Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (I)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je suis en train de regarder en direct l’audition à la sous-commission d’investigations du Sénat américain. J’ai vécu aux États-Unis douze ans, de 1997 à 2009. Durant cette période, j’ai été très critique envers ce pays, comme je l’avais d’ailleurs été avant d’y résider, et comme je continue de l’être depuis. Aussi sévère que soit ma critique, j’ai toujours tenu à l’exprimer sans outrance, ce qui était ma manière d’exprimer le respect que méritait à mes yeux un pays qui me procurait avec générosité du travail à une époque où le continent où j’étais né me considérait sans aucune utilité.

Je regrette que le régime démocratique, dans tous les pays où il est en vigueur, soit dévoyé par le pouvoir de l’argent. La manière dont il l’est varie de pays à pays. Je regrette tout spécialement la manière choquante dont il l’est aux États-Unis, certaines de ses institutions, sa Cour Suprême en particulier, ayant été et étant toujours systématiquement complice d’un tel dévoiement.

À l’heure qu’il est, j’assiste à cette audition depuis deux heures. Ce qui m’épate, c’est la robustesse de ce régime démocratique, en dépit de toutes les forces qui s’opposent à son fonctionnement, en dépit des sommes colossales qui sont déversées pour le dévoyer dans son exercice quotidien. Il me semble quasi-miraculeux que des personnes, tel le sénateur Carl Levin, conservent – en dépit de la machine à broyer de l’argent – l’intégrité qui leur permet de s’opposer comme il le fait sous mes yeux, à ce rouleau compresseur.

Chapeau aussi au sénateur John McCain. Comme je l’ai laissé entendre ici durant la campagne des élections présidentielles américaines en 2008 : aurais-je été citoyen américain, je n’aurais pas voté pour lui en raison des valeurs que défend le parti républicain auquel il appartient. J’ai cependant été impressionné par la manière dont, d’entrée, il a affirmé sans équivoque qu’indépendamment du fait que le comportement de Goldman Sachs ait été légal ou non, il enfreint manifestement les principes de l’éthique.

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Ceux qui comprennent l’anglais et souhaitent suivre l’audition peuvent le faire ici.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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47 réflexions sur « Audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain (I) »

    1. Grèce: Merkel a perdu son pari

      Pour ceux qui croient que l’Allemagne veut avant tout imposer courageusement une vision de l’avenir, l’argument ne tient pas.
      Les dirigeants des pays de la zone euro devraient immédiatement se réunir pour sauver ce qui peut l’être. Malheureusement pour la Grèce, il existe une priorité : les élections en Rhénanie du Nord-Westphalie.

  1. Il n’existe qu’une solution face à des structures aussi monstrueuses que G.S (et autres…) la dislocation.

    Il faut démantibuler ces conglomérats capitalistes qui mettent le monde en péril.
    Il ne s’agit plus aujourd’hui d’expliquer pourquoi, l’immense majorité de la population en ressent la nécessité et
    cela est suffisant.

    Le seul langage que comprend la finance, c’est la violence. Reste à choisir entre celle qu’elle entend par mesures d’austérités ou autres imposer aux peuples ou celle que les peuples imposeront aux financiers en promenant leurs têtes au bout de piques.

    1. Pour ne pas en arriver là, il y a une manifestation pacifique et autorisée le mercredi 28 avril à 18h30 devant le siège de l’association française des Banques, 18 rue Lafayette à Paris dans le 9ème.
      Les parisiens ont de la chance d’avoir tout sous la main en ce moment.

  2. Bonjour M. Jorion

    Je sens un peu d’amertume dans vos propos 🙂 :

    « …à une époque où le continent où j’étais né me considérait sans aucune utilité »

    Ne pensez-vous pas que dans le milieu du travail « aussi » il y a la loi de l’offre et de la demande qui joue? Peut-être qu’a l’époque à laquelle vous faites référence, ce que vous proposiez comme services ne correspondait pas à la demande, tout simplement.
    Cela ne veut pas dire que vous étiez « d’aucune utilité » 🙂

    De plus en plus les jeunes seront amenés à changer plusieurs fois de métier dans leur vie. Moi-même qui approche les 50 ans j’ai connu cela.

    Et aux USA plus qu’en Europe d’après ce que je sais on change(ait) facilement d’emploi.

    Il faudra peut-être être de plus en plus souple et s’adapter en Europe aussi, à la demande d’emploi… ou créer son propre emploi.

    Amicalement

    1. Je ne pense que ceci s’explique uniquement par la loi de l’offre et de la demande. Il y a des demandes « réservées ». Il y a aussi parfois des règles trop lourdes qui rendent difficile l’accueil de nouveaux collaborateurs notamment aux parcours atypiques.
      J’ai pas mal d’exemples autour de moi. Le dernier en date est l’un de mes fils, dans un tout autre domaine professionnel. Il part aux US qui n’hésitent pas deux ans pour proposer un contrat s’ils constatent que les compétences sont là, quelque soit l’âge ou autres considérations diverses.

    2. C’est vraiment regrettable que les dinosaures et toutes les créatures disparues par suite de l’évolution ne puissent pas se plaindre de la non-reconnaissance de leur utilité.
      C’est la faute à qui ?

  3. Très pris je ne peux que dire ceci:
    À quoi sert donc la démocratie politique sans la démocratie économique?
    Que représentent vos droits politiques si vos droits économiques sont à peu près inexistants, si l’ « Homme », celui dont on parle des « Droits » est réduit et bloqué à la situation d’avoir. S’il a il a des droits, s’il n’a rien il n’aurait pas de droit? Ces « Droits » dont on parle ad nauseam, que deviennent-ils vous avez sempiternellement les poches vides?

    L’argent représente les actifs d’une nations, des nations et aucunement des banques qui prêtent sans même produire un grain de riz ou de blé. Les principales institutions financières ont détourné, partout, à leur profit les actifs des sociétés civiles, en nous refilant des dettes tueuses d’intérêts à leur payer sans fin, des dettes avec de l’argent qu’elles considèrent comme le leur, alors que cet argent est en réalité celui de la société qui produit les biens sans lesquels l’ « argent-des-banques » ne vaudrait rien, absolument rien. Les banques volent les actifs des sociétés, il est grand temps que les sociétés reprennent ce qui leur appartient. Vous ne croyez pas? Ce serait interdit d’écrire ceci?

    1. Bien sûr qu’un vrai citoyen devrait avoir au minimum des notions de marketing pour comprendre ce qu’on cherche à lui faire gober et comment. Que conclure de cette Croate qui s’est réveillée en parlant Allemand bien mieux qu’elle ne l’avait appris pendant une année auparavant: la preuve que tout est là, en mémoire morte, et qu’on ne l’active que lorsque la zone cérébrale en question est activée (par ex. être à l’étranger et devoir absolument parler pour pouvoir se nourrir et survivre). Et si tout reste là, alors toutes les images qu’on voit aussi… Donc, il nous faut une initiation au marketing et une autre à l’histoire de l’art !

      Quant à l’audition, je ne peux pas m’empêcher de lui trouver un aspect gênant: il semble que les politiques se retournent contre les financiers après avoir été bien contents que ces derniers occupent le peuple ébahi et heureux avec son boursicotage excitant… Les mêmes politiques qui savaient parfaitement ce que Wall Street faisait mais ne l’a jamais critiqué car c’était alors le camp de ceux qu’on traite de « radical ».

  4. Merci M. Jorion pour le lien. Elle est effectivement très instructive sur l’évolution de la pensée chez certains sénateurs américains. J’ai particulièrement apprécié le parallèle entre market makers et market manipulators,

    Quant à la défense de Goldman Sachs elle est aussi maladroite que possible.Et j’ai particulièrement apprécié la défense visant à dire que Goldman Sachs disposait de sa propre notation et qu’elle ne se référait donc pas à la notation des agences de notation.

  5. en quoi cette audition represente telle le duel du siecle selon Francois Leclerc ? quels en sont les enjeux ?

  6. Je pense qu’il faut ressentir beaucoup de déception devant la vie et le vide politiques français pour montrer autant d’enthousiasme pour la « démocratie » à l’américaine ! GS aurait « enfreint manifestement les principes de l’éthique » ? Diantre ! Mais de quelle éthique parlez-vous ? Il n’y en a jamais eu ! GS ne s’est livré qu’à un trucage plus grossier que les autres, sans plus, et John McCain ne fait que surfer sur la vague, lui dont la faillite de Lehman et le début de la crise avaient ruiné les chances de l’emporter contre Obama. John McCain est hautement honorable, c’est sûr, il beaucoup milité contre la torture, mais en matière économico-financière il est aussi nul que ses confrères.

    Je m’interroge toujours sur cette faculté très spéciale de l’Amérique à s’interroger sur la vérité. Certaines affaires prennent des proportions gigantesques, le Watergate par exemple, ou la fameuse tache de sperme sur la robe d’une secrétaire présidentielle, mais d’autres ne font jamais surface, ou n’empêchent pas un président de finir tranquillement son mandat. Je pense bien sûr à Bush junior qui a menti comme un arracheur de dents pour justifier sa guerre en Irak. La-bas comme ici, le vent de l’éthique ne souffle que quand il se trouve, cachés quelque part, des intérêts pour le faire souffler.

    1. Mais citons monsieur Jorion en personne, in « Crise financière et logique de la prédisposition« :

      Hegel ridiculise la logique de la prédisposition au nom de la prépondérance du collectif. Il attire l’attention sur le fait que la quasi-infinité des interactions entre ces prédispositions individuelles ne peut produire qu’un gigantesque bruit de fond dont le seul résultat observable est leur aboutissement global, autrement dit l’Histoire. Nous ne pouvons tirer d’enseignements que du seul passé, et ceux-ci ne portent en général que sur le collectif.

      Alors, bien que cette audition puisse être un premier pas historique, dans l’immédiat elle fait encore partie du « bruit de fond » hégélien.

    1. situation etrange
      le CAC s’ecroule parce que meme le portugal ne pourra pas pretter a la grece (pretter a 5% alors qu’ils doivent emprunter a 5,30 % °
      et le DJ qui baisse ,mais a cause du procés fait a GS …
      il n’y a pas de relation entre ces evennements…

  7. La Grèce ce n’est que le début de la fin pour le petit poucet un petit hors d’oeuvre un autre petit amuse bouche mais c’est après que les choses vont se gater et se précipiter en vitesse, comme en bourse. Et puis à coté de cela et au même moment nous avons toujours  » Shérif fait moi peur  » aux Etats Unis et avec Obama.

    http://www.youtube.com/watch?v=nqK7lzptTmU

    Source wikipédia:
    Dans Shérif fait moi peur, La famille se frotte souvent au shérif Rosco P. Coltrane et au maire, Jefferson Davis Hogg, dit J.D. ou Boss Hogg, aussi corrompus l’un que l’autre, qui rêvent de les mettre sous les verrous. ( Mais n’y arrivant toujours pas c’est comme avec le spectacle politique )

    Les épisodes sont ponctués de courses poursuites devant les nombreuses voitures de la police aboutissant souvent à des sauts de General Lee devant les caméras.

  8. Ca commence à chauffer!

    Je note que la stratégie de défense de GS est celle indiquée par Paul:
    1- les opinions « off » des salariés de GS n’engagent que ceux qui les tiennent et non pas GS. Comme dans n’importe qu’elle entreprise on trouve une variété et une multitude d’opinions sur les activités de l’entreprise elle même?
    2- Chacun fait consciencieusement son job dans le département qui est le sien. Chaque « tâche », en elle même est réalisée de manière professionnelle. Cette stratégie de « cloisonnement » a l’immense avantage de protéger chacun dans sa petite sphère, soumis à chaque fois à des contraintes d’ordre spécifiques (en plus de celles du « marché ») qui expliquent ceci ou cela.
    Surtout disparaît subrepticement l’élément essentiel de la personnalité morale de GS: une certaine forme d’intentionnalité.
    3- Chaque transaction en elle-même est parfaitement légale et personne n’oblige personne à acheter un produit toxique/pourri. Du reste le contenu des produits était communiqué aux acheteurs potentiels. Les actions de GS s’expliquent donc toujours sans qu’il soit nécessaire d’invoquer la duplicité ou le « dol ».
    4- De ce point de vue, il ne reste plus qu’une solution: admettre que c’est le système global dans son ensemble qui est mauvais/ corrompu. Si la commission en vient à cette conclusion, GS a gagné car la question devient alors une question de politique publique.

    Je note l’habileté de la commission qui porte les attaques les plus violentes, argumentées, une fois comprise la ligne de défense qui sera utilisée par GS, testée au préalable par des questions moins « délicates » sans référence à des éléments précis du dossier.
    Le chairman est un redoutable pêcheur… de requins. Le français est plutôt bon. Le « it could have been more accurate » est une arme de justification massive!

  9. je suis assez surpris tout de même du retour que l’on a dans les médias français.
    L’arnaque de Madoff qui avait fait un ramdam hallucinant pour 5 milliards, ici la banque la plus importante de wall street et des milliards de dollars… Sans ce blog, je crois que je n’aurais même pas prêté attention à ça…

    1. Madoff, C’était 50 milliards, non ? 10 kerviels.
      Et puis un Ponzi tout bête, comme ça, pour les intellos français, c’est « forcément sublime », comme disait Mme Duras.

      Tandis qu’on jonglage intllectuellement avancé mais chez les autres, bouh, on va pas en parler : C’est nous les français les champions des intellos, comme on dit en Germanopratie. Vous n’allez pas vous plaindre d’un peu de Jalousie bien placée, que diable.

  10. Hhmm..
    Mr Jorion. Vous devriez savoir que le mot « éthique » n’a absolument pas la même signification pour les anglo-saxons…
    Chez eux, il est juste fonction de la grosseur du portefeuille.
    Buffet est donc « éthique » (et demi-dieu)

  11. A la suite de Crapaud rouge, 19h54 : j’ai moi aussi bien des doutes sur l’acte de démocratie (réel en apparence) que représente cette audition, car au fond , elle vise à 3 choses :
    – montrer à l’opinion la solidité de la démocratie et la confiance que le peuple en retour peut accorder aux institutions et au monde politique : poursuivre les tricheurs qui devront payer.
    – dédouanner la classe politique de ses responsabilités avant la crise (et après aussi) : parodie, parce que comme il est dit et redit ici, les mêmes qui auditionnent cautionnent (et pour beaucoup encouragent) depuis trop longtemps les nuisances de l’industrie financière et leurs acteurs les plus sauvages.
    – enfin, cette parodie camoufle que les pratiques dites légales dans le monde de la finance sont tout aussi dévastatrices pour le bien commun (la société) que les illégalités débusquées deci delà, et qq fois mises au grand jour comme ici.

    Et que tout ce tapage, bien qu’utile, n’ à des chances de produire qu’un petit vernis superficiel de bonne conduite démocratique.

  12. Y a pas du tout de krach..vous ne savez pas encore que tout est truqué depuis mars 2009 ?Dés que la baisse à WS est supérieure à 1.8 pct la fed achète ….tout est truqué aux USA ..l’immo..les primes à la casse,à l’emploi,les chiffres du chômage etc etc…les comptes des banques ne contiennent plus les actifs toxiques etc etc..donc s’il devait y avoir un krach 2…cela se saurait…élections US midterms en novembre….il ne se passera rien avant cette échéance par contre..2011 attention danger..car les élections seront passées aux US en UK,en Allemagne quasi dans tous les landers….et on sera 1 an avant la présidentielle en France…..Le Brésil vote en octobre 2010 aussi (mais tout le monde s’en fiche….malheureusement)….donc krach no way ….

    nb:si Cameron gagne le 6 mai bonne chance car une ‘heureuse’ surprise l’attendra dans les placards laissés ouverts par Brown un peu comme en Grèce…..j’ai de gros doutes aussi sur les ‘comptes’ à la berlusconi et aux spéculateurs de santander en Espagne….quant à l’Irlande elle a fait semblant de devancer l’arrivée du FMI ou d’une quelconque demande d’aide avec un premier plan de rigueurvoté en janvier ..et en faisant sa ‘bad bank’ avant tout le monde….

    Si la Grèce tombe c’est surtout la SG,BNP,DB etc qui tombent donc idem cela n’arrivera pas ….malgré les déclarations contradictoires de Merkel….car on vote le 9 mai chez elle….comme par hasard la réunion européenne sur la Grèce aura lieu le ..10 mai…..étonnant non?

    Et puis madame Lagarde l’a dit :la crise est  »dernière nous »…no comment

  13. Un e-mail de Fabrice Tourre, le directeur français de Goldman Sachs, qui est actuellement sur la sellette, m’a fait rire, même si en soi l’affaire n’est pas marrante.

    « However, in another email, Tourre revels in his role as CDO salesman, betraying little sympathy for those who may suffer losses from the housing collapse.

    In the June 2007 email to a friend, Tourre said he managed to sell a few abacus bonds to « widows and orphans » he met at a Belgian airport.

    « Apparently these Belgians adore synthetic abs cdo2, » he wrote, according to Goldman’s disclosures. »

    Question: des Belges de chez Fortis ou de chez Dexia?

  14. le dernier round a été terrible pour GS, un upercute prés une serie de droite et de gauche.

    Le match reprends …

  15. Difficile de se détacher du lien C-SPAN, mais nous allons bientôt
    enfin savoir si l’humanité n’est que le troupeau domesticable à volonté,
    tel que fantasmé par certains.
    j’y retourne

  16. C’est vrai que c’est un spectacle assez fascinant, en ce moment c’est le sénateur du Delaware qui est en train de passer Blankfein sur le grill.

    Cela dit, quand on sait que le Delaware est le plus gros paradis fiscal au monde (et de loin!), ça relativise en effet un peu l’enjeu de la chose, qui ne peut-être bien rien d’autre… que du spectacle!

  17. @ Paul Jorion :

    Pensez-vous que le sénateur Carl Levin a, toutes proportions gardées, les mêmes ‘fonctions’ qu’a pu avoir Ferdinand PECORA, procureur et conseiller auprès de la Commission des Affaires monétaires et Finances du Sénat américain, qui conduisit les auditions en 1933 des grandes banques ?

    En clair, la mise en place de ces auditions, publiques, ont permis à FDR de renverser définitivement l’opinion publique à l’encontre des banques et de faire passer le fameux Glass-Steagall Act, n’est-elle pas en train de ressurgir actuellement, pour faire basculer l’opinion ?

    Ne sommes-nous pas en train d’assister à un ‘tournant’ politique, même mineur, de la crise aux USA (ou alors je prends mes espérances pour des lanternes) ?

    PS : on retrouve d’ailleurs les deux protagonistes dont vous parlez dans votre article (Levin et Mc Cain, avec Obama) sur la photo de l’article ci-dessous, sur le projet du même Carl Levin de faire passer son projet de «Stop Tax Haven Abuse Act».
    http://www.24heures.ch/actu/suisse/washington-veut-frapper-multinationales-sises-suisse-2009-03-13

    1. L’Histoire répondra à cette question, zébu, il est trop tôt pour se prononcer. Si quelque chose en sort, ce ne sera pas de leur contenu qui restera creux, mais de leur simple existence qui réactive le primat du politique sur l’économie et la finance.

    2. abzzzzzolument, Crapaud Rouge !
      C’est pourquoi je pensais à la Commission PECORA, qui n’avait rien permis en rien sur le sujet SAUF justement à faire revirer l’opinion publique contre les méchantes banques et surtout à leur faire prendre conscience de la nécessité d’un contrôle du système, ce qui, in fine, a servir à FDR pour mettre en place sa politique et/ou la légitimer. Et c’était bien le principal.
      Mais sans Pecora et sa commission, dont les auditions furent (aussi) publiques, le ‘travail’ de FDR aurait rendu bien plus complexe et hasardeux.
      Cordialement.

    3. D’après Libé, Les républicains lèvent leur blocage sur la réforme de Wall Street, ces auditions font donc partie d’un processus politique plus vaste. Mais cet article dit en substance:

      Les républicains ont obtenu des assurances de la part des démocrates sur le fait que des «changements seront apportés pour mettre fin au sauvetage (d’institutions financières) au frais des contribuables et à l’idée dangereuse selon laquelle certains institutions sont trop grosses pour faire faillite», a indiqué le chef de la minorité républicaine, Mitch McConnell, dans un communiqué publié peu avant l’annonce de l’accord.

      Je suis ahuri de voir qu’un blocage ait pu se poser en ces termes qui prouvent que les républicains n’ont pas compris qu’il n’y a nulle part de parois étanches. Sans doute les républicains imaginent-ils qu’en supprimant l’aléa moral on réduira la propension des gros établissements à prendre des risques, mais ils n’imaginent pas que cet aléa ressurgira de façon telle qu’il est vain de prétendre l’interdire. C’est comme le pacte de stabilité des Européens : c’est parfait tant que tout va bien, mais c’est intenable au premier coup de vent.

  18. Pour mieux divertir et endormir l’opinion publique.

    Cela me rappelle un autre événement fort médiatisé et s’étant produit il y a de cela pas si longtemps en France et suite au passage de certaines personnes importantes devant les membres d’une commission parlementaire, puis qu’avons-nous vu de mieux ensuite et en matière d’éthique ? J’ai bien peur hélas que tout cela ne suffise pas à rassurer les peuples déjà forts mécontents et en colère, les choses vont beaucoup trop vite de nos jours merci encore à nos élites mondiales et qui préfèrent de nouveau nous dire que le temps c’est surtout de l’argent et du pouvoir avant tout de plus à l’antenne.

    1. Oui mais, la France c’est pas les US. Ils sont capables de tout, là-bas, du pire et du meilleur. En France on est beaucoup plus bourgeois : on ne lave le linge sale en public que si on ne peut pas faire autrement, puis on l’oublie aussitôt après. Avec Sarko qui s’occupe de tout, il ne faut pas s’attendre à autre chose. Le fameux « Grenelle de l’environnement », par exemple, pour moi il était d’emblée évident qu’il serait mort et enterré. C’est chose faite depuis longtemps. Je ne comprends toujours pas que des tas d’écolos aient pu y croire.

  19. Aussi sévère que soit ma critique, j’ai toujours tenu à l’exprimer sans outrance, ce qui était ma manière d’exprimer le respect que méritait à mes yeux un pays qui me procurait avec générosité du travail à une époque où le continent où j’étais né me considérait sans aucune utilité.

    Vous n’êtes certainement pas comme ces jeunes voyous français qui insultent lors des matches de football le drapeau et les joueurs de leur pays. Eux aussi ,ou du moins leurs parents, se sont vus procurer du travail que leur ancien pays ne leur offrait plus. Ils n’en continuent pas moins à mordre la main secourable que la France leur tend. Ces gens là n’ont pas lus comme vous Michéa.

    De cette remarque, très zémourrienne, il ne s’ensuit certainement pas que l’attitude des jeunes des banlieues françaises soient inconvenante. Eux qui n’ont pas comme vous le respect du pays d’accueil et insultent copieusement a toutes les occasions le drapeau et les symboles nationaux du pays qui ,leur a offert un travail que ne leur procurait plus leur propre pays.

    1. Oui, heu, bon, ben si on commence à causer drapeau, valeurs, travail, patrie, respect, première puis seconde puis troisième génération d’immigrés, puis zemmour et consorts on n’est pas sortis de l’auberge. J’exècre par-dessus tout les discussions de débiles mentaux qui ne manqueraient pas de s’ensuivre.

  20. Well, McCain difficile d’approuver vos propos… tout en cultivant soigneusement son image de « maverick » au bon sens commun sur des sujets consensuels, il s’est depeche d’enterimer une des lois les plus discriminatoires depuis la segregationdans son etat d’Arizona. Meme Tancredo, un espece de magouilleur d’extreme droite nationaliste et raciste trouve que ca va trop loin…
    Sachant que quand meme McCain avait ete, jusqu’a la campagne 2008, plutot souple en matiere d’immigration (pour des raisons economiques a priori), tout ce qu’on peut dire de ce type c’est qu’il n’a ne respecte d’autre valeur que celle d’etre reellu tous les 4 ans.
    Comme disait je sais plus qui durant la campagne, depuis quand avoir ete torture par les viets donne une legitimite a ce qu’on raconte. Et en plus, pour la torture et l’administration Bush, apres s’etre oppose et avoir ouvert sa bouche il a mange son chapeau et a tout enterime,… comme d’habitude.

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