L’HEURE DES CHOIX RADICAUX, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La forte volatilité des prix financiers internationaux dans la semaine du 8 au 12 août a révélé l’absence totale de repères des opérateurs financiers dans la recherche d’un équilibre général des prix. La baisse générale du niveau des prix des actifs financiers a montré une interprétation pessimiste partagée de l’avenir : décroissance indéfinie de la production économique par rapport à ce qui était attendu dans les prix antérieurs à la chute des marchés.

Les banques françaises ont été attaquées en zone euro à cause de leur exposition au surendettement de l’Europe du sud. La défiance financière internationale à l’égard des banques françaises s’est exprimée dans la vente des CDS qui représente la garantie de leurs dettes. L’estimation de la fragilité hypothétique des banques françaises s’est répercutée sur le CDS de l’État français qui serait obligé de s’endetter davantage pour racheter du capital bancaire ou de prêter aux banques.

Une causalité financière fondamentale apparaît évidente dans l’auto-effondrement systémique en cours. La libre circulation internationale des capitaux passe par l’endettement interbancaire international. Cet endettement est transformé en liquidité par les banques centrales et reprêté aux États. En se finançant à bon compte auprès du système financier, les États en deviennent les garants illimités en dernier ressort au détriment des contribuables et des épargnants. La dette est devenue le masque d’une prospérité détruite dans la réalité économique.

Les paiements internationaux issus du commerce international et des mouvements de capitaux passent nécessairement par des emprunts interbancaires. Quand les déposants du système bancaire français décident de vendre des actifs exposés à l’Europe du sud pour racheter en Europe du nord ou hors de la zone euro, les banques françaises doivent emprunter les monnaies des actifs à acheter et placer les euros qu’elles conservent à leur nom.

Les banques françaises ont dû augmenter leurs positions de change et leurs positions d’emprunt interbancaire. Elles ont augmenté leur exposition à une dépréciation de l’euro et au coût de leur propre solvabilité. Les opérateurs financiers y compris des banques françaises ont traduit cette situation par la vente de CDS bancaires et du CDS de l’État français. Il fallait limiter les pertes en cas de poursuite de la défiance financière envers les banques françaises.

En plus des banques se couvrant sur leur risques interbancaires effectifs, des spéculateurs sont venus amplifier les mouvements en vendant les CDS français sans avoir d’actifs dans les banques françaises. Ils ont parallèlement vendu à découvert les actions ou les titres de dette des banques afin de faire baisser les cours et provoquer la revalorisation brutale des primes de CDS. La panique des opérateurs effectivement exposés au risque de crédit de la France et des banques françaises a provoqué les plus-values recherchées par les spéculateurs.

La manipulation libre du prix des CDS exprime l’absence d’ordre politique international et national financièrement efficient. La masse mondiale de crédits croît sans limite et sans équilibre selon l’intérêt des États-Unis à financer leurs déficits, l’intérêt de la finance internationale à réaliser des plus-values sur l’instabilité du système et l’intérêt des gouvernements à acheter leur réélection par la dissimulation du prix réel de la dette publique.

La zone euro est un modèle réduit du système financier international où l’émission monétaire par les dettes publiques et bancaires n’obéit à aucune règle d’équilibre entre les intérêts financiers publics et privés et les capacités réelles de production de richesse. L’Allemagne se retrouve créancière nette du reste de la zone en produisant davantage pour chaque euro emprunté que ses partenaires de la zone. Elle est moins insolvable que ses partenaires européens.

La zone euro est menacée d’éclatement par l’accumulation non maîtrisable de dettes intra-européennes. L’Allemagne et la France sont elles-mêmes virtuellement en défaut mais masquent leur situation par les créances nettes qu’elles détiennent sur le reste de la zone. La France a une productivité réelle par euro emprunté inférieure à l’Allemagne ; donc tout à fait insuffisante pour démontrer que toute dette sera remboursée.

La non-régulation du crédit public et bancaire a pour conséquence la surévaluation du pouvoir d’achat réel à terme du dollar, de l’euro et des autres monnaies de réserve internationales. Cette réalité est financièrement masquée par un système de prix relatifs évitant de comparer le total des dettes avec la productivité réelle de chaque emprunteur financier.

Tous les plans d’austérité annoncés pour rassurer les marchés précipitent l’effondrement. Ils détruisent l’économie réelle et la capacité de remboursement des États et déplacent les dettes sans les dévaluer des pays les plus surendettés vers des pays moins surendettés. Le fonds européen de stabilité financière (FESF) va seulement transférer les dettes non remboursables de l’Europe du Sud vers l’Europe du Nord.

La BCE a évité la flambée de la prime de crédit de l’Allemagne et surtout de la France en déversant des flots de liquidités pour racheter les dettes publiques de l’Europe du Sud portées par les banques allemandes et françaises. Le pouvoir d’achat réel à terme de l’euro comme de toutes les monnaies s’effondre non pas par la hausse des prix généralisée mais par le prix d’actifs et de monnaies refuges.

Les monnaies n’expriment plus que des prix financiers sans rapport avec les prix réels qui permettent de produire la richesse réelle qui rembourserait les dettes. Les gouvernements de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France font l’analyse de cette réalité déstructurée mais ne sont pas d’accord sur le moyen d’en reprendre la maîtrise.

Le Royaume-Uni se réjouit de l’effondrement de l’euro qui masque celui de la livre. La France prend prétexte de la défense de l’euro pour dessaisir son parlement de ses responsabilités budgétaires et fiscales. L’Allemagne seule est mécontente de la politique monétaire de la BCE qui dévalue l’euro et obligera le contribuable et l’épargnant allemand à porter la plus grosse part des pertes financières à venir.

L’Union Européenne reste unie sur le principe de la non-régulation financière par la libre circulation des capitaux à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. En dépit de sa longue expérience de régulation monétaire et financière, l’Union reste l’annexe des États-Unis qui ignorent radicalement la responsabilité de l’État sur la création monétaire. Les élites financières européennes sont les alliées des États-Unis pour jouer les dernières plus-values possibles sur la disparition complète des États.

Malgré Keynes, le financiarisme anglo-saxon imposé par le dollar à l’ensemble du monde ne comprend pas le rôle actif de l’État dans la régulation du crédit. L’assurance publique de l’équilibre des prix par une juste répartition des revenus est la seule garantie réelle d’une allocation des crédits reflétant la production des richesses. Cette assurance ne peut pas faire son effet sans le contrôle public des mouvements de capitaux et sans l’allocation de ressources publiques à la régulation de la convertibilité intérieure et extérieure des monnaies.

La mutualisation de dettes publiques européennes par le FESF restera sans effet sans régulation des changes ni régulation publique des banques et opérateurs financiers. Si la zone euro veut survivre comme espace de solidarité financière multinationale, elle n’a plus d’autre solution que de fermer ses frontières financières à toute nation ne partageant pas les règles qu’elle veut s’appliquer à elle-même.

Si la finalité du FESF est réellement de préserver l’union financière des pays de l’euro, cela implique que les euro-obligations financent une chambre de compensation financière en euro. Chaque banque européenne y dépose son capital y compris la BCE. Chaque État européen y dépose la prime de crédit de sa dette publique. Et chaque banque centrale nationale y dépose la prime de change de la monnaie nationale éventuellement rétablie.

La compensation européenne est l’existence de la loi de la démocratie dans la finance. L’évaluation de tout emprunteur étatique ou bancaire est publique et fondée sur l’égale obligation de toute personne publique ou privée de rembourser ses dettes, de participer à la formation des prix, de justifier le prix de ses engagements et de payer sa contribution fiscale à l’État de droit.

La compensation en euro a pour but de dévaluer les monnaies nationales européennes par rapport à la parité de change de l’euro dans les autres devises. Pour que les dettes publiques soient remboursables, il est impossible de ne pas dévaluer les monnaies qui libellent la dette par rapport aux devises créditrices nettes. Une dette publique se rembourse par le travail et l’investissement des contribuables.

Les pays qui souhaitent partager la même monnaie doivent avoir un trésor public commun contrôlé par un parlement financier commun votant les dépenses, les impôts et les autorisations d’endettement public. Si la France et l’Allemagne veulent conserver une même monnaie, elles n’y parviendront pas sans dessaisir leurs parlements nationaux de leurs pouvoirs budgétaires.

Il n’est pas de démocratie sans finance. Soit les pays de la monnaie unique créent un parlement financier confédéral élu par un corps de citoyenneté unifié, soit ils abolissent le principe fondamental de la démocratie qu’est le consentement des citoyens à l’impôt et à la dépense commune.

Voie intermédiaire : le rétablissement du deutsche mark et du franc conserve les prérogatives financières des parlements nationaux. Le FESF achète les primes de change des monnaies nationales rétablies afin de réguler les parités intra-européennes selon les objectifs économiques partagés, selon les régulations financières effectivement appliquées et selon la discipline budgétaire et fiscale de chaque État.

Quels que soient les choix financiers, monétaires et budgétaires de chaque membre de l’euro, le maintien en l’état de l’organisation de la zone sans régulation bancaire, sans régulation des dettes publiques et privées et sans ajustement des parités monétaires à la solvabilité réelle des emprunteurs de la zone est un suicide politique et économique par négation du réel.

Comme l’Union Européenne est la seule construction politique multinationale fondée sur la démocratie, la responsabilité de l’Union et de la zone euro dans les jours à venir est immense pour le monde. Ou bien les Européens se ressaisissent et construisent un modèle rationnel monétaire, financier et budgétaire de démocratie, ou bien c’est la descente aux enfers pour le monde entier : guerre civile et misère pour toute l’humanité.

Le modèle cosmologique de la raison immanente au monde est caduc. La sélection naturelle est le masque idéologique de la prédation de l’homme par l’homme et de l’homme sur la nature. Plus personne ne peut se soustraire à ses responsabilités. La neutralité est la spéculation des menteurs. L’homme ne peut plus se survivre à lui-même s’il n’apprend à délibérer ouvertement la rationalité de ses choix personnels et politiques.

0Shares

131 réflexions sur « L’HEURE DES CHOIX RADICAUX, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Merci de cet article récapitulatif clarissime. Mais il n’y aura pas de solution par le haut : parlement financier confédéral (ou plutôt, en bonne justice, fédéral : car il faudrait éviter tout retour en arrière!) + régulation étatique et politique intra-européenne de la finance + protectionnisme européen…
    … ces solutions suprêmement raisonnables me paraissent impossibles maintenant car ….en gros, cela fait déjà quelques années que l’Union Européenne n’est plus une « construction politique multinationale fondée sur la démocratie », au moins depuis le refus des élites de prendre en compte le rejet explicite de la Constitution européenne par plusieurs peuples …en détail : personnel politique d’une bassesse et d’une « ineptitude » (angl.) insignes (je mangerai mon panama s’il ressort quoi que ce soit de durable ou même d’utile de la rencontre Merkel-Sarko d’aujourd’hui) ; putride Système anglo-saxon (d’Obama à la City en passant par la Fed et les agence de notation ou leurs « pravdas » éconofondamentalistes) en voie d’implosion et donc d’autant plus acharné à détruire toute tentative de solution européenne continentale ; couple infernal Chinamérique dissolu mais indivisible ; etc.

    Pour moi, les chevaliers de l’Apocalypse sont donc lancés. Cela peut et cela va aller très vite maintenant. Qu’est-ce qui va sauter en premier ? …on peut s’amuser à parier nos derniers deniers tant les facteurs déclenchants sont multiples : faillite ouverte d’une grande banque ; émeutes de masse ; nouveau coup d’éclat terroriste (cf. Khadafi p. ex.) ; nouvelle catastrophe à la Fukushima-BP ; etc.

    Pour moi, il faut déjà envisager la question du jour d’après, dans le champ de ruines… l’effondrement du système néo-libéral « finance-is-all » va être probablement si soudain et si vaste qu’il y aura un peu de temps – peut-être – pour prévenir les conséquences morbides que vous évoquez justement : guerres civiles, ruptures des flux et donc famines, chômage gigantesque, guerres « locales », etc.

    L’épuisement psychologique et idéologique est tel, l’empilement des crises (financière, écologique, agricole, énergétique, industrielle et technologique, guerrière, diplomatique, culturelle, éducative, spirituelle…) est si parfait (« perfect storm ») que tout sera soufflé, y compris, peut-être, pour un temps, les mauvais ferments…

    Alors, quid ? Comment envisager le « jour d’après », car nous serons quand même à peu près tous survivants, du moins dans les pays ex-riches ?…

      1. Sachant que les propos ici tenus par Mme Lagarde ne sont pas tout à fait cohérents avec le discours qu’elle tenait en tant que ministre des finances, on aura compris le petit jeu du « sois mon prétexte, je serai le tien », qui permet, au final, de consacrer et de tenter de démontrer la véracité de « l’impuissance » déplorée par les politiques de droite au pouvoir.

        Bref, cela permet de ne rien faire d’autre que de tondre les moutons que nous sommes pour la plus grande joie et les plus grands profits des ultra-riches (cf Warren Buffett, qui est loin d’être un innocent malgré tout, comme Soros)…moutons que nous accepterons d’être, jusqu’à quand ?

      2. Je rajoute un élément que j’avais oublié :

        Quand on sait que dans l’esprit des gentils apôtres du néo-libéralisme, des mesures d’économie qui n’entravent pas la croissance, c’est d’abord et avant tout la destruction du résultat de nos conquêtes sociales – recul de l’âge de la retraite, démolition du droit du travail pour « flexibiliser » (quel beau mot !!!) le statut des salariés et faciliter le licenciement (tout le monde sait que ça facilite l’embauche…et surtout l’affaiblissement du rapport travailleur/employeur et donc l’aboutissement à des conditions de travail, salaires et autres, toujours plus mauvaises), etc. – il n’y a malheureusement aucune raison d’être optimiste ou d’espérer un changement de paradigme quand on lit les déclarations de Mme Lagarde.

    1. Oui cela semble s’annoncer comme cela… mais nous avons une responsabilité supplémentaire :
      préparer aujourd’hui les conditions pour que si nous ne sommes pas en mesure de prendre le contrôle démocratique de la situation, le jour d’après ne soit pas l’horreur absolue.
      Et les deux objectifs sont convergents mais difficiles à imaginer. Trop d’inconnues.

      Ce qui nous conduits à des raisonnements de type complexe où une partie se développe en termes darwiniens mais dans un cadre qui en limite les absurdités. Par exemple, des marchés locaux/sectoriels dont l’Etat fixe les limites extrêmes. Les agriculteurs organisés en filière de production ont montré que c’était tout à fait réalisable à l’avantage de tous, y compris du consommateur.

      Les théories sur les marchés montrent qu’ils ne fonctionnent que s’ils sont proches de leurs points d’équilibre, la responsabilité des Etats est de les maintenir dans les conditions telles qu’ils soient proches de l’équilibre. Ce qui implique que les inégalités entre acteurs économiques soient fortement réduites, comme le dit PSDJ. Et donc que nous prenions la main sur le fonctionnement économique par une démocratie plus développée où les conflits d’intérêts puissent se confronter et non pas comme aujourd’hui toujours se trancher dans le même sens !

      Dissolution immédiate du parlement. Élection d’une constituante pour inscrire la maîtrise de l’économie dans la démocratie. Réorienter l’économie politique vers la production circulaire et les échanges équitables.

      1. Je pense que les dégâts seront bien trop considérables pour que nous ayons le temps de raffiner la démocratie, comme vous l’entendez bien mais idéalement.

        Les rapports de force seront toujours là, plus brutaux encore dans le champ de ruines, corrélés au désespoir (des dirigeants comme des ruinés) …pour commencer : des dizaines de millions de chômeurs. Ceci dans les pays ex-riches ; ailleurs : famines, guerres et exodes rapides, vite monstrueux. Réveil de tous les affrontements (dissolution du droit international déjà bien amorcé grâce aux USA depuis 2003).

        Je ne vois pas comment nos sociétés décaties pourront trouver suffisamment de force et de souffle pour s’éviter la solution immédiatement nécessaire : autoritarisme (l’article 16 de la Constitution en fournissant la version la plus convenable) ou même fascisme d’un nouveau genre.

        Mais oui, OK, dans le local, entre communautés réduites et relativement « éclairées », on peut espérer de nouvelles refondations sociales pour ne pas dire socialistes : monnaies locales, monnaie fondante, démocratie directe sur la base de collectivités réduites, autogestion, etc. toutes solutions qui paraissent ringardes et utopiques mais qui n’ont jamais été réellement utilisées à grande échelle (sauf – et avec succès – dans l’Argentine post-défaut).

        Vers où nous poussera le nouvel empire, celui de la nécessité ?

    2. Étonnant : le scénario que vous ébauchez en fin de commentaire ressemble peu-ou-prou à ceux qui sont fait par les peakistes (dont je suis) s’agissant des conséquences du Pic Pétrolier que nous sommes en train de vivre.

      Et, bien entendu, le Pic Pétrolier signera définitivement la fin de l’ère du productivisme à laquelle sont adossés l’économie de marché et le capitalisme. Aucune dette ne sera jamais remboursée : l’énergie et la matière première de la croissance qu’on espère dans ce but n’existeront désormais plus à cause du peak oil…

  2. « …s’il n’apprend… »
    il semblerait qu’il soit encore plus difficile d’imaginer une nouvelle « pédagogie » ou « épistémologie »
    qu’une nouvelle « économie ».
    Mais ce n’est pas le sujet de ce blog….
    pourtant…

  3. Rien de bien nouveau en effet :
    « La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique . Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnable .
    La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. »

    Karl MARX
    Le Capital – Livre premier
    Le développement de la production capitaliste
    VIII° section : L’accumulation primitive
    Chapitre XXXI : Genèse du capitaliste industriel

    Mais c’est surtout la manifestation empirique d’une déréliction promise par ce « modèle cosmologique » et en même temps, dialectiquement , l’illustration de cet autre commentaire anticipé du même excellent observateur de l’économie politique :

    « À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient ces rapports en deviennent des entraves.
    Alors s’ouvre une époque de révolution sociale.
    Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout.
    Pas plus qu’on ne juge un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production.
    Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s’y substituent avant que les conditions d’existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. »

    1. @Tropiques,
      L’analyse marxienne est décidément lumineuse.

      l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.

      La numérisation de la connaissance humaine et la libre circulation de l’information par l’internet crée les conditions matérielles d’une mutation de la finance dans la démocratie. L’internet est une plateforme de compensation du capital et de la dette publique. La démocratie (dictature de la négociabilité des prix par le prix de la production prolétarienne libre) peut être immédiatement reconstruite au-dessus de la finance par une chambre de compensation multinationale.

      Le Parlement Européen doit élire le président du FESF qui détient les primes de capital de la BCE et des banques centrales nationales ainsi que des primes de crédit des dettes publiques européennes. L’euro devient la monnaie commune de l’Union permettant de réguler le système financier européen et les monnaies nationales. Les démocraties nationales reprennent le contrôle de la démocratie européenne qui reprend le contrôle de la finance à travers l’euro. L’euro n’est plus un instrument de spéculation international mais la monnaie de financement de la démocratie.

      Les citoyens de l’Europe doivent tous se retrouver dans la rue à la fin de ce mois pour réclamer la transformation du Parlement Européen en assemblée constituante de la démocratie financière européenne.

      Démocratie financière : la monnaie est l’unité de compte de la démocratie ; la régulation financière est supranationale contrôlée par un parlement représentatif de la société des démocraties ; la finance hors la loi est filtrée aux frontières de l’Union monétaire.
      TOUS LES CITOYENS EUROPEENS DANS LA RUE LE 28 AOUT, ALORS LA DEMOCRATIE RENAIT.

      1. TOUS LES CITOYENS EUROPEENS DANS LA RUE LE 28 AOUT, ALORS LA DEMOCRATIE RENAIT.

        Je crains d’être désagréable, mais cette conclusion de message renvoie au post que je faisais hier pour faire écho de l’article de David S. Meyer publié dans le Washington Post du 12 août : « Les américains sont en colère. Pourquoi ne protestent-ils pas ? »

        Au risque de passer pour un vieux disque rayé, je remets ici un bout des extraits que j’ai traduits :

        […] Qu’est-ce qui fait descendre les gens dans la rue pour manifester ? Ce n’est pas un mécontentement général envers la politique, qu’elle concerne l’immigration ou la dette publique. Les mouvements sociaux sont le produit d’une organisation concentrée sur l’objectif. Même les icônes de l’activisme de l’histoire américaine ont utilisé leur influence à travers des groupes plus larges. Rosa Parks n’était pas qu’une couturière fatiguée en 1955, quand elle a refusé d’aller à l’arrière d’un bus de Montgomery, Alabama. Elle était une organisatrice au long cour, qui avait servi de secrétaire à la cellule locale du NAACP, qui a organisé un boycott des bus et une plainte en justice en réponse à son action. Plus tôt cette année là, elle avait assisté à un séminaire sur l’action non violente à un centre syndical, le Highlander Institute, où elle avait lu à propos de Gandhi et de la décision de la cour suprême dans le cas Bown contre le Conseil de l’Education qui supprimait la ségrégation dans les écoles publiques. Toutes ces actions spécifiques n’ont pas été parfaitement orchestrées, mais les activistes avaient passé des années à en construire l’infrastructure et à cultiver les idées qui ont rendu le boycott des bus possible.

        Sans de tels soutiens organisationnels, les actions individuelles peuvent avoir un côté dramatique et héroïque, mais les mouvements politiques efficaces sont un test d’endurance. Les organisations permettent de donner un sens aux efforts individuels, et de leur donner la force de tenir la distance.

        Donc, un appel du 28 août. Relayé par qui ? Où ? avec quel périmètre ? Quels objectifs ? Quelle organisation ? Quels relais sur le terrain ?

        Si ces questions ont déjà trouvé une réponse suffisante – donc, pas un simple gzaouillis ou babillage sur fesse de bouc – mes excuses, mais personnellement c’est la première fois que j’entends parler d’un appel du 28 août, tout comme hier j’ai lu un autre appel pour Bruxelles…

        Encore une fois, OR-GA-NI-SA-TION. RE-LAIS DE TER-RAIN.

        Sans cela, on ne fera que se faire de l’écho sur des blogs ou ailleurs, et à part faire des petites vaguelettes dans le cyberespace, cela n’aura aucun autre résultat.

      2. (((((( ……..L’euro devient la monnaie commune de l’Union……..))))))

        En s’arrêtant aux derniers chiffres officiels connus , voyez-vous un moyen de SIMULER les nouvelles équivalences monnaies théoriques nationales (MTN) vs €uro , voire , idéalement , simuler leurs évolutions respectives pendant les 5 prochaines années……….?

        Pour faciliter le travail nous pourrions imaginer un trio constitutif selon vos critères : Allemagne-Belgique-France dont les statistiques fiables devraient permettre cette simulation détaillée (et éclairante pour beaucoup)…………Merci.

      3. Hououji Fuu,

        Quels objectifs ? : faire stopper la production excédentaire. De monnaie par exemple, la source de bien des tracas pour nos éconophiles et le système en général.

      4. Pour la pub, voici une proposition de tract :

        La société salariale est en voie de disparition.

        Tous unis pour une société autre, dans laquelle le travail rémunéré n’est plus le facteur d’intégration principal et où le politique et le sociétal ne sont plus subordonnés à l’économique mais le priment.

        Une société dont on se fait citoyen par toutes les formes d’activités qui créent du lien, du sens, de la réciprocité, de l’autonomie et de l’épanouissement, et qui, à la différence du « travail », ne sont pas interéchangeables, normalisables, mesurables, monnayables, monétarisables.

        (Source)

      5. Oui l’anthropologie marxiste de « l’homo economicus » n’a pas pris une ride, et le moins qu’on puisse dire est qu’elle fournit une parfaite intelligibilité de l’histoire qui se déroule « devant nos fenêtres » ( comme disait Hegel ) .
        Dès lors la cohérence intellectuelle commande de se délester des chimères « idéologiques » , du genre de la « citoyenneté européenne » , à laquelle on pourrait facilement adresser les commentaires que faisait le même Marx sur la « citoyenneté allemande » de son temps .
        ce qui vient , « ce qui arrive » , c’est la fin d’une époque , d’un cycle , et ce qu’on peut voir en « considérant de tels bouleversements » c’est que ce temps est désormais « une époque de révolution sociale » …
        Une « praxis » à laquelle il manque encore une « théorie » du « que faire » … hic et nunc.
        Des luttes et des conflits qui s’annoncent d’autant plus violents que dépourvus ( pour l’instant) de tout relai/médiation politique .
        Mais que pourra-t-on faire quand tout se sera effondré , sinon saisir les banques , puis rétablir les droits des citoyens ( de l’Etat) sur le contrôle politique de l’économie , à commencer par l’émission de la monnaie .
        Tout ceci porte en germe, déjà bien muri, les conditions concrètes, les rapports matériels réels, qui s’imposeront « de fait » à la superstructure . Car il est un fait d’évidence ( matérialiste) que rappelle Marx : c’est que la superstructure repose sur l’infrastructure et non l’inverse .

      6. tropiques,

        « Une « praxis » à laquelle il manque encore une « théorie » du « que faire » … hic et nunc. » : que tchi ! (Si il manque des trucs j’ai tout le matos dans le coffre). Ni luttes ni conflits violents : que du bon : la démocratie.

        N’oubliez pas que vous parlez de structures humaines : ce sont les individus conscients qui construisent la structure : c’est à eux de formuler les valeurs qu’ils souhaitent pour leur vie, pour leur temps de vie ; valeurs qui servent de liens, de possibilités d’échanges – dans l’absolu : de monnaie – : et la structure se forme ainsi : la démocratie.

        Au plaisir

      7. Hououji Fuu

        Vous aussi vous avez un barbecue le 28 ? Non parce que ça revient un peu au même ! Bref. 😀

      8. @Hououji Fuu,

        Il est un fait d’évidence (matérialiste) que rappelle Marx : c’est que la superstructure repose sur l’infrastructure et non l’inverse.

        Il est donc un autre fait d’évidence finaliste que la superstructure détermine l’infrastructure. Et un autre fait d’évidence formaliste que la superstructure et l’infrastructure matérialisent et finalisent la structure. Et qu’est-ce que la structure ? C’est la langue contenant les représentations du citoyen par quoi la société délibère la relation entre l’infrastructure et la superstructure ; délibération que Marx appelle « lutte des classes ». La lutte des classes débouche sur l’écrasement du prolétariat par le capital ce qui fait disparaître la plus-value qui matérialise le capital.

        Ce que nous discutons sur ce Blog est ce que nous ferons quand il n’y aura plus ni capital, ni lutte des classes, ni superstructure, ni infrastructure. Il ne faut pas exclure que la destruction matérielle des structures par le capital fasse aussi disparaître le sens du langage : il sera alors proprement compliqué de construire quelque chose puisque la délibération-même ne pourra plus s’instituer.

      9. Je suis dispo le dimanche 28 août! MAis dans Quelle rue allons-nous nous retrouver? Et à quelle heure? Pas le matin !

        Je propose devant la mairie de ma ville à son entrée la plus importante, et chacun devant la mairie de sa ville . Mais on peut choisir aussi le monument aux morts pour se souvenir des guerres dont la répétition nous effraie.

        Un communiqué de presse unique serait opportun pour reproduire ce paragraphe:  » la monnaie est l’unité de compte de la démocratie. Les citoyens de l’Europe doivent tous se retrouver dans la rue à la fin de ce mois pour réclamer la transformation du Parlement Européen en assemblée constituante de la démocratie financière européenne. » Et PSDJ lève son droit d’auteur sur ces 2 phrases.

        Mais le dimanche c’est bien de prendre le temps de voir ses amis ou de jouer avec ses enfants.

        Je prèfère un soir de la semaine (comme beaucoup je pense) et aussi plus tard dans l’année quand les activités d’été sont finies.

        Bon, ok il faut se mobiliser ensemble sur des enjeux centraux.

        Merci de cet article et de sa conclusion que je résume ainsi « la démocratie financière ou la mort ». C’est vendeur, non?

        Dalio

  4. Et pendant ce temps là, Me Merkel suivie de prés par M. sarkozy, font savoir au monde que si ils se voient aujourd’hui, c’est juste pour prendre le thé. Il n’est bien sur pas question de décider quoi que ce soit d’important.

    1. Tout ça c’est du cinéma …
      Nous ne savons rien de ce dont il est question dans les entretiens…
      Ce ne sont pas les médias qui vont nous fournir l’info , : ils fabriquent le moule de ce que nous devons penser , nous , assujettis aux décideurs de ce monde , lesquels nous abreuvent de clichés, d’images d’Epinal et de bobards .
      Bn.

  5. … l’Union Européenne est la seule construction politique multinationale fondée sur la démocratie…

    Comment appeler démocratie la tyrannie du capital s’accumulant aux dépens de l’être humain et la nature?
    Comment appeler démocratie le refus du résultat des votes sur le TCE, en France comme en Irlande ?
    Il reste pour quelque temps encore des marges de liberté d’expression et d’association,
    Il faut vite en profiter pour lutter et abattre cette tyrannie…

    1. @Charles A.
      La démocratie est encore au moins un concept présent dans beaucoup d’esprits y compris ceux de nos gouvernements. Pour que le concept puisse REformer la réalité, il faut lui reconnaître une prémisse d’existence concrète quelque part. Si l’on ne dit pas en quoi, il y a plus de démocratie en Europe qu’aux Etats-Unis ou en Chine, alors l’actuelle dissolution de l’Europe dans l’empire étatsunien lui-même en dissolution dans le capitalisme sauvage « chinoide » est un phénomène absolument « naturel » qu’il est vain de critiquer. S’il n’existe aucune démocratie nulle part, ce qui est en train de se passer est effectivement ce que les élites au pouvoir en disent : un épiphénomène certes un peu inquiétant ou désagréable mais parfaitement sous contrôle.

      1. l’actuelle dissolution de l’Europe dans l’empire étatsunien

        C’est peut-être l’occasion de faire un papier sur le GMT qui nous pend au nez…

      2. bonjour,

        « Pour que le concept puisse REformer la réalité, il faut lui reconnaître une prémisse d’existence concrète quelque part. »

        Oui, mais peut être pas là où il n’est pas : la loi économique, seule reconnue par ce néo libéralisme, est bien des deux côtés de l’atlantique ; par ici elle est constitutionnalisée. Dans l’UE, le marché, « social par nature », efficient quant à l’allocation, est le socle et la clé de voûte du droit, la raison et le but de l’Union.

        C’est en se faisant le meilleur porte parole de la société d’un coté, et de l’autre en se faisant discours de la nécessité, science, que le marché d’abord retire le gouvernement de l’état, lui laissant une gouvernance quelconque, d’apparat souvent, puis ensuite se met à légiférer (réformes structurelles : on s’adapte au marché…jamais la question de savoir comment la société peut s’adapter à elle même n’est posée. Pour cause : chacun sait implicitement que le marché et la société sont distincts.). Un plaidoyer à double entrée : un bon travail d’avocat*

        L’UE n’est pas démocratique au sens classique ou au sens courant : aucun élu du peuple n’y exerce de pouvoir réel (ni non élu d’ailleurs :même la commission n’a, heureusement!, que l’initiative de la proposition, le pouvoir réel étant dans ce binôme commission-conseil, un peu comme si en france le pouvoir était entre les présidents de régions (ou les députés, mais ils sont très nombreux, alors que le conseil est restreint), et le président qu’ils nommeraient)).

        Les pays européens, par contre ont de solides traditions de ce coté là. Pas toujours exactement les même d’ailleurs (en france, la Vème qui devait garantir l’indépendance politique a en fait servie à transférer la souveraineté à l’UE (transfert étrange, où le chef d’état s’infantilise quelque peu)). L’allemagne rappelle aussi souvent ses propres différences, ces temps ci…

        C’est d’ailleurs sur cette base diverse, d’une hétérogénéité des régimes démocratiques (monarchies ou républiques, plus ou moins décentralisées, aux pouvoirs plus ou moins séparés) que vous imaginez ce bancor, si je ne me trompe pas.

        « Si l’on ne dit pas en quoi, il y a plus de démocratie en Europe qu’aux Etats-Unis ou en Chine, alors l’actuelle dissolution de l’Europe dans l’empire étatsunien lui-même en dissolution dans le capitalisme sauvage « chinoide » est un phénomène absolument « naturel » qu’il est vain de critiquer. »
        …La démocratie s’exprime par différents canaux. Par exemple, il y a la souveraineté nationale (les élus) qui existe un peu partout, et la souveraineté populaire (les référendums par exemple, voire le chef d’état au suffrage universel), ce qui est un peu plus rare (pas folle la classe dominante).

        Sous den ziao ping (ortho?), monsieur « qu’importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape la souris », la chine a pris le chemin de la prospérité industrielle. Je ne connais pas les proportions, mais les accords commerciaux du cycle de l’uruguay puis de l’OMC ne sont pas pour rien dans le développement industriel de cette région du monde. Un simple coup d’œil sur la consommation chinoise montre que leur politique était presqu’entièrement tournée vers l’exportation : des capitaux venaient s’investir pour produire et exporter en gros vers le lieu d’origine de ces même capitaux ; les chinois obtenant en échange un rattrapage industriel.

        Cette législation fut bien adoptée à l’initiative des états unis, et avec l’appui européen.
        Sous quelle stratégie, avec quelle marge de manœuvre, voire au nom de quels idéaux, sont des questions complexes. (certains s’imaginaient que les chinois produiraient des objets pendant que l’europe produirait des concepts! Comme complexe de supériorité, c’est intéressant. Comme décision politique…).

        Le phénomène dit de « mondialisation inéluctable » est donc parfaitement artificiel…résultat d’une convergence de volonté et de puissance politique.

        Sauf si :
        – l’économie est une science décrivant des phénomènes naturels(D’ailleurs, le marxisme fait un peu de même…). Et c’est bien ainsi que s’est présentée la « contre révolution néolibérale ». Le politique se conforme aux lois de la nature, ou les contrarie. S’agissant de la science de la prospérité et de l’état providence, la voie était toute tracée : pour se réaliser, l’état providence devait disparaître!
        – nos chers et tendres gouvernants oublient malencontreusement de nous rappeler que la mondialisation est un édifice juridique avant tout, résultat d’un demi siècle de négociation sous la gendarmesque surveillance de l’OTAN.

        En passant : comment les élites peuvent elles dire 1 c’est naturel 2 c’est sous contrôle ?
        (la science politique du « laisser faire »?)

        On peut même remarquer, si gouverner c’est prévoir, qu’il est étrange d’avoir ouvert l’aire de jeu avant d’avoir les moyens d’y intervenir (se coupant même des moyens d’interventions locales) : les signataires (a fortiori encore plus les européens) ont joué à quoi? Comme le rappelle Julien Alexandre quelques billets avant, un espace économique doit correspondre à un espace politique (pas forcément un état), simple bon sens.
        (la science politique du « laisser faire »?)

        Un proverbe anglais dit qu’il est plus facile de faire sortir le chat du sac que de l’y faire entrer…

        A se demander donc si nos signataires avaient conscience du toboggan (route obligée) qu’ils nous faisaient prendre, pourquoi n’ont ils fait constamment pression pour que cet espace politique soit créé (on voit certains politiques disserter dans les médias pendant des semaines, aucun conditionner l’unité économique à une union politique (en france la question fut enterrée sous mitterrand : cf son débat avec séguin), pas plus ceux qui soutinrent les traités en disant en vouloir d’autres, que les autre signataires. Encore aujourd’hui, ils sont relativement rares). S’ils n’en avaient pas conscience, se pose bien sûr la question de la compétence.

        Ce n’est donc pas manquer la critique, au contraire, que de pointer du doigt les « responsables » politiques qui sont très souvent allé contre l’avis populaire, quand celui ci était demandé (le peuple est ignorant : la science sait.), et donc souligner le manque de légitimité de ces décisions (cela est valable aussi concernant les notations par le marché des politiques menées, notations que les états ont eux même « appelé » (non convertibilité imposée du dollar) par la création du marché des changes. Or il me semble évident que la note d’un état est au mieux teintée de politique, voire n’est que cela (jusqu’à l’idéologie) : j’imagine que la note de cuba ne vole pas haut…). C’est d’un point de vue démocratique que l’on peut critiquer le manque de démocratie.

        Car si c’est bien par souci démocratique que l’UE est au milieu du gué, vulnérable, c’est aussi par décisions imposées que l’on s’est aventuré à traverser : les petits pas qui en résultèrent furent autant de paris risqués sur la stabilité internationale, et le numéro d’équilibriste obtenu une faillite en soi…

        Le peuple reproche rarement les succès même s’ils sont les faits du prince.

        D’ailleurs, c’est à se demander comment deux générations politiques ont pu s’aveugler à ce point (chevénement parle de « pari de Pascal » : c’est la construction européenne ou le néant. résultat : proche de zéro!) : il n’y avait sauf récemment aucune porte de sortie légale (clause imposée au nom de la reconnaissance du droit des peuples à disposer d’eux même : tout un regard que l’ONU jette sur l’UE par cette simple injonction (sous la demande de juristes anglais)) .
        Il était devenu (et est encore) courant que le personnel politique désavoué par les urnes (pour avoir soutenu les politiques européennes…voulues par son propre parti!!) se voyait proposait un poste au sein de l’administration européenne. Le plus emblématique étant barrosso que les portugais ne supportent plus.
        Ainsi un personnel politique à double casquette, à l’idéologie marquée (en plus de la volonté d’union européenne), par affinité à droite, souci du moindre mal à gauche, a pu voir le jour : les décisions prises collégialement au niveau européen étaient présentées comme imposées ; l’impopularité se gérait en se répartissant les rôles et les postes, le niveau de secours, non élu, étant l’UE. Sur ce dernier point, les eurobonds suivent le même chemin.

        Si c’était « le seul projet possible », à quoi riment les votes proposés à la population, si ce n’est à masquer l’étroitesse du chemin laissé par le nouveau paradigme politique?
        (la science politique du « laisser faire »?)

        Dans la pratique, les conclusions des négociations, les décisions collégiales, ne s’écartèrent guère du plus petit dénominateur commun : le marché efficace et l’anticommunisme pour la droite, le marché social et la dénonciation de l’autoritarisme à gauche. Le marché est là. Ce qu’il « est » : mystère. L’autorité l’a rejointe (le personnel politique en oratorio de la « règle d’or »).

        Par contre, à défaut d’une perception claire d’une démocratie dans une institution existante (quoiqu’il existe quand même quelques pays sympathiques où les votes ont des effets, même si ce n’est pas toujours bien inspiré, la suisse par exemple), ou même malheureusement dans un idéal accessible (mr Chouard fait par ex un travail de citoyen très riche en interrogations sur ce sujet) la volonté est bien là, partagée entre le niveau européen pour certains et le niveau national pour d’autres, plutôt un peu comme ci pour la droite, plutôt un peu comme cela pour la gauche, de fait bloqué entre les deux oppositions dans la réalité.

        « La démocratie est encore au moins un concept présent dans beaucoup d’esprits y compris ceux de nos gouvernements. »

        Effectivement, sinon, ce serait déjà plié depuis longtemps! (il n’y a qu’à se souvenir de la première mondialisation : l’empire de victoria ( ou avant, l’empire napoléonien)).
        (Pour en citer quelques uns quand même, juste pour le contre exemple : les mariages politiques/médias, comme une fascination réciproque (dsk, borloo montebourg…) ; les suites royales : mr Delors, suivi de sa fille mme Aubry, la petite fille ayant eu droit à un récent baptême médiatique. La troisième génération lepen aussi. Mr sarkozy a des petites tendances au népotisme aussi. Mr Mitterrand, aussi…petit à petit…On n’a pas encore eu la femme de l’ancien président contre le fils du précédent, mais à force…)

        Mais : au niveau européen, ce ne serait guère mieux (imaginons une europe des dictatures : aucun ne serait d’accord pour s’effacer ; une europe des démocraties : aucun ne saurait décemment s’imposer. (à part une grande déclaration solennelle contre signée par un référendum à gros chiffre, marquant dans le marbre la fusion des peuples (en imaginant la fusion possible : non explosive), je ne vois pas comment on peut faire.))
        A contrario, de votre système de bancor qui peut ménager la chèvre et le chou.

        « S’il n’existe aucune démocratie nulle part, ce qui est en train de se passer est effectivement ce que les élites au pouvoir en disent : un épiphénomène certes un peu inquiétant ou désagréable mais parfaitement sous contrôle. »
        Oui et non : le phénomène à mon avis, c’est l’effectivité du renoncement à un cratos national (quel qu’il soit, mais de facto à une démocratie : s’il existe un indice des démocraties, je serais curieux de voir ses variations…). La réalisation des accords internationaux, jusque dans leurs extrémités logiques.
        Par contre, le cratos international reste une vue de l’esprit, lui.

        Entre les deux, je vois à l’évidence deux gagnants : le système financier, et le gendarme mondial (les désordres provoqués par la mondialisation, s’ils ne se règlent pas par le marché, appellent un maintien de l’ordre, qui vient souvent de ceux qui imposent le marché).

        « ‘Au Moyen Age, ce sont les cités italiennes (Venise, Florence…) qui ont été les instigatrices d’un système de dette publique. Le besoin de payer des mercenaires pour les conflits incessants entre les cités, et la présence de marchands riches, disposant de réseaux bancaires tentaculaires, incitaient à user de cette commodité financière. »

        Il y a sûrement d’autres « gagnants » : la renaissance prend place à la même période, et pour ce qui nous concerne…nous sommes en plus quasi en guerre économique…
        (*)me Lagarde nous enjoint d’ailleurs du FMI à nous endetter (« pour ne pas étouffer la croissance ». à croire que les taux ont baissé et qu’ils ne remonteront jamais!)…

    2. Mon expérience de l’Union Européenne est tout autre.
      J’ai adhéré pleinement au projet dans ma jeunesse,
      jusqu’à défendre activement un fédéralisme européen.

      Dès que j’ai eu les moyens de comprendre les rouages de l’économie,
      j’ai constaté que le capitalisme était incompatible avec la démocratie réelle.
      entendue comme le pouvoir du peuple,
      et non comme les rituels qui visent à le déposséder du pouvoir,
      à commencer par la comédie des urnes,
      sous régime de domination matérielle et idéologique de la classe dominante.
      L’oxymore « Révolution par les urnes » des dernier mitterrandiens
      est l’expression même de cette comédie.

      Bref, restent des acquis démocratiques, de plus en plus limités,
      à défendre toutefois, à condition de ne pas prendre la comédie de démocratie européenne
      pour autre chose que la poursuite de la tyrannie du capital par le meilleur moyen.

      1. Comédie des urnes, derniers mitterrandiens, vraiment que de mépris pour ceux qui disent que la démocratie ne peut être obtenue et développée que par la démocratie.
        Or que je sache, pour le moment on ne sait pas faire exprimer la démocratie autrement que par le vote…
        Il faudra bien un jour nous expliquer comment vous dépassez cette contradiction.

    3. Une dictature démocratique, voilà le prochain modèle. certains diront avec beaucoup d’intelligence, tant qu’il y a le mot démocratie. Du communisme Ultra-libéral, ceux qui ont tout, pouvoir et mafia, ceux qui travaillent (les veinards), pour payer tout, et ceux qui n’ont rien du tout et qui doivent la boucler et se la serrer.

      Sinon c’est un bon post Mr Pierre Sarton du Jonchay.

    4.  » l’Union Européenne est la seule construction politique multinationale fondée sur la démocratie… »

      Ah bon ? Je n’ai pas le souvenir d’avoir voté pour élire les personnes qui la gouvernent .

      1. Si la participation aux élections du parlement européen atteignait les 80% ou plus; peut-être que les gouvernements des états membres seraient plus enclins à lui accorder plus de pouvoir qu’il en a à l’heure actuelle…

        Là où vous avez raison c’est quand il s’agit du « gouvernement européen » lequel n’est qu’un assemblage temporaire et hétéroclite de ministres appartenant aux gouvernements des états membres, ces ministres il est vrai n’ont pas été élus, mais nommés par leurs gouvernements nationaux. Ce sont eux qui forment le conseil des ministres de l’Europe, se réunissant quelques rares fois par an et tirant chacun dans la directions de leurs pays et non au nom d’une politique européenne cohérente.

        C’est ainsi qu’il n’a jamais été possible de concevoir une politique fiscale et sociale harmonisée, les moins disants sociaux refusant systématiquement qu’on leur impose de se mettre au niveau des mieux disants sociaux. Et on a ainsi vu se développer un dumping fiscal et social en Europe au travers de la libre circulation des produits et des services, laquelle est de surcroit complètement distordue par des conditions inégales du marché, la compétition dépendant plus des conditions fiscales et sociales que de la qualité des produits et services ou de la compétence des unités de productions obtenue grâce aux travailleurs et à la compétences des gestionnaires techniques ou commerciaux.

        Notons un effet particulièrement pervers au niveau des finances publiques;, le dumping fiscal entre pays membres de l’Union Européenne à conduit à une baisse générale de l’impôt sur les dividendes des sociétés, baisse effective bien qu’irrégulière selon les pays de l’Union Européenne, qui a conduit à une situation surprenante: l’impôt sur les dividendes des sociétés est plus élevé aux USA qu’en Europe : 40% aux USA et 25% en Europe (Pierre Larrouturou « Pour éviter le Krach ultime » préfacé par Stéphane Hessel, Nova éditions 2011)

        Parmi les scénarios catastrophe Pierre Larrouturou reprends celui de la guerre, classique: états contre états, déjà envisagé en 2010 par Philippe Dessertine, Professeur à l’université de Nanterre. Il cite en particulier une guerre aux frontières de la Chine, le taux de chômage chinois touchant 22% de la population active. Cela même avant que la Bulle immobilière chinoise (deux fois plus grosse que celle des USA avant 2008) n’ait éclaté. Il fait remarquer que le budget militaire chinois a plus que doublé en 8 ans. scénario, dit-il semblable à celui qui a précédé la seconde guerre mondiale sans compter la volonté de revanche chinoise contre les japonais qui reste forte en Chine, or les Japonais n’ont pas caché qu’ils interviendraient en cas de guerre entre la Chine et Taïwan…

        Pour finir ce message, je trouve les analyses et les propositions de Pierre Larrouturou très pertinentes. Mais qui en parle? Même dans des blogs comme celui-ci?

        Les propositions qu’il formule sont pourtant concrètes, pragmatiques, rapides à mettre en œuvre et cohérentes d’un point de vue économique, social et écologique…

        Rappelons qu’il fût l’un des rares avec Paul Jorion à prédire la crise financière de 2008.

        Tout dernier point pour cet après-midi: tant qu’on analysera la situation actuelle par le prtit bou de la lorggnette financières et que donc on ne proposera que des solutions fionancières sans vraiment aller au fond des problèmes d’infrastructure de l’économie réelle, il n’y aura pas de solution viable pour la France, L’Europe ni la Planète.

        Bien cordialement.

        Paul T.

    1. @werrebrouck

      Ayant suivi votre lien je tiens à vous remercier pour votre analyse de la crise actuelle.
      Il important de bien comprendre ce qui oppose les tenants du keynesianisme à ceux du monétarisme à la Friedman.

      D’un coté, la doctrine Friedman et l’école de chicago affirmant que, puisque la quantité de monnaie influe sur le niveau des prix, la politique économique (monétariste donc) doit imposer une quantité de monnaie fixe contrôlée par la banque centrale indépendante afin de maitriser l’inflation.
      Pour faire simple, ce monétarisme affirme que plus la masse monétaire est importante, plus le niveau des prix et l’inflation seront élevés, alors que plus la monnaie sera rare, plus elle prendra de la valeur. La monnaie devient alors une marchandise comme une autre..

      Tout ce qui est rare est cher dit le dicton populaire, donc une monnaie abondante perdra de sa valeur, et par conséquent, les marchandises exprimées dans cette monnaie abondante seront chères.Un gouvernement devra alors limiter la quantité de monnaie en circulation pour réduire l’inflation.
      On se rappelle encore de la république de WEIMAR
      .
      De l’autre coté, après la crise de 1929 , KEYNES avait, appliqué une politique économique à l’opposé du monétarisme. La crise de 1929 avait aboutit à une dévalorisation massive du capital et une baisse des prix ;une forte déflation donc qui rendait les solutions monétaristes sans objet.
      KEYNES proposa de relancer l’économie par une politique expansionniste faite de création monétaire et de déficits publics pour permettre le financement de grands travaux et soutenir les dépenses de consommation.
      Bref, l’antithèse exacte des positions monétaristes.

      Avec des gens comme Friedman et Rumsfield, les monétaristes font leur retour, malgré les bons résultats des politiques keynesiennes jusqu’aux années 70.

      Aujourd’hui encore, les idées monétaristes inspirent fortement la BCE et la FED .

      On le sait, lorsque les Banques centrales sont indépendantes des Etats elles ont tendance à se comporter en monétaristes ; par contre, les gouvernements, en ayant tendance à recourir à la Banque centrale pour financer leurs projets, sont par nature keynésiens.

      Les premiers privilégient la stabilité monétaire et donc des prix, indépendamment des citoyens, qu’ils soient consommateurs et/petits investisseurs, les seconds sont censés privilégier les citoyens qui les ont porté au pouvoir.

      Comment se fait il, dans ce cas, que les gouvernants se soient laissé lier pieds et poings en transférant aux banque centrale une totale indépendance dans la création et en se privant du droit d’y avoir recours pour leurs emprunts, devant, par obligation, se tourner vers le secteur privé qui, aujourd’hui dicte aux Etats leurs politiques économiques?
      Pourquoi ,KEYNES est il oublié, lui qui a permis cet essor sans pareil des 30 glorieuses?

      1. Vous posez une bonne question. J’ai personnellement une réponse simple avec mon idée de perennisation du fordisme par d’autres moyens, mais je ne suis pas sûr quelle soit suffisante. De fait pour de nombreuses raisons assez bien expliquées par l’école de la régulation, le fordisme reposait sur un compromis autour de gains de productivité abondants qui se sont affaissés dans les années 70. La mondialisation était une solution au problème posé en ce qu’elle autorisait des gains de productivité obtenus par d’autres moyens: délocalisations, maintien du pouvoir d’achat par importations moins couteuses, etc. Mais cette mondialisation est exigente en ce qu’elle suppose la parfaite circulation du capital, la convertibilité des monnaies,etc. Ce qui renvoit à la stabilité de ces mêmes monnaies. Il faut donc combattre l’inflation. voilà le contexte. maintenant il est vrai le monde académique notamment américain est intervenu dans le débat.
        Ce qui serait intéressant serait de faire une ananyse historique détaillée pour voir comment les entrepreneurs politiques se sont laissés convaincre pour déboucher à peu près tous à l’abandon de la souveraineté monétaire. Il faut savoir que l’ex président Giscard D’ estaing a pu ^étre interrogé sur cette affaire (c’est lui qui a pris de fait la décision en france) mais sa réponse fût extrémement évasive.
        Bien à vous.

      2. @ Werrebrouck

        Le spécialiste des ovnis et des scandales qui n’en sont pas qui a « interrogé » VGE a laissé un commentaire sur le blog de l’ex-président, auquel celui-ci a répondu. La raison de cette loi a été rappelée récemment ici même par Pierre Sarton du Jonchay : un gage de « crédibilité » et de « responsabilité » donné par les États aux marchés, à l’instar de la règle d’or dont on parle beaucoup ces jours-ci, pour empêcher les États de faire tourner la planche à billet et provoquer de l’inflation. Une pure lecture monétariste qui coïncide avec la prise de pouvoir idéologique de cette école de pensée sur la finance et l’économie occidentale.

        Contrairement à ce que le petit groupe que vous fréquentez maintenant laisse entendre, il n’y a rien de « fumeux » derrière cela pour ce qui concerne la création monétaire, qui reste le privilège des banques centrales.

        C’est une décision politique, criticable et amendable,

    1. @francis,
      On peut nommer le bancor comme on veut : le principe est celui d’un étalon de crédit international :
      1) qui mette les démocraties à égalité de droits et de devoirs les unes par rapport aux autres
      2) qui soustraie la monnaie et le crédit à la prédation financière

      1. Nationaliser les banques (leur part dépôts et crédits affectés, le reste ne nous intéresse pas) sans indemnisation.
        Etablir depuis ces banques des échanges et des accords avec les banques centrales dans le monde qui fonctionnent démocratiquement et corrélativement réduire au minimum les échanges avec la BCE tant qu’elle ne change pas de statut et de fonctionnement.
        Dans une guerre, il faut trouver des alliés ! Il y en a : ceux qui veulent des échanges équitables avec la France.

  6. Merci à vous, Pierre, pour ce bel appel à la responsabilité et à l’engagement de chacun.
    C’est notre affaire à tous, à commencer par celle « des grands » comme les appelle fort à propos notre céleste Paul (Paul d’Orion ? 🙂 )

    Le réveil politique est proche, c’est sûr.
    Aucun doute qu’il se manifestera, comme celui des indignés, là où on ne l’attend pas.
    Aux États-unis ? En chine ? Pourquoi pas, lors de la très proche prise de conscience que le dollar est mort => ICI
    En Angleterre ? Attendons de voir l’évolution des révoltes de la jeunesse.
    En France ? Pourquoi pas ?

    Ailleurs ?

  7. La sphère financière, qui n’est en rien virtuelle (ou alors à la limite depuis l’abandon de l’étalon or, et ça n’est en fait qu’un détail, les chèques et titres existent bien évidemment avant), est importante certes, mais il faudrait surtout sortir du mirage consistant à croire que les problèmes viennent de là. Si le monde ne s’est pas écroulé dans 50 ans, ce sera un monde sans aviation et tourisme de masse, par exemple.

  8. la seule chose dont nous devons avoir peur , c’est la peur elle même
    « Franklin Roosevelt »

  9. Le modèle cosmologique de la raison immanente au monde est caduque. La sélection naturelle est le masque idéologique de la prédation de l’homme par l’homme et de l’homme sur la nature.

    René Thom, Esquisse d’une sémiophysique, Interéditions, 1988, pp. 127,128:
    « On ne pourra que s’étonner -dans un futur pas tellement lointain- de l’étonnant dogmatisme avec lequel on a repoussé toute possibilité d’action du soma sur le germen, tout mécanisme lamarckien. »
    « Le rôle du génome apparaît finalement plutôt comme un dépôt « culturel » de modes de fabrication des substances nécessaires à la morphogénèse. Il n’est peut-être guère plus nécessaire à la morphogénèse que ne l’est la consultation des livres de cuisine aux réalisations gastronomiques d’un grand chef. »

    Amha le TINA de Thatcher et Reagan repose en dernière analyse sur l’acceptation de la théorie néodarwinienne. Et si Thom avait raison? En tout cas je pense que le renversement de perspective peut s’avérer un exercice intellectuel salutaire.

  10. « Il n’est pas de démocratie sans finance. »

    Article compilant les défauts systématiques et structurels dévoilés depuis plusieurs semaines par Jorion et Leclerc. C’est une bonne synthèse.
    Par contre, quand l’auteur s’aventure à tirer des conclusions définitives, il me semble qu’il se trompe. C’est exactement le contraire, à mes yeux : avec finance, pas de démocratie. Dès que les financiers mettent la main sur la régulation de l’économie et/ou sur la monnaie c’est le drame. Pas de consentement à l’impôt, effectivement, pas d’adhésion à la démocratie représentative – on le voit avec l’abstention qui croit -, la démocratie s’en va à mesure que la finance croit.
    La solution n’est pas un « parlement financier », mais un parlement tout court. C’est d’abord reposer une page et une seule de valeurs et quelques lignes directrices économiques – à commencer en finir avec ces mots, ce dogme étouffant, dix mille répétés par les Barrroso et consorts, de la libre concurrence et de la compétitivité mêlées pour nous ruiner -, bref d’un Parlement français, d’abord, qui fasse son boulot.
    Le Parlement européen ensuite devrait faciliter échange et coopération des états, et ne tente pas de mettre leur action, leur séculaire et singulière identité due à l’histoire de leurs peuples respectifs, sous un formatage paperassiers qui paralyse tout et tous, ou sous une règle monétaire quelconque, l’argent étant un moyen et non une fin, la monnaie devant remise dans les mains des états et gérée selon des règles simples, comme pouvait en émettre un certain Ricardo/

    Et qu’on ne me parle plus d’euro comme « bloc » contre les USA, la BCE menant la même politique de soutien insensé au marché que la FED. Et qu’on ne nous bassine plus avec les Bourses, que les politiques reviennent à de sain propos sur la corbeille et l’importance serve des banquiers et boursicoteurs.

    1. @Contempteur,
      Il me semble que nous disons la même chose de deux façons différentes. Convenez-vous que la finance peut et doit être autre chose que celle qui nous est servie en négation de la démocratie ?

  11. La réalité que vous percevez est le reflet de vos attentes.
    Si vous projetez les mêmes images tous les jours, votre réalité sera la même tous les jours.
    Quand l’attention est impeccable,
    elle fait surgir l’ordre et la clarté du chaos et de la confusion

    D. Chopra

  12. Coucou,

    Belle conclusion. Je ne crois pas aux temps zéro. L’homme est une « machine » à fabiriquer des dieux. le rationnel est un concept qui n’existe pas chez l’homme, ou de temps en temps, en se cognant dans des bribes de reel, avant de se perdre dans les limbes, des mots, des cris, des rumeurs , des envies, des desirs, des croyances …..
    on peut esperer des temps differents, ou l’homme n’est pas qu’un loup pour l’homme, çà aide à vivre.
    que vivent les hommes de bonne volonte !
    (sauf dimanches et jours feriés, j’aime bien me reposer)
    bon aller, biberon, rot et dodo

    bonne journee

    stephane

  13. enfin un homme politique français qui monte aux créneaux, c’est Borloo .

    Si la France et l’Allemagne arrivent à s’accorder sur une nouvelle gouvernance économique européenne, sur un calendrier précis de mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières, sur l’interdiction des ventes à découvert, la régulation des hedge funds et des paradis fiscaux, l’encadrement des effets de levier et l’étanchéité des activités de dépôt et d’investissement, alors nous aurons fait un pas historique vers un nouvel ordre économique et social. »

    1. Et celle de Mélenchon sur France Inter du 12/8… qui a en plus l’avantage d’être émise par quelqu’un qui n’a pas été les mois derniers « vice-premier ministre »… Mais bon, comme dit Paul Jorion, du moment que ça va dans le bon sens ! J’ajoute quand même qu’il ne faut pas regarder toujours du même côté !

    1. oui ok mais avec du choux en saumure , bien mariné en tonneau de bois , pas un machin industriel , ah çà c’est bon et tout le reste on s’en balance

  14. Oui « les chevaliers de l’Apocalypse semblent lancés…. » Que feront nous pour les arrêter?
    Nos hommes politiques, au narcissisme pathologiquement sur-développé, vont ils enfin réaliser qu’ils ont déjà engagé la clé qui déverrouille la porte qui s’ouvrira sur la destruction de leurs peuples.
    Leur addiction à consolider une Europe mortifère, n’est que l’expression de leur illusion d’exister.
    Il leur faudra reconnaitre que la famille humaine, dont ils ont désiré gouverner le destin, a engendré des enfants définitivement délinquants d’autant plus dangereux que leur allure semble « présentable ».
    Pourrons nous les convaincre d’accéder à une responsabilité autrement plus noble, celle là même dont ils se réclament faussement pour survivre : la sauvegarde de notre humanité .

  15. En tout cas la démocratie fou le camp, les capitaux fond du marathon dans le BRICS et l’Europe fait un cent mètres dans une roue de Hamster. Je déclare ouvert les jeux Olympiques de la connerie…
    Les places sur le dopium sont fortement convoitées, surtout les médailles d’or.

  16. Très intéressant billet.

    Mais bien sûr, je sursaute moi aussi à votre usage de l’affirmation selon laquelle nous sommes dans « la » démocratie.

    Jean-Claude Michéa parle de « l’empire du moindre mal ». Je ne sais pas si cela nous avance.

    Il me semble que l’on peut considérer que certains acquis démocratiques existent, mais que notre forme de démocratie est primitive, arriérée, à tout le moins radicalement limitée par les privilèges accordés au capital comme fonction centrale et aux classes sociales super-riches. Et bien sûr, la démocratie représentative néo-libérale actuelle, laisse le champ économique hors constitution et hors projet politique dans le vrai sens du terme. Dans la phase actuelle, le capitalisme financier est devenu la forme hégémonique, et son pouvoir de nuisance se déploie sans adversaire à sa mesure.

    Le militarisme est sans doute un autre signe signe de l’arriération de notre forme de démocratie. Le complexe militaro-industriel est un véritable cancer dans la société, les dépenses dites de défense sont à la fois un moteur d’activité central, une partie de la dette publique, et une stérilisation de gigantesques masses de valeurs d’usage ou richesses matérielles. Si la production d’un char distribue certes des salaires, personne ne vit mieux du fait de l’existence matérielle de l’objet « char », dont l’usage éventuel, au contraire, va détruire et des vies humaines et des richesses matérielles. Mais le militarisme est aussi simplement la forme pure, sans fard, de l’autoritarisme aveugle et de la violence qui imprègne les relations sociales et les esprits. Un effet des relations sociales sur lesquelles il rétroagit.

    En résumé, un premier devoir de la conscience critique est de cesser de parler de « la » démocratie.
    Il faut trouver une expression plus précise, exacte, pédagogique, courte, qui évite le slogan et l’agressivité primaire. Une ou plusieurs.

    À défaut de mieux et provisoirement, je recours à « démocratie représentative », « démocratie libérale », « démocratie spectaculaire marchande », « démocratie néo-libérale ».

    Peut-être des lecteurs de ce blog feront-ils des suggestions.

    1. La reconstruction est une source de « PIB »… de la croissance en lingots … de l’or pour les coffres suisses…
      (voir épisode 16 de la saison 3 de la série : « Faut que ça bouge », celle qui résume l’activité humaine de 1939 à 1945 ainsi que les trente « glorieuses » qui suivent.)
      (si quelqu’un a une solution pour ne vivre QUE les après-guerres, je suis preneur)

  17. Monsieur Sarton du Jonchay,
    qu’entendez-vous par « système rationnel monétaire »? Et cela dans le cadre européen?

    L’euro vacille, pour des raisons que l’on connaît. On parle maintenant des « Euro-Bonds ». Ce sont surtout les banques et l’industrie exportatrices qui sont pour, ceux qui ont des options dans les pays structurellement faibles. Curieusement, les sociaux-démocrates allemands y compris les syndicats sont également pour, probablement dans le but de se démarquer des conservateurs. Je cite cet exemple pour dire: L’Europe est dominé économiquement par des lobbys, des tendances antagonistes les plus diverses, puis il y a des pays à structure économique faible comme la Grèce, l’Irlande….. Et Personne ne veut une union politique; les gens ont pris conscience que cela restera au niveau d’un mirage. Si une Europe unie serait « existable » (néologisme de ma part), elle existerait depuis longtemps. Et une véritable monnaie commune aussi.

    1. @Germanicus,
      La monnaie est un outil de matérialisation des finalités humaines concrètes à l’intérieur des réalités physiques limitées. La raison d’être de la monnaie est de faire la contrepartie de l’attribution d’un prix à un objet matériel. Un système de rationalité monétaire permet l’attribution et le règlement de prix à des objets contenant effectivement des finalités humaines. La monnaie de démocratie est émise à proportion des prix dont la finalité humaine est effectivement vérifiée. Cette vérification s’effectue par le processus de la compensation réclamé par Keynes au niveau international et fort bien décrit par Jean-Pierre dans la mécanique financière du fixing.

    2. L’Europe est une passoire incontrôlable,
      Sur des dizaines de kilomètres les port de Naples et probablement de Rotterdam accueillent tranquillement et par milliers (millions?) de tonnes, la contre-façon du monde entier.
      La Campanie héberge des dizaines d’ateliers chinois clandestins.
      Les frontières de l’Est sont une illusion.
      Les capitaux circulent à la vitesse de la lumière.

      Il faut retrouver une certaine étanchéité à nos frontière en premier lieu et savoir ce qui circule à l’intérieur du cercle…

  18. Nous savons, par TINA, que la démocratie n’est maintenant plus qu’une façade.
    Il me semble que l’effondrement est aussi contrôlé.
    Le dernier choix qui nous reste se situe donc entre guerres civiles et guerre mondiale.
    Laquelle est la meilleure..??

    1. Guerre mondiale, non, il y a la bombe (20 000 environ ?)… même pas guerre d’usure genre « guerre froide » , car cela supposait des blocs idéologiques vigoureux.
      Ce qui frappe, c’est l’épuisement… tous azimuths : ressources, psychologie, imagination, réserves financières, culture, agriculture, technologies dont technologies de guerre (cf. fiasco ahurissant des F-35 et F-22 US), etc.
      Alors, oui, des « guerres civiles » locales, larvées, une nouvelle féodalité, le lent reglissement de l’humanité vers la barbarie, après cette nouvelle Rome que fut la mondialisation sous la houlette US.
      Champ d’opportunités locales aussi…

      Au fond il faudrait être assez fort et lucide pour souhaiter l’épuisement puis l’effondrement complet du Système, ne serait-ce que du point de vue écologique : on voit bien que plus rien ne se fait – si tant est que quelque chose ait jamais été fait, Kyôto, ha ha ! – face à l’urgence absolue d’un enraiement de la menace climatique, phénomène physique avec lequel on ne peut pas passer traités…

  19. Je soutiens votre appel à la raison. L’homme ne pourra pas se survivre à lui-même si il ne décide pas à se gérer. Et les jeux sont en passe d’être faits. Nous tappons nos tous derniers atouts.

    Il nous faut des responsables, des gens non partisans qui osent dire les choses qui dérangent tant aux plus faibles qu’aux plus puissants. Il est urgent que tout un chacun reconnaisse qu’il vaut parfois mieux perdre ceci pour ne pas perdre cela.

    1. Des responsables qui nous disent ,pour exemples,que le pic Pétrolier est une fable,que le réchauffement climatique anthropique est un bidonnage,que le néo-malthusianisme est à la manoeuvre ,
      ou bien….?

  20. les néolibéraux ont détruit l’industrie pour faire du fric (Délocalisation) ils ont détruit l’agriculture pour faire du fric (Concurrence déloyale en Europe). Ils s’entredévorent entre eux pour faire du fric tant mieux.

      1. Classement forbes.
        Leur richesse ne tient évidemment pas compte de l’évasion fiscale.
        (voir les surprises lorsque l’on découvre le différentiel entre la fortune officielle et la fortune réelle.)

      2. @Xian
        J aurais bien aimer mais le néolibéralisme ambiant empêche toute communication réelle entre humain plus ou moin normal si la normalité existe par ailleurs. L’esclavage étant encré d’une façon tellement rédhibitoire qu »il ne faut pas lutter. L’acceptation de norme idiote que ce soit en terme de financière ou humaine devient tellement patente il faut se taire. L humanité est morte place au mathématique est a la rationalité qui se plante d’une façon magistrale mais il ne faut rien dire . Vive la vie..

      1. @CV
        Cher ami quant les maigres meurent comme vous dite les gros maigrissent et les gros vont perdre un gros tas de pognon Houlala ca fait peur!!!!

      2. Soyons clair les riches le pognon c’est important . les pauvre veulent devenir riche pour être important.Les riches ont besoin des pauvres pour exister. . La notion de richesse n’existe que si il y a des pauvres et des riches. La disparition des pauvres ne servira pas les riches car elle détruira leur existence . la disparition des pauvre entrainerait que les soit disant riche deviendrait subitement pauvre la phrase les gros maigrissent. Alors c’est quoi un pauvre en argent, vous croyiez que la seule facette de l’humanité est l’argent. Je vous plains.

  21. Démantelez les marchés financiers et supprimez l’argent, car il est devenu maître.. Et nous savons que l’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître.. Les élites serviles vont modifier l’économie et la vie des citoyens pour satisfaire les financiers.. Si vous ne naissez pas avec une cuiller en or dans la bouche, vous êtes soumis à la dette dès votre naissance .. On supprime tout ça rapidement ..

    1. … Terrifiant. Oui. Oui. Absolument ter-ri-fi-ant. Allez, manque plus que la conférence de presse conjointe Angela / Nicolas, et on aura atteint le sommet de la peeeeeeuuuur…

  22. Pour ma part, la radicalité en termes de violence se présente à mes yeux d’une intensité sans précédent.

    Car le capitalisme ( et plus largement le rationalisme, du fait de l’instinct de domination qui le gouverne) me paraît être fondé sur un rapport frustration/soulagement :

    il s’agit d’éveiller le besoin chez les individus, suivant différents vecteurs (pub avec les médias, ou plus simplement le manège qui tourne à côté du toboggan du jardin public). Ainsi le sentiment de ne pas avoir crée le besoin. Pour acroître ce sentiment, la paresse est caressée dans le sens du poil (jouer au tennis ou au vélo, mieux à une course auto sur le canapé, boire une bière sans avoir à vider la bière dans un verre…).

    Et le problème, c’est qu’on arrose toujours à grand coups de pub ou de déballage l’éveil du besoin sans possibilité de soulagement. D’où une attente insatisfaite, de la jalousie, et une envie de détruire, pour ne pas dire tuer, qui sera plus que jamais difficile à canaliser.

  23. C’est à mourir de rire… ou de honte pour nos politiques de droite: c’est les riches qui demandent à être taxés !

  24. A la base la BCE devait contrôler et limiter l’inflation
    Maintenant elle rajoute de l’huile sur le feu en rachetant des milliards d’obligations pourries
    L’Europe une démocratie? une belle idée transformée en burocratie
    Faire payer l’ensemble des populations pour sauver des banquiers, je ne vois rien de démocratique là dedans

  25. Il faut se rappeler que le seul moyen de rembourser une dette, c’est de faire de la croissance et que le seul moyen que nous connaissons pour faire de la croissance, c’est de consommer du pétrole.

    Sachant cela, je vous laisse imaginer ce qui va se passer quand tout le monde aura enfin compris qu’on a actuellement le derrière assis sur le pic mondial de production du pétrole (peak oil)…

    1. Du pétrole ,il y en a encore énormément,jalousement gardé et inexploité par les grandes puissances que sont les USA (ils détiennent d’énormes gisements potentiels sur leur territoire)et la RUSSIE. Le jeu c’est d’extraire et d’exploiter le pétrole du grand moyen orient et de garder ces immenses réserves pour après. Stratégie de domination oblige,ok?
      La croissance de l’économie physique va avec la croissance démographique humaine,et l’intensité des flux d’énergies utilisées.Le problème actuellement ,c’est la déconnexion et le déséquilibre entre l’émission de crédits/dettes/monnaies/dérivés et la production réelle de richesse.C’est pour cela qu’il est plus qu’important que « l’économie » redevienne une vraie économie politique,et qu’elle soit dirigée par de vrais représentants « du Peuple,par le peuple, pour le Peuple ».

      1. Je suis désolé de vous contredire, mais votre scénario est contredit par 100% des géologues pétroliers (ce sont eux qui cherchent le pétrole et déterminent la quantité et la qualité des réserves). Vous ne faites que relayer une thèse fumante qui alimente la théorie du complot. La réalité de terrain est bien plus pragmatique : nous sommes actuellement au pic de production du pétrole.

        Vous devriez lire les publications de l’ASPO, de TheOilDrum, ou de feu Matt Simmons, et de bien d’autres (je tiens une centaine de références à votre disposition si la réalité géologique du pétrole vous intéresse plus que la fumisterie) pour vous faire une idée de la réalité physique du monde.

        Notez que les USA ont par exemple passé leur pic en 1970 : il n’y a donc pas d’immense réserves aux États-Unis (d’ailleurs, c’est combien « immense » pour vous ?, sachant que la planète consomme 85 millions de barils de pétrole… par jour…).
        Les « gros » réservoirs après Gawhar en Arabie Saoudite sont les schistes bitumineux de l’Alberta et de l’Orénoque (Vénézuela), qui sont des protopétrole énergivores à exploiter (ah oui, j’oubliais de vous parler de l’EROEI) et cataclysmiques pour l’environnement… et dont les débits (du fait même qu’il ne s’agit d’un protopétrole qui demande beaucoup de traitements) sont incompatible avec la demande mondiale.

        Et je n’invente strictement rien : je condense mes lectures de centaines d’articles sur le sujet de sources tellement diverses qu’il serait difficile d’y voir la la main d’un complot comme vous le sous-entendez.

        Et vous pouvez souhaiter toute la reconnexion du monde entre la finance et l’économie, le pétrole reste l’énergie et la matière première de cette économie. Sans lui, elle disparaît. Et c’est ce qui nous attend.

    2. Il y a d’autres solutions technologiques. Exemple 4 carrés de 100 km de côtés tapissés de panneaux solaires et judicieusement placés autour du globe, suffisent pour assouvir la consommation d’énergie du monde entier pendant les 5 siècles prochains..
      Voilà, il suffit de jeter nos défauts et de s’aimer les uns les autres, très chers bipèdes de mon coeur !! ..

      1. Oui,si la Population humaine diminue drastiquement….1 à 2 Milliards maximum de « bipèdes »,comme vous le dites…c’est ça quand on prône l’amour,on en oublie l’horreur de la situation à venir.
        Soyez humain,réveillez vous….

      2. Ben non, ils ne le feront pas.
        Ca risque de faire grimper le cours de l’argent métal.
        Déjà que JP Morgan & Co ont du mal à le maintenir aussi bas !

        L’unique liberté réside dans l’inconnu,
        parce que tout ce qui est connu est passé et mort

    3. Petite recommandation: lisez le livre de Tim Jackson « Prospérité sans croissance »

      C’est possible et des auteurs bien plus anciens y ont pensé, tels que Buckminster Fuller dont la vision économique pourrait se résumer à « Arriver à faire plus avec moins » pour cela réfléchir plus, pour produire plus intelligemment c’est à dire en utilisant moins de matières premières, moins d’énergie, moins d’efforts physiques; il prônait la création d’une science du « design » au sens conception intelligente, pas au sens design artistique…

      Avec les récents progrès de la productivité nous devrions pouvoir travailler 20 heures par semaine tout en conservant de bons niveaux de revenus, voire même en les augmentant. Juste le contraire du slogan « Travailler plus pour gagner plus » on devrait pouvoir travailler moins pour gagner plus, à condition que les gains de productivité soient plus équitablement répartis entre travail et capital…

      En effet, notons que de 1850 à 1960, la productivité horaire du travail a doublé, toutefois durant cette période la durée du travail a environ été divisée par deux (on travaillait au milieu du 19ème siècle environ 80 heures par semaine et sans congés payés, et les enfants de 8 ou 10 ans travaillaient, la retraite n’était pas réglementée) et dans les années 60 au XXème siècle on travaillait environ 40 heure par semaine, avec des congés payés et une retraite réglementée par un nombre d’années de travail et de cotisation ainsi que d’âge. Cela avec un maintien voire une augmentation des revenus salariaux.
      D’où une augmentation du niveau de vie moyen. certes au prix de gaspillages d’énergie et de déshumanisation du travail dans certains cas, mais une augmentation réelle du niveau de vie moyen.

      Depuis les années 60 la productivité a été multipliée par un facteur 5 or la durée hebdomadaire du travail n’a pratiquement pas changé et les revenus n’ont pas augmenté, la part des salaires dans la valeur ajoutée a même baissé d’environ 15% dans tous les pays de l’OCDE. Et bien entendu la déshumanisation du travail s’est souvent accélérée sans aucune compensations dans le niveau de vie bien au contraire.

      Si les économies occidentales avaient au moins en partie redistribué les gains de productivité réalisés depuis les années 1960, nous n’aurions pas eu de crise en 2008, pas de problème de financement des retraites ni d’explosion de la dette publique, sans compter, surtout aux USA l’explosion de la dette privée, sensée compenser la baisse de la demande finale… Mais au prix de crédits à taux réduits et accordés avec des risques élevés. Voir le mécanisme des sub-primes et la crise des actifs toxiques qui en est découlée.

      Il faut insister sur le concept de « Cupidité » qu’a développé Joseph Stiglitz dans son dernier livre « Le triomphe de la cupidité »: C’est cette cupidité à tous les niveaux de la société, et pas seulement celle des financiers qui a conduit aux désastres que nous connaissons.

      C’est parce-que l’économie réelle ne fonctionnait pas que nous avons eu la crise: chômage endémique et inégalités graves sont à l’origine de la crise, même si une fois enclenchée, la crise aggrave de manière catastrophique le chômage et les inégalités.

      Encore une fois sortons de la vision étroitement financière des problèmes actuels qui ne sont que le sommet de l’Iceberg du désastre économique et social que nous traversons.
      Redevenons Marxistes en analysant les infrastructures de la crise, les changements dans les rapports de production qu’ont entraîné les diverses évolutions technologiques advenues depuis les années 1950 et 60 et voyons en quoi ces évolutions des infrastructures ont influencé les superstructures bancaires financières et au delà, gouvernementales, qui leur sont devenues inféodées.
      Je pense que le capitalisme mourra de ne pas avoir su maitriser l’évolution technologique récente et surtout pas su redistribuer une partie des gains réalisés grâce à ces technologies, Les capitalistes et les dirigeants salariés qui font marcher les organisations économiques industrielles et commerciales ne comprennent même pas qu’ils sont en train de scier la branche confortable sur laquelle ils sont assise : celle d’une économie fondée sur l’existence d’une demande finale alimentée par les revenus du travail de masse demande que ne remplaceront pas les consommations de luxe des quelques privilégiés profitant du système, et encore moins les machines qui auront remplacé les salariés…

      En 1929 c’était déjà à cause d’une évolution importante des technologies et de la productivité, induisant des baisses de revenus salariaux et des mises au chômage donc des baisses de la demande.

      Déjà à cette époque, les spéculateurs cupides se sont mis à spéculer sur du vent (achats de terrains en Floride, rien que parce-que leur cours augmentait en Bourse…) Personne n’était allé voir à quoi ressemblaient ces terrains: une spéculation financière déconnectée de l’économie réelle, déjà à l’époque…
      Et Les autres valeurs boursières suivaient à la hausse. jusqu’au moment où quelques « réalistes » sont allés voir les terrains en Floride et ont vu qu’il s’agissait de marécages insalubres… Ils ont vendu, vendu et vendu et tout le monde s’est mis à vendre. l’économie américaine s’est effondrée en premier, puis l’économie mondiale…

      Le même phénomène est en train de se reproduire avec les avancées technologiques liées à l’informatisation cela a commencé dans les années 1960 environ. C’est en grande partie selon mon analyse que nos économies dites développées sont en train de s’éffondrer. (je ne suis bien entendu ni le seul ni le premier à y avoir pensé.)

      J’ai déjà exprimé sur ce blog l’idée que ce sont des changements similaires dans les rapports de production liés à des évolutions technologiques trop complexes et rapides qui ont en grande partie entrainé l’effondrement de l’empire soviétique et celui de ses satellites: les plans qui avaient déjà du mal a organiser la production nécessaire à la satisfaction des besoins du peuple dans une économie relativement stable d’un point de vue technologique, économie où les coefficients d’échanges inter industriels n’évoluaient que très faiblement au cours du temps, se sont trouvés incapables de suivre l’évolution technologique qui modifiait ces coefficients d’échanges inter industriels plus vite que les planificateurs n’arrivaient à modifier leurs modèles de planification.

      Cependant, là aussi cet effondrement du système a été précipité par la cupidité des cadres supérieurs et des petits « protégés » de la nomenclature: Pendant qu’à Moscou ou dans les campagnes les gens du peuple crevaient de faim, les apparatchiks se goinfraient au soleil dans leurs villas au bord de la Mer Noire ou leurs superbes Datchas de la banlieue de Moscou.
      Mais il convient d’ajouter un facteur souvent négligé, avec les progrès technologiques tels que la télévision et le téléphone, les populations ont reçu des informations que les gouvernements centralisés des états soviétiques ne pouvaient plus contrôler, du moins pas de manière aussi stricte…

      On fera sans peine l’analogie avec l’effondrement annoncé du capitalisme: des marchés incapables de réagir face à des changement de technologie devenus de moins en moins prévisibles: où investir dans des productions de biens et services relève du jeu de hasard quand de nouveaux produits ou processus de production peuvent apparaître bien avant que la période de mise en œuvre du développement, de la fabrication et de la commercialisation ait pu s’installer. D’autre part, la cupidité des dirigeants voulant eux même gagner plus en travaillant moins et surtout en risquant moins a conduit à un désinvestissement dans les domaines productifs donc générateurs d’emplois. Ici aussi, il convient d’ajouter au tableau une information de moins en moins contrôlable circulant en dehors des médias officiels… Créant de plus des opportunités de nouvelles inventions technologiques ou commerciales venant encore complexifier la situation de manque de prévisibilité dans nos sociétés.

      Je persiste à croire que ni les industriels ni les financiers ni les dirigeants politiques n’ont été capables de comprendre ces changements fondamentaux dans l’évolution des technologies, pire même, celle ci ne semble pas les intéresser, ni même intéresser les hommes et femmes politiques ni même le syndicats et les associations à caractère social dans lesquelles j’ai beaucoup travaillé: la plupart restent au niveau des « superstructures »: lois, réglementations, organisations de gouvernance nationales et européennes. Pourtant toutes ces superstructures n’ont de sens que si on essaie de comprendre les infrastructures matérielles: technologiques et humaines, qui les sous-tendent et même les conditionnent.

      Les auteurs qui se sont intéressés à ces sujet n’ont eu que peu de succès auprès de instances politiques, même s’ils ont parfois eu un succès médiatique temporaire Jeremy Rifkin est un de ces auteurs on relira avec beaucoup d’attention « La fin du Travail ( publié en1996 en Français 1995 en anglais) ou « L’âge de l’Accès » ( publié en français en 2000)
      Ses idées ont été reprises en détail dans le cas de l’évolution technologique en informatique et automatisation de tâches plus complexes que celles automatisées par la mécanisation industrielle, dans le livre de Martin Ford: « The Lights in the tunnel » disponible gratuitement sur internt, cela, à la demande de l’auteur…
      En France Pierre Larrouturou a repris les mêmes thèses en les enrichissant d’exemples et d’analyses économiques précis et actualisés… La myopie des analystes économiques avait en effet fait rejeter l’analyse de Rifkin dans « la fin du travail » car une courte embellie de l’emploi en 1997 venait soit disant infirmer ses prédictions, dont la portée était et reste structurelle et non conjoncturelle…
      L’analyse de Pierre Larrouturou dans ses deux livres les plus récents (« Crise, la solution interdite » et « Pour Eviter le Krach Ultime) montre bien cet aspect structurel de la baisse de la part du travail dans les économies dites développées, et comme les récentes statistiques le montrent, c’est également le cas en Chine et dans d’autres pays aux économies où on trouve de la main d’œuvre à bas coût et sans protections sociales. (Le taux de chômage en Chine dépasse maintenant le 20 %)

      Le rapatriement d’entreprises délocalisées se fait très souvent sans augmentation du nombre d’emplois dans les entreprises concernées, car les emplois délocalisés sont remplacés par des machines automatiques, lesquelles au dire des patrons sont moins sujettes à des maladies, n’ont pas besoin de congé payés, ne sont pas soumises à des charges sociales , ne font pas grève et peuvent facilement être déplacées ou changées si besoin s’en fait sentir…
      Notez que Martin Ford Cité ci-dessus) pourtant lui même un entrepreneur dans le domaine des hautes technologies, propose dans son livre l’établissement de charges sociales sur les machines qui remplacent des travailleurs. Bon, son analyse est plus complexe que ce simple aperçu mais il m’a semblé être cohérent.
      Mais qui a entendu parlé de la thèse de Martin Ford sur la nécessité de trouver une solution sociale au remplacement des humains par les machines et de l’impact que cela a déjà et continuera d’avoir sur les revenus et les niveaux de vies des travailleurs du monde entier?

      Pour ce qui est de la soit disant « règle d’or » du zéro dette publique, ce n’est ni plus ni moins que le renoncement à toute possibilité de politique Keynésienne dans le futur, en gros une institutionnalisation du monétarisme libéral… Mais que pouvait-on espérer de personnes qui sont des fondamentalistes du libéralisme économique.

      Bien que la dette publique ne puisse être un mode de fonctionnement permanent dans une société sainement gouvernée, les gouvernements doivent toutefois pouvoir y avoir recours pour répondre à des situations particulières et temporaires où cette dette publique s’avère productive et dans ce cas peut constituer une outil efficace de gouvernement.
      Mesdames et messieurs les socialistes ou écologistes, ne vous laissez pas prendre à ce piège expliquez que vous êtes opposés à la dette publique comme mode de fonctionnement de base mais que vous voulez pouvoir disposer de cet outils quand vous en aurez besoin…

      Par ailleurs ces personnes Mme ‘Merkel et Mr.Sarkozy restent, elles aussi, au niveau des interventions sur les superstructures telle que la gouvernance financière de l’Europe ou la taxe sur les transactions financières, sans dire par exemple à quoi cette taxe pourrait être utilisée dans l’économie réelle, par exemple à des investissements d’infrastructure dans tous les domaines, pas seulement celui qui prévalait du temps de Keynes: infrastructures de transports et énergie mais dans les infrastructures de l’intelligence collective: éducation, santé et réseaux de communication ainsi que l’amélioration des économies d’énergies dans les différents modes de transports des personnes, des biens et de l’énergie elle même. Toutes activités de l’économie réelle propres à créer de l’emploi à très court terme et donc à réduire considérablement les déficits publics mais aussi les déficits privés, là aussi à très court terme tout en préparant des infrastructures à long terme, celles pour lesquelles les investisseurs privés sont incapables de prendre les risques….

      Bien à vous.

      Paul T.

      1. Je ne répondrai qu’à cette phrase, par ce qu’elle me permet de réfuter intégralement votre raisonnement tant elle montre que vous n’avez pas saisi l’enjeu du problème :

        Avec les récents progrès de la productivité nous devrions pouvoir travailler 20 heures par semaine tout en conservant de bons niveaux de revenus, voire même en les
        augmentant.

        La productivité qui nous permettrait de travailler 20h par semaine, nous la devons à une augmentation considérable du nombre de machines qui nous assistent. Ces machines ne sont que matière première (pétrole) et énergie (pétrole, charbon, atome — soleil + vent = anecdotique dans la production énergétique mondiale). Sans pétrole, plus de machine et plus rien pour les faire avancer : la productivité qui sert de pivot à votre raisonnement s’évanouit.

        Si vous creusez la question, vous verrez que la civilisation du temps libre, des loisirs, et globalement tout ce que nous englobons dans le progrès social est directement lié au temps que les machines nous ont rendu. Moins de pétrole, moins de machines, moins de temps, et plus de régression sociale.

      2. @Paul Tréhin,
        Le processus que vous rappelez de détournement de la productivité du travail par le capital repose sur le principe de la loi privée instaurée au XIXème par la société anonyme. Toutes les innovations technologiques, organisationnelles et cognitives venant du travail humain sont captées par les « propriétaires » du capital qui s’attribuent arbitrairement les plus-values de l’inventivité humaine. La privatisation de la plus-value sociale a son pendant dans la non-régulation du crédit par la démocratie. Les critères de la solvabilité sont définis par les banques et opérateurs financiers qui absorbent la plus-value par des primes de crédit arbitraires sur des appréciations unilatérales de l’allocation du crédit sous-jacente à l’émission monétaire. Merci de votre commentaire lumineux.

      3. +1 , Contrainte carbonne .
        J’ajouterais qu’il y a double gain de productivité ….puisque tout ce que nous appelons modernisme et qui caractérise notre modèle sociétale est obtenu grace au premier gain de productivité : celui gagné sur les biens essentiels (nourriture ,chaleur, toiture transport) ….
        si actuellement nous avons (avions ?) 2 « nourrisseurs  » pour 100 personnes toute la quincaillerie qui caracterise cette société est produite sur ce gain .80%des activités sont dépendantes de ce gain
        il est difficile d’imaginer de retourner a 30 ou meme 20 pour cent de nourrisseurs …..
        Les 20h sont a mon sens possible , si l’on n’ y compte pas l’auto-production de la moitié de sa nourriture , la préparation d ‘ycelle , la réparration de sa toiture et de sa cloture , et une partie de l’éducation de ses enfants ….

  26. Eternelle Lagarde

    «les marchés peuvent être de deux avis: s’ils désapprouvent une dette publique élevée – et peuvent saluer une forte consolidation budgétaire – ils apprécient encore moins une croissance faible ou négative»

    En conclusion, il nous faut une « Ri Lance ».

    Et dire qu’elle est payée pour cà …

  27. L’enquête sur Lagarde officiellement lancée pour l’affaire Tapie.

    L’enquête sur Christine Lagarde pour « complicité de détournement de biens publics et de faux » visant un arbitrage en faveur de Bernard Tapie en 2008 a été officiellement ouverte mardi, a-t-on appris auprès du parquet général de la Cour de cassation.

    Le parquet a signé le « réquisitoire introductif », formalité indispensable pour le lancement concret de cette procédure décidée le 4 août à l’encontre de l’ex-ministre de l’Economie devenue en juillet directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

    Une commission d’instruction de trois juges indépendants de la Cour de justice de la République va désormais commencer son travail. Christine Lagarde sera nécessairement entendue, voire mise en examen, dans un délai qui n’est pas connu. Elle nie toute malversation et exclut de démissionner…

    http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE77F0CM20110816

  28. Votre post est cohérent avec une logique Européenne d’intégration financiére . Il me laisse
    cependant perplexe du fait qu’il me semble ignorer quelques points fondamentaux qui me semblent étre à l’origine du probléme .
    1) globalement l’euro est surévalué méme pour l’Allemagne .
    2) Depuis 20 ans des capitaux pour un montant trés conséquent ( 15 % du pib en France et au sud plus encore ) ont été engagés dans l’immobilier avec quelques éléphants blancs comme le superbe aéroport prés de Madrid qui ne reçoit qu’une dizaine d’avions low-cost subventionnés .
    Ces capitaux me semble-t-il sont à l’origine des pb des éts financiers au Sud .
    Ils se sont substitués à un véritable investissement préparant l’avenir .
    3) l’Allemagne n’a pas les moyens ( y compris Pays-bas et Finlande) d’éponger cette gabegie .
    4) Pour la France , voir ces déficits actuels , sur les 4000 projets d’investissements dans le monde pour cette année 1 seul en France . Quand à son immo , à mon avis les pbs commencent .
    Pour moi donc , nous ne sommes qu’au début de la note à regler , si on s’en tient aux échéances actuelles , vos propositions sont réalistes ; si l’on envisage ce qui va suivre , non .
    Les CDS à mon avis , certes aggravent la situation , mais ne l’ont pas créée , sans eux les
    banques ont , auront des défauts , uniquement masqués par artifice comptable .

    Reste une possibilité , les Allemands rappellent qu’ils possédent 3400 t d’or , heureusement ils ne les ont pas à disposition , ils sont à New-york pour la plus grosse part . Nous pouvons espérer les tirer vers le bas , mieux plus bas que nous en leur laissant le fardeau , c’est un jeu dangeureux car ils peuvent conclure des accords avec les Russes et éventuellement les Chinois .

  29. « Les banques françaises ont été attaquées en zone euro à cause de leur exposition au surendettement de l’Europe du sud… » peut-on estimer les montants et la géographie ?

    « l’endettement interbancaire international… » y-a-t’il une évaluation possible ?

  30. Les entretiens Merkel Sarkosy ont débuté ce jour.

    L’ambiance est chaleureuse (vu de Prusse, c’est un exploit).

    Le dernier sommet n’était que cordial

    Donc l’Europe est sauvée !!!

    Quant à ces féroces soldats, ils font rien qu’à mugir dans nos campagnes
    (pour les fans de Desproges)

  31. Pierre,

    Plus personne ne peut se soustraire à ses responsabilités. La neutralité est la spéculation des menteurs. L’homme ne peut plus se survivre à lui-même s’il n’apprend à délibérer ouvertement la rationalité de ses choix personnels et politiques.

    Yo ! Du coup je comprends encore moins pourquoi ma semaine des quatre jeudis ne soulève pas l’enthousiasme général, puisque pour prendre ses responsabilités citoyennes afin de construire la démocratie il faut du temps. Or actuellement :

    – Notre temps (de vie, de cerveau disponible, de citoyenneté, de démocratie) est accaparé par l’échange monétisé via le salariat, notre unique richesse est accaparée (impossible d’en sortir !) : c’est insensé, humainement et techniquement.

    – la solidarité – base de la démocratie – est conditionnée par la production…de choses de plus en plus inutiles (sauf économiquement : elles servent à faire tourner le bouzin : consommation/salariat/production…) Pour résumer : on se décharge de la solidarité à des organes qui, arrivés à un certain stade de développement, se retrouvent imités par leur propre gestion économique. C’est insensé, humainement et techniquement.

    Introduire la gratuité de certains biens publics de base et déconnecter du travail une rémunération, elle aussi de base, créent une autre logique et offrent d’autres choix ! (François Leclerc)

    – La monnaie est créée avant la demande d’échange monétisé : c’est ce qui les impose. No more. Et qui fait que la monnaie est excédentaire : « on » ne peut pas relâcher la contrainte du salariat (/échange monétisé imposé), ça « nous » fait peur (j’en ai déjà parlé et suis prêt à recommencer : on ne « sait » pas comment vivre ensemble autrement, comment nous tenir : ça fout les j’tons !!!). Ainsi, quel que soit le système les mécanismes sont identiques : il faut se débarrasser à tout prix de l’excédent pour ne pas que la machine s’engorge. Et les possibilités de ponctionner sont nombreuses : guerres, armée, églises, seigneurs, pyramides, etc., et aujourd’hui finance.

    La finance est une ponction nécessaire au fonctionnement du système.

    Donc : question : Paul souhaite « réinvestir dans le salaire ce qui sera récupéré de la mort ou de l’amputation de la finance : comment va fonctionner le bouzin : consommer plus ou travailler moins ? »

    La question est simple : grand merci d’y répondre.

    PS : les autres peuvent répondre aussi (je repasse dans quelques jours relever les copies des citoyens en herbe).

    1. @Fab,
      Réinvestir dans le salaire la plus-value captée par la finance revient à consommer ce qu’on produit et à produire ce qu’on consomme. Il n’est donc plus nécessaire de produire plus que ce dont on a besoin pour être sûr d’obtenir satisfaction. En revanche l’identification de ce dont on a vraiment besoin reste un problème. On y réfléchit avec plus de sérénité en n’étant pas criblé de dettes. Plus de sérénité signifie potentiellement plus d’humanité ; mais il n’y a pas de nécessité. Il faut le décider.

      1. Pierre,

        J’entends bien : « produire ce qu’on consomme » c’est la mort de la société de consommation : on consomme moins…on produit moins…on travaille moins (2 jours par semaine ça paraît bien non !?)… OK ! Donc question : on fait quoi ?, quel va être notre nouveau vivre-ensemble ?, comment allons-nous parvenir à vivre-ensemble de manière démocratique ?, comment allons-nous occuper notre temps de vie, de cerveau nouvellement disponible ?

        Il manque une considération déterminante à votre logique : l’aspect humain, potentiellement conscient, de la soumission (aujourd’hui à la tyrannie de l’échange monétisé, mais hier et avant-hier à d’autres croyances : c’est une soumission de civilisation !) : cette soumission est volontaire. On n’en sort pas d’un coup de baguette – financière – magique, il faut traiter ses causes et non les symptômes qu’elle a produits.

        Et il manque votre appréciation de « mon » programme.

        PS : prenez votre temps : la question est basique, philosophique, humaine : elle le vaut bien.

      2. Pierre,

        Alors nous sommes d’accord : c’est la mort de la société de consommation. Et donc la mort de la contrainte par le salariat. Mais après ? Comment on s’organise ? Quel sera le nouveau vivre-ensemble ? Et comment « le décider » avant de retomber (comme à chaque fois dans l’histoire) dans une nouvelle soumission empêchant la prise de conscience et donc l’émergence de la démocratie.

        J’aimerais également connaître votre avis sur « ma vision » de l’économie et de la finance présentée dans mon précédent message.

        Merci.

      3. @Fab, @Pierre

        « L’identification de ce dont on a besoin est un problème »
        Je crois que le « besoin » est un pour l’essentiel un problème de « valeur ». Il n’est pas inutile de rappeler que la « société de consommation », est une en ordre principal, une société d’échange de signes portés par des objets consommés, du moins si nous nous référons aux travaux de Veblen théorie de la classe des loisirs et de Baudrillard, système des objets, économie politique du signe. L’essentiel étant la fonction de différentiation sociale portée par l’objet signe, « papa moi aussi j’y ai droit à de la marque ».

        Dans cette perspective, je ne suis guère optimiste sur l’abandon du modèle de la « consommation » car la fonction signe peut tout aussi bien être portée dans le cadre de la sobriété volontaire que de la gabegie organisée. Je voudrais encore ajouter que l’aspiration à « l’être » d’une Pierre Rabhi, ne fonctionnera pas dans le monde « des fermiers de mon coin », certes il s’orienteront vers une agriculture raisonnée et la construction de circuits courts, mais il s’appuieront sur la législation déjà existante en matière maraîchage( et pousseront à son développement ) pour profiter de la main-d’œuvre disponible dans les Centres Publics d’aide sociale.
        J’avoue que je ne maîtrise pas la question de la valeur en sociologie, il y des tas d’étude empirique la dessus -je trouve ça « bébête » – d’abord la valeur en sociologie n’a que peu à voir avec la « valeur » en économie. Bien entendu je suis d’accord avec Paul qu’il en fallait sortir la valeur pour retourner au « prix » comme rapport de force. Mais j’ai beau faire, le rapport de force autour de l’objet désiré dépend de la valeur que chacun donne au désir de l’autre de s’approprier l’objet ; la vision Girardienne n’est pas très bien vue mais, si Girard est effectivement un couteau suisse, un couteau suisse c’est utile !
        Il y a quelques années, i l m’avait semblé qu’une piste possible pour approcher la valeur était le désir de transmettre liée à l’espérance que cette transmission réussira, que l’espoir que ce qui est projeté sur le futur sera réalisé à terme. Dans ce cas « le besoin » au sens psychologique et presque physiologique s’inscrit également dans une perspective d’être effectivement en vie « demain ».
        Comment un fermier peut-il cesser de s’indentifier à la terre qu’il transmet, il faudrait disposer du cadastre général des terres agricoles en terme de « propriété » et voir « qui » a « quoi ». Mais je ne sais pas où trouver les cartes ! ce sont peut être les banques qui ont déjà tout râflé?

    2. « Si on a un revenu garanti, je ne suis pas sûr qu’on va décider d’aider sa voisine âgée ; le risque est grand de se ruer sur sa playstation pour atteindre le niveau 82, et puis c’est tout. C’est un risque qui est réel. » Daniel Tyradellis, Arte, Paris – Berlin, 19 nov 2009, Sommes-nous vraiment faits pour travailler ?

      http://www.dailymotion.com/video/xb8um8_sommes-nous-vraiment-faits-pour-tra_news&start=793

      Effet rebond – wikipédia
      « D’une manière très générale, l’effet rebond peut être défini comme « l’augmentation de consommation liée à la réduction des limites à l’utilisation d’une technologie, ces limites pouvant être monétaires, temporelles, sociales, physiques, liées à l’effort, au danger, à l’organisation…» 1 Il en découle le corollaire suivant : les économies d’énergie ou de ressources initialement prévues par l’utilisation d’une nouvelle technologie sont partiellement ou complètement compensées suite à une adaptation du comportement de la société. »

    3. @Fab
      «Donc : question : Paul souhaite « réinvestir dans le salaire ce qui sera récupéré de la mort ou de l’amputation de la finance : comment va fonctionner le bouzin : consommer plus ou travailler moins ? » »

      Je vous entends bien, mais je crois qu’il faut bien réaliser que la majorité de la population ne se pose pas ces questions en ces termes, car leur préoccupation c’est « Comment est-ce que je vais pourvoir ne pas crever de faim, ou boucler mes fins de mois, ou ne pas tomber en faillite… » C’est obsessionnel, ça accapare l’esprit. Le genre de questions que nous nous posons ici, ne concerne que la petite minorité de l’humanité qui s’est libérée de ces préoccupations.

      « comment va fonctionner le bouzin » demandez-vous. Mais pour la majorité de la population, ce sera « Ouf ! Enfin, je vais pouvoir envisager l’avenir sereinement. »

      1. fujisan,

        « Ouf ! Enfin, je vais pouvoir envisager l’avenir sereinement. » : au début d’accord, mais après ? La question reste posée : comment allons-nous occuper notre temps sans contrainte salariale (ceux qui font fonctionner la salle des machines de la société de consommation le font précisément pour « ne pas crever de faim, ou boucler mes fins de mois » : c’est la contrainte ! ) et sans retomber dans une nouvelle soumission comme ça a été les cas à chaque fois que l’homme s’est débarrassé d’une tyrannie*? Tant que cette question ne sera pas sérieusement abordée aucun dirigeant sensé ne prendra le risque de pousser la société dans un cul-de-sac mortifère.

        Ca me semble évident, aussi ai-je le sentiment que Paul, Pierre & Co n’ont – contrairement à leurs dires – pas bien achevé le Père Noël. Un exemple : « la finance comme ponction nécessaire à la survie du capitalisme (économique ou pas) » : la finance n’est plus la cause du mal, ce qu’ils ne peuvent admettre…d’où l’absence totale de réponse.

        Comment faire pour que la société, puis l’humanité, se libère de « ces préoccupations », de manière viable of course ?

        * C’est le Capitalisme historique, de civilisation, non uniquement économique… qui « veut » ça : la soumission volontaire pour être tranquille…

      2. Que vive la démocratie !

        La démocratie, c’est la participation active et consciente de chacun.

        Le capitalisme, c’est la soumission volontaire de tous. Soumission à un tyran – Déité, Pharaon, Roi, Échange monétisé, etc. – précisément pour éviter d’avoir à prendre conscience : a-démocratique donc.

        La crise est donc de civilisation : « Je ne pense pas (« pas l’temps ! ») donc je ne peux participer à la construction de la démocratie » : c’est la sclérose.

        Le travail – l’activité principale de l’homme – est contraint par la société à l’échange monétisé (après l’avoir été au Roi, odieux, etc.). Le temps de vie sur une poussière d’étoile est contraint. C’est d’une tristesse à faire pleurer un être humain. Une abeille ou une fourmi pas sûr, mais l’humain oui. En théorie.

        Car il existe une autre théorie, économique, qui s’appuie sur la conviction que c’est la société qui fait l’homme : l’homme qui pleure d’être contraint y est défaillant, l’activité (effrénée) économique doit se poursuivre et continuer à faire adhérer à tout prix le plus grand nombre : je refuse d’y adhérer, on ne me répond pas, on m’exclut, on refuse ma « participation active et consciente », on veut contraindre mon activité et ma conscience à l’économique. Où est la démocratie là-dedans !?

        Même sur le plan économique (puisqu’on m’impose la lutte et les armes) leur théorie ne tient pas :

        La monnaie impose sa propre production, il faut nourrir la reine. On crée des emplois rémunérés uniquement pour que le plus grand nombre consomme et produise : la monnaie est créée avant la demande d’échange monétisé. C’est fini, le ver est dans le fruit : la monnaie est excédentaire, il faut éliminer l’excédent : par la guerre, la construction pharaonique, versaillaise, la lourdeur des ministères, la finance, etc.

        La théorie économique refuse la simplicité pour survivre. Elle refuse d’imaginer un autre vivre-ensemble. Elle est tyrannique : a-démocratique.

        Quelle crise ?

      3. @Fab
        « La crise est donc de civilisation : « Je ne pense pas (« pas l’temps ! ») donc je ne peux participer à la construction de la démocratie » : c’est la sclérose. »

        Il y a plus que cela. il y a aussi : « Je ne veux pas penser (« même si j’avais l’temps ! »), je ne veux participer à la construction de la démocratie » : c’est l’apathie. »

        « Car il existe une autre théorie, économique, qui s’appuie sur la conviction que c’est la société qui fait l’homme »

        Il y a plus que cela, il y a aussi transformation de l’imaginaire social par les hommes. C’est la poule et l’œuf. Il y a des processus émergents qui transforment radicalement nos sociétés.

        Vous vous lamentez qu’on ne vous réponde pas, mais votre écoeurement du totalitarisme du marché vous fait adopter une posture inverse vis-à-vis de l’échange monétisé. En vous focalisant contre l’échange monétisé, vous vous y enfermez, vous renforcez son l’imaginaire (JL Morlie saurait mieux le dire que moi).

        Nous vivons dans une société complexe, il y a division du travail. Vous voulez abolir l’échange monétisé ? Soit. Et comment on fait ?

      4. fujisan,

        « Vous voulez abolir l’échange monétisé ? » : non, juste sa tyrannie. Ainsi que la possibilité que toute autre tyrannie s’installe : se débarrasser de la soumission volontaire.

        « Et comment on fait ? » : j’ai mon idée, elle n’a d’intérêt que si le débat est lancé : c’est la démocratie. Il nous faut tenter la démocratie, la participation active et consciente de chacun…pour cela il faut du temps…deux jours de travail social imposé par semaine devraient suffire dans un premier temps…ainsi la solidarité sera assurée avant toute autre production de richesse ; il faudra également définir le travail comme une taxe sur la consommation : le salaire contient la réparation des dégâts humains et environnementaux causés par ce travail.

        Let’s go ?

      5. Aloreuh ?

        Si on ajoute toutes les dissidences (économique, écologique, énergétique, politique, alter-mondialistes, etc.) on doit pas être loin du compte commun non ?

        Aloreuh ? Qu’est-ce qu’on attend ?

  32. DALLAAAAS… ton univers impie-toyaaaableue !!!!
    Les voilà, tes radicaux, Pierrot :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/16/comment-l-amerique-a-bascule_1560129_3234.html
    « Si un parti politique cherchait à abolir la Social Security (caisses publiques de retraites et divers autres programmes sociaux) ou l’assurance-chômage, à éradiquer les lois du travail et les subventions aux agriculteurs, vous n’en entendriez plus jamais parler dans notre histoire politique. Certes, il existe un groupe pas plus grand qu’une écharde qui croit en ces choses : quelques milliardaires pétroliers texans (…). Mais leur nombre est négligeable et ils sont stupides. » »

  33. @paul@françois@pierre

    Une solution  » facile  » peut être dans le recours à l inflation, en effet une inflation de 3% supérieure à celle d aujourd’hui hui soit 5 % pendant 10 ans c’est 40 % de dévaluation de dettes en plus.1.05^10-1.02^10=40%.

    De votre expérience pensez vous que la banque centrale soit capable de gérer une cible d’inflation plus haute sans dérapage hyper inflationniste ?

    1. Cela ne marcherait que si les revenus salariaux étaient indexés sur l’indice des prix comme c’était pratiquement le cas en France quand l’augmentation du SMIC (on parlait alors encore du SMIG) suivait plus ou moins l’inflation.
      Je mùe rappelle des cours d’économies qui vantaient les mérites d’une inflation aux alentours de 5% par an:
      Cela incitait à l’achat aujourd’hui plutôt que dans quelques mois, cela faisait moins ressentir le poids des impôts puisque ces derniers sont calculés sur un revenu de l’année passée et payés avec un revenu réévalué de l’année en cours.
      Avec une inflation zéro ou proche de zéro, on a tendance à thésauriser plutôt que de consommer, ce qui était dans les années 60 et 70 la croyance de base en économie.

      On peut se rappeler que cette croyance remontait à bien avant en relisant « Le Meilleur des mondes » livre écrit avant la seconde guerre mondiale, où l’auteur avait envisagé pas mal des évolutions que provoqueraient unes société possédant une contraception efficace avec les slogans ainsi que des drogues douces pour apaiser les populations, mais au prix aussi d’un eugénisme forcené poussé jusqu’à la conception uniquement artificielle des enfants dans des cuves de gestation artificielle, pire, prévoyant à l’avance qui serait ouvrier et qui serait chef… A relire ou à lire si vous ne l’avez pas lu… Les réservoirs à produire des embryons humains ne sont pas là mais les conditions de développement des petits enfants dans des habitations de qualités diverses aux environnements plus ou moins favorables à une éducation de qualité font un peu de même…

      Paul

      « Achetez, ne réparez pas,  » et autres slogans de même nature.

    2. @pierre-françois,
      La solution de l’inflation est déjà celle adoptée par les politiques monétaires de la Fed et de la BCE. Mais cela n’est pas dit à cause du caractère anti-démocratique de l’inflation. La dévaluation de la monnaie par l’inflation revient à leurrer les propriétaires de droits non matérialisés au profit des propriétaires de droits matérialisés par des objets physiques : L’inflation opère un transfert de richesse des salariés et créanciers nets de l’Etat de droit vers les propriétaires de capital physique.

      Une autre raison de ne pas avouer l’inflation en cours en dollar et en euro est qu’elle est exportée dans les pays émergents. Les Etats-Unis et l’Union Européenne espèrent que les émeutes de la misère d’inflation auront lieu chez les émergents de façon à proroger un peu la domination financière et monétaire de l’Occident. L’Allemagne qui est créancière nette de l’Union Européenne et du reste du monde n’est bien sûr pas d’accord avec la politique d’inflation de la BCE comme la Chine n’est pas d’accord avec la politique d’inflation de la Fed.

      La guerre de l’inflation va dégénérer et les marchés qui l’anticipent vont continuer de dévaluer les actifs et de faire monter les primes de risque. La politique étatsunienne et européenne d’inflation est une politique de liquidation du système : provoquer les émeutes et les guerres pour faire disparaître les institutions politiques. Les néo-libéraux espèrent un nouvel équilibre sans État et les démocrates espèrent exister encore après l’effondrement de l’ordre politique actuel.

  34. Contrainte Carbone dit :
    17 août 2011 à 11:06
    Je ne répondrai qu’à cette phrase, par ce qu’elle me permet de réfuter intégralement votre raisonnement tant elle montre que vous n’avez pas saisi l’enjeu du problème :
    Je disais :
    « Avec les récents progrès de la productivité nous devrions pouvoir travailler 20 heures par semaine tout en conservant de bons niveaux de revenus, voire même en les augmentant. »

    Vous disiez :
    « La productivité qui nous permettrait de travailler 20h par semaine, nous la devons à une augmentation considérable du nombre de machines qui nous assistent. Ces machines ne sont que matière première (pétrole) et énergie (pétrole, charbon, atome — soleil + vent = anecdotique dans la production énergétique mondiale). Sans pétrole, plus de machine et plus rien pour les faire avancer : la productivité qui sert de pivot à votre raisonnement s’évanouit. »
    J’ai bien montré dans mon message que pendant toute une période de 1850 à 1960, où la productivité horaire a ‘’simplement’’ doublé d’ailleurs en partie pour les raisons que vous indiquez : mécanisation du travail mais pas seulement, il faut ajouter une meilleure organisation de la production et des services, du moins du point de vue des entrepreneurs. Cette accroissement de la productivité a été suivi d’un raccourcissement du temps de travail et d’une augmentation du niveau de vie.
    Or l’augmentation de la productivité au cours des 5 dernières décennies a vu un phénomène très différent se produire au niveau de la durée du travail qui n’a que très peu diminué, même en y incluant le travail à temps partiel non désiré dont le rôle s’est manifesté dans une baisse des revenus. Et aussi la rémunération du travail a diminué, en effet aussi en partie de la présence de machines de plus en plus perfectionnées. Le problème que je soulève avec Pierre Larrouturou (qui le fait bien mieux que moi), c’est que les gains de productivité qui avaient au moins en partie été redistribués au facteur travail sous forme de la réduction du temps de travail et du maintien voire de l’accroissement des revenus salariaux dans la première longue période1850 1960, ont disparu dans la période 1960 2008 qui a pourtant connu un accroissement de la productivité d’un facteur 5, ces gains de productivités n’ont pas été équitablement redistribués, cela suite à deux phénomènes : d’une part l’augmentation considérable de la rente du capital liée à la cupidité des investisseurs, dont bon nombre sont d’ailleurs institutionnels, comme les fonds de pension ou les grandes banques et de l’autre part, une lutte stupide et suicidaire entre les entreprises, par la concurrence sur les prix. Celle-ci en grande partie liée au phénomène de mondialisation mais pas uniquement. Au lieu de se faire concurrence sur la qualité des biens et des services, et en maintenant pour cela un niveau d’emploi important, les entrepreneurs se sont lancés dans la guerre des prix par la baisse des coûts, engloutissant une très grande partie des gains de productivité dans une baisse des prix, mais comme il n’y avait pas ou peu de redistribution de ces gains de productivité vers les salaires, même avec la baisse des prix, il y a eu une baisse relative de la demande. Baisse de la demande que les américains en particulier ont essayé de compenser par la facilitation du crédit, avec les dégâts que nous connaissons.

    Vous dites ensuite :
    « Si vous creusez la question, vous verrez que la civilisation du temps libre, des loisirs, et globalement tout ce que nous englobons dans le progrès social est directement lié au temps que les machines nous ont rendu. Moins de pétrole, moins de machines, moins de temps, et plus de régression sociale. »
    C’est justement là qu’interviennent les concepts de prospérité sans croissance et de « produire plus avec moins » que j’ai évoqués dans mon message précédent.
    Cette capacité de « produire plus avec moins » est sans doute unique à l’espèce humaine et ne date pas des années ni des siècles récents : dès la préhistoire les être humains ont été capables de produire de plus en plus en utilisant de moins en moins de ressources ; par exemple avec un nodule de silex de 1 kilo les premiers outils fabriqués par l’homme tiraient environ 10 cm de tranchant. Vers la fin du paléolithique avec le même kilo de silex nos ancêtres arrivaient à obtenir deux mètres de tranchant et plus coupant que les 10 centimètres précédents.

    Là où je vous suis c’est qu’avec l’apparition du pétrole et surtout des moteurs à explosion puis des moteurs électriques les humains ont temporairement commencé à produire plus avec plus » au lieu de continuer à essayer de continuer à « produire plus avec moins »
    Exemple simple quand il fallait aller très loin chercher du bois pour se chauffer, à pied ou avec des moyens de transport rudimentaires on faisait attention à ne pas le gaspiller et on essayait de tirer le plus de chaleur possible avec le moins de consommation de bois possible.
    Avec l’avènement de la motorisation thermique, vapeur au début puis à explosion ensuite avoir du bois à disposition a nécessité de moins en moins d’efforts immédiats, seul du travail mort stocké sous forme d’unité monétaire devait être dépensé.
    Si on observe les construction des maisons en bois norvégiennes on s’aperçoit que pour obtenir plus de chaleur avec moins de bois, les anciens norvégiens utilisaient une très grande partie de leur bois pour construire des maisons résistant au froid au lieu de conserver des cabanes où ils auraient brulé tout leur bois pour garder une température de survie à l’intérieur de l’abris. Ils obtenaient donc plus de chaleur chez eux en utilisant moins de bois venant de la forêt.
    L’accès en apparence facile à d’autres énergies à conduit à faire moins attention dans ce domaine du chauffage domestique comme dans bien d’autres domaines.

    Ce que je dis et ne suis pas seul à dire c’est qu’avec une plus grande intelligence de l’utilisation des ressources et une meilleure redistribution des gains de productivité on pourrait augmenter la prospérité de tous sans déplétion des ressources naturelles ni augmentation de la création de déchets dans l’atmosphère ou plus généralement dans la nature.

    Mais cette intelligence du « design » demanderait que nos dirigeants politiques aient d’autres vues que leur réélection au mandat suivant et qu’en plus elles et ils aient quelques connaissances scientifiques et technologiques, ce que beaucoup n’ont pas ayant été principalement formés aux matières politico juridiques et financières et n’ayant que peu d’attraction pour la compréhension des phénomènes physiques chimiques ou même psychologiques des environnements dans lesquels elles et ils exercent leurs pouvoirs politiques.

    On est encore dans cet éloignement de l’économie réelle…

    Paul T.

Les commentaires sont fermés.