133 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 30 avril 2010 »

  1. A priori, l’annonce du déclenchement du plan d’aide à la Grèce devrait se faire dimanche.
    Je connais au moins une victime collatérale : Mme Merkel, qui va se prendre une baffe aux élections sénatoriales du 09 mai. Et ensuite une sous-collatérale, l’alliance de la CDU-CSU avec le FDP. Et ça, c’est finalement plutôt bon pour l’Europe …

    Les marchés se relâchent, blablabla …

    Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur le marché des obligations, on en oublie les valeurs bancaires :
    1/ dégradation de 8 (!!) banques grecques par Moody’s. On verra ce que donnera l’Athex lundi.
    2/ surtout, malgré l’imminence du plan d’aide, ‘les marchés’ ne sont toujours pas ‘convaincus’ (ou continuent de mettre la pression) par certaines banques européennes, en particulier celles qui sont exposées en Grèce. Car alors que beaucoup de banques avaient encore connu aujourd’hui, après hier, une augmentation de leur valeur, certaines valeurs continuent de baisser, dont :
    – Crédit Agricole (une des plus forte baisse),
    – Crédit Suisse,
    – Société Générale,
    – Dexia,
    – UBS, …
    Un véritable catalogue des banques qui sont ou ont déclaré être exposées au ‘risque grec’.

    J’aurais (un peu) tendance à me répéter mais le risque systémique bancaire est non seulement enclenché, mais aussi que ‘rien’ ne semble être fait pour prendre sa mesure (encore une fois) et que ‘les marchés’, inexorablement, mettent la pression non plus sur les seules banques grecques (‘roupies de sansonnet’, au vu des capitalisations comparées) mais bien sur les ‘propriétaires’.

    On passe à un niveau supérieur et je ne vois rien qui puisse me rassurer à ce sujet …

    1. Mais qui m’expliquer ces commentaires de « fin du monde » quand je lis que le risque pour le CREDIT AGRICOLE en Grèce est de 850 millions d’Euros, je le repète une goutte d’eau, non !!! .

      Pourquoi cette panique concernant les banques ? oui, il y aura des dépréciations, mais elles s’en relèveront.

    2. Qd on compare la crise grec comme le prochain Lehman Brothers, je vous rappelle que qd cette dernière s’est ecroulée, c’est 600 milliards de dollars qui se sont évaporés. Nous ne sommes pas dans ces ordres de grandeurs aujourd »hui pour la Grèce. Nous n’en sommes pas là

    3. @ coucou :
      Je ne suis pas un expert et toute position est à débattre. En conséquence, je risque fort d’avoir tort, ou raison. Ou ni l’un ni l’autre. Mais peu importe puisque ce ne sont que des risques (je ne dis rien d’autre) et que l’essentiel est de comprendre les enjeux et les mécanismes.
      Il me semble, et n’importe qui peut me corriger n’importe quand (j’ai pas dis n’importe comment) que le risque systémique bancaire est enclenché, notamment sur l’exemple donné.
      Et ce pour plusieurs raisons.
      D’abord, l’évaluation de l’exposition ne peut être … qu’une évaluation, soit par des analystes externes, soit par la banque elle-même. Mais dans les deux cas et pour des raisons différentes, ce risque ne peut être qu’une évaluation. Et le fait est qu’une banque ces derniers temps n’a pas intérêt à effectuer une sur-évaluation de ses propres risques, pour des raisons évidentes. On peut donc soupçonner qu’en réalité (soupçons qui se sont révélés et qui continuent à l’être, puisque que les banques continuent à déprécier leurs actifs régulièrement concernant, entre autres, le subprimes) à les sous-évaluer.
      Ensuite, concernant Emporiki, il me semble que c’est un cas à la fois symptomatique et en même temps singulier. Symptomatique car cette banque a été privatisée puis vendu au Crédit Agricole en 2006, pendant la ‘grande’ période libérale de Karamanlis 2002-2009, comme faisant partie de « l’apurement » de la situation économique grecque, dont on voit aujourd’hui les résultats. Achetée près de 3 milliards en 2006, sa valeur presque 4 ans plus tard a été décoté de presque 30%. En 4 ans, le Crédit Agricole y a injecté plusieurs milliards, afin de renflouer sa filiale, dont il est devenu quasiment l’unique propriétaire, en montant régulièrement en capital. Au jour d’aujourd’hui, plus de 7 milliards d’euros (oui, vous lisez bien : 7, soit plus de deux la valeur de l’achat) ont été versés sous formes d’avances et de prêts. En 2009, Emporiki a plombé presque autant les comptes de CASA que sa branche investissements, qui pourtant a morflée veugra avec les subprimes (branches en cours de fermeture) : -850 millions d’euros, rien que pour cette année 2009. 4ème banque grecque, Emporiki est donc ce qu’on appelle une ‘savonnette’ et CASA a prévu de revenir à l’équilibre courant 2011, pas avant. La personne qui a géré cette acquisition a été ‘remerciée’ au siège fin 2009. C’est dire la stabilité de la chose. Emporiki n’est cependant pas la seule dans cet ‘état’. D’autres banques grecques sont aussi sinon plus, dans la panade : ATEbank notamment dont récemment il avait été envisagé une fusion avec TTbank, Piraeus Bank, EFG Eurobank, etc. Le secteur bancaire en Grèce n’est pas des plus ‘stable’ car privatisé à outrance ces dernières années, faiblement capitalisé, vendu pour de faibles montants pour des raisons idéologiques (libéralisme) et financières (besoins d’argent du gouvernement Karamanlis). Enfin, de nombreux investissements ont été réalisés, notamment dans certains pays de l’Est, où la notion de risque y est plus ‘prégnante’ : Roumanie, Serbie par exemple. Sans compter évidemment l’épisode subprimes qui a contribué aux dépréciations d’actifs.
      Côté singularité cette fois, il me semble qu’Emporiki est intéressant à suivre car l’exposition que CASA vient (enfin) de révéler, sous la pression ‘des marchés’ ne porte que sur la DETTE grecque (obligations) détenue par cette banque : 850 millions d’euros. Cela ne tient donc pas compte des éléments ‘structurels’ sus-mentionnés. Si effectivement 850 millions semblent peu important au regard de la valeur (capitalisation) de CASA (40 milliards je crois), il reste qu’au niveau de la filiale la chose n’est évidemment pas pareil. Car Emporiki n’est PAS une SUCCURSALE : c’est une personne morale propre, distincte de CASA. En clair, les comptes d’Emporiki ne sont pas ceux de CASA. Et en conséquence, peut tout à fait déposer le bilan. Par exemple.
      Sauf à être renflouée par CASA, ce que cette dernière fait depuis maintenant depuis 4 ans.
      Mais à un moment donné, le problème de la dette grecque sous forme d’obligation se pose car dès lors que celle-ci est dégradée au statut ‘junk bonds’, les obligations que détient Emporiki ne peuvent plus être déposé comme collatéral pour emprunter auprès de la BCE à très bas taux (1%). Or, la BCE est LA pompe à finance essentielle pour les banques, qui profitent du fait que les états ne peuvent pas s’y abreuver et que la pompe est ouverte à flots. Sans elle, plus de refinancement à taux bas. Et obligation de se financer sur ‘les marchés’, où les taux sont tout autre, notamment pour des banques dont le ‘profil’ ne serait pas des plus avantageux. En clair, cette situation renforce les difficultés internes d’Emporiki, déjà bien grandes.
      A ceci viennent se rajouter deux effets : la cotation des actions, qui peuvent en prendre un coup (cela a été le cas, très fortement pour certaines banques grecques cette semaine, jusqu’à -15% en une séance !) et la notation de la banque elle-même, qui peut se dégrader (cela a déjà été fait dernièrement pour Emporiki et vient d’être fait pour … 8 banques grecques par Moody’s !). Car les agences sont souvent ‘pro-cyclique’, à savoir amplifient les choses quand elles vont mal. Les deux effets sont évidemment en corrélation, elles-mêmes avec la situation financière de la banque, etc.
      Le cercle vicieux.
      Maintenant, si en externe, comme cela a été le cas, les obligations d’état sont dépréciées, cela vient s’ajouter à ces phénomènes et asphyxie une banque, qui, par ‘bonheur’ pour Emporiki, peut se retourner vers sa maison mère CASA (ce n’est pas le cas de toute, notamment pour NBG). Sauf que CASA commence a trouvé le prix à payer de plus en plus cher, d’autant que maintenant les spéculateurs parient à la baisse non plus sur le titre de la filiale mais directement de CASA, faisant chuter le cours de son action !! Bref, un vrai boulet mais dont elle sent que si elle s’en ‘déleste’, elle risque une véritable exposition … à une dégradation de sa note personnelle pour le coup, ce qui serait très dangereux dans l’environnement actuel, surtout avec l’effet ‘pro-cyclique’ des agences de notation, en termes d’accessibilité et de coûts de cet accès aux financements. D’autant que CASA détient aussi très certainement, en ‘direct’, des obligations grecques … (arf).

      Vous prenez Emporiki et vous multipliez maintenant par un certain (bon) nombre de banques grecques, détenues en partie par des banques étrangères : Société Générale avec Geniki, banques suisses et allemandes, … Risque de métastases donc, elles-mêmes risquant de se diffuser dans ‘autres ‘compartiments’, notamment portugais et espagnols.
      Et si vous vous référez aux évaluations de FT alphaville sur le risque bancaire lié à la Grèce de certaines banques, vous ne serez pas rassuré non plus en voyant certaines banques atteindre des niveaux de risques importants en cas de défaut de la Grèce, même partiel : jusqu’à 24% pour Fortis (filiale de BNPPARRIBAS maintenant) !! Dans cette liste, on retrouve tout le gratin bancaire européen : Société Générale, RBS, UBS, Dexia, etc.

      Alors effectivement, quand on ne prend que l’aspect purement comptable on se dit : 850 millions sur 40 milliards, c’est peu (2%). Mais si l’on tient compte de tous les paramètres, qui évoluent eux-même en ‘pro-cycliques’, on obtient un cocktail détonant, qui plus est à facteur ‘n’, puisqu’avec des participations croisées (entre banques, entre pays, etc.).

      C’est ce que j’appelle un risque systémique bancaire et je ne suis pas loin de penser que les pays de la zone euro ont délibérément sacrifié la Grèce pour sauver (temporairement) les banques étrangères détenant de la dette grecque. Mais temporairement seulement car il faudra aussi sauver le secteur bancaire grec, lui-même détenu par des banques étrangères : imaginez qu’Emporiki, 4ème banque grecque, vienne à déposer le bilan et vous aurez une meilleure évaluation du risque bancaire pour CASA. Et ce, pour diverses raisons : dégradation de la note des obligations d’état grec, dégradation de la note de la banque (Emporiki ou CASA), asphyxie financière par absence d’accès un refinancement BCE, fin des largesses de la maison mère, chute des cotations des actions d’Emporiki ou de CASA, fuite des capitaux vers des banques étrangères (facilité par la filiarisation), …
      Ce ne sont pas les risques qui manquent. Et maintenant, multipliez les par facteur ‘x’, avec le nombre de banques grecques dans cette situation, peu ou prou …

      Cordialement.

      PS : désolé d’avoir été (trop) long. J’ai l’impression d’avoir oublié plein de choses, c’est sûr …

  2. En France , nous avons Mélenchon, un gaulois dans l’âme .

    Son point de vue de la situation grecque est peut être intéressant pour ceux qui veulent éviter la consanguinité des idées ( cause principale d’une stérilité de l’intelligence créative).

    Dans cette petite vidéo ,spéciale cancre , Mémel donne un éclairage vraiment différent et montre aussi
    à quel point la tentation politique du « y’en a marre, la machine à baffe va se mette en route  » est une réelle possibilité de futur.
    http://www.dailymotion.com/video/xd4c0j_melenchon-merkel-une-paysanne_news

    L’argument qui consiste à dire que les 300 milliards de dettes grecques ne sont rien ramené au pib européen me semble bien vu .
    De même que l’argument qui consiste à dire que la Grèce pourrait emprunter directo à la banque centrale européenne est intéressant , non?.

    Mais , surtout , ne pourrait on avoir une vision de l’ensemble du problème ?

    1.Concrétement , l’ensemble des dettes des pays européens ramené au pib européen est de l’ordre de quel pourcentage?

    2.Quel est le montant des possibilités de prêts de la banque centrale européenne ?
    Et est il vrai que ceux qui prêtent à la grèce emprunte à 3 fois rien à la banque centrale ?

    En cas de réponse, les cancres vous remercient.

    1. « En France , nous avons Mélenchon, un gaulois dans l’âme ».

      En France, faire du théâtre, c’est la grande mode. Les questions du journaliste sont à pleurer.

    2. @Octobre

      Le théâtre, ce n’est pas que pour la France. Ceci s’appelle l’utilisation à rentabilité optimum, du temps télé qui vous est accordé.

      Retournez voir le néoliberalisme se vendre de la même manière, avec Copé au hasard, lorsque tous ses commentaires restent creux, ou sont marqués par des travers narcissiques.

      Mélenchon se trompe parfois dans ses analyses, mais c’est la plupart du temps, parce qu’il a mal réfléchi ou travaillé la question. Il reste un homme de conviction et d’engagement. C’est rare en politique pour parvenir à se placer au niveau national. D’ailleurs il n’a jamais pu imposer quoique ce soit dans le PS, qui ne fait plus que semblant d’être à gauche.

      L’homme profite de la situation économique actuelle, où on risque de l’entendre quand il s’exprime avec véhémence, mais c’est le moment où jamais, si ce que j’appelle ses convictions, étaient de réelle bonne foi, comportait une part de vérité, incitait effectivement à se diriger vers des solutions sociétales harmonieuses.

  3. bonsoir

    le temps qu’il fait ?

    Il fait beau , la Grèce vient d’être sauvée , bien sûr les Grecs vont avoir un peu mal aux fesses , mais ils n’ont qu’à s’en prendre à eux même . Je serais un trader que j’investirais dans la vaseline,, car je pense qu’elle va être le produit de l »année en Europe .
    Heureusement, don Sarko de la Vega revient dar dar de l’empire du milieu où il a fait entendre la voix ferme de la démocratie ( cf photo p 6 du Monde de vendredi ,la photo qui tue ).
    vivement lundi , et que la fête continue .

  4. Bonjour M. Jorion,

    A propos du « juste prix » et de la soi-disant efficience du marché (voir le lien Wikipedia pour une définition du terme), je pense avoir plus qu’une petite idée du pourquoi cela revient sempiternellement dans le discours de tout financier: l’efficience du marché est une des hypothèses principales en finance de marché. Elle est effectuée dans de nombreux modèles mathématiques financiers.

    A titre d’anecdote, le modèle Black & Scholes dont vous avez parlé l’autre jour prend entre autres comme hypothèse l’efficience des marchés.

    Cette hypothèse a été attaqué de nombreuses fois par de nombreux universitaires américains sur le point de vue théorique au cours des années 70 et 80. En vain.

    Qu’à cela ne tienne, des études statistiques ont été effectuées pour vérifier ce principe en 1984, 1987, 1991 et 1993. Elles ont toutes montré un décalage sensible hors période de crise et un écart fort en période de crise. Rien n’y fait, nous sommes en 2010 et on continue toujours de mettre en avant cette hypothèse dorénavant factuellement démontrée comme étant erronée.

    La raison en est simple. Si on ne peut plus faire cette hypothèse, difficile de monter des modèles mathématiques qui soient suffisamment simples pour permettre une évaluation temps réel ou quasi temps réel pour le front office…

    Bref, pour conclure je citerai la parabole de l’ivrogne cherchant ses clefs (tirée de la Modélisation des Systèmes Complexes – Jean-Louis Le Moigne – Dunod). Le parallèle avec le monde de la finance devrait vous apparaître frappant.

    Il est minuit passé et l’avenue est très sombre, jalonnée seulement par les quelques tâches claires que projettent de rares réverbères.

    Au pied de l’un deux, un ivrogne hoquetant accroupi, cherche en tâtonnant la clef de sa maison, distante de quelques quinze mètres.

    Un passant compatissant propose de l’aider et l’interroge:
    -« Vous souvenez vous où vous avez perdu cette clef? »
    – « Oui, répond l’ivrogne, devant la porte de ma maison alors que je cherchais à l’ouvrir. »
    – « Mais pourquoi alors ne cherchez-vous pas devant cette porte? » s’étonne le passant
    – « Parce que ici au moins, sous le réverbère, il fait clair et je peux voir. »

    1. J’ai ressorti mes notes de cours pour retrouver les références universitaires américaines que j’évoquais et qui mettaient en cause la rationalité des investisseurs et donc l’efficience des marchés.

      J’ai un peu honte d’avoir oublié de telles références:
      – Keynes et c’est donc bien antérieur aux années 70 (il est mort en 1946) mais je n’ai pas de date précise. Qui plus est, il était britannique,
      – Tobin en 1985.

  5. Pour celles et ceux qui hésiteraient vraiement entre « stupidité et arrogance »,
    je vous propose,

    l’aide de Matt Taibbi (Rolling Stone, Juillet 2008):
    http://zerohedge.blogspot.com/2009/06/goldman-sachs-engineering-every-major.html

    relayée par Contre Info en Juin 2008:
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2774
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2775

    et en français par Jean Lasson en Juillet 2009:
    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/goldman-sachs-la-grande-machine-a-59168

    1. merci pour ce lien!
      ce que la menuise n’explicite pas dans le commentaire, c’est qu’il faut bien être assis pour le lire, pour ne pas tomber à la renverse.
      horrible.

    2. GS ne doit-il pas être mis derrière les barreaux ? Ne doit-on pas entreprendre une action judiciaire contre ceux qui avouent avoir vendu de la m*** ? C’est une escroquerie, et la justice doit passer.

  6. @ Alain M-B le 30 avril 2010 à 16:06,

    A propos de votre remarque sur l’a-science économique et ses théories, une précision : l’économie, c’est un mode de gestion du vivre ensemble. Vu sous cet angle, les travers d’AIG et Cie sont de suite moins surprenants, voire même prévisibles…et probablement même prévus, ou en tout cas imaginés comme une possibilité servant les intérêts du système actuel. Comment en effet un état -un échelon du foyer-, pourrait continuer à fonctionner s’il ne ponctionnait pas, s’il ne maintenait pas des inégalités, bref s’il permettait une meilleure répartition des revenus de l’économie réelle qui perturberait l’asservissement au travail et donc la paix sociale ?

    Ce n’est pas la servitude moderne, c’est l’asservissement moderne comme garantie de paix sociale.

    Bonne fête « travail » 🙂 !

    1. « l’asservissement moderne comme garantie de paix sociale » : oui, quand on regarde l’histoire du capitalisme, on y trouve celle de la bourgeoisie cherchant à endiguer sa hantise du peuple : vulgaire, sauvage, brutal, imprévisible, etc. Etre plein de pognon au milieu des pauvres, c’est comme d’habiter une île au raz de l’océan : quand on n’est pas dingue, on élève des digues. Le processus continue, du reste, il n’est jamais achevé. A l’heure actuelle, on en est au contrôle du comportement des mômes, dès l’école maternelle, sur la base du DSM-4. (Cf. docu, hier soir, sur Arte.) La prévention de la délinquance n’est qu’un prétexte, le vrai but est d’étendre toujours plus les moyens de contrôle des populations.

      A mon avis, ce système d’asservissement a atteint depuis belle lurette un point de non retour. Ca changera sans doute quand il n’y aura vraiment plus de pétrole, mais on ne peut prédire si ce sera en bien ou en mal.

  7. Quel est le plus ‘gros’ actionnaire de Goldman Sachs? Eh bien, c’est AXA, l’assureur français, selon le New York Times de ce jour, les employés de GS venant en second.

    http://www.nytimes.com/2010/05/01/business/01goldman.html?ref=business

    Si la détention d’un peu plus de 4% des actions de GS paraît peu signicative, il est bon de rappeler que Rockefeller a contrôlé les actes de Standard Oil — prédécesseur d’Exxon Mobil — en n’en détenant qu’environ 1,4% du capital pendant des décennies.

    1. Si étonnement il y a, on le doit au fait que, à parler des autres, on a l’impression que chez soi c’est différent. Mais depuis la fin de la guerre, le capitalisme européen n’a rien à envier à celui des Américains, même s’il est d’une culture quelque peu différente. Et celui que les Chinois nous promettent ne pourra être que pire. Il n’y a qu’à voir comment ils détruisent allègrement leurs centres villes historiques pour y édifier leurs satanés buildings verre et béton. Ce « détail » mérite d’être relevé car, par ailleurs, les grands capitalistes chinois, – à ce que nous en montre la télé -, seraient de fervents admirateurs de la culture française. Mais, comme d’hab, tout ce que le capitalisme touche de son auguste « main invisible » se transforme aussitôt en folklore décoratif. Le sel de toutes choses reste l’argent.

  8. c’est le grand maquignonnage perpétuel, tromper les peuples au son des trompettes : et l’extase des peuples atteint son apogée !

  9. Sur l’histoire des CDS il me semble que vous confondez la détermination du prix du sous-jacent (la dette grecque) et le prix du dérivé (le CDS). Enfin selon le modèle de B & scholes votre explication est erronée.

    1. Ah oui, le modèle de Black & Scholes. C’est vrai, j’ai négligé d’en tenir compte. J’ai négligé aussi de tenir compte de la vitesse du vent…

      Mais vous pouvez m’aider : quelle valeur attribuez-vous au prix d’exercice dans le cas de la Grèce ? Un million ? 5 ? ou bien encore 3,1416 ?

    2. @Soncal : ah ça, on voit que vous venez d’arriver sur le blog, sinon vous n’auriez jamais tenté une telle critique ! Monsieur Jorion a sa petite idée sur le modèle de Black & Scholes, je vous la livre pour vous éviter de le chercher ici :

      Tout le monde a entendu parler du modèle de Black & Scholes qui sert à valoriser les options. Tout le monde sait aussi qu’il est faux : il lui manque une variable. La preuve qu’il est faux se trouve dans ce qu’on appelle le « smile », le sourire, le fait que des volatilités différentes correspondent à différents prix d’exercice. Ce qui n’a aucun sens. Myron Scholes et Robert C. Merton ont obtenu le Prix Nobel d’économie en 1997. Black l’aurait partagé avec eux s’il n’était mort entretemps. Scholes et Merton ont été parmi les fondateurs de Long-Term Capital Management, dont la chute en 1998 est l’une des plus grandes catastrophes financières de tous les temps.

      Cela dit sans méchanceté ni ironie.

  10. J’ai la sensation que plus le temps passe et plus nous savons que nous allons
    devoir affronter la réalité! Il semble que toutes les manoeuvres auxquelles nous
    assistons soient des moyens mis en place pour reculer la prise de conscience
    qui semble très angoissante, trop angoissante!
    Nous nous donnons encore un peu de temps, mais nous n’y échapperons pas!
    La peur n’évite pas le danger d’ailleurs!

  11. Merci à tous deux de remettre les pendules à l’heure et les points sur les i, ces propos me mettent du baume au coeur, vive l’Europe au service des citoyens.

  12. « nous devons faire taire les spéculateurs » Cavada
     »
    « faire un emprunt forcé sur ces banques , comme çà on leur rendrait coup pour coup »

    … quand je disais que le débat se muscle de plus en plus .

  13. @ Paul JORION

    Je viens de commencer la lecture de votre ouvrage « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».
    Après avoir vérifié que le sujet correspondait bien à ce que j’avais imaginé, j’ai entrepris la lecture de vos références bibliographiques afin de m’informer de ce qui risquait de manquer à vos développements et vis-à-vis de quoi je devrai rester attentif au long de ma lecture.
    A mon avis donc il manque au moins deux références qui me paraissent fondamentales par rapport au sujet traité : KORZIBSKY et JULLIEN.
    Quelle n’est donc pas ma surprise quand j’entreprends de lire votre chapitre premier : A l’écart du « miracle grec » : la « mentalité primitive » et la Chine. François JULLIEN, philosophe et sinologue contemporain, s’évertue de mettre en miroir depuis de nombreuses années la philosophie européenne, et principalement grecque, vis-à-vis de la sagesse chinoise. Je peux vous conseiller un de ses récents ouvrages « Les transformations silencieuses » Grasset, 2009 ; d’autant que les trois derniers chapitres traitant respectivement du temps, de l’évènement et du « concept qui manque » me paraissent indispensables pour l’économiste qui veut remonter à la tragique bifurcation de la science économique au milieu du dix-neuvième siècle…
    L’autre référence, Alfred KORZIBSKY est le père de la sémantique générale, principalement exposée dans « Science and sanity, an introduction to non-aristotelian systems and general semantics» écrit dans les années 1930 mais qui ne fut jamais traduit parce que c’était la volonté de l’auteur, transmise à l’institute for general semantics qui continue de gérer ses droits. Il y traite dans plus de huit cents pages assez ardues à lire des mêmes notions que vous, d’un point de vue qu’il espère purement « scientifique ». Il dégage notamment une réflexion très approfondie sur le principe d’identité et l’utilisation des auxiliaires, surtout le verbe être et ses formes négatives, par les langues indo-européennes (il était polyglotte). On résume généralement son œuvre par la formule laconique : « La carte n’est pas le territoire » sans bien souvent comprendre qu’elle s’applique tout aussi bien au domaine de la pensée et des concepts abstraits.
    Là où je finis par arriver est que nos concepts occidentaux et bien sûr ceux de « vérité » et de « réalité » sont inclus de fait dans le bagage linguistico-culturel des langues indo-européennes et de leur caractéristique hyper-flexionnelle que nous utilisons parce que nous en sommes pétris. A la limite peu importe qui « invente » les concepts, où et à quel moment : ils sont inhérents au développement autoréflexif de la langue et de la pensée dans nos cultures. Bien évidemment vous vous référez à deux naissances datées et localisées. La première née du commerce (l’indo-européen est aventureux) de la Grèce avec l’Egypte où nos grands philosophes sont allés puiser le corpus mytho maniaque (je pèse mes mots) de connaissances accumulés sur des millénaires dans les temples égyptiens pour le transcrire en un système conceptuel et rationnel par rapport aux compulsions de leurs mentalités et de leur langue. La seconde née du commerce avec les philosophes musulmans au zénith de leur art, avant leurs dérives sectaires, les « savants » européens prenant la contre-réforme comme levier contre la chape ecclésiastique.

    Bien évidemment, si j’en ressens le besoin, je vous transmettrai d’autres commentaires de lecture.
    Amicalement,

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