapporterai une anecdote personnelle en guise de postface à ce texte.

Dans ce monde plus cruel à l’homme, peut-être, qu’il fut jamais ; où sévissent tous les procédés d’extermination, les massacres et la torture, jamais désavoués sans doute, mais dont nous nous complaisions à croire qu’ils ne comptaient plus simplement parce qu’on les réservait à des populations lointaines qui les subissaient, prétendait-on, à notre profit, et en tout cas, en notre nom ; maintenant que, rapprochée par l’effet d’un peuplement plus dense qui rapetisse l’univers et ne laisse aucune portion de l’humanité à l’abri d’une abjecte violence, pèse sur chacun de nous l’angoisse de vivre en société ; c’est maintenant, dis-je, qu’exposant les tares d’un humanisme décidément incapable de fonder chez l’homme l’exercice de la vertu, la pensée de Rousseau peut nous aider à rejeter une illusion dont nous sommes, hélas, en mesure d’observer en nous-mêmes et sur nous-mêmes les funestes effets. Car n’est-ce pas le mythe de la dignité exclusive de la nature humaine, qui a fait essuyer à la nature elle-même une première mutilation, dont devaient inévitablement s’ensuivre d’autres mutilations ?

On a commencé par couper l’homme de la nature, et par le constituer en règne souverain ; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu’il est d’abord un être vivant. Et, en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus. Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire, l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, et à revendiquer, au profit de minorités toujours plus restreintes, le privilège d’un humanisme, corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion.

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