L’actualité de la crise: les Grecs otages de la dette européenne, par François Leclerc

Billet invité.

LES GRECS OTAGES DE LA DETTE EUROPEENNE

Dans l’attente de la fin annoncée comme très proche des négociations d’Athènes à propos du plan de sauvetage, le Financial Times a bénéficié de fuites sur les engagements que le gouvernement grec serait en train de discuter. Et déjà montent les interrogations sur la capacité de ce dernier à les tenir.

24 milliards d’euros de réduction du déficit sont prévus en trois ans. Parmi les principales mesures sociales figureraient une augmentation de la TVA de 2 à 3 points, le gel des salaires et des recrutements dans le secteur public, la réduction des 13ème et 14ème mois de salaire ainsi que l’adoption pour le départ à la retraite de l’âge de 67 ans, le gel des retraites dans le secteur public.  Dans ces conditions, le prochain test ne sera ni celui de la bourse, ni celui du marché obligataire, mais bien celui de la protestation sociale.

Des commentateurs, tel Nouriel Roubini, considèrent que ce plan n’est pas le bon et qu’il aurait fallu, de prime abord, procéder à une décote négociée de la dette grecque, afin de rendre possible le rétablissement de la situation. Son papier est intitulé: « la crise va s’étendre faute d’un plan B ». Il avait déjà été relevé que le taux d’environ 5% consenti pour les prêts bilatéraux des Etats le rendait périlleux. Tout se passe comme si les arbitrages péniblement effectués par les gouvernements européens, afin de mettre au point leur plan, résultaient de choix politiques et ne reposaient pas sur une hypothèse réaliste. L’idée étant, comme toujours, de gagner du temps.

La seule démonstration que ce plan va faire, c’est qu’il n’a pas d’avenir.

A bien y regarder, il y a toutefois une rationalité à celui-ci : écartant toute idée de décote, il protège en priorité les intérêts des banques européennes qui détiennent la dette grecque. C’est sans doute en raison de cela que le gouvernement allemand s’efforce d’obtenir des banques privées allemandes qu’elles s’associent au plan en s’engageant à acheter de la dette grecque. Une manière de montrer à l’opinion publique allemande que les contribuables ne sont pas seuls mis ….à contribution.

Les analystes n’ont d’ailleurs pas manqué de relever que l’augmentation du taux obligataire grec correspondait à la crainte qu’une décote soit décidée, ils ont donc été entendus.

Alors que comme Paul Jorion l’a montré dans son billet, la presse pousse un grand soupir de soulagement qui n’est pas réellement de mise – car si les taux obligataires de la Grèce, du Portugal et de la Grèce se détendent un peu, ils restent très élevés et la tendance est à la stabilisation – ses regards pourraient avantageusement se diriger sur le marché interbancaire.

Voilà ce que le Financial Times écrit ce vendredi matin :« Beaucoup de banques européennes n’ont pas accès au marché international de l’argent en raison du maintien des préoccupations concernant la Grèce, générant la crainte que certaines d’entre elles puissent s’écrouler faute de fonds. Les banques grecques et portugaises ne peuvent plus emprunter sur les marchés internationaux, alors que les banques européennes en situation de faiblesse luttent pour lever des fonds, en raison de la brusque montée du risque de contrepartie. Même des banques françaises et allemandes ont rencontré ce problème en raison de leur exposition à la dette souveraine grecque (…) Les banques allemandes, espagnoles et françaises doivent payer des intérêts élevés pour de la dette à court terme ». Le journal compare cette situation à celle de septembre 2008 (chute de Lehman Brothers), et la trouve semblable.

La crise européenne est en train de mettre en évidence la fragilité d’un système bancaire qui a financé – pour en tirer de larges profits – la dette des pays de la zone euro, et souvent même la dette de son propre pays. Le choix a donc été fait de protéger les banques. La prochaine étape sera à suivre du côté de la BCE, qui avait amorcé une timide décrue de sa politique de distribution de liquidités, et qui a déjà du renverser la vapeur en ne relevant pas comme annoncé le plancher de la notation des collatéraux qu’elle accepte de prendre en pension (les titres que les banques lui déposent en garantie). Les banques européennes sont redevenues malades, à peine étaient-elles déclarées convalescentes.

Aux dernières nouvelles, une réunion de l’Eurogroup pourrait avoir lieu par téléconférence ce dimanche, a annoncé Jean-Claude Junker, son chef de file, afin de mettre un point final à plusieurs mois de négociations.

Une autre période faite d’autant d’incertitudes va s’ouvrir. Les marchés vont suivre quotidiennement les péripéties de l’application du plan de sauvetage et des mesures d’austérité grecques, faisant désormais peser le poids de leurs réactions sur d’autres pays européens. La crise aura quitté sa forme la plus aiguë mais elle va s’installer sous sa forme chronique, des accès de fièvre brutaux n’étant pas à exclure. Elle était financière et économique, elle est en train d’acquérir sa pleine dimension sociale.

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47 réflexions sur « L’actualité de la crise: les Grecs otages de la dette européenne, par François Leclerc »

  1. on croise les doigts pour que les grecs suivent l’exemple des islandais, même si le cas est différent, étant ici sur une dette publique et non privée. néanmoins la révolte aurait pour objectif d’au moins tenter d’imposer une mise au pas du monstre incontrôlable qu’est devenu le système financier mondial, ce qui n’est pas la politique menée nulle part et qui garanti d’autres réjouissances de plus en plus catastrophiques. (enfin dans notre système de valeurs actuelles. si l’on en change, ça passera sans doute beaucoup mieux)

    1. Avionette: croyez vous vraiment que le système financier mondial soit devenu un monstre incontrolable?
      On a plutôt l’impression qu’ils contrôlent et savent exactement ce qu’ils font. C’est bien ce qu’on voit aujourd’hui, puisque finalement les dirigeants et décideurs protègent les banques, pas la Grèce.
      Donc on peut être certains que ceci se propagera à d’autres pays, puis à la France.

      La seule question est: « quand »?

    2. @Evrard

      Je n’ai pas l’impression qu’ils sachent ce qu’ils font.

      Mon sentiment est plutôt qu’ils agissent au plus vite pour engranger un maximum, sentant la fin venir.
      Depuis quelques temps il me semblent que tout ce que les banksters font est à courte, voire très courte portée, comme s’ils agissaient dans l’urgence, ne voyant plus d’avenir.

    3. Zorg, si vous avez écouté la dernière vidéo de Paul Jorion, il dit bien que ces gens sont extrêmement compétents, bardés de diplomes universitaires prestigieux.
      Comment des gens aussi qualifiés n’auraient pas été capables de voir arriver cette crise?

      Admettons qu’ils aient fait une erreur et n’avaient pas prévu ce qu’il se passe, alors leur technique reste la même: ils cherchent à faire un maximum de profit avec la situation présente, peu importe ce que ça amènera comme conséquences pour les populations.
      Bref, rien de nouveau dans le monde.

  2. « Elle était financière et économique, elle est en train d’acquérir sa pleine dimension sociale.  »

    Ca fait 20 ans qu’on est en crise sociale ! Elle ne va faire que s’aggraver et ce qui nous guette c’est la crise de la démocratie (normal de commencer en Grèce, berceau de celle-ci..) et, après la crise sociale, la crise financière, c’est la crise de civilisation qui s’annonce, avec aussi sans doute une redistribution des cartes au niveau mondial, avec la Chine – ça n’est pas une surprise – gagnante à tous les coups, surtout avec l’affrontement US/Europe.

  3. « Les Grecs ne doivent pas avoir peur du FMI », a récemment déclaré DSK.
    Et comme il a raison :
    Socrate n’avait pas peur de la mort.
    Pourquoi les Grecs auraient-ils peur du FMI ?

  4. Que peut-on faire avec un malade agonisant et même dans un coma irréversible.? Attendre la fin c’est à dire sa mort. La Grèce est perdue pour la zone euro alors soit elle sort de la zone et remet son sort dans les mains du FMI, le Docteur Strauss-Kahn étant un très bon « Spécialiste » de ce genre de maladie. Mais arrêtons de chercher sa résurrection, ce n’est pas le Christ que diable. Et vu son poids économique dans l’U.E, très faible, cherchons plutôt à guérir ceux qui sont même très malades mais pas encore morts comme le Portugal ou l’Espagne.Car si on ne fait rien ce sont eux les prochaines victimes des Marchés Financiers.

    1. Espagne, Portugal ? Ce sont les grands voyageurs, ils sont venus après les fils d’Ur, de Zeus, et de.. Janus..
      Actuellement il y a un attroupement au portillon, difficile d’y voir précisément.

  5. @F. Leclerc

    merci pour tous ces articles mais là j’ai du mal à suivre. Sans aucun mauvais esprit de ma part, je ne comprends plus rien. Vous concluez:

    « Elle était financière et économique, elle est en train d’acquérir sa pleine dimension sociale.  »

    Qu’est ce à dire? Elle est finie au niveau financier et économique? Le « gouffre » est donc derrière nous? Il n’y a plus de risque imminent (en semaines) d’un Big One?

    Merci

    1. Je crois que ce que François exprime dans cette conclusion, c’est le fait que la crise est (et continuera à être pour un bout de temps) financière et économique, mais que jusqu’à présent, en tout cas en Europe, ces conséquences sociales ne se faisaient pas encore trop durement sentir. Ce sera désormais le cas, malheureusement.

    2. « en train d’acquérir sa pleine dimension sociale » signifie aussi que les marchés vont avoir l’œil sur les « péripéties sociales », celles-ci étant susceptibles de provoquer l’échec des plans d’austérité.

    3. @Julien
      merci. Je répondrai « certes ». Mais il dit aussi que le coté aigu est passé. Aurai-je compris de travers?

    4. Les amortisseurs sociaux ont fait leur travail depuis le début de cette crise, mais malheureusement ils arrivent à épuisement et les dossiers « Banque de France particulier » sont de plus en plus sans aucune issue de solvabilité (annulation des dettes).
      Les petites entreprises de nos régions profondes ont des taux de non recouvrement qui dépassent les 5% et + ds les villes importantes, du jamais vu, les budgets investissements seront à minima ds les prochaines annèes. Seule, les très bien gérées seront pérennes.

      Chacun se rejettant les dettes des autres, ne serait-il pas plus équitable de tout mettre à plat, puis de repartir sur un bon pied, plus nous attendrons cette issue fatale et plus la chute sera dure.

      Mettre tout à plat et reconstruire différemment, nos richesses sont autour de nous (infrastructures et nature), entretenons les durablement, du travail assuré pour tous associé à un revenu de vie ou allocation universelle.

      Dans la rue demain, çà ne coute rien et en plus, un peu de marche c’est bon pour la santé. Au vu de nos maigres retraites, la marche à pieds sera notre quotidien, en citoyen prévoyant, il nous faut commencer à nous entrainer.

      Bonne marche à tous.

    5. @crapaud rouge.
      Merci.
      Mais il parle aussi de la fin de l’aspect aigu de la crise.
      Donc, le big one, la propagation au Portugal, à l’Espagne, tout ça, c’est fini? Plus de risque imminent de gouffre ?

    6. Il semble que le plan de sauvetage va être effectivement activé, évitant un défaut de la Grèce. Cela ne va pas empêcher les autres dérapages, notamment au niveau bancaire, la BCE s’efforçant de contenir ces derniers.

      Mais une nouvelle crise aiguë peut vite réapparaître, la situation reste très instable et est gérée au jour le jour.

    7. @F. Leclerc

      merci de votre réponse. J’avoue qu’avec le niveau de vos articles et de ceux que je lis en lien depuis que je viens ici, certes, je m’améliore et progresse, mais j’ai du mal. Un petit point gps ne fait pas de mal avant de reprendre une navigation à l’estime.
      Cordialement.

    8. La crise grecque, ‘morphing’, pour reprendre l’expression de M.El Erian: Les banques et assureurs européens détiennent 193 mds de la dette grecque, 240 mds de $ de la dette portugaise, 832 millliard
      de $ de la dette espagnole, selon des chiffres juste publiés par Businessweek

      Now it’s a European banking crisis

    9. @jeannot14

      Il n’y pas d’autre marche « qu’à pieds », je suis autant épuisé à le répéter sans cesse qu’à m’entrainer tous les jours.

      Pour le reste je suis d’accord…

  6. Avec un PIB de 250 Milliard d’Euros, le service actuel de la dette est de 13 Milliards d’Euros et le définit de 10 Milliards. (http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE63M1PW20100427)

    Le Banque centrale Grec se serait fait crédit à 0%, il n’y aurait pas de déficit ! Malgré la ponction des intérêts par les possédants depuis 40 ans. Il n’y aurait donc pas de dette non plus. La Grèce ne vit pas, et n’a jamais vécu, au dessus des ces moyens.

    Par contre il y a un peuple qui veille, deux parti communistes actifs, une forte syndicalisation dans les entreprises privées, et c’est cela que les marchés/l’oligarchie attaque aujourd’hui !!

    La propagande de médiats sur l’irresponsabilité grecque est assourdissante et systématique surtout de la part des économistes académiques…

    1. Je suis réellement surpris de ces chiffres mais s’ils s’avèrent exactes, alors la manipulation ultralibéral anarchiste marche à plein et nous tombons dans leur piège mafieu. En fait je pense qu’ils ne font que sauver les banques européennes de la faillite et qu’il n’y a pas de deficit public plus que la moyenne en Grèce et certainement mille fois moins que les deficits américains ou anglais. Mais il faut faire croire au peuple que les pertes du casino mondial privé sont en fait public. Quel gigantesque escroquerie! Merci à nos hommes et femmes politiques.

    2. jeu+oie.

      C’est pour ça que parler de ‘la dette’ ne signifie pas grand chose en soit : dette publique, dette privée, dette de l’Etat uniquement ?
      Ensuite, comme vous le montrez également, les dettes sont ‘inégales’ selon les pays, selon que l’on parle du capital restant dû et du service des intérêts de la dette.
      En France, on doit en être à environ 50 milliards … par an !! Second poste de dépense. Mais rien à voir avec la structuration de la dette grecque puisque les déficits annuels récents sont bien plus élevés que le service de la dette !!

      J’allais dire, heureusement pour nous, que l’on n’y regarde pas à plus près.
      Je serais curieux de savoir pour le RU …

    3. @zébu

      Dette de l’état apriori…

      Après 40 de ponction de richesse par les intérêts je trouve que la Grèce s’en sort bien. Son déficit est encore comparable à cette ponction de 12% donc entre la richesse produite PIB et le budget de l’état il y a cohérence. Le reste (le service de la dette) est tout simplement une rançon… Et on les juge la dessus.

      Le service de la dette UK (paiement des intérêts) représente 35 Milliards £. L’équivalent du budget de la défense.

    4. Merci pour le RU. On est donc à priori dans la même galère que pour la France (étant donné la taille du PIB, le montant du service des intérêts de la dette). A la différence près que pour le RU, le déficit annuel est > à 12%.
      C’est pour ça que le tour du RU sera, à priori, avant celui de la France.

      NB : il paraîtrait, selon un analyste de la BNP qu’une grosse banque anglaise pourrait faire défaut s’il venait à ce qu’un défaut grec advienne, étant donné son exposition. Je pense à la Lloyds mais aussi évidemment à RBS (écossaise en fait) …

  7. Quelle farce.
    Que ce soit par soulèvement populaire ou non, la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes.
    La démocratie (le peuple qui gouverne) s’éteint au profit de la « marché-cratie » dictature du marché. La world-companie en somme.
    L’Europe s’enfonce. Elle n’a négocié qu’un léger sursis. Elle n’a pas de plan B. Pas de but.
    Que nous propose notre société ? pourquoi aller se fatiguer a travailler ? Nous n’avons plus d’objectif sinon amasser de plus en plus de profit, sachant qu’ils ne seront répartis qu’entre les plus puissant/malins/roublard/vicieux.
    C’est un projet de société ça ?
    Le peuple Grec va continuer a se détourner de ses politiques et de l’économie nationale, pour aller vers le black-market, la résistance.
    Quelle blague toutes ces agitations en haut lieu pour brasser du vent et … toujours, toujours, toujours, plier aux 4 volontés du saint « marché », des banques.
    Ils ont oublié tout sens des réalité.
    Conséquences : montée de nouveaux « partis » … on rejoue la même patie qu’en 1920/30 avant le « plus jamais ça »

    1. Aucun des pays de l’OCDE ne pourra rembourser sa dette ! Sauf les rares qui ont des matières premières en masse (e.g. Australie, Canada,…) et les hyper-exportateurs, et encore…

      40 ans que, bon-an mal-an, les dettes s’accumulent. C’est mécanique et cela va s’accélérer. Donc ce n’est qu’une question de temps, et tout le monde y passera.

      Le seul avantage de la rigueur est de faire durer la souffrance. Autant dépenser sans compter et passer au cycle suivant plus vite.

      La question restante est: Changera-t-on de système ou repartirons-nous pour un tour ?
      La fin de l’énergie pas chère devrait nous guider. Un redémarrage après une faillite globale ne pourra se faire avec la croissance de ces 60 années passées…

  8. Eh oui, comme vous dites ,encore une fois le système mis en place ne protègera que les banques. Mais le revers de la médaille ,c’est que ce super plan de rigueur que les grecs vont essayer d’avaler ,aura pour conséquence d’accentuer la récession dans le pays : baisse de la consommation ,chômage et in fine moins de rentrées fiscales qui accentuera les déficits.Et retour à la case départ. Et ces mêmes banques , sauvées quelques temps ,ayant accumulées encore plus de créances grecques ,quand elles tomberont ,ça sera de beaucoup plus haut. Et les états n’auront que leurs yeux pour pleurer.

  9. Bonjour,
    Je lis dans le Monde diplo d’avril, extrait de l’article de Dean Baker « Et si la Chine cessait d’acheter la dette américaine », le propos suivant:
    « Supposons maintenant que la BC chinoise cesse brusquement d’investir dans la dette américaine, que ce soit pour sanctionner l’administration Obama ou pour toute autre raison. Selon les cris d’orfraie relayés par les médias, cela entraînerait une montée en flèche des taux d’intérêt aux Etats-Unis, ce qui ruinerait tout espoir de reprise économique. Or ce scénario d’horreur néglige un détail pourtant très simple: il ne tient qu’à la fed de prendre le relais en achetant les titres en souffrance.
    A cela, les spécialistes invités à débattre objectent volontiers qu’une intervention renforcée de la fed provoquerait une inflation galopante, le retour à la planche à billets. Une telle hantise est dénuée de fondement. La santé de l’économie américaine repose sur le volume des liquidités disponibles, non sur leur origine. Peu importe que ce soit la fed ou la BCChinoise qui tienne le robinet, dès lors que celui-ci reste ouvert. Quand la Chine achète des bon du Trésor, elle maintient des taux d’intérêts américains à un niveau modique, sans pour autant provoquer d’inflation. Il n’y a donc aucune raison de redouter une spirale inflationniste au cas ou la fed pallierait à la défection de son homologue chinois. »

    Je viens de terminer « l’argent mode d’emploi », et pourtant je ne sais pas quoi penser de cela. Vous me direz tel n’était pas le propos principal du livre, donc passons.
    Est- ce que le fait que les dollars servant à acheter la dette américaine viennent de chine ne laisserait pas la masse monétaire mondiale inchangée (les chinois paient bien en dollars?)? La fed prenant le relais elle ferait augmenter la masse monétaire mondiale? Ce choix est-il si anodin?

    1. « Est- ce que le fait que les dollars servant à acheter la dette américaine viennent de chine ne laisserait pas la masse monétaire mondiale inchangée, (les chinois paient bien en dollars) » ? Il me semble bien que oui, les Chinois ne font que recycler les dollars qu’ils reçoivent du produit de leurs ventes, ce qui permet à leur principal client de ne pas mourir par étouffement. Si la FED prenait sa place pour injecter des dollars, il y aurait sûrement de l’inflation car des dollars s’accumuleraient dans le système mondial au lieu d’être recyclés.

    2. Petite information sur le volume de treasuries détenus par la Chine:
      Feb Jan Dec Nov Oct Sep Aug Jul Jun Jun May Apr Mar Feb
      2010 2010 2009 2009 2009 2009 2009 2009 2009 2009 2009 2009 2009 2009
      —— —— —— —— —— —— —— —— —— —— —— —— —— ——

      China, 877.5 889.0 894.8 929.0 938.3 938.3 936.5 939.9 915.8 776.4 801.5 763.5 767.9 744.2

      L’original est disponible ici: http://www.treas.gov/tic/mfh.txt

    3. A ce moment là les chinois – et pas seulement eux – feraient pression pour que le dollar ne soit plus monnaie de réserve. Car personne ne veut d’une monnaie de singe. Et les USA se retrouveraient dans une situation à côté de laquelle celle de la République de Weimar serait enviable.

  10. « Dans ces conditions, le prochain test ne sera ni celui de la bourse, ni celui du marché obligataire, mais bien celui de la protestation sociale. »

    Et si la Grèce avait été « choisie » aussi pour cela ? Depuis plusieurs années, la jeunesse grecque a montré sa combativité dans la rue. Si « ça passe » en Grèce, le test sera positif pour les marchés et ce sera au tour du Portugal.

    1. Plus nous gagnons du temps et plus cela nous permet de mieux encore imposer arbitrairement nos seules valeurs de vie, d’abord les notres bien évidemment en premier.

      Il vaut mieux le faire sur un seul pays à la fois sinon la protestation mondiale deviendrait beaucoup plus difficilement maîtrisable.

      Il faut bien encore que le politique serve encore à quelque chose en attendant que les nouvelles générations d’être apprennent à vivre avec de plus de plus de chaînes de montage aux pieds comme à l’esprit, surtout face à une petite élite de gens devenant toujours plus riches et puissants sur d’autres c’est comme avec l’image d’une plus grande marée noire qui se répand.

      Défendre coûte que coûte nos fausses valeurs de vie et cela quel qu’en soit le prix à payer plus tard pour l’humanité et bien après nous, n’est-ce donc pas cela le plus important, penser d’abord à la matrice faire surtout d’abord de l’argent en premier alors la morale et l’éthique si vous saviez comme c’est bien le cadet de nos soucis surtout en période de grande crise mondiale, merci encore à nos vaines élites politiques de penser d’abord à elles.

      « La BCE va rester une source de financement pour les banques jusqu’à ce que la confiance revienne sur les marchés. Cela dit, le soutien de la BCE n’est pas illimité, rappelle Moody’s. »

      Les seules valeurs de l’argent, du pouvoir, de la politique, de l’empressement, du commerce, des armes, du pétrole, du tout pouvoir de plus sur les peuples ne se montreront pas toujours les plus rassurantes à voir pour les peuples en berne.

    2. bon en tout cas c’est pas les armes qui manquent en Grèce si les jeunes veulent se défouler … vu leur budget militaire que personne ne critique, surtout pas la France qui leur vend du matos haut de gamme.

  11. Moody’s abaisse les notes de neuf banques grecques.

    L’agence de notation financière Moody’s a annoncé vendredi qu’elle abaissait la note de solidité financière (BFSR) et de crédit de neuf banques grecques, maintenant une perspective négative, en raison des pressions sur le secteur bancaire dans le contexte économique grec.

    Moody’s pourrait encore dégrader les notes des dépôts et de crédit de ces banques lorsqu’elle réévaluera la note de dette à long terme de la Grèce.

    Les neuf établissements en question sont NBG (Banque nationale de Grèce), Eurobank, Alpha, la Banque du Pirée, Emporiki (filiale du Crédit Agricole), Agricultural Bank of Greece, General Bank of Greece (filiale de la Société Générale), Marfin Egnatia Bank et Attica, détaille Moody’s dans un communiqué.

    Moody’s avait déjà dégradé la note de BNG, Alpha, Eurobank, la Banque du Pirée et Emporiki le 31 mars.

    L’agence de notation estime que le contexte économique grec a des répercussions sur la solidité du secteur financier local, qui a de plus en plus de mal à avoir accès au marchés interbancaire et obligataire et s’appuie donc sur le financement de la Banque Centrale Européenne (BCE).

    « La BCE va rester une source de financement pour les banques jusqu’à ce que la confiance revienne sur les marchés. Cela dit, le soutien de la BCE n’est pas illimité, rappelle Moody’s.

    Autre difficulté pour le secteur bancaire: la mise en place de mesures pour redresser les finances est positive pour la solvabilité du pays, mais peut avoir un coût sur la croissance à court ou moyen terme, souligne l’agence de notation, citant pêle-mêle un risque de hausse du chômage, une baisse des revenus et une moindre rentabilité pour les entreprises.

    Romandie

    1. ça n’a pour l’instant pas eu de réelles incidences sur l’Athex ni même globalement sur les cotations des titres des banques concernées, notamment NBG.
      Mais il est vrai que l’annonce s’est faite en fin de semaine et en fin de semaine …
      Etrange, non ?
      A suivre lundi.

  12. L’Europe peine à soutenir la Grèce ; elle n’a pas les capacités de faire de même pour l’Espagne, voire même le Portugal. Et, quoiqu’il en soit, ces sauvetages se font à crédit ! Le petit tour de passe-passe qui consiste à emprunter à la place des grecs faisant déjà long feu.
    Le dernier round sera probablement social car je ne vois pas bien l’intérêt de soutenir un système économique et politique qui ne profite plus à la majorité des gens et nous condamne tous à terme.

    Évidemment que nos gouvernants privilégient le sauvetage des banques. Sans banques, plus de crédits ; sans crédits, plus de monnaie puisqu’ils ont eu la bonne idée de confier aux banquiers la planche à billets.

    Le Pen ironise déjà sur la nécessité de sortir de l’Euro et prépare des projets de textes en ce sens. Le pire, c’est qu’il a raison : la moitié des pays d’Europe au moins ne pourront suivre le train de l’Euro. Quant à la Grèce, quelles perspectives économiques de croissance avec une TVA au plafond et des salaires (déjà bas) laminés. Comment serons-nous remboursés ?

    Mais, et on ne le répètera jamais assez, il y a beaucoup trop de dettes en circulation pour espérer les éponger toutes. La faillite des banques est inéluctable. La seule inconnue étant de savoir sur quelle dette elles chuteront (cartes de crédit, prêts immobiliers aux particuliers, immobilier commercial, dettes souveraines,…).

    Pour survivre, le capitalisme a besoin d’une perpétuelle croissance exponentielle, donc de toujours plus de dettes. Nous sommes au bout du système : peuples et nations tondus et perclus de dettes, banques sans fonds propres, croissance en panne, début des tensions sur les matières premières, écueils écologiques majeurs (ex : Katrina, marée noire actuelle dans le golfe du Mexique, niveau d’eau des grands fleuves,…
    Et la Chine, qui fait comme nous, tirerait les marrons du feu : quelle blague !

  13. Plusieurs journaux titrent sur la simultanéité
    entre la rigueur imposé au peuple grecs et le soulagement
    des marchés.
    Il est difficile de ne pas y voir un racisme anti-populaire.

    Strauss-Kahn avait l’occasion de se montrer
    un véritable visionnaire d’une technique qu’il domine,
    comme ses amis le prétendent. Son expérience laisse penser
    que, effectivement, l’économie n’ aurait pas de secret
    pour lui; y compris ses aspects de contingence psychologique.
    Notons aussi que le rapport de force est en faveur du FMI-
    Le chantage déployé pour faire absorber aux grecs
    une potion parfaitement négative était et est opposable
    aux soit-disant marchés.
    En lieu et place d’une (amorce) de réforme, il a choisit
    de se laisser mener par les soit-disant marchés et
    les intérêts bancaires.
    Il avait annoncé la couleur en imposant (moralement)
    à la Grèce une baisse de salaire de 6%.

    Je souhaite et j’ espère que ces petites choses
    de la vie courante ne soit pas oubliées par ceux
    qui attachent un certain prix à la morale et à
    l’intelligence des aspirants au gouvernement.

    1. Il est en effet intéressant de constater comment les médias européens « conditionnent » dèjà leurs opinions au fait que les grecs vont se révolter, que c’était à prévoir mais qu’ils doivent néanmoins se résoudre à suppoter les sacrifices demandés. La matraque et le fumigène, quoique violents, sont dès lors, hélas (hellas), un mal nécessaire. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer car, de toute façon, le pays sera « sauvé » d’ici deux ans. Belle façon de montrer surtout, par la bande, ce qui attend les éventuels contestataires qui oseraient remettre en cause la belle solidarité européenne !!!

  14. @ François Leclerc :
    J’aurais deux petites questions si vous avez le temps d’y répondre, cela me permettrait d’avancer intellectuellement, étant actuellement en classe de rattrapage.
    titrisation : est-ce une solution pour diminuer le risque systémique bancaire (dont je pense qu’il est enclenché pour de bon, thanks to S&P et très récemment Moody’s sur les banques grecques), en titrisant les titres de dettes sur le marché secondaire ? Ou ne serait que reculer pour mieux sauter (Subprime II, dit aussi ‘subprimes obligataires’) ?
    inflation : l’arme de négociation massive des banques (et donc le ‘chantage’ aux états) n’est-elle pas ailleurs (ou aussi) que ‘simplement’ en contrôlant l’accès au financement des états ? Ne serait-ce pas aussi un chantage à l’hyperinflation, bien plus crainte par les états qu’une restriction aux financements, auxquels les états peuvent toujours répondre en faisant défaut sur la dette, totalement ou partiellement (Argentine par exemple) ? Car si toutes ces liquidités ‘dérivaient’ vers l’économie réelle, on aurait immédiatement une hyperinflation : then, thanks to the banks !

    Ce qui m’a toujours surpris, c’est que les analystes sont … surpris par l’inflation actuelle, ‘sous contrôle’ soit disant par les BC (via les politiques de taux de crédit). Mais j’ai rarement vu (mais j’en ai vu et c’est pour ça que je vous pose la question) des analyses portant sur les CAUSES de cette absence d’inflation importante et non sur le CONSTAT de son absence.
    Qu’en dîtes vous ?
    Merci par avance.

  15. Grèce : l’Eurogroupe mobilisé, 1er mai sous haute tension.

    Les économies exigées seraient de l’ordre de 25 milliards d’euros sur deux ans. Cet effort inédit au sein de la zone euro permettrait à la Grèce de ramener son déficit public d’environ 14 % du PIB en 2009 aux alentours de 4 % fin 2011.

    Les Echos

    Vous avez lu cette phrase ? « Cet effort inédit au sein de la zone euro permettrait à la Grèce de ramener son déficit public d’environ 14 % du PIB en 2009 aux alentours de 4 % fin 2011. »

    J’éclate de rire !

    C’est IMPOSSIBLE que le déficit public passe de 14 % du PIB à 4 % fin 2011.

    Est-ce que les dirigeants européens nous prennent vraiment pour des cons ?

    Ou alors est-ce qu’ils croient encore à toutes ces foutaises ?

    Je me pose la question.

    Cette phrase mérite d’être inscrite dans le bêtisier :

    « Cet effort inédit au sein de la zone euro permettrait à la Grèce de ramener son déficit public d’environ 14 % du PIB en 2009 aux alentours de 4 % fin 2011. »

    Et la marmotte enveloppe le chocolat dans le papier alu.

    Et le petit papa Noël dépose les cadeaux dans les souliers des enfants.

    1. C’est inexact.
      La marmotte met le chocolat dans les souliers des enfants, rien que pour les faire chier, coupe le papier alu et le peint en dollars, achète les cadeaux au papa noël, qui tout content, s’en va enfin acheter son Home Vidéo made in China qu’il attend depuis plusieurs noël et que personne n’a jamais pensé à lui offrir.
      C’est BUT qui va faire la gueule quand il va s’apercevoir qu’il s’est fait enfler par le père noël avec du papier alu …
      In fine ?
      Les enfants sont trop dégoutés de noël, vu qu’ils n’ont pas pu manger le chocolat et qu’ils ont les pieds tout sales : le prochain père noël qui passe, ils le chopent et le rôtissent. Fin du consumérisme.
      Les salariés de BUT se font licenciés à cause de l’arnaque du père noël, débarquent chez lui, lui défoncent son Home Vidéo et l’expulsent derechef en Laponie, ça lui apprendra. Fin du consumérisme.
      La marmotte, pendant ce temps, se fait bronzer aux Grenadines, les pieds dans l’eau, en se disant que le père noël, ça ça a été un sacré bizz’ …

      La morale de l’histoire ?
      Ne jamais donner de papier alu à une marmotte.

  16. Sommes nous entrain d’assister a un bailout Europeen, similaire a celui des USA?
    Un coup d’etat financier deguise en solution de la derniere chance, la mise en scene est remarquable.
    Les milliards perdus dans les derives derivatives vont donc etre payees par le contribuable pour permettre a nos chers amis banquiers d’etre enfin solvables.
    J’espere que la rue Grecque ne l’acceptera pas, apres tout, a qui profite vraiment ce sauvetage a des taux ridicules?

  17. Dans un temps pas si lointain l’espagne était cité en exemple pour sa croissance. Meme nos liberaux ump vantait le gouvernement socialiste espagnol en comparaison à nos socialistes « archaiques ». Socialistes, liberaux, conservateurs tous unis dans une seule religion celle de l’ultra liberalisme.

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