Archives par mot-clé : vente à découvert

LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 12 AOÛT 2011

Un état d’apesanteur

Ventes à découvert sur des établissements financiers
Interdire les paris sur les fluctuations de prix
Croissance et récession
L’évaluation du risque
Résoudre à chaud
La Bourse et ses rebonds

Un article du Wall Street Journal : Raters Fail to See Defaults Coming, Les agences ne voient pas venir le défaut

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COMMENT FURENT AUTORISES LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX (V) CE QU’IL CONVIENT DE FAIRE MAINTENANT

J’ai attendu de disposer d’un texte complet sur l’exception de jeu avant de vous le proposer en cinq livraisons. Certains de vos commentaires relatifs aux épisodes précédents du feuilleton m’encouragent à modifier mon texte, et tout particulièrement la présente conclusion. J’ai cependant préféré – avant d’introduire le moindre changement – vous présenter le texte entier dans sa rédaction originale. Cette partie V débouchera donc sur une version révisée qui intégrera toutes vos observations, y compris celles que vous ne manquerez pas de faire à son propos.

Je rappelle que l’article 421 du code pénal abrogé le 28 mars 1885 déclarait que : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 ».

Les paris sur les fluctuations de prix étaient donc interdits en France jusqu’à cette époque.

L’article 422 stipulait lui : « Sera réputé pari de ce genre, toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison ».

Était visée, la vente à découvert au sens de l’époque, à savoir, la vente d’un bien par quiconque n’en est pas le propriétaire au moment de la vente. Une des implications de l’article 422 est que les marchés à terme en France sont interdits de fait aux spéculateurs qui, contrairement à ceux que l’on appelle en français les « négociants » (en anglais : commercials), ne sont pas susceptibles soit de livrer, soit de prendre livraison du produit sur lequel porte le marché.

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COMMENT FURENT AUTORISES LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX (IV) LA « COULISSE » ET LE MARCHE A TERME

Voilà le contexte historique et pratique dans lequel la problématique des marchés à terme se situe au XIXe siècle : paris illicites à la hausse ou à la baisse, donnant lieu à ventes à découvert et à règlements par paiement des différences. Ces marchés sont en place cependant, mais en-dehors du secteur financier réglementé : dans ce qu’on appelle la Coulisse. Relève, comme nous le verrons de la Coulisse, le « marché gris » (Gallais-Hamonno 1996 : 2), une expression qui n’est pas sans en rappeler une autre, celle-ci contemporaine : le « shadow banking », la « banque de l’ombre » dont parlent aujourd’hui les Américains, où règnent en maître les hedge funds, les fonds d’investissement spéculatifs ainsi que les SPV, les Special Purpose Vehicles : véhicules en vue d’un objectif spécial, mis en place pour permettre la titrisation sous forme d’une obligation unique de quelques milliers de crédits individuels. Comme dans le cas de la « banque de l’ombre » aujourd’hui, la Coulisse n’est pas l’apanage de personnages interlopes : les banques ayant pignon sur rue s’adonnent elles aussi à ses activités mais bien entendu… en coulisse.

Gallais-Hammono écrit à propos de la Coulisse :

« Le point le plus ahurissant de tout le XIXe siècle est l’épanouissement d’une Bourse complètement illégale, parfaitement parallèle à la Bourse officielle, qui est la coulisse. Deux raisons de fond expliquent l’apparition de ce deuxième marché : d’abord, le coût du retour de Napoléon. Les Cent Jours du point de vue financier ont été une catastrophe. En moins de cinq ans, la dette publique est multipliée par deux. Deuxième raison de fond : l’industrialisation qui démarre sous la monarchie de Juillet aux alentours de 1840, et qui prend la forme de sociétés privées qui émettent des titres évidemment privés, et les agents officiels « ratent le coche ». Au lieu d’essayer de négocier ces deux types de titres, ils se spécialisent dans la dette publique, ce qui laisse évidemment un vide. La coulisse se développe à cause de ce vide. Elle tire son nom de l’architecture du bâtiment de la Bourse. Une coulisse de bois servait à maintenir les visiteurs à l’écart du « parquet » où s’effectuaient les transactions « officielles » des agents de change. Derrière cette barrière de bois des individus vont, eux aussi, négocier.

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COMMENT FURENT AUTORISES LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX (II) LA VENTE A DECOUVERT

L’ordre des agents de change est créé en France en 1723 (1) dans un but précis : il s’agit avant tout de régler la question des ventes fictives d’« effets publics » visant à en faire baisser le prix. Les effets publics sont alors : « les fonds d’État, inscriptions de rentes, bons du Trésor, actions et obligations de certains canaux, chemins de fer et compagnies garanties par l’Etat, titres émis par les villes, les établissements publics et les sociétés anonymes » (Maréchal 1901 : 8). Ces « ventes fictives » visant à faire baisser les prix, ce sont les ventes à découvert.

La vente à découvert n’est pas alors comme maintenant une stratégie complexe qui force le vendeur à découvert à d’abord emprunter des titres qu’il rendra plus tard, à les vendre aussitôt et à les racheter sur le marché plus tard, en espérant que le prix en aura baissé entretemps, pour empocher la différence entre la vente initiale et le rachat ultérieur. Non : dans la vente à découvert à cette époque, aucune autorité ne demande à voir les titres et le vendeur ne possède en aucune manière ce qu’il vend, ce qui justifie l’expression qu’on lui applique de « vente fictive ». Le vendeur n’achètera lui-même l’effet (pour autant, comme nous le verrons, qu’il l’achète jamais) qu’au moment où il doit le livrer, espérant – ici aussi – que le prix en sera alors moindre qu’au moment où il l’a prématurément vendu. Le vendeur à découvert est un simple parieur à une époque où les paris à la hausse ou à la baisse du prix d’effets publics sont formellement interdits par les articles 421 et 422 du Code pénal.

Article 421 du Code pénal :

« Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 ».

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Le temps qu’il fait, le 3 septembre 2010


Paul Jorion Le temps qu'il fait, le 3 septembre 2010
envoyé par PaulJorion. – L'actualité du moment en vidéo.

De quoi parle la vidéo du vendredi
Les autres formats : BD, dessin animé
Les réglementations envisagées à Bruxelles
La finance survivra au capitalisme
Le court-termisme des milieux financiers…
… et ce qu’il signifie

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Un abominable malentendu !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Extrait d’un article du Wall Street Journal en ligne d’aujourd’hui : EU Call for Unity on Short-Selling Ban Angers France

The euro came under new pressure amid a market perception that an EU-wide crackdown on short-selling could make the common currency the main way for investors to express bearish views on the region’s debt crisis.

Je traduis : « L’euro à nouveau soumis à des pressions en raison d’une perception du marché qu’une répression de la vente à découvert à l’échelle de l’Union Européenne pourrait transformer la monnaie commune en principal moyen pour les investisseurs d’exprimer leur opinion négative sur la crise de la dette dans la région ».

Soyons donc reconnaissants aux journalistes du « Journal », Matthew Dalton et Terence Roth, de nous avoir ainsi ouvert les yeux. Nous avions en effet le sentiment qu’il s’agissait pour des spéculateurs de précipiter la chute de pays en difficulté financière pour tenter d’en tirer autant d’argent que possible, alors qu’il ne s’agissait en réalité que d’investisseurs soucieux d’exprimer une opinion ! Le malentendu était donc total.

Mais le mal est réparé. Gageons qu’en apprenant cela, Mme Merkel se rendra compte qu’elle a succombé à son tempérament soupe-au-lait et reviendra sur sa décision précipitée.

Et quant à moi : « Mea culpa ! », ou en américain : « Sorry guys ! No hard feelings ! » (Mes plus plates excuses les poteaux ! Sans rancune !)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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