L’actualité de la crise: le syndrome grec, par François Leclerc

Billet invité.

LE SYNDROME GREC

En Europe, la crise a élargi son terrain. Elle était celle d’un Etat devant faire face au refinancement de sa dette alors que ses taux obligataires grimpaient (ils sont toujours très élevés, même s’ils se sont détendus), elle est aussi devenue celle du système bancaire dans son ensemble.

Certes, certaines banques sont plus exposées que d’autres au risque grec – ou bien demain portugais ou espagnol – mais toutes sont en réalité menacées. Car quand elles ne le sont pas en raison de leurs filiales – toutes les banques du pays étant désormais tenues hors de l’eau par la BCE – elles le sont en raison de la dette souveraine qu’elles ont en portefeuille, toujours susceptible d’une décote en dépit de l’activation probable du plan de sauvetage, qui n’en prévoit pas. Enfin, elles ont subi des baisses en bourse, touchant indifféremment les valeurs financières, sans faire le détail. Aujourd’hui vendredi, le marché présenté comme serein est dans l’attentisme, suivant l’expression consacrée, les financières souvent encore à la baisse.

La crise des banques européennes va-t-elle être stoppée par le sauvetage de la Grèce ? Rien n’est moins sûr, car elles vont être désormais sous une triple menace : celle qu’un nouveau point faible de la zone euro soit pris dans une tourmente identique, celle d’une décote des obligations grecques, qui pourra ultérieurement s’imposer, celle d’une décote d’autres obligations à la faveur d’une extension de la crise à un autre pays et d’un plan de sauvetage l’impliquant.

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Le temps qu’il fait, le 30 avril 2010

L’audition de représentants de Goldman Sachs devant une sous-commission du Sénat Américain.

Grèce / Portugal / Espagne.

Credit Default Swaps : deux raisonnements contradictoires.

Interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

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L’actualité de la crise: les Grecs otages de la dette européenne, par François Leclerc

Billet invité.

LES GRECS OTAGES DE LA DETTE EUROPEENNE

Dans l’attente de la fin annoncée comme très proche des négociations d’Athènes à propos du plan de sauvetage, le Financial Times a bénéficié de fuites sur les engagements que le gouvernement grec serait en train de discuter. Et déjà montent les interrogations sur la capacité de ce dernier à les tenir.

24 milliards d’euros de réduction du déficit sont prévus en trois ans. Parmi les principales mesures sociales figureraient une augmentation de la TVA de 2 à 3 points, le gel des salaires et des recrutements dans le secteur public, la réduction des 13ème et 14ème mois de salaire ainsi que l’adoption pour le départ à la retraite de l’âge de 67 ans, le gel des retraites dans le secteur public.  Dans ces conditions, le prochain test ne sera ni celui de la bourse, ni celui du marché obligataire, mais bien celui de la protestation sociale.

Des commentateurs, tel Nouriel Roubini, considèrent que ce plan n’est pas le bon et qu’il aurait fallu, de prime abord, procéder à une décote négociée de la dette grecque, afin de rendre possible le rétablissement de la situation. Son papier est intitulé: « la crise va s’étendre faute d’un plan B ». Il avait déjà été relevé que le taux d’environ 5% consenti pour les prêts bilatéraux des Etats le rendait périlleux. Tout se passe comme si les arbitrages péniblement effectués par les gouvernements européens, afin de mettre au point leur plan, résultaient de choix politiques et ne reposaient pas sur une hypothèse réaliste. L’idée étant, comme toujours, de gagner du temps.

La seule démonstration que ce plan va faire, c’est qu’il n’a pas d’avenir.

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Danser dans les rues

Le Monde : « Cure d’austérité pour la Grèce, soulagement des marchés »

La Tribune : « Les inquiétudes entourant la dette grecque semblent avoir disparu »

Les Échos : « La tension se relâchait sur les taux grecs »

Bon, eh bien cela m’a donné envie d’aller voir. Et c’est vrai que les nouvelles sont bonnes : la Grèce peut emprunter à deux ans ce matin pour 12,886 % au lieu de 15,909 % hier et à dix ans pour 9,036 % au lieu de 9,971 %. On doit danser sur les quais du Pirée, comme au bon vieux temps.

Taux grec 2 ans

© Bloomberg

Taux grec 10 ans

© Bloomberg

Et à Lisbonne ? Le deux ans : 4,27 % au lieu de 4,833 % hier. Là aussi, ça doit être la liesse générale, on doit pavoiser !

Taux portugais 2 ans

© Bloomberg

Je ne vais pas faire le grincheux : ça s’arrangera peut-être dans la journée. C’est vrai quoi, le temps que les marchés digèrent les bonnes nouvelles.

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L’actualité de la crise: la quadrature de la dette, par François Leclerc

Billet invité.

LA QUADRATURE DE LA DETTE

La crise européenne – puisque l’on ne dit plus grecque – illustre l’impasse générale dans laquelle se trouve celle de la dette publique occidentale dans son ensemble. Et, pour faire bonne mesure, celle de la dette privée aussi, leurs sorts étant liés. Car, si les projecteurs sont aujourd’hui braqués sur la première, la seconde n’en est pas moins toujours présente et pèse lourdement sur la situation. La situation resserrée du crédit bancaire, relevée par la BCE, est là pour le démontrer, qui contribue aux tendances déflationnistes enregistrées.

Certes, la dette publique européenne a des particularités. Pas seulement parce qu’elle est partagée par plusieurs Etats au sein d’une zone monétaire unique dont la construction est incomplète, comme le relèvent souvent les observateurs, par opposition aux ensembles intégrés que constituent les deux plus importants débiteurs mondiaux, les Etats-Unis et le Japon. Mais également parce qu’elle est pour l’essentiel détenue en son sein même, à l’instar du Japon mais à la différence des Etats-Unis, ce qui rend la situation infiniment plus complexe.

Ce qui est actuellement en discussion, au-delà du sauvetage de la Grèce, c’est la possibilité de stopper l’effet domino qui est redouté au sein de la zone euro. Une crainte appuyée par le fait qu’il a été clairement observé que l’épidémie se propage non seulement sur le terrain propice de la dette souveraine, de pays à pays, mais également via le tissu bancaire, pouvant atteindre ainsi directement non seulement les pays les plus faibles mais également les plus puissants, via leurs mégabanques. Cette constatation alarmante, et sous-estimée, alimente les commentaires qui tournent tous autour de la même idée : il faut faire très vite quelque chose pour éviter cette contagion, car le plan destiné à la Grèce ne pourra pas être reconduit, s’il est nécessaire de sauver d’autres pays.

Aujourd’hui, le paroxysme de la crise dépassé en raison du déblocage de la situation, les bourses et les marchés respirent, les taux se détendent. Au chevet des malades – le Portugal, l’Espagne, l’Italie – les experts rivalisent de propos apaisants et trouvent mille raisons pour dire que la situation de ces derniers est toute différente de celle de la Grèce. Certes, mais est-cela qui est en cause ? Qu’est ce qui permet d’affirmer, une fois de plus, que tout est sous contrôle, vu ce que nous venons de voir ? La tension enregistrée aujourd’hui sur le marché interbancaire, sur lequel les banques se prêtent entre elles des fonds – montre bien que les leçons de la journée d’hier n’ont pas été perdues pour tout le monde : elles se défient à nouveau les unes des autres.

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Le Point, le 29 avril – « L’Europe n’a pas droit à l’erreur »

Je vous ai présenté il y a quelques jours les photos de Jean-Claude Moschetti à l’Île de Houat. Vous apprécierez, j’en suis sûr (hmm…) le contrepoint entre la photo de Georges Papandréou allumant un cierge à la page 84 du Point et la mienne à la page 85 (qu’il m’autorise aimablement à reproduire), tirant parti (à mon insu) d’un tableau au mur de mon bureau.

Interview Paul Jorion : « L’Europe n’a pas droit à l’erreur », pp. 85-86

Patrick Bonazza : La Grèce vient officiellement d’appeler à l’aide. La première fois que nous nous sommes vus, il y a quinze jours vous disiez que c’était inéluctable.

Depuis mars, après chaque réunion européenne, on nous disait que le problème était réglé. Mais on constatait quand même que lorsque la Grèce retournait sur les marchés pour emprunter elle payait toujours plus cher que les autres pays. Même avec derrière elle le prétendu soutien de toute l’Europe la Grèce est restée pénalisée. Elle ne pouvait pas échapper à la sanction des marchés. D’où son appel au secours.

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Un grand bravo !

C’était le 3 février, sur France 24, « Le Débat / The Debate », je résumais ma contribution à ce débat en anglais de la manière suivante :

Je dis qu’il y a à nouveau un petit jeu sur les Credit-default swaps (CDS). Cette fois, ce n’est plus 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, c’est 1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne.

Ce que font en ce moment les marchés financiers n’est pas sans rappeler l’opération de George Soros qui coula la livre britannique en 1992 (quand on pense que le renouveau de la « science » économique est entre ses mains !)

On est un peu moins de trois mois plus tard.

Mon Feu en la demeure, daté du 25 février, commençait lui ainsi :

Messieurs, Dames, des instances européennes, je m’adresse à vous : il y a feu en la demeure !

Vous ne sauverez pas la Grèce en lui enjoignant de baisser le salaire de ses fonctionnaires. Vous ne sauverez pas la Grèce en l’encourageant à combattre la fraude fiscale. Vous ne la sauverez pas non plus en créant une… cagnotte (on tombe ici dans le dérisoire !). Il est beaucoup trop tard pour tout cela. Et de toute manière, le problème n’est pas là. […]

Votre cagnotte pour la Grèce, si péniblement rassemblée, sera emportée par la bourrasque en quelques heures, et il vous en faudra immédiatement quatre autres : une autre pour le Portugal, une pour l’Irlande, une pour Chypre et une beaucoup plus grosse que les quatre autres mises ensemble, pour l’Espagne…

Il a fallu attendre la réunion d’Ecofin du 15 mars pour avoir une première déclaration d’intentions des pays membres de la zone euro. Vous suivez ici en direct la manière brillante dont la crise a été gérée depuis.

Les dettes souveraines de la Grèce et du Portugal ont été décotées avant-hier mardi, celle de l’Espagne, hier mercredi. Merci à l’agence Bloomberg pour les graphiques suivants.

Taux grec 2 ans

© Bloomberg

Taux portugais 2 ans

© Bloomberg

Taux espagnol 2 ans

© Bloomberg

Un grand bravo aux instances européennes pour leur sens de l’initiative, leur temps de réponse et leur savoir-faire en général !

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Réponse à une question :

La notation (la « cote ») de risque de crédit d’un pays mesure (en principe) le risque qu’il ne rembourse pas les emprunts qu’il émet (l’argent qu’il emprunte). Plus le risque est élevé, plus la prime de risque comprise dans le taux d’intérêt dont il doit s’acquitter sur sa dette (doit payer sur les emprunts qu’il fait) est élevé. Donc quand la notation (la « cote ») d’un pays est « dégradée » (« décotée »), les taux sur sa dette souveraine (dette de la nation) augmentent.

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L’actualité de la crise: nous y sommes!, par François Leclerc

Billet invité.

NOUS Y SOMMES !

La dynamique de la crise européenne joue désormais à plein.

Tandis que les taux obligataires continuent de grimper (dépassant pour les obligations à 10 ans le seuil de 11% dans le cas de la Grèce et celui de 5% pour le Portugal), deux autres alarmes retentissent. Les taux courts grecs (à deux ans), sont plus élevés que les taux longs, signe de la crainte que la Grèce fasse désormais défaut. Les unes après les autres, les bourses baissent brutalement, en raison de la chute des valeurs financières, c’est à dire des banques. Ceci en raison de leur exposition à la dette grecque, de leurs engagements auprès des établissements grecs, ainsi que de l’existence de filiales grecques quand elles en ont une.

Un autre aspect de la crise n’est pas encore apparu mais est menaçant : l’abaissement de la note de la dette souveraine de plusieurs pays, en cours, va avoir comme conséquence la fermeture du guichet de liquidités de la BCE pour leurs banques, ne pouvant plus donner en garantie les obligations d’Etat, les déstabilisant totalement alors et induisant un effet domino dans toute l’Europe. La crise atteint le système bancaire de plein fouet. A tel point que l’économiste en chef de Citi, Willem Buiter, a rompu son silence et vient d’expliquer dans une note publiée par le Financial Times que les pays de la zone euro n’avaient désormais plus d’autre choix que de sauver les pays attaqués par les marchés ou bien se préparer à renflouer leur système bancaire. Précisant qu’à son avis la première solution serait la moins onéreuse.

Tandis que le FMI, l’OCDE et la BCE font depuis ce mercredi matin le siège des autorités allemandes à Berlin, car le calendrier de prise de décision qui était hier encore envisagé n’est plus tenable, la convocation d’une réunion des chefs d’Etat se précise : pour l’instant Herman Van Rompuy, président en exercice du Conseil Européen, évoque la date du 10 mai. Visionnaire mais un peu décalé, Nicolas Sarkozy vient pour sa part de commencer sa visite en Chine, accompagné de son épouse, afin de préparer « un nouvel ordre monétaire multipolaire »…ainsi que sa présidence à venir du G20.

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Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (III)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La performance la plus attendue aujourd’hui était bien sûr celle du P-DG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein. Disons tout de suite que la commission n’est pas parvenue à tirer grand-chose de lui : il a fait l’anguille d’une voix geignarde, suggérant simultanément qu’il était trop stupide pour comprendre les questions qui lui étaient posées et que son interlocuteur était trop stupide de son côté pour comprendre les réponses qu’il pouvait apporter.

Comme je le supposais dans mon billet pour BFM lundi, Blankfein a adopté la stratégie d’affirmer que sa firme se contente d’être un « market maker » : vend un produit à qui veut bien l’acheter et l’achète à qui est prêt à le lui vendre, sans avoir d’opinion précise sur la qualité de ces produits financiers, la question de la qualité n’étant pas pertinente.

Chaque fois que son interlocuteur lui rappelait que le problème n’était pas là : qu’il était que Goldman Sachs avait dans certains cas constitué à la demande de l’un de ses partenaires le pire produit possible, pour parier ensuite avec lui sur sa perte, tout en le vendant à ses clients, il répondait inlassablement : « Nous sommes market maker, je sais que c’est un peu compliqué à expliquer et je comprends que vous ayez des difficultés à saisir comment cela fonctionne exactement, mais je vous assure qu’il n’y a rien de plus ». Le président de la sous-commission, Carl Levin, ne se laissa pas démonter et le prit au mot en le traitant comme un arriéré mental à qui il faut tout expliquer en s’y prenant très lentement et en répétant cent fois si nécessaire.

Le seul moment où Blankfein fut en difficulté fut quand on lui demanda pourquoi il avait décidé de faire circuler des mails personnels de Fabrice Tourre et de lui uniquement. Le sentiment que j’ai eu à ce moment-là, et il fut probablement partagé par d’autres, fut celui d’un immense mépris envers les perdants, même et peut-être surtout quand ils firent partie des alliés d’hier.

Merci à Mme le sénateur McCaskill d’avoir rappelé au patron de Goldman Sachs la différence entre une assurance et un pari. Blankfein lui a répondu que pour le market maker il n’y a pas de différence, à quoi elle lui a répondu très justement que pour l’Américain moyen, le problème est probablement là.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (II)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le premier groupe de représentants de Goldman Sachs à être interrogés était composé essentiellement de gens directement impliqués dans la production et la vente des CDO (Collateralized–Debt Obligations) au centre des poursuites pour fraude engagées contre la banque il y a une dizaine de jours par la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés américains. Le Français Fabrice Tourre, le seul individu à être personnellement poursuivi, faisait partie de ce groupe. La stratégie utilisée par l’ensemble du groupe a été celle qu’on appelle en américain « stonewalling », que l’on traduit en français par « obstruction », une traduction où l’on perd malheureusement la dimension très visuelle suggérée par l’américain : « construire un mur de pierre ». Les membres du panel sénatorial ne parvinrent pas toujours à cacher leur frustration devant cette stratégie, ironisant sur le talent avec lequel l’équipe juridique de Goldman Sachs avait dû préparer les déposants. Tourre s’en est mieux tiré de ce point de vue que ses collègues en se montrant plus à l’aise que les autres, répondant directement aux questions, ne tournant jamais autour du pot, et se sentant suffisamment en confiance pour offrir spontanément des éclaircissements.

On a eu droit du fait de cette obstruction à cinq heures de dialogue de sourds, marquées seulement par quelques épisodes significatifs, tous à l’avantage cependant de la commission.

La première remarque qui parvint à désarçonner l’équipe de Goldman Sachs fut la référence faite par les sénateurs à certaines techniques utilisées par elle pour introduire dans les CDO des crédits de mauvaise qualité en tirant parti du fait que les agences de notation n’envisagent que leur qualité moyenne, et qu’il est donc possible de masquer par des crédits de bonne qualité d’autres, sélectionnés pour leur mauvaise qualité, et susceptibles du coup d’occasionner des pertes.

Fit mouche également, un document prouvant que Goldman Sachs avait parié sur la perte de l’un de ses concurrents, la banque d’investissement Bear Stearns, qui devait tomber en mars 2008.

Le moment le plus difficile pour l’équipe Goldman Sachs fut certainement la lecture d’un mail ayant circulé dans la firme disant, je cite de mémoire : « We made some great lemonade out of some good old lemons », phrase qui ne peut être traduite sans une explication. Un « lemon », un citron, c’est une bagnole d’occasion pourrie, et de manière plus générale, de la camelote. La phrase devient alors : « Nous avons fait de la super-limonade avec de bons vieux citrons ». Les hommes de Goldman Sachs étaient assis mais chacun d’eux a été cueilli par ce crochet à la mâchoire.

Dernière observation pour finir : si vous lisez ce blog, vous connaissez Alan Grayson un congressman dont vous appréciez le punch légendaire. Vous aimerez alors le sénateur Jon Tester, fermier « bio », dont on a pu constater aujourd’hui qu’il ne s’en laisse pas compter non plus.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: trop tard pour bien faire, par François Leclerc

Billet invité.

TROP TARD POUR BIEN FAIRE

En urgence, tous ou presque s’y sont mis pour calmer les marchés : Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a affirmé depuis Chicago qu’il était « hors de question » que la Grèce ou un autre pays de la zone euro fasse défaut. Dans un entretien au journal économique « La Tribune », Dominique Strauss Kahn, directeur général du FMI, a estimé que, faute d’une aide, les Grecs seraient « dans une situation insoutenable ». Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a déclaré que « Il s’agit maintenant pour nous de concrétiser et de transposer rapidement le plan d’aide (…) et d’envoyer ainsi un signal clair sur le fait que nous ne laisserons pas tomber la Grèce ».

Enfin, l’annonce de la préparation d’une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Eurogroup, le 10 mai prochain, filtre opportunément. Elle interviendrait au lendemain de l’échéance électorale allemande et à temps pour l’échéance financière du gouvernement grec du 19 mai.

Mais, à force d’avoir soufflé le chaud et le froid, d’avoir tenté de faire croire à un accord qui n’existait pas, ainsi que d’avoir tergiversé, n’est-il pas trop tard pour bien faire ? Chaque nouvelle émission obligataire d’un pays de la zone euro est maintenant attendue avec inquiétude. Non sans raison : l’Italie a difficilement placé aujourd’hui mardi 13,5 milliards d’euros d’obligations, l’offre atteignant juste la demande et les taux étant en hausse prononcée depuis la veille. Elle doit à nouveau solliciter le marché vendredi, tandis que le Portugal devrait faire de même demain mercredi, sauf s’il repousse son émission.

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Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (I)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je suis en train de regarder en direct l’audition à la sous-commission d’investigations du Sénat américain. J’ai vécu aux États-Unis douze ans, de 1997 à 2009. Durant cette période, j’ai été très critique envers ce pays, comme je l’avais d’ailleurs été avant d’y résider, et comme je continue de l’être depuis. Aussi sévère que soit ma critique, j’ai toujours tenu à l’exprimer sans outrance, ce qui était ma manière d’exprimer le respect que méritait à mes yeux un pays qui me procurait avec générosité du travail à une époque où le continent où j’étais né me considérait sans aucune utilité.

Je regrette que le régime démocratique, dans tous les pays où il est en vigueur, soit dévoyé par le pouvoir de l’argent. La manière dont il l’est varie de pays à pays. Je regrette tout spécialement la manière choquante dont il l’est aux États-Unis, certaines de ses institutions, sa Cour Suprême en particulier, ayant été et étant toujours systématiquement complice d’un tel dévoiement.

À l’heure qu’il est, j’assiste à cette audition depuis deux heures. Ce qui m’épate, c’est la robustesse de ce régime démocratique, en dépit de toutes les forces qui s’opposent à son fonctionnement, en dépit des sommes colossales qui sont déversées pour le dévoyer dans son exercice quotidien. Il me semble quasi-miraculeux que des personnes, tel le sénateur Carl Levin, conservent – en dépit de la machine à broyer de l’argent – l’intégrité qui leur permet de s’opposer comme il le fait sous mes yeux, à ce rouleau compresseur.

Chapeau aussi au sénateur John McCain. Comme je l’ai laissé entendre ici durant la campagne des élections présidentielles américaines en 2008 : aurais-je été citoyen américain, je n’aurais pas voté pour lui en raison des valeurs que défend le parti républicain auquel il appartient. J’ai cependant été impressionné par la manière dont, d’entrée, il a affirmé sans équivoque qu’indépendamment du fait que le comportement de Goldman Sachs ait été légal ou non, il enfreint manifestement les principes de l’éthique.

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Ceux qui comprennent l’anglais et souhaitent suivre l’audition peuvent le faire ici.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: le spectacle est bâclé, par François Leclerc

Billet invité.

LE SPECTACLE EST BÂCLÉ

Dans ce moment de la crise, sans que cela diffère tellement des précédents, les calculs réels et présumés des acteurs qui occupent le devant de la scène apparaissent bien dérisoires et à courte vue. La crise grecque, voulue et provoquée pour l’exemple, a dérapé sans que son issue ne soit désormais aisément maîtrisable. Elle n’est cependant que le symbole d’une situation qui dépasse les frontières de l’Europe et atteint l’ensemble du monde occidental.

Certes, certains pays sont moins atteints que d’autres, mais est-il réellement pensable qu’ils puissent tirer seuls leur épingle du jeu dans un monde financièrement et économiquement aussi interconnecté ? Du Japon aux Etats-Unis, en passant par l’Europe, la dette va continuer d’enfler, sans que les bonnes résolutions adoptées le temps d’une rencontre puissent inverser la tendance. Sauf à accepter de prendre le risque de s’engager collectivement dans une longue déflation à la Japonaise accompagnée d’une crise sociale profonde et dure.

Jour après jour, la crise de la dette publique s’annonce donc redoutable. Car, par son ampleur, il ne peut plus y être trouvé de solution aussi facilement qu’on le croyait avec les recettes éprouvées. Les restrictions budgétaires pour réduire le déficit et la dette devraient être d’une telle ampleur qu’elles sont impraticables à une telle échelle, si elles ne sont pas relayées par une croissance économique, par ailleurs introuvable. Ben Bernanke, le président de la Fed, vient de reconnaître que la croissance ne suffirait pas à faire baisser le déficit budgétaire à un niveau acceptable. Le premier ministre grec, Georges Papandréou, vient de déclarer dans une belle envolée devant les députés : « La condition principale pour réussir (…) c’est de tout changer dans ce pays, économie, Etat, habitudes, mentalités, comportements, pour fonder une économie viable ». Un programme qui donne la mesure de ce qui ne sera pas fait et qui fait sonner par avance le glas d’ambitions qui ne seront pas tenues.

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L’actualité de la crise: une ornière qui mène dans le décor, par François Leclerc

Billet invité.

UNE ORNIERE QUI MENE DANS LE DECOR

Au petit jeu des citations, il n’y a ce lundi que l’embarras du choix pour établir le palmarès des propos les moins conséquents.

Sans nul doute, le premier prix doit revenir à Christine Lagarde, une habituée de la compétition, qui a déclaré à propos du risque de contagion de la crise grecque en Europe : « je ne veux même pas y penser ». Elle se voulait catégorique et, soyons honnête, c’était vendredi dernier. « Je crois que le plan qui se met en marche, la procédure qui est engagée, c’est de nature à re-stabiliser une monnaie qui en a besoin » a-t-elle poursuivi pour élargir son propos.

A propos de la politique suivie par le gouvernement allemand, elle s’est contentée de faire preuve de sa transparence habituelle et de constater : « C’est un formalisme auquel les Allemands sont attachés, ils ont raison ».

Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, n’a pas été en reste et est monté sur la deuxième marche, depuis l’université de Kobe où il s’exprimait devant les étudiants japonais : « Mon impression est que, malgré le fait que nos problèmes soient loin d’être terminés, je suis convaincu que nous maintiendrons la stabilité de la zone euro ».

Mais si tous les regards sont naturellement tournés vers la Grèce et l’Europe, on aurait tort d’oublier le reste du monde occidental. Naoyuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI, a mis en garde le Japon : « Même si les problèmes du Japon ne doivent pas être mis sur le même plan que la crise de la dette en Grèce, sa vulnérabilité budgétaire est en train de croître à des niveaux vraiment élevés ». Les agences de notation multiplient ces derniers temps les avertissements à propos de cette dette la plus importante du monde, que les commentateurs affectent encore de tenir pour négligeable au prétexte qu’elle est détenue à 95 % en interne. Ce qui n’affecte en rien le rythme rapide de sa détérioration et le besoin que commence à exprimer le gouvernement de se tourner vers les marchés extérieurs pour se financer.

A la sortie du G20 Finances de Washington, vendredi dernier, Timothy Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor des Etats-Unis, déclarait être convaincu d’une reprise pour 2011, tirée par la demande privée, afin que le pays puisse commencer à réduire son déficit. Il se montrait toutefois plus optimiste que Ben Bernanke, président de la Fed, qui avait déclaré mi-avril devant le Congrès « la hausse de la demande finale [sera] suffisante pour assurer une reprise économique modérée dans les trimestres à venir », sans pronostiquer une date, estimant en réalité que la hausse du PIB serait lente et qu’en conséquence des choix difficiles devraient être faits pour réduire le déficit. Une toute autre hypothèse que celle qui est lancée par Tim Geithner, qui comme l’ont fait au début de la crise de la dette les Européens, pense financer sa réduction par la croissance plus que par des coupes budgétaires. L’histoire a tranché.

En Europe, sans surprise, les taux grecs à 10 ans atteignaient 9,385% à midi ce lundi, tandis que les taux portugais (5,141%), irlandais (4,872%) et espagnol (4,033%) se tendaient. Ce palmarès est en permanence mis à jour et prend de plus en plus l’allure d’une catastrophe annoncée. Elle préfigurera, si elle intervient, ce qui va également ne pas manquer de se passer au Japon et aux Etats-Unis, et va forcer les gouvernements à tenter de sortir de l’ornière dans laquelle ils se trouvent. A produire autre chose que des déclarations du type de celle qu’ils ont adopté dans le cadre de l’Assemblée générale du FMI, samedi dernier, où la plus ferme des résolutions a été adoptée en faveur de la réduction des déficits publics, qui apparaissent de plus en plus comme l’expression d’une situation sans issue.

La crise de la dette publique va dominer tout le reste et imposer de tenter de trouver des solutions inédites, car elle est trop importante pour que les anciennes recettes fonctionnent.

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BFM Radio, lundi 26 avril à 10h46 – Le combat du siècle

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Joe Louis contre Max Schmeling, Marcel Cerdan contre Tony Zale, Sugar Ray Robinson contre Jake LaMotta, nous n’assisterons jamais à ces matchs légendaires mais – réjouissons-nous – il nous sera donné d’assister demain au premier vrai combat du siècle : Lloyd Blankfein contre Carl Levin. En direct à la télévision. Tout y est : le buzz, les déclarations tonitruantes des adversaires, chacun déclarant à la presse qu’il va disposer en deux temps trois mouvements de sa mauviette d’adversaire. À ma gauche donc, Lloyd Blankfein, 55 ans, P-DG de Goldman Sachs, la seule survivante avec Morgan Stanley des grandes banques d’affaires de Wall Street et, à ma droite, Carl Levin, 75 ans, président du Sous-Comité d’Investigations du Sénat américain.

On pense à la boxe bien sûr, on pense aussi à ces westerns où un drame compliqué en forme de tragédie grecque culminera dans un duel au soleil entre le bon et le mauvais. Dans la réalité, c’est le méchant qui a dû gagner le plus souvent mais à Hollywood – comme on le sait – ça a toujours été le bon. On saura donc mercredi matin si le grand combat s’apparentait davantage à Hollywood ou à la réalité. Il se pourrait aussi – et les cyniques le pensent certainement – que Mr. Levin ressuscite pour nous l’Ange Blanc d’antan et Mr. Blankfein, le Bourreau de Béthune, et que l’on se trouve donc ici davantage du côté de ces « sports » comme le catch qui n’échappèrent jamais au soupçon du combat arrangé.

Comment en est-on arrivé là ? qu’une nouvelle régulation de la finance américaine culmine en un grand combat frisant le ridicule ? Eh bien, on le sait : parce que dans sa tentative de mise au pas du milieu financier, l’État américain n’a encore obtenu aucun résultat probant. Au tapis en 2008, la finance s’est relevée grâce à l’assistance publique (c’est le cas de le dire !) et depuis, ne veut rien entendre. Mieux encore : elle a mobilisé sa nouvelle énergie à faire barrage contre tout changement des règles. Et dans cette entreprise, elle a réussi jusqu’ici. L’État américain s’est alors tourné vers une stratégie déjà éprouvée : contourner l’obstacle comme dans le cas du gangster Al Capone qui ne put jamais être inculpé pour extorsion et meurtre mais que l’on parvint à épingler pour fraude fiscale. L’équivalent de la fraude fiscale dans ce cas-ci, c’est cette affaire dont j’ai parlé la semaine dernière, où Goldman Sachs vendait à ses clients un produit dont la dépréciation avait en réalité été programmée à la demande d’un tiers, dépréciation dont elle bénéficiait financièrement elle aussi.

Qui va l’emporter ? C’est difficile à dire en raison de la qualité des équipes de juristes convoquées de part et d’autre. Une chose est sûre en tout cas : le monde financier était parvenu jusqu’ici à cantonner la question sur un terrain où il était en position de force : celui où il décidait lui-même de son propre avenir. Or c’est le pouvoir fédéral qui se trouve désormais en terrain favorable : le comportement du monde financier sera jugé non seulement par l’opinion publique, comme ce sera le cas mardi, mais s’il a gain de cause, devant de simples jurys populaires par la suite. La ligne de défense de Mr. Blankfein ces jours derniers – qu’il s’agisse des coups de téléphone passés à ses clients ou des communiqués de presse émanant de Goldman Sachs – suggère qu’il n’est pas bien préparé pour cette dernière éventualité : ses arguments en termes de stratégie de couverture et de « market making » convaincront certainement les financiers mais – hélas pour lui – personne d’autre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Les politiques à la hauteur des financiers

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le 16 mars, l’Europe s’apprêtait à voter la réglementation des hedge funds. Mr. Gordon Brown a appelé son homologue espagnol Mr. Zapatero pour lui expliquer qu’il allait devoir affronter des élections parlementaires dans des conditions difficiles (plus de 70 % des hedge funds européens sont domiciliés au Royaume-Uni). Le vote fut remis sine die.

La Grèce est à deux doigts d’un défaut sur sa dette. Elle a demandé vendredi que soit déclenché le plan de soutien qui lui a été promis par les membres de la zone euro et dont l’application peut la sauver. Mme Merkel tergiverse et prétend ajouter de nouvelles conditions. La raison : des élections régionales en Allemagne le 9 mai où sa politique étrangère « trop généreuse » vis-à-vis de la Grèce pourrait être sanctionnée.

Mardi 27, Lloyd Blankfein, P-DG de Goldman Sachs sera sur la sellette devant une sous-commission du Sénat américain. Il se verra reprocher l’irresponsabilité du milieu financier, cause de la crise.

Une question se pose cependant : en matière d’irresponsabilité, les financiers ont-ils quoi que ce soit à envier aux politiques ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’Île de Houat, il y a une quinzaine d’années

Jean-Claude Moschetti est venu me voir tout à l’heure : ses photos illustreront mon entretien à paraître dans Le Point. Nous nous sommes découverts des endroits de la planète où nous aurions pu nous croiser : le Bénin et l’Île de Houat.

Voici quelques photos prises par lui à Houat il y a une quinzaine d’années.

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Appel d’avril

Pour janvier 2010 : 2.378 €
Pour février : 2.616 €
Pour mars : 2.352 €

Merci pour vos donations en avril : objectif 2 000 € atteint !

Somme (brute) reçue à ce jour (30) pour avril : 2 092 €.

Contrairement au mois précédent, je ne me suis disputé avec personne sur un plateau de télévision en mars, ce qui – vous le verrez tout à l’heure – affecte négativement la fréquentation du blog !

Parmi les grands moments du mois dernier : les débats autour des élections régionales en France et la signification de l’abstention. Et la réaction que nous avons voulu manifester, François Leclerc et moi en publiant notre Contre-appel du 22 mars, auquel vous avez répondu avec enthousiasme et en masse – comme autrefois à la Proclamation de la patrie en danger (11 juillet 1792) 😉 – avec vos 406 commentaires à ce jour.

J’ai dû réduire le nombre de mes déplacements en mars parce que je n’arrivais plus à faire face à mes multiples engagements d’écriture, de parole et de discussion. Mes excuses à ceux qui auraient eu à en pâtir.

Je reprendrai mes pérégrinations en avril à un rythme qui m’est plus habituel : une intervention à Lyon, deux à Montréal et deux à Paris, dont l’une publique : à Sciences Po, le 15 avril, de 19h15 à 20h45 à l’Amphithéâtre Émile Boutmy, 27 rue Saint-Guillaume, 75007 Paris ; c’est malheureusement payant.

Dans les jours qui viennent : ce samedi 3 avril, dans le cadre de Les mots pour le dire de Pierre-Louis Basse sur Europe 1, je serai son invité pour Le temps de le dire, le « billet d’humeur » à 12h13.

Je froncerai sérieusement les sourcils le lundi 5 avril, dans ma chronique du Monde-Économie, intitulée « Le fil rouge ».

Je serai le mardi 6 de 19h20 à 20h au Téléphone sonne d’Alain Bédouet sur France Inter ; on parlera je crois de l’anniversaire du G20 (ça se fête vraiment ces choses-là ?).

Un peu plus tard, le dimanche 11 avril, je participerai sur la Chaîne Parlementaire (LCP) à un débat avec Patrick Devedjian et Philippe Askenazy : « Une crise fatale ? » dans le cadre de l’émission « Parlons-en » (diffusion à 8h35, 16h30 et 23h30).

Enfin, le jeudi 15 avril, de 7h20 à 9h00, je serai l’invité des Matins de France Culture.

Publication d’un article en mars : « Entretien avec Paul Jorion », dans la revue Cités, No 41, pp. 155-157. Dans le même numéro : « Entretien avec Henri Guaino », on nous a posé exactement les mêmes questions. Sans doute pour voir si nous avons une opinion différente ou si nous disons strictement la même chose. À vous de juger.

Sur le site « Paul Jorion », vous verrez que le manuscrit de « Le prix » a disparu et c’est une bonne nouvelle : le livre paraîtra en septembre aux Éditions du Croquant qui ont fait un excellent boulot en rééditant La crise du capitalisme américain en 2009. Je vous en présenterai la quatrième de couverture sous peu.

« Le blog de Paul Jorion » était toujours en mars No 1 des blogs économie sur Wikio.

Merci enfin à ceux d’entre vous qui ont traduit des billets en février – nous devrions recevoir bientôt du renfort de la part du même Wikio sur ce front-là. Merci aussi au modérateur bénévole – l’Homme-Mystère (hum ! hum !…) – qui a introduit un authentique professionnalisme dans la tâche ardue et ingrate de la modération et m’aide à moderniser la présentation des vidéos – pas de pull marin demain, c’est promis !

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Mon Québec à moi

Avant d’aller quelque part, on en a quand même une idée, faite de bric et de broc en général, et qui ne ressemble pas vraiment à la chose elle-même. Parfois le contraste entre le préconçu et le constaté se révèle d’ailleurs embarrassant : ce fut le cas par exemple pour moi et la Chine.

Je n’ai pas vu grand-chose du Québec cette semaine et il faudra y retourner – voir la forêt en particulier – et la pêche, qui me fascine partout, dans tous les pays du monde.

En attendant, voici mon Québec à moi, tel que je l’avais inventé dans ma tête avant mercredi.

Félix Leclerc

Le chanteur préféré de mon père, et dans une des chansons qu’il aimait tout particulièrement.

Carole Laure

Je suis allé la voir au Bataclan à Paris, un soir triste d’automne du milieu des années 1980. Je suis sorti de la salle de très bonne humeur, et toujours aussi amoureux des femmes – si vous vous demandez pourquoi, regardez la vidéo : la réponse s’y trouve (Nota Bene : certains d’entre vous se sont étonnés de la catégorie de billets « La race humaine », explication : si vous regardez quels billets j’ai mis dans cette rubrique, vous verrez que j’aurais pu l’appeler aussi bien « Les femmes et moi », mais « moi » ça aurait fait prétentieux).

Kate & Anna McGarrigle

J’ai évoqué la mort de Kate McGarrigle en janvier. Avant-hier, j’ai eu dix minutes à moi, j’en ai profité pour me promener sur Sainte-Catherine, en pensant à elle, et à la merveilleuse famille de musiciens dont elle faisait partie.

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L’actualité de la crise: le sur place n’est pas une option, par François Leclerc

Billet invité

LE SUR PLACE N’EST PAS UNE OPTION

Tandis que le G20 Finances se terminait à Washington sous le signe d’un sévère échec, faute de décisions, la crise de la dette publique en Europe rebondissait, en raison de l’attitude dilatoire du gouvernement Allemand à la suite de la demande officielle d’activation du plan de sauvetage financier de la Grèce. Mais que pouvaient-ils les uns et les autres décider ?

A Washington, en effet, un accord n’a pas pu être trouvé au sujet du projet de taxation des établissements financiers, dans la cacophonie ambiante à ce propos. Tandis que la déclaration finale alignait les pétitions de principe et les formulations creuses, réaffirmant à la fois la nécessité de préparer des plans de sortie de crise tout en estimant que le soutien public à l’économie devait être maintenu, « si cela est cohérent avec la viabilité des finances publiques », « jusqu’à ce que la reprise soit fermement conduite par le secteur privé et mieux établie ».

Les ministres des finances du G20, qui n’ont pas été en mal de phrases ronflantes à défaut de pouvoir annoncer une orientation commune claire, ont également « mis l’accent sur la nécessité d’avoir des politiques économiques bien coordonnées qui soient cohérentes avec des finances publiques saines, la stabilité des prix, des systèmes financiers efficaces et résistants, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté ». Demain, on rasera gratis !

Les gouvernements occidentaux, comme les banques centrales, n’ont plus d’autre politique que le sur place, dépassés par les évènements, incapables de prendre l’initiative, car cela supposerait des mises en cause qu’ils ne sont prêts ni à assumer, ni même à concevoir. Sans doute sommes-nous de ce point de vue arrivés à un tournant de cette crise. Les mots n’ont pas de prise sur elle tandis que les actes font défaut.

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