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CDS : LA CLÉ DU BIEN COMMUN MONDIAL, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Résumé

Le credit default swap (CDS) est un instrument financier de cautionnement. Rendu négociable par titrisation, il distingue le prix du risque de crédit du prix de la liquidité du crédit. Le CDS permet tout autant de partager et mesurer le risque de défaut que de spéculer sur le prix de la solvabilité d’un débiteur. Mais en l’absence de marché mondial organisé, le calcul des primes de CDS est dissocié de l’endettement réel des débiteurs et de l’obligation concrète systématique de garantir effectivement le remboursement complet des dettes.

La négociation internationale des CDS ne repose pas sur des normes objectives de solvabilité publique et bancaire. Ainsi est-il impossible de solder la perte de crédit de l’État grec par les primes de CDS souscrites alors-même que le prix d’achat des primes indique un défaut manifeste sur la dette publique. Si les créanciers de la Grèce prennent l’initiative d’une chambre de compensation mondiale des primes de crédit des États et des banques, ils se mettent en mesure de calculer immédiatement les pertes de crédit de tout le système financier.

Une telle compensation permettrait l’émission d’une monnaie internationale à hauteur des primes négociées sur la couverture des crédits en monnaie nationale. L’étalon monétaire international ainsi créé est à la fois une règle de limitation du crédit par l’achat libre et transparent des primes de crédit et un moyen de règlement sûr des crédits internationaux. La monétisation internationale des primes de crédit assure la liquidité internationale par la reconnaissance internationale réciproque des États de droit nationaux en justification de tout prix.

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COMMENT LA RÉALITÉ ET LA DÉMOCRATIE POURRAIENT ÊTRE RÉINVENTÉES, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Imaginez-vous que les marchés d’option actuels sont pour la plupart fictifs au sens épistémologique du terme. Fictifs parce que non fondés sur la réalité objective vérifiable. En l’occurrence une réalité humainement engagée au présent dans le futur qui contienne un intérêt à réaliser ce qu’on promet. Imaginez-vous que ce vrai marché se fonde sur la cosmologie antérieure à la Renaissance où l’être donné était encore distinct du réel objectif ; où le prix n’était pas la marchandise mais annonçait un droit nominal à accéder à une valeur réelle distincte de la parole du vendeur.

Dans ce marché réel d’options réelles, tout est optionnel, tout est garanti, tout est réel et tout est temporel. Imaginez-vous que n’importe qui puisse se tromper y compris un commerçant, un financier ou un gouvernement et paye à l’avance la probabilité de ses erreurs. La probabilité de l’erreur est l’écart anticipé vérifiable entre le prix nominal et le prix réel à l’échéance. La probabilité n’est donc plus seulement une fiction mathématique mais la prime réelle d’option du prix nominal d’un objet livrable effectivement vendu à terme. Dans ce marché réel, il y a compensation entre le prix nominal de la vente effective du réel et la prime d’achat de la probabilité d’évaluation erronée du prix nominal.

Compensation signifie différenciation par l’intelligence libre de l’être donné de la réalité par le réel objectif du prix décomposé en nominal et prime. Compensation signifie réconciliation en droit de l’acheteur, du vendeur et du primaire de la réalité probable ; de la réalité qui se constate avec les prix et qui sera traduite en réalité physique sensible. Compensation signifie encore que l’acheteur primaire devra régler à l’échéance la différence visible sur le marché comptant entre le prix nominal promis et le prix réel effectif dans la livraison réelle de l’objet promis.

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VALEUR, INTÉRÊT ET PRIX DANS LA DÉMOCRATIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Une réponse aux commentaires de Kercoz, Rosebud1871, Yano, Caleb Irri, Fab, Johannes Finckh et Shadok au billet sur la révolution monétaire de la démocratie. Ce billet cherche une formulation politique de l’acte de faillite du système de la ploutocratie qui serve à le remplacer par le système de la démocratie réelle.

Intérêt du sujet pour l’objet

La valeur est associée au sujet par l’intérêt. Le sujet est singulier ou pluriel ; l’intérêt est particulier ou collectif ; la valeur est privée ou générale. Le « ou » est dans ces trois propositions inclusif et non exclusif. Le « ou » fait relation à la liberté du sujet entre le singulier et le pluriel, le particulier et le collectif, le privé et le général. Dans la conceptualité aristotélicienne de la matière, de la forme, de la fin et de l’effet, le sujet est l’effet qui produit dans l’intérêt la forme reliant la fin du sujet à la matière de l’objet. Mon intérêt formel pour l’orange matérielle que je saisis est le choix que je fais de la déguster. Mon intérêt pour l’orange n’est pas le vôtre pour vous qui préférez la pomme. L’intérêt différencie finalement, formellement et matériellement les sujets reliés par les objets.

Parce que l’intérêt est matériel, objectif et subjectif, il se monétise. La monétisation de l’intérêt matérialise quelque chose qui n’est ni la matière du sujet, ni la matière de l’objet bien que l’intérêt soit lié au sujet et à l’objet. L’intérêt monétisé matérialise la fin que le sujet investit dans la matière de l’objet. Sans la monétisation de la fin du sujet dans l’objet matériel, les fins ne sont pas négociables entre les sujets. Les sujets sont enfermés dans leurs propres fins. Ils ne peuvent pas se servir réciproquement ; ils ne peuvent pas servir leurs fins par le service des fins d’autrui. La monétisation de l’intérêt est une forme qui permet sa matérialisation. Et c’est la matérialisation de l’intérêt qui produit visiblement la monnaie matérielle distincte des sujets et des objets qui la motivent.

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LE CAPITALISME EST-IL LIMITÉ PAR UNE MORALE ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les excès de la crise financière posent un problème politique et moral d’identification et de mesure de l’excès. S’il y a réellement excès, il doit être qualifié pour être réduit et le cas échéant résorbé. L’excès financier interroge les fondements de la civilisation qui a inventé le capitalisme. Ces fondements sont la politique de la Grèce antique et le monothéisme judéo-chrétien. La démocratie grecque est la libre discussion de la valeur. Le monothéisme est la libre progression vers un bien supposé commun et universel.

Pour juger de la valeur de sa liberté et de l’accroissement de la valeur, l’intelligence doit compter. L’excès est un jugement du langage humain sur l’existence de la liberté et sur la variation de cette liberté. La mesure de l’excès introduit l’homme dans la question du sens. Il ne peut pas donner de sens à l’excès sans une référence extérieure à la mesure. Les Grecs forgent leur jugement dans la démocratie. Les Juifs dans la parole du Dieu unique. Les deux démarches fondent la monnaie qui transforme le jugement en nombre, c’est à dire en prix. Dans le modèle aristotélicien, la monnaie matérialise le prix qui ne sort pas des limites de la démocratie. Dans le langage juif, la monnaie forme le prix par l’interprétation de la volonté monothéiste.

Les deux cosmologies grecque et juive convergent dans l’empire romain. Les monnaies de Rome servent à la fois à payer aux dieux le prix de ses excès, à régler les échanges commerciaux et à payer l’impôt à la justice romaine. Le libre échange dans un espace politique unifié par un même système de mesure du droit permet le crédit et l’accroissement de la circulation monétaire. L’Empire romain est le berceau du christianisme qui fusionne le monothéisme juif avec la démocratie grecque. Le christianisme fonde la loi sur l’égalité des hommes devant Dieu. Tout individu croyant ou non-croyant est appelé à devenir le citoyen du Ciel.

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SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. Les dérèglements financiers actuels ne sont pas l’effet d’une cyclicité économique naturelle mais la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation. La compétition économique entre les États-nations détruit la notion d’égalité devant la Loi. Les prix réels et financiers sont produits en asymétrie d’information et de droit entre les acteurs économiques. Les acteurs en position internationale arbitrent les systèmes juridiques. Ils reportent le risque financier sur les acteurs dépendant d’une protection publique nationale légale. Les pertes financières qu’occasionnent des bénéfices expatriables pèsent par la fiscalité et par les coûts collectifs d’assurance sur les économies domestiques. Le système financier mondial s’autodétruit dans ses bases politiques et économiques réelles.

Les projets européens de convergence fiscale, de constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques et d’assurance financière commune des équilibres économiques sont nécessaires à la resolvabilisation des États européens. Mais ils ne créent pas d’ordre politique mondial ni ne soldent les pertes impayées du passé. Or l’Union Européenne constitue en elle-même un modèle d’organisation politique et financière multinationale générateur d’équilibre économique. Pour être efficiente, l’Union doit s’affranchir du désordre monétaire qui résulte de l’incapacité des États-Unis à réguler la liquidité mondiale par le dollar. L’Union doit pouvoir régler avec certitude tous ses engagements financiers dans d’autres monnaies que les siennes tout en s’appliquant à elle-même la régulation qu’elle juge utile au maintien de ses équilibres internes. La solution est de construire un marché des changes européen régi par le droit européen actuel où les Européens s’engagent à coter toutes leurs monnaies ainsi que leurs dettes publiques.

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PLAN DE SAUVETAGE DE L’EUROPE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Définition du prix

Définissons le prix comme un nombre affecté à quelque chose par quelqu’un. Le prix est alors une parole par laquelle un sujet déclare qu’un objet vaut tant. La parole entendue fait la réalité du prix mais pas sa vérité. Pour qu’un prix soit vrai, il faut qu’il soit échangé contre l’objet avec un autre sujet. Deux sujets accordent alors le même prix à un même objet réel. Mais l’échange entre deux opère une compensation du risque de vérité du prix de l’objet. Pour le vendeur du prix, le risque est que la valeur représentée dans le prix ne soit pas la valeur réelle de l’objet à recevoir. La valeur est une perception distincte de la réalité objective concrète. Pour l’acheteur du prix, le risque est que l’objet décrit en parole dans la négociation financière ne soit pas exactement l’objet réel à produire.

Si le crédit est la confiance que l’acheteur et le vendeur peuvent s’accorder réciproquement dans la double équivalence entre eux du prix et de l’objet réel, alors le crédit est réel par l’échange de l’objet contre le prix. Mais il n’est pas vrai : l’acheteur peut découvrir après la négociation que la valeur de l’objet est en dessous de celle du prix et le vendeur que la valeur du prix est en dessous de l’objet cédé. Pour que le crédit du prix soit vrai, il faut qu’un troisième sujet constate que le sens du risque de la réalité du prix et de l’objet est dans le même sens pour l’acheteur et le vendeur. Faute de quoi, l’échange ne crée par de valeur égale entre l’acheteur et le vendeur puisque l’un risque de perdre ce que l’autre va gagner.

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UNE CONSTITUTION POUR L’ECONOMIE, par Zébu

Billet invité. Ma « théorie des statuts sociaux réciproques dans la formation du prix » dont il est question ici se trouve dans Le prix (éditions du Croquant 2010). Je voudrais mentionner immédiatement que le billet de Zébu constitue une contribution importante à la théorie que je mets en place dans mon livre. Le blog était déjà un instrument de diffusion d’information économique et financière, il joue également depuis un certain temps le rôle de think tank, la preuve est faite qu’une véritable équipe de recherche s’est bâtie autour de lui (le texte de Zébu reprend au bond des propositions émises par Pierre Sarton du Jonchay). Que vous ayez déjà eu l’occasion de le faire ou non, n’hésitez pas à l’avenir à intervenir vous aussi dans ce sens.

« Le droit de supprimer tous ceux qui nous agacent devrait figurer en première place dans la constitution de la Cité idéale. »

Emil Cioran, De l’inconvénient d’être né, 1973.

« Le droit d’opprimer tous ceux qui agacent le libéralisme figure en première place dans la constitution de l’Economie idéale (libérale) »

Anonyme, 2010.

Pierre Sarton du Jonchay a écrit il y a quelques temps un commentaire dans un billet intitulé  « Un programme pour la présidence française du G20 » une explicitation des termes qu’il utilise pour décrire ce qu’il appelle le marché unique d’option. C’est sur cette base là, associée au travail que mène Paul Jorion sur la formation des prix qu’il m’a semblé intéressant de formuler une réflexion, forcément inaboutie, dont l’objet serait de formaliser une proposition de Constitution pour l’économie. Sans qu’il faille reprendre l’ensemble de la terminologie, il apparaît nécessaire de reprendre succinctement quelques éléments clefs.

En premier lieu, un sujet (individu, personne morale, institution, etc.) désigne un objet dont il anticipe la fabrication ou la réalité : le nominal.

A ce nominal est associé un prix, que l’on dénomme donc prix nominal, qui permet à la fois de mettre en rapport l’objet anticipé (le nominal) avec d’autres objets, au travers d’un prix au comptant ou à terme (prix valable dans le présent immédiat ou à des échéances fixées dans le futur) mais aussi d’anticiper un prix pour un objet particulier. Ce prix nominal désignant un objet réel (ou à réaliser), appelé sous-jacent, forme une option, en trois étapes :

1/ un objet anticipé ;

2/ l’anticipation du prix de l’objet ;

3/ la réalisation de l’objet anticipé, au prix anticipé.

A ces trois étapes, il convient d’ajouter la livraison effective du sous-jacent, qui permet de déclarer que l’objet réalisé est bien réel pour celui à qui il était destiné (commanditaire, client, etc.).

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QUE VEUT FAIRE L’EUROPE AVEC l’EURO ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Crise internationale de la Loi

Dans une page difficile à tourner, François Leclerc passe en revue les contradictions politiques et économiques de l’Europe exacerbées par la crise des monnaies et du crédit. Depuis l’abandon de l’étalon or en aout 1971, la monnaie est dans le monde entier un pur produit des règles d’émission et de calcul du crédit par les banques centrales. Le crédit est depuis l’origine de la civilisation à la fois l’anticipation économique du futur et l’application du droit de la valeur dans une société. La relation formelle entre le droit et la loi économique qui rationaliserait la mesure de la valeur future n’est formulée ni par la science juridique, ni par la science économique. Cette relation est donc appliquée empiriquement. La crise actuelle traduit l’inefficience des règles élaborées dans le régime des changes flottants en vigueur depuis quarante ans. Le contexte nouveau d’une économie mondiale multipolaire précipite la dégénérescence de la monnaie. Les pouvoirs politiques ne savent pas comment réguler un système monétaire et financier qui ne trouve plus par lui-même les conditions d’une croissance économique compatible avec l’équilibre humain des sociétés.

La stabilité monétaire et financière est une question toujours ouverte d’économie politique. La création de l’euro a été une tentative de créer une référence monétaire internationale alternative au dollar. C’est la première expérience historique de monnaie multinationale dont la valeur soit fondée exclusivement sur le crédit. Une monnaie repose sur un système de valeur commun aux institutions politiques et aux agents économiques d’un même espace politique et culturel. L’hypothèse d’une communauté de valeur des États et citoyens de la zone euro a justifié l’instauration d’une même unité de compte. Tout objet de valeur formé dans cette communauté a pu s’échanger contre un prix en euro à la place des anciennes monnaies qui fluctuaient les unes par rapport aux autres.

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Le prix comme socle de la refondation démocratique des droits économiques, par zébu

Billet invité

Il y a quelques temps, nous discutions de l’opportunité de définir et de mettre en place une ‘Charte’ qui permettrait d’évaluer les entreprises et de leur attribuer un éventuel ‘label’.

Bien que dubitatif quant à l’effectivité de ce type d’action, il me semblait néanmoins intéressant d’en promouvoir l’idée.

Rétrospectivement, il apparaît que les termes étaient sans doute mal choisis car ils impliquent des concepts très différents.

Ainsi, une ‘charte’ peut très bien être une ‘charte qualité’, sorte de définition de principes, sur laquelle un cahier des charges pourrait s’appuyer pour définir les actions d’évaluation des ‘bonnes pratiques’ des entreprises. Dans ce cadre là, la ‘charte qualité’ n’est qu’une pétition de principe émise par une ou des entreprises et n’a pas de valeur légale en soit. Un ‘logo’ et une ‘marque’ peuvent être définis et attribués aux entreprises qui respectent cette ‘charte qualité’.

A l’inverse, si l’on parle de ‘label’, on décrit alors un cahier des charges défini et propriété d’institutions ministérielle ou interministérielles : le respect de ce cahier des charges a alors valeur légale et un ‘logo’ officiel vient signifier pour le consommateur le respect par l’organisme de ce cahier.

Sans refaire le débat sur l’utilité d’une ‘Charte’, il me semble que ce type d’outil est soit difficile à mettre en œuvre financièrement (nécessité d’audits payants), soit difficile à définir et à mettre en œuvre (labels) et que dans tous les cas, il ne permet pas aux consommateurs et/ou aux citoyens de participer à son élaboration et à l’évaluation directe des entreprises, finalité qui apparaît essentielle au regard des retours d’expérience sur ces types de processus mais aussi de l’impérieuse nécessité pour la démocratie de se ‘saisir’ de l’économie et pas uniquement de la réguler.

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Commentaire sur l’idée de « charte Blog de Paul Jorion », par zébu

Zébu nous fait parvenir le commentaire suivant, en réaction au billet Une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises.

J’ai immédiatement fait un parallèle avec le commerce équitable, que je connais un peu. Votre démarche fait d’ailleurs partie de mes réflexions sur le sujet, quant à la question d’une définition d’une norme éthique sur le commerce équitable : qui, quoi, comment …

A priori, si vous parlez de ‘Charte’, vous êtes pour un engagement non contraignant, car une charte (comme un ‘code de bonne conduite’) n’engage que ceux qui la font et ceux qui la croient. C’est une liste énoncée d’objectifs à atteindre, sans qu’aucun contrôle ne vienne vérifier si ces objectifs sont atteints ou non et de quelle manière. A l’inverse d’un ‘label’. Encore faut-il faire la différence entre un ‘label’ autoproclamé, comme celui de Max Havelaar pour le commerce équitable, qui n’est en ait qu’un logo et une ‘marque’ (de cahier des charges). Car un vrai ‘label’ est contrôlé par des organismes étatiques ou l’Etat directement (exemple : AOC pour le vin ou pour certains produits alimentaires).

Il me semble que vous ne parlez effectivement pas d’un label mais bien d’une charte, à laquelle viendrait s’adjoindre un contrôle du respect du cahier des charges.

Or l’exemple du commerce équitable montre que, quelles que soient les bonnes volontés, arrive (rapidement) un moment (pour le commerce équitable, ce fut en l’espace de 5 ans, entre l’entrée de ‘marques’ équitables reconnues et aujourd’hui la disponibilité dans la grande distribution) où les mécanismes mis en place dévient fortement. Je vous renvoie aux ouvrages, incisifs et partisans mais très intéressants de Christian Jacquiau sur la question et sur cet article de Novethic, de 2008 déjà.

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Aristote explique la production de valeur, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La monnaie mathématiquement complexe

La monnaie est l’effet du choix de numération de la valeur. La monnaie peut être la matérialisation de la valeur du travail seulement physique au présent ou aussi métaphysique en passé, présent et futur. Dans la matérialité de l’objet monétisable, de l’objet mesurable par la monnaie sur le marché, le sujet conçoit librement le prix de son travail comparé à celui des autres. La décision du travail signifie un sujet qui commence dans son imaginaire à offrir ce qu’il demande. S’il se voit capable de produire par lui-même ce qu’il veut, il va consommer directement le fruit de son travail. Parce que la valeur du sujet est le motif du travail, la transformation de matière physique est rationnellement une consommation de la forme introduite dans la matière. S’il est une raison de travailler, elle relie l’effet à la fin du travail par l’imaginaire personnel. Si le travailleur ne se voit pas capable de produire lui-même sa demande, il l’échange contre celle d’un autre qu’il pourvoie par son offre. Le travail est un échange d’imaginaire entre offre et demande de personnes individuelles d’une même collectivité. L’effet matériel du travail est une dépense de temps et d’énergie. L’effet formel du travail est la valeur sans laquelle le sujet n’aurait pas agi ni en offre, ni en demande. La valeur du travail est positivement ordonnée par l’imaginaire : à la fois réellement négative en ne répondant pas tout à fait à une demande et réellement positive par l’échange équilibré en offre et demande de sa production consommée.

L’imaginaire origine les causes métaphysiques du travail humain. L’origination forme la relation entre la fin et l’effet. Avant la consommation d’énergie physique qui matérialise le travail, l’origine relie la matérialité de l’effet à une fin intelligible. L’origine mathématiquement complexe du travail est l’échange effectif d’un objet produit contre un objet consommé. La valeur de l’objet consommé justifie la valeur de l’objet produit. S’agissant matériellement du même objet, c’est la différence entre le sujet producteur et le sujet consommateur qui prouve objectivement la valeur du travail échangé. La contrepartie de l’échange établit le prix de l’objet travaillé. Dans le troc, la contrepartie est un autre objet également travaillé, au minimum par l’identification de la forme qui lui donne sa valeur. Si la contrevaleur de l’échange est une matière qui n’a nécessité aucune dépense d’énergie physique à son porteur, mais seulement l’identification de sa forme numéraire, alors elle est monétaire ; utile non par sa matérialité physique mais par sa représentation du nombre issu du travail de réalité dans l’imaginaire. Qu’il soit ou non physiquement matérialisé, le prix est un nombre réel imaginaire ; matériellement visible dans le nombre réel et physiquement invisible dans la plus-value des acteurs de l’échange.

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