CDS : LA CLÉ DU BIEN COMMUN MONDIAL, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Résumé

Le credit default swap (CDS) est un instrument financier de cautionnement. Rendu négociable par titrisation, il distingue le prix du risque de crédit du prix de la liquidité du crédit. Le CDS permet tout autant de partager et mesurer le risque de défaut que de spéculer sur le prix de la solvabilité d’un débiteur. Mais en l’absence de marché mondial organisé, le calcul des primes de CDS est dissocié de l’endettement réel des débiteurs et de l’obligation concrète systématique de garantir effectivement le remboursement complet des dettes.

La négociation internationale des CDS ne repose pas sur des normes objectives de solvabilité publique et bancaire. Ainsi est-il impossible de solder la perte de crédit de l’État grec par les primes de CDS souscrites alors-même que le prix d’achat des primes indique un défaut manifeste sur la dette publique. Si les créanciers de la Grèce prennent l’initiative d’une chambre de compensation mondiale des primes de crédit des États et des banques, ils se mettent en mesure de calculer immédiatement les pertes de crédit de tout le système financier.

Une telle compensation permettrait l’émission d’une monnaie internationale à hauteur des primes négociées sur la couverture des crédits en monnaie nationale. L’étalon monétaire international ainsi créé est à la fois une règle de limitation du crédit par l’achat libre et transparent des primes de crédit et un moyen de règlement sûr des crédits internationaux. La monétisation internationale des primes de crédit assure la liquidité internationale par la reconnaissance internationale réciproque des États de droit nationaux en justification de tout prix.

Le prix réel du crédit

En bon français, le Credit Default Swap (CDS) est une caution. Quelqu’un, la caution, se porte garant d’un engagement de quelqu’autre à régler l’achat d’un objet concret à un vendeur qui le lui prête en attendant son règlement. Le prêt signifie que le prix n’est pas réglé simultanément à la livraison de l’objet irrévocablement vendu. Le vendeur demande une caution car n’étant pas totalement payé du prix de sa vente irrévocable, il s’expose au défaut de l’acheteur.

La caution renforce le crédit que le vendeur accorde à l’acheteur engagé dans le prix de l’objet désigné dans le contrat de cautionnement. Le CDS est une caution titrisée afin d’être négociable. Si le débiteur fait défaut dans les conditions nommées dans le contrat, l’acheteur du risque de crédit doit régler les engagements du débiteur à sa place. La titrisation vise à attribuer un prix à la prime de crédit du débiteur nommé dans le CDS. L’acheteur de la prime du CDS peut revendre le titre à sa guise et se faire régler le prix de la prime.

Le motif réel d’émission d’un CDS est l’existence d’une dette d’un certain montant actuelle ou potentielle du débiteur nommé par le titre. Les créanciers du débiteur veulent toucher le taux d’intérêt de leurs prêts ou de leurs engagements irrévocables de prêter sans courir le risque de ne pas être intégralement réglés. Pour ne pas courir le risque de perdre du principal ou des intérêts, ils vendent dans le CDS la prime de crédit du débiteur.

Le prix décomposé du crédit

Les créanciers réels paient aux acheteurs de CDS la fraction du taux d’intérêt initial qui représente le prix du risque de crédit du débiteur effectif. La raison de l’émission d’un CDS est la cotation de la prime de crédit d’un débiteur indépendamment de ses contrats de crédit en cours ou à venir. Le CDS dissocie dans le taux d’intérêt réglé par le débiteur le prix du temps et le prix du risque de crédit.

Le prix du temps est le « loyer de l’argent » : le prix de la livraison différée de l’objet réel d’un droit dont le prix est certifié. Le prix du temps en proportion du prix nominal de l’objet emprunté est le même pour tout débiteur dans un système d’égalité des droits au crédit. Il engendre deux niveaux de calcul. Le calcul nominal évalue le loyer de l’argent qui égalise selon la production à venir la capacité de tout emprunteur à régler dans le futur le prix de ses emprunts.

Le deuxième niveau de calcul ajoute au loyer de l’argent la prime du crédit propre au débiteur. La prime du prix du crédit estime l’incertitude du calcul du crédit appliqué au projet spécifique de l’emprunteur. La prime de crédit d’un débiteur sur l’objet de son emprunt apprécie l’erreur possible de calcul entre l’emprunteur et les prêteurs dans l’hypothèse d’une application d’un droit commun  non discutable des engagements échangés.

La spéculation cachée dans l’anticipation objective

Le CDS d’un débiteur représente sa prime de crédit dans l’hypothèse d’un loyer de l’argent commun, c’est à dire d’un prix de la liquidité identique pour tout prêteur et tout emprunteur. La prime de crédit distincte du prix de la liquidité juridique du crédit sépare l’appréciation de la liquidité et du crédit dans l’anticipation des prix. Le calcul primaire s’intéresse à la variabilité réelle de la prime au fil du temps. La variation du prix de la prime est supposée indexée sur des engagements réels du débiteur nommé dans le CDS.

La prime reflète l’appréciation de la solvabilité réelle du débiteur dans la durée de ses emprunts effectifs. La négociation purement spéculative de la prime de CDS consiste à ignorer totalement l’endettement réel ou potentiel du débiteur au regard de ses engagements réels présent et à venir. Le spéculateur cherche exclusivement une plus-value sur la variation du prix de la prime. Ignorant la situation réelle du débiteur sous-jacent, il parie sur l’interprétation que le « marché » fera des informations vraies ou fausses circulant sur le débiteur.

La spéculation est même directrice du prix ; les contreparties potentiellement acheteuses ou vendeuses considèrent la solvabilité nominale du débiteur à travers l’analyse des positions de marché qu’elles connaissent. La titrisation des cautions rend liquide le prix de la prime de crédit mais dissimule les garants véritables de la dette. La spéculation sur le prix pur se cache derrière la spéculation sur le risque de crédit qui se cache derrière la possibilité de garantie effective d’une dette réellement contractée.

Le droit analytique non synthétisable

La titrisation sépare analytiquement la réalité des comptes du débiteur du calcul du prix de sa solvabilité. Puis elle sépare le prix de la solvabilité de l’intention effective des garants potentiels d’un débiteur. Enfin elle sépare l’intention réelle de l’acheteur ou vendeur du CDS de sa capacité objective à garantir le débiteur. Mais hors du marché véritable, le prix analytique n’est pas synthétisable dans le réel.

Contrairement au vocabulaire de la finance, le marché des CDS n’a pas d’existence effective. Acheteurs et vendeurs ne sont pas tous identifiables ni reconnaissables.Les objets et garanties négociées ne sont pas effectivement ni publiquement livrables. Les prix ne sont pas vérifiés par des  flux monétaires visibles par des témoins indépendants des acheteurs et des vendeurs. Les primes réglées n’ont pas de conséquences nécessairement utiles pour les emprunteurs et les prêteurs.

En l’occurrence, le défaut du débiteur nommé dans un CDS peut ne pas être constatable ni pris en charge par les acheteurs identifiés et solvables de la prime. Pour qu’un marché de CDS produise de la liquidité, il faut que cette liquidité soit à la fois, la liquidité du débiteur garanti, la liquidité du prix de la prime, la liquidité des acheteurs de la prime et la liquidité des vendeurs de la prime.

Démystification internationale du crédit

Être vendeur liquide signifie dans une situation de droit de pouvoir produire l’objet de ce qui a été vendu entre les mains de tout acheteur. Dans un État de droit, un vendeur de CDS vend quelque chose s’il est effectivement prêteur du débiteur ; s’il est garant du débiteur ; ou s’il est garant du garant du débiteur. La réalité vraie du marché de CDS est impossible si quelqu’un peut affirmer détenir une prime de CDS sans que le défaut du débiteur puisse être objectivement constaté et effectivement imputé sur l’acheteur primaire.

Dans la crise actuelle, il est certain que l’État de droit n’existe pas ; que tous les CDS prétendument négociés n’existent pas réellement. Les vendeurs nus de CDS usent de leur réputation financière pour vendre des primes qu’ils n’ont jamais achetées ni émises pour se couvrir d’une garantie effectivement vendue sur un risque de crédit possible et probable. Ils font croire à la dégradation du crédit d’un débiteur pour racheter la prime au-dessus du prix où ils l’avaient fictivement vendue.

En symétrie de la vente nue figure le défaut impossible à nommer. L’irréalité des CDS est la clé de la faillite manifestée en Grèce du système financier mondial. Les conditions de défaut de l’État grec sont implicitement réalisées. Le prix des actifs que la Grèce peut vendre et le potentiel fiscal de l’économie grecque sont inférieurs de 20 à 50 % au prix actualisé en droit européen de la dette publique.

Indétermination réelle du crédit international

Il n’est aucune loi ou règle commune ni européenne ni internationale fixant objectivement les signes d’un défaut souverain. Il est au contraire convenu qu’un État souverain est responsable en dernier ressort de son système juridique par quoi les critères du défaut sont justement définis. Comme le système financier est international, il émet et négocie des CDS sur des critères de défaut dont la définition est privée.

Aucun « événement de crédit » universellement reconnu comme tel n’oblige publiquement et indiscutablement un acheteur primaire à régler les engagements d’un débiteur souverain. Un palliatif a été instauré avec les agences de notations. Le défaut est matérialisé par la dégradation de la notation privée du débiteur souverain. Mais la rémunération d’une agence de notation n’est pas indexée sur la pertinence objective de ses appréciations.

Les pays développés ont promu la notation privée du crédit public en croyant leur solvabilité indiscutable et infinie. Or la crise des subprimes a révélé un endettement public implicite issu de la non-régulation du système financier par les États. Les États développés se sont mis en situation d’insolvabilité réelle de ne pas avoir défini et partagé un critère commun de limitation des dettes ; critère qui s’imposât également aux banques nécessairement prêteuses de ce qu’elles empruntent.

La responsabilité politique piégée par la finance

Les CDS sans marché piègent les États de droit dans leur souveraineté. La souveraineté est juridique mais non économique. Or la réalité économique mondialisée permet d’emprunter en dehors de sa nationalité juridique ; donc d’appliquer les règles financières de son choix hors des lois du pays où l’on réside. Banques et États se financent donc dans l’espace international hors de toute régulation du crédit.

Les États ont renié l’autorité de leurs lois sur les transactions financières. Si les autorités politiques, seules sources de régulation financièrement objectives, constatent l’insolvabilité réelle de la Grèce, elles sont obligées d’énoncer des normes qui fassent droit. Elles sont obligées de reconnaître que les États de droit garants du système financier international sont en dehors des normes qui rendent toutes les dettes remboursables.

Le prix de la dette nominale mondiale dans l’ensemble des monnaies est alors de fait reconnu au-dessus du prix réellement remboursable en droit positif efficient. La conséquence logique de la réalité juridique et financière objective est la prononciation d’un défaut international généralisé de tous les États, toutes les banques centrales et toutes les banques privées.

Conditions d’un équilibre systémique du crédit

États et banques se tiennent réciproquement dans leur déni de la réalité. La négation du surendettement public et bancaire force la diminution des droits réels dus aux citoyens et agents économiques. La contrevaleur réelle des dépôts de créances bancaires et publiques est abaissée par la diminution des protections sociales publiques et par la baisse des salaires réels. Les bas taux d’intérêt privent les prêteurs du prix de leurs droits futurs. Les primes de crédit élevées s’appliquent aux emprunteurs qui ne sont pas à l’origine du risque de crédit.

Si le défaut réel du système financier est nominalement constaté, il faut entrer dans un processus d’évaluation des pertes de crédit ; d’imputation de ces pertes sur les propriétaires explicites et implicites des capitaux propres bancaires ; puis sur les créanciers du système financier selon la responsabilité prise dans l’allocation excessive de crédit aux débiteurs insolvables.

La liquidation des pertes systémiques de crédit doit être internationale. Elle implique un réajustement rationnel des taux de change entre monnaies pour restaurer la compétitivité des zones monétaires globalement surendettées par rapport à des pays commercialement excédentaires. Les monnaies adossées au crédit sont les instruments d’une compensation internationale des pertes de crédit à la condition d’une convertibilité indépendante des prêteurs et des emprunteurs.

Limites rationnelles du crédit réel

Les pays qui n’ont pas de monnaies différentes de celles de leurs principaux créanciers étrangers doivent bénéficier d’abandons partiels de dette à la charge des budgets publics des créanciers qui en ont les moyens. La négation financière et juridique de la réalité économique internationale contient trois défaillances logiques : l’inégalité des droits financiers par une hiérarchie implicite des nationalités ; l’asymétrie des statuts de négociation entre banques, États, autres acteurs internationaux et acteurs nationaux ; enfin l’absence de limite internationale objective et positive à des poursuites contre un débiteur défaillant.

Dans le régime de l’étalon or, les créanciers internationaux limitaient l’exigence de remboursement de leurs créances aux réserves d’or de leurs débiteurs. Ils ajustaient alors en conséquence leurs crédits et leur risque de crédit. Depuis l’abandon de tout étalon monétaire international, les relations financières sont régies par des rapports de force arbitraire. Emprunter dans sa propre monnaie comme les États-Unis permet de dévaluer ses dettes ; prêter dans la monnaie des autres comme le fait la Chine permet de manipuler ses prix intérieurs contre le droit domestique.

La restauration d’une mesure réaliste du crédit international et national passe par un marché international organisé de CDS. Un tel marché limiterait le crédit par les primes effectivement achetées par des investisseurs identifiés, solvables et garants effectifs de défaut de crédit réellement identifiables. De la même façon, le marché commun mondial de CDS évaluerait et répartirait les pertes actuelles du système financier.

Prix mesuré de la responsabilité du crédit

Le vrai CDS est un outil financier de responsabilité de la mesure du crédit réel dans n’importe quel système juridique. S’il est interdit à un emprunteur d’être garanti par un acheteur primaire qu’il contrôle d’une quelconque manière et si un marché international contrôlé par des pouvoirs judiciaires indépendants vérifie la stricte application de l’obligation de vendre sa prime de crédit, alors la mesure de la solvabilité de tout emprunteur devient objective.

Objective avant d’accorder un crédit et objective après l’octroi d’un crédit jusqu’au remboursement effectif ou annulation de la dette objectivement mal appréciée. L’annulation objective d’une dette se prononce quand il est impossible de trouver un garant lui-même garanti par le marché dont les primes de crédit restent positives.

Tous les créanciers de la Grèce peuvent s’accorder pour coter le CDS grec sur le même marché que le CDS de chaque créancier et de chaque garant actuel ou potentiel. Les États émettent deux CDS, l’un au titre de leur garantie à l’émission monétaire de leur banque centrale et l’autre au titre de leur dette propre. Les banques centrales émettent des CDS au titre de leurs emprunts en devise. Elles allouent leur liquidité à proportion du prix des CDS des banques qu’elles refinancent et des titres qu’elles prennent en garantie de leur émission monétaire.

Étalonnage monétaire en certitude du crédit international

Les banques internationales empruntent en devise selon la cotation de leur CDS et prêtent selon la cotation du CDS de leur débiteur. Pour qu’aucun acteur ne puisse manipuler dans sa monnaie le prix net de son portefeuille de primes achetées et vendues, les primes de crédit international sont cotées en monnaie internationale. Une monnaie émise à proportion des primes émises sur les créances de toute nature déposées dans le marché international.

Le dépôt d’une créance dans n’importe quelle monnaie induit une double cotation du débiteur et de tous les garants du débiteur en monnaie internationale. Le marché international de CDS induit un état de droit financier multinational. La communauté mondiale des acheteurs primaires de crédit devient garante du remboursement de n’importe quel crédit dont l’objet soit garanti licite par une banque responsable devant le pouvoir judiciaire d’un État national.

Le défaut d’un débiteur se prononce quand le prix nominal de ses dettes induit une prime négative chez ses garants et contre-garants internationaux. La perte de crédit est soldée par la dépréciation de la monnaie de l’emprunteur, de ses garants et contre-garants. Le prix des actifs réels nationaux sous-jacents au crédit et aux primes de crédit en monnaie nationale est revalorisable en monnaie internationale.

Croissance crédible en humanité

Le CDS négociable dans un marché d’égalité de droit débouche sur une compensation mondiale des crédits de prix. Le crédit des vendeurs est effectif par l’engagement vérifiable de livrer des objets licites à des acheteurs solvables par le prix de leur travail réel. Les monnaies nationales évaluent le prix du crédit dans des communautés nationales de droit. La monnaie internationale évalue le prix du droit entre les communautés nationales en relation rationnelle de crédit.

Les primes de crédit et les taux de change des monnaies nationales en monnaie internationale évaluent l’équilibre permanent entre le réellement possible et le rationnellement promis. Le faire, le dire et le vouloir sont distincts mais délibérément liés dans une rationalité économique mondialement reconnue par un droit commun universellement accepté et garanti. La finance réalise alors l’économie du pouvoir politique de garantir la démocratie.

Si le bien commun prime sur la compétition des individus, la production de pauvreté par la hiérarchisation des hommes cesse. La primauté de la compétition économique sur les droits de l’homme réduit la production et la consommation de biens et services à des droits minorés par la recherche de plus-value monétaire. La primauté du bien commun offre au contraire un potentiel maximal d’enrichissement par le crédit rationnel accordé à tout homme de transformer le réel.

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35 réflexions sur « CDS : LA CLÉ DU BIEN COMMUN MONDIAL, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. @ Pierre Sarton du Jonchay

    Pour moi, vous trahissez Aristote. Vous avez beau tortiller vos phrases, votre système de mesure de la valeur ne fait que prolonger le système que vous avez servi jusqu’ici. Ce que vous proposez n’est que sa mise a jour pour servir l’Élite qui gouvernera sur un monde de servitude (déjà millénaire). De toutes vos belles paroles sur l’humain il ne transpire qu’une froide insensibilité (attribut d’analyste financier?).

    Jacques Attali justifie comme moteur de sa culture la transformation de la nature, mauvaise par principe (drôle de principe, diabolique mémé), par l’humain (serf) pendant que les organisateurs des échanges prélèvent leur intérêt au passage. Vous organisez d’abord un marché, ensuite vous gérez et pompez sur les flux par dérivation (CDS?).

    A la place d’en faire l’économie, l’homme moderne c’est octroyé tout seul le droit de transformer le réel, c’est pour ca qu’il va « en faire » un « enfer ». C’est juste une « transformation » méthodique.

    Salutations

    1. @gigi l’amoroso,
      Votre propos est honnête : vous annoncez bien qu’il exprime votre jugement personnel. Votre présentation de la finance comme outil de « transformation méthodique » me paraît conforme à la réalité. De même l’arrogance de l’homme moderne qui s’octroie tout seul le droit de transformer le réel et se fabrique l’enfer. Il faudrait cependant préciser le « tout seul ». Et expliciter l’intention qui produit d’une méthode neutre en elle-même un résultat qui ne vous plait pas, ni à moi d’ailleurs quoique vous en disiez.

      Pour énoncer votre opinion, vous me prêtez des intentions et une sensibilité. Mais ni vos paroles ni les miennes ne prouvent quoique ce soit en la matière. Mon expérience personnelle en matière financière n’est pas une détermination de mes intentions ni de ma sensibilité. Il n’est donc pas absurde d’imaginer que les CDS puissent avoir un autre sens que la destruction spéculative que certains opérateurs financiers leur donnent actuellement.

      C’est là que le « tout seul » est important. La malignité des CDS s’y trouve. Des opérateurs financiers manipulent le prix du risque de crédit par la liberté qui leur est laissée de négocier des objets invisibles hors de tout contexte de loi et de rationalité partagées. Le CDS non régulé sert à faire prévaloir des intérêts oligarchiques. Le CDS négociable par une chambre de compensation selon des règles transparentes sert au contraire à mesurer et partager l’incertitude du crédit entre des acteurs engagés dans la production de réalités conformes au bien commun.

      Évidemment, on entre alors dans la discussion du bien commun humain qui n’est pas du domaine spécifique de la finance mais d’une politique indépendante des intérêts financiers.

      1. Vous lisant et en me relisant le lendemain je trouve mes propos odieux a votre égard.
        Je vous prie de me pardonner.
        Il transparait dans vos réponses une certaine sérénité, malgré les nombreuses mises a l’épreuve. C’est la seule chose qui me donne de l’espoir dans votre recherche de finalité.

        Mes propos ne faisait qu’exprimer autrement mon intuition que le système monétaire doit redémarrer un autre cycle pour suivre les aménagements géopolitiques et que vous œuvrez pour mener a bien sa métamorphose.
        C’est une forme d’intuition qui, au delà des concepts de bien et de mal, vous fait ressentir si il y a un but. Cela suffit a engendrer des conséquences. Car du point de vue de l’humain architecte et par rapport a son but, tout est permis, pourvus que cela soit possible. Rares sont ceux qui peuvent renoncer a leur pouvoir sur le réel. L’humain a trop de pouvoir sur la matière par rapport a sa sagesse. Comme il est matière lui même, c’est juste un suicide très élaboré qu’il met en œuvre.

        Le conceptrice des CDS, Blythe Masters, avait un but final. J’espère juste que le sien ne concorde pas avec le votre si non je peux retirer l’espoir de ce contexte.

        L’Italie dos au mur, suit L’Allemagne pour interdire les CDS nus.
        http://www.zerohedge.com/article/italy-may-enforce-naked-short-selling-ban-early-tonight-prevent-market-rout

        C’est bon pour nous?

        Veuillez recevoir mes salutations respectueuses.

      2. Merci Gigi,
        L’interdiction des CDS nus va clairement dans le bon sens. Mais pour que l’interdiction soit effective, il faut que les CDS non nus soient visiblement « habillés » pour être différentiables des nus. Sans compensation centralisée des contrats de dette, des encours effectifs et des primes, il est impossible de différencier un CDS nu d’un CDS habillé.

  2. Si je comprends bien, il suffirait de décréter que les CDS nus sont, de plein droit, sans valeur
    pour forcer soit la disparition du CDS en question (effet pscihtt), soit l’obligation d’acheter de la dette à raison de la valeur couverte par le cds.

    Ce serait une splendide occasion de forcer les spéculateurs à cracher au bassinet.
    Faire correspondre les titres émis à la réalité ….

  3. Comment une économie peut-elle survivre si on ne résout pas l’immense dette crée par laxisme et cupidité des responsables des trop fameux CDS & CDO.
    Pour quelle raison les banques ont-elles jouées le rôle d’assureur du risque de défaut d’une dette sans disposer de fonds de réserve suffisant…
    1 Le prêt à intérêt.
    2 Transposer le risque sur un autre organisme financier, avec à la clé encaissement de l’intérêt sans rien faire, juste a estimer le risque.
    (sauf que le risque n’a pas été clairement évalué)
    3 Parier sur le défaut.
    Paradoxalement risque en ce qui concerne les populations, est incomparablement plus draconien que pour les instituts financiers (AAA) et aussi pourquoi pas (WWW) tant qu’ on y est.
    Les banques ont donc été à la fois assureur et préteur.
    Reporter sur les peuples une dette de 55 000 Milliards de dollars, alors que les acteurs de la crise ont été irresponsables, en mettant sous le joug de la dette les peuples et d’autre part prendre des positions sur les matières premières pour se refaire, c’est aussi un très grand risque.
    Premièrement un risque stagnation, d’ économie rétrograde et deuxièmement une déstabilisation sociale majeure, les deux cas de figure n’augure rien de réjouissant.

  4. « BIEN COMMUN MONDIAL  » … Meme en gros caractère , ça reste un oxymore .
    Le « bien commun » est ce qui résulte du passage a l’animal social , du gain de productivité obtenu par cette socialisation ;..mais cette socialisation (et donc , son « bien commun »), n’a pu se faire que sur un certain modèle conforté par la durée et la nécessité , entre autres contraintes , l’ AFFECT qui doit interagir entre les éléments du groupe …. contrainte donc qui limite la population du groupe …….. cette parcellisation induit des « biens communs  » hétérogènes ..injustice certe , mais alterité nécessaire a la vie , et au commerce meme ……Cette volonté affichée de « finitude » supprime l’altérité et induit un monde nivelé (par le bas bien sur) et surtout désenchanté .

    1. @Kercoz,
      Oxymore si l’universalité n’existe pas. Si le bien commun n’est qu’un gain de productivité issu de la socialisation. S’il n’existe donc pas de sens partageable des affects humains. Si l’individualisme vous laisse indifférent.

      1. L’ universalité , comme Dieu , ne présente aucun interet , puisque le moteur est l’altérité . Seule façon de freiner l’entropie ……….La surface lunaire est « universelle » …Tout y est égal et equitable .

      2. @PSDJ:
        /////Si le bien commun n’est qu’un gain de productivité issu de la socialisation///////

        Le  » ne qu’ «  » est un jugement de valeur (négatif) qui reste a débattre . Le prix a payer pour ce « gain » que vous méprisez , n’est pas encore règlé ….bien des traumas sont ds a la perte de notre liberté initiale et a l’ inhibition de notre agressivité originelle … surtout qd le « deal » est faussé …..une étude récente montre , chez les enfants un écart important dans la gestion de la séroténine …….
        Ce « bien commun » originel , outre une régulation meilleur des appro nutritifs et de la protection /stress , etait du tems « gagné » …et réinvestit , non en objets commercialisable , mais en biens culturels servant a renforcer la structure du groupe .

        .//////// S’il n’existe donc pas de sens partageable des affects humains.//////////
        Le sens partageable existe , mais il ne peut etre référencé , comme au theatre qu’avec l’unité de tems et de lieu , c’est adire du groupe et de ses interactions , et non avec des milliards de « barbares » qui ont d’autres milieux et d’autres contingences qui ne nous interressent pas ou peu .

        //// Si l’individualisme vous laisse indifférent.////
        L’optimisation de l’individualisme ne peut se faire que par l’optimisation du groupe …et notre « individualité  » actuelle tend vers zero …paece que le groupe tend vers l’infini .

    2. Mon premier réflexe c’est:  » faut quand même pas être fatiguer », pour développer la dessus, par rapport à l’ensemble du texte, en plus on a le droit à quelques « nominales » (histoire de) et pas le moindre « option », c’est cool.
      Permettre à toutes les nations d’assurer les besoins primaires de leurs peuples (manger boire donner un potentiel d’espérance de vie), ça peut-être aussi considéré comme un bien commun, sans être défini comme concept divin, après on peu faire des débats sans fin, on a pas encore nommé PSJ comme dictateur universel et je mise qu’on a encore quelques jours devant nous.
      🙂

      1. @Génissel
        vous dites :
        //////Permettre à toutes les nations d’assurer les besoins primaires de leurs peuples (manger boire donner un potentiel d’espérance de vie), ça peut-être aussi considéré comme un bien commun,///////////
        Il y a là deux niveaux de pouvoir de trop : «  »permettre » , donc qqun ou qq chose autorise . ….puis : la « nation » assure les besoins primaire ….. c’ est là l’ erreur , c’est à l’individu et son groupe d’ « assurer » ses besoins primaires !
        Que l’on tolère la notion de « nation » pour des servitudes obligatoires , ok ….mais les serviteurs doivent savoir rester a leur place .

      2. si vous voulez kercoz (je développe pas), mais je préfère quand vous parlez de botanique, vous êtes plus passionné et moins rigide 🙂

  5. Et puis-je poser la question?

    a quoi servent les CDS?

    toutes les réponses du monde risquent d’aboutir au même résultat!

    1. hé hé
      Vous ne connaissez pas encore le PSDJ .Classique sans nouvelles formules ,juste CDS aujourd’hui et recalé demain..
      bof

  6. Merci beaucoup pour cet exposé qui était nécessaire;
    j’avoue que la lecture peut donner la migraine, car on a du mal à se mettre dans la peau des spéculateurs (quand on ne l’est pas à ce point).
    Si j’ai bien compris, les assureurs revendent par titrisation les primes encaissées à d’autres, histoire de se désengager quand une dette devient risqué. La forte prime de risque attachée à ces CDS hyperspéculatifs peut inciter des investisseurs à détenir de tels titres dans l’espoir de les revendre à temps?
    Ai-je bien saisi?
    En ce cas, évidemment, un défaut réel et majeur foutrait tout en l’air!

  7. Le fait de vouloir faire payer les spéculateur est fort sympathique. Mais dans la mesure où cela provoquera le retrait liquide massif et généralisé, cela ne fera que précipiter la crise systémique que les banques centrales ne pourront même plus conterer.
    Si on ne s’oriente pas vers une monnaie marqué par le temps (monnaie fondante), il n’y aura pas sortie possible sdu surendettement et des défauts de paiement, CDS réglés ou pas!

    Je viens de sortir un petit livre qui expose mon point de vue que j’adresserai à tout ceux qui le demandent, en me laissant leur adresse postale sur mon mail: Johannes.Finckh@wanadoo.fr

    1. Si vous enlevez, « l’ésotérisme », du jargon ultra libéral (il manque juste l’origine de la titrisation, comme pseudo-solution pour donner accès au crédit, pour les états « en développement »), pour le décrédibiliser à son essence, les gardiens du cultes à la commission et surtout à l’OMC, ils vont pas vous apprécier.
      Mais si en plus vous détourner l’illusion magique d’un marché sans contrôle, pour en faire un outil réel qui pose le problème de l’étalon dollar et de la crise de solvabilité et qui démontre l’irrationnel du système actuel, comparer à une solution raisonnable, là ils vont vous haïr.
      J’aime bien 🙂
      (manque quand même, des lutins et des dragons dans le récit et une épée magique)

      1. à oui je me suis trompé, c’est vrai qu’initialement je souhaitai rappeler au premier message, qu’on part du principe que la crise est une crise d’insolvabilité. pas grave

    2. @Johannes Finckh,

      cela provoquera le retrait liquide massif et généralisé, cela ne fera que précipiter la crise systémique que les banques centrales ne pourront même plus contrer.

      Cette affirmation contient un postulat implicite sur la nature de la monnaie qui est justement à l’origine de l’effondrement financier en cours ; effondrement par la liquidité asymétrique de la finance par rapport aux États et à l’économie réelle. Ce postulat est que la monnaie est matière indépendante de la forme qu’on lui donne, des finalités de ses utilisations et des effets qu’elle produit. Ainsi supposez-vous que la mise en faillite des banques par le défaut de crédit des Etats provoque un retrait matériel massif de l’argent déposé dans les banques. Vous supposez que cet argent est thésaurisé et n’irrigue plus l’économie.

      Si vous interrogez un Argentin sur ce qu’il a vécu lors des différentes crises monétaires et publiques de son pays, vous apprenez qu’il est impossible de retirer son argent d’une banque en faillite. Les affaires continuent néanmoins autant que possible par la monétisation privée des actifs réels et de toutes les dettes publiques ou privées. Tout le monde fait crédit à tout le monde en tenant ses propres comptes et en limitant le plus possible la durée de ses prêts pour limiter sa perte de pouvoir d’achat.

      La monnaie centrale officielle est juste une unité de compte en dépréciation constante qui permet de se mettre d’accord sur la mesure de ce qu’on emprunte et prête. Et qui permet également de calculer un intérêt pour dédommager le prêteur de l’effort, du risque et de la dévaluation auquel il consent sur son pouvoir d’achat quand il prête.

      Cela fait donc longtemps que les Argentins ont testé les joies de la monnaie fondante de leur compatriote temporaire Sylvio Gesell. Ils savent que la monnaie ne peut pas être thésaurisée sans banque et sans Etat mais que ce sont bien les actifs réels sous-jacents à la monnaie qui peuvent l’être soit pour spéculer sur les prix soit pour se prémunir de l’avenir et des insuffisances de l’État et des banques.

      La monnaie fondante n’est donc pas efficace contre la thésaurisation mais utilisée par l’Etat et les banques pour se renflouer sur les détenteurs de créance en monnaie non indexée sur des actifs réels. La monnaie fondante est un truc de commerçant pour faire tourner plus vite son stock. Elle impose un prélèvement obligatoire de pouvoir d’achat à celui qui ne détient pas de capital réel ; celui qui doit au présent faire confiance pour se soustraire à l’incertitude du futur.

      Elle sanctionne ceux qui ne sont pas assez riches pour éviter d’avoir à calculer le prix du travail à accomplir pour garantir l’avenir. Les gouvernants démagogues apprécient particulièrement la monnaie fondante : elle permet de distribuer des promesses et des prébendes dont le prix réel est inconnaissable ou qui pour le moins se déprécient avec le temps.

      Les Argentins connaissent tout cela par cœur. La monnaie fondante diminue le pouvoir d’achat des salaires et récompense tous les affidés de la politique et de la finance qui veulent gagner leur vie sans travailler en jouant avec le bien public.

      Le bien public est une réalité concrète. La monnaie qui compte les prix des objets de bien est un outil de représentation des biens dans l’échange marchand. La stabilité de la monnaie est la condition de l’économie qui cherche à produire le plus avec le moins. Si la loi planifie la dévaluation de la monnaie ou si la finance la met en œuvre par la spéculation sur les pertes de crédit imputables à l’économie réelle, la conséquence est la même : les pauvres dépendants de la société pour que leurs droits soient respectés s’appauvrissent pour que les riches s’enrichissent.

      Si vous vous placez dans la même logique nominaliste que le système actuel, vous obtenez les mêmes résultats que ceux que nous voyons. La relation entre la matière qui se compte et la loi économique et politique qui identifie ce qui se compte doit être stable et contrôlable. C’est la seule possibilité d’un calcul économique efficace à permettre la réalisation des finalités humaines conformes au bien commun. Elle implique que la réalité matérielle soit évaluée indépendamment du crédit et du risque de crédit. Elle implique également que les finalités humaines soient explicitées indépendamment du crédit qui les finance et de la monnaie qui va en régler le prix.

      Le modèle de la monnaie efficace à la réalisation économique des finalités humaines est donc celui du marché régulé par la loi du bien commun discuté par la démocratie. Les agents du crédit n’interviennent pas dans la négociation des prix réels et sont garantis par des investisseurs qui ne sont pas intéressés à faire crédit mais à la certification de la mesure du crédit. Les CDS peuvent servir à négocier le risque de crédit séparément mais en garantie du crédit.

      1. C est fou comme la forme de votre discours ressemble a la conception relativisée décrite par Mioara Mugur Schachter en mécanique quantique.
        Il y a a chaque fois : une définition du référentiel, un sujet conscient (fonction conscience) qui génère une entité conceptuelle (qui n existait pas avant ), ensuite cette entité est décrite avec divers qualificateurs ou quantificateurs ( les vues subjectives).
        Le problème que vous avez avec Johannes , est au moins l absence d’ utilisation des mêmes quantificateurs intersubjectifs.
        Lorsque comme ici vous utilisez un exemple de conception connu et partagé (le cas argentin) sans utiliser le formalisme nécessaire a la conception relativisée, votre discours devient soudaint plus facile a comprendre, alors qu il n est pas « plus clair ».
        Vous faites en réalité un effort de transcription en revenant a une conception classique non relativisee (le cas argentin) qui est utilisee pour sa facilité de comprehension, pour etre comparée a celle tout aussi facile a comprendre de Johannes sur la monnaie. C est un peu le rôle du poète quand il veut transmettre de l insaisissable. Bravo ! Très réussi .

        http://www.editions-bayol.com/PMF/ch1s5_1.php

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Mioara_Mugur-Schächter

        http://v14.nonxt7.googlevideo.com/videoplayback?id=b3c8ddbb3937b781&itag=7&begin=0&ratebypass=yes&title=%22Le+Tissage+des+Connaissances%22+par+Mioara+Mugur-Schächter&ip=0.0.0.0&ipbits=0&expire=1310388369&sparams=ip,ipbits,expire,id,itag,ratebypass,title&signature=5E53F284578814790CC29B3F2AD4686AA38E99E1.849FCDE029E4284DD6409B83C997680B2FF1AF67&key=ck1&redirect_counter=1

  8. Si on se met du coté des banquiers, le CDS est un pis aller (Et non un pis à lait).
    Il faut remonter à son origine. Quand les banques ont commencé à titriser des crédits « subprimes », bien sur aucune société d’assurance n’a voulu couvrir les acheteurs de CDOs dans lesquels se retrouvaient ces subprimes. Trop risqué.
    Notons que la titrisation est aussi une combine pour faire passer le risque sur les acheteurs de CDOs.
    Grace à la titrisation les banques ont donné des crédits sans controle et à n’importe qui. Avec la complicité ou la bétise des agences de notations, ces CDOs ont été couverts par des CDS.
    Inutile de démontrer qu’il s’agissait sur le fond d’une escroquerie manifeste: Les CDS n’ont protégé à ce jour aucune banque (Sauf les escrocs), aucun rentier.
    Sinon il n’y aurait pas eu de crise!
    Le CDS n’est qu’un attrape couillon manifeste qui fonctionne sur l’appat du gain. Celui qui a achete un CDS, s’engage à couvrir des dettes qui peuvent etre 100 fois supérieures au prix du CDS! Mais le rendement du titre est si énorme, que les gogos se pressent au portillon pour s’enrichir rapidement, en esperant que le « défaut » n’arrivera pas.
    En plus les banques jouent un double langage: A l’acheteur du CDS elles n’indiquent aucun risque, tandis qu’elles attendent des agences de notation l’inverse. Parfaite duplicité. Surtout si les CDS sont « nus ».
    Pour etre précis, le risque encouru par l’acheteur du CDS ne justifie nullement les primes qu’il touche. C’est de la poudre aux yeux. Les primes qu’il reçoit sont trés inferieures face au risque encouru. C’est pourquoi aucune société d’assurance ne veut couvrir les dettes inscrites sur les CDS.
    C’est comme demander à une société d’assurance de proteger votre portefeuille d’action contre les variations du CAC40! C’est meme pire, car on y a mis objectivement des dettes irrecouvrables.
    En derniere analyse, il est impossible de s’assurer contre les risques du marché sauf escroquerie à la Bernie Madoff.
    Si on veut s’assurer contre Mister Market, une seule solution: l’URSS.
    Le « défaut » est un des charmes du capitalisme…
    Le prix à payer de la liberté.

    1. Ne critiquons certainement rien : la moindre critique nous fait plonger tout droit dans un régime semblable à l’Union Soviétique.

      Un Point Pol-Pot pour izarn !

  9. Chapeau pour cet exposé sur les CDS ! Exemplaire par la clarté qu’il jette sur l’esprit des CDS
    La lettre est quelque peu différente . J’y vois 3 choses qui clochent . Deux soulignées par izarn , c’est une planification mais privée , la chambre de compensation existe on le sait mais est occulte , un peu comme les Foires de Génes (où entre autres se négociait la dette Espagnole à l’époque de Philippe II)avant la création des Banques centrales . Ce plan est aussi fallacieux avec ses prétentions omniscientes et omnipotentes que le socialisme . La faillite d’AIG est sans appel et probante .
    La pratique du marché des CDS revelent la mauvaise foi des acteurs (CDS à nu , non couverture des vrais risques) , la mauvaise des fois des uns leur procure les gains dues à la bonne foi des autres . Le point commun avec la planification publique est justement celà : la foi , la monnaie fiduciaire basée sur l’Etat comme Universel . Et là apparait la 3e chose qui coince : nos personnes bien matérielles et un attribut bien matériel lui aussi , des personnes : l’or .
    Seule assurance tout risque confirmée au cours des siécles .
    ( On pourrait objecter que Philippe II a beaucoup compté lui sur l’or pour faire prévaloir la foi , si ce n’est qu’il en a abusé , n’en a fait extraire de telles quantités qu’afin de le dévaloriser , par
    rapport à la ‘vraie’ foi : les assientos , bons d’état si l’on veut ) .Eternel Retour mais pas de Kondratiev , Charles Quint+Philippe II : cela fait plus d’un siécle comme GB+USA .

    1. Votre appréciation de l’esprit des CDS est également transparente. Vous posez que la parole humaine n’est d’aucune fiabilité et que le CDS n’est et ne sera jamais que l’outil du mensonge et de la magouille. On ne serait mieux dire que l’homme est condamné a plié l’échine devant plus malin que lui. Cette condamnation est-elle pour vous une résignation au moindre mal ?

  10. Je me suis incompletement exprimé . J’ai bien compris que les CDS sont nécessaires, au bien public mondial , (oxymore quand méme pour le moment) , que néamoins il manque quelques aménagements . J’approuve ce que vous dites la-dessus et suis optimiste à long terme , méme .
    La parole humaine a une fiabilité . Les contrats aussi . En général …
    Toutefois je pense que nous vivons une époque de tansition , qui risque d »étre assez dure , qu’il va y avoir des perdants et des gagnants et que certains de mes comtenporains en particuliers les gagnants d’aujourd »hui et perdants de demain sont d’assez mauvaise foi .
    Il me semble étre du simple constat qu’il existe une manipulation de l’opinion manifeste et outranciére , que les contrats sont en général aujourd’hui biaisés d’une maniére savante et délibérée , que les marchés en particulier financiers sont organisés en vue de spoliation , bref
    que la corruption et la tromperie sont actuellement une norme . Je pense aussi que ce n’est pas historiquement la premiére fois , qu’il y eu pire méme , mais que cela ne saurait durer .
    Donc en définitive , en général , sur le long terme , la société est bonne , bien que présentement l’ambiance soit un peu vacharde .
    Je pense en outre que les peuples vont trouver comme autrefois , la solution du bien commun ,
    (mondial , à venir ) en votant avec leurs pieds , par rapport à ce systéme et ses élites , plus précisemment que l »or va jouer un grand role dans l’affaire et que les cds devront s’en accommoder , comme nos élites , que les bonnes formules seront trouvées aprés coup et à
    cette condition . (La remonétisation de l’or, …et de l »argent aussi et sans décret ).

    1. Je vous suis beaucoup mieux. La remonétisation d’actifs réels en substitution de la monnaie est déjà bien visible. Elle porte bien sûr sur les métaux précieux, mais aussi les autres matières premières et l’immobilier. La remonétisation d’actifs réels a pour conséquence de créer des pénuries artificielles en immobilisant des biens au-delà des besoins réels.

  11. En suivant aramggedon et izarn, , cela me rappelle le cas du biofilm : une population à l’interface entre deux milieux, qui crée des barrières suffisantes pour assurer sa survie. En général, un des deux milieux est « dur » (l’émail des dents, dans ce cas biofilm=plaque dentaire) et l’autre « mou » (les liquides bucaux).

    En gros, voila une armée de gens qui se sont définies des règles de semi-utilité (au début de l’histoire : la caution), et qui continuent de prospérer dans un entrelacs de confiance et de défiance, à la limite du monde réel (les risques sous-jacents, risques industriels initialement, puis risques d’outils financiers), et du monde financier virtuel (l’espace de modélisation et/ou l’espace ou la caution titrisée est rendue liquide).
    Les spéculateurs sur les CDS sont donc comme les bactéries des biofilms, protégée par une fluidité entre eux, pompant des ressources sur l’extérieur, et amoindrissant drastiquement la capacité d’un des milieux à garder son intégrité (l’émail pour la plaque dentaire) alors qu’il semble servir de support.
    Notez que la sympathique bactérie staphylococcus aureus (le staphylocoque doré), est un des spécialiste de la chose. Dans sa version résistante à la méticilline (« MRSA », un des « killer-bug » dans les maladies nosocomiales), la nécrose des tissus survient, ne m’en demandez pas beaucoup plus, c’est semble-t-il ce qui a conduit à l’amputation de Guillaume Depardieu, si vous voulez du sensationnel.

    En gros, l’interdiction des paris sur les fluctuations de ce genre de produits financiers ne reviendrait-il pas à « bien se brosser les dents » ?

  12. @PSDJ,

    mes compliments pour ce billet : non seulement y a t’il un net progrès dans l’intelligibilité de sa rédaction mais en plus j’aime beaucoup l’idée que vous exposez d’une chambre de compensation des primes de crédit des états et des banques.

    Une remarque: j’ai tendance à buter sur vos titres de paragraphes (eg « La spéculation cachée dans l’anticipation objective », « Le droit analytique non synthétisable », etc…). C’est en y faisant abstraction qu’en fait je comprends beaucoup mieux ce que vous exposez ici. Je me demande si vous n’auriez pas intérêt à les éliminer complètement ?

    1. @Chris06,
      Vous me faites comprendre que mes titres me servent à moi plus qu’à vous. Je les formule en fonction du contexte d’abstraction dans lequel je situe les paragraphes qui les suivent. En fait ce ne sont que des repères logiques pour celui qui n’entre pas dans la matérialité des propositions exprimées. Je me réjouis que mon texte soit plus accessible indépendamment des titres.

      1. c’est dommage car il faudrait au contraire que les titres incitent à la lecture du paragraphe correspondant.

        Par exemple si vous remplacez « Le prix réel du crédit » par « Qu’est ce qu’un CDS? » c’est tout aussi logique puisque c’est à cette question que vous répondez dans le paragraphe suivant. Cela incite à le lire et aide à fluidifier la lecture au lieu de la compliquer par un niveau d’abstraction inutile.

        je dis c’est dommage car je pense réellement qu’il s’agit ici d’un billet très important..

  13. J’aquiésce à l’analogie du bio-mou . Faut qu’il reste dans les limites , pour cela le bio dur doit
    étre réguliérement hard avec cette engeance , un bon coup de brosse . Oui ! …

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