L’actualité de la crise, la guerre des devises a commencé, par François Leclerc

Billet invité.

LA GUERRE DES DEVISES A COMMENCÉ

Toutes les devises ont une valeur trop élevée les unes par rapport aux autres, à l’exception du yuan chinois ! Si l’on écoutait les déclarations qui fusent sur toute la planète, il faudrait donc réajuster sérieusement le tir sur un marché monétaire où le régime des changes flottants a été érigé en dogme, au grand bénéfice d’une intense spéculation financière sur celui-ci, le Forex.

Comment alors procéder, dans ces conditions ? Intervenir n’est pas conforme aux principes et spécialement bien vu, mais devient de plus en plus indispensable. Mais pour aboutir à quoi  ?

L’actualité était faite jusqu’à maintenant du lancinant problème de la parité entre le yuan et le dollar, insoluble dans le contexte actuel. Il a fallu des mois et des mois de palabres et de discours prononcés en vain pour en arriver à une vérité toute simple, à laquelle les Américains ne veulent toutefois pas se résoudre. Parce qu’elle est pour eux très dérangeante.

Non compte-tenu de considérations générales sur le rapport existant entre la force d’une monnaie et la puissance économique du pays qui l’émet, il est ouvertement apparu que le régime chinois n’était pas en mesure de procéder à l’important ajustement qui lui est demandé avec insistance. Car cela mettrait en péril son équilibre, en raison des conséquences économiques et sociales qui résulterait d’une chute des exportations, elle-même causée par une forte réévaluation du yuan. Dixit Wen Jiabao, le premier ministre soi-même.

Si l’on prend un peu de recul, cela signifie que le modèle de développement de la Chine, orienté vers l’exportation de produits manufacturés à bas prix, dans un premier temps magnifié, a été porteur d’un déséquilibre accentué. Ainsi que le déplore l’administration Barack Obama, éludant le fait qu’il ne peut pas être corrigé en claquant des doigts comme l’exigent les républicains.

Plus encore, cela met en évidence une contradiction majeure à laquelle la mondialisation a conduit : moteur du développement des pays émergents profitant aux capitaux occidentaux qui s’y sont investis, elle a déséquilibré – sans rémission dans l’environnement actuel – l’économie des pays développés.

Après le yuan, c’est le yen japonais qui est à son tour entré dans l’actualité. Plusieurs facteurs ont conflué pour renchérir fortement sa valeur par rapport aux autres devises – la baisse du dollar étant le plus important, l’utilisation du yen comme refuge ensuite – pénalisant les exportations japonaises, seul secteur de l’économie encore florissant. Alors qu’il permet de maintenir en équilibre précaire un système économico-financier reposant sur l’autofinancement de la gigantesque dette du pays par lui même. Ce qui est en train d’atteindre ses limites. La Bank of Japan a finalement du se résoudre à intervenir sur le marché monétaire pour faire baisser le yen.

Les Américains sont cette fois-ci à leur tour sur la sellette, responsables d’une politique qui vise à affaiblir le dollar – et les taux auxquels ils financent leur propre dette – afin de tenter de lutter grâce à l’essor de leurs exportations contre une croissance à nouveau dangereusement déclinante, ainsi que la perspective d’une nouvelle récession, à peine sont-ils sortis – officiellement tout du moins – de la précédente. Une grande nouveauté qui fait déjà date, le pays étant l’habitué de rebonds immédiats désormais hors de question. Ce qui démontre que quelque chose de grave s’est bien passé, que la machine est cette fois-ci cassée.

La tendance baissière du dollar, quant à elle, est devenue une donnée permanente au plan international, alimentée dans l’immédiat par la perspective d’une nouvelle intervention monétaire de la Fed, dont la rumeur se propage et enfle, qui amènerait la Bank of England à la suivre sur le même chemin.

L’autre grande puissance commerciale qu’est l’Europe s’est refusée de donner – via la BCE – un coup de main aux Japonais afin de faire baisser le yen, pour les mêmes raisons, tout en subissant également la baisse du dollar. Américains et Européens, par ailleurs concurrents dans bien des domaines, ont sur ce chapitre des intérêts communs à défendre, ce qui risque fort de se révéler être une politique à courte vue, si les problèmes rencontrés par le Japon devaient empirer, comme attendu.

Bénéficiant de la baisse de l’euro par rapport au dollar – principale monnaie du commerce international – l’Espagne a ainsi vu remonter le volume de ses exportations. Non pas en direction de ses partenaires commerciaux européens, mais de certains pays émergents. C’est bien la seule bonne nouvelle la concernant. Les autres pays de la zone euro qui sont aujourd’hui dans la tourmente ne bénéficient pas plus de la facilité que représenterait une dévaluation de leur monnaie.

Le Royaume-Uni, qui a déjà tiré profit de la baisse de la livre, ne verrait pas d’un mauvais œil que celle-ci continue de descendre, une nouvelle utilisation de la planche à billet par la Bank of England pourrait en être à l’origine. Il a d’ailleurs suffi d’une déclaration en ce sens de l’un de ses gouverneurs, Adam Posen, pour faire immédiatement chuter la livre par rapport à l’euro et au dollar.

Il en ressort que tous les pays occidentaux pratiquent – ou voudraient pratiquer – l’art consommé de la dévaluation compétitive, car ils ne voient que les exportations comme remède à leur croissance en panne, l’Allemagne, grand pays exportateur, s’accommodant du niveau actuel de l’euro. Mais ils se heurtent, à part leur appartenance à la zone euro pour ceux dont c’est le cas, à une double difficulté.

1/ Toutes les devises ne peuvent pas dévaluer les unes par rapport aux autres simultanément et tous les pays ne peuvent pas être exportateur net !

2/ La croissance anémique que les pays occidentaux connaissent n’est évidemment pas favorable, une compensation par le développement des exportations vers les pays émergents ne pouvant pas s’y substituer aussi rapidement et facilement qu’espéré.

La dévaluation des monnaies, à bien y regarder, est la seule possibilité qui existe, étant donné que les pays émergents ne dégagent pas les surplus financiers nécessaires à l’absorption du volume global souhaitable des exportations occidentales. Il s’en suit un inévitable accroissement des contradictions d’intérêt entre puissances.

Plus récemment encore intervenu, le dérèglement monétaire est devenu pénalisant pour les pays émergents. Guido Mantega, ministre brésilien des finances, déclarait dernièrement que « la guerre des devises était ouverte », évoquant « une escalade dans la dévaluation compétitive ». Le Brésil doit en effet faire face à une constante réévaluation de sa monnaie, le réal, qui porte préjudice à ses exportations. Le dollar a ainsi baissé de 25% par rapport au réal. D’autres pays sont atteints ou bien font dans leur coin de la dévaluation compétitive, c’est le cas de l’Argentine.

Une réunion des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) avait lieu dernièrement à New York, où cette question a été traitée. Celle du yuan chinois ne l’ayant pas été, car comme l’a expliqué Celso Amorim, ministre brésilien des affaires étrangères, « il ne faut pas oublier que la Chine est à l’heure actuelle notre meilleur client »…

La Corée du Sud voudrait bien de son côté rejoindre le camp des pays dont la monnaie est dévaluée, la Banque asiatique de développement, qui tenait une réunion à Kuala Lumpur, vient d’ailleurs de demander « une plus grande flexibilité » du yuan, traduisant un sentiment plus général, une formule allusive qui revient à demander sa réévaluation.

Derrière celle du réal, pour prendre ce cas exemplaire, se cache le puissant phénomène qui l’induit. Comme tous les grands pays émergents, le Brésil suscite un très fort afflux de capitaux à la recherche de meilleurs rendements, attirés par la croissance économique dont ils bénéficient. De tels achats massifs de devises – en l’occurrence du réal – sont un levier puissant de réévaluation des monnaies en question.

Sans parler des opérations de carry trade, qui sont certes des aller et retour entre deux devises, mais à plus ou moins rapide échéance. Leur débouclage n’intervenant que lorsqu’est craint un fort réajustement des deux devises utilisées, vente de dollars et achat de réais (le pluriel de réal) toujours dans cet exemple, ou en cas de prise de bénéfice.

Tels des insectes attirés par la lumière, de grandes masses de capitaux se sont précipitées vers les principaux pôles de développement économique, les investisseurs ayant la ferme intention d’y poursuivre leurs activités lucratives. Délaissant les marchés des pays développés où les rendements vont baisser – sauf quand ils sont investis dans les plus grandes entreprises transnationales, qui restent florissantes – et les risques s’accroître.

On voit ainsi les mégabanques s’échauffer pour rejoindre en hâte ces nouveaux terrains de jeu, britanniques et américaines en premier lieu. Soucieuses de prendre sans tarder des parts de marché et de poursuivre l’éducation déjà entamée des joueurs locaux, encore timorés, aux merveilles créatives de la finance de haute volée.

Une nouvelle configuration de la mondialisation se dessine ainsi. Elle était en premier lieu économique et commerciale, elle devient pleinement financière, les mégabanques se déplaçant au plus près de leur nouvelle clientèle. Tout d’abord en Asie, continent de toutes les promesses.

Cette transhumance est tout juste freinée, comme lors de l’étape précédente, par des industries et des systèmes financiers locaux, où l’Etat conserve un poids et un rôle qu’il a perdu en Occident. Selon des modes et des fortunes diverses, selon les pays. L’idée n’en reste pas moins de proposer : « vous produisez, nous finançons ! ».

Le monde n’étant pas parfait, y compris pour les financiers qui dans ce domaine en profitent, la guerre des devises qui s’est engagée ne va pas s’arrêter d’elle-même. Elle va au contraire non seulement être le moteur de conflits d’intérêts grandissants, mais favoriser à un moment donné la recherche d’une sortie par le haut, faute de solution dans le cadre monétaire actuel. Celle-ci ne peut se trouver que dans celui d’une réforme d’ensemble du Système monétaire international (SMI).

Mais le chamboulement radical que cela suppose ne va pas être de même nature que les précédents, dont les accords de Bretton Woods avaient donné le signal et qui ont à chaque fois marqué la prééminence des Etats-Unis et la prise en compte prioritaire de leurs intérêts. C’est le chemin inverse qui va devoir être engagé, ce qui explique que l’on assiste à une course de lenteur, qu’exprime l’illusoire espoir américain de repousser tellement loin son échéance que l’horreur que représente la chute de leur piédestal monétaire n’interviendra jamais…

Ce qui provoque en attendant la résurgence de tentatives américaines belliqueuses d’imposer une réévaluation aux Chinois, qui reviennent dans la pratique à mouliner de l’air avec les bras. La chambre des représentants s’apprêtant à voter des sanctions contre la Chine, le sénat devant ensuite les approuver et Barack Obama promulguer la loi si elle est votée par les deux chambres, la banque centrale chinoise a promis « une plus grande flexibilité » du yuan, sans précision sur l’ampleur des variations qui pourraient être autorisées. La fois précédente, cela s’est traduit par epsilon, qui se traduit aujourd’hui par 2% de réévaluation, très loin des demandes américaines. Les dirigeants chinois n’ont pas non plus manqué de rétorquer – au nom de leur détention en avoirs en bons du Trésor américain et de leurs achats de ceux-ci qu’ils poursuivent – que les Américains devraient lutter contre la baisse du dollar, qui déprécie ces derniers…

Pour les Américains, pas de solution tangible en vue donc, à moins de rompre à leur tour un tabou, après les Japonais comme on va le voir, et de renouer avec des pratiques protectionnistes, qu’ils savent discrètement utiliser quand ils considèrent que leurs intérêts vitaux sont en jeu.

Dans l’immédiat, les Etats les plus menacés par les dérèglements monétaires vont faire avec les moyens du bord. Les Japonais sont finalement intervenus, rompant deux décennies de non-interventionnisme occidental sur le marché des changes, ce qui leur est beaucoup reproché. Car ils donnent le mauvais exemple aux Chinois qui continuent – par leurs interventions – à se crisper sur le peg, l’arrimage du yuan au dollar. D’autres pays interviennent pour contenir la réévaluation de leur monnaie sur le marché monétaire, comme la Suisse, d’autres dévaluent ou voudraient le faire. Tandis que d’autres enfin envisagent d’utiliser des moyens administratifs et d’instaurer des mesures de contrôle et de restriction des transferts de capitaux. Quel bazar !

Le FMI lui même, conscient des difficultés que rencontrent les pays émergents et de la nécessité qu’ils se protègent pour ne pas sombrer à leur tour dans le marasme, en est venu à considérer comme un moindre mal ce dernier type de mesures, à condition qu’elles soient provisoires.

Ce ne sont que des pis-aller.

La bataille symbolique qui se déroule autour des sièges du conseil d’administration du FMI est un jeu des chaises musicales: il y a plus de prétendants que de chaises. Par son âpreté – tout en se déroulant en coulisses – elle témoigne d’enjeux qui ne sont pas seulement de préséance. D’une manière ou d’une autre – jouant de plus en plus et avec des moyens accrus, la banque de dernier ressort des Etats, ou se préparant à être un futur recours dans le cadre de la réforme du SMI – le FMI est en effet appelé à avoir un rôle montant.

Un dernier phénomène doit être mis en évidence, face cachée du dérèglement monétaire en cours. La dévaluation relative de certaines monnaies revient indirectement à une monétisation de la dette publique. Car elle suppose des émissions monétaires et induit donc une baisse de la valeur de la dette libellée dans cette même monnaie. Elle a le même effet que la création monétaire par la banque centrale d’un pays et permet de s’y substituer discrètement.

Ce moteur-là n’est pas à négliger dans l’appréciation de la stratégie américaine, bien qu’il soit comme on a vu à double effet, accentuant la nécessité d’une réforme monétaire d’ensemble. Il confirme que la tendance à la baisse du dollar du dollar est durable, avec comme conséquence l’intensification des dérèglements monétaires.

La guerre a commencé et ne va pas s’arrêter. L’accroissement des capitaux flottants à la recherche d’opportunité – tant en raison de la dépense publique que de l’injection des liquidités des banques centrales – est un puissant facteur d’accentuation des distorsions monétaires. Certains pays vont vouloir favoriser une dévaluation de leur monnaie tandis que d’autres vont s’opposer à sa réévaluation. Combien de temps cela va-t-il être tenable ?

Un armistice finale n’est envisageable que sur la base d’une refonte monétaire sanctionnant les nouveau rapports de force économiques, quitte à ce qu’elle soit étalée dans le temps. Définir des étapes intermédiaires, afin d’éviter les chocs, ne va pas être de tout repos. Car cela va inévitablement entrer en contradiction avec les intérêts à court terme de chacun.

Ne peut-on pas penser que, dans ce domaine comme dans celui de la régulation financière, un approfondissement et des rebondissements de la crise seront encore nécessaires pour qu’il ne soit plus possible de tergiverser ?

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95 réflexions sur « L’actualité de la crise, la guerre des devises a commencé, par François Leclerc »

  1. Jeudi 30 septembre 2010 :

    La Bourse de Paris était en nette baisse jeudi dans la matinée alors que les mauvaises nouvelles s’accumulent sur l’environnement économique, avec la dégradation de la notation de l’Espagne et le prix plus élevé que prévu du sauvetage de la banque irlandaise Anglo Irish.

    Dans un marché déjà sans réelle direction, plusieurs mauvaises nouvelles ont orienté dès l’ouverture la cote parisienne : l’annonce d’un coût de sauvetage de la banque irlandaise en difficulté Anglo Irish Bank, qui risque d’être plus important que prévu et va mettre en péril les finances publiques de Dublin, et la dégradation de la note de l’Espagne par Moody’s qui lui a retiré sa note maximale « Aaa », ont créé un sentiment de défiance sur les marchés financiers.

    Boursorama

    1. – La baisse n’est pas si nette.

      – J’ai pu lire que les marchés ont bien accueilli le montant du sauvetage d’AIB (détente des taux à 10 ans et équilibre sur le marché action irlandais).

      – La dégradation de la note de la dette souveraine espagnole était attendue depuis un certain temps et n’a pas eu d’effet « dévastateur ».

      Conclusion amha : cette sous réaction est de très mauvais augure, plus dure sera la chute.

  2. Guerre monnaitaire pas sur ! Pourquoi ne pas y voir tout simplement la continuité du système de mondialisation (colonisation économique et surtout financière).

    Pour faire baisser ça monnaie, il y a 2 moyens. Le premier consiste a faire tourner la place a billet, sous forme de crdit ou de cash, le second consiste a vendre ses propres devises pour en acheter d’autres, la demande de devise fait augmenter l’autre devise et comme il y a une parité a respecter, sa propres devise se voie donc obligatirement baisser.

    1. Certes, une devise faible et un bon point pour l’exportation, par contre il diminu du même coup la valeur des entreprises et la protection des outils de production ou de spéculations. Pouvoir vendre plus est moins cher ne se limite pas aux produits, mais impacte tous les biens des pays.

      Pour résumer :

      1) je vends mes devises local pour acheter des devises extérieur.
      2) baisse de la devise et augmentation des devises extérieur
      3) lorsque la devise extérieur a bien monté, je revends cette devise pour empocher les bénefs.

    2. Le but n’est pas la guerre monnaitaire a proprement parler, mais de la spéculation gagnante, un peut a la Soros. Puisque toute l’industire financiére (se terme me fait toujours autant marrer) en bénéficie. Cela alimente indirectement le marche des dérivées monnaitaire, dans le cas du brésil cela augmente aussi le prix des matières premières donc le prix du produit fini (vue de l’extérieur). C’est tout le marché financier qui en profite alors, puisque cette impacte monnaitaire se propage directement a l’économie de produstion.

      Si ont considére que la volatilité, est le principal outils dont dispose le marché, puisque c’est sur les variations de valeur que les plus values se réalise.

      La guerre qui autre fois était économique, dans le but de s’approprier les richesse de l’autre, c’est transformé en guerre financière. L’industrie c’est servi des fluctuations dans le temps du potentiel electrique pour produire l’énergie qui lui était nécessaire. La finance elle se sert des fluctuations de valeur pour produire l’énegie qui lui est necessaire, la plus value.

    1. Très amusant ce lien.

      Le blog de Paul est en plein centre de la nébuleuse. Waow. 🙂

      Je remarque aussi que les libéraux jouxtent l’extrême-droite. Pas bien ça.
      A noter aussi que l’extrême-gauche est très mal représentée. Presque pas de sites.

  3. Sortie par le haut ?
    Douteux … le plus probable c’est plutôt un retour du protectionnisme et la fin de la mondialisation.
    Seul moyen pour permettre aux pays développés de ne pas devenir sous-développés et aux pays développés de se développer.
    La fin du pétrole pas cher sera dans ce sens une bénédiction puisqu’elle va augmenter le prix du transport.
    Tous les financiers ont les yeux rivés sur cet événement, qu’ils savent inévitables.
    En attendant, ils se gavent pour préparer les futures grandes familles de l’après-pétrole.

    1. Oui, la fin du pétrole, c’est aussi la fin d’un monde mais surtout la faim dans le monde, car pour beaucoup de pays, dont la Chine, l’autosuffisance alimentaire n’existe pas.
      Il semble que la Chine va même bientôt manquer d’eau et que de toute manière elle est de plus en plus dépendante pour nourrir sa population, surtout depuis que les cadres (la classe dite moyenne) mangent de plus en plus comme des occidentaux.

      Ce qui pointe son nez ce n’est pas la guerre monétaire ou la guerre économique, mais la guerre pour se nourrir.

    2. @Marlowe: Merci pour votre réponse qui semble prédire assez raisonnablement ce qui risque d’arriver dans les prochaines décennies (années?).

  4. La guerre a commencé et ne va pas s’arrêter.

    Au dela de l’aspect guerre monétaire ou des devises, il y aura toujours dans les êtres, un aspect animal, guerrier, je veux faire la guerre, je veux m’imposer, je veux réussir, je veux être libre, je veux être le chef, je veux gagner le monde sur les marchés comme en politique, je veux principalement défendre mon pays ou mes idées de l’agresseur, de l’ennemi, et quel en est encore le meilleur endroit de nos jours, si ce n’est le grand champ du commerce mondial.

    Et puis il y a également cet autre aspect dans l’homme, dans l’histoire, dans l’humanité, et qui s’est parfois manifesté sous des formes plus ou moins remarquables dans l’histoire, cet autre aspect moins brutal et guerrier mais qui se laisse parfois trop marcher sur les pieds ou bien peu compris et respecter, surtout de nos jours en politique et autre, le monde va sans doute bientôt basculer dans une autre guerre mondiale de plus, comme à une plus grande échelle, à moins, à moins que les êtres recherchent davantage à mieux évoluer spirituellement que commercialement, afin de mieux comprendre et rééquilibrer la double nature de l’homme dans l’histoire, à la fois pacifique
    et guerrière, mi-ange comme mi-démon, l’homme de notre temps, d’hier comme d’aujourd’hui.

    Aussi bien dans tous les aspect de la vie économique ou sociale de ce monde, évidemment quand c’est trop, c’est tropico, comme dirait un autre dédé de plus dans une radio. Je sais mon propos va peut-être faire hurler les premiers pacifistes bien naifs de ce monde, et pourtant faut bien voir de quoi est fait un peu l’histoire contemporaine, surtout en politique ou en matière de démocratie.

    L’amour des armes, du sang, de la révolution, du changement, de la nouveauté, de la sécurité, économique ou pas, sociale ou pas, contre l’homme ou encore l’autre qui ne pense pas comme vous. L’aspect guerrier ou prédateur de l’homme sur les marchés, ne semble pas non plus se cantonner qu’à cela sur terre.

    D’ailleurs sans la lutte des riches contre les pauvres et la lutte des pauvres contre les riches comment les gens pourront-ils se faire mieux entendre et comprendre. Bref, j’aimerais moi aussi vivre plus longtemps dans un monde de paix et d’amour, ou tout le monde pourrait se bécoter tous les jours à l’antenne, hélas la vie, l’histoire, le mondel ce n’est pas non toujours qu’un long fleuve tranquille et au bord de l’eau ou devant alors le téléviseur, je sais je ne vais pas encore me faire des ami(e)s en disant cela.

    On a le droit aussi d’être un peu des brutes en matière de révolution, peut-être un peu pour ça que tant de gens recherchent à montrer leur testostérone et leur brutalité sur les marchés depuis que les femmes portent la culotte dans des bureaux, ça, ça doit sans doute encore venir de ma misogynie, voire plus difficile à soigner avec une plus grande équipe de féministes ou amazones à vos trousses.

    La guerre a commencé et ne va pas s’arrêter.

    Si elle finira bien un jour cette guerre commerciale, mondiale, mais pas avant hélas un plus grand nombre d’estropiés et de sacrifiés en plus sur la plupart des chaînes de montage de ce monde, c’est juste une question de quotas, après bien sur on repartira comme en 14, et puis 39-40, enfin vous voyez la même logique du monde. On n’a jamais mieux la paix du monde d’ailleurs depuis la si bête création bureaucratique ou commerciale des choses en plus.

    « Quand ils diront : «Paix et sécurité!» alors une destruction subite sera sur eux à l’instant même, comme les douleurs sur une femme enceinte; et ils n’échapperont en aucune façon. »

    Qui s’est comment ça venir une plus grande guerre commerciale et de devises entre les peuples ?

    « Quant aux temps et aux moments, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous écrive. Vous-mêmes le savez parfaitement : le Jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix, quelle sécurité ! », c’est alors que soudain la ruine fondra sur eux (…) » Thessaloniciens 5 : 1-3

    A j’ai raté ma vocation j’aurais peut-être du être militaire et réserviste afin de pouvoir mieux défendre les miens et mon pays dans un avenir proche.

    1. Chacun devra défendre son carré de patates que les milliardaires ne savent pas faire pousser . Et des tombereaux d’or, ça ne se mange pas .

  5. La baisse sur les marchés s’est, pour l’heure, transformée en hausse.

    Pourquoi ?

    7000 (oui bien lire 7000 !) nouveaux chômeurs inscrits de moins que prévu, pour un chiffre de 453.000 au total. 469.000 la semaine précédente pour laquelle une correction à la hausse de 4.000 a finalement eu lieu.

    Dansons dans les rues avant d’acheter pelles, pioches, conserves et fusil de chasse.

  6. Quand tout le monde gagne, tout le monde est content, c’est merveilleux,

    On boit, on rit, on danse, on se divertir tout le temps, c’est le paradis, le progrès, les lumières, la démocratie, l’éclairage automatique aussi, les droits de l’homme, des tout-puissants, les hautes écoles, le copinage, le commerce, des êtres comme des choses de plus, comme ces nouvelles armes encore de destruction produites en masse partout, comme pour aller plus vite encore pour faire commerce de toutes choses supplémentaire, je dirais même que l’argent et le commerce à toujours été une grande source de conflit déjà l’histoire mais aussi dans un couple, et contrairement à tant d’idées reçus venant de la part des grands marchands du monde.

    Quand tout le monde commence à perdre et à être traité et payé comme l’autre grouillot de plus à l’autre bout du globe, là j’aime déjà moins commercer le monde et la bétise avec toi mon frère de couleur, là c’est déjà moins la confiance et la drolerie sur les marchés comme sur les chaînes, mais aujourd’hui j’ai déjà les idées un peu plus claires, l’Insee relève à 1,6% sa prévision de croissance 2010 même si ça pluviote encore un peu, les nuages sont déjà moins gris dans les coeurs et les têtes. Mais heureusement que l’insee est là pour vous dire quand vous devez vous sentir bien ou pas psychologiquement, à quand la nouvelle dépèche aussi, produit, achète, vend, consomme et puis tais-toi Jérémie, même si bien sur ça le fait de moins en moins partout. Et dire qu’il y a encore des gogos qui vous parlent encore de ça à longueur d’antenne, pire même sur des milliers de chaînes à travers le monde, à l’instant même ou vous lisez ceci ou cela, fonctionnant 7/7 c’est fou quand même, vous verrez ça va encore le faire, non, non Monsieur avec d’autres peut-être mais plus avec moi, faut-il vraiment être fou, soud ou aveugle pour ne pas ‘apercevoir que tout cela ne pourra pas durer indéfiniment.

    Evidemment dans un monde reposant principalement à 100% sur ces seules choses, on entendra forcément les mêmes choses revenir aux oreilles des petits comme des grands, mais pourquoi, mais pourquoi oh Mamon, oh mon nouveau Dieu spécialement construit pour moi dans le confort matériel, mais pourquoi le climat se détraque autant, et une grande nation qui commence et se dresse déjà contre une autre, et un royaume contre un autre; et dans divers lieux, il y aura d’autres famines et des petites catastrophes sans importance içi ou là.

    Oh oui qu’il est vraiment très beau à voir le monde de l’homme ou de la femme de nos jours, vous savez quoi le monde actuel ne s’attend vraiment pas à voir venir un plus grand échec de l’homme moderne et médiatique sur terre. La grande peur de l’échec, cette folle course supplémentaire
    à la réussite politique comme sur les marchés, oh comme elle bien grande la bétise de l’homme.

    Pour ça d’ailleurs que tout le monde me tourner le dos.

  7. La dévaluation relative d’une monnaie ne revient pas forcément à la monétisation de sa dette. C’est le cas si la monnaie s’affaiblit en conséquence du rachat d’obligations d’Etat par la banque centrale , mais pas si celle-ci intervient directement sur le marché des changes (comme la Chine ou plus récemment le Japon). Plus généralement, une dévaluation a au contraire pour effet d’augmenter la valeur du stock de dette détenu en devises étrangères, ce qui a entrainé plusieurs pays émergents dans des crises de la dette par le passé.

  8. encore une autre article sur ce même sujet

    « Monnaies : un dangereux débasement généralisé (Evans-Pritchard, note CI)
    mardi 28 septembre

    Avec un taux de croissance du crédit au secteur privé à deux chiffres dans de nombreux pays depuis des années, la dette accumulée surpasse les capacités de remboursement, qui, au niveau agrégé, dépendent de – et ne peuvent excéder – la croissance du PIB.

    Le « débasement » (entendre, la perte de valeur) de monnaies surplombées par une pile de dettes privées insoutenables a donc eu lieu depuis bien longtemps.

    Le début de prise de conscience du caractère fictif des actifs portés par le système financier a provoqué une panique menaçant de tout emporter.

    Le sauvetage de la finance par les Etats a mis un terme à la spirale de liquidation. Mais le problème reste entier. Et les Etats sont confrontés à une double mission contradictoire : restaurer l’endettement – qui est un mécanisme fondamental d’anticipation de croissance du capitalisme – et réduire la dette privée héritée du passé, tout en refusant d’annuler une partie de celle-ci.

    Pour échapper à ce piège, la tentation est grande de rechercher le désendettement via les surplus à l’exportation (cf le billet accompagnant le texte de Martin Wolf, hier), en affaiblissant les monnaies. Dans une économie mondiale qui est un jeu à somme nulle, où chaque surplus à l’exportation a pour contrepartie un déficit, aucune nation n’acceptera de tenir le rôle de la victime consentante, et l’effet destabilisateur des « dévaluations compétitives » est assuré.

    Sur le fond, les dysfonctionnement structurels qui ont permis l’accumulation de la dette ne sont toujours pas traités :

    – inégalités, c’est à dire en réalité décrochage des salaires par rapport à la productivité, avec pour résultat une demande structurellement faible, maintenue grâce aux bulles d’actif et au crédit. (Notons au passage une réalité trop méconnue : les grandes fortunes, pour « fascinantes » qu’elles puissent paraître, sont faites de créances. Ce qui signifie qu’elles ont pour contrepartie des dettes. Lorsqu’on s’extasie sur la réussite de tel ou tel milliardaire, on applaudit en fait sa capacité à générer de la dette pour autrui.)

    – démographie vieillissante, alimentant des fonds pensions qui étrillent les entreprises (et au premier chef leurs salariés) en exigeant un rendement de 8% dans des économies ayant une croissance de 3%.

    – prédation actionnariale, version moderne du parasitisme des charges de l’ancien régime.

    – déficits des déséquilibres commerciaux, alimentant la création monétaire du crédit.

    En résumé, nous sommes encore très loin du solde de tout comptes.

    “We live in an amazing world. Everybody has big budget deficits and big easy money but somehow the world as a whole cannot fully employ itself,” said former Fed chair Paul Volcker in Chris Whalen’s new book Inflated : How Money and Debt Built the American Dream.

    “It is a serious question. We are no longer talking about a single country having a big depression but the entire world.”

    The US and Britain are debasing coinage to alleviate the pain of debt-busts, and to revive their export industries : China is debasing to off-load its manufacturing overcapacity on to the rest of the world, though it has a trade surplus with the US of $20bn (£12.6bn) a month.

    Japan has intervened to stop the strong yen tipping the country into a deflation death spiral, though it too has a trade surplus. There is suspicion in Tokyo that Beijing’s record purchase of Japanese debt in June, July, and August was not entirely friendly, intended to secure yuan-yen advantage and perhaps to damage Japan’s industry at a time of escalating strategic tensions in the Pacific region.

    Brazil dived into the markets on Friday to weaken the real. The Swiss have been doing it for months, accumulating reserves equal to 40pc of GDP in a forlorn attempt to stem capital flight from Euroland. Like the Chinese and Japanese, they too are battling to stop the rest of the world taking away their structural surplus.

    The exception is Germany, which protects its surplus ($179bn, or 5.2pc of GDP) by means of an undervalued exchange rate within EMU. The global game of pass the unemployment parcel has to end somewhere. It ends in Greece, Portugal, Spain, Ireland, parts of Eastern Europe, and will end in France and Italy too, at least until their democracies object.

    It is no mystery why so many states around the world are trying to steal a march on others by debasement, or to stop debasers stealing a march on them. The three pillars of global demand at the height of the credit bubble in 2007 were – by deficits – the US ($793bn), Spain ($126bn), UK ($87bn). These have shrunk to $431bn, $75bn, and $33bn respectively as we sinners tighten our belts in the aftermath of debt bubbles.. The Brazils and Indias of the world are replacing some of this half trillion lost juice, but not all.

    (…)
    Sources Telegraph

  9. Si tout le monde dévalue, rien ne se passe!
    En effet la monnaie n’est qu’un chiffre.
    On s’est bien habitué avec un euro=6,56 F
    Je suis d’accord, ce genre de course à la dévaluation compétitive est a trés courte vue, bonne pour les spéculateurs qui profitent de l’aubaine transitoire.
    Bien entendu ce sont les banques munies de leurs actifs pourris qui vont encore en faire les frais, ainsi ceux qui détiennent la dette des Etats, ou des entreprises!
    On s’en contrefiche, je ne vois pas pourquoi on trouve ça catastrophique! Bien fait pour eux!
    Ha oui! Pauvres retraités par capitalisation…
    Fallait choisir la répartition bien plus fiable, meme si une baisse est prévisible, neamoins, les payes seront toujours « revalorisées » au regard de l’inflation.
    Les revenus obligataires ont horreur de l’inflation, hé hé hé!
    Ce qui explique la religion de la BCE…La religion des rentiers du capital.
    Il faudrait une dévaluation mondiale synchronisée dans le genre:
    Un nouveau dollar égale 10 dollars anciens!
    Ouahh! La tronche chez Goldman Sachs et tous leurs CDOs, T-Bonds et CDS libellés en vieux dollars!
    La tronche des chinois? On s’en fout!
    Quand on joue avec le feu, on se brule…
    Bien sur avec une monnaie mondiale il serait facile de dévaluer, pour rendre ridicule toutes les obligations…Mais je n’y crois pas, car un Trichet à cette banque mondiale refuserait toute inflation et dévaluation…Le résultat serait effrayant: Toute la planete paupérisée et obligée de rembourser les riches!
    Alors il vaut mieux cette situation, ou toutes les monnaies vont dévaluer…
    De toutes manière, c’est la seule solution pour l’économie de marché…
    C’est ça ou le retour au soviet supréme avec l’explosion du capitalisme et le retour généralisé à la pauvreté.
    Il faut que certaines gens finissent par admettre que leur papier ou il y a écrit « La Grece vous doit 1 milliards d’euros, remboursable dans 10 ans à 7% d’interet » se résumera à:
    « La Grece vous doit 100 millions d’euros nouveaux… »

    1. « Si tout le monde dévalue, rien ne se passe! »

      Au contraire. Si tout le monde dévalue, les déséquilibres continuent et tout se casse la gueule.
      Cela ne peut se débloquer que par une place accrue des pays émergents au FMI, qui accepteront alors une réévaluation unilatérale de leurs devises. Le risque pour l’Europe, c’est de laisser sa place aux émergents pour éviter que les USA ne le fassent. En clair, cela signifie que les USA auraient sacrifié leurs vassaux pour se maintenir eux.

    2. On peut le voir comme ça, Toi.

      Je te propose une autre version. Je compte sur toi, donc Toi aussi, pour critiquer.

      L’Europe, peut être considérée comme un box.. mélange hétérogénéiquement phénoménal.
      Il suffit de regarder comment conduisent les « sang chaud » du sud et les prudents du nord.
      Regarder ou plutôt écouter les langages latins des langages germaniques. (et se rendre compte que l’anglosaxon n’est qu’une batardise des deux (40% minimum de l’anglais vient du vieux françois, les Normands les ayant envahi))
      L’Europe n’est néanmoins pas « trop » coupable dans la colonisation asiatique car ce sont les anglosaxons qui furent les plus actifs, mais… ne sont pas à l’Euro…
      L’Europe a été en guerre interne il y a peu et n’a pas vraiment envie de recommencer. Les anglosaxons, JAMAIS. Ils ne sont donc pas vaccinés et les pays extérieurs le savent, n’étant pas idiots.

      En résumé, les pays vassaux pourraient facilement devenir, malgré leur faiblesse apparente, un enjeu BEAUCOUP plus important que nous le pensons.
      Surtout si nous restons neutre comme … une Suisse 😉

    3. Oui yvan, je suis d’accord. Les vassaux vont devenir l’enjeu, on le voit avec les Chinois qui se mettent la Grèce dans la poche. Il n’empêche que ce n’est pas incompatible avec le fait que les US vont sacrifier leurs vassaux pour sauver ce qui peut l’être du coeur de l’Empire. On risque de passer d’un maître à l’autre, en gros. Reste à voir si on va y gagner ou y perdre, s’il faut essayer la neutralité ou changer de camp direct, etc. En tous cas, pour le FMI, je pense qu’on va y perdre. Les USA lacheront rien et les Européens seront obligés sous la pression de laisser un peu de leur place aux émergents.
      N’oublions pas que les USA n’ont pas hésité à liquider le Japon il y a 15 ans pour leurs propres intérêts, ils n’hésiteront pas non plus avec les Européens.

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