Candide s’adresse aux politiciens du Gymnase Japy, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Mesdames et Messieurs les politiciens,

Le 19 janvier 2015 vous avez voulu donner l’image, j’ose le supposer en toute naïveté, d’une alternative de gauche unie en soutien au mouvement Syriza qui se préparait à prendre le pouvoir en Grèce pour changer le destin et montrer au monde que la négation du déterminisme est précisément le destin de l’homme. Notez ces expressions : « prendre le pouvoir », « changer le destin ».

J’écris cette lettre parce que mes amis français de gauche sont épuisés, n’y croient plus, en ont assez des mensonges de ceux qui se disent de gauche en campagne électorale pour mener des politiques contre nature une fois aux manettes.

Ils ne me l’avouent pas mais je vois qu’ils baissent les bras. Le ballet grandissant des éternels militants socialistes, communistes, LCR, NPA, syndicalistes de tout poil s’engageant au FN ne les offusque plus. Ils disent que la politique en France est morte en 1981, 1993, 2002, 2005, 2008 ou je ne sais quelles autres dates. Qu’ils n’ont ni la force de croire qu’on peut la ressusciter, ni la confiance en ceux qui règnent sur des micro-partis dont la seule aspiration est de grappiller quelques pourcents et qui perdent de vue que la somme des pourcents permettrait de prendre le pouvoir et changer le destin. Notez ces expressions : « prendre le pouvoir », « changer le destin ».

Mes amis abattus disent qu’au Gymnase Japy, ça manque de jeunes qui entrent en politique pour changer un monde qui leur appartient plus qu’à quiconque. Qu’il faut faire de la place pour de nouvelles têtes bien faites et perdre de vue celles présentes sur des images allant du noir et blanc au multicolore qui caractérise à la fois les avancées technologiques et les louvoiements politiques. Le pire c’est que mes amis français de gauche semblent concéder que pour 2017, « c’est déjà plié ».

Moi Candide, qui ne suis pas Français, tente de leur expliquer qu’il faut tenir compte du passé et en tirer les leçons mais qu’il n’a pas vocation naturelle à définir le futur, que le fatalisme n’est pas de mise par les temps qui courent. Que dans le Doubs dimanche, des citoyens qui avaient toute raison d’entraîner par le fond ceux-là qui les avaient trahis en 2012, ont conservé juste ce qu’il fallait de dignité. Ce n’était certes pas de la manière la plus éclatante, mais de la seule qu’il leur reste et qui les honore.

Mes amis sont tristes, ils ont oublié qu’« il faut cultiver notre jardin » : ils se changent les idées en refaisant le monde à l’exclusion de la France : leur jardin en friche, jadis jardin des Lumières. Et vous Mesdames et Messieurs les politiciens de gauche du gymnase Japy, qu’en pensez-vous?

Dans l’antique cité d’Athènes, nation qui concentre aujourd’hui nos espoirs les plus fous, il existait trois gymnases. C’étaient des lieux de conciliation, de recherche d’un équilibre sain du corps et de l’esprit. Faites donc preuve de cohérence, d’audace et de talent, allez au bout de nos espoirs ! FAITES-NOUS UN SYRIZA ! FAITES-NOUS UN PODEMOS !

Mes amis français pour qui j’écris cette lettre sont trop nombreux pour être nommés un par un. Ils sont des millions, le cœur à gauche, qui espèrent avec fébrilité et une illusion qui s’amenuise, l’émergence d’un parti de gauche qui portera leurs sensibilités. Non plus un micro-parti, non plus un parti subalterne, mais un parti pour « prendre le pouvoir », « changer le destin ».

2017 : deux ans d’ici, c’est plus qu’il n’en faut. Encouragez Alexis Tsipras et Pablo Iglesias mais inspirez-vous d’eux aussi. Regardez et écoutez ce jeune professeur en sciences politiques vous expliquer comment en un an à peine Podemos est allé se placer en tête des sondages en Espagne. Capturez son énergie, faites-la vôtre ! Écoutez-le revendiquer l’inspiration qui lui vient de ce jardin qui fut le vôtre et qui doit le redevenir. Il vous dit : « On entre en politique pour que les gens aient une vie meilleure. Nous avons l’obligation de gagner ! ». « Prendre le pouvoir », « changer le destin ».

Aujourd’hui, je suis Français. Je vous implore en toute candeur de faire ce que les temps troubles que nous vivons exigent et de jeter vos mauvais réflexes aux oubliettes de l’histoire pour construire celle de demain.

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39 réflexions sur « Candide s’adresse aux politiciens du Gymnase Japy, par Lazarillo de Tormes »

  1. Le problème dépasse largement la notion de Gauche,il s’agit d’abord d’une question de souveraineté que les français avaient refusé d’abandonner lors du Référendum de 2005 ,refus dont il n’a été tenu aucun compte…La souveraineté nationale a été rétrocédée à divers organismes que l’on appellera gentiment techniques,en fait financiers ou représentants la finance…Lorsque ces questions auront été réglées ,on pourra mettre en œuvre une politique de gauche…Finalement ces renoncements rappellent une autre époque …Il a fallu alors,pour les combattre, mettre en place simultanément un plan de reprise du pouvoir et un plan social…Cette double action avait été conduite par le Conseil National de la Résistance…Bonne chance à Syriza et à Podemos,mais on verra très vite qu’il ne s’agit pas de projeter seulement une action sociale…

  2. de toute façon la classe politique est autiste rien a espérer de celle-ci

    comme disaient les anciens une bonne guerre …

    helas on y avance doucement mais aussi surement

  3. Estimado Lazarillo, soy Frances y llevo 15 años viviendo en España, imigre en 97 como un ave perdida recto hacia el Sur. No trabajo en la construccion y con la edad que veni ni siquiera estaba pensando en que habia burbuja, solamente me vinieron a buscar de una empreza Española al salir de un aprendizage y veni solo para probar, por gusto de atreviarme, estuve casi 10 años en contratos cortos repetidos mientras veia la empreza familial en Francia declinar falta de que yo unico heredero me quisiera endeudar para 50 años para modernizar y ampliarla bajo el mando de un banquero que, constataba yo, siempre habia obligado mis padres a gestionar en la direccion favorable al banco y no a la empresa. Ahora tengo un contrato fijo desde hace 7 años y he visto pegar la crisis (hay pueblos cerca de Málaga en la zona donde estoy donde rozo el paro los 100% en 2008!) Te agradesco esta carta de motivacion para mis compatriotas y comparto tu entusiasmo para Podemos, sin embargo cuando veo la reaccion de la sociedad española (no hablo del pueblo sino del sistema), cuando veo con que fuerza reaccionan aqui los medias y la gente conservadora me da la sensacion desagradable de que estan a punto « d’en venir aux mains » en cuanto se les agote la mala fe. Recuerdo cuando la boda gays la tremenda reaccion de la sociedad francesa, se noto que es bastante mas conservadora que la española pese a su laicismo. Si subiria un partido como podemos en Francia temo que la cosa se ponga muy violenta. Melanchon se asusto en su discurso de la Bastille en la ultima presidencial ya que no habia servicio de orden para tanta gente y se corto antes de loque le hubiera gustado… En Francia no creo que ya se pueda conseguir algo pacifico tan clivada como esta la sociedad. Me deja admirativo la capacidad de podemos de haber mobilisado tanta gente sin incidente en Madrid pero no se si cuando llegue la hora de la campaña, los peperos fanaticos y otros paranoiacos exfranquitas o falangistas rabiosos dejaran la democracia pasar sin mover (creo que de momento temen de hacer martyros porque todavia se creen que pueden darle la vuelta a la tortilla, pero a la hora de la verdad me asustan y eso mas con la ley mordazas que les va a dar el pleno poder en la calle y las redes sociales). Tambien me temo que a nivel internacional no se deje entrar gente en Francia tan facilmente como en otros paises porque el que entrara en Francia tendra un maletin nuclear en mano asi que resultaria dificil que un personage joven y desconocido surgiera asi, la CIA y compañia estan vigilando (igual quizas nos librara de tener a Le Pen, no hay mal que por bien no venga…). Asi que como vez, estoy contigo pero lo veo mas dificil para Podemos de loque parece y estoy casi seguro de que no podeis esperar ningun movimiento a su favor desde Francia (si no teneis movimiento en contra ya sera mucho), tendran que ser vosotros juntos con los Griegos y quizas los Portugueses (ya desespero de los Italianos) quienes se encarguen de refundar la eurozona a favor de los pueblos.
    Menuda tarea que toca ya! Nos deseo mucha suerte.
    Cordialmente.

    1. Gracias por el comentario, estaria bien que lo postearas en frances. Tu experiencia personal tiene un gran valor testimonial.

      Mi granito de arena va motivado por la frustracion que siento de que Francia, a pesar de un sentido comun mayoritariamente progresista y solidario se este metiendo en un callejon sin salida. Con Grecia y Espana no alcanza, hay que sumar fuerzas y la gente tiene que recuperar la ilusion.

      Comparto que hay que darle mas protagonismo a la juventud. De los participantes en el mitin muchos deberian dejar paso ya, no faltan ni talento ni carisma en la izquierda pero los tienen calladitos en segunda fila o les falta espiritu subversivo.

      Lo mismo nos deseo, un poco de suerte nunca sobra… Saludos

      1. Bonjour,
        Je fais suite à votre article et aux commentaires de Dup. Je souhaiterais apporter quelques éléments d’information à votre débat.
        Cela fait 25 ans que je vis à Madrid et que j’observe la vie politique de chaque côté des Pyrénées. Voici donc quelques éléments de réflexions :
        1- Un changement générationnel : Pablo Iglesias, 36 ans (Podemos), Alberto Garzón, 29 ans (Izquierda Unida), Albert Revira, 36 ans (Ciudadanos)…+ aux prochaines élections régionales d’Andalousie où la Présidente sortante du PSOE, Suzana Díaz, 40 ans, affrontera (principalement) Teresa Rodriguez, 33 ans de Podemos.
        Maintenant comparez avec les partis politiques français ! Font-ils barrage à l’émergence d’une nouvelle génération trentenaire ?

        2- Podemos : Pabo Iglesias a ouvert le bal aux élections européennes de 2014. Certes Podemos reçoit des coups (bas ?) de tous les médias et des forces conservatrices mais le conflit à peine masqué entre Pablo Iglesias et Pablo Etchenique (36 ans) comme les affaires (qui seraient passées inaperçues dans un autre contexte) sur les contrats universitaires de Iñigo Errejön ou sur les déclarations fiscales de Juan Carlos Monedero peuvent freiner voire stopper l’ascension de Podemos au profit d’Alberto Garzón sur son flan gauche ou Albert Revira sur son flan droit qui peut récupérer les électeurs PP désenchantés par les scandales.

        3- En France les partis de gauches, EELV inclus, n’ont pas su attirer le vote contestataire. Problème de partis extrêmement hiérarchisés empêchant l’émergence d’une nouvelle génération comme en Espagne, comme en Grèce ?

        De l’expérience espagnole ou grecque, je pense qu’il ne se passera rien en France aussi longtemps qu’un nouveau projet ne démarre de la base et soit porté par une nouvelle génération.

    2. Petit résumé de mon message pour les non hispanophones à la demande de Lazarillo:
      Je vis et travaille au Sud de l’Espagne depuis de nombreuses années et je constate au quotidien la mauvaise foi des medias et la rage des partis traditionnels envers Podemos. Je crois qu’en France une telle tension se solderait inévitablement par des violence car au vu des réactions lors du mariage pour tous, la société Française s’est révélée plus conservatrice que l’Espagnole malgré son laïcisme. Je doute que se soit facile pour Podemos et je crains que pour l’instant la réaction se cantonne à de la diffamation de peur de faire des martyres si la violence éclatait mais jusqu’à quand?? D’autant plus que les lois super répressives que met le gouvernement en place en Espagne vont de plus lui permettre de reprendre la main (de fer) sur la rue et les réseaux sociaux d’ici peu. Enfin, je crois que Podemos ne peut hélas rien attendre de la part de la France car en plus du profond clivage social qui y règne, l’accés au pouvoir dans notre pays est soumis à une pression internationale trés forte du fait que nous sommes une puissance nucléaire (je ne sais pas si la CIA laisserait la valise nucléaire dans les mains d’un professeur de science-po marxiste et pire : jeune!!). Je souhaite donc bonne chance à la Grèce, à l’Espagne et peut être au Portugal pour arriver à réformer la zone Euro.

      1. Merci pour cette intéressante remarque !
        bien qu’étant en accord avec Podemos, je n’accroche pas à la fable des souris qui élisent des rats. Je suis convaincu que n’importe quelle souris mute en chat dès qu’elle est « zélue » quelque part. Le Zélu est une souche mutante qui naît dès que la souris naïve est acceptée dans un groupe, une organisation, un syndicat, une association dont son avenir va dépendre. La carrière obéit à des intérêts spécifique que l’intérêt général ignore le plus souvent. Une « organisation fermée » – une famille, une sous-classe – se reconnait à sa capacité d’entre -soi avec les corruptions partagées. Les souris les plus naïves deviennent rapidement Chat pour défendre des fromages qui auraient pu et dû être d’intérêt général. Toutes nos discussions ne pénètrent même pas ces cercles de protection de l’entre soi. La lutte des classes a fait place à une guerre des sous-classes : accrochez vous, vous êtes entourés de jaloux dangereux !
        S’il est envisageable de pousser des « zélus » les plus anciens de manière ponctuelle, les appareils et les administrations sont conçues pour ne pas faire trop de place à des idées originales, forcément dangereuses pour leur intérêts propres. L’intérêt général est très secondaire à la carrière ! Bon combat quand même! Y’a du boulot !

  4. Politiciens ? Nouveaux politiciens ?
    Bien sûr qu’il faut bien tenter quelque chose. Mais on n’a pas encore vu Syriza au pouvoir sur la durée. Même s’ils ont « une bonne gueule », ce ne sont pas des révolutionnaires qui remettent en question le système capitaliste. Syriza cherche des aménagements concernant la Dette. C’est vrai qu’une politique plus sociale va être tentée. Par contre poussés au cul par les masses qui descendent dans la rue Syriza peut difficilement reculer et peut-être finalement prendre des décisions radicales qui n’avaient peut-être même pas été envisagées.
    Quant à Podemos sa participation au jeu électoral où il a de bonnes chances, laisse augurer une certaine démagogie , et une concurrence pour les candidatures.
    Faire croire qu’en régularisant les flux financiers, en changeant de monnaie, en aménageant la Dette – c’est à dire en faisant banqueroute – on mettra fin à la crise dont un pic est apparu en 2008 est une illusion. Le vrai problème, plus profond, réside dans l’impossible valorisation du capital.
    Les Français, plus ou moins confusément savent cela. Et ils se tournent vers le passé, une époque où il y avait du travail etc. On a toujours peur d’un grand saut en avant, même si le socle sur lequel on reposait jusqu’alors est condamné à s’effondrer.
    Changer de politique ou changer de système politique et économique ?

    1. Bonjour Némo mais je désire aussi intervenir quant à ce qu’ écrit Juliio Bea.
      Je ne puis répondre qu’ à titre individuel. Tout les jours je me suis réveillé avec des illusions, presque toujours j’ ai été trahi. Soit …
      Mais sans illusions je ne me serais pas levé du tout.
      La fortune sourit auxx audacieux.
      Comment peut on vivre dans un perpétuel désanchentement qu’ on appelle la dépression? Eh bien à vrai dire on a pas tellement le choix.
      A ce jour je sais que j’ ai toujours eu de la chance mais si la chance relève d’ un destin (et tout destin relève de l’ instant avant tout), elle se nourrit aussi (pensées, actions,…).
      Personne n’ est infaillible, pas plus un leader politique qu’ un autre ; si on ne laisse pas sa chance à quelqu’ un, si avant que quoique ce soit ait eu lieu on dit foutu, alors c’ est sombrer dans un désespoir dont d’ autres de toutes façons tireront profit.
      J’ aimerais que les choses soient plus simples, que les contours des évènements m’ apparaissent plus clairement, or je sais que ça ne se passe pas comme ça, heureusement ou malheureusement.

  5. « prendre le pouvoir », « changer le destin » c’est bien de cela qu’il s’agit. Tout le reste, commenter, critiquer, marquer son camp, conquérir et conserver un bout de terrain, tout cela est futile et n’intéresse plus personne. Des politiques qui aient la volonté de changer le cours des choses, voilà ce qu’attendent les citoyens. En France, nous en sommes à les chercher avec une lanterne. Peut-être faudra-t-il les inventer.

  6. La lettre est émouvante, tous les ingrédients qu’y faut.
    Mais.
    Elle s’adresse à des factions qui ont déserté leurs idéal et leur responsabilité pour adorer un PIB, un PIB qui le leur rendrait bien. Et jusqu’à présent il le leur a bien rendu.
    Ils n’ont aucune expérience de la défaite morale et du déshonneur; la seule défaite concédée est celle d’un soir de résultat des urnes et elle ne les empêche pas de se croire encore représentatifs. On a les convictions qu’on peut…

    Le « place aux jeunes » est la dernière injonction qu’ils sont capables de comprendre. Comprenez qu’ils font carrière, un nouveau venu à la tête bien faite ne peut être qu’un concurrent. Les électeurs sont des empêcheurs de tout poil; les élections sont des accidents de parcours, elles concourent à l’instabilité du personnel politique.

    Il faut qu’ils disparaissent démocratiquement par la force des urnes. C’est ce qu’a fait Syriza, et Podemos itout , espérons-le.

    Parmi les « socialistes » français de gouvernement et la meute des députés « malgré-nous », on verra bien qui a glissé des peaux de banane sous les pas du gouvernement grec et qui sera lâchement soulagé de sa défaite éventuelle.

    Il est bien connu que les hypocrites ont la larme facile. Préparez vos mouchoirs, les larmes de crocodile vont les noyer.

  7. aux dernieres nouvelles, c’était un peu le but du FDG. Et pourtant que n’a t’on lu ici meme a de nombreuses reprises que JLM était un « populiste » (et pas dans le sens sympa) et que l’erreur historique du FDG était d’avoir frayé avec le PCF (faut croire qu’il y avait urgence a repasser sous les 5%…) Bref , le moins qu’on puisse dire est que vous prechez dans le desert par ici je pense, ca excommunie presqu’aussi sec qu’à la LCR tout en se revant à l’opposé ^^

    1. Le FDG n’a pas réussi à se mettre en phase avec les gens affectés par la crise, pas du tout comme Syriza ni comme Podemos. Il aurait fallu que ce soit Généreux qui ait l’empathie et Mélenchon la capacité de compréhension économique, en gros.

      1. @ timotia

        en fait, pour toi, les raisins étaient trop verts
        …. ou la mariée trop belle?

        tant qu’à chipoter, faut faire quand même attention, le plat risque de ne pas repasser

        perso j’ai voté montebourg aux primaires socialistes, et ses courriers répétés ( révélés par médiapart) à hollande montrent que c’était le moins pire des socialistes sur le plateau

        tout ça pour hériter de valls comme 1er sinistre !!!!!

        j’ai systématiquement voté FdG dés que j’en avais l’occasion, même si et même si
        le front de gauche appelait, je le rappelle, à un axe du sud de l’europe en réponse à la politique austéritaire de l’axe du nord
        entre autres choses
        mais déjà les verts folâtraient dans d’autres prairies politiciennes et obéraient toute chance de succès

      2. Le vrai problème en France c’est le FN, en Espagne l’extrème droite et inclue dans le PP et en Grèce l’aube dorée est trop ouvertement neo-nazi pour rallier beaucoup de monde. En France le chancre FN empêche tout mouvement contestataire de prendre de l’ampleur. A la différence de l’espagne ou de la grèce on ne sort pas de dictature militaire mais d’occupation militaire et on se retrouve donc avec un statut de victime d’ou on s’autorise le fachisme en le maquillant de nationalisme. D’autre part il faut remarquer qu’en France on a pas pris la beigne que ces pays la ont pris, c’est inimaginable chez nous de passer du plein emploi à la catastrophe sociale en moins de 6 mois, comme je le dis plus haut en español, il y a des villages en andalousie ou le chomage a frôlé les 100% casiement du jour au lendemain, si on avait eu ça en France le pays serait à feu et à sang. J’ai un ami professeur de Français ici, l’infirmier lui a dit d’envoyer les élèves qui se sentent pas bien directement au refectoire le lundi matin…. Ici pas de moratoire hivernal on expulse sans problème des familles avec enfants ou des handicapés en plein mois de janvier… La générosité elle vient surtout quand tout ce qui nous reste a partager c’est la dèche.

  8. une petite précision : la LCR et le NPA c’est le même courant politique et il est pour le moins farfelu d’affirmer que des militants de la LCR sont passés au FN. D’ailleurs, si nous parlons des militants de gauche (pas des électeurs) du PC, du PS ou de l’extrême-gauche il y en a certainement très peu qui sont passés au FN.
    Pour le reste, à part le conseil de s’inspirer de l’exemple grec ou espagnol, il n’y a pas grand chose à en tirer.

      1. Entrisme trotskyste ou soif d’être élu ? Les deux ? Étrange mais le cas contraire n’existe pas, un frontiste rejoignant la LCR ou le NPA par exemple. Il faut dire que les ambitions électorales y trouvent rarement leur accomplissement.

  9. Bonjour à tous
    Melanchon est incontestablement un brave type qui rame quand même depuis le début des années
    80 pour obtenir divers mandats et ce, en « s’appuyant » sur le PS,il fut même ministre (assez bon),
    toujours avec le PS comme « patron »… Ce type qui sans être une « vieille baderne » doit lui aussi dégager du paysage politique français, squatté par de vieux crocodiles « polymandatés at lib » …
    Un vote blanc véritable ( au décompte final des pourcentages), un seul et unique mandat non reconductible, plus de carrière, plus de prébandes, seulement un service à la communauté,
    un nouveau cadre en priorité, ensuite et ensuite seulement, on pourra espérer une rupture…

    1. @bourdoncle
      J’ai « juste » l’impression d’acter par une petite excommunication verbale le manque d’adhésion au FdG constaté dans de vastes tranches de poopulation.
      On essaye de comprendre sur le mode « bref post ». Le niveau de discrédit de l’UMPS est assez impressionnant en France, cela n’a pas suffit pour profiter au FdG. Il y a aussi en France une facilité à se réfugier dans une protestation de droite dure ou du FN pour « bouffer du fonctionnaire », ce planqué. Et par contrecoup, l’impression que le FdG veut « fonctionnariser » tout ce qui traine sur le mode yaka. Je parle de l’imaginaire ressenti des gens qui n’adhèrent pas au discours FdG, pas du discours lui-même.
      Mais la force de Syriza et Podemos a été de trouver la façon de dessiller les yeux d’électeurs de base pour échapper à ce genre de classification trop facilement imprimée dans la tête des gens.
      Bref, plutôt que de raisonner sur un degré d’excommunication, cherchons ce qui déclenche l’adhésion et qui a manqué.

      1. pour le dernier point, malheureusement l’explication la plus probable est le degré de misère et de desespoir engendré, et en France on est quand meme toujours de nombreuses coudées en dessous de ce qu’on subi grecs et dans une moindre mesure espagnols…A la limite meme un ane federerait autant que Syriza ou Podemos quand suffisamment de gens ne sauront plus comment faire pour bouffer…

      2. Timiota : tu soulèves un point essentiel. il ne faut pas que jouer sur du négatif et du rejet (même si pour expliquer le désastre du système il faut bien en passer par là) : il faut être positif et « déclencher l’adhésion« . et qui manque encore comme tu le dis bien
        Laissons les minables dans leurs excommunications sectaires et ridicules !

  10. « FAITES-NOUS UN SYRIZA ! FAITES-NOUS UN PODEMOS ! »
    Certes, sauf que ces deux formations sont nées dans la rue, d’une volonté et d’une colère populaires, et pas dans les couloirs de meetings organisés par les dirigeants de partis établis, à la recherche de nouveaux mandats.
    Je crains qu’il ne faille aux français manger autant de m…e que les grecs ou les espagnols, avant de trouver l’énergie de secouer leur résignation.
    Et quand ils le feront, ils verront se dresser contre eux un arsenal législatif et policier liberticide, imaginé, au nom de la sécurité, par un gouvernement se prétendant de gauche, et mis en œuvre par ses successeurs. Lesquels successeurs, quelle que soit leur idéologie proclamée, seront seulement attachés au maintien de l’ordre établi.

    Ce sera bien tard… Mais on ne sait jamais : peut-être pas trop tard…

    « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » – Guillaume le Taciturne.

    1. Faire un Syriza avec tous les clowns que compte le Parti Communiste Français engagés jusqu’au cou et jusqu’à la mort (de leur parti, eux ne sont capables d’aucun sacrifice) dans la lutte des places ? Bon courage. Même Mélenchon a jeté l’éponge.

  11. C’est moi ou Pablo Iglesias ressemble vraiment à Dave Grohl ? Si seulement il pouvait abattre autant de boulot aux manettes de son pays que Grohl à la batterie dans les diverses formations auxquelles il participe…

      1. Je propose que l’on lance l’idée de l’organisation d’un concert gratuit de soutien des Foo Fighters à Podemos pour cause de ressemblance physique des leaders respectifs.
        Après tout cette proposition n’est pas plus farfelue que l’idée d’une commission composée de membres non élus qui gouvernerait des états sur la base d’un traité pourtant rejeté par les populations qui les constituent.

  12. J’ai une idée !!!
    Prenons les sous des méchants à droite et donnons les aux gentils à gauche !
    Simple non ?
    (2ème degré).

  13. Merci pour la vidéo, très intéressante en effet.

    Deux particularités de la situation française à mon sens :

    1. D’abord l’existence du FN évidemment, comme déjà signalé par plusieurs

    2. Puis un pessimisme / esprit de révolte particulièrement puissant si on le compare au degré de souffrance sociale subi jusqu’ici
    Une petite comparaison est éclairante : il est évident que les dégâts subis par l’Espagne sont pires que ceux qu’a connu l’Italie, et ces derniers sont pires que les dégâts en France. Et pourtant, Podemos est un phénomène récent et vient tout juste d’atteindre les 25% d’intentions de vote, tandis que M5S en Italie est depuis plusieurs années à cet étiage, et le FN frôle désormais les 30% d’intentions de vote.
    Oui, FN, M5S et Podemos sont des partis différents. Mais leur force à tous vient d’un mouvement de révolte contre les partis classiques et les résultats qu’ils obtiennent, cette force peut bien être utilisée pour des objectifs différents, elle n’en mesure pas moins grossièrement un « niveau de révolte politique ». Niveau de révolte politique qui est supérieur en France à ce qu’il est en Espagne et en Italie. Alors même que les souffrances sociales sont moindres. Si on ajoute les scores FdG et FN, l’argument n’en devient que plus fort.

    Les chances pour un mouvement ou un parti de gauche véritable d’arriver à changer le destin en France – Paul Jorion a mille fois raison, c’est la seule chose qui compte – ne s’apprécient que comme ses chances d’arriver à concurrencer le FN sur son terrain. Cela ne signifie pas nécessairement adopter ses propositions – sinon certes ce n’est plus un parti de gauche – mais lui prendre précisément le cœur de son électorat, gagner là où il est le plus fort.

    Car le FN est statistiquement plus fort parmi les jeunes que parmi les aînés, plus fort parmi les ouvriers et employés que parmi les cadres supérieurs. Sa force s’interprète assez directement à partir d’un indice de « vulnérabilité à la mondialisation » : le chômage des jeunes est certes plus menaçant que le système de retraite (tant qu’il « tient »), la vulnérabilité est évidemment bien pire pour l’ouvrier que pour la profession libérale. Et ce sont bien les plus vulnérables à la mondialisation qui ont le plus de chance d’être convaincus par un discours de gauche anti-austérité.

    Quels sont les ingrédients théoriques d’un mouvement de gauche capable de convaincre suffisamment de monde pour accéder au deuxième tour en 2017, contre le parti UMP ou PS de service, voire contre le FN ?

    J’en vois plusieurs :
    1. Cohérent – Un programme qui représente une alternative suffisamment cohérente pour convaincre
    2. Radical et Briseur de tabous – Ce programme doit être suffisamment radical pour attirer l’attention, en pratique il doit briser un ou plusieurs « tabous ». Pour le FN les tabous sont clairement l’euro, le protectionnisme et l’immigration ouverte. Un programme de gauche n’aura pas nécessairement les mêmes… mais alors il lui en faudra d’autres ! Soyons clair, il s’agit en partie de faire peur… car si les dirigeants politiques actuels n’ont pas peur, comment les gens qui se sentent écrasés par la mondialisation pourraient-ils croire que ce parti est sérieux ?
    3. Avec l’UE, ou Sans – Ce programme doit évidemment être applicable même s’il le faut contre l’Union Européenne. La crédibilité d’un mouvement qui prétendrait changer le destin sans changer les règles de l’UE, donc sans au besoin les mettre de côté si les autres pays ne sont pas encore prêts à prendre la même direction… cette crédibilité serait fort limitée, et c’est peu dire
    4. Penseurs peut-être, mais aussi Tribuns – Une ou de préférence plusieurs personnalités capables de le défendre, ceci non seulement intellectuellement mais en donnant l’impression d’être prêt à véritablement l’appliquer « ils oseraient vraiment ! »
    5. Leviers et armes anti-FN – Une ou plusieurs raisons fortes pour combattre le programme FN comme illusoire et / ou dangereux. Naturellement, la dénonciation du fascisme en marche n’aide en rien – indépendamment de la justesse de l’argument – simplement parce que de moins en moins de monde y croit. Comme le disait un électeur moqueur dans le Doubs : « Vous entendez les bruits de botte ? »

    Je ne sais pas si un tel ensemble d’ingrédients peut être rassemblé. Ou plus exactement, car sur le fonds rien de tout cela ne parait véritablement exclu, je ne sais pas comment il pourrait être rassemblé. Mais s’il s’agit de créer un puissant parti de gauche en France (le PS ne peut pas être sérieusement considéré de gauche), ces ingrédients sont à mon sens tous nécessaires.

    Une autre option ? Eh bien, la seule autre option c’est de créer ce mouvement après l’arrivée de Marine Le Pen à l’Elysée. Qui ne signifierait certes pas la fin de la démocratie, mais changerait suffisamment la politique étrangère (UE) et économique (protectionnisme) de la France pour bouleverser les questions posées à la vie politique, donc ce qu’un parti de gauche pourrait proposer pour la suite.

    C’est bien la seule autre option : si aucun mouvement ne vient concurrencer le FN comme alternative au moment où l’intensification de la crise sociale semble assurée au fil des soubresauts à venir du système financier et économique donc au moment où une alternative apparaîtra comme nécessaire à de plus en plus de Français… alors c’est le FN qui sera cette alternative. Et si l’alternative ne vient pas de la gauche véritable, d’où viendra-t-elle ? Des radicaux valoisiens 🙂 ?

    Il faut que je précise pour terminer que je suis adhérent du FN. Je ne cherche pas à provoquer, je le précise seulement pour un minimum d’honnêteté. Je ne crois pas non plus utile de démarrer un débat pour ou contre le FN, les positions sont trop éloignées avec la plupart des commentateurs sur ce blog : il va de soi que l’élément le plus difficile à mon avis dans les 5 points ci-dessus est le dernier, il n’y a pas à mes yeux de caractère dangereux ni illusoire au programme du FN. Mais je ne vais clairement convaincre personne ici sur ce point, et je ne crois pas pouvoir être convaincu non plus, donc le plus sage à mon sens est « agree to disagree » 🙂

    Un petit sentiment personnel pour ce que ça vaut, il serait beaucoup mieux pour le pays que Marine Le Pen affronte au deuxième tour en 2017 un dirigeant politique convaincu défendant sa conception de l’intérêt public, plutôt qu’un politicien défendant un système à bout de souffle ainsi que sa petite carrière tel un Sarkozy, Hollande, Juppé ou autre Valls…

    1. C’ est bien le vice président du FN qui compare l’ Internationale à un chant nazi ? Et c’ est bien ce parti qui veut ôter au peuple l’ ultime sécurité dont il dispose contre les abus d’ un pouvoir étatique mal intentionné , à savoir l’ interdiction de la peine de mort .

      Un petit sentiment personnel pour ce que ça vaut, il serait beaucoup mieux pour le pays que Marine Le Pen abandonne la politique .

    2. Tout lecteur du blog Jorion qui se respecte aura aisément détecté, non sans se délecter, le seul message véritable que le petit posteur péniste tenait à lui faire passer; c’est judicieusement placé en fin de post :

      il serait beaucoup mieux pour le pays que Marine Le Pen affronte au deuxième tour en 2017 un dirigeant politique convaincu défendant sa conception de l’intérêt public, plutôt qu’un politicien défendant un système à bout de souffle ainsi que sa petite carrière tel un Sarkozy, Hollande, Juppé ou autre Valls…

      Pardine Marine…
      Traduction en langue péniste : vous enlevez « pour le pays » d’entre. « mieux » et « que Marine Le Pen », puis vous virez tout après « 2017 » pour mettre Méluche ou n’importe quel(le) autre loser patenté de la vrègoche.
      La stratégie du militant FN en expédition sur le versant hostile de la blogosphère est limpide voire franchement lourdingue : « Lecteurs du BJ ! Aidez nous à mettre les pénistes au commandes et à virer l’Umps en 2017 ! Votez utile ! Envoyez Méluche au second tour ! (promis, jurécraché, après Marine, la voie est libre pour la vrègoche) »

  14. Ne comparons pas la France avec la Grèce ou l’Espagne ! Si on fait le point des forces en présence au sein de l’électorat français, il y a déjà plus de 15 millions de retraités qui votent massivement pour des partis conservateurs (PS compris bien sûr), s’assurant ainsi que leurs pensions et leurs dépenses de maladie seront payées jusqu’au dernier centime. Il n’y a qu’à voir à quel point ce sujet est absent du débat public pour s’en convaincre : la dépense publique qui est pointée du doigt, c’est toujours celle liée au chômage (2 % du PIB), au RSA (de l’ordre de 0,5%), à l’éducation (environ 6%)… ou encore à la fraude aux prestations sociales (infinitésimal) ; tandis qu’avec 14 points de PIB versés en pensions de retraite nous sommes vice-champions du monde derrière l’Italie. (Et si on compte les prestations de santé versées aux plus de 60 ans, il faut encore ajouter 4 points).

    Si on s’intéresse maintenant aux actifs, les « insiders » (salariés des grandes entreprises ou de la fonction publique) sont encore majoritaires : 75% sont en CDI et même si ce type de contrat est de moins en moins protecteur ça fait encore du monde (à la louche encore une quinzaine de millions) qui ne voit jamais passer le vent du boulet.

    Concernant la frange précarisée, comme on est parvenu à lui faire porter la culpabilité pour les ratés de l’économie libérale, elle se partage entre abstention et vote protestataire violent, ce qui arrange bien les affaires des partis « de gouvernement ».

    Cela me désole mais je crois qu’il va falloir descendre bien bas avant de voir émerger une vraie alternative de gauche.

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