Archives par mot-clé : propriété privée

Essai critique sur le “Commun” * (IV) Propriété universelle et propriété privée, par Dominique Temple

Billet invité.

* à partir de l’ouvrage  de Pierre Dardot et Christian Laval « Commun. Essai sur la Révolution du XXIe siècle »

Chapitre IV

Propriété universelle et propriété privée

Il est un deuxième point qui mérite une “discussion préalable”. Pierre Dardot et Christian Laval ne sont pas équivoques : c’est bien la propriété privée capitaliste qu’ils dénoncent comme une imposture, et leur référence ne prête pas à confusion : les “enclosures”. Pourtant, ils dénoncent la propriété et non pas la propriété privée. Ils proposent alors une opposition entre la propriété et le commun, celui-ci défini comme le non appropriable, et là s’amorce une difficulté.

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RÉFLEXIONS SUR LA NOTION D’ABUSUS DANS LE DROIT DE PROPRIÉTÉ, par Cédric Mas

Billet invité. Paru originellement en deux parties, les 10 et 11 janvier 2012. Ouvert aux commentaires.

C’est en avril 2011 que Paul Jorion m’a sollicité à sa manière brève et directe ne m’écrivant : « avez-vous quelque chose à dire sur l’abusus dans la définition de la propriété privée ? ». Bien sûr, que j’avais quelque chose à dire, mais il me fallut finalement plusieurs mois pour parvenir au bout de mes réflexions sur un tel sujet, vaste même pour un juriste. Voici donc.

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La controverse Thomas Piketty – Hernando de Soto, par Dominique Temple

Billet invité.

“La propriété, ce n’est pas seulement jouir d’un bien, ça c’est l’idéologie “petite bourgeoise”. Elle est avant tout un système de droits et de devoirs”.

Hernando de Soto, Le Monde, le 7 novembre 2008.

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La violence nue, par Dominique Temple

Billet invité. P. J. : Je me permets d’attirer votre attention sur ce qui me paraît une réflexion essentielle ici sur le meurtre-suicide. Ouvert aux commentaires.

Toutes les sociétés, nous rappelle Marcel Mauss, sont fondées à l’origine sur le principe de réciprocité. Mais d’où vient que depuis l’origine des temps les sociétés se livrent des guerres inexpiables ? Serait-ce que chaque système de réciprocité produirait un sentiment de l’humain, exclusif et irréductible ? Hors de la réciprocité, autrui serait-il abandonné aux forces de la nature ?

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Les monnaies locales peuvent-elles être un rempart contre le capitalisme financier ?, par Dominique Temple

Billet invité.

Il faut bien reconnaître que la monnaie dominante actuellement ne fonctionne que comme monnaie de libre-échange. Elle n’est comptable que des productions qui fournissent des profits.

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Trends – Tendances, La propriété inusable et celle qui s’use si l’on s’en sert, le 2 juillet 2015

Les juristes romains avaient très bien saisi qu’il y a trois dimensions à la propriété : usus, fructus et abusus. Usus : le droit d’utiliser le bien dont je suis le propriétaire ; fructus, le droit d’utiliser ses fruits : les poires qui poussent dans mon jardin par exemple ; enfin, abusus, le droit de détruire ce dont je suis propriétaire, encore que ce dernier droit ait subi bien des restrictions depuis que le propriétaire d’un champ pendant la Guerre de Quatorze s’avisa d’y dresser des pieux pour empêcher les dirigeables de reconnaissance de l’armée française de venir se poser chez lui – cela déplut !

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Propriété privée et propriété inaliénable, par Dominique Temple

Billet invité

Le système capitaliste ressemble à ces caravelles assaillies de vrilles marines qui creusaient des galeries dans leur carène comme des termites. Lorsque les vrilles perçaient la surface du bois, elles occasionnaient des voies d’eau que l’on bouchait avec de l’étoupe. Au bout de trois ou quatre voyages, les caravelles étaient inutilisables car leur coque était trop vermoulue. Elles étaient rachetées à bas prix par des aventuriers coureurs de hauts risques. On pourrait aussi comparer l’économie capitaliste à un filet de pêche en fin de course qui se déchire sous le poids de la prise ou de la traction. On répare la déchirure, mais à peine on tire de nouveau sur le filet qu’il se déchire en d’autres endroits et ainsi de suite.

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Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (IV) Le rendement du capital provient du travail appliqué aux ressources naturelles

Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (I) Une trouvaille
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (II) Keynes pressé par son agenda politique ?
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (III) « Le taux d’intérêt tend à être égal au rendement marginal du capital »

Lisons un passage du « chapitre 5 » intitulé « Quasi-rent and the marginal efficiency of capital » d’un manuscrit perdu de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), datant de 1933 ou 1934 et retrouvé en 1976 dans un panier à linge à Tilton House, l’ancienne maison de campagne de John Maynard Keynes. Ce passage sera repris dans la Théorie générale à l’exception de l’expression « rente au sens large » remplacée par « rendement ». Keynes remplacera également, le mot « classique » par le mot « préclassique » dans l’expression « la doctrine classique ».

« Je préfère de loin dire du capital qu’il possède une « rente au sens large » que dire qu’il est productif. La raison pour laquelle un actif a un rendement durant la période de sa vie où il offre ses services, ayant une valeur agrégée supérieure à ses coûts de production, est simplement due au fait qu’il est rare. J’ai une certaine sympathie, du coup, pour la doctrine classique qui veut que tout est produit par du travail en conjonction, si vous voulez, avec ce qu’on avait l’habitude d’appeler l’art et que l’on appelle aujourd’hui la technique, que viennent compléter les ressources naturelles qui sont gratuites ou qui coûtent une rente selon leur rareté ou leur abondance, et par les résultats du travail passé, incarné dans des actifs, qui peuvent exiger un prix égal ou supérieur au prix du travail inclus en eux selon leur rareté ou leur abondance » (Keynes [1933-34] 1976 : 116).

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La propriété privée, remède maladroit et tragique à l’angoisse d’abandon, Jean-Michel Elyn

Billet invité.

Je suis tombé aujourd’hui sur cet extrait vidéo de VentsContraires.net sur la propriété privée et en voyant le titre je me suis écrié « Ah, enfin! ».

Vous décrivez de manière technique ce que je ressens depuis fort longtemps. Tant que le but humain sera l’appropriation et l’enrichissement personnel, toute règle sera contournée pour assouvir le besoin archaïque de protection contre la peur de l’abandon. Car à quoi d’autre que la survie du nourrisson lorsque la mère ne se fait pas suffisamment présente servirait l’amoncellement de richesse sans limite à l’âge adulte ? Cette peur peut être supprimée soit par une meilleure éducation des futurs parents pour les générations à venir, soit par un travail personnel qui, vous le savez, prend un temps et une énergie que peu de personnes sont capables de donner.

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Deux économies ou une seule économie ? Un principe ou deux principes ?, par Dominique Temple

Billet invité

L’économie de réciprocité est une économie naturelle comme l’économie d’échange.

Les hommes comme le rappelle Aristote partout se sont réunis pour s’entraider mais ils ont observé ce phénomène singulier que l’entraide leur apportait un sentiment commun qu’ils ignoraient dans leur solitude et qu’ils apprécièrent d’autant plus qu’il s’accompagnait d’une raison qui lui donnait une forme : l’éthique. Celle-ci leur permettait de s’accomplir dans un autre domaine que celui de la vie, le domaine de l’esprit. L’éthique leur parut alors la motivation principale du vivre ensemble.

De l’actualisation de cette nouvelle puissance sont nés les sciences et les arts, et les biens d’un autre ordre que ceux pour lesquels les hommes s’étaient initialement secourus.

Les biens créés au nom de l’éthique s’ajoutèrent aux biens nécessaires à la vie. Les biens sont donc de deux sortes : ceux qui satisfont les besoins et qui sont créés dans le cadre de la réciprocité, et les biens créés à partir du sujet humain qui résulte de la réciprocité – le sujet non plus biologique mais la conscience qui se substitue au sujet biologique et qui semble par rapport à lui libre, souverain – autrement dit les biens qui correspondent au désir du bonheur (eudemonia).

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