Archives par mot-clé : Système monétaire international

Trends – Tendances, L’État-providence et la croissance, le 22 octobre 2015

Version longue de ma chronique publiée dans Trends-Tendances en date du 22 octobre 2015.

L’État-providence et la croissance

Les États-Unis et le Canada n’avaient pas connu la guerre sur leur territoire propre (si l’on excepte le bombardement par les Japonais de la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor à Hawaï en décembre 1941). Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ces deux pays sont démesurément riches par rapport aux autres nations. Ancrer les monnaies à l’or ou à une monnaie elle-même ancrée à l’or est l’option qui a la préférence des États-Unis lors de la conférence internationale de Bretton Woods dans le New Hampshire en 1944. Face à elle, Keynes défend l’option britannique : un système monétaire international fondé sur les échanges égalitaires entre nations, relations susceptibles d’être rééquilibrées chaque année par la réévaluation ou la dévaluation des monnaies nationales, et disposant d’une monnaie de compte commune : le bancor. C’est l’option américaine qui l’emporte : la formule choisie spécifie que chaque pays qui le souhaite pourra ancrer sa monnaie à l’or, mais chacun sait que seuls les États-Unis sont suffisamment riches pour adopter cette approche, du coup, l’ensemble des autres monnaies détermineront leur prix grâce à un taux de change fixe par rapport au dollar américain.

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LE « SYSTÈME MONÉTAIRE INTERNATIONAL » VA-T-IL S’EFFONDRER ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Au stade actuel de la crise économique mondiale, le diagnostic officiel se limite au constat de déficits et de dettes publics excessifs dans certains pays. Parallèlement certains pays accumulent des réserves de change par leurs excédents commerciaux. D’autres pays enfin ont un endettement extérieur et intérieur qui les obligent selon les rapports de force politiques à sacrifier les créanciers, les débiteurs ou les citoyens.

Sur le plan strict de l’analyse économique, il n’est pas difficile de découper les problèmes pour conclure que chaque situation est particulière et peut retrouver un équilibre propre par une logique autonome. Il suffit de poser que le politique dérive des réalités économiques : les peuples qui s’appauvrissent se sont montrés rétifs au réel ; les peuples qui s’enrichissent ont su se soumettre au réel.

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L’actualité de la crise : LA DÉSAGRÉGATION, par François Leclerc

Billet invité.

La roue tourne : il y a quelques mois encore, on était sur la trace des actifs pourris détenus par les banques européennes, on est désormais à la recherche des bons actifs qu’elles peuvent détenir. Toujours dans le flou, car dans les deux cas cela n’est pas clamé sur tous les toits.

Les données sont impossibles à réunir, mais une constatation d’ordre général s’impose : la qualité des actifs disponibles a tendance à diminuer et la demande pour ceux-ci à augmenter. Fâcheux, fâcheux ! Les collatéraux sont à nouveau dans la lumière de projecteurs qu’ils préféreraient éviter. Le collatéral, ce sont ces actifs que les acteurs de la finance doivent apporter en garantie de leurs emprunts, comme les particuliers qui signent des hypothèques sur leur maison.

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L’HEURE DES CHOIX RADICAUX, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La forte volatilité des prix financiers internationaux dans la semaine du 8 au 12 août a révélé l’absence totale de repères des opérateurs financiers dans la recherche d’un équilibre général des prix. La baisse générale du niveau des prix des actifs financiers a montré une interprétation pessimiste partagée de l’avenir : décroissance indéfinie de la production économique par rapport à ce qui était attendu dans les prix antérieurs à la chute des marchés.

Les banques françaises ont été attaquées en zone euro à cause de leur exposition au surendettement de l’Europe du sud. La défiance financière internationale à l’égard des banques françaises s’est exprimée dans la vente des CDS qui représente la garantie de leurs dettes. L’estimation de la fragilité hypothétique des banques françaises s’est répercutée sur le CDS de l’État français qui serait obligé de s’endetter davantage pour racheter du capital bancaire ou de prêter aux banques.

Une causalité financière fondamentale apparaît évidente dans l’auto-effondrement systémique en cours. La libre circulation internationale des capitaux passe par l’endettement interbancaire international. Cet endettement est transformé en liquidité par les banques centrales et reprêté aux États. En se finançant à bon compte auprès du système financier, les États en deviennent les garants illimités en dernier ressort au détriment des contribuables et des épargnants. La dette est devenue le masque d’une prospérité détruite dans la réalité économique.

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L’actualité de la crise : A QUOI BON ? par François Leclerc

Billet invité

« A quoi bon ? » Telle est la réflexion que se fait un chroniqueur perplexe contemplant son clavier, sa revue de presse achevée, après avoir constaté combien sa moisson sombre dans la routine, ne lui donnant d’autre ressource que de se répéter.

Au terme de deux jours de réunion lundi et mardi dernier, pour vainement camoufler leurs désaccords, les ministres des finances européens déclaraient faute de mieux s’être mis d’accord sur le montant des aides que le futur fonds pourra mobiliser en 2013 – si tant est qu’ils parviennent à en définir les missions ! La mise au point des têtes de chapitre de leur pacte de compétitivité, condition préalable à des mesures financières plus immédiates, nécessite en effet une tournée européenne des popotes par Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne pour arriver à un compromis. Rendez-vous est donc pris pour le 11 mars prochain, date à laquelle il rapportera devant les chefs d’Etats et de gouvernement de la zone euro. En attendant, comme l’a déclaré Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroup, « il n’y a accord sur rien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout ».

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L’actualité de la crise : EN ÉCOUTANT AUX PORTES, par François Leclerc

Billet invité.

En ces temps de divulgation des télégrammes diplomatiques américains par WikiLeaks, on se prend parfois à rêver. A se croire autorisé à regarder par le trou de la serrure, ou bien à écouter aux portes, pour mieux couvrir l’actualité. Par exemple, afin d’être en mesure de rapporter comment les Allemands et les Français poursuivent entre eux les négociations en vue de juguler la crise européenne, ou bien comment les Français préparent leur présidence du G8 et du G20.

Toutefois, si l’on en croit le Spiegel, une autre question aurait pris le dessus en fin de semaine. Wolfgang Schäuble et Christine Lagarde, ministres allemand et français des finances, se seraient en effet rencontrés vendredi soir à Strasbourg, et l’une de leurs décisions aurait été d’inciter le Portugal – qui continue de résister – à demander à bénéficier du plan de sauvetage européen. Afin que l’Espagne et la Belgique, les suivants, ne soient pas dans l’obligation d’en faire autant. On croit revivre l’épisode irlandais.

L’ordre du jour de cette rencontre était chargé et, selon la même source, incluait un tour d’horizon plus vaste. Allemands et Français ne parvenant toujours pas à se mettre d’accord sur les dispositions à prendre.

Déjà, les premiers ont concédé qu’il faudrait si nécessaire accroître les moyens du fonds de stabilité financière, mais obtenu de ne pas devancer l’appel. En attendant de le pérenniser, après l’avoir reconfiguré, ce qui fait débat.

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L’actualité de la crise : PLUS ON AVANCE, MOINS ON SAIT QUOI FAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Tenir une simple liste des discussions entamées et laissées en suspens, pour ne pas parler des mises à jour de dossiers, est une tâche qui de jour en jour s’alourdit. Sans aller chercher jusqu’aux Etats-Unis, où la lancinante question de la réduction du déficit fédéral n’est pas près de trouver une réponse, imposant dans l’immédiat au Congrès de relever le plafond autorisé de la dette publique, l’Europe n’est pas mal pourvue sur ce chapitre.

Il en ressort, pour en faire la synthèse, que plus on avance, moins on sait quoi faire.

L’émission des euro-obligations, que l’on croyait pour un temps enterrée, a déjà rejailli à Paris, à l’occasion d’une visite jeudi de Georgios Papandréou, le premier ministre grec. Prudemment, il a avancé qu’il faut utiliser « tous les outils possibles de la boîte à outils », après avoir affirmé en décembre dernier vouloir contribuer à réunir un million de signatures d’Européens en sa faveur. Il s’inscrivait alors dans le cadre de L’initiative citoyenne européenne, qui permet selon le Traité de Lisbonne de saisir la Commission européenne. A l’occasion du démarrage de la présidence de l’Union européenne par la Hongrie, son ministre des finances György Matolcsy a immédiatement pris le relais depuis Budapest. Parlant des euro-obligations, il a pronostiqué : « Je l’exclurais aisément pour d’ici à la fin de l’année. Mais, d’ici à 2013 ou d’ici au milieu de la décennie, je suis très optimiste quant à l’issue finale : nous aurons certainement des nouveaux instruments financiers comme les euro-obligations ».

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L’actualité de la crise : LES BANQUES CENTRALES, DERNIERS RECOURS A CONTRE-CŒUR, par François Leclerc

Billet invité.

En adoptant le principe d’une révision du traité de Lisbonne afin de pérenniser un dispositif collectif de sauvetage financier d’un Etat en difficulté, les 27 de l’Union européenne se sont engagés dans un tournant dont il ne voient pas la fin.

Ce premier coup de canif dans le contrat de mariage pourrait en effet être suivi d’autres. Reconnaître l’hypothèse que certains pays ne seraient pas en mesure de respecter le contrat d’austérité qu’il leur est exigé de suivre pourrait impliquer que, pour d’autres, du mou devrait être donné à la laisse. Mais n’anticipons pas…

Dans l’immédiat, à peine engagé, ce tournant a suscité une passe d’arme entre Jean-Claude Trichet et Nicolas Sarkozy, rapportée de plusieurs sources. « J’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation » a tonné le premier, en pure perte.

Non seulement le président de la BCE n’a pas obtenu gain de cause sur un sujet à propos duquel il s’était exprimé sans ambages – l’automaticité des sanctions pour les pays allant hors des clous – mais il n’a pu empêcher que soit adopté un mécanisme anti-crise qui pourrait selon lui susciter sans tarder une réaction des marchés, furieux devant la perspective de devoir participer demain à d’éventuelles restructurations de dette. Ou, pour le dire sans détours, craignant que les banques européennes ne causent une nouvelle hausse des taux obligataires de pays comme la Grèce et l’Irlande. Pour commencer.

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L’actualité de la crise: des tacticiens alors qu’il faudrait des stratèges

Billet invité.

Ce n’est pas vraiment le grand optimisme qui règne, en cette avant-veille d’ouverture de l’assemblée mondiale du FMI à Washington, alors que les ministres des finances du G7 vont vendredi participer à un dîner de travail consacré à la situation sur le marché des changes. A force de prospérer, et de donner des arguments à ceux qui se lassent un peu de ses péripéties à répétition, la crise est en train d’acquérir une forte dimension monétaire, ce qui en aiguise les contradictions.

Proprement monétaire, elle fait obstacle aux dévaluations compétitives occidentales et érode les exportations de nombreux pays émergents. Mais elle soulève surtout de fortes interrogations, qui portent sur les conséquences de la mise en œuvre du second levier disponible pour relancer l’économie : le programme d’achats obligataires de la Fed qui est dans les tuyaux.

Changement de décor, ce qui était perçu comme une bagarre sino-américaine à propos de la parité yuan-dollar a offert en l’espace de quelques jours un tout autre spectacle. Celui d’un désordre monétaire généralisé affectant toutes les monnaies – des pays développés aux pays émergents – déclenchant des alarmes en tous sens. Le doigt est discrètement pointé sur le grand responsable, le dollar, qui continue inexorablement à se déprécier, entraînant l’appréciation automatique des autres devises.

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L’actualité de la crise : les Chinois anges et démons, par François Leclerc

Billet invité.

LES CHINOIS ANGES ET DEMONS

A Athènes, les dirigeants chinois viennent de s’engager sur un chemin qui mène loin. Ils poursuivent la longue marche qu’ils ont entamée en annonçant en prélude du premier G20 de Londres que le moment était venu de progressivement réformer le système monétaire international. Selon une approche revendiquée comme gradualiste, afin de prendre en compte la fragilité du dispositif actuel, les tentatives américaines d’esquiver cette sanction qui sonnera le glas de leurs ambitions et l’ampleur des bouleversements qui va en résulter.

Certes, les projets et intentions qu’ils viennent de dévoiler ont d’autres plus modestes objectifs, dans un proche avenir. Comme d’établir une plate-forme logistique maritime pour leurs exportations en Europe. Une sorte de tête de pont, comme l’Irlande l’a en son temps été, pour d’autres acteurs et d’une autre nature.

Mais cela va plus loin, puisqu’ils ont annoncé qu’ils allaient souscrire l’année prochaine aux futures émissions obligataires à long terme grecques, écartant le risque d’un défaut de la Grèce sur sa dette publique considérée autrement inévitable. Car ses effets sur la zone euro seraient incalculables, et les Chinois seraient atteints. L’Europe, l’un de leurs meilleurs clients, diminuerait ses importations, tandis qu’une crise européenne d’ampleur aurait de fortes conséquences sur un autre des leurs, les Etats-Unis.

On voit que, petit à petit, le rôle que les Chinois pourraient jouer dans l’avenir se précise. Au lieu de thésauriser leurs surplus commerciaux en achetant des obligations – et de voir celles-ci dévalorisées par diverses biais et phénomènes, en dépit de la diversification de leurs achats en yens ou en euros – ils développent une stratégie de valorisation de ceux-ci. En se garantissant des accès aux matières premières et en se préparant à investir dans des secteurs industriels. Prenant leurs distances avec les investissements financiers, avec lesquels ils se sont brûlés les ailes. Ayant failli connaître sort bien pire, si les Américains ne les avaient pas protégés afin de préserver l’un de leurs grands argentiers.

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L’actualité de la crise, la guerre des devises a commencé, par François Leclerc

Billet invité.

LA GUERRE DES DEVISES A COMMENCÉ

Toutes les devises ont une valeur trop élevée les unes par rapport aux autres, à l’exception du yuan chinois ! Si l’on écoutait les déclarations qui fusent sur toute la planète, il faudrait donc réajuster sérieusement le tir sur un marché monétaire où le régime des changes flottants a été érigé en dogme, au grand bénéfice d’une intense spéculation financière sur celui-ci, le Forex.

Comment alors procéder, dans ces conditions ? Intervenir n’est pas conforme aux principes et spécialement bien vu, mais devient de plus en plus indispensable. Mais pour aboutir à quoi  ?

L’actualité était faite jusqu’à maintenant du lancinant problème de la parité entre le yuan et le dollar, insoluble dans le contexte actuel. Il a fallu des mois et des mois de palabres et de discours prononcés en vain pour en arriver à une vérité toute simple, à laquelle les Américains ne veulent toutefois pas se résoudre. Parce qu’elle est pour eux très dérangeante.

Non compte-tenu de considérations générales sur le rapport existant entre la force d’une monnaie et la puissance économique du pays qui l’émet, il est ouvertement apparu que le régime chinois n’était pas en mesure de procéder à l’important ajustement qui lui est demandé avec insistance. Car cela mettrait en péril son équilibre, en raison des conséquences économiques et sociales qui résulterait d’une chute des exportations, elle-même causée par une forte réévaluation du yuan. Dixit Wen Jiabao, le premier ministre soi-même.

Si l’on prend un peu de recul, cela signifie que le modèle de développement de la Chine, orienté vers l’exportation de produits manufacturés à bas prix, dans un premier temps magnifié, a été porteur d’un déséquilibre accentué. Ainsi que le déplore l’administration Barack Obama, éludant le fait qu’il ne peut pas être corrigé en claquant des doigts comme l’exigent les républicains.

Plus encore, cela met en évidence une contradiction majeure à laquelle la mondialisation a conduit : moteur du développement des pays émergents profitant aux capitaux occidentaux qui s’y sont investis, elle a déséquilibré – sans rémission dans l’environnement actuel – l’économie des pays développés.

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L’actualité de la crise: Quand les monnaies s’en mêlent… et s’emmêlent, par François Leclerc

Billet invité

QUAND LES MONNAIES S’EN MÊLENT… ET S’EMMÊLENT

Irrésistibles montées du yen japonais et du franc suisse, maintien déterminé de la parité actuelle du yuan chinois vis à vis du dollar, les déséquilibres monétaires s’installent de plus en plus dans l’actualité, tandis que cahin-caha la réforme du FMI avance petitement et que se profilent à plus long terme d’inévitables grands chamboulements.

Non sans un paradoxe de plus : bien que nécessaires, ceux-ci sont pourtant bloqués, car ils devraient sanctionner la fin de cette extraordinaire facilité dont les Etats-Unis ont largement profité et abusé, à savoir l’adoption du dollar comme monnaie de réserve. Déjà profondément atteinte par la crise en cours, la première puissance économique et financière mondiale recevrait alors un coup fatal, si le privilège suprême que représente sa suprématie monétaire devait cesser.

Le chemin en est cependant tout tracé, puisqu’elle est déjà bien entamée, mais tout sera fait pour repousser cette échéance, synonyme de déchéance. Ne manquant pas d’accentuer la crise monétaire, au lieu de la résoudre, ainsi que ses retombées économiques, ce qui ne va en rien les arranger.

Cela peut être un sujet d’inquiétude supplémentaire, dans une situation qui n’en manque pas. Alors que la profondeur de la crise américaine, atteignant lourdement une société perdant pied et repères – dont on va observer les conséquences politiques – ne semble pas encore estimée à sa juste importance en Europe.

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