L’ULTRALIBERALISME TENTE DE RESSUSCITER UNE ARISTOCRATIE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai modifié le titre de ce billet qui était initialement : « Ressusciter une aristocratie » en « L’ultralibéralisme tente de ressusciter une aristocratie ». J’ai également explicité une phrase. La raison en est que certains lecteurs semblent se contenter de lire le titre et se font à partir de là une opinion de ce dont parle le billet. Ainsi sur le blog de Jacques Attali, JPJM écrit que « Paul Jorion appelle de ses vœux une nouvelle aristocratie au sens élevé du terme ». Rien n’est plus éloigné de mes vœux, ce que j’écris ci-dessous, c’est ceci : « Si le libéralisme est le moyen qui a permis historiquement à une bourgeoisie d’abattre une aristocratie, l’ultralibéralisme est alors le moyen qu’utilise une bourgeoisie – continuant de prôner les mêmes principes une fois sa victoire achevée –, de se reconstituer elle-même en cette aristocratie qu’elle a précédemment évincée. »

Autrement dit – et pour lever toute équivoque – je dénonce les visées de l’ultralibéralisme de reconstituer un système aristocratique. Aucun rapport avec le fait d’« appeler de mes vœux une nouvelle aristocratie au sens élevé du terme ».

L’ultralibéralisme tente de ressusciter une aristocratie

Si le libéralisme est le moyen qui a permis historiquement à une bourgeoisie d’abattre une aristocratie, l’ultralibéralisme est alors le moyen qu’utilise une bourgeoisie – continuant de prôner les mêmes principes une fois sa victoire achevée –, de se reconstituer elle-même en cette aristocratie qu’elle a précédemment évincée. La manière dont ceci est possible est la suivante : réclamer un plus grand progrès de la liberté dans un cadre aristocratique fondé sur les droits acquis initialement par la force, c’est offrir à l’argent le moyen de détrôner la force dans son rôle de vecteur de la puissance. Et ceci parce que l’argent, en permettant d’acheter un service, exerce un pouvoir de « commandement » identique à celui de la force (1). Une fois la bourgeoisie en charge des affaires, continuer de réclamer un plus grand progrès de la liberté dans le cadre d’une société bourgeoise, c’est offrir au nouvel ordre qui s’est constitué, le moyen de se renforcer, autrement dit de permettre à cette bourgeoise triomphante de recréer un système semblable à l’ancien mais où ce serait elle qui assumerait cette fois le rôle d’une aristocratie. L’exercice de la liberté est en effet différentiel : ce que la liberté autorise n’est pas le même dans le cas du riche et celui du pauvre. En effet, le riche utilise comme une chose qui va de soi le pouvoir de commandement qu’autorise sa richesse. La liberté du pauvre se limite aux rêves de grandeur qu’il peut entretenir en imaginant que l’on devient riche par un simple effet de la liberté, par le simple effet de le vouloir. Cette illusion est possible parce que du point de vue auquel on a accès quand on est pauvre, l’effet de levier nécessaire pour progresser dans l’ordre bourgeois est invisible.

On oublie que si Marx affirme qu’une dictature du prolétariat sera nécessaire pour créer une société sans classe, c’est parce que la bourgeoisie arrivant au pouvoir ne partage pas elle cette ambition : le pouvoir auquel elle accède, il lui semble qu’elle l’a mérité, et les privilèges de l’aristocratie qui la révoltaient autrefois n’étaient pas répréhensibles à ses yeux pour leur qualité en soi mais seulement parce qu’ils n’étaient pas les siens.

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(1) Sur ce qu’en a dit Adam Smith, voir « L’argent, mode d’emploi » (2009) : 70 et « Le prix » (2010) : 36.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : LES BANQUES CENTRALES, DERNIERS RECOURS A CONTRE-CŒUR, par François Leclerc

Billet invité.

En adoptant le principe d’une révision du traité de Lisbonne afin de pérenniser un dispositif collectif de sauvetage financier d’un Etat en difficulté, les 27 de l’Union européenne se sont engagés dans un tournant dont il ne voient pas la fin.

Ce premier coup de canif dans le contrat de mariage pourrait en effet être suivi d’autres. Reconnaître l’hypothèse que certains pays ne seraient pas en mesure de respecter le contrat d’austérité qu’il leur est exigé de suivre pourrait impliquer que, pour d’autres, du mou devrait être donné à la laisse. Mais n’anticipons pas…

Dans l’immédiat, à peine engagé, ce tournant a suscité une passe d’arme entre Jean-Claude Trichet et Nicolas Sarkozy, rapportée de plusieurs sources. « J’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation » a tonné le premier, en pure perte.

Non seulement le président de la BCE n’a pas obtenu gain de cause sur un sujet à propos duquel il s’était exprimé sans ambages – l’automaticité des sanctions pour les pays allant hors des clous – mais il n’a pu empêcher que soit adopté un mécanisme anti-crise qui pourrait selon lui susciter sans tarder une réaction des marchés, furieux devant la perspective de devoir participer demain à d’éventuelles restructurations de dette. Ou, pour le dire sans détours, craignant que les banques européennes ne causent une nouvelle hausse des taux obligataires de pays comme la Grèce et l’Irlande. Pour commencer.

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QUE VEUT FAIRE L’EUROPE AVEC l’EURO ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Crise internationale de la Loi

Dans une page difficile à tourner, François Leclerc passe en revue les contradictions politiques et économiques de l’Europe exacerbées par la crise des monnaies et du crédit. Depuis l’abandon de l’étalon or en aout 1971, la monnaie est dans le monde entier un pur produit des règles d’émission et de calcul du crédit par les banques centrales. Le crédit est depuis l’origine de la civilisation à la fois l’anticipation économique du futur et l’application du droit de la valeur dans une société. La relation formelle entre le droit et la loi économique qui rationaliserait la mesure de la valeur future n’est formulée ni par la science juridique, ni par la science économique. Cette relation est donc appliquée empiriquement. La crise actuelle traduit l’inefficience des règles élaborées dans le régime des changes flottants en vigueur depuis quarante ans. Le contexte nouveau d’une économie mondiale multipolaire précipite la dégénérescence de la monnaie. Les pouvoirs politiques ne savent pas comment réguler un système monétaire et financier qui ne trouve plus par lui-même les conditions d’une croissance économique compatible avec l’équilibre humain des sociétés.

La stabilité monétaire et financière est une question toujours ouverte d’économie politique. La création de l’euro a été une tentative de créer une référence monétaire internationale alternative au dollar. C’est la première expérience historique de monnaie multinationale dont la valeur soit fondée exclusivement sur le crédit. Une monnaie repose sur un système de valeur commun aux institutions politiques et aux agents économiques d’un même espace politique et culturel. L’hypothèse d’une communauté de valeur des États et citoyens de la zone euro a justifié l’instauration d’une même unité de compte. Tout objet de valeur formé dans cette communauté a pu s’échanger contre un prix en euro à la place des anciennes monnaies qui fluctuaient les unes par rapport aux autres.

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A propos de « LE POINT DE FUSION DES RETRAITES » de Frédéric Lordon

Faites-moi plaisir, consacrez dix minutes de votre temps ce weekend à lire Le point de fusion des retraites par Frédéric Lordon. J’ai consacré trois phrases dans ma vidéo d’hier à la question répartition / capitalisation, il faut un véritable débat qui peut avoir lieu sur son site internet mais ici aussi. En tout cas, lisez le texte de Lordon.

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L’actualité de la crise : LES RENCONTRES SE SUIVENT…, par François Leclerc

Billet invité.

A l’image de celle des ministres des finances et des chefs d’Etat et de gouvernements – bien que sur un pied plus modeste – la vie d’un chroniqueur de l’actualité de la crise permet de beaucoup voyager. Nous étions à Bruxelles et nous nous dirigeons maintenant les uns et les autres vers Séoul, pour le G20, après une brève escale à Washington, à l’occasion de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed.

Pour être clairement formulées, les conclusions du sommet de Bruxelles devront toutefois attendre une nouvelle rencontre, prévue en décembre prochain. Il est pour l’instant sorti de celui qui vient de se terminer l’adoption du principe d’un mécanisme de crise permanent, destiné moins à sauver tel ou tel pays – car des conditions drastiques devront être acceptées pour en bénéficier – que la zone euro elle-même, car elle pourrait être en fin de compte menacée d’éclatement. Entérinant l’apport du FMI dans le dispositif financier et envisageant de mettre à contribution les banques européennes, détentrices d’obligations d’Etat appelées à être dépréciées ; s’efforçant donc de minorer l’apport des Etats eux-mêmes.

Une procédure simplifiée, prévue au traité de Lisbonne, devrait permettre de formaliser le principe de ce mécanisme en l’amendant tout en évitant la tenue de référendums, sans toutefois supprimer l’étape ultime de la ratification par les Etats, toujours susceptible de donner lieu à des surenchères et des demandes de compensation compliquant et retardant les choses.

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Le temps qu’il fait, le 29 octobre 2010

La psychanalyse
Principes des systèmes intelligents (Masson 1990)
Le mystère de la chambre chinoise

Le prix (Le Croquant 2010)
• Le mécanisme de la formation des prix
• Les interactions entre classes sociales et les interactions à l’intérieur d’une classe sociale
• Karl Marx

Les systèmes de retraites
• Répartition et capitalisation
• Comment il faudrait repenser la question

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L’actualité de la crise : DÉMONSTRATIONS PAR L’ABSURDE, par François Leclerc

Billet invité

Faut-il ou non s’engager dans une révision du traité de Lisbonne s’interroge-t-on à Bruxelles ? Présenté sous ce seul angle, il est difficile à ceux qui le préconisent de justifier de repartir dans une procédure, même allégée, qui a tout de même duré dix ans pour être bouclée… C’est pourquoi Angela Merkel, tout en restant ferme sur le principe, s’efforce de présenter sous un jour plus avenant sa proposition, en parlant de « deux phrases » à changer, et en suggérant des modalités d’amendement qui ne passeraient pas par des référendums populaires, hautement hasardeux dans certains pays alors que l’unanimité est requise.

L’actualité de ces deux jours est dominée par la réunion des chefs d’Etats et de gouvernements et par ce thème qui les oppose, reléguant au second plan une nouvelle qui éclaire pourtant leurs discussions. La Grèce s’enfonce et prend un mauvais chemin. Le coût de l’assurance contre son défaut de remboursement de sa dette – le taux des fameux CDS – grimpe sur le marché tandis qu’il apparaît que les objectifs de réduction du déficit grec ne seront pas tenus : les recettes fiscales diminuent, la croissance n’étant pas au niveau attendu, alors que le trou de la dette est plus profond que prévu. L’écart croît en conséquence, au lieu de diminuer.

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LE ‘PRIX DEMOCRATIQUE’ DE MON VOTE, par zébu

Billet invité

Regardant nonchalamment l’émission de ce lundi soir ‘Mots croisés’ concernant, notamment, les retraites, plus par désœuvrement que par réel intérêt, j’ai eu l’étrange impression d’avoir trouvé la confirmation de ce que je pressentais un peu mais aussi un sentiment plus diffus, comme une promesse qui refuserait de celer encore ce qu’elle promettait hier mais dont on sait pertinemment que passée la nuit, plus rien ne s’opposerait à ce qu’elle s’offre à son promis.
Oui, bon …

Quatre intervenants y étaient présents, représentant chacun les différents ‘ordres’ de la société française actuelle, que l’on pourrait résumer ainsi : le capitalisme via le MEDEF, les salariés via les deux organisations syndicales de salariés (CGT et CFDT) et le gouvernement via le ministre de l’industrie.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans l’organisation spatiale du débat, le journaliste (‘les médias’) se trouvait au milieu, entre deux tables, où les ‘salariés faisaient face au ‘capitalisme’ et au ‘gouvernement’, côte à côte, tant il est vrai qu’en ce qui concerne le sujet des retraites, le projet gouvernemental est le projet du MEDEF peu ou prou et que le MEDEF défend le projet du gouvernement. Représentation médiatique donc très schématique et manichéenne de la société mais instructive, quant au parallèle fait entre le pouvoir économique et le pouvoir politique, face au pouvoir du ‘peuple salarié’.

Et ce qui devait donc advenir advint, tant cette opposition médiatique ‘organisée’ tint ses promesses, en termes d’affrontements, parfois violents, entre les deux tables : ‘nous ne céderons pas’, ‘nous non plus’. Les acteurs performaient donc à rejouer la même scène tenue depuis des mois, sans que rien ne doive modifier ce bel agencement des rôles et du cours de la pièce.

La situation évolua cependant. Car la ‘jeune’ entra en scène sur le ‘plateau médiatique’.

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L’actualité de la crise : UNE PAGE DIFFICILE A TOURNER, par François Leclerc

Billet invité

Quoi qu’il sorte du sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement, une page sera tournée demain jeudi. La crise politique qui couvait est désormais ouverte et a éclaté au grand jour, le gouvernement allemand continuant d’être à la manœuvre et s’efforçant de faire avaliser par les 27 les termes du compromis de Deauville franco-allemand dont il a été à l’initiative. Suscitant de fortes réactions négatives.

L’acte I du scénario allemand avait été d’engager l’Europe dans la réduction prioritaire des déficits publics, afin de revenir dans les clous de Maastricht et de préserver l’euro, l’acte II qui vient de commencer consiste à trouver une solution pour les Etats qui n’y parviendront pas.

Ce qui est nouveau, c’est la reconnaissance implicite que la tempête qui s’est levée et a atteint la Grèce et l’Irlande ne va pas se calmer, et que d’autres pays risquent d’être touchés. Que la Grèce, pour commencer, va faire défaut sur sa dette et qu’il vaut mieux s’y préparer afin que cela intervienne dans les meilleures conditions. Que le fonds de stabilité qui a été créé dans l’urgence ne va pas être en mesure de répondre aux besoins financiers causés par de nouveaux sauvetages. Qu’il faut donc mettre en place un nouveau mécanisme et que celui-ci, pour être solide, doit reposer sur un cadre juridiquement inattaquable, une modification avant 2013 du traité de Lisbonne révisant son article 125 qui interdit le renflouement d’un Etat.

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Cinéma La Garenne, Vannes, « Cleveland contre Wall Street », le mardi 26 octobre à 20h30

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

« Cleveland contre Wall Street »

J’ai donc vu hier « Cleveland contre Wall Street » de Jean-Stéphane Bron, et pendant une petite heure, j’ai engagé la discussion avec les spectateurs vannetais de cet excellent film.

Je rappelle l’argument : la ville de Cleveland dans l’Ohio engage une action en justice contre les banques américaines pour se faire rembourser du naufrage d’East Cleveland, le « ghetto des ghettos » comme l’appelle dans le film un courtier en prêts subprime, où les saisies de maisons consécutives à l’éclatement de la bulle de l’immobilier transforment le quartier en désert. J’aurais personnellement aimé en savoir un peu plus sur les tactiques qui ont été utilisées pour faire dérailler les poursuites judiciaires mais bon, le réalisateur a préféré suivre une autre voie : faire comme si le procès avait lieu et le filmer. L’« infomentaire » est suisso-français, j’aimerais savoir s’il est vu aux États-Unis, ne serait-ce que pour mettre un peu de baume au cœur des faux acteurs / vrais participants qui (pour la plupart) ne se sont pas crus à Hollywood mais bien plongés dans leur propre histoire.

Il n’est pas facile de raconter la crise des subprimes en 98 minutes vu la convergence dans l’affaire de la cupidité de Wall Street, de la prédisposition de l’espèce à l’espérance contre toute évidence, de l’héritage d’un passé esclavagiste, de l’enfer pavé de bonnes intentions des gouvernements et du cynisme du capitalisme en général, etc., etc., et le film s’en sort très bien de ce point de vue : 80 % de ce qui devait être dit l’a été, et à part quelques erreurs de traduction de l’américain en français dans les sous-titres, quasiment sans faute.

Comme un jury avait été réuni selon les règles de l’art, personne ne savait comment il se prononcerait à l’issue du film / procès. Cleveland est déboutée : un « hung jury », cinq en faveur de l’accusation, trois contre. Cela se dessinait, avec trois jurés pour qui des mots comme « solidarité » ou « compassion » sont, comme ils l’expliquent très bien, des obscénités. N’empêche, j’ai pris personnellement cette chute où Wall Street est exonérée, et le sourire de satisfaction de l’avocat des banques, comme un coup de poing dans la figure.

Mon seul regret, ma conviction – comme je l’ai d’ailleurs dit à la salle – que j’aurais su comment convaincre un juré supplémentaire en démontant le mécanisme du « prêt rapace », en expliquant la fourberie de Wall Street pariant avec les CDO sur la toxicité des produits financiers qu’elle invente. Mais ce n’est que du cinéma et il vaut mieux que le film soit vu porteur du message : « on est baisés », et fasse partie ainsi de ces petits rus qui font les grandes rivières et font passer insensiblement de l’indignation résignée à l’indignation révoltée.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : LE ROI EST NU, par François Leclerc

Billet invité

Cela n’a pas demandé longtemps. A peine adopté dans l’à-peu-près, le compromis de Deauville franco-allemand a sérieusement du plomb dans l’aile. La perspective d’amender le traité de Lisbonne soulève dans toute l’Europe une levée de boucliers, après un accord ressenti par de nombreux pays comme étant un inadmissible fait accompli.

L’épreuve que l’adoption du traité a suscitée pour de nombreux gouvernements est encore trop présente pour que l’envie existe de devoir recommencer lr même processus. Avec la crainte qu’une boîte de Pandore soit ouverte. Les bonnes âmes de Bruxelles voudraient aussi qu’une voie autre soit utilisée, mais laquelle ? Car derrière la nécessité d’un traité amendé se profilent les exigences du Conseil constitutionnel allemand et le risque de sa censure, ce qui réduit singulièrement les marges de manœuvre.

Même si cela n’est pas encore explicitement exprimé, c’est le contenu de l’accord en lui-même qui est en cause. Que signifie donc prévoir de pénaliser ceux qui ne respecteraient pas les ratios de déficit et d’endettement, et simultanément de pérenniser un fonds de soutien pour les pays qui n’y parviendraient pas ? Par quel miracle l’existence de ce fonds pourrait-elle ne pas créer un aléa moral incitant les pays à préférer y faire appel plutôt qu’à tenter le pari impossible de revenir dans les clous des ratios ? Fruit d’un compromis politique, le chemin qui est proposé ne sera pas praticable dans la réalité. Pas crédible avant même d’avoir été adopté, il n’est déjà plus viable.

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Tribulations grecques de l’Union européenne, par Alain Gauvin

Billet invité

Le 21 septembre 2010, la Banque Centrale Européenne (BCE) publiait une décision posant les modalités de gestion du compte bancaire du FESF. Le FESF est le Fonds Européen de Stabilité Financière, créé en catastrophe en juin 2010 pour venir en aide à la Grèce, en donnant, à cette aide, une apparence de légalité.

Pour mémoire, la fin de l’année 2009 et le premier trimestre 2010 furent marqués par la traumatisante question, pour l’Union européenne, de savoir si elle pouvait, ou devait, sauver l’un de ses membres, la Grèce. Question traumatisante, car, du point de vue politique et juridique, il n’était pas certain, et il ne l’est pas plus aujourd’hui, que la Grèce méritât l’aide de l’Union.

Souvenons-nous de la tragédie grecque : pour sanctionner la Grèce et ses 300 milliards d’euros de dettes, représentant pas moins de 120 % de son PIB, les agences de notation décidèrent de dégrader sa note. La conséquence directe de cette dégradation fut le renchérissement du coût du crédit auquel la Grèce pouvait se financer, sombrant ainsi dans un cercle vicieux : de moins en moins solvable, la Grèce doit supporter un coût de plus en plus élevé de son financement, avec pour conséquence l’accroissement de sa dette publique.

A la question de savoir pourquoi les pays de l’Union européenne se sont finalement portés au secours de la Grèce, deux raisons principales sont avancées. D’abord, la dette extérieure grecque est détenue à 85 % par des investisseurs de la zone euro, de sorte que ces derniers n’ont aucun intérêt à voir cet Etat courir à la faillite. Ensuite, parce que, dit-on, la défaillance de la Grèce ébranlerait l’Union Européenne et menacerait sa monnaie unique. En réalité, personne n’en sait rien.

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Appel d’octobre

L’appel de septembre a rapporté : 2 395 € (somme brute).

Somme (brute) reçue à ce jour (31) pour octobre : 2 163 €.

Merci à vous tous ! Vos dons me permettent en particulier d’intervenir sans trop me faire de souci partout où c’est utile, y compris et surtout, pour donner un coup de main à ceux qui n’ont pas énormément d’argent à mettre pour promouvoir leurs bonnes idées. Le mot d’ordre pour octobre, vous avez dû le comprendre si vous avez regardé ma vidéo ce matin, est « pessimisme enthousiaste » !

Voici le sommaire de mes activités au mois de septembre.

Du 8 au 11, j’étais en Pologne, au XXe Forum Économique de Krynica. J’ai participé le 9 à une table ronde intitulée « L’économie européenne dans le monde du G20 », en compagnie, entre autres, de Gyorgy Matolcsy, ministre hongrois de l’économie et de Walter Radermacher, directeur d’Eurostat. Plus tôt dans la journée, j’ai présidé une autre table ronde intitulée « Comment rattraper le temps perdu ? », à laquelle participaient entre autres Walter Radermacher, Luc Frieden, ministre des finances du Luxembourg et Arsenyi Yatsenyuk, ancien président de l’assemblée nationale d’Ukraine. J’ai évoqué le concert de la soirée de clôture de ce forum dans mon billet : Vivent les Roms !.

Le 14, j’étais à Ce soir (ou jamais !) sur FR 3. Les sujets étaient assez disparates mais les téléspectateurs ont pu évaluer les divergences existant entre le point de vue d’Alain Madelin et le mien sur un certain nombre de sujets chauds.

Le 16 septembre a paru Le prix, aux éditions du Croquant : la synthèse de mes réflexions sur la formation des prix, des criées bretonnes aux salles de marché parisiennes, en passant par les plages africaines et les subprime américains. Ça se vend bien, et cela relance les ventes de tous mes autres livres – autant de bonnes nouvelles.

Ma chronique mensuelle dans Le Monde – Économie a été publiée le 27, elle s’intitulait L’État face à la banque de l’ombre.

Mes chroniques hebdomadaires sur BFM Radio, ont successivement été consacrées à : Désordres monétaires et émeutes de la faim (le 6 septembre), Prendre des mesures n’est pas comprendre (le 13), Où en est l’Irlande ? (le 20), et Larry Summers (le 27).

J’interviendrai à différents endroits en octobre, aujourd’hui 1er à 20h30 à Fougères, le 8 à Vannes, et encore à Vannes, le 26, je présenterai en soirée le film « Cleveland ». Je vous tiendrai au courant d’autres interventions éventuelles.

En septembre, Le Blog de Paul Jorion était No 1 des blogs d’économie sur Wikio.

Merci à Julien et à François pour leur aide dans la modération et leur suivi quand je suis sur la route. Merci également aux auteurs de « billets invités » : tous ensemble, nous faisons de ce blog un point de référence sur les questions économiques et financières. Quand nous voyons les politiques ignorer les points de vue développés ici, nous nous en attristons, mais quand nous les entendons en tenir compte, eh bien, nous nous en réjouissons.

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BFM Radio, lundi 25 octobre 2010 à 10h46 – Où l’on parle de guerre civile

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Où l’on parle de guerre civile, la guerre civile en question étant celle qui se prépare au sein du secteur bancaire américain.

On a beaucoup parlé aux États-Unis au cours des semaines récentes du « foreclosuregate », une expression calquée sur le Watergate, le nom du scandale qui signa la chute du président Nixon. J’en ai parlé ici-même la semaine dernière. Je rappelle en deux mots qu’il s’agit des anomalies qui sont apparues en raison du fait que si le système légal américain exige toujours que le titre de propriété d’une habitation soit constitué d’un document sur support papier, le système financier est lui passé à l’enregistrement électronique en raison des transferts de créance multiples auxquels la titrisation des crédits hypothécaires est susceptible de donner lieu, les Mortgage-Backed Security (pour les prêts « prime ») et Asset-Backed Security (pour les prêts « subprime »), constitués de plusieurs milliers de crédits consolidés en une obligation unique, se négociant sur un marché secondaire comme tout produit qui peut circuler par la revente. Le processus de saisie exige dans certains États américains la présentation du titre de propriété – qui, dans le cas du crédit hypothécaire demeure en possession de l’organisme prêteur jusqu’au remboursement total du principal. Les incohérences entre les deux systèmes ont conduit à de multiples erreurs et les ménages menacés se sont enhardis dans la lutte contre les banques qui tentent de saisir leur logement.

Les contestations constituent un problème logistique pour les banques, dont le coût est essentiellement dû au retard qu’elles causent dans la procédure de saisie. Ceci dit, le marché de l’immobilier est à ce point déprimé aux États-Unis qu’un étalement des ventes aux enchères qui résultent de ces saisies n’est pas forcément malvenu du point de vue des banques. Ce qui fait la popularité du « foreclosuregate » dans la presse américaine, c’est sa dimension « David contre Goliath », dans un contexte où le traitement scandaleusement déséquilibré entre prêteurs et emprunteurs depuis le début de la crise révulse l’opinion publique. Le problème pourrait cependant être rapidement résolu du fait que Fannie Mae et Freddie Mac ont pris les choses en main en déterminant une norme de traduction des documents électroniques en documents imprimés.

Plus sérieux sans doute du point de vue de l’avenir des banques est un autre mouvement de contestation qui se développe en ce moment et qui risque, avec le « foreclosuregate », de les prendre en tenaille. Il ne s’agit pas cette fois des emprunteurs tirant parti des incohérences du double système d’enregistrement mais d’investisseurs ayant acheté les MBS et les ABS. Le nœud de l’affaire est que l’investisseur bénéficie d’un recours si un prêt intégré dans l’un de ces titres est frauduleux : il peut alors exiger de le faire remplacer au sein du titre par un crédit de bon aloi, voire même se faire simplement rembourser.

Jusqu’ici les plaintes ne rassemblaient que de « petits porteurs » dans ce que les Américains appellent des « class action » : des plaintes déposées par des regroupements de consommateurs, et les recours s’étaient enlisés dans un bourbier juridique. Tout a changé la semaine dernière quand des plaintes ont cette fois été déposées par d’authentiques poids lourds. Il s’agit dans le premier cas d’une alliance entre PIMCO, le plus important fonds obligataire américain (membre du groupe d’assurance allemand Allianz), de BlackRock, un gestionnaire de fonds, héritier en particulier de certains produits toxiques de l’assureur AIG, et de la Federal Reserve Bank of New York, sortant du rôle de neutralité que l’on attend de la part d’une des composantes de la Federal Reserve, la banque centrale américaine. Dans le second cas, il s’agit rien moins que de la Federal Housing Finance Agency, le régulateur des Government-Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac, qui a contacté un cabinet d’avocats, Quinn Emanuel – dont on précise qu’il n’a pas de clients dans le secteur bancaire – en vue de se préparer à intenter des actions en justice. Les GSE viennent d’ailleurs de réclamer une rallonge de 6 milliards de dollars aux 148 milliards que leur soutien a déjà coûté. Un chiffre a été avancé la semaine dernière pour le coût total probable du sauvetage des GSE : 363 milliards de dollars.

La cible commune de tous ces intervenants : les banques qui ont titrisé les crédits et qui demeurent responsables de la qualité de ces crédits regroupés en MBS et en ABS. Est visée tout particulièrement Bank of America qui avait racheté au moment de sa chute en juillet 2008 Countrywide, jusque-là le principal organisme de crédit hypothécaire aux États-Unis. Ne sont pas épargnées non plus des banques à la réputation moins sulfureuse, telle Wells Fargo, la grande banque de San Francisco. L’évaluation du coût total pour les banques d’actions en justice contre elles couronnées de succès, varie entre 55 et 179 milliards de dollars.

Les ennuis du « foreclosuregate » avaient déjà contribué à faire tomber la valeur des titres des principales banques émettrices de MBS et d’ABS, la nouvelle offensive des poids lourds que sont PIMCO, la Federal Reserve de New York, BlackRock et les jumeaux maudits Fannie et Freddie leur assène un nouveau coup de bélier, et celui-ci, beaucoup plus sérieux : le titre Bank of America a perdu près de 15 % de sa valeur en dix jours. Pourquoi l’intervention de ces poids lourds modifie-t-elle la donne ? Parce qu’il existait jusqu’ici un cercle vicieux : pour pouvoir affirmer qu’il y avait fraude, il fallait que le plaignant identifie nommément les crédits frauduleux, ce qui était pratiquement impossible en l’absence d’un accès aux documents. La Federal Housing Finance Agency, étant un régulateur, a cependant elle la possibilité d’exiger d’obtenir copie de tout document dont elle souhaite avoir connaissance (procédure du « subpoena »).

Un commentateur a fait observer à propos de la Federal Reserve Bank de New York, qu’elle se trouve désormais dans une situation inédite : plaignante contre des banques commerciales américaines, elle est également par ailleurs – au titre de composante de la Fed – prêteur de dernier recours pour ces mêmes banques. Pourquoi la FRNY se retrouve-t-elle en position de plaignante ? Parce que quand fit faillite en mars 2008 Bear Stearns, à l’époque 5e banque d’investissement de Wall Street (Lehman Brothers était elle 4e et devait tomber six mois plus tard), JP Morgan récupéra les restes de la firme mais bénéficia d’une aide substantielle de la part de la Fed. Comme legs du sauvetage, la FRNY hérita du cadeau empoisonné que constituaient les produits financiers toxiques en possession de Bear Stearns, des ABS essentiellement.

Le Secrétaire au Trésor, Henry Paulson, avait déclaré à l’époque qu’un sauvetage comme celui de Bear Stearns ne pourrait pas être renouvelé et il ne le fut en effet pas pour Lehman Brothers, avec les conséquences que l’on sait. La raison, on le comprit ensuite, c’était la qualité abominable des produits toxiques dont la FRNY avait hérité. Depuis, on n’en parlait plus, jusqu’à ce que, la semaine dernière, la banque fédérale régionale nous rappelle brutalement un vieil adage : « La vengeance est un plat qui se mange froid ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Économie morale des retraites, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Valeur du droit présent projeté dans le futur

Le droit général et garanti par la société à recevoir une pension de retraite, c’est à dire des revenus liés à l’âge sans avoir à poursuivre des activités professionnelles rémunérées, est reconnu et appliqué dans les pays développés. L’application de ce droit résulte d’une discussion morale, politique et économique continue. Elle implique des redistributions de richesses dans l’espace et dans le temps entre des personnes qui les produisent au présent, des personnes qui les ont produites dans le passé et des personnes qui ne les produiront pas dans le futur. Les dépenses d’un retraité portent sur une production actuelle. Elles sont donc financées par des agents économiques actifs qui ne dépensent par pour eux-mêmes toute la contrevaleur de ce qu’ils produisent. Les revenus dépensés d’un retraité, quelle que soit leur origine, pension, produit d’épargne ou produit de capital investi, ont pour contrepartie de la valeur réelle qu’un salarié, un entrepreneur, un investisseur ou un service social public épargne. Une pension de retraite signifie que le cotisant qui produit effectivement la richesse épargne au bénéfice immédiat du retraité et à son bénéfice à terme.

Trois réalités cohabitent dans un système de retraite : la réalité économique actuelle du transfert de ressource ; la réalité financière qui lie la valeur du passé à la valeur du présent et la valeur du présent à la valeur du futur ; et la réalité politique qui attribue des droits aux membres de la société. La réalité politique est l’effet d’une décision collective. Elle détermine la réalité économique présente d’un certain niveau de transfert de richesses matérielles par les transferts qui s’opèreront dans le futur en vertu d’une certaine conception de la solidarité qui fonde la vie dans une même société politique. Dans l’ordre de la finalité, la réalité politique définit premièrement un équilibre de droits entre des cotisants, la puissance publique et des retraités présents ou futurs. Ensuite la réalité financière transforme des droits formels en cotisations et versements de pension effectifs. Enfin la réalité économique opère les transferts de valeur au bénéfice des catégories âgées qui ne produisent pas au présent.

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Comment introduire l’intérêt général dans la gouvernance d’entreprises ?, par Olivier Ardoin

Billet invité. Je publie pratiquement toujours les « billets invités » sans commentaire préalable. Le lecteur du blog devine que je le trouve intéressant sans savoir pour autant dans quelle mesure exacte je souscris à son contenu. Ceci me conduit souvent à devoir répondre à ceux des lecteurs qui supposent que j’approuve à 100 % le contenu de chaque « billet invité ». Dans le cas présent du texte d’Olivier Ardoin, je tiens à préciser que ses propositions bien que positives et susceptibles de susciter un débat intéressant ne me semblent pas aller assez loin dans la voie qu’il ouvre.

Constat :

L’économie de marché, en faisant disparaître les entreprises les moins performantes, conduit naturellement à la formation d’oligopoles qui dominent les principaux marchés mondiaux. En dehors du fait que la concurrence entre eux est largement faussée en raison de leur faible nombre, les décisions prises par les dirigeants de ces groupes de taille mondiale ont un impact de plus en plus considérable. Elles concernent souvent des millions de personnes et peuvent avoir des conséquences majeures sur l’environnement. Dans certains cas même, c’est l’ensemble de la planète et de ses habitants qui pourraient subir les conséquences de leurs choix, s’ils impliquent un risque de catastrophe écologique majeure par exemple.

Dans le système économique actuels, les seuls décideurs finaux légitimes sont les représentants des actionnaires, au nom du droit de propriété de ces derniers. Ils ont certes la contrainte de se soumettre aux lois des pays concernés par leurs projets, mais les lois, même quand elles sont bien faites et respectées, ce qui est loin d’être le cas dans tous les pays, ne peuvent pas tout anticiper quand il s’agit de projets complexes conduits à l’échelle mondiale.

Les décisions prises au sein de ces groupes sont donc prises par des intérêts privés en fonction d’un critère principal, celui de la rentabilité (à court terme de préférence) des capitaux investis.

La question primordiale à régler pour aboutir à un fonctionnement sain de l’économie mondiale est donc la suivante : comment introduire des représentants de l’intérêt général dans la gouvernance des entreprises ?

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Bonjour, on est dimanche…


Paul Jorion Bonjour on est dimanche…
envoyé par PaulJorion. – L'actualité du moment en vidéo.

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Le temps de travail : genre de travail, pénibilité, âge de la retraite

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L’actualité de la crise : ONT-ELLES ÉTÉ VRAIMENT SAUVÉES ?, par François Leclerc

Billet invité

Pour rester sur le terrain des apparences, deux lectures sont possibles du communiqué final de la réunion du G20 finances : l’optimiste au premier degré, et la réaliste après décryptage. Après avoir bien sûr pris soin de mettre de côté la réaffirmation principielle de l’indispensable coopération que la situation réclame, sans laquelle un sommet n’existerait pas.

Si une conclusion peut sans hésiter être tirée de cette réunion, c’est que les Américains n’y ont pas été à la fête.

Pas crédible pour deux dollars et orfèvre du double langage, Tim Geithner vient de déclarer que les Etats-Unis sont en faveur d’un dollar fort, relativisant fortement par là même toutes les bonnes intentions formulées dans le communiqué. Par exemple, « [les membres du G20] vont prendre un ensemble de mesures visant à réduire les déséquilibres excessifs et à maintenir le déséquilibre de leurs comptes courants à des niveaux soutenables ». Les mesures ne sont d’ailleurs pas précisées, pas plus que ne l’est la définition d’un « niveau soutenable », les Allemands, les Chinois et d’autres pays dont l’Inde s’étant fermement opposés à un objectif chiffré – les Américains souhaitant voir reconnu un ratio maximum pour les surplus de 4% du PIB – et le faisant savoir.

Le communiqué précise aussi que « les économies développées seront vigilantes face aux fluctuations excessives et aux mouvements désordonnés des taux de change. Ces actions aideront à réduire le risque de volatilité des flux de capitaux auquel font face certains pays émergents ». Il n’en fallait pas moins pour calmer les ardeurs de tous ceux qui auraient reproché aux Américains d’inonder leurs économies de capitaux spéculatifs.

Est-ce encore un vœu pieux ou faut-il y lire la confirmation que la Fed – qui devrait prendre une décision dans une dizaine de jours – ne fera fonctionner la planche à billet que par paliers successifs, afin de tâter le terrain et de ne pas encore brutalement accentuer l’envahissement des économies émergentes par des flots accrus de capitaux ? Une petite précaution dont les résultats ne sont pas garantis.

Rainer Bruederle, ministre allemand de l’économie, a clairement mis en cause « un accroissement monétaire excessif et permanent », selon lui assimilable à une manipulation monétaire des taux de change.

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