Archives par mot-clé : retraites

LES VIEUX PAUVRES DE LA PROCHAINE GÉNÉRATION, par François Leclerc

Billet invité.

Parmi les nombreux paradoxes que nous vivons, l’un d’entre eux est central dans nos sociétés développées, c’est celui des inégalités. D’autant que les organisations internationales constatent qu’elles ne cessent de se creuser. Mais ces dernières ne cherchent pas à décrypter les mécanismes qui en sont à l’origine, et ne prescrivent que des moyens de les combattre – le grand classique étant l’éducation – sans jamais s’interroger sur ce qui en est à l’origine, et qu’il faudrait proscrire.

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Monnaie et citoyenneté, par Virgile Perret

Billet invité. Virgile Perret résume ici, à mon invitation, son ouvrage Monnaie et citoyenneté. Les citoyens à l’épreuve de la globalisation financière, Berne : Peter Lang, 2015. Il approfondira les différents points soulevés dans de prochains billets.

La monnaie est conçue dans les manuels d’économie à partir d’une « fable » qui attribue son émergence à la nécessité de surmonter les difficultés du troc. L’image de deux « sauvages » troquant des biens dont ils ont réciproquement besoin est en effet un élément central de l’idée de l’origine de la monnaie. A partir de ce récit sur l’invention de la monnaie, l’analyse économique infère ses fonctions et lui attribue un rôle général de « lubrifiant » des échanges. Or, cette conception est partiellement erronée car elle occulte le fait que la monnaie est en même temps l’expression d’un principe de souveraineté politique et d’une forme correspondante de citoyenneté.

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IMAGINE, demain le monde : Gloire aux Générations futures !,
N° 110, juillet-août 2015

Ouvert aux commentaires.

IMAGINE, demain le monde, le numéro 111 est aujourd’hui en librairie. Ma chronique pour le N° 110.

Gloire aux Générations futures !

Quand j’étais petit, dans les années cinquante, les grands nous expliquaient qu’ils n’avaient qu’un seul souci : se sacrifier pour les générations futures.

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L’arnaque, par Michel Leis

Billet invité.

Sous l’effet d’une propagande intensive et ininterrompue depuis plus de vingt ans, il semblerait que de plus en plus de personnes soient victimes d’une arnaque à grande échelle, comme en témoigne cette conversation entendue il y a quelques jours entre deux employées au détour des allées de la supérette locale. Le sujet du moment en Belgique (comme dans beaucoup de pays) c’est la nouvelle réforme des pensions qui va porter l’âge de la retraite à 66 en 2025 et 67 ans en 2030.

Après un échange de quelques minutes pour se plaindre de ces mesures, la conversation se conclut par quelques commentaires totalement résignés :

– Bon de toute façon, il faudra bien travailler jusqu’à cet âge, il n’y a pas le choix.

– Oui, on voit très bien que l’on ne pourra pas faire autrement.

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La grenouille et les vases communicants, par Jacques Seignan

Billet invité.

Les vases communicants sont une expérience de physique amusante. Deux ou plusieurs vases reliés à leur base par un tube maintiennent un niveau d’eau (ou de tout fluide) à la même hauteur – quel que soit leur volume ou leur forme. C’est une application de l’hydrostatique, c’est-à-dire l’étude des fluides immobiles. Si l’on installe une pompe (on quitte donc l’hydrostatique), il est clair que l’on peut obtenir cette fois-ci des volumes remplis à différentes hauteurs, les uns alimentant les autres…. Sur la base d’un système de ce type, en 1949, un économiste néo-zélandais, William Phillips (1914-1975), construisit un ordinateur analogique (1) pour montrer le fonctionnement des flux monétaires dans une économie grâce à un système sophistiqué comprenant des réservoirs, des tuyaux, des vannes, des pompes etc. ; l’eau représentant la monnaie et le tout étant paramétrable par le réglage des vannes et dérivations. Aujourd’hui on peut voir cette belle machine fonctionner au Science Museum à Londres et, d’une façon peut-être biaisée, elle donne à voir la circulation et l’allocation des richesses dans une société selon diverses stratégies (taux d’intérêt, d’imposition etc.).

Laissons la macroéconomie et examinons le cas des retraites : relèverait-t-il des vases communicants ?

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POUR EN FINIR AVEC LA « VALEUR », par Zébu

Billet invité

L’une des dernières vidéos de Paul Jorion incite à réfléchir à ce qu’il déclarait sur l’intérêt pour ‘les pouvoirs’ d’inciter les bulles financières à se former afin de pallier la nature même de ces bulles, à savoir qu’elles finissent toujours tôt ou tard par exploser ou se dégonfler. Il a ainsi cité le cas américain : bulle boursière (action) puis bulle immobilière (subprimes) puis re-bulle boursière (trading haute fréquence).

Or, il semble bien que ce phénomène doive être considéré comme généralisable puisqu’on peut aussi l’observer pour la France, bien que selon une structuration particulière puisqu’il n’y existe pas de fonds de pensions mais bien essentiellement des retraites par répartition (même si les assurances-vie jouent un rôle particulier dans ce schéma, mais dans lesquelles les fonds en actions sont au mieux de 15 %, le restant en obligations). Il suffit pour s’en convaincre de retracer l’historique des réformes des retraites depuis 1993 jusqu’à aujourd’hui et de le mettre en parallèle avec celui des mesures de défiscalisations immobilières en France.

La première grande réforme des retraites est celle de Balladur en 1993, mais c’est en fait l’échec de la réforme Juppé en 1995 face aux grèves qui va sonner le glas de la restructuration des retraites pour les faire ‘accéder’ aux financements des marchés : à partir de 1995, plus aucun gouvernement ne pourra restructurer frontalement les retraites, du fait du précédent politique induit. On constituera alors un fond de réserve (1999) ou on fera des réformes partielles (au sens où elles ne modifient pas radicalement la structure des retraites mais perpétuent et amplifient bien l’incapacité du système à assurer sa pérennité à terme : 2003, 2007, 2012, 2013, etc.), dont les acteurs principaux (‘partenaires sociaux’, gouvernants) sauront qu’elles n’auront pour but que de devoir être revues, toujours à la hausse quelques années plus tard, sans pour autant rien remédier fondamentalement au problème posé par la répartition.

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LA LANCINANTE QUESTION DE LA RÉPARTITION DU TRAVAIL (appliquée aux retraites), par Michel Leis

Billet invité

Avec un système de retraite construit sur la répartition, chaque nouvelle réforme donne lieu à un discours stéréotypé qui aborde le problème sous l’angle comptable et met en avant le déséquilibre né du ratio entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités. À part quelques questionnements sur le taux d’activité des seniors et l’idée d’une intégration massive des immigrés dans le circuit officiel du travail, les hypothèses retenues dans les différents scénarios du Centre d’Orientation des Retraites présupposent une continuation des tendances antérieures en matière de répartition du travail. Beaucoup de commentateurs ont pointé les hypothèses de taux de chômage (entre 4,5 et 7 % suivant les scénarios), il y a là une simplification excessive puisqu’une grande partie de la population issue du baby-boom sera alors en retraite et la diminution du taux de chômage dans ces scénarios résulte avant tout de la diminution du nombre d’actifs. Par contre, ce chiffre comporte bon nombre d’hypothèses sous-jacentes qui sont sujettes à caution et qu’il convient d’expliciter.

L’hypothèse basée sur une croissance régulière des gains de productivité me paraît être l’un des exemples les plus frappants. Dans les documents du Centre d’Orientation des Retraites (C.O.R.), la répartition du travail dans des conditions actuelles semble aller de soi sans que cette hypothèse ne soit jamais remise en cause. Considérer l’état actuel de la répartition comme stable me semble pourtant extrêmement aléatoire : il y a une dynamique à l’œuvre dont les effets sont tels qu’ils posent la question du sens et de la nature du système de retraite ainsi que de sa soutenabilité dans le temps. Pour poser les termes du débat, il faut aborder les différentes dimensions de cette répartition, entre machines et êtres humains, entre pays, par secteurs, qualifications et statuts du travail offerts aux individus, par tranches d’âges ainsi qu’entre hommes et femmes.

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EN OUVERTURE DE L’UNIVERSITÉ CITOYENNE DU BLANC-MESNIL, LE 8 FÉVRIER : ENTRETIEN ENTRE BERNARD FRIOT ET PAUL JORION

Bernard Friot et moi, avons débattu le 8 février dans le cadre de l’Université Citoyenne du Blanc-Mesnil. Uncaillou a enregistré le débat qui est toujours visible ici.

Avant que le débat ne commence, « Un Belge » et son équipe, nous ont interviewé. C’est ce que vous pouvez voir maintenant.

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ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »

Post-Enron WorldENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »

ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ

Enron ne fut pas, loin de là, le seule firme à considérer que tout irait toujours pour le mieux, quoi qu’il advienne.

Sans parler même d’éventuels effondrements du système financier (comme celui que nous vivons en ce moment), chacun sait que l’économie capitaliste est sujette à des crises cycliques, où les périodes de vaches maigres succèdent aux périodes de vaches grasses. Ceci n’empêche pas que l’existence de secteurs entiers de nos économies repose sur le postulat que de tels cycles n’existent pas et que tout ira toujours pour le mieux. C’est le cas en particulier de l’économie des ménages sous tous ses aspects.

Les SICAV ou les FCP n’ont de sens que si tout va toujours bien : que le prix des valeurs mobilières ne peut que grimper inexorablement. L’assurance-vie repose sur le même principe : l’immobilier dans le portefeuille des assureurs ne peut que grimper, tandis que les États émetteurs des obligations qu’ils détiennent ne feront eux jamais défaut sur leur dette souveraine. De même encore pour le système de retraites 401(k) aux États-Unis, financé conjointement par l’employé et par son employeur, où l’employeur fait correspondre, dollar pour dollar, sa contribution à celle de l’employé, contribution qu’il verse sous la forme… d’actions de la compagnie, dont la valeur ne peut que…, etc.

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UNE SOLUTION PLUS SIMPLE AU PROBLÈME DES RETRAITES

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

François Leclerc rapporte dans son billet le plus récent que :

Cristobal Montoro, ministre espagnol du budget, expliquait hier lundi que les régions doivent « renoncer à dépenser une grande part de ce qu’elles dépensent aujourd’hui », annonçant vouloir « définir avec les communautés autonomes quels services publics elles doivent offrir en matière de santé, d’éducation et de prestations sociales ». […] dans une manœuvre désespérée destinée à calmer les marchés, Mariano Rajoy s’apprêterait à annoncer 10 milliards d’euros de nouvelles coupes dans les programmes de santé et d’éducation. […]

En Grèce, le budget de la santé a été réduit de dix milliards d’euros depuis 2009, passant sans transition de ce qui était le fruit d’une incontestable gabegie financière à un bradage de la santé publique, les soins devenant un privilège réservé à ceux qui peuvent les payer, les structures sanitaires étant totalement débordées et manquant de moyens.

L’ancienne médecine avec laquelle le Fonds monétaire international et la Banque mondiale traitent le tiers-monde depuis soixante ans est donc mise une fois de plus à contribution, cette fois pour l’Europe (la Russie y a déjà eu droit) : on réduit l’espérance de vie et le niveau d’instruction dans les nations qui doutent des vertus du capitalisme (*) pour raffermir leur foi devenue trop tiède.

Il est vrai que lorsqu’on hausse l’âge de la retraite les peuples ingrats descendent aussitôt dans la rue, et qu’un déficit des régimes de retraite peut tout aussi bien être maîtrisé, et de manière indolore – si l’on peut dire – en réduisant l’espérance de vie. Si l’on abaisse en parallèle le niveau d’instruction, comme il est également prévu, les peuples ne se douteront même pas de la manœuvre !

« Le progrès ? » Tout le monde vous le dira : « Une valeur d’un autre âge ! »

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(*) Je rappelle que le capitalisme est un défaut que présentent certains systèmes économiques : que les ressources y manquent le plus souvent là où elles sont nécessaires, pour la production ou la consommation (voir Le capitalisme à l’agonie – Fayard 2011).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 22 JUILLET 2011

Retraites par répartition et capitalisation
Achever l’Europe des marchands
Éliminer l’État-providence
La « science » économique
Friedrich List (1789-1846) et l’École historique allemande Roscher (1817-1894), Hildebrand, Knies (1821-1898)
« Common decency »
Une science économique n’est pas possible mais…
une réflexion sur nos sociétés l’est
« Le prix » (2010)
John Brown (1735-1788)
L’OR

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… SE CONTENTER DES RESTES, par Alain Monod-Broca

Billet invité

Frédéric Lordon souligne l’incroyable discours adressé simultanément aux financiers internationaux et à la population française.

En fait, tout se résume à un partage du gâteau : notre pays (comme bien d’autres) ne pourra pas payer les retraites et ses emprunts ; il faudra choisir.

J’avais trouvé sur le web – j’ai perdu la référence, merci à celui qui me la retrouvera – un rapport issu d’un « Think Tank » qui le disait tout ingénument : puisque dans bien des pays occidentaux la charge des retraites ajoutée à celle des emprunts publics dépasse la capacité de paiement des gouvernements, il faut réduire ces retraites. Puis pays par pays, il calculait le montant de la diminution nécessaire pour sauvegarder le service de l’emprunt. L’Allemagne, dont la population vieillit à toute vitesse, y était particulièrement visée. En bref, un État qui a deux lots de créanciers (obligataires d’une part et pensionnés présents ou à venir d’autre part) se doit de servir en priorité les premiers et de demander aux seconds de se contenter des restes.

Légalement, c’est logique : les contrats d’émission d’emprunts précisent en détail les conditions de paiement des intérêts et du capital. Les régimes de pension, fréquemment révisés, n’ont pas pris formellement d’engagement sur le montant des pensions promises. On peut donc minorer celles-ci sans enfreindre la loi.

Moralement, c’est différent : les salariés ont été contraints de contribuer au système qu’on leur imposait sans en connaître ni le mécanisme ni le risque. Ils avaient la promesse d’une retraite décente et l’exemple du niveau de vie des retraités qui vivaient de leurs cotisations. Les investisseurs, eux, ont acheté récemment des titres de l’État en étant conscients de sa situation financière et en incluant une prime de risque dans le taux offert. Ils devaient connaître l’endettement excessif de leur emprunteur et évaluer le risque de non remboursement. Ils n’auraient pas à se plaindre si on leur annonçait demain une « restructuration de la dette ». D’ailleurs, nolens volens, cette restructuration finira par avoir lieu.

Clairement, le choix entre le paiement des engagement de retraite et celui de la dette résulte uniquement d’un rapport de force. Tant que le gouvernement craindra plus « les marchés » que son peuple il maintiendra sa ligne. Les grèves de ces dernières semaines ont du le faire sérieusement réfléchir. Les prochaines pourront le faire basculer. Encore un effort !

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