Le temps qu’il fait, le 3 septembre 2010


Paul Jorion Le temps qu'il fait, le 3 septembre 2010
envoyé par PaulJorion. – L'actualité du moment en vidéo.

De quoi parle la vidéo du vendredi
Les autres formats : BD, dessin animé
Les réglementations envisagées à Bruxelles
La finance survivra au capitalisme
Le court-termisme des milieux financiers…
… et ce qu’il signifie

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134 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 3 septembre 2010 »

    1. Pour le contenu de cet excellent dessin animé, cela ne me semble pas très éloigné de ce qui se dit sur ce blog (si toutefois j’ai bien tout saisi, avec mon Anglais approximatif.)
      En tout cas, très spectaculaire et divertissant, merci.

  1. La finance court termiste, oui, je crois qu’il y a longtemps qu’on a compris cela.
    Vider les fonds de tiroirs avant la fin, oui, c’est bien ce qu’ils font, mais une fois les tiroirs raclés de fond en comble, que vaudra toute cette masse d’argent qu’ils auront accumulée ?
    Y pensent-ils ?

    Enfin « il faut se tenir prêt », oui toujours oui, mais prêt à quoi ?
    A la pénurie de tout ?
    Aux émeutes ?
    Je le constate au fil de mes pérégrinations sur le web, de plus en plus de blogs, de sites, où les gens conseillent de faire des provisions, de se constituer un kit de survie….
    De plus en plus de gens sont conscients qu’il va se passer des choses, mais ne sachant pas quoi, préconisent de faire des réserves de tout, énergie, nourriture, médicaments, boissons, vètements……

    Et pour essayer de penser autrement :

    Sur l’éloge de la fuite, ou la question des stratégies de domination d’Henri Laborit

    http://www.article11.info/spip/spip.php?article242

    1. Se tenir prêt, c’est plutôt participer aux collectifs (associations, syndicats, partis)
      qui peuvent résister pas à pas, tous les jours,
      très nombreux comme demain le 4 contre le leurre du racisme,
      encore plus nombreux le 7 contre la facture passée par le capital,
      jusqu’à tous ensemble contre la classe et l’Etat des profiteurs et parasites.
      Pour mettre l’économie non plus au service de l accumulation privée,
      mais au service des besoins durables.

    2. Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes
      Je me suis tu, je n’étais pas communiste.
      Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes
      Je me suis tu, je n’étais pas syndicaliste.
      Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs
      Je me suis tu, je n’étais pas juif.
      Puis ils sont venus me chercher
      Et il ne restait plus personne pour protester.
      Martin Niemöller

      Lorsqu’ils sont venus chercher les Roms…

    3. @ Charles
      Enfin, quelqu’un aborde la question des grandes manifestations . Premières manifestations le 4 et le 7, pour se mobiliser, se rassembler . Comme tout est une question de rapport de forces, il faut évidemment prévoir que le gouvernement peut faire appel à l’armée contre les manifestants, au besoin par le biais de provocateurs-casseurs, si la situation tourne à son désavantage . Le service militaire populaire a été supprimé, ce qui fait que l’armée, devenue professionnelle, mercenaire en quelque sorte, s’est coupée du peuple et obéit aveuglément à la hiérarchie qui la paye .
      J’essaye de discuter avec les militaires qu’il m’est donné de rencontrer et c’est inquiétant car on les enverra dans d’autres villes où ils ne risqueront pas de se retrouver face à des membres de leur famille ou à des voisins . Ils combattront sans états d’âme l »ennemi » anonyme comme ils ont été entraînés à le faire.

      C’est important de discuter avec les militaires avant le 7 . L’exemple du Potemkine, de l’armée se rangeant du côté du peuple dans les situations de soulèvements populaires, n’est possible que si c’est une armée populaire et ce n’est plus le cas . Ils nous ont bien eus en supprimant le service militaire populaire car ils se sont bien gardés de dire que cela mettrait le peuple à leur merci lors des manifestations et des soulèvements populaires.

      Dans ce rapport de forces, le peuple a cependant un énorme moyen de pression sur les princes qui nous gouvernent, tous soumis aux banquiers et à la haute finance internationale, pour éviter l’affrontement avec l’armée : la menace que, si les réformes impopulaires ne sont pas abandonnées , si les mesures antisociales prises depuis telle date ( une liste est possible) ne sont pas retirées avant le 30 septembre, si le président, ses ministres, les parlementaires ne renoncent pas à leurs rémunérations et privilèges exorbitants ( une liste est possible), TOUS LES MANIFESTANTS retireront tous ensemble tous leurs avoirs des banques, paieront en liquide leurs frais courants, ne prendront plus le moindre crédit et NE REMBOURSERONT PLUS LES CREDITS EN COURS . Les huissiers qui se présenteront chez quelques-uns seront reçus par une foule appelée en renfort .
      Ce sont les millions de petits clients pressurés par les frais bancaires qui font tourner les banques . S’ils ne jouent plus le jeu des banques, ce sera l’effondrement immédiat en cascade des banques , avec des conséquences au désavantage de la notation AAA de la France , de l’Europe etc … si les manifestants des autres pays en font autant . Fonte du portefeuille des spéculateurs . Accélération de la chute du système ,maintenu actuellement à bout de bras depuis le début de la crise , pour permettre aux initiés de « râcler au plus vite les fonds de tiroirs « avant l’effondrement .

      Ce peut être affiché sur les banderoles par les particuliers si certaines directions syndicales renâclent à le faire.

      Mieux que la grève générale, c’est la seule façon d’obtenir satisfaction sans affronter l’armée .

    4. à mianne,

      Gagner sans combattre !
      Je crois que, malheureusement, vous rêvez.
      Ceux qui ne vous laisseront pas faire sont ceux que vous pensez être vos proches.
      Relisez l’histoire.

    5. Il faut surtout faire des réserves de « liens » en-dehors du système capitaliste. Que ce soit au niveau national (manifs,…) ou local. C’est ça qui a de la valeur et qui ne disparaîtra pas.

  2. « ça nous dit ce que la finance pense de son propre avenir »
    Il eut été intéressant de connaitre votre opinion sur l’échelle de temps que vous associez à ceci

    1. Rhaaa… Bien sûr que c’est valable récapitulation, je parlais de re-capitulation, nouvelle capitulation!

      Et ré-capitule-à-tif pour le truc mnémotechnique simple-à tic!

      Tu me fais rater tous mes effets! 🙁

  3. Paul Jorion, est ce que dans une façon abstraite le profit égale la perte?

    Aujourd’hui économiquement le profit égale vivre.

    Est ce que notre communication politico-économique ne tourne pas au tour du pot à cause de cette confusion?

    1. Le profit c’est comme la marée, d’un côté ça monte, de l’autre ça descend.

      En outre dans la société du profit, le phénomène d’évaporation est très important.

    2. Vigneron a écrit: Si le profit de soi égale la perte d’autrui, oui, le profit égale la perte de tous.

      En bref ça veut dire on chasse une illusion bureaucratique aujourd’hui, avec tout les conséquences des ‘non analyses’ et ‘non débats’, non?

    3. Le profit, c’est l’exploitation du travail des dépossédés de l’outil de production.
      L’évolution des sciences et techniques impliquait cette dépossession.
      Les crises économiques, sociales et politiques croissent au rythme de cette dépossession.
      L’appropriation collective de l’outil de production est le seul dépassement possible,
      qu’on l’appelle socialisme, autogestion ou autre…

    4. Marlowe a écrit: Le profit c’est comme la marée, d’un côté ça monte, de l’autre ça descend.

      En outre dans la société du profit, le phénomène d’évaporation est très important.

      C’est peut être pire, si j’interpète correctement tes mots: d’évaporation (perte) est une possible profit dans ce monde comptable! 😉

    5. à Peter Hoopman,

      Que la comptabilité l’interprête comme elle le veut, une perte est une perte.

      Cela veut dire que ce qui est perdu ne revient jamais, de la même manière que nous finirons tous en enfer.
      Seuls ceux qui croient en la main invisible du marché pourront connaître le paradis…

    6. Il a été mesuré une différence de 10% entre les PIB entrants et les PIB sortants de tous les pays du monde en 2006.
      Soit, une « richesse » (virtuelle-papier) produite qui se retrouve dans les paradis fiscaux.

    7. Charles A. dans l’abstrait je suis assez d’accord avec toi mais dans la pratique pas trop. Parceque cette propos va nourir surtout la peur de perdre. Peut être transformer, travailler avec ce q’on a en respectant les priorités.

      Sur le plan juridico-économique, le changement suivant dans l’ordre des priorités aura alors lieu :

      De la situation actuelle (en majeure partie inconsciente) les principaux critères de décision, qualifiables de « logiques », consécutifs à la concurrence réciproque :

      1. propriété
      2. protection du monde politique et financier
      3. droits fondamentaux de la constitution néerlandaise et de la Convention européenne des droits de l’homme

      Vers :

      a. vie (en société)
      b. liberté, prise de conscience et responsabilité (au sein de l’ensemble)
      c. propriété

      Si n’importe quel sujèt deviens une idéologie (par exemple propriété) on peut oublier la parution de la sense commun et l’essentiel, vivre ensemble le meiux possible devient vraiment impossible.

      Je suis plutôt pour une transformation douce que une révolution violente sans changement au fond.

    8. Peut être j’interprête mal tes mots Marlowe, mais je pense un peut moins ‘noir et blanc’ façon parler.

      Oui une perte et une perte, mais même hors la monde comptable ça reste une possible interprétation de notre part. A prendre avec une clin d’oeul un peut abstraite.

    9. à Méthode, si la note est très salé n’est peut être pas le vrai sujèt. Comprendre et agir va baiser la note très vite. Alors finalement tu as raison, aujourd’hui la note est très salé!

    10. J’ai bien compris que vous ne voulez rien changer sur le fond, mais seulement moraliser le systéme en douceur.

      Je ne partage pas vos rêves.

      Les miens sont autres, vous avez compris.

    11. Marlowe peut être tu te trompe sur mon analyse:

      A lire: http://www.leleurre.com

      et

      Un procès contre la système à la Cleveland contre Wallstreet: http://www.solution-simple.com/fr/entretien_avec_gouvernement.html

      Je ne sais pas si les liens marche, on verra?

      Je vais plus loin façon parler dans l’analyse que par exemple Paul Jorion. Pour moi il y a encore ‘trop de compromis dans son analyse’, mais je ne crois pas on va changer la système sans le comprendre. C’est pour moi l’intégration des idées d’Adam Smith et Karl Marx.

      Pour ce sont des idées complémentaires et les deux sont très important!!!

    12. @yvan

      « Il a été mesuré une différence de 10% entre les PIB entrants et les PIB sortants de tous les pays du monde en 2006. »

      10% constitue un maximum, me semble-t-il. Ça correspond plus (pour les économistes) à tous les divers trafics illicites ou frauduleux « visibles » en terme de PIB, plus qu’aux seules évasions fiscales, qu’on peut estimer par d’autres moyens et qui ne sont pas surement inférieures à ce chiffre (rien que les prix de transfert, évasion officielle réservée aux trusts ou multinationales…).

    13. @Peter Hoopman

      « C’est pour moi l’intégration des idées d’Adam Smith et Karl Marx.

      Pour ce qu’elles sont des idées complémentaires et les deux sont très importants!!! »

      C’est là l’erreur, me semble-t-il. Les voir comme des forces complémentaires ou antagonistes, alors qu’elles relèvent de la même grille d’analyse philosophique des rapports sociaux, économiste, de la même filiation, s’inscrivent dans le même paradigme.
      Marx ne marque finalement qu’une variation syntagmatique dans le même axe paradigmatique que Smith ou ses prédécesseurs et suivants. L’ordre de priorité est changé mais dans la même logique générale.
      Cela n’enlève en rien une once de pertinence dialectique de l’une ou l’autre de ces approches concurrentes vis à vis de l’une ou l’autre et dont le frottement, utile et nécessaire dans sa version basse température, nous aura donné, par exemple, l’age d’or occidental des trente glorieuses en parallèle à une guerre froide, qui elle dura 45 ans…
      L’approche marxiste reste un outil salutaire et pertinent pour la critique de notre paradigme issu des Lumières et de la pensée libérale. Le défi restant toujours le même depuis près de 150 ans : savoir utiliser cet outil tout en le dépassant pour dépasser le paradigme qu’il impose toujours, malgré sa critique.
      Une illusoire tentative syncrétiste de conciliation des frères ennemis, à la social-démocrate ou social-libéral est une impasse, une non-ambition ultime, un mensonge immobiliste.

    14. Je te comprend Vigneron en je suis assé d’accord avec toi.

      Pour moi ta vision, n’est pas contraire à ma façon de voir et ta reflection est tout à fait raisonable et complémentaire et interdépendant si j’ose dire. 😉

  4. Extrait de http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100903-2994.html

    « Vous pouvez constater à quel point un nouveau patronyme aussi dramatique et romantique que Merveilleux Macho Grande (MMG) conviendrait parfaitement à un gars comme moi — c’est-à-dire un gars devant bénéficier en théorie d’une future augmentation massive de richesse, selon le Parfait Portefeuille Mogambo (PPM) qui se base sur l’école autrichienne (voir Mises.org) et les derniers millénaires de l’Histoire comme Raisons Parfaitement Péremptoires (RPP) d’investir dans l’or, l’argent et le pétrole lorsque les autorités agissent si incroyablement bizarrement, comme elles le font en ce moment notamment aux Etats-Unis, où elles ont allégrement dépensé jusqu’à un déficit monstrueux se montant à 11% du PIB, tandis que la dette nationale frôle le chiffre mirobolant de 100% du PIB. Elles ont aussi permis à la Réserve fédérale de continuer à créer Tant de Bon Sang de Monnaie (TBSM) que, comme la création monétaire excessive le fait toujours, cela crée des booms et des bulles qui, de manière prévisible, inévitable, inéluctable et désastreuse, finissent par éclater, vous laissant, malheureusement, dans le pétrin.

    ▪ Vous voyez donc pourquoi je ne suis pas forcément d’humeur à répondre aux e-mails de gens qui, au plus profond d’eux-mêmes, supplient : « s’il vous plaît, aidez-moi, Maître Mogambo, ou Merveilleux Macho Grande, ou quel que soit votre nom cette semaine : malheureusement, je n’ai pas suivi votre superbe conseil d’acheter de l’or, de l’argent et du pétrole comme Seul Vraie Méthode (SVM) de faire des gains considérables sans avoir besoin de travailler, et j’ai maintenant besoin de l’un de vos célèbres Plans d’Investissement Secrets (PIS) pour rattraper le temps perdu, sans quoi me voilà réduite à devenir la veuve d’un riche banquier nigérian qui doit faire passer 100 millions de dollars depuis le Nigeria dans votre pays. Dans ce cas, je vous donnerai 50 millions de dollars après que vous m’ayez donné votre numéro de compte en banque et 5 000 $ en liquide pour payer divers frais, dépenses et pots-de-vin ».

    1. Un nigérian avec 100000 dollars dans un pétrin.Vous voulez le rouler dans la farine.Je ne comprends pas votre raisonnement sur le blanchiment.Ces messieurs me disent que vous avez la tete à Lamvert, cher Francis !

  5. J’ai l’impression que le long terme n’existe plus. Le milieu politique, les entreprises – et notamment celles qui on une vocation export – , aussi les banques, tous sont obligés de penser en court terme. Plus de stratégies, que des tactiques – avec résultat final incertain. La répercussion sur les populations, et en particulier sur les salariés, sera évidente. Et je ne vois de volonté dans le milieu politique de changer quoi qu’il soit – à part de faire des gestes qui ne font pas de grandes vagues.

    Concernant vos contribution « le temps qu’il fait », Monsieur Jorion, je trouve qu’il n’ y a rien à changer, restez authentique. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que vous produisez sur votre blog, mais cela est mon problème. Spécialiser votre « émission » du vendredi sur des thèmes financiers ne serait pas une bonne chose, d’autant plus que nous avons assez d’idiots savants parmi les économistes.

    1. @germanicus

      Gaspation!

      « Spécialiser votre « émission » du vendredi sur des thèmes financiers ne serait pas une bonne chose, d’autant plus que nous avons assez d’idiots savants parmi les économistes. »

      Paul n’en ferait donc qu’un de plus? Formulation risquée… 🙂

    2. « J’ai l’impression que le long terme n’existe plus. » : vous n’êtes pas le seul. Dans un monde où le changement est devenu une nécessité vitale de tous les instants, il ne peut pas y avoir de « long terme ».

    3. @ Germanicus et Batracien,

      Petite variante personnelle =>
      Dans un monde de profusion dans lequel la pénurie se profile, il ne peut pas y avoir de « long terme » !

      Cdt,

    4. @vigneron : « Paul n’en ferait donc qu’un de plus? Formulation risquée… » : non, pas risquée du tout. Si Paul s’aventurait à changer sa formule, il tomberait dans le cours magistral et, au lieu d’avoir un exposé suscitant d’abord la sympathie, on risquerait fort de déceler d’abord de la pédanterie, avec effet gourou à la clef. Il ne faut pas exclure les bons sentiments de la réflexion intellectuelle, car ils sont indissociables de l’intelligence.

    5. @crapaud

      OK, ne changez rien Paul, mais n’enfoncez pas le clou de Germanicus crapaud! Entre un « cours magistral pédant » et un « idiot savant d’économiste de plus », ya juste, en admettent seulement qu’il pût être magistral et pédant, la personnalité de Paul. C’est tout ce que je disais…

    6. Crapaud Rouge le 3.9. – 13:09
      Il n’y a pas que ca. Petit exemple: selon une étude de l’Institute for Policy Studies, les 50 PDG qui ont viré du personnel en grand nombre ont gagné 42 pourcent de plus qu’un groupe de comparaison. C’est une ubiquité: je vire donc je fais monter la rentabilité, donc j’augmente ma prime, donc c’est du court terme……..

  6. À propos de la volonté probable de « vider la caisse » avant l’effondrement, j’ai été frappé par le montant record atteint par certaines œuvres d’art, les tableaux de maître en particulier.

    Mon attention avait initialement été attirée sur cette hypothèse lors de la vente d’un Picasso en mai dernier qui dépassa allègrement les 100 millions de dollars. L’un des descendants du peintre était interrogé par un journaliste et expliqua que ce montant record était du au fait qu’il y avait un très grand nombre d’enchérisseurs capables de suivre, alors que pour les ventes précédentes, la plupart ne pouvait aller au delà des 70 millions.

    En entendant cela, je me souviens très bien m’être dit tiens, il y a manifestement pas mal de gens très riches qui pensent que le système va se casser la gueule 🙂

    Les montants records se sont multipliés depuis…

    1. Avant même que le capitalisme ne disparaisse,
      ce qui impliquera organisation et stratégie révolutionnaire,
      loin des bisounoursies bobo-électorales et autres politiques de soins palliatifs,
      les bulles en cours sont le signe depuis des annéees de l’explosion des profits,
      qui ne trouvent pas à s’investir dans la production, faute de demande,
      et donc alimentent toutes les dépenses somptuaires et spéculations.

      Je serais intéressé de lire des données solides sur l’expansion de ces deux catégories.
      Les oeuvres d’art ne sont qu’un de ces marchés.

    2. @ Marlowe
      L’art, ancien ou contemporain ne saurait se réduire à la spéculation, certes [vivant avec un artiste de grand talent, je pourrais en témoigner].
      Mais le marché de l’art, lui, est malheureusement complètement gangréné par la spéculation, lorsqu’il ne sert pas carrément au blanchiment de profits illicites…

  7. question lobbies (plus d’un lobby par fonctionnaire de la commission européenne à Bruxelle)
    la cinquième intervention, celle de Nina Mitz
    http://www.franceculture.com/emission-les-grands-debats-contemporains-les-etats-generaux-grenelle-assemblees-citoyennes-le-role-d
    émission « entretiens du jeu de Paume, 3/5 »
    sous-titrée « les « Etats généraux », Grenelle, assemblées citoyennes, le rôle des associations et des lobbies » avec Sylvie Brunel, Daniel Dewavrin, Augustion Legrand, Nina Mitz, Michel Muller

    1. Plusieurs fonctionnaires de Bruxelles ont eu l’occasion au cours des dix dernières années
      de me confier que les lobbies ne sont pas seulement « influents ».
      Ils font aussi le travail technique à la place des fonctionnaires eux-mêmes.
      Les diverses industries disposent de bp plus de moyens pour étudier et rédiger les réglementations.
      La pente naturelle est de leur laisser faire le boulot…

  8. La poursuite de l’intérêt général peut-elle exister autrement que de façon exclusive?

    Cette question me pose problème, aucune réponse ne me parait satisfaisante, considérant les perspectives ouvertes par chacune d’elles. Je soumets donc cette question à l’attention du « cerveau collectif », en espérant être épargné par les trolls cette fois…

    1. Je n’ai pas la réponse à votre question mais une chose est sûre : si les capitalistes étaient un peu moins C**, ils comprendraient que l’intérêt général n’est pas forcément contraire à leurs intérêts particuliers. Le problème, c’est qu’il n’y a jamais eu d’économistes pour le prouver, seulement des théories fumeuses pour prétendre, à l’inverse, que les intérêts égoïstes ne sont pas incompatibles avec l’intérêt général.

    2. Mauvaise question, Dissonance.
      La preuve : nous sommes seuls.

      Et de façon moins idiote, les Grecs avaient déjà décidé d’exclure (bannir), par la loi, un dirigeant qui voyait un peu trop son intérêt propre…

      Donc, oui : l’intérêt collectif demande que tout le monde participe. Sinon, il vire.
      La loi du nombre est comme la dictature du peuple…
      Ce qui n’empêche pas l’initiative personnelle contrairement à ce que veulent faire croire les individualistes.
      (preuve : le logiciel libre)

    3. @Crapaud Rouge

      Vous prétendez ne pas avoir de réponse à ma question, mais vous y répondez tout de même: Si vous considérez que l’intérêt général ne s’oppose pas nécessairement aux intérêts particuliers, vous admettez de fait que les deux peuvent coexister.

      Toutefois vous balayez le seul cas qui vaille de poser la question, à savoir lorsque les intérêts particuliers vont à l’encontre de l’intérêt général, au seul motif que « ce n’est pas forcément ce qui se passe ».

      Si je suis cette logique, il doit être inutile que je regarde des deux cotés de la route avant de traverser, puisque je ne risque pas forcément de mourir écrasé sur la chaussée. En langage imagé on appelle ça jouer à la roulette russe…

      @Yvan

      Je vous renvoie à la réponse de Crapeau Rouge, « l’intérêt général ne s’oppose pas nécessairement aux intérêts particuliers ». Comment les grecs auraient-ils traité le cas d’un dirigeant qui aurait choisi la meilleure option à la fois pour lui et son peuple? L’auraient-ils banni, ou pas?

      @methode

      Non, à moins d’avoir un a priori sur la réponse, ce qui n’est pas mon cas. Pour preuve, les réponses quelque peu divergentes d’Yvan et de Crapeau Rouge, qui décrivent chacune l’une des alternatives possibles.

    4. @Dissonnance : vous ayant fait l’insigne honneur de répondre « malgré tout » à votre question, vous auriez pu me faire le plaisir de vous montrer moins contrariant… 🙂

      Tout blague mise à part, je ne balaie rien du tout, faire le ménage n’est pas mon trip. Le seul cas qui vaille, comme vous dites, est trivial. Il débouche sur des systèmes de règles, et tout le bataclan. Par contre, en soulignant que les particuliers ont intérêt à ce que les intérêts publics soient satisfaits, je pensais faire preuve d’originalité, car ce n’est pas la même chose que de dire que les intérêts privés satisfont automatiquement l’intérêt général, par la grâce d’une « main invisible » que personne n’a jamais vue.

    5. @Dissonance et autres

      « La poursuite de l’intérêt général peut-elle exister autrement que de façon exclusive? »

      Voila un beau thème pour un billet de Paul Jorion dans le cadre de sa réflexion sur la Révolution française.

      En effet, la conception française de l’intérêt général est exprimée, pour la première fois, par Rousseau dans Le contrat social et, à sa suite, par l’article 6 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des citoyens de 1789 (« la loi est l’expression de la volonté générale ») : l’intérêt général et les intérêts particuliers s’opposent.

      Elle diffère de la conception anglo-saxonne pour qui l’intérêt général est formé de l’ensemble des intérêts particuliers, dont l’origine remonte à Adam Smith (Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations – 1776) : l’intérêt général et les intérêts particuliers sont complémentaires (la fameuse main invisible de Smith : « L’homme est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions : tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société »).

      Je ne réponds sans doute pas à la question : avant de le faire, il faudrait méditer sur cette belle phrase de Balzac : « La loi de l’Intérêt général est détruite par la loi de l’Intérêt particulier qui engendre l’égoïsme ».

    6. @Crapeau Rouge et André

      Je me permets de vous faire une réponse groupée car vos deux commentaires s’imbriquent fort bien ensemble.

      Nous sommes à peu près d’accord sur la question de la « main invisible » de Smith. Pour employer une formulation empruntée aux mathématiques, « l’intérêt général est supérieur à la somme des intérêts particuliers ».

      Cela étant dit, ce que Crapeau Rouge présente comme quelque chose de trivial est en fait très loin de l’être, et André semble prêter à la DDHC des vertus qu’elle n’a pas. En effet, il arrive qu’une loi soit établie pour défendre des intérêts particuliers – c’est à peu près le cas dans tout le droit du commerce me semble-t-il (exemple non-exhaustif) – et la DDHC elle-même prône le droit à la propriété: De quoi s’agit-il sinon de la prise en compte de l’intérêt particulier par excellence?

    7. @Dissonance dit : 4 septembre 2010 à 18:03 : « il arrive qu’une loi soit établie pour défendre des intérêts particuliers – c’est à peu près le cas dans tout le droit du commerce me semble-t-il (exemple non-exhaustif) – et la DDHC elle-même prône le droit à la propriété: De quoi s’agit-il sinon de la prise en compte de l’intérêt particulier par excellence? »

      —————–

      Mais une loi n’est jamais prise -ou ne devrait jamais être prise- pour défendre un intérêt particulier, « brut de coffrage », si je puis m’exprimer ainsi. Elle limite – ou devrait toujours limiter – un intérêt particulier (le droit de propriété n’est et n’a jamais été absolu, ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni jadis)- et, le limitant, le consacre comme compatible avec l’intérêt général.

      Or, la tragédie contemporaine, c’est que certains ne veulent plus rien entendre d’une quelconque limitation des intérêts particuliers (plus particulièrement dans la finance) et ce, sous l’influence pernicieuse de la conception anglo-saxonne de la complémentarité des intérêts privés et de l’intérêt général, par le truchement d’une prétendue « main invisible ».

      Lisez (ou relisez) la proposition III (« Utopie libérale et capitalisme réellement existant ») du livre de J.-C. Michéa « Impasse Adam Smith », passage trop long pour être reproduit ici intégralement. Voici sa conclusion : « (…) dès qu’on la développe jusqu’à ces dernières conséquences, , la subtile théologie libérale de la « main invisible » reconduit inévitablement à cet état de nature que décrivait Hobbes : un monde d’insécurité et de défiance réciproque où chaque monade ne peut protéger sa vie et ses biens qu’en déclarant la guerre à l’ensemble de ses voisins ».

    8. @André

      Vous avez raison sur un point: L’emploi du mode conditionnel pour évoquer la raison d’être du Droit, vous admettez ainsi – à demi-mot – que « ce qui devrait être » ne correspond pas nécessairement à « ce qui est ».

      Par ailleurs votre conception de la loi est à rapprocher du point de vue d’Yvan, elle part du pré-supposé que l’intérêt général et les intérêts particuliers s’opposent par principe, et que le premier ne peut exister que par une limitation des seconds. Or il semble que cette conception ne soit pas unanime s’il on s’en réfère au point de vue de Crapaud Rouge, ce qui pose un « léger » problème:

      S’il existe une telle divergence d’opinions entre gens de sensibilités analogues – à supposer que ce soit bien le cas ici – comment envisager la moindre discussion avec des populations de sensibilités nettement plus éloignées?

      Je me permets à la suite un petit exercice sur l’avant dernier paragraphe pour illustrer ceci, n’en prenez pas ombrage:

      « Or, la tragédie contemporaine, c’est que certains ne veulent plus rien entendre d’une quelconque limitation de l’intérêt général (plus particulièrement dans le secteur public ) et ce, sous l’influence pernicieuse de la conception d’une exception française de la supériorité de l’intérêt général sur les intérêts particuliers , par le truchement d’une prétendue « souveraineté populaire » . »

      Vous voyez le problème?

      Enfin pour ce qui concerne la conclusion de Michea – que je n’ai pas lu – je dirais en première approximation qu’elle ressemble furieusement à la définition de ce qu’on appelle en jargon économique « la libre concurrence », non?

  9. Bonjour Monsieur Jorion et les autres

    je lis régulièrement votre blog depuis le début. j’ai appris beaucoup et je vous remercie .

    Concernant la vente à découvert et le pari sur le fluctuation du prix et son fonctionnement, je propose que vous exposez en vidéo qui soit compréhensible à tous . Même les gens avec des niveaux BAC+4 dans les autre discipline ont du mal à comprendre. Il faut des explications soit compréhensible pour des ouvriers , employés etc.

    « Vous pouvez m’aider en utilisant la formule classique dans le domaine du logiciel libre : en faisant une donation par PayPal dans la colonne de droite. Si vous préférez me faire parvenir un chèque, je vous communiquerai bientôt ici un numéro de boîte postale. » j’ attend votre numéro postal depuis longtemps.
    Edgar

    1. Non pas que je sois interpellé par le niveau d’études (j’en traine un gros sans avoir d’intelligence particulière), mais la pseudo-intelligence n’a rien à voir avec la croyance dans le système.

      Exposez la réalité clairement à n’importe qui, et vous verrez si son « intelligence » a de l’importance.
      (et je dis ça en ayant testé par moi-même)

      Hé ouais, on se traine tous des clichés…

  10. La main invisible aurait cessé de fonctionner? J’aimerais bien savoir à quel moment elle a effectivement fonctionné. A titre d’exemple, le 19è siècle n’est qu’une longue succession de crises: 1810-1811, 1825-1826, 1836-1839, 1847-1848, 1857-1858, 1865-1866, 1873-1896. Et je dois en oublier. Bizarrement, la seule période qui ne connait pas de crise majeure est celle des 30 glorieuses durant laquelle l’Etat se fait planificateur et régulateur. Mais c’est sûrement dû au hasard.

    1. A Souvarine,

      « Bizarrement, la seule période qui ne connait pas de crise majeure est celle des 30 glorieuses durant laquelle l’Etat se fait planificateur et régulateur »

      Oui… enfin les 30 glorieuses en France c’est De Gaulle avec Jacques Rueff* comme conseillé économique.

      Alors il faut pas croire que c’était si différent d’un point de vue idéologique.
      La différence avec notre époque (les 30 piteuses?) tient surement du fait que le rapport de force entre « capital » et « travailleur » n’est plus le même ni celui entre « les force des Etats » et « les forces du Privé »…

      En clair, il est probable que l’équilibre de cette époque ait été plus circonstanciel que structurel.
      De Gaulle, il s’est opposé à l’hégémonie américaine, au modèle communiste et il voulait reconstruire la France et l’armer de la bombe atomique ($$$!), il ne pouvait pas se permettre de se mettre à dos les milieux financiers.

      *note:
      haut fonctionnaire et économiste français. Il a joué un rôle majeur dans les réformes économiques réalisées en France à partir de 1958. Libéral, proche des idées de l’école autrichienne, il s’est fermement opposé aux idées keynésiennes qui sont remises en cause avec la crise des années 1970

    2. Quand je lis sur des blogs (pas celui-ci il est vrai…) des c…rds de prétendus souverainistes « franco-franchouillards-Français-Monsieur! »qui en appellent à la mémoire de Rueff pour contrecarrer l’hégémonie « financiariste et libréchangiste anglo-saxonne », j’hésite entre la franche rigolade et les envies suicidaires ou meurtrières… Tragiquement drôle.

    3. a vigneron,

      En appeller à la mémoire de Rueff pour contrecarrer l’hégémonie « financiariste et libréchangiste anglo-saxonne », c’est en effet de la haute voltige….

      Vous noterez cependant que cette démarche (pré-cité) est à des années lumières et de mon propos et de mes idées… Je précise, craignant quelques malentendus à la lecture de votre message.

      Je notais simplement qu’expliquer les 30 glorieuses par l’action des gouvernements « planificateur et régulateur » n’est pas suffisant. Il me semble que les états unis qui l’étaient plus que l’europe
      n’ont pas connus la même prospérité durant cette période.

      Cela ne veut pas dire que je suis contre l’Etat « planificateur et régulateur », moins encore que je suis « financiariste et libréchangiste « .

      Je ne pense pas que les 30 glorieuses soient d’un grand enseignement en terme d’idéologie économique; le ver était déjà dans le fruit.
      Allez, si! un petit pour la route, le plein emploi ça aide quand même…

  11. On est confronté tout à la fois

    1° à des forces anti-réglementation qui vont intensifier la crise,

    2° à une concentration accrue de l’argent et donc du pouvoir,

    3° à la finitude de la planète (ressources, environnement, climat),

    4° à l’apparition des conséquences des incohérences de notre système économique parce qu’il réagit de plus en plus comme un seul bloc universel à cause de la globalisation (l’espace du système économique c’est la planète) et de l’informatique (le temps du système économique c’est l’instantanéité des ordinateurs).

    Un système d’argent est incohérent et aboutit à une mauvaise évaluation de l’état de notre monde, qu’il devrait plutôt refléter, s’il ne recouvre pas au maximum la réalité des flux de matière et de travail. La spéculation est dès lors une très mauvaise chose, inutile et nuisible, car c’est de l’argent sans correspondance réelle, créé sans matière et sans travail. L’argent doit plutôt être le miroir des activités économiques réelles.

    Mais nous aimons trop l’argent, il nous a envoûté. Nous trouvons moral de s’enrichir en jouant avec les flux d’argent. Ceux qui manipulent l’argent trouvent normal d’être plus riches que les autres parce qu’ils sont tellement plus intelligents que les autres… Ceux qui manipulent l’argent ont surtout bien plus de chance de s’enrichir que ceux qui manipulent les petits pois, car on ne peut prendre que ce qui nous passe entre les mains. Et banquiers et financiers se servent allègrement…

    Nous aimons trop l’argent, il nous a envoûté. Je pense, ou j’espère, que viendra un jour où la propriété sera réduite à ce qu’elle doit être et où le gouvernement retrouvera son rôle primordial dans le bien commun.

    Nous sommes des possédés,
    nous serons dépossédés…

    Souhaitons une conscience planétaire.

    1. Nous aimons trop l’argent, il nous a envoûté. Je pense, ou j’espère, que viendra un jour où la propriété sera réduite à ce qu’elle doit être et où le gouvernement retrouvera son rôle primordial dans le bien commun.

      Pouriez vous précisez ce que veut direla propriété sera réduite à ce qu’elle doit être
      Pour ma part, je ne vois qu’une seule propriété, celle du savoir, tout comme je ne peux pas savoir ce que vous savez.

  12. A votre interrogation « comment écouter le temps qu’il fait au bureau », je réponds simplement: ne pas avoir de bureau. Ou plus précisemment être salarié d’un établissement public qui considère ne pas avoir les moyens de fournir un espace de travail à tous ses agents.
    Travailler chez soi n’a pas que des désavantages, la preuve.

    1. Arkao…
      Vous n’êtes pas au courant des nouvelles « modes » de management, on dirait.
      Ou vous êtes contre le public, ce qui serait plus simple… et idiot.

      Le principe du bureau « ouvert » répond à un besoin de surveillance réciproque des salariés et une culpabilisation de partir avant les autres.

      Coté bureaucrate, ne vous inquiètez pas, je suis professionnel.

    2. Yvan,
      J’ai dû mal m’exprimer. JE suis dans la situation d’un salarié du public qui n’est pas doté d’un espace de travail (ouvert ou fermé, je connais ce débat). Mon bureau, c’est chez moi. Mon employeur y trouve un intérêt financier et moi j’y trouve une certaine forme de confort, voire de liberté dans l’organisation de mes tâches.

  13. le court termisme est la conséquence de l’accélération des échanges d’information dûe au rétrécissement des distances physiques !

    les profiteurs agissent comme des hamsters hyper stréssés qui boulottent tout ce qu’ils peuvent récuperer !

    le court termisme peut etre vaincu par un protectionisme ,un ralentissement des échanges financiers ou attendre que les sus nommés hamsters boulimiques explosent …

  14. « Les autres formats : BD, dessin animé » …
    Petite proposition, M. Jorion : faire de courts sketchs parodiant vos ‘C’est vendredi !’.
    Je pense en particulier à Omar et Fred, « SAV des émissions » :
    http://www.omar-et-fred.com/television.php

    J’imagine bien quelques SAV de vos émissions « C’est vendredi ! » …

  15. Vendredi 3 septembre 2010 :

    En août 2010, le chiffre officiel du chômage aux Etats-Unis est de 9,6 %.
    Le chiffre officiel se trouve dans la rubrique « U-3 » (lien ci-dessous).

    Mais quel est le chiffre réel du chômage aux Etats-Unis ?
    Le chiffre réel se trouve dans la rubrique « U-6 ».
    Le chiffre réel comptabilise les temps partiels contraints et les chômeurs découragés de rechercher un emploi.
    Les données corrigées des variations saisonnières (= Seasonally adjusted) montrent que le taux de chômage réel est de 16,7 %.

    Il ne faut donc pas confondre deux choses :

    1- Le chiffre officiel : 9,6 % de chômage.

    2- Le chiffre réel : 16,7 % de chômage.

    http://www.bls.gov/news.release/empsit.t15.htm

  16. Paul bonjour,
    Dès que j’ai vu la vidéo, je me suis plongé dans la lecture de notre journal l’Echo.
    Alors là, surprise… enfin, quelque part, c’est normal.
    Un article sur les hedges funds et un autre sur la réunion de Bruxelles.
    1/ Les hedges funds seraient en plein développement. Demande forte. Généralement inaccessibles aux particuliers, il faudrait les « sicaviser », les « onshoriser ». Que c’est beau la nouvelle langue financière…
    Soumis à l’effet du plafond des leviers, comme on le voit dans les UCITS limiterait les risques.
    Sortir de l’Offshore dans les paradis fiscaux permettrait d’assurer. Ne pourrait investir dans les produits de base et de vendre ou acheter à découvert.
    2/ Supervision financière prévue pour 1/1/2011. Michel Barnier dithyrambique… étape essentielle.
    4 autorités contre le risque systémique, banques, assurances et marchés basées à Francfort, Londres; Francfort et Paris.
    Agences de notations, état d’urgence supra national au niveau européen.
    Clause de sauvegarde budgétaire.
    Mais tout reste à valider mardi par les Etats membres.

    WAWWW, on est sauvé… !!!!

  17. Wall Street Journal : U.S. Employers Cut 54,000 Jobs

    Bloomberg : Companies in U.S. Added 67,000 Jobs in August

    Les marchés boursiers pavoisent puisque

    1) Wall Street Journal : le gouvernement va être obligé d’intervenir pour soutenir l’économie

    2) Bloomberg : la reprise se confirme

    15h41 : Le titre du WSJ est passé en sous-titre :

    Private Sector Adds 67,000 Jobs
    U.S. Economy Lost 54,000 Jobs in August; Unemployment Rate Rises to 9.6%

    Ils sont du se faire enguirlander !

    1. Bonjour,

      J’ai aprfois du mal à faire le tri dans les avis, et à me forger mon opinion parmi tous les arguments…
      Je trouve toutefois que lesa vis que l’on trouve sur votre blog sont trop négatifs….

      Paul, vous prédisez une rechute, mais rien n’est moins sûr !!! Pourquoi ne pas se réjouir que les choses s’améliorent , certes moins rapide que prévus, …. mais s’améliorent !

      Les indices sont mitigés …. mais ici, tout le monde ne voit que du noir, et pire, n’attend que du noir !
      C’est bien français ça !… Du coup, ceux qui cherchent les bonnes affaires risquent fort de passer à côté …

    2. C’est tout de même un grand n’importe quoi. Tout le monde spécule sur tout. Qui sont ces économistes et analystes qui « anticipent » ? Ils ont aussi quelque chose à gagner et sans doute peu à perdre. Chacun d’eux semble mesurer au doigt mouillé, avec le vent légèrement pessimiste actuel. En exagérant la tendance, n’est-ce pas là aussi pour eux l’occasion (court-termiste) de gagner un peu d’argent – les marchés suréagissent à la hausse etc. ? A moins qu’ils soient probes et que la réputation de sagacité soit plus importante que la menue monnaie… Or, les chiffres mensuels de l’emploi ne sont même pas révélateurs – le nombre de destructions pour le mois de juillet vient par exemple d’être divisé par deux… Certains diront que tout est pour le mieux, qu’entre la baisse d’août pour juillet et la hausse d’aujourd’hui pour août, on s’y retrouve. Drôle de jeu…

    3. « les bonnes affaires »…. 🙂

      Si si.. c’est cette mentalité qui fait ce qui se passe. Et le pire est de ne pas s’en rendre compte…

      Magnifique, non..???

      1. Allez Paul, il faut quand même dire la vérité, se rendre compte que la relance de l’emploi n’est plus possible, cela fait partie du capitalisme à l’agonie.

    4. Paul,
      Exact. Plus on est haut dans la conjecture, plus dur est la remontée après une chute aux enfers.
      L’Europe a passé un mauvais cap, mais ce qui fut sa richesse, son melting pot de cultures, de pays sans liens de richesse, est en passe de remonter le courant plus vite que les Etats-Unis.
      La « vieille Europe » parole prononcée de l’ère Bush est loin d’avoir dit son dernier mot.
      L’Est se réveille chez les jeunes.
      On compare souvent les salaires d’un pays à l’autre.
      Tout fier de gagner plus qu’à côté.
      Mais à côté tout est moins cher.
      Cela change tout.
      Tant qu’on ne quitte pas le pays, c’est blue sky.

    5. « Ils sont du se faire enguirlander ! »

      Peut-être pas de raison d’être parano. L’emploi publique était du one shot. C’était connu depuis longtemps. Donc reste l’emploi privé. Le WSJ s’est rendu compte (un peu tard) qu’il était passé à coté de la bonne news.

  18. La magie de ‘reuters’ ou comment présenter une mauvaise nouvelle comme une miraculeusement bonne..le lire pour le croire.

     »L’économie US a détruit bien moins d’emplois qu’attendu en août. »

    L’économie américaine a détruit des emplois en août pour le troisième mois d’affilée mais nettement moins qu’attendu et le secteur privé a créé davantage d’emplois que prévu, montrent les statistiques officielles publiées vendredi. Lire la suite l’article

    Le mois dernier, 54.000 emplois non-agricoles ont été supprimés, selon le département du Travail, sous l’effet de la perte de 114.000 emplois saisonniers.

    Les économistes et analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne 100.000 destructions d’emplois.

    http://fr.news.yahoo.com/4/20100903/tbs-usa-emploi-7318940.html

    Je crois que le journaliste de chez Reuters a toutes ces chances pour se faire engager chez Me Lagarde !!

    Tiens au fait c’était pas la  »reprise » depuis 2 ans deja avec 450.000 emplois créés par mois qu’on nous avait promis?

    1. Depuis quelque temps, en effet, les expressions « …moins qu’attendu… » ou « …plus qu’anticipé… » constituent le nec-plus-ultra de « l’enfumage médiatique »….

      On assiste à une superbe démonstration de « bonneteau informationnel »…

    2. la situation rest bien sur très difficile, mais ces chiffres sont moins mauvais.

      l’emploi publique a reculé de 121.000 unités pcq fin du recensement (atttendu). Dans le privé, on a créé 67.000 emplois. C’est faible et en décélération par rapport aux dernières périodes. mais c’est mieux qu’attendu. ça confirme la très faible reprise économique.

      Rien de plus. Rien de moins.

    3. Oui mais ces chiffres sont 8 fois sur dix revus dans le mauvais sens..d’autre part je pense me souvenir que P Jorion avait parler d’un besoin de création d’entre 350.000 à 450.000 emplois par MOIS pour que les US retrouvent une vraie croissance vu le cercle vertueux ainsi créé..on en est ultra loin 3 ans après le début de la crise la bas (en 2007)

    1. Cela venait d’être cité dans un commentaire de l’article précédent que je n’avais pas encore lu…
      Pardon d’avoir un article de retard…

      Et il y a trop de commentaires, aussi un peu quelque part. Va falloir que j’écrive moins.

  19. Le crash course mentionné plus haut n’est pas assez dynamique, c’est trop proche d’un Powerpoint
    Un format dessin animé hyper simple (et très court, max 5 min) serait mieux pour Internet. Pourquoi pas une souscription spécifique pour un module sur les paris les fluctuations de prix et un travail de scénarisation en commun d’ici à ce que la somme soit rassemblée. Si oui, je mets 100€

  20. @ Paul Jorion

    Est ce que dans votre prochain livre, vous expliquerez comment sans spéculation, le prix du pétrole peut refléter sa future pénurie ?

    1. Je ne voudrais pas trop anticiper sur ce chapitre d’un prochain livre de Paul, mais il suffira que les producteurs ne puissent plus faire face à la demande et / ou constituent des stocks en prévision d’une pénurie pour que mécaniquement, les demandeurs fassent face à des prix en hausse, sans qu’il y ait d’intervention de spéculateurs incapables de prendre livraison d’une cargaison de fioul. Simple question de rapport de force.

      A moins bien sûr que l’on prétende que la spéculation soit utile non seulement à la « liquidité » des marchés, mais aussi à l’édification des foules en préfigurant les comportements « écolos » à adopter.

    2. Non : le prix déterminé par l’offre et la demande seules (en l’absence même de spéculation) va déterminer la croissance, c’est-à-dire, automatiquement, le volume de la demande. Il y a donc une boucle et on a affaire à un système « chaotique ». Un prix futur n’est donc pas déterminable à moyen ou à long terme (on pourra toujours faire une prévision pour le lendemain sans trop se tromper !). Quiconque vous prétendra le contraire doit s’inscrire dans la classe affichant « Systèmes dynamiques discrets ».

    3. @ Paul Jorion
      « le prix déterminé par l’offre et la demande seules (en l’absence même de spéculation) va déterminer la croissance, c’est-à-dire, automatiquement, le volume de la demande. »

      Que va t-il arriver quand l’offre va diminuer pour des causes géologiques? je pense que c’est pour bientôt.
      C’est un cas d’espèce qui n’a pas encore étudié il me semble.

  21. Merci de ces infos, Onubre. (et merci de votre mail qui restera confidentiel)

    Les signes de déflation-inflation sont contradictoires avec les taux d’obligations Allemagne-Suisse-Japon, d’une part, et la peur des élections du « mid term »…
    Ils démarrent l’inflation le 3 …???

  22. bonjour,

    je fais un peu attention au décor, la porte verte avec son cadre que c’est joli.
    par contre il y a un mur que l’on voit bleu, je pense qu’il n’est pas bleu mais blanc.

    et il y a une autre vidéo ou on voit Mr Jorion et derrière lui toute une rangée de livres
    je me dis c’est peut être chez Mr Joroin ou alors il filme toussa dans une bibliothèque
    mais s’il a lu tout les livres derrières lui que c’est impressionnant.

    bon alors, si on se fie aux nouvelles, le chômage baisse
    le cac40, la bourse, le machin quoi grimpe, il fait des bonds
    les entreprises font des bénéfices.
    tout va pour le mieux, c’est la reprise la grise est derrière nous.

    alors que partout je vois tout les boutons qui clignotent au rouge
    impossible de dire ou ça cèdera en 1er

    on est dans un monde de fous.

  23. Paul,
    les gars de la finance et les ingénieurs qui bossent pour eux ont le cerveau formaté avec des schémas, des processus, des logigrammes… Plus c’est simple sur un slide PowerPoint, plus ils comprennent et avalent comme de l’argent comptant. C’est comme ça. Il leur faut 10 ou 20 ans d’études ou de pratique professionnelle « formatée » et ils comprennent tous de la même façon, la même chose, à partir de slides. Ca les rassure.

    Voici donc ce que je vous propose : écrivez ou énoncez verbalement les étapes du (des) fameux processus d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix et la communauté se chargera du reste. Promis, vous n’aurez plus qu’à reprendre le fruit traduit en Slides à votre compte en le validant si vous voulez éviter que des âneries circulent. En soutien de vos salutaires vidéos du vendredi.

    Il faut prendre le taureau par les cornes.
    Visiblement, vous maîtrisez parfaitement les étapes de ce processus et les conséquences qui en découlent. Donnez-les nous, faites-nous CONFIANCE. UN SLIDE vaut mieux qu’un long discours touffus ou qu’une vidéo « billet » d’humeur ou de semaine sur le temps qu’il fait. Je me souviens d’un documentaire sur les causes du 21 septembre 2001 où l’on voyait (déjà !) un patron de fonds genre Blackstone ou quelque chose du genre avec des Slides en main et le sourire carnassier. Le premier slide ne contenait pas plus de 15 mots et un schéma simplissime. On va donc leur en donner.

    S’il vous plaît, n’omettez pas de parler des moyens de propagations envisageables de cette mesure sans interdictions nationales. Simplement par effet domino. N’attendez pas seulement les décisions gouvernementales qui tarderont inévitablement. Soyez imaginatif comme vous savez l’être par vos angles de vue hors cadre. Comment propager une telle mesure « naturellement », simplement par prises de positions de certains acteurs ?

    Poussons le raisonnement. Serait-il absurde de parier sur l’avènement d’un nouveau système et la mort de l’ancien avec un produit financier quelconque comme support ? Une sorte de produit dont la valeur augmenterait au fur et à mesure que la probabilité de cette substitution de systèmes se confirmerait ? Actant de l’avènement de l’un et de la mort de l’autre (fameuse contrepartie).

    Il s’agirait alors d’un produit financier « panier » qui éviterait que les producteurs (de matières premières par exemple) ne viennent imposer des pénuries qui les desserviraient eux et tout le monde.

    Merci.

    1. Commençons par ce qui a déjà été publié : dans L’argent mode d’emploi (Fayard 2009), pages 301-316.

      Interdire les paris sur les fluctuations de prix

      « Mme Caroline elle-même s’était remise à rire. Et la conversation continua sur un ton de familière bienveillance.

      « C’est que j’aime beaucoup mon frère, c’est que je vous aime vous-même plus que vous ne pensez, et cela me ferait un gros chagrin de vous voir vous engager dans des trafics louches, où il n’y a, au bout, que désastre et que tristesse… Ainsi, tenez ! puisque nous en sommes là-dessus, la spéculation, le jeu à la Bourse, eh bien ! j’en ai une terreur folle. J’étais si heureuse, dans le projet de statuts, que vous m’avez fait recopier, d’avoir lu, à l’article 8, que la société s’interdisait rigoureusement toute opération à terme. C’était s’interdire le jeu, n’est-ce pas ? Et puis, vous m’avez désenchantée, en vous moquant de moi, en m’expliquant que c’était là un simple article d’apparat, une formule de style que toutes les sociétés tenaient à honneur d’inscrire et que pas une n’observait… Vous ne savez pas ce que je voudrais, moi ? ce serait qu’à la place de ces actions, ces cinquante mille actions que vous allez lancer, vous n’émettiez que des obligations. Oh ! vous voyez que je suis très forte, depuis que je lis le Code, je n’ignore plus qu’on ne joue pas sur une obligation, qu’un obligataire est un simple prêteur qui touche tant pour cent sur son prêt, sans être intéressé dans les bénéfices, tandis que l’actionnaire est un associé courant la chance des bénéfices et des pertes… Dites, pourquoi pas des obligations, ça me rassurerait tant, je serais si heureuse ! »

      Elle outrait plaisamment la supplication de sa requête, pour cacher sa réelle inquiétude. Et Saccard répondit sur le même ton, avec un emportement comique.

      « Des obligations, des obligations ! mais jamais !… Que voulez-vous fiche avec des obligations ? C’est de la matière morte… Comprenez donc que la spéculation, le jeu est le rouage central, le cœur même, dans une vaste affaire comme la nôtre. Oui ! il appelle le sang, il le prend partout par petits ruisseaux, l’amasse, le renvoie en fleuves dans tous les sens, établit une énorme circulation d’argent, qui est la vie même des grandes affaires. Sans lui, les grands mouvements de capitaux, les grands travaux civilisateurs qui en résultent, sont radicalement impossibles… C’est comme pour les sociétés anonymes, a-t-on assez crié contre elles, a-t-on assez répété qu’elles étaient des tripots et des coupe-gorge. La vérité est que, sans elles, nous n’aurions ni les chemins de fer, ni aucune des énormes entreprises modernes, qui ont renouvelé le monde ; car pas une fortune n’aurait suffi à les mener à bien, de même que pas un individu, ni même un groupe d’individus, n’aurait voulu en courir les risques. Les risques, tout est là, et la grandeur du but aussi. Il faut un projet vaste, dont l’ampleur saisisse l’imagination ; il faut l’espoir d’un gain considérable, d’un coup de loterie qui décuple la mise de fonds, quand elle ne l’emporte pas; et alors les passions s’allument, la vie afflue, chacun apporte son argent, vous pouvez repétrir la terre. Quel mal voyez-vous là ? Les risques courus sont volontaires, répartis sur un nombre infini de personnes, inégaux et limités selon la fortune et l’audace de chacun. On perd, mais on gagne, on espère un bon numéro, mais on doit s’attendre toujours à en tirer un mauvais, et l’humanité n’a pas de rêve plus entêté ni plus ardent, tenter le hasard, obtenir tout de son caprice, être roi, être dieu ! » (Zola, L’argent, 1891 : 163-164).

      La spéculation est désormais partout : le « bon père de famille » achète des actions et sa retraite sera assurée par un portefeuille de titres spéculatifs. C’est ce qu’on attend de lui, bon père de famille.

      « Money doesn’t grow on trees », dit-on cependant en anglais : « L’argent ne pousse pas sur les arbres », et ce que l’on veut dire quand on dit cela, c’est rappeler que l’argent résulte du travail. Cela tout le monde le sait, mais que les intérêts dont le bon père de famille bénéficie soient le produit du travail de quelqu’un d’autre, qui en est lui spolié, il ne s’en soucie guère.

      « Vous exagérez ! », me dira-t-on. Peut-être, mais de quelle manière ? Si l’argent ne pousse pas sur les arbres et s’il n’est pas le résultat du travail de quelqu’un dont on le prive, d’où vient-il ?

      « Pourquoi me blâmez moi ? », s’écrie le bon père de famille. « Tout le monde le fait. Et de toute manière, je ne suis qu’un petit spéculateur ! » Petit, sans doute, mais les petits rus font les grandes rivières.

      Le risque existe du fait que l’avenir est incertain : il peut pleuvoir ou pas et ma moisson en sera abondante ou rare. De tels aléas induisent des risques qui ne dépendent pas de moi mais de la planète où je vis. Je peux cependant m’en protéger en m’assurant : quelqu’un prendra ce risque à ma place si je lui donne une somme d’argent représentant une fraction du coût d’un sinistre éventuel. La vente à terme permet de se protéger de ce risque, non pas à l’annulant, parce que le risque ne pourra pas disparaître, mais de le transmettre à quelqu’un d’autre pour un prix. Le prix est fixé aujourd’hui, même si la livraison aura lieu plus tard. Un risque existait et il n’a pas disparu mais ses effets ont été dilués dans une transaction dont les deux parties sont satisfaites.

      Mais je peux aussi créer du risque d’intention délibérée. Je peux parier un million que la sécheresse aura ou n’aura pas lieu. Dans un pari, aucun risque n’existait mais les parieurs en ont fait apparaître un. Ils se sont mis d’accord que si tel ou tel événement intervenait, dont la nature peut être tout à fait indifférente d’un point de vue économique, un jet de dés par exemple, l’un gagnerait et l’autre perdrait. Si vous acceptez mon pari, l’un de nous aura perdu un million à l’échéance. Nous aurons créé de toutes pièces un risque qui n’existait pas jusque-là.

      Aucune fonction assurantielle ne s’exerce ici : un risque a été artificiellement créé à partir de rien et ceci en vue seulement d’un espoir de gain. Mais il ne faut pas être grand clerc pour savoir que tous ceux qui perdent leurs paris ne disposent pas de l’argent qu’il leur faudra verser. S’ils le possédaient nécessairement, la littérature et le cinéma seraient bien moins riches ! Et le même principe s’applique en finance : plus le volume des paris augmente, plus le risque croît en parallèle que l’un des intervenants se révélera incapable le moment venu de s’acquitter de sa dette et il en résultera un risque systémique dans la mesure où sa défaillance peut en entraîner d’autres, déclenchant une réaction en chaîne.

      On appelle « couverture », j’y ai déjà fait allusion, une position prise sur un marché financier dans une fonction d’assurance. Les marchés au comptant ou à terme permettent à ceux qui sont exposés à un risque réel (dû au climat, à l’environnement économique général, etc.) de se couvrir. Celui qui se couvre contribue bien entendu à la stabilité générale et à réduire le risque global. Une position « nue », encore appelée « directionnelle », est au contraire une position où, alors que l’on n’est exposé à aucun risque préexistant, on en crée un délibérément en vue d’un gain mais en risquant bien entendu d’essuyer en réalité une perte. Il s’agit en fait d’un simple pari sur les fluctuations futures d’un prix. Le risque créé par une position nue existe désormais pour les deux parties impliquées au pari ainsi que pour ceux qui dépendent d’elles financièrement. La fonction assurantielle de la finance protège l’économie. Les paris la mettent bien entendu au contraire en danger.

      Si le commerce du blé se trouvait uniquement entre les mains de ceux qui ont du blé à livrer ou qui veulent en prendre livraison, son prix serait déterminé par le rapport de force entre les acheteurs et les vendeurs et celui-ci sera partiellement fonction – ce n’est là que l’un des facteurs qui jouent – de la quantité qui en est produite et celle qui en est requise : ce que l’on appelle communément « la loi de l’offre et de la demande ». Le problème, avec la « la loi de l’offre et de la demande », c’est qu’elle est désincarnée : elle élimine comme sans pertinence tout l’élément humain qui en constitue pourtant le contexte : l’organisation politique et les rapports complexes existant entre les groupes qui constituent les sociétés humaines. Mais ce n’est de toute manière pas de cette façon que les choses fonctionnent de nos jours : le prix du blé est déterminé aujourd’hui (la chose est apparue en pleine lumière durant l’été 2008) par les paris que font les grands investisseurs institutionnels américains, au premier rang desquels, les fonds de retraite, les fondations universitaires, les autorités locales, les hôpitaux, les musées. On pourrait s’attendre – au sein d’un monde rationnel – qu’ils focalisent leur attention sur les pensions à verser aux retraités, sur l’enseignement à dispenser aux étudiants, sur le soin à apporter aux patients ou sur la mise en valeur des œuvres artistiques, que non : ils portent toute leur attention à pousser à la hausse ou à la baisse le prix du blé et des autres matières premières et ceci pour protéger leurs avoirs, sans se soucier outre mesure du fait que des individus vivent ou meurent du fait de leur spéculation.

      On a donc autorisé, voire encouragé, la présence sur les marchés à terme de matières premières de gens qui n’ont en réalité rien à y faire : d’intervenants qui n’ont ni pétrole, ni céréales, ni coton, ni cacao à vendre ni n’en ont aucun usage. Ces gens achèteront et vendront cependant des contrats portant sur du pétrole, des céréales, du coton, du cacao entre le moment présent et celui prévu pour la livraison. Ils se dégageront cependant, retireront leurs cartes, avant que ce moment ne soit venu. Entretemps, leurs ventes et leurs achats de contrats à terme auront influé sur les prix, engageant ceux qu’on appelle les négociants (en anglais commercials) sur ces marchés, à savoir ceux qui ont véritablement quelque chose à y vendre, ou qui entendent véritablement y acheter. Les « non-commercials » ont eux un autre nom bien entendu : ce sont les « spéculateurs ».

      Pourquoi les spéculateurs sont-ils tolérés sur les marchés à terme des matières premières ? La raison que l’on entend répéter est qu’ils seraient utiles à ces marchés : ils y « créeraient de la liquidité », ce qui serait très bénéfique à leurs participants légitimes : les négociants. Or cette justification n’a aucun fondement [1] – et la raison pour laquelle les spéculateurs sont présents sur ces marchés est beaucoup plus prosaïque : ils y sont présents parce que ce sont eux qui les ont mis sur pied, et s’ils l’ont fait, ce n’était pas par philanthropie : pour « offrir de la liquidité » dont les acteurs légitimes auraient un besoin pressant, mais parce qu’ils peuvent y spéculer et que cette spéculation leur rapporte énormément d’argent. Mais le hic – parce qu’il y a un hic – c’est que pousser à la hausse de manière extravagante le prix du pétrole, du blé ou du riz, ce n’est pas sans conséquences : les usines arrêtent de tourner, les gens ne peuvent plus conduire leur voiture, ils ne peuvent plus acheter à manger et ils meurent de faim. Et pousser ces prix à la baisse de manière extravagante – les spéculateurs pouvant tout aussi bien pousser les prix à la baisse (les marchés à terme sont, comme nous l’avons vu, parfaitement symétriques de ce point de vue) – n’est pas inoffensif non plus puisqu’ils peuvent tout aussi bien faire que les producteurs de blé, de riz, de café ou de coton n’y trouvent plus leur compte, leur activité ayant cessé d’être rentable. Les activités d’un casino cessent d’être indifférentes, voire divertissantes, dès qu’elles ont des morts sur la conscience.

      De tels paris ont contribué à fragiliser de manière dramatique le système financier. Tous se sont greffés sur des systèmes qui, comme les marchés à terme, avaient été conçus à l’origine pour remplir une fonction assurantielle. D’une manière générale, les produits financiers appelés « dérivés » se sont prêtés massivement à de tels détournements. Un bon exemple du danger qu’ils peuvent présenter est offert par des instruments financiers appelés Credit-Default Swaps (CDS) qui, à l’heure où j’écris, constituent toujours une bombe à retardement susceptible de précipiter encore davantage l’effondrement de la finance dans son ensemble.

      Un CDS est un pari portant sur le fait qu’une entité quelconque se révélera incapable de rembourser une dette qu’elle encourt et qu’elle a émise sous la forme d’un instrument de dette, telle une obligation. L’acheteur du CDS paie une prime initiale qui sera complétée par une prime annuelle. En échange, le vendeur du CDS s’est engagé pour sa part à verser à l’acheteur la différence entre la dette contractuelle et sa valeur résiduelle au cas où l’émetteur de la dette ferait défaut. Qu’une valeur résiduelle subsiste découle du fait que quand un émetteur de dette fait défaut, ceux qui avaient acquis sa dette, ceux qui lui avaient prêté de l’argent, demeurent créanciers et récupéreront une partie de la somme qui leur est due à l’occasion de la liquidation des biens de la firme en faillite. La somme sera dans la plupart des cas minime et on l’exprimera sous la forme : « tant du dollar » ou « tant de l’euro ». Par exemple, « 25 centimes de l’euro ».

      Imaginons que « 25 centimes de l’euro » soit effectivement la valeur d’un instrument de dette après la faillite de celui qui l’a émis, la faillite de celui qui a emprunté l’argent et qui est désormais incapable de rembourser ; le vendeur du CDS devra alors verser à l’acheteur, les 75 centimes restants. Au total l’« assuré » aura récupéré l’entièreté de son placement : les 25 centimes de l’euro qui lui seront versés à l’aboutissement du redressement judiciaire et les 75 centimes restants qu’il recevra de celui qui lui aura vendu le CDS.

      La plupart de ceux qui contractent des CDS ne le font cependant pas en raison de la capacité assurantielle de ce produit financier dérivé : ils ne sont en réalité exposés à aucune perte, il ne s’agit pour eux que d’un pari fait sur la mauvaise santé d’une société émettant des instruments de dette. Mais en contractant un CDS, ils ont créé de toute pièce un risque qui ne préexistait pas : que leur assureur s’avère incapable de s’acquitter du paiement promis en cas de sinistre. Le cas n’est pas purement théorique : American Insurance Group (AIG), la plus grande compagnie d’assurance au monde, s’est effondrée à la suite de tels paris. Il en coûte déjà au contribuable américain au moment où j’achève la rédaction de cet ouvrage, 150 milliards de dollars. Lehman Brothers, alors la quatrième banque d’affaires de Wall Street, fit faillite le 15 septembre 2008, sa chute déstabilisa la finance en raison de l’incapacité d’AIG et des autres firmes qui avaient vendus des CDS portant sur sa dette à faire face à leurs obligations. Les primes avaient été sous-évaluées de plusieurs ordres de grandeur : la fin des grands de Wall Street était jusque là chose tout simplement inimaginable.

      La création intentionnelle de risque telle qu’on l’observe par exemple avec les CDS débouche sur ce qu’on appelle un « risque systémique » global sur les marchés financiers. Les Etats-Unis se sont retrouvés à l’automne 2008 dans une situation intenable : confrontés à la chute, à la suite d’une réaction en chaîne, d’un ensemble d’établissements financiers considérés comme « too big to fail » : trop importants pour qu’on puisse envisager-même leur faillite. Pourquoi « trop gros pour faillir » ? Précisément en raison de l’« effet domino » qui aurait résulté de leur fin : chacun en entraînant probablement plusieurs autres, sinon tous, à sa suite.

      On peut se poser à propos de la crise et des sommes colossales qui ont été dégagées pour tenter de la résoudre la question suivante : « De quels chapeaux sont sortis soudain ces fonds que l’on prétendait inexistants quelques jours auparavant ? »

      La réponse à cette question tient précisément dans l’expression « risque systémique ». On se souvient de nombreux débats de société où l’une des parties proposait ce qui semblait une solution raisonnable aux problèmes rencontrés et où le gouvernement ou l’administration répondait que oui, la proposition était intéressante et devrait, en toute bonne logique, être adoptée, s’il n’existait un obstacle de taille : l’argent. « De telles sommes ne sont tout simplement pas disponibles », disait-on : « de tels budgets sont impensables ».

      Or, depuis que la crise a éclaté en 2007, des sommes qui représentent des milliers de fois, sinon des dizaines de milliers de fois celles évoquées lors de ces discussions sont dégagées par les gouvernements ou leurs administrations, sans que cela provoque semble-t-il davantage qu’un soupir. Comment expliquer cela ?

      L’explication est qu’il s’agit dans les deux cas de choses d’ordres très différents. Dans le premier cas, ce dont il est en général question, ce sont des revendications sociales ou portant sur l’environnement dans une perspective de développement durable. La raison pour laquelle les autorités se montrent chiches dans ces cas-là est qu’il s’agit de questions relevant d’un équilibre de forces à l’intérieur de l’édifice social et où le fait de dégager les sommes dont il est question n’aurait d’autre enjeu que de modifier légèrement – et sans doute très passagèrement seulement – un rapport de force existant. Si le coup de pouce gouvernemental devait cependant avoir lieu, l’intervention de lobbys travaillant pour le compte de ceux qui auraient perdu à cette occasion un peu de leur pouvoir du fait de l’intervention des autorités en faveur de ceux qui revendiquaient, assurerait que le rapport de force soit rapidement rétabli dans les termes de son statut antérieur. Dit autrement : il s’agit dans ce premier cas de questions qui n’apparaissent pas vitales aux yeux des autorités, qu’il s’agisse du gouvernement ou de l’administration.

      Dans le second cas, dans celui à l’œuvre dans le processus de désintégration du secteur bancaire auquel on assiste à partir de 2007, il s’agit tout au contraire de questions que l’on rassemble sous l’ombrelle du risque systémique : de questions vitales du point de vue de la survie des sociétés. L’expression « risque systémique » signifie que c’est l’édifice social dans son ensemble qui est menacé. Alors nécessité fait loi, et les fonds dits « introuvables » sont découverts en un tour de main. Mais ceci ne signifie cependant pas qu’il était aisé de les débloquer, cela signifie simplement que la décision de les dégager fut rapidement prise.

      Or, et pour en revenir aux credit-default swaps, malgré le risque systémique considérable que créent les CDS, leur commerce se poursuit. Les autorités se contentent d’exiger de ce marché « une meilleure transparence » et certaines protections, que l’on obtiendrait en créant pour eux un marché organisé, avec une chambre de compensation chargée de superviser les parties impliquées, vendeurs et acheteurs, et exigeant des vendeurs des « marges » croissantes, des provisions de plus en plus importantes, en cas de défaillance probable de la firme sur laquelle portent les CDS.

      Le problème causé par les produits financiers dérivés générateurs de risque systémique, tels ces Credit-default swaps, n’est cependant pas insoluble et des mesures pourraient être prises qui permettraient de leur conserver leur fonction assurantielle tout en neutralisant leur dimension spéculative à la source du risque systémique. Je propose ici une mesure de ce type, couvrant un grand pan de l’activité financière « moderne et sophistiquée » et qui permettrait d’opérer un filtrage au sein des produits financiers dérivés entre leurs usages qui resteraient autorisés par cette mesure : ceux qui servent une fonction d’assurance (appelés plus haut de « couverture ») et les autres (appelés plus haut « nus » ou « directionnels »), prohibés ceux-là, parce ce qu’ils ne jouent qu’un rôle purement spéculatif et donc néfaste. Voici cette mesure :

      « Les ventes à terme ainsi que les options d’achat sont autorisées. Elles lient leurs contreparties jusqu’à livraison. En conséquence, il n’existe pas pour elles de marché secondaire. Les paris relatifs à l’évolution d’un prix sont eux interdits ».

      Cette mesure autorise celui qui dispose d’un produit réel (ce qui explique la mention du mot « livraison ») de se protéger contre les fluctuations de son prix en passant contrat avec une contrepartie qui a elle un besoin réel de ce produit. Il n’y a pas de marché secondaire qui permettrait d’échapper à l’engagement de livrer en achetant le contrat pour le revendre plus tard à un tiers et bénéficier ainsi d’une plus-value du simple fait de la variation du prix. Sont exclus enfin, tous les petits jeux qui consistent à faire semblant que l’on court un risque et à se faire dédommager grassement si ce risque se matérialisait … en réalité seulement pour quelqu’un d’autre !

      En fait, le filtrage qu’opère cette mesure existe déjà : on le trouve, sous une forme beaucoup plus compliquée, dans la norme comptable américaine 133 du Federal Accounting Standards Board (et FASB 149 pour la révision de certains de ses aspects), où il sépare les deux usages possibles des produits dérivés utilisés soit en « couverture », soit pour la spéculation. Mais il s’agit dans la norme FASB 133 de décourager et non d’interdire : le filtrage débouche simplement sur deux types de traitement fiscal : favorable dans le premier cas et défavorable dans le second. D’une manière générale, je souscris bien évidemment à l’idée que le découragement est de loin préférable à l’interdiction mais les règlements regroupés dans FASB 133 ne renvoient à aucun principe général et se perdent au contraire dans une casuistique dont les failles offrent autant de moyens de les contourner. FASB 133 devrait être mise à jour et transformée en une interdiction pure et simple de la spéculation sur les marchés des matières premières. La mesure que je propose est elle simple et du fait de sa simplicité prévient son détournement éventuel.


      [1] J’ai eu l’occasion d’expliquer ailleurs (Jorion 2008b : 159-163) pourquoi les spéculateurs, se trouvant toujours dans le camp – acheteur ou vendeur – où est en train de se développer la tendance, ne créent pas de liquidité sur les marchés à terme de matières premières, ou, s’ils en créent, en accaparent davantage qu’ils n’en créent et pour cette raison lèsent ces marchés davantage qu’ils ne leur viennent en aide. Autrement dit, les spéculateurs consomment plus de liquidité qu’ils n’en créent, privant les négociants qui en auraient eux bien besoin.

    2. @ Paul Jorion :
      Ok.
      J’ai trouvé un truc excellent (thanks Contre-Info) mais cela concerne les US et le chômage pendant la crise.
      C’est un slide et c’est très ‘visuel’ :
      http://www.youtube.com/watch?v=4KxIesOVCXc
      L’interview de la créatrice de ce slide sur CNN :
      http://www.youtube.com/watch?v=aNLldUJ6yzE

      L’émission ‘Le dessous des cartes’ m’a toujours fasciné car elle rendait ‘simple’ des choses très complexe (la géopolitique), par la seule utilisation de cartes.
      A mon sens, c’est cette excellence qu’il faudrait viser.
      Ce pourrait être aussi réalisable pour la France (les stats sont disponibles, par département) mais l’impact visuel serait moindre, pour la bonne et simple raison que les US ont plus que doublé leur taux de chômage moyen en deux ans 1/2, ce qui n’est pas le cas de la France.

      Néanmoins, cela ne fait pas beaucoup avancer votre besoin de slides sur votre proposition …

      Une petite idée néanmoins : une animation cartographique des taux de dette publique en % de PIB par pays de l’UE par mois, depuis 2006, avec pour chaque ‘rupture’, des indications d’évènements ‘particuliers’ (chute de Lehman Brothers, ‘discours de Toulon’ sur la fin du capitalisme financier, etc.).
      Ce qui serait intéressant, ce serait d’avoir la même carte en parallèle sur des indices de volume de paris sur les fluctuations des prix, afin de comparer les deux évolutions.

      Qu’en pensez-vous ?

    3. En même temps, pour ne pas être dupe de l’outil et de ses effets de formatage justement, il faudrait lire et méditer le petit texte de Rafi Haladjian, « Devenez beau, riche et intelligent avec PowerPoint, Excel et Word » téléchargeable en pdf ici :

      http://pauillac.inria.fr/~weis/info/

  24. je pense que les hommes politiques mentent mais ils ont toujours un discours positif
    du genre tout va bien, ne vous en faites pas.
    c’est facile quand on raconte de gros mensonges d’être positif.
    une majorité des gens est toujours prête a croire n’importe quoi.

    et c’est ce discours sécuritaire qui plait au gens.

    donc il faudrait dire la vérité aux gens tout en restant positif
    quelqu’un qui voit tout en noir tout le temps a un moment plus personne ne l’écoute.

    dans tout ce machin il faut qu’on apporte la note positive.

  25. PLus je critique le politique et moins le politique avance en intelligence,

    Plus je critique le capitalisme et le communisme et moins les deux changent à la fois,

    Plus je critique ma femme et plus ma femme se braque contre moi et passe encore à un autre,

    J’aimerais bien encore critiquer et juger le monde aujourd’hui, hélas je m’aperçois bien qu’au fil du temps, des époques, des idées, des livres, des têtes, des intellectuels que cela ne rend guère mieux le monde plus noble, bon et beau à voir.

    S’il vous plait redevenez donc tous des petits enfants comme autrefois et alors je vous en raconterais une bien bonne.

    Et même si le monde est fou, essayons quand même de le rendre un peu moins désolant,
    gardons la foi, l’esprit ouvert, la raison, le sourire.

    Bref plus je regarde, je répète et j’annonce les mêmes nouvelles catastrophiques du monde, soir après soir, jour après jour et moins le monde ne change en fait à travers ma propre conduite.

    On aime en fait jamais assez les gens du capitalisme et du communisme pour que le monde passe en fait réellement à autre chose de plus concret et différent sur le fond comme sur la forme.

    Pourquoi parler toujours encore des mêmes choses qui font mal aux autres, il n’y pas non plus que du mal dans le monde, il y a peut-être parfois aussi du bien et du bon que je n’arrive même plus à voir.

    Mon modeste commentaire du jour, une simple petite bouteille vide jetée à la mer pour vous, pour l’autre, pour moi et pour les nombreux autres à venir venant du ciel comme d’autres mondes sans doute plus ou moins terrestres et avancés que le notre.

  26. J’avoue regarder la vidéo au boulot, ou plutôt l’écouter, mea culpa maxima culpa.

    Pour la technique, il suffit de brancher des oreillettes sur le PC et d’afficher un document boulot sur l’écran, un pdf, une vidéo de formation interne en lui coupant le son ou un document excell, comme ça personne ne se doute trop de quoi que ce soit.

    Les gens sont visuels souvent.

    D’ailleurs, là où je bosse, je crois bien qu’ils s’en foutent de ce que j’écoute pendant que je travaille.

    Des fois, quand je m’ennuie, pas inspiré, je vais faire un tour en vélo dans les environs. Kein Problem!

    Du moment que je leur trouve de bonnes idées…

  27. Belle note de fin Mr Jorion, j’apprécie beaucoup votre intégrité intellectuelle.

    Si seulement l’humanité développait cette compétence, le monde deviendrait autre…

    Et comme je suis très optimiste, (pas par nature mais car je crois que cela joue en faveur d’un résultat meilleur), je crois que cette intégrité intellectuelle émerge petit à petit, chez certains d’entre nous, et j’ai confiance en la vie quant au sens de passer par ou l’on passe. C’est que c’est nécessaire à notre évolution, ça en a toujours été ainsi, regardez des documentaires!

    L’humanité traverse un stade d’évolution majeur, celui de devenir apte à être responsable de la vie sur terre.
    Donc nous avons la capacité de prendre en charge le devenir de la planète, mais sans cette intégrité intellectuelle, on fait passer notre intérêt individuel avant le bon sens. « Exemple : « Moi la science et tout ça, ça m’intéresse pas, à quoi ça va me servir, j’préfère faire des soirées avec les potes à boire, etc. » Oui j’l’ai choisi l’exemple mais y en a tant d’autres… chacun d’entre nous avons ce choix à faire : je me surpasse ou je baisse les bras?
    « L’homme est une corde tendue entre le singe et le surhomme,[…] J’aime ceux qui ne savent pas comment vivre, car ce sont ceux qui traversent. Nietzsche »
    Il faut apprendre à vivre, vraiment, heureux et libre. Passer outre de tout ce qui nous rend dépendant, car sinon, on vit comme des marionnettes.
    Et une marionnette ça pense pas, pensez-y!
    Allez! Optimisme!
    (ioi) @+

  28. en animation il y a http://www.storyofstuff.com/international/ et sur le site U.S trois autres histoires dont celles des marchés carbones pour lesquels on a appris récemment le soupçon de fraudes spéculatives. super format, l’animation, mais lourd en moyens.

    le processus engagé n’est donc pas stoppable.
    la question se pose de savoir s’il faut souhaiter une accélération définitive et que l’on passe à autre chose ou attendre une lente agonie. y’aura des sacrifiés dans les deux cas

    1. http://www.youtube.com/watch?v=zUxsV_4_2bs&feature=related

      Dead Can Dance – Severance

      Severance…
      the birds of leaving call to us
      yet here we stand
      endowed with the fear of flight

      Overland…
      the winds of change consume the land
      while we remain
      in the shadow of summers now past

      When all the leaves have fallen
      and turned to dust
      will we remain
      entrenched within our ways?

      Indifference…
      the plague what moves throughout this land
      Omen signs
      in the shapes of things to come.

      Tomorrow’s child is the only child
      tomorrow’s child is the only child

    2. Si dans trois semaines l’intérêt financier disparaît nous n’en mourrons pas, au contraire nous serons libérer.
      Mais si dans l’état actuel de la société nous manquons de pétrole dans trois semaines, nous crèverons tous. (le mot n’est pas trop fort)
      Effectivement il reste très peu de temps pour changer et trouver les solutions pour sortir de la dépendance du pétrole.
      Le paradoxe c’est que c’est à chacun d’agir et que le système ne le permet pas, sauf pour les plus téméraires.

    3. Le problème systémique posé par le pic pétrolier

      « Le problème, en pratique, c’est que l’économie actuelle est fortement dépendante du pétrole, tout comme – pour faire une comparaison – le corps humain est dépendant de l’eau, dont il est composé à 70%. Le corps d’un homme de 70 kg, par exemple, contient 50 kg d’eau. Comme l’eau est un élément crucial de son métabolisme, l’homme n’a pas à perdre ses 50 kg d’eau pour mourir de déshydratation. Une perte non compensée de quelques 5 kg suffira. De la même façon, notre économie basée sur le pétrole n’a pas à vider toutes ses réserves pour s’effondrer. Un déficit d’approvisionnement (écart entre l’offre et la demande) de 10-15% suffira. »

      http://local.attac.org/paris15/documents/energie/PicdeHubbert.pdf

  29. Cher Paul,

    Il n’y a pas que les financiers qui refusent de se remettre en question. Parlez à n’importe quel économiste des limites à la croissance et observez sa réaction. Parlez à n’importe quel terrien de rationnement et observez sa réaction. N’est-ce pas tout autant révélateur ?

  30. L’évaporation de la finance est la première manifestation de la crise systémique que posent les limites de la consommation d’énergie au niveau mondial. Cet aspect est méprisé par la majorité qui reste perméable a l’idée selon laquelle il y a un lien intrinsèque entre croissance économique et croissance de la consommation d’énergie. Vous pouvez avoir tout l’or du monde, si vous n’avez pas d’énergie en suffisance il vous est impossible de concrétiser toute la production de biens et de services désirée. L’efficacité énergétique a certes permis des gains considérables mais elle ne peut pas se substituer à une augmentation de la consommation d’énergie car l’ordre de grandeur n’y est pas. L’économie réelle suit donc grossièrement la courbe de l’énergie disponible dont le pétrole est l’acteur majeur de par son imbrication dans le système tout entier. Cette ressource inestimable permet quasiment toutes les ressources de part son intensité énergétique, de part sa transportabilité et de part ses multiples utilisations chimiques.

    Etant donné que la finance est hypertrophiée par rapport à l’économie réelle et que cette dernière n’a plus de marge de croissance physique, la finance est contrainte de s’alligner sur une économie réelle moribonde pour tenter de retrouver une quelconque légitimité. La finance qui se soucie peu de ce qui est possible sur le long terme en perd les pédales et se retrouve coincé entre ses désirs et la réalité. Cela s’exprime par une volatilité qui cache très mal la perte des repères dans lequel le système financier est plongé. On dirait que la finance n’est plus qu’un mirage dont l’Occident se sert pour s’appropirer les ressources qu’il n’a pas. L’illusion est maintenue tant que le dogme de la croissance n’est pas remis en question et c’est sans doute pour cela que ce débat est systématiquement nié en Occident. On peut dire que la finance est devenue une escroquerie imposée par l’empire d’Occident insolvable pour se procurer ce dont il a besoin.

    Tant que la finance organise la décroissance de la demande par rapport à ce qui peut être partagé au niveau mondial, l’empire peut continuer à maintenir un semblant d’illusion en éliminant au fur et à mersure ce qu’il considère être parasitaire par rapport à ses besoins vitaux. Le problème est que nous sommes tous susceptibles d’être considérés comme des parasites aux yeux de l’empire. Cette mascarade cessera quand une demande mondiale incompressible se heurtera à une offre physique inextensible et fera capoter le système financier, cela signifiera un réalignement drastique de la finance sur l’économie réelle (lisez sa quasi disparition) qui vera le pouvoir d’achat occidental s’effondrer dramatiquement. On peut penser qu’à ce moment là, la géopolitique prendra le relais (j’ai la bombe, tu ne l’as pas). Dans le pire des cas les grandes puissances auront recours à la destruction de la demande intra ou extra muro pour tenter de faire de gains là il sera encore possible d’en faire. Sauf prise de conscience salvatrice et responsabilisante …

  31. A propos de formes plus ouvertes d’expression des éclairages sur l’état des lieux (BD, théâtre, vidéo, etc) , vers un plus grand nombre de « lecteurs » , j’ai découvert chez un bouquiniste , dans la collection les Documents Bleus Gallimard , ce genre de collection qui publia le Mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient de S. Freud , un ouvrage d’humeur au vitriol sur la crise de 29 qui pourrait être quasiment retranscrit mot pour mot aujourd’hui et servir de synopsis , la situation générale étant d’une ressemblance confondante .
    William Floyd est l’auteur de ce livre paru en 1932 qui relate un « procès » peu ordinaire : « Le peuple contre Wall Street » , dédié aux victimes de Wall Street lors de la crise .
    Sept personnages : le brasseur d’affaires , le « broker », le gogo , le banquier , le directeur de sociétés , le propagandiste politique et l’homme d’église , sont soumis à un interrogatoire décapant lors du procès de Wall Street , le tribunal étant sollicité pour le juger aliéné et l’enfermer . Voici les premières pages pour vous inviter à trouver la suite …
    CHAPITRE PREMIER
    LE BRASSEUR D’AFFAIRES.
    A 10 heures, l’heure fixée, il y a trois cents personnes dans la salle d’audience, et qui attendent.
    A 10 h. 40, un huissier, heurtant la table, crie:
    « – La Cour! Debout!
    « Oyez! Oyez! Oyez! allons, que les gens ayant affaire avec ce tribunal s’avancent et présentent leurs doléances; le tribunal les ouÏra.
    « Chapeaux! »
    Le juge, en robe de soie noire, salue avec componction la foule respectueusement debout dans le prétoire, puis s’installe sur son siège, lequel, en l’occurrence, est un fauteuil tournant posé sur une estrade, derrière un grand bureau.)
    LA COUR. – Affaire Peuple-Wall Street. C’est un cas de lunatico inquirendo : en d »autres termes, il s’agit de fixer, par jugement, si le défendeur est sain d’esprit ou si, dans l’intérêt de la société, il convient de l’enfermer dans un asile d’aliénés. Invoquant des précédents, la famille tiendrait à éviter la publicité de cette affaire. Elle s’est activement.employée pour que cette enquête se fît à huis clos; mais, vu 1’importance de la cause et sa haute portée sociale, l’audience sera publique et la salle ouverte à tous, y compris les membres de la presse. A titre de réconfort pour ceux qu’une telle décision risquerait d’alarmer , je déclare que la forme d’ « aliénation mentale dont souffre Wall Street n’est pas forcément héréditaire. Ses descendants seront réfractaires à cette maladie, pourvu qu’on les prémunisse scientifiquement contre le milieu contaminé. Le greffier va lire la liste des jurés.
    Me LE SCEPTIQUE. –Puis-je demander à M. le Juge si l’on a choisi les Jurés, ici présents aujourd’hui, dans toutes les classes de la société? Compte-t-on parmi eux des pasteurs, des intellectuels, des artisans, des journaliers, des nègres et des femmes?
    LE TRIBUNAL. — Le choix, fait selon l’usage, ne comprend aucune des classes ci-devant énumérées , on n’a convoqué que des personnes versées dans les affaires et possédant des biens.
    (Le greffier appelle par leurs noms les douze Jurés qui viennent siéger à leur banc.)
    Mc LE SCEPTIQUE. — Messieurs les Jurés, je vais vous prouver que Wall Street est atteint de l’épidémie du lucre et que, dans l’intérêt de la société, il faut l’enfermer dans un lazaret. Parmi les symptômes de cette peste, je citerai la notion invertie des valeurs; le désir insatiable de gagner quelque chose avec rien; l’usage de dés pipés au jeu; l’illusion tenace que les opérations financières d’une poignée d’individus servent au salut de la masse; en un mot , un complexe généralisé du dollar.
    » Et d’abord, afin de m’assurer que vous avez qualité pour siéger dans ce procès, je me contenterai de vous poser deux questions: 1° Croyez-vous Messieurs à l’honnêteté ?
    2° Croyez-vous au peuple des États-Unis?
    Je ne doute point de votre réponse affirmative. Dans ce cas, le Jury nous convient.
    Me ROCKERBILT. – .le m’aperçois que le Juré n° 5 est un homme de lettres . Voudrait-il me citer le titre de ses ouvrages ?
    Réponse.· Justice ! où, es-tu ? ; Le Drame du Gaspillage; Impérialisme américain.
    Me ROCKERBIL’I’. Je vous récuse. Y a-t-il , Messieurs, un autre Juré réformiste? D’après votre silence, je conclus que vous avez tous confiance dans le système social actuel.
    (L’homme de lettres est remplacé et le nouveau Juré est agréé par les deux parties.)
    Me LE SCEPTIQUE. – Si, en vue d’établir le bien fondé de ma cause, je faisais comparaître des témoins bien connus sous le nom de pêcheurs en eau trouble, alias socialistes, on ferait fi de leur déposition; aussi ne vais-je citer, avec l’assentiment de mon honorable adversaire, que les illustres résidents du quartier de la Bourse, assignés par la défense.
    Me ROCKERBILT. – Seuls mes témoins viendraient-ils donc à l’appui de votre cause? Soit. Commencez.
    Me LE SCEPTIQUE. — Veuillez avancer, monsieur Lejeuneford. (M. Lejeuneford, costume dernier cri et bonté rayonnante, après avoir donné une poignée de main au Juge et salué le Jury d’un aimable signe de tête , s’assoit devant la barre, avec une évidente satisfaction. Il a quatre avocats , sans compter Me Le Sceptique.)
    Demande. –Quelle est votre profession, Monsieur Lejeuneford ?
    Réponse. –Je suis brasseur d’affaires, tout bonnement.
    D.– Représentant du nouveau capitalisme de Wall Street?
    R. — Je crois mériter ce titre parmi les industriels et les financiers modernes.
    D. – Qu’est-ce qui caractérise le nouveau capitalisme ?
    R. — Le dévouement au service du public, les hauts salaires, l’accroissement du bien-être général , la participation des employés aux bénéfices.
    D. — Comprenez-vous, parmi ces caractéristiques , les fusions de sociétés, les syndicats de compagnies, les trusts de placements, les actions sans valeur nominale et sans droits de vote, l’opposition à toute ingérence gouvernementale?
    R.– Oui, tout cela entre dans le nouveau programme.
    D.– Depuis combien de temps cette nouvelle idée supplante-t-elle les notions d’insatiable rapacité de l’ancien régime?
    R .–. Les affaires , semble-t-il, se sont organisées au cours des dix dernières années. Une politique d’entraide a remplacé l’implacable concurrence des premiers temps de notre histoire (1).
    D.– Prétendez-vous que l’écrasement des concurrents , ainsi que l’a pratiqué John D. Rockefeller père , n’aurait pas trouvé grâce auprès de John D.Rockfeller fils ? R
    R. — Les grandes sociétés ont pris tant d’extension aujourd’hui que le droit de propriété s’est presque entièrement libéré du sentiment de la responsabilité (2).

    ( 1) Ces propos ont été tenus par le président Coolidge
    (2) Owcn D.Young.

    Suivent 260 pages d’un feu roulant de questions réponses de ce genre citant souvent les responsables de l’époque .

  32. Nouveau titre à donner au « temps qu’il fait » :
    La purge du vendredi !

    Ce quart d’heure hebdomadaire, c’est un peu comme écouter radio Londres, la guerre financière fait rage, dans la noirceur du temps, radio Jorion lance son appel pour rejoindre la communauté du saint Blog, l’archange Paul nous sauvera.
    Le contre-pouvoir contre les compromis, c’est cette lumière de Vérité jaillissant de nos écrans le vendredi, nous gardons espoir, notre guide est là ; il est comme dieu, barbu, mais vivant !

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