Archives par mot-clé : Turquie

Syrie : Trump en général calamiteux

Comme je vous le signalais le 11, il y a cinq jours, si le soutien à Trump du côté Républicain se lézarde ce n’est ni parce qu’il est un tyran (ça ne les dérange pas, ça convient plutôt à la plupart), ni parce qu’il est un homme d’affaires véreux (une qualité qui se trouve dans les gènes du Parti), mais c’est parce qu’il est un général calamiteux.

Trump s’est dit : « Si je me débarrasse des Kurdes, bonne affaire : une ‘guerre tribale’ (son expression) en moins ! » Manque de pot, comme Trump renversait l’alliance US avec les Kurdes, ceux-ci – pas tout à fait suicidaires – ont fait la même chose en se mettant d’accord avec Bachar el-Assad. Résultat : les troupes russes ont remplacé les troupes américaines dans le Nord de la Syrie . Et ça, ça ne plaît pas aux élus Républicains.

Du coup, une résolution bipartite Démocrates et Républicains sera votée aujourd’hui à la Chambre et au Sénat, qui s’oppose au retrait des troupes US du Nord-Est de la Syrie, exige du Président turc Erdogan qu’il mette fin immédiatement aux opérations militaires, réclame un retour du soutien US aux populations kurdes et demande que les États-Unis définissent une politique claire en vue d’une « défaite durable de Daesh ».

Trump pourra toujours mettre son veto. Mais ce serait face à une résolution qui sera probablement votée à l’unanimité par les élus Républicains. Il ne serait plus question cette fois seulement de « lézardes » dans leur soutien à Trump, général de pacotille. Je vous tiens au courant.

16 octobre, 21h45 : « La Chambre a adopté une résolution lors d’un vote à une écrasante majorité bipartite qui a fustigé la décision de Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie – une décision annoncée le 6 octobre qui a trouvé peu de défenseurs sur la Colline du Capitole. Le vote a été de 354 voix contre 60 ».

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Trump lâché par ses troupes, le 11 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de Trump lâché par ses troupes, le 11 octobre 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le 11 octobre 2019. J’avais l’intention de vous parler du Brexit. J’avais préparé quelque chose mais ça peut attendre, il y a des choses plus importantes. Il y a quelqu’un qui m’écrit ce matin pour me dire que je devrais parler du fait que Mme Sylvie Goulard n’a pas été nommée commissaire européen. Et là, je me gratte la tête quand je vois ça et je réponds à cette personne que « Vous avez vraiment l’impression que je parle de ce genre de choses d’habitude ? » [rires].

Non, il se passe des choses plus importantes. Il y a une guerre. M. Lindsey Graham, c’est un inconditionnel de M. Trump, il avait eu des mots très peu aimables pour lui pendant la campagne électorale mais après, c’était un loyal de chez loyaux, quelqu’un qui donnait raison systématiquement à M. Trump absolument sur tout et, sur cette décision de M. Trump de retirer des troupes américaines du nord de la Syrie permettant à la Turquie de lancer une offensive dont font essentiellement jusqu’ici les frais les Kurdes qui se trouvent dans la région, on a posé la question hier à M. Graham de ce qu’il en pensait et il a dit : « Jamais même M. Obama n’a fait des choses de cet ordre-là » et le reporter lui dit : « Est-ce que ce sera le Vietnam des États-Unis, durant la présidence Trump ? » et M. Lindsey Graham lui dit : « Non, non, c’est bien pire que le Vietnam ! ». C’est dire que des craquements se font entendre du côté des Républicains, d’autant plus qu’il s’agit, comme je vous le disais, de vraiment quelqu’un dont on pouvait supposer qu’il faisait partie du dernier carré quoi qu’il arrive.

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La Maison-Blanche se rebiffe, le 9 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La Maison-Blanche se rebiffe, le 9 octobre 2019

Bonjour, nous sommes le mercredi 9 octobre 2019. Il faut que j’aille très vite : je suis dans une chambre d’hôtel. Ça va prendre des heures à télécharger mais il faut que je vous parle quand même de ce qui s’est passé pour nous dans la soirée, c’est-à-dire une lettre de la Maison-Blanche disant qu’elle refusait dorénavant de coopérer d’aucune manière avec la procédure d’impeachment qui est lancée donc par le Congrès. 

Tout ça est relativement logique. Il y a quelques journaux qui parlent de « crise constitutionnelle ». Non, l’impeachment, c’est effectivement quelque chose que le Congrès, c’est-à-dire le législatif, peut lancer contre l’exécutif. C’est un contre-pouvoir. Des choses du même ordre se sont passées durant le Watergate. Donc, une lettre de 8 pages disant que la « pseudo-procédure d’impeachment » est simplement une manière de remettre en question la légitimité de l’élection de M. Trump. Donc, voilà l’argument authentiquement populiste que l’élection présidentielle a décidé d’un président, que « le peuple a choisi » et les représentants… du peuple seraient, eux, illégitimes. C’est un argument classique. C’est ce que l’on trouve aussi en ce moment en Angleterre, au Royaume-Uni, avec M. Johnson. 

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Union sacrée contre Trump

Malgré le très mauvais climat entre Démocrates et Républicains, l’union sacrée s’est faite aujourd’hui devant la décision de Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie, permettant à la Turquie d’y lancer une offensive qui balaierait les troupes kurdes, pourtant qualifiées d’alliées dans le combat contre Daesh.

Il faut dire que la justification de sa décision par Trump ce matin dans un tweet était du plus haut pittoresque :

Il est temps pour nous de nous extraire de ces Guerres Sans Fin ridicules, beaucoup d’entre elles étant tribales, et ramener nos soldats à la maison. NOUS NOUS BATTRONS LÀ OÙ C’EST DE NOTRE INTÉRÊT, ET NOUS LUTTERONS UNIQUEMENT POUR GAGNER.

Que sa décision bénéficie essentiellement à Daesh, à Bachar el-Assad et à l’allié de celui-ci, Poutine, ne semble pas l’avoir effleuré. À moins bien sûr qu’il s’agisse précisément là du but de la manoeuvre…

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Fiascos, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Également sur son blog greekcrisis.fr.

Nous naviguons au milieu de cette mer semée de fiascos. En ces temps apocalyptiques, nos mots deviennent pesants, en comparaison avec ce que nous avions pu parfois si gentiment formuler par le passé. Le temps même ne compte plus, et nous avec. Oui le temps, car après tout, Balzac avait raison : “Le temps est le seul capital des gens qui n’ont que leur intelligence pour fortune.” D’ailleurs nos attitudes, déjà reformulées et reformatées en témoignent.
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QUEL LIEU D’ÉLECTION POUR L’EXERCICE DE LA DÉMOCRATIE ? par François Leclerc

Billet invité.

Si « la démocratie, ce n’est pas la rue », comme a cru pouvoir l’affirmer péremptoire Emmanuel Macron, se trouve-t-elle dans les urnes ? Dans des contextes très différents, deux épisodes d’application du droit à l’autodétermination des peuples par referendum, en Catalogne et en Irak, permettent d’en douter. La démocratie n’en sort pas renforcée, confirmant que son exercice pourrait devenir un enjeu grandissant.

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Désapprendre le mythe de l’innocence américaine, par Suzy Hansen

Merci à Marianne Oppitz pour la traduction. Ouvert aux commentaires.

Introduction, par Nikademus

La propagande, c’est bien connu, cela concerne toujours les autres. Avec sa comparse l’idéologie, elle s’empare de foules simples et crédules et les voilà défilant drapeau au vent, hurlant des slogans aberrants. C’est la version grossière, orientale, elle fait les délices teintés de frisson des journaux télévisés. Continuer la lecture de Désapprendre le mythe de l’innocence américaine, par Suzy Hansen

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NOS SOCIÉTÉS D’ENFERMEMENTS, par François Leclerc

Billet invité.

En dépit de leur désuétude, les murs sont en passe de devenir le symbole de nos sociétés de replis et d’enfermements. Leur construction se révélant une méthode éprouvée et universelle, leur inventaire est sans fin.

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LES AUTORITÉS EUROPÉENNES LAISSENT LE CHAMP LIBRE À ERDOGAN, par François Leclerc

Billet invité.

Les autorités italiennes ont retenu des dernières rencontres des ministres de l’Intérieur ainsi que des Affaires étrangères européens qu’elles doivent d’abord compter sur elles-mêmes pour enrayer l’exode des réfugiés. Car il en est ressorti que le partage de leur accueil avec les autres pays est rigoureusement exclu, ne laissant que deux issues de disponibles : détruire les réseaux de passeurs et séparer les réfugiés ayant droit à l’asile des migrants économiques, qui représenteraient 80% de l’ensemble en application de critères non précisés.

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JUSQU’OÙ PEUT MONTER LA TENSION AVEC ERDOGAN ? par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec est sous une énorme pression, qui n’est pas exercée par les autorités européennes pour une fois, mais par la menace turque d’ouverture aux réfugiés de ses frontières avec la Grèce et la Bulgarie. Ces deux pays, où environ 55.000 et 13.000 réfugiés – principalement des afghans dans ce dernier – sont déjà stationnés, pourraient être à nouveau envahis par des réfugiés qui y resteraient coincés en raison de la fermeture de la Route des Balkans, désormais bien mieux contrôlée.

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LA GUERRE DES NERFS D’ERDOGAN, par François Leclerc

Billet invité.

La frontière maritime de la Turquie avec la Grèce va-t-elle rester porte close pour les réfugiés, relançant dans le cas contraire leur exode au sein de l’Union européenne avant l’hiver ? La question se trouve à nouveau posée depuis l’interview que le ministre des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a accordé hier à Neue Zürcher Zeitung.

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Joe Biden vint, vit, mais point ne vainquit la Turquie, par M.K. Bhadrakumar, le 26 août 2016

La traduction par Timiota de Joe Biden vint, vit, mais point ne vainquit la Turquie, par M.K. BHADRAKUMAR, le 26 août 2016 (Asia Times).

Si le vice-président états-unien Joe Biden a pu espérer un donnant-donnant avec le président turc Recep Tayyip Erdogan – des assurances américaines sur la « ligne rouge » du fleuve Euphrate pour les milices kurdes en échange de l’acquiescement turc à la résidence du prêcheur islamiste Fetullah Gülen en Pennsylvanie –, le voilà gros-jean comme devant. Continuer la lecture de Joe Biden vint, vit, mais point ne vainquit la Turquie, par M.K. Bhadrakumar, le 26 août 2016

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Le Proche-Orient « compliqué » comme métaphore des limites de la rationalité de l’espèce, par Roberto Boulant

Billet invité

En attendant d’être surpassé par la prochaine guerre en mer de Chine, en Afrique centrale ou dans les pays baltes, le Proche-Orient et plus particulièrement le conflit syrien, offrent l’exemple de ce qui se fait de mieux en termes de folies sur cette planète. Une véritable carte de visite pour homo-sapiens, infiniment plus fidèle à la réalité que notre CV embarqué sur les sondes Pionner 10 et 11 (même si la représentation incomplète des parties génitales sur le dessin représentant la femme, en dira beaucoup sur notre psychologie à d’éventuels extra-terrestres).

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C’est l’été… on a le dos tourné dix minutes et on se retrouve avec une guerre mondiale sur les bras !

Vous souvenez-vous de la Seconde guerre mondiale ?

Je vous la rappelle en deux mots. Il existait un axe fasciste composé de méchants vraiment très mauvais. Si mauvais que tout le reste du monde (dont nous à très juste titre) s’est uni pour leur tomber dessus à bras raccourcis. Les méchants ont fini par prendre une raclée bien méritée.

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