L’ULTRALIBERALISME TENTE DE RESSUSCITER UNE ARISTOCRATIE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai modifié le titre de ce billet qui était initialement : « Ressusciter une aristocratie » en « L’ultralibéralisme tente de ressusciter une aristocratie ». J’ai également explicité une phrase. La raison en est que certains lecteurs semblent se contenter de lire le titre et se font à partir de là une opinion de ce dont parle le billet. Ainsi sur le blog de Jacques Attali, JPJM écrit que « Paul Jorion appelle de ses vœux une nouvelle aristocratie au sens élevé du terme ». Rien n’est plus éloigné de mes vœux, ce que j’écris ci-dessous, c’est ceci : « Si le libéralisme est le moyen qui a permis historiquement à une bourgeoisie d’abattre une aristocratie, l’ultralibéralisme est alors le moyen qu’utilise une bourgeoisie – continuant de prôner les mêmes principes une fois sa victoire achevée –, de se reconstituer elle-même en cette aristocratie qu’elle a précédemment évincée. »

Autrement dit – et pour lever toute équivoque – je dénonce les visées de l’ultralibéralisme de reconstituer un système aristocratique. Aucun rapport avec le fait d’« appeler de mes vœux une nouvelle aristocratie au sens élevé du terme ».

L’ultralibéralisme tente de ressusciter une aristocratie

Si le libéralisme est le moyen qui a permis historiquement à une bourgeoisie d’abattre une aristocratie, l’ultralibéralisme est alors le moyen qu’utilise une bourgeoisie – continuant de prôner les mêmes principes une fois sa victoire achevée –, de se reconstituer elle-même en cette aristocratie qu’elle a précédemment évincée. La manière dont ceci est possible est la suivante : réclamer un plus grand progrès de la liberté dans un cadre aristocratique fondé sur les droits acquis initialement par la force, c’est offrir à l’argent le moyen de détrôner la force dans son rôle de vecteur de la puissance. Et ceci parce que l’argent, en permettant d’acheter un service, exerce un pouvoir de « commandement » identique à celui de la force (1). Une fois la bourgeoisie en charge des affaires, continuer de réclamer un plus grand progrès de la liberté dans le cadre d’une société bourgeoise, c’est offrir au nouvel ordre qui s’est constitué, le moyen de se renforcer, autrement dit de permettre à cette bourgeoise triomphante de recréer un système semblable à l’ancien mais où ce serait elle qui assumerait cette fois le rôle d’une aristocratie. L’exercice de la liberté est en effet différentiel : ce que la liberté autorise n’est pas le même dans le cas du riche et celui du pauvre. En effet, le riche utilise comme une chose qui va de soi le pouvoir de commandement qu’autorise sa richesse. La liberté du pauvre se limite aux rêves de grandeur qu’il peut entretenir en imaginant que l’on devient riche par un simple effet de la liberté, par le simple effet de le vouloir. Cette illusion est possible parce que du point de vue auquel on a accès quand on est pauvre, l’effet de levier nécessaire pour progresser dans l’ordre bourgeois est invisible.

On oublie que si Marx affirme qu’une dictature du prolétariat sera nécessaire pour créer une société sans classe, c’est parce que la bourgeoisie arrivant au pouvoir ne partage pas elle cette ambition : le pouvoir auquel elle accède, il lui semble qu’elle l’a mérité, et les privilèges de l’aristocratie qui la révoltaient autrefois n’étaient pas répréhensibles à ses yeux pour leur qualité en soi mais seulement parce qu’ils n’étaient pas les siens.

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(1) Sur ce qu’en a dit Adam Smith, voir « L’argent, mode d’emploi » (2009) : 70 et « Le prix » (2010) : 36.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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175 réflexions sur « L’ULTRALIBERALISME TENTE DE RESSUSCITER UNE ARISTOCRATIE »

  1. « l’argent, en permettant d’acheter un service, exerce un pouvoir de « commandement » identique à celui de la force »

    J’ai d’abord eu envie de répondre « non ! » mais vous avez raison : entre argent et force la causalité existe dans les deux sens. L’argent donne de la « force » ou en tout cas une force symbolique importante. Mais il faut surtout souligner le sens inverse : l’usage de la vraie force (pas symbolique) permet de se procurer de l’argent.

    Dans le raisonnement de Marx, ce sont les « forces productives matérielles » (je traduis : la technologie à l’instant T) qui déterminent qui détient le capital, donc qui détermine les classes, donc l’argent, donc la force. Mais il semble que, pour lui, les « forces productives matérielles » tombent du ciel (avec une minuscule). Si l’on observe que les technologies, les innovations, les idées en général, sont produites par des hommes, on a un tableau bien différent dans lequel il n’y a pas de place pour la « lutte des classes ».

    Quid de l’autre sens de la causalité ? Si les classes ne résultent pas de la richesse des entrepreneurs, mais de l’usage de la (vraie) force ? On aboutit à une situation où l’usage de la coercition permet de s’approprier l’argent des autres – des entrepreneurs, mais pas seulement eux. Il y a bien une lutte des classes dans ce cas, oui, mais l’argent n’en est que le symptôme, pas la cause. Accessoirement, c’est pourquoi je ne suis pas convaincu par votre thèse des inégalités-qui-ont-causé-la-crise.

    A lire sur ce thème : L’analyse de classe marxiste et celle des Autrichiens, un article stimulant de Hoppe.
    http://ami.du.laissez-faire.eu/_hoppe1.php5

    Cdt,
    GSF

    1. à Gu Si Fang
      Lorsque je vous lis, dire de votre regard sur le monde, (parfois, pas toujours mais souvent) je me demande si oui ou non, nous habitons bien sur la même planète ..??
      alors que pourtant oui, et nous habitons même dans la même nation, (avec son actuel président, et ça et tout … )

      je vous conseille néanmoins d’écouter cette émission sur france culture « Le temps du monde fini : vers un postcapitalisme civilisé »
      Genviève Azam
      http://www.franceculture.com/emission-terre-a-terre-%C2%AB-le-temps-du-monde-fini-%C2%BB-2010-10-30.html

      ou sinon de parcourir l’article ci-dessous
      « Le Temps du monde fini, vers l’après capitalisme « , un livre de Geneviève Azam
      Ed: Les liens qui libèrent
      « « Le temps du monde fini commence » écrivait Paul Valéry en 1931. Pourquoi cet appel n’a-t-il pas été entendu ? Comment faire de la conscience de cette finitude un commencement ? Près d’un siècle s’est écoulé et la globalisation économique a accéléré la clôture du monde et celle de l’imagination. Les vainqueurs laissent une Terre épuisée et un monde commun miné par les inégalités, le déracinement et la violence. Ce monde-là, assigné à la rentabilité immédiate, s’effondre. Les crises mettent à nu la promesse empoisonnée de réaliser la liberté et la justice par le « libre » échange, la croissance et la consommation, elles dévoilent l’illusion scientiste qui repousse à l’infini les limites de la Terre et l’espoir fou de s’affranchir de la matérialité de l’existence. Elles heurtent aussi les forces « progressistes ».

      S’inscrire dans le temps du monde fini, c’est s’échapper de l’enclos et écouter les voix, souvent celles des vaincus, qui, au Nord et au Sud, expriment plus que leur défaite ; elles disent que la Terre et ses éléments sont un patrimoine commun vital et inaliénable ; elles opposent le « bien vivre » au « toujours plus », les mondes vécus aux abstractions expertes ; elles luttent pour conserver les biens communs qui les protègent et les enracinent, réinventent la démocratie et l’aspiration à l’universel. Sous les décombres souffle un autre imaginaire, fait de coopération au lieu de concurrence, d’attachement à la Terre au lieu d’arrachement, d’une propriété-usage au lieu de la propriété-appropriation, d’une liberté retrouvée face à la « raison » économique et à l’asservissement de sujets renvoyés à eux-mêmes. »
      http://yonne.lautre.net/spip.php?article4430

    2. C’est oublier opportunément la notion de classe par héritage, une réalité sociale.
      La bourgeoisie s’approprie les richesses et les gardent. Les autres n’étant que des faire-valoir. L’ascension sociale ayant disparu, votre raisonnement aussi.

    3. @ VB : vu, je vous réponds dans un instant

      @ Cécile

      Quelle est votre question exactement ? Voulez-vous connaître mes valeurs, ma personnalité ? Ou bien est-ce que vous pensez qu’il y a une erreur objective dans ce que j’ai écrit plus haut ?

      @ povre

      C’est vrai, lorsque les parents peuvent donner plus à leurs enfants ils le font souvent. Qui le leur reprocherait ? Lorsqu’on a un capital, un bagage intellectuel, ou autre chose, à transmettre à ses enfants, ça ne me paraît pas un acte répréhensible. Figurez-vous qu’il y a même des gens qui en font parfois bénéficier les enfants des autres ! J’ai un arrière-grand-père né en Tunisie qui a eu un parcours à la Camus à l’école primaire. Plus tard, lorsque sa carrière le lui a permis, il a pris sous son aile, chaque année, quelques enfants à qui il voulait apporter une aide financière.

      Mais s’il avait été moins bien intentionné, aurait-il pu barrer la route à cette « classe » prolétaire qui menaçait sa position sociale ? Pas sûr… En n’utilisant que sa richesse, on risque d’être détrôné par un nouvel entrant. La vraie lutte des classes, c’est autre chose, n’est-ce pas ? On utilise non seulement sa richesse, mais surtout la législation, voire la force, pour se maintenir en place. Si l’on ne compte que sur son talent, on peut tomber sur plus talentueux, alors on utilise la contrainte pour empêcher les nouveaux entrants de rentrer, pour conserver les positions existantes, etc. C’est pourquoi les « classes exploitantes » ont souvent en horreur l’économie de marché. Sur le marché, leur position sociale peut être remise en cause à tout moment par les consommateurs et par de nouveaux entrepreneurs. Regardez ce qu’est devenu l’horrible monopole d’IBM aujourd’hui ! En 30 ans (une génération) : zap ! rétrogradé ! Par contre, les Castro sont toujours là, et les Kim Jong aussi…

      En France, on n’a pas Castro, on n’a plus d’aristocratie, mais on a l’élitisme républicain et ses grands corps d’Etat, et d’innombrables corporatismes dont chacun défend (par la loi, et plus rarement par la force) ses privilèges et sa position. Dommage pour les nouveaux entrants… Si c’est un économiste et sociologue plutôt « à gauche » qui le dit, ça vous paraîtra peut-être plus convaincant que Hoppe, mais le raisonnement est exactement le même.
      http://www.repid.com/La-peur-du-declassement.html

    4. @ Cécile

      Voilà un goût que nous partageons : @rrêt sur image. Sinon je ne connaissais pas Vinaver.

      Sur le reste, ma question visait à souligner la différence entre les goûts, les jugements de valeur, d’une part, et les jugements de fait, le raisonnement, d’autre part. Nous pouvons avoir des valeurs et des goûts différents, il ne peut pas en être autrement dans une société libre. Mais si vous relisez mon commentaire, il se veut un jugement de fait, pas de valeur. Je demande où est la cause et où est l’effet entre l’argent et la force. C’est différent de la question : est-ce bien ou mal ?

      Pour l’analyse factuelle de cette question, je pars de l’idée que les privilèges légaux – l’usage de la contrainte légale – permettent de s’enrichir au détriment du reste de l’autre. A défaut d’y adhérer, comprenez cette idée et vous aurez déjà une idée de mes valeurs.

      Cdt,
      GSF

    5. @ GSF,

      Il y a un biais dans votre raisonnement : la suppression de ce que vous appelez « privilège légal » ne supprimera jamais la volonté de certains de s’imposer, par la force si nécessaire, aux autres et à leur détriment. L’Etat, qui certes peut être oppresseur (ce n’est plus à démontrer) peut aussi être pacificateur, et c’est là que je vois son intérêt exclusif : tout repose sur la qualité des Hommes qui incarnent ou représentent (temporairement ou indéfiniment) cet Etat :-). Finalement : public et privé, même combat ; c’est aussi un combat de la morale contre l’immoralité (vous pouvez aussi appeler cela un combat éthique).

      Cdt,

    6. @ Valérie

      Si par biais vous voulez dire que j’ai des préférences, oui. Tout le monde est « biaisé » mais biais ne veut pas dire erreur.

      En revanche, regardez ce que vous écrivez et vous y verrez un curieux raisonnement :

      « la suppression de ce que vous appelez « privilège légal » ne supprimera jamais la volonté de certains de s’imposer, par la force »
      Je reformule : l’interdiction du crime ne supprimera jamais totalement la criminalité. On est d’accord, c’est un fait.

      « L’Etat, qui certes peut être oppresseur (ce n’est plus à démontrer) peut aussi être pacificateur »
      Oui. La contrainte légale peut être utilisée pour éliminer le crime, ou pour le commettre (légalement).

      « et c’est là que je vois son intérêt exclusif : tout repose sur la qualité des Hommes qui incarnent ou représentent (temporairement ou indéfiniment) cet Etat »
      Imaginez que je dise : Autorisons les criminels à agir comme ils veulent ! Ainsi, tout reposera sur leurs qualités morales 😉

      « public et privé, même combat »
      Si seulement ! Si l’on savait un peu plus appliquer les mêmes règles morales à l’action publique qu’aux actions privée ! Mais c’est loin d’être le cas. Il y des hommes vertueux et vicieux dans les deux camps, bien entendu, mais nos lois ne les jugent pas avec les mêmes critères.

      Cdt,
      GSF

    7. sur la kleptocratie,
      les volés, des algériens petits fonctionnaires, simples citoyens
      « Scandale d’El Khalifa Bank
      L’ampleur de l’arnaque bancaire du groupe Khalifa n’a pas permis au régime d’étouffer cette affaire.
      ….
      Cavalerie
      À l’occasion de ce scandale, on apprend qu’El Khalifa Bank détenait 29 % de la Société Générale Algérie. Elle aurait racheté les parts de la FIBA, un holding de participation enregistrée au Luxembourg il y a quelques années. Cette société était contrôlée majoritairement par des privés européens, algériens et américains. Le conseil de surveillance de FIBA était présidé par Ali Benouari, ancien ministre algérien délégué au Trésor installé à Genève. Le holding, au capital de 1,5 millions d’euros avait pris des participations dans la filiale de banque française dès sa création en Algérie, aux côtés de la Société financière internationale (SFI, Banque mondiale) Si son rachat s’est effectivement produit (il y a quelques mois, selon la banque française) il n’avait en son temps fait l’objet d’aucune publicité, bien que la loi en fasse obligation, et cet investissement pourrait être lié aux méthodes de «cavalerie» employées par le groupe privé. Mais le flou autour de la nébuleuse Khalifa va encore plus loin.

      Un autre segment considérable du scandale demeure encore confidentiel, voire secret. Il s’agit des dépôts publics dont les autorités bancaires et gouvernementales n’ont pas encore révélé le volume. Ils sont estimés par des sources bancaires concordantes et dignes de foi entre 2 et 4 milliards de dollars, soit l’équivalent d’au moins un dixième de la dette extérieure du pays. Cette somme astronomique a été consommée en partie dans les dépenses du groupe Khalifa – via sa banque – ou transférée à l’étranger, précisent ces sources. Des crédits – non remboursés – ont également été accordés à de nombreux hommes d’affaires ou proches de dirigeants du groupe privé dans des domaines très divers. De nombreux établissements publics (caisse de retraite, assurances sociales, logement social, banques publiques…) y laissent des plumes. Ahmed Ouyahia a assuré que des poursuites judiciaires sont engagées pour cerner les responsabilités de ces institutions et retrouver la trace des milliards envolés.
      …..  »
      http://www.alger-dz.com/interface.htm

      « L’argent des autres

      «L’étape suivante, résume un des meilleurs connaisseurs du dossier, était de faire éclater le groupe pour faillite ou malversations. Ne restait alors aux généraux qu’à se partager des entreprises publiques déjà passées au privé».

      Khalifa aura du coup bénéficié de toutes les facilités, exonérations d’impôts et autres droits de douane. Et c’est l’argent des autres qui a assuré une bonne part de son financement puisque les comptes des organismes publics ont été transférés à la Khalifa Bank: Sécurité sociale, Caisse de retraite, assurances de la Sonatrach, la toute puissante compagnie nationale des hydrocarbures…
      http://www.bladi.net/forum/7540-affaire-khalifa-partie-invisible-liceberg/

      l’affaire Khalifa (avec en réverbère une idée des pratiques en vigueur de nos propres kleptocrates occidentaux, made in France, made in USA ….. )
      http://www.youtube.com/user/bingo24dz#p/search/1/4oqUJ2m9S88

      « révélations » au 16/9/2007
      http://www.dailymotion.com/video/x3099o_affaire-khalifa-revelations_news

      donc à suivre
      « Affaire Khalifa:le frère de Bouteflika et la fille de Larbi Belkhir cités au tribunal de Paris …
      Publié le 04/02/2008 à 12:00 par abdoumenfloyd

      Au cours de l’audience du tribunal d’appel de Paris consacrée à l’examen de la demande d’extradition présentée par l’Algérie et concernant trois collaborateurs de Moumène Khalifa, des révélations importantes ont été faites par ces derniers à propos de l’implication du clan Bouteflika dans le scandale.

      Selon le quotidien arabophone El Nahar, les ex-collaborateurs menacés d’extradition n’auraient, en effet, pas hésité à citer les noms de personnalités algériennes qui auraient bénéficié des largesses de Abdelmoumène Khalifa en échange de facilitations et de protections. Parmi ces noms, figure celui de Abdelghani Bouteflika, frère du président, avocat de profession, qui aurait bénéficié d’un appartement sur l’un des plus grands boulevards de Paris. La confirmation par M. Ghazi Kebbache de l’existence de cet appartement et du nom de son propriétaire constitue une première dans la mesure où jusqu’à maintenant, ces informations ont été considérées comme une tentative visant à affaiblir l’entourage du président. Selon El Khabar, M. Kebbache aurait également cité le nom de M. Rachid Maârif, ex-chargé du protocole à la Présidence et actuel ambassadeur d’Algérie à Rome, qui aurait également bénéficié d’une habitation à Paris, avenue de la Grande Armée. Le témoignage de l’oncle de Moumen Khalifa fait ressortir, par ailleurs, le nom de la fille de M. Larbi Belkheïr, actuel ambassadeur d’Algérie à Rabat.

      Rappelons que les trois accusés ont été remis en liberté.
      http://abdoumenfloyd.centerblog.net/3865113-affaire-khalifa-le-frere-de-bouteflika-et-la-fille-de-larbi-belkhir-cites-au-tribunal-de-paris-

    8. Bonjour,

      @ GSF,

      Bon, reprenons :
      Lorsque vous traduisez par abolition du crime ce que je désigne par abolition du privilège légal (que vous dénoncez), vous faites en arrière plan, une hypothèse qui me semble être que « tout ce qui est étatique » est en soi un mal. C’est là que je ne vous suit pas. La notion d’Etat peut servir au meilleur comme au pire en fonction des personnes qui dirigent cet Etat ; l’Etat est en quelque sorte un effet de levier, démultiplicateur de puissance, mais il n’apparaît pas, au demeurant, être un critère de moralité ou d’immoralité.
      Un Etat gouverné par des gens avisés, conscients de notre petitesse et de notre court passage à tous sur cette Terre (les cimetières sont remplis d’hommes indispensables et de Grands Hommes), de l’immense devoir qu’ils acceptent de porter et intellectuellement à même de concevoir toutes ces problématiques, pourrait faire beaucoup pour le bien-être des peuples. Evidemment, les conditions du bien sont loin d’être remplies aujourd’hui ; peut-être le seront-elles demain ? « N’oubliez jamais que jusqu’au jour où Dieu daignera dévoiler l’avenir à l’homme, toute la sagesse humaine sera dans ces deux mots : attendre et espérer » AD.

      Cordialement,

    9. @ Valérie

      Il est clair que vous et moi n’avons pas le même avis sur la question du rôle de l’Etat, sur l’Etat-providence etc. Mais je prétends que la question de la monnaie est indépendante de cela.

      J’aurais pu me déclarer anarchiste et dire : tout ce qui est fait par l’Etat est mal, notamment le monopole de la monnaie, et poursuivre mon raisonnement. Ce n’est pas ce que je dis. Je dis : le monopole de la monnaie est mal, et le reste suit. Si, pour me mettre à votre place, on considère que l’Etat-providence est une nécessité, sachez qu’il est aujourd’hui financé essentiellement par l’impôt. Des trois principales sources de financement d’un Etat – l’impôt, la dette et le seigneuriage – la dette joue un rôle mineur et le seigneuriage un rôle négligeable. La réaction logique, face à ce constat, serait de se dire que l’Etat-providence peut être financé par l’impôt, qu’il perdrait une petite partie de ses ressources en abandonnant son monopole sur la monnaie, et qu’il gagnerait largement à avoir une économie saine et en croissance.

      Le monopole de la monnaie a été la principale – presque l’unique – source de financement des Etats dans l’antiquité. Ce n’est plus le cas : aujourd’hui ça ne rapporte plus grand-chose. Par rapport aux ennuis énormes que cela provoque, j’ai envie de dire : tout ça pour ça ???

      Le seul argument valide pour défendre le monopole de la monnaie aujourd’hui est le nationalisme. Un chef d’Etat sans monnaie ne peut plus bomber le torse face à ses pairs, il ne leur parle plus d’égal à égal (sauf que l’euro a montré que c’était faux : la France a abandonné sa souveraineté monétaire et personne n’est mort…). Un Etat attaqué par un Etat voisin peut mobiliser rapidement des ressources considérables grâce au seigneuriage, ce qui augmente ses chances de gagner la guerre.

      Cdt,
      GSF

    10. @ GSF,

      Ce n’est pas tant le fait que nous n’ayons pas le même avis sur l’Etat ou sur l’Etat providence qui est en cause que le fait que je lie la monnaie à l’Etat et que vous militez pour un retour aux monnaies multiples, heureux temps des banquiers changeurs.
      Je vous renvoie à cet égard à mon autre commentaire (relatif à BFM radio – désordres monétaires et émeutes de la faim) :

      Mais vous ne répondez pas à la question de savoir quel serait l’avantage d’une monnaie aussi difficile (ou onéreuse) à échanger qu’un bien matériel ?
      Certes, votre blague d’économiste vaut ce qu’elle vaut mais en retour je peux vous rétorquer que si le change de votre monnaie contre celle du vendeur de poisson coûte plus cher que le poisson lui-même (prélèvement au passage de la dîme du banquier changeur), je doute que vous l’achetiez, ou alors à crédit ? Bonne blague .
      Vous troquez (sans jeu de mots) le privilège monétaire contre un privilège garanti à tous les changeurs (banquiers) qui n’ont certes pas besoin de privilèges supplémentaires !

      Sur l’Etat, sa conception nationaliste et/ou militairement agressive, je pense que vous faites de l’Etat un portrait à la fois beaucoup trop réducteur et trop simpliste.

      Au plaisir,

      Cordialement,

    11. @ Valérie

      Sur la monnaie onéreuse / difficile à échanger, une monnaie-marchandise serait un moyen d’échange moins coûteux que le papier-monnaie actuel, non pour ses qualités physiques (la monnaie aurait la même forme qu’aujourd’hui) mais par la réduction de l’incertitude qui y est attachée (on peut prévoir que les gouvernements n’auront pas une poule aux oeufs d’or comme ils ont aujourd’hui une planche à billets). Voir ma réponse ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=15700#comment-120152

      Sur l’heureux temps des banquiers changeurs, merci d’en parler, c’est l’occasion d’expliquer ce phénomène. Au Moyen-Age, il existait de multiples monnaies seigneuriales et ecclésiastiques ayant chacune cours légal sur un petit territoire. L’inflation était (un peu) limitée parce qu’ils n’avaient pas encore franchi l’étape des réserves fractionnaires puis du cours forcé. Mais ils altéraient régulièrement les monnaies et en tiraient un petit revenu. C’est pourquoi ils gardaient jalousement leur pouvoir local. Mais cela compliquait les échanges entre des seigneuries ayant des monnaies différentes. Au moins y avait-il plus ou moins un dénominateur commun : le contenu en métal fin. Mais les conversions étaient coûteuses : pierre de touche, spécialistes des métaux, trébuchet (d’où les espèces « sonnantes et trébuchantes »), etc. Les échanges étaient donc coûteux aussi… hélas !

      J’espère que vous verrez immédiatement le parallèle qui existe entre cette situation où coexistaient de multiples monopoles monétaires régionaux, et la situation actuelle où coexistent de multiples monopoles monétaires nationaux. Dans un cas comme dans l’autres, les changeurs-banquiers sont à la fête…

      Cdt,
      GSF

    12. @ GSF,

      L’explication que vous donnez sur les monnaies du Moyen-Age n’infirme en aucune façon le pouvoirs des banquiers changeurs qui en profitaient pleinement en pratiquant éventuellement, au passage, l’usure.
      La différence entre ce type de situation que vous appelez de vos voeux et ce que vous décriez pour aujourd’hui, du point de vue de l’utilisateur de la monnaie en question, est la suivante : la quantité d’argent prélevée en bloc aujourd’hui serait remplacée par la multiplication des possibilités de prélever de l’argent demain. Le point commun entre ces deux situations est que les banquiers conserveront quoi qu’il en soit un droit divin de faire de l’argent sur le dos des autres tout en rendant un service relativement anodin. Je ne vois pas vraiment l’avantage pour le menu peuple…

      Cdt.,

      PS : savez-vous que le nom de trébuchet vient de l’occitan trebucca qui désignait une petite balance très précise utilisée par la pharmaciens ?

  2. Bonsoir,

    L’aristocratie avait une particule, un titre, des terres, des privilèges, il était plutôt facile de l’identifier. Mais la bourgeoisie, à quoi la reconnaît-on ? A partir de combien d’argent, si c’est l’argent le critère est on dans cette « classe » ?

    1. Le bourgeois, c’est la personne qui vit (confortablement) sans travailler. Elle fait travailler les autres grâce à son capital qui lui ramène des rentes (bénéfices, dividendes).

    2. Si je peux tenter une réponse, je ne dirais pas ‘combien’.
      Car si on prend la définition de Salva, il existe in fine assez peu de ‘bourgeois’ qui retirent du capital leur rente suffisamment pour en faire leur ‘salaire’ (en vivre). Ceux qui le font le font néanmoins dans des proportions jusqu’alors inégalées et de plus en plus croissantes.
      Dans ce cas, il me semble que l’on passerait à côté de l’aspect ‘systémique’ démontré par Frédéric Lordon avec le capitalisme, à savoir qu’un salarié qui retire tout ou partie des son capital les revenus nécessaires pour vivre est aussi un bourgeois : bénéfices (actions) mais aussi rentes (immobilières, par exemple) et revenus différés (assurance-vie).
      Si cette extension donne l’illusion (but recherché) de la démocratisation du capitalisme (l’embourgeoisement, réel, de la société, du fait de sa généralisation), on ne peut constater que la véritable aristocratie est bien celle, très minoritaire, des rentiers.
      Mais à la différence des aristocrates, les rentiers ont fait un tour de force en faisant croire qu’ils étaient ‘comme tout le monde’ puisque tout le monde étaient devenu bourgeois (ce qui auraient inconcevable pour les aristocrates).
      Bref, comment être aristocrates (les privilèges) sans l’être socialement (les inconvénients de la haine sociale), le must.
      Sont forts, ces capitalistes …

    3. On ne peut constater que la véritable aristocratie est bien celle, très minoritaire, des rentiers.

      Mon cher Zébu…. murs de mots, contorsions sémantiques, pseudo culture historique…

      Faites vous une différence entre les gens âgés qui ont économisé leur vie durant pour se garantir une retraite (et qui vont en prendre plein la gueule comme c’est parti ) et les rentiers « minoritaires » que vous prétendez identifier.

      Voudriez pas essayer le réél une fois ?

    4. Bonjour,
      L’Aristocratie n’a pas disparu, elle s’est fondu dans la haute bourgeoisie, mélange d’industriels, de hauts fonctionnaires, d’administrateurs de société, d’hommes politiques, etc…..La cooptation est souvent la règle, même si le mérite est proclamé.
      La richesse de la Bourgeoisie est multiforme, pas uniquement par l’Argent, mais par la Culture, la sociabilité et le prestige.
      Il faut lire les études du couple de sociologues Pinçon et Pinçon-Charlot, en particulier « Sociologie de La Bourgeoisie » aux éditions la découverte; on s’aperçoit alors qu’il faudra un gros gros changement pour contrôler ces gens……..

    5. @ Mike :
      Mon vieux Mike (vous permettez ?).
      Les personnes âgées dont vous parlez, qui ‘mettent de l’argent de côté pour leurs vieux jours’, sont effectivement des rentiers et des bourgeois mais à leur niveau (soit petitement), pour la bonne et simple raison qu’ils ont les moyens d’en mettre de côté, ce qui n’est évidemment pas donné à tout le monde. Tant il est évident, selon vous, que les ‘personnes âgées’ sont désincarnées et n’ont plus de classes sociales (et même avant, puisque le fait de devenir une ‘personne âgée’ efface tout passé social : magie du grand âge !) …
      Tant il est vrai que les ouvriers possèdent tous des assurances-vie et des PEA.
      Ces ‘personnes âgées’, comme vous dites, et qui ont accumulé (tiens, le verbe ‘accumuler’ n’aurait rien à voir avec ‘capitalisme’ ?) de quoi voir venir en leur fin de vie automnale, tant il est vrai que cette fin de vie est repoussée de plus en plus vers l’hiver, gouvernement aidant, à supposer donc qu’ils aient réussi à ‘capitaliser’ en surnuméraire de quoi constituer un ‘petit capital’ en sus de leurs retraites par répartition, qui croyez-vous qu’elles soient ?
      Et l’intérêt, ça n’existe pas ? Car ces mêmes ‘personnes âgées’ sont effectivement des bourgeois puisqu’elles ont ‘placé’ leur ‘petit’ capital, évidemment avec intérêt (le plus important possible, en bon capitaliste). Intérêt qui leur a procuré une substantielle somme en supplément de ce qu’elles mettaient de côté depuis 20 ou 30 ans : plus que substantielle, réellement un vrai surplus, le calcul étant très rentable à 5%, n’est-ce pas (parfois, aussi conséquent voir plus que le capital ‘mis de côté’) ?
      Ce que l’on pourrait appeler des ‘rentiers’ : faire produire à l’argent de l’argent, en nombre partiellement ou totalement suffisant pour pouvoir vivre du surplus ainsi produit.

      Evidemment, je ne parle pas des ‘personnes âgées’ qui ont mis de côté ce que la vie leur a permis de mettre de côté (ce qui devient de plus en plus difficile, vu les salaires versés et restreint le nombre de ‘personnes âgées’ potentiellement concernées), sans avoir pour but de faire produire de l’argent à leur argent.
      Rien à voir.

      Mais tout ceci, vous le savez déjà, n’est-ce pas ?

      Et êtes directement concerné, à ce que je constate.

      « Voudriez pas essayer le réél une fois ? » : me faîtes pas rire !!
      Commencez déjà par écrire ‘réel’ comme ce doit …

      PS : extension du domaine de la lutte (bourgeoise), y compris et surtout pour les ‘personnes âgées’, qui étaient ‘jeunes’ et ‘actives’ avant que d’être réifiées comme vous le faîtes. C’est voulu et c’est fort bien décrit par Frédéric Lordon.
      Si vous savez lire.

    6. On n’était pas noble sans le titre vendu avec. Que les choses étaient claires est évidentes. Il me semble qu’à vous lire, il est difficile de savoir qui est bourgeois véritablement, et comment on reconnaît un bourgeois. Etrange classe quand même, si floue et si puissante à la fois. Pourtant elle doit bien avoir un signe distinctif évident pour pouvoir se reconnaître et se reproduire dans sa classe. Quel est il donc ? Quelqu’un le sait il ici ? Je me répète à partir de « combien » ou de « quand » est-on bourgeois ?

      Moi même je ne le sais pas, mais autant je suis comme monsieur Jourdain et le suis sans le savoir ! Ca fait peur non, autant nous sommes plusieurs ici à débiner notre propre classe, égarés sur le blog par ignorance de notre véritable condition !

    7. Où alors est-ce à ce genre d’individus que l’on fait référence en tant que bourgeois ?

      Si oui jusqu’où fait-on descendre le curseur en province par exemple, où se termine cette classe ?

    8. Merci mon Zébu pour cette extraordinaire réponse à laquelle je n’ai rien compris. Il se trouve que je n’habite ni ne travaille en France, et que vos circonvolutions égocentrées d’intellos « qui brassent de l’air » font rire – ou pleurer – bien des travailleurs à l’étranger. Travailleurs qui se demandent comment font ces braves français pour survivre avec tout ce verbiage… même si c’est vrai que ça fait passer le temps finalement.

      Je suis même convaincu que vous vous perdez vous même dans vos circonvolutions. Rassurez vous, je ne vous veux aucun mal, mais c’est un peu comme si j’essayais de comprendre un cormoran qui parle le cormoran… Ou alors le problème est que vous êtes trop intelligent et que je suis limité. C’est possible en l’occurence… je ne vais surtout pas essayer de le cacher.

      Quand aux problèmes de détail dans la forme, ne perdez donc pas de temps avec cela, gardez votre belle énergie pour essayer d’être enfin clair et de coller avec la réalité. C’est dérisoire. Un peu comme si je vous avait traité d’ongulé alors que le zébu n’est qu’un bovidé.

    9. ahhhh, les travailleurs de l’étranger, ils vont sauver la France … de l’étranger, c’est certain.
      N’est pas De Gaulle qui veut et vous n’êtes pas sur Radio Londres.

    10. Je préfère usuriers, péjoratif et délictueux à rentiers,
      (l’usure en 1910 est un délit, l’usurier celui qui se prescrit le bénéfice de taux d’intérêt exorbitants de plus de 10%, aujourd’hui, nous en sommes parfois à des 30 %

    11. Je lis là bien des contournements, circonvolutions, casuistiques tremblotantes, hésitations flageolantes…

      [ « Le suzerain doit à son vassal l’entretien, généralement sous la forme d’une concession de fief (terres ou droits, ou encore rente), et la protection. En retour le vassal est tenu de fournir à son suzerain aide et conseil (foi et hommage). » ] (Wiki)

      La nouvelle aristocratie bourgeoise est celle qui, en lieu et place des fiefs, titres et privilèges concédés par le suzerain local ou le pouvoir central du souverain, possède un capital économique ou financier, symbolique, de savoir, de réseau, ou d’influence accordé par le Marché prétendument souverain ou préservé par un État à ses genoux, permettant à ses bienheureux membres bien nés d’échapper à la plupart des angoisses, lâchetés, aliénations, inquiétudes quotidiennes et plébéiennes de ses soi-disant égaux en droit.
      Capital lui octroyant par dessus le marché le privilège inouï de la pérennité de sa situation hors-normes, de génération en génération, en toute liberté, en toute légalité, en toute légitimité auto-proclamée, universellement reconnue. Inconditionnellement ? Presque. Ne serait-ce son zèle à feindre de se plier (à de remarquables -quoique pas toujours innocentes- exceptions près…) aux exigences de productivité et aux impératifs de compétitivité édictés par les « néo-blanchisseurs » de la théologie hyper-libérale, et par leurs relais normalisateurs convertis, ex-planificateurs de l’appareil d’État. Il faut bien se montrer un peu solidaire de la piétaille qui n’en a pu mais, s’étant déjà fait casser les reins par la nouvelle évangile…

      Un noyau dur (et méritant) de 5 à 10 % de la population constituant cette aristocratie, strictement hiérarchisée comme l’était aussi la noblesse d’ancien régime, est suffisant pour entrainer, agréger autour d’elle, plus de 50 % des citoyens-votants sous sa « protection » et lui assurer le maintien de ses privilèges à moindres frais, virginalement légitimée qu’elle est alors, en toute apparence démocratique. La sécurité de pacotille (assurance-vie, capitalisation + un zeste de redistribution squelettique), la menace de la responsabilité individuelle (le mensonge de l’autonomie proclamée + la dérégulation croissante) et l’illusion de liberté (le « respect » claironné des grands principes du Droit Naturel et de l’État de Droit + le mérite, la volonté et le travail « récompensés ») d’une majorité aliénée et servile se portant naturellement au secours de la seule liberté et du seul droit de propriété du puissant, repoussant l’égalité au compte pertes et profits. Dans les affres et les profondeurs obscurcies des bilans pas nets

      Et si l’on veut en rester, prosaïquement (et osons le mot, bien vulgairement !), à l’évaluation par les revenus ou le patrimoine de ces 10 % de bienheureux de naissance, et bien c’est autour des 50 000 euros de niveau de vie moyen annuel et vers les 750 000 euros de fortune, en moyenne toujours, qu’il faut aller chercher (Insee 2007).
      Des cadres sup du secteur privé mais aussi public, ingénieurs, médecins (70 000 euros annuels pour un simple généraliste en moyenne en 2007…), professions libérales, indépendants, commerçants, artisans, petits patrons, agriculteurs, professeurs d’université, etc. Certains sont en danger, d’autres en l’embellie, jaloux ou revanchards, regardants et teigneux s’il le faut quant aux subtils équilibres de pouvoirs dans la petite famille, mais tous objectivement unis pour la défense de leurs privilèges communs et de l’efficience de leur entregent. Et de ceux bien plus considérables de leurs suzerains-chefs de classe.

      Eh oui, ça fait du monde. Et du beau ! Et du pognon. La moitié du patrimoine total des ménages ! Et du pouvoir. Beaucoup de pouvoirs ! Et des libertés. Beaucoup de liberté ! Méritée ? Diable ! Quelle question ! Ne la valent-ils pas ? Les règles du jeu ne sont-elles pas les mêmes pour tous, garanties par notre Constitution ?
      Alors, Messieurs-Mesdames, front baissé ! La Peuple Souverain, aux pieds de ses élites méritantes et protectrices, dépose : ses hommages, sa foi et sa vénération.

    12. @ Vigneron

      Merci à toi, enfin un peu de clarté dans ce ramassis opaque de faux fuyants. Je te lis et voilà donc que j’en suis à l’insu de mon plein gré. Je m’en doutais bien un peu mais c’est toujours marrant de le lire sous la plume d’un autre. Très intéressant en tout cas ton exposé et il donne bien le ton à ceux qui pensent que la « réforme » est dans l’échelle de temps de l’humain… Sacrement puissante cette classe en tout cas, et a-t-elle véritablement un adversaire à sa taille (à part elle même bien entendu)

      Bien à toi.

  3. Jacques Attali a déclaré sur RTL ce soir qu’il fallait instaurer la flexisécurité pour crréer des emplois…Voilà une fois de plus le masque d’Attali qui tombe…Celui d’un libéraliste! On voit où cette science nous mène actuellement…Moi aussi j’aimerais un peu de flexibilité, du genre alignement du régime des retraites des élus et des hauts fonctionnaires sur celui du régime général, alourdissement fiscal pour les entreprises qui financent les retraites dites « chapeau » des dirigeants, Plafonnement à 2000 Euros mensuels de la part de retraite CNAV, suppression en grande partie des 174 Milliards d’Euros de niches fiscales distribuées sans contrepartie aux entreprises, alourdissement fiscal de tous les logements de fonction des fonctionnaires….Quant on veut trouver l’argent, il faut le prendre là où il se trouve, et arrêter de toujours demander à la même catégorie de personne des sacrifices!

    1. Le masque d’Attali est tombé depuis longtemps sauf pour ceux qui refusent de voir ….
      Dans une certaine oligarchie justement.
      Tant qu’il sera là, avec d’autres, rien ne changera …il entre-larde, parfois, avec beaucoup d’habileté, un discours plus « social », auquel il croit peut-être, au milieu de la doxa néolib.habituelle . Tout le monde sait qu’il est fort intelligent …mais quel dommage qu’il ne se contente pas d’écrire, pour notre plus grand bonheur, des livres sur les grandes figures de l’humanité …
      Je me souviens d’un de ses romans: « La confrérie des éveillés »..si le voyage à travers les temps commençait bien, la fin « se mordait la queue », si je me souviens bien …déception …c’était un livre qu’il ne fallait pas finir …

  4. Bonjour Monsieur Jorion,

    Oui, il y a sûrement de ça. Il me semble cependant que cette étape, l’accomplissement d’une nouvelle aristocratie (financière) est chose faite.
    Quid lorsque l’arme en question (la monnaie) ne s’avère plus à la hauteur escomptée, notamment parce que les chevaliers qui utilisent cette arme l’utilise aussi contre eux-mêmes ? lol ; l’histoire de l’arroseur arrosé. Que passa après ?

  5. « Et ceci parce que l’argent, en permettant d’acheter un service, exerce un pouvoir de « commandement » identique à celui de la force (1). » : contrairement à ce que vous dites dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, c’est reconnaître que le monde n’est pas aussi civilisé qu’il y paraît… Les vrais « civilisés », on finira bien par l’admettre un jour, sont les peuplades qui n’ont jamais créé de « civilisation ».

    L’idée de « ressusciter une aristocratie », c.a.d. une classe de dirigeants désintéressés, est excellente. Mais relève du vœu pieu…

    1. L’idée de « ressusciter une aristocratie », c.a.d. une classe de dirigeants désintéressés, est excellente. Mais relève du vœu pieu…

      ???

      Nous n’avons manifestement pas compris la même chose – ou je n’ai pas compris le sens de votre phrase.

      Il ne me semble pas que Paul considère le renouveau d’une aristocratie comme souhaitable, pas plus que l’aristocratie elle-même comme « une classe de dirigeants désintéressés ». En l’occurrence c’est tout le contraire. Il décrit un processus dors-et-déjà en route – voir achevé – et le désigne comme l’explication du marasme actuel.

      En effet l’aristocratie se définit comme la détention du pouvoir par une élite méritante. Or c’est bien effectivement cette notion de mérite qui est à prendre avec d’infinies précautions ici:

      Sous ce terme traditionnellement considéré comme éminemment positif se cache un mécanisme de hiérarchisation sociale entre celui qui fait bien et celui qui fait mal. Or c’est bien là que réside le problème, dans l’établissement des critères définissant bien et mal au sens ultra-libéral, puisque celui-ci est immoral (ou amoral selon ses propres termes).

      Ainsi par exemple, l’activité florissante de l’industrie de l’armement se trouve jugée favorablement dans ce cadre, et pour cause: C’est le caractère florissant qui est ici jugé, et aucun autre. Une entreprise qui dégage des bénéfices a invariablement raison de le faire par construction, même si pour cela elle détruit le monde entier sur son passage.

      En se proclamant amorale, l’économie ultra-libérale indique précisément que la valeur morale d’une activité n’entre pas en ligne de compte dans le jugement qu’on doit lui appliquer. Dès lors, on peut tout à fait agir pour le pire sur le plan moral et néanmoins agir pour le mieux du point de vue ultra-libéral.

      Ainsi donc, l’aristocratie ultra-libérale s’autorise toutes les bassesses, toutes les veuleries, tous les crimes, du moment que cela s’inscrive dans une démarche d’efficience économique. La chose en soit est déjà contestable, mais elle devient complètement intolérable lorsque, comble de l’immoralité, l’ultra-libéralisme viole ses propres principes en souhaitant faire passer pour méritantes des actions économiquement désastreuses. Son action est alors irrémédiablement voué aux gémonies.

    2. « la valeur morale d’une activité n’entre pas en ligne de compte dans le jugement qu’on doit lui appliquer. Dès lors, on peut tout à fait agir pour le pire sur le plan moral et néanmoins agir pour le mieux du point de vue ultra-libéral. »

      ==> l’amoralisme est le cache sexe hypocrite de l’immoralité ; la porte ouverte à toutes les immoralités ; un sophisme décadent !

    3. @Pascal

      Oui et non. Le fait est qu’un jugement amoral peut tout aussi bien encenser un acte éminemment moral et directement à la suite, un acte définitivement immoral, puisque par définition, il ne se fonde jamais que sur des valeurs autres que morales.

      En l’occurrence, lorsqu’on établit un jugement fondé sur la valeur argent , la manière dont celui-ci est gagné n’entre pas en ligne de compte. Ce qui importe dans ce cadre, c’est de savoir si on génère du bénéfice ou si on subit des pertes.

    4. Dissonance, je ne nie pas que l’amoralisme s’accommode tout aussi bien de la moralité que de l’immoralité ; ce que je souhaite établir c’est que sous couvert d’amoralisme, toutes les immoralités deviennent possibles, sont acceptables dès lors qu’elles peuvent être justifiées au nom de critères légitimes d’un autre point de vue. Exemple : les consommateurs occidentaux sont contents d’acheter des tee shirts à pas cher fabriqués par de la main-d’œuvre chinoise maltraitée ! Immoral : non car l’ensemble du processus concerné doit être apprécié à l’aune de sa pertinence économique et non de sa moralité, critère qui n’a pas cours dans la représentation capitaliste néo-libéral de ce milieu !

    5. @Paul et Dissonance : j’avoue ne pas avoir bien compris l’article, sinon le fait qu’il dénonce la bourgeoisie comme une nouvelle aristocratie. Mais :

      1) Le titre, « ressusciter une aristocratie », pointe un but, un objectif, un souhait ou un vœu, on appellera ça comme on veut, mais sûrement pas un état de fait regrettable auquel on voudrait mettre fin.

      2) L’article ne dit pas en quoi consiste une aristocratie, de sorte que toutes les interprétations sont possibles. On peut parler de « mérite », par référence à l’aristocratie d’antan, mais il faut alors rappeler qu’elle avait aussi des DEVOIRS. Je cite Wikepedia :

      « Comme le clergé, la noblesse dispose de privilèges : elle n’est pas assujettie à la taille, l’impôt royal. Elle a le droit de porter l’épée et de pratiquer la chasse. Elle est jugée par des tribunaux particuliers. La noblesse est en revanche soumise à des devoirs, elle doit verser son sang. Elle a des places réservées dans l’armée et l’administration mais la plupart des activités professionnelles lui sont refusées, ce qui n’est pas le cas dans des pays tels que la Suisse ou l’ Allemagne. Tout noble français qui ne respecte pas ces devoirs peut déroger et se voir déchu de sa condition. »

      Or, dans la vidéo d’un billet précédent, Eva Joly rappelle les coûts faramineux des dégâts que l’on peut attribuer au capitalisme, donc à la bourgeoisie, des coûts qu’elle ne paient pas : donc, devoirs = zéro.

      3) L’aristocratie d’antan avait un statut défini en droit alors que la bourgeoisie d’aujourd’hui relève du droit commun.

      Conclusion : la bourgeoisie ne constitue en rien une aristocratie, en tout cas pas selon le modèle de l’Ancien Régime auquel l’article fait allusion. Prise au pied de la lettre, la thèse est archi-fausse.

    6. @Crapaud Rouge

      1) Le titre, « ressusciter une aristocratie », pointe un but, un objectif, un souhait ou un vœu, on appellera ça comme on veut, mais sûrement pas un état de fait regrettable auquel on voudrait mettre fin.

      Frankenstein, ça vous dit quelque chose?

      On peut parler de « mérite », par référence à l’aristocratie d’antan, mais il faut alors rappeler qu’elle avait aussi des DEVOIRS.

      Sinon celui qui fait appel à cette référence est foudroyé sur le champ?

      Vous semble-t-il incohérent de dire que la bourgeoisie se pense comme une aristocratie en devenir mais sous le prisme ultra-libéral, c’est à dire précisément avec des devoirs réduits à leur plus simple expression? Pensez-vous que l’élégance d’associer des devoirs aux droits dont on bénéficie importe d’une quelconque manière pour qui s’inscrit dans un cadre idéologique qui se proclame amoral?

      Allons allons mon cher dendrobate, un peu d’imagination 🙂

    7. Dissonance, c’est vous qui ne manquez pas d’imagination à me classer dans le genre des « dendrobates ». Là, j’ai bien dû fouiller mon Petit Robert, mais pour y découvrir que je marcherais dans les arbres : vous ne confondez pas avec les singes, par hasard ?

      Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais reconnaissez les limites du billet : vos explications ne s’y trouvent pas ! Il faut voir le monde comme Jorion, (et ses « courtisans »…) pour saisir de quoi il parle. Pour voir, dans la grande bourgeoisie capitaliste, une nouvelle aristocratie, il faut en particulier ôter à l’aristocratie d’antan ce qui faisait sa noblesse. Je veux bien croire que cette « noblesse » n’était que formelle, (comme est formelle, aujourd’hui, la liberté de travailler), mais il n’empêche : elle existait de droit. On ne peut pas tenir cette noblesse pour nulle sans annuler le droit sur lequel elle reposait.

      Quoiqu’il en soit, si l’intention de Paul était de dénoncer la bourgeoisie comme une nouvelle aristocratie, le titre choisit est un contre-sens. Ou bien le texte est-il un appel à fiche en l’air les fondements du droit commun ?

    8. L’infinitif s’entend comme un impératif à la 3ième personne (ou impersonnel) : « pour faire une omelette, casser des œufs ». Aussi eût-il été plus judicieux d’écrire : « Une aristocratie ressuscitée ». De toute façon, ça ne mène pas loin car tout système suscite l’apparition d’une « aristocratie ». En URSS, on l’a appelée « nomenklatura », et pourtant, les bourgeois comme les nobles avaient été éjectés du pouvoir avec pertes et fracas. Et en Chine, l’on trouve l’aristocratie du parti communiste, doublée de celle des grands capitalistes. Le question de fond est donc plus celle des contre-pouvoirs, qui ont fondu comme neige au soleil depuis 1945, que de savoir si l’on a affaire ou non à une « aristocratie ».

    9. Tout dépend des périodes dans l’ancien régime, et de la place par rapport à la Cour …
      L’absolutisme de louis XIV a, je pense, augmenté le parasitisme des courtisans, qui ne servaient que de faire-valoir: endettement faramineux jamais remboursé, si ce n’est « sur la bête » : la population ; et haut risque de …lumbago, à force de « cirer les pompes » …et ainsi de suite …[ ça rappelle étrangement l’époque actuelle, en plus classieux, peut-être…]
      Les Seigneurs féodaux, et cadets de famille, avaient probablement quelques devoirs plus austères, et risquaient leur vie dans quelques batailles; c’était leur rôle …de plus, certains étaient fort « gueux » dans les provinces reculées et enclavées …: ceux-là étaient, peut-être, une sorte de classe moyenne de l’époque …[ en consultant des archives pour tout autre chose, j’ai vu des mariages entre Marquise de ceci cela, et un paysan, au 15° siècle …avec un Baron de machin-chose comme témoin !?…]

    10. @ Crapaud Rouge :
      Je serais d’accord avec toi si ce n’était deux choses :
      1/ parler d’aristocratie en lieu et place de bourgeoisie, c’est parler de privilèges. Les bourgeois, sauf exceptions (chartes royales) dans l’ancien régime n’avaient pas de privilèges ‘par nature’. Il me semble que nous soyons d’accord sur le fait qu’une partie de la bourgeoisie s’extraie de la bourgeoisie pour redéfinir de nouveaux privilèges, financiers. Exemple : la reconnaissance des paris financiers par la loi, à l’envers des paris des simples citoyens.
      J’en avais parlé dans un billet précédent : http://www.pauljorion.com/blog/?p=14633
      Cette nouvelle aristrocratie fait croire qu’elle n’est que bourgeoise, surtout aux bourgeois, afin justement de ne pas se faire passer pour une aristocratie ploutocrate.
      2/ concernant les devoirs dû par l’aristocratie envers ‘le régime’ (système social), de nouveaux devoirs ont émergé pour cette nouvelle aristocratie, liés à ses fonctions et attributs. L’ancienne noblesse était une noblesse d’épée, d’où le devoir de verser le sang, pour le Roi ou à défaut la nation. La nouvelle noblesse est une noblesse financière, dont les privilèges se fondent sur la possession de l’argent (et du pouvoir de créer de l’argent à partir de celui-ci).
      Son devoir est finalement très simple actuellement : verser l’argent dont l’Etat a besoin, quand il en a besoin.
      Non pas par l’impôt (fi !! que c’est laid !!).
      Mais par la souscription d’obligations diverses et variées lancées par l’Etat, dont celui-ci attend que la noblesse verse son dû. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ceci s’appelle des ‘obligations’.
      Sans ce versement d’argent, l’aristocratie ne se voit pas reconnaître ses privilèges par l’Etat (qui s’est substitué au Roi).
      Il y a plusieurs noblesses, comme il y en avait plusieurs sous l’ancien régime.
      La petite noblesse, de basse extraction, d’origine roturière, fournit la masse nécessaire par son nombre mais verse de petites sommes et reçoit des petits privilèges (exemptions fiscales, par exemple).
      La noblesse d’entreprise, PME et PMI, reçoit elle des exonérations, assez importantes (plusieurs centaines de milliards) pour les impôts qu’elle verse et surtout pour accepter d’employer des salariés.
      La grande noblesse est noblesse de banque, celle qui achète, directement ou non les obligations d’Etat. On y trouve les plus grands privilèges mais pas autant que la noblesse de sang royal : la noblesse bancaire étrangère ou multinationale, celle qui possède les 2/3 de la dette publique française.
      Elle, ses privilèges, sont incommensurables (extraterritorialité, déclaration forfaitisée de l’impôt, …).
      Mais elle assure, bon an, mal an, le fameux triple AAA dont l’Etat a besoin.

      Pas d’aristocratie dès lors ?

      PS : cette aristocratie est pire que la précédente. Au moins, l’ancienne aristocratie avait le bon goût de mourir au combat. Celle-ci, non seulement ne meure pas mais en plus, par la dette qu’elle entretient, voit son pouvoir augmenter jour après jour. Car à chaque écot versé, elle se voit reconnaître non seulement des privilèges croissants mais aussi une reconnaissance de dette croissante. De sorte que l’on ne faisait pas de confusion entre aristocratie et royauté dans l’ancien régime, tandis qu’avec la nouvelle aristocratie, on ne sait plus si l’aristocratie est l’Etat ou si l’Etat est une aristocratie.

    11. @Zébu : excellente réponse avec laquelle je suis tout à fait d’accord.

      @Paul : bravo pour le nouveau titre. D’après vos explications, je n’ai pas été le seul à avoir mal compris. Dame, c’est qu’un titre est censé résumer le texte, comme les noms à particule résument des générations d’aristocrates !

  6. Dans la théorie marxiste, la bourgeoisie est définie comme la classe de la société qui possède les moyens de production.
    Citation wikipédia

    1. C’est pourquoi la théorie marxiste, sur ce point, me semble dépassé.
      Etre bourgeois actuellement n’est pas posséder un moyen de production mais bien un moyen de reproduction du capital et en tirer tout ou partie de ses ‘revenus’.

    2. Et la classe qui possède l’argent possède le plus fantastique moyen de production, l’argent lui-même !

    3. @zébu : « C’est pourquoi la théorie marxiste, sur ce point, me semble dépassé. » : non, pas du tout, c’est seulement que les formes changent. Les capitalistes ne possèdent pas seulement les moyens de production mais aussi, et surtout, le savoir-faire technologique. Même ultra compétent, un individu ne possède pas vraiment son propre savoir-faire, parce que lui-même ne peut rien en faire, il est contraint de passer sous les fourches caudines du marché du travail.

    4. L’argent n’est pas qu’un moyen de production mais c’est essentiellement un moyen de production.
      Celui qui possède l’argent le « fait travailler. »
      L’argent, équivalent marchandise, est la marchandise qui contient toutes les marchandises.
      Le langage de l’argent est l’usure.

    5. … »Usure :Le fait de retirer un profit de l’argent prêté a longtemps été jugé comme immoral par l’Eglise. Cette conception disparaît peu à peu au XVI°siècle et l’on distingue alors les intérêts à un taux normal ( Calvin les fixe à 5%) et ceux dont le taux est exagéré; après certaines hésitations, c’est le mot usurequi désigna ( 1656, Pascal) un intérêt de taux excessif et le fait de prendre un tel intérêt.  »
      Dico historique Robert.

    6. @ Marlowe :
      Je comprends bien mais pour moi, l’argent a essentiellement une fonction sociale (ou religieuse, selon certaines conceptions protestantes). C’est bien plus qu’un moyen de production. Ou alors, de production de statut social. On finira bien par se retrouver … 🙂

  7. J’ajouterai une idée sur l’exercice de la liberté :
    A l’aube du libéralisme, les bourgeois vivaient déjà de leurs rentes. Ils pouvaient s’appeler : Voltaire, Laplace, Lavoisier, et utilisaient le temps de créance dont ils disposaient sur le travail d’autrui, en produisant de la science et de la philosophie.

    Connaissez-vous un patron millionnaire du CAC40 qui puisse produire un livre qui serve l’humanité plutôt que ses intérêts ?

    Le débat sur l’utilité sociale des riches n’est pas nouveau, les anciens se sont lamentés sur la disparition de l’évergétisme dans leur civilisation :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89verg%C3%A9tisme

    1. Connaissez-vous un patron millionnaire du CAC40 qui puisse produire un livre qui serve l’humanité plutôt que ses intérêts ?
      Oui: Bernard Tapie.
      Il a sorti un livre en 1986: « Gagner » (Robert Laffont)
      Il a aussi sorti le disque « Réussir sa vie » avec Didier Barbelivien en 1985.

  8. Vu comme cela ,il va falloir ajouter dans le Blogroll le très rock M.Mélanchon,ce qui risque de rétrograder à la troisième place M.Attali.

  9. C’est bien pourquoi, certains se mettent à courronner les passants, leur proposant de devenir des rois et des reines.
    De la noblesse de chacun peut surgir l’idée d’un partage de base pour exercer dans les faits les principes de 1789 : Liberté, Egalité, Revenu de base.
    Sans celà, ces principes sont lettre morte maintenant que s’estompte l’illusion bourgeoise.
    Mais pour aboutir,il faudra bien retrouver le lien à son voisin.
    Plus personne ne travaille pour soi à notre époque mais nous pensons encore comme le paysan qui ne portait au marché que l’excédent des besoins de sa famille et était en conséquence impôsé sur la taille de sa grange.
    Tous les « mérites » ne sont pas monétisés, chaque contribution est pourtant utile à l’ensemble. Chaque mère au foyer sait celà. Le chomeur qui aurait pourtant droit à un revenu décent a plus de mal, stigmatisé qu’il est alors que l’économie ne sera plus capable de fournir d’en « haut » du travail à chacun.
    La réalité du principe de Fraternité est encore à inscrire tant dans la constitution que dans les faits.
    Faire le saut culturel nécessaire à la compréhension du monde dans lequel nous sommes rentré dans les années 70 n’est il pas la seule voie pour réguler les abus de ceux qui l’ont bien compris et en profitent?
    Un film de 110 mn sorti ce mois ci en français nous y aide:
    Le revenu de base, une impulsion culturelle
    Cela est possible, si nous savons pourquoi!

    1. Le Revenu de Base Inconditionnel ferait s’effondrer
      d’un coup, des murs entiers d’angoisses, d’indignités,
      de souffrances et de coercitions.
      … pour commencer

  10. Bourgeoisie ou aristocratie, peu importe, en tous cas des barons pour lesquels nous pouvons découvrir leurs jardins secrets dévoilés dans le mensuel « Capital » de novembre :
    François Pinault : une propriété somptueuse de 12 MO
    Benjamin de Rostchild ; un domaine champêtre de 3,5 Mo
    JC Decaux : 2 domaines de 3 et 4 Mo
    Il faut ce qu’il faut et ne soyons pas envieux svp.
    Bien d’autres ont comme objectif majeur une propriété pour reposer leurs vieux os dans une résidence les pieds dans l’eau comme en Corse, au Luberon dans les vignes, du coté des Beaux chez Tartarin. Rêvons nous aussi.

  11. Le plus extraordinaire c’est le nombre de personnes qui refusent d’accepter les (la) verités premières si bien exposées dans ce post, ou qui tergiversent sur ceci, sur cela, pourtant tout est là.
    Une dernière remarque, c’est rafraichissant.

  12. après s’être débarrassé des rois de droit divin, il est nécessaire de se débarrasser des rois de droit financier.

  13. réclamer un plus grand progrès de la liberté dans un cadre aristocratique fondé sur les droits acquis initialement par la force, c’est offrir à l’argent le moyen de détrôner la force dans son rôle de vecteur de la puissance.

    D’après Toffler (et moi aussi) , l’argent est en train de se faire détrôner comme pouvoir par le savoir (pris au sens le plus large)
    En fait, il y a 3 pouvoirs, la force l’argent et le savoir, et nous assistons à une lutte entre ces trois pouvoirs, mais c’est le savoir qui est le pouvoir de plus grande qualité qui grignote les deux autres.
    Il suffit de s’en persuader. Il s’agit d’une question de civilisation.

    http://www.amazon.fr/nouveaux-pouvoirs-Alvin-Toffler/dp/2213026769

    1. L’argent peut acheter tous les autres pouvoirs, surtout la force et le savoir !! Mais il n’achète pas l’amour !! Il offre des compensations qui valent ce qu’elles valent ! L’argent affect positif source de conatus … qui donne accès à d’autres affects positifs … d’où la puissance des convoitises qu’il suscite et la force de motivation qu’il recèle ; d’où son pouvoir corrupteur !

      L’argent permet donc de tout obtenir sauf l’amour !

      La lutte n’est donc pas entre l’argent et le savoir mais entre l’argent et l’amour ; le reste devant ensuite s’ordonner différemment de l’ordre actuel dominé par l’argent !

      Qu’on me pardonne une fois encore ces propos que d’aucuns pourront trouver iconoclastes !

    2. Étonnant. Moi qui pensais qu’il fallait de l’argent pour acheter les livres. Amazon, société philanthropique bien connue…

    3. @Paul
      Pourquoi un voeu pieux ? vous vous tirez une balle dans le pied, soit j’ai rien compris, soit c’est bien le but de votre blog de transmettre le savoir afin de remettre l’argent à sa place.
      J’admets toutefois que ça peut prendre un certain temps, (voire ne jamais venir) et en ce sens Michel est peut-être un peu optimiste, mais un optimiste lucide.

      Cordialement

    4. Paul Jorion,

      Votre

      Encore un voeu pieux !

      concerne-t-il ça :

      l’argent est en train de se faire détrôner comme pouvoir par le savoir (pris au sens le plus large)

      ou ça :

      Il suffit de s’en persuader. Il s’agit d’une question de civilisation.

      ?

    5. @ Michel

      Vu du point de vue de l’économie, le savoir , la connaissance, permettent de produire plus avec moins. Ils sont de ce point de vue équivalents au capital qui vise à produire plus avec moins (de travail), d’où l’expression souvent mal comprise de « capital humain ». Il est vrai que le savoir joue un rôle beaucoup plus grand dans la production de richesses aujourd’hui qu’hier. Autrefois, la terre était la principale forme de capital, et sa possession permettait de recevoir une part importante de la production totale. Aujourd’hui, la terre est devenue négligeable, et un propriétaire foncier n’est pas un homme riche. Le capital – humain ou matériel – joue à présent un rôle plus important que la terre. En ce qui concerne le capital humain, cependant, il présente une caractéristique particulière qui le distingue de la terre et des autres biens capitaux. La connaissance, les idées, ne sont pas des biens rares. Si j’utilise une idée, vous pouvez continuer de l’utiliser en même temps. Ce n’est pas le cas d’une usine.

      Cdt,
      GSF

      P.S. Je ne connais pas Alvin Toffler et ce qui précède ne concerne pas ses écrits.

    6. Il y a « savoir » et « savoir » : le carnet d’adresse de Papa en fait partie, tout comme la base d’un délit d’initié, le secteur où investir, le niveau de pétrole dans les nappes, etc. Autant d’éléments de savoir et de connaissance qui n’ont généralement rien d’académiques mais qui commandent effectivement l’argent.

    7. Quel génie, ce Toffler !

      Il prédit aujourd’hui ce qui est en train d’arriver sous nos yeux: le réveil de la Chine, la fin du pétrole, l’Internet à haute vitesse, des conflits dus aux changements climatiques, et même que « de plus en plus de gens vont faire pousser leurs légumes et produire leur nourriture afin de dépendre de moins en moins des grands producteurs et distributeurs. »

      Voilà une invention qui a de l’avenir: la prophétie du présent !!

      http://www.20minutes.fr/article/610323/culture-que-va-t-il-passer-40-prochaines-annees

    8. Je ne suis pas un littéraire de votre niveau,
      Je ne suis qu’un modeste technicien, et je peux vous dire que dans les entreprises il y a deux types de travailleurs , ceux qui imaginent, qui créent et ceux qui exécutent.
      Lors d’une restructuration, ce sont toujours ceux de la deuxième catégorie qui sont dégommer.
      Et oui, aujourd’hui, il faut les faire travailler ses neurônes!!!

      Ce que je veux surtout dire, c’est qu’on a pas le choix, si on veut s’en sortir, il faura de plus en plus de savoir (pris au sens le plus large) pour faire sortir l’épargne et les fortunes de leurs casmates afin de les investir dans un développement durable encore valable dans mille ans.
      Nos petits enfants en auront bien besoin.
      Sinon, je me demande ce que nous foutons ici.

    9. @ pablo75

      Ce que vous dites est une caricature, d’abord, avez vous lu Toffler?
      Je ne le prend pas pour un saint ou un gourou, mais comme moi, il a travailler 10 ans en usine comme ouvrier.
      De là, grâce à son bagage intellectuel, il en a déduit que l’ére industrielle se termine, ce que j’avais moi-même pu constater dans les années 80, ce n’était qu’une intuition qui se confirme aujourd’hui.
      Les prédictions affichées dans le lien avaient déjà plus ou moins réalisées dans les années 70 lors de l’écriture de la « Troisième Vague » que je vous conseille de lire.
      La dernière phrase du livre est:

      Notre destin est de créer notre destin
      Ce n’est pas de la futurologie, c’est de l’action
      Donc,
      Je persiste et signe:

      l’argent est en train de se faire détrôner comme pouvoir par le savoir (pris au sens le plus large)

    10. michel lambotte : Oui…sans compter les commentaires qui n’y sont pas !

      Paul Jorion : Oui..?

      Pascal : « iconoclastes » ! C’est carrément tabou oui !

  14. Oui, on peut factuellement reconnaitre que nous sommes sous la coupe d’une camorra financière qui a su se faufiler dans tous les canaux d’échanges de la mondialisation, qui a su consolider ses acquis financiers, multiplier ces innovations sur ses terrains de prédilection et pour finir, dicter au souverain sa loi. Dernier exemple de cette autorité acquise, le renflouement de sa faillite par qui… par les contribuables.
    Une aristocratie dites-vous ?…
    Beaucoup doivent penser que l’on ne pouvait pas prévoir. Pourtant, la carte bancaire, ce petit sésame qui distribue si aisément ses commodités n’est-il, n’est-elle pas plutôt le signe distinctif de la toute puissance des banques?

  15. Travailleeeeeeeeeeer, c’est trop dUuUr, et voleeeeeeeeer, c’est pas beau.
    D’mander laaaaaaaaaa charité, c’est quéqu’ chose qu’j’peux pas faire.  »

    bon, ben y me reste plus qu’à spéculer.

  16. « c’est parce que la bourgeoisie arrivant au pouvoir ne partage pas elle cette ambition : le pouvoir auquel elle accède, il lui semble qu’elle l’a mérité »

    ==> et pour s’octroyer un extraordinaire confort intellectuel, pour se donner une formidable bonne conscience, ses membres les plus adorables, les plus honnêtes en apparence, veulent absolument croire que celles et ceux qui ne réussissent pas méritent leur sort. Essayez de leur expliquer le contraire et je vous assure que si vous êtes un tant soit peu pugnace et (im)pertinent, vous devenez beaucoup moins attractif ! J’en ai fais l’amère expérience à plusieurs reprises ! Les winners ne peuvent admettre l’idée que les loosers ne méritent pas autant leur sort qu’eux le leur !!! Cette éventualité est profondément anxiogène pour eux, déstabilisante : elle fout en l’air la belle construction de leur existence ! C’est insupportable, ça leur fiche une peur panique : vive la psychanalyse 😉 La psychanlyse sauvera le monde !! 🙂

    1. Et oui on pourrait résumer la pensée oh combien profonde de certains par un slogan comme :
      « Les riches sont riches parce qu´ils le valent bien, les pauvres sont pauvres parce qu´ils ne valent rien ».

  17. Petit guide de survie.
    Voici les vrais partis « de gauche » (si ça a encore en sens); en effet depuis la révolution néolibérale de 1980 tout l’échiquier politique s’est décalé vers la droite d’où la politique centriste du PS depuis 1982:
    Parti Ouvrier Indépendant (POI): 10 000 adhérents en 2008. Devise:  » pour le socialisme, la République, la démocratie ».
    Lutte Ouvrière (LO): 8000 adhérents environ. « la gestion capitaliste des entreprises, menée dans le secret des conseils d’administration en fonction de la seule rentabilité financière, est non seulement catastrophique pour les travailleurs mais aussi pour toutes les autres couches populaires, et même pour toute la société »
    Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA): 8000 adhérents environ. « en finir avec l’exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d’échange et de communication »
    Parti Communiste Français (PCF): 100 000 adhérents environ. se fixe comme objectif l’émancipation de tous par la maîtrise sociale, le partage des richesses, des connaissances et des pouvoirs
    Parti de gauche (PG): 6000 adhérents en 2009. Le PG met la crise économique et la catastrophe écologique actuelle sur le compte du système capitaliste, qu’il estime en outre être de plus en plus dangereux. Il prône donc un « renversement politique » et affirme qu’une « autre voie » est possible.
    Mouvement républicain et citoyen (MRC): « la souveraineté du peuple est l’outil de la liberté et la condition du plein exercice de la citoyenneté et veut promouvoir l’indépendance de la nation — qu’il juge être le cadre naturel de la démocratie —, la résistance à l’hégémonie libérale et œuvrer pour un monde multipolaire refusant la loi des empires ».

    Ces partis me font penser à ces résistants de 1940 désignés, par le pouvoir en place, d' »ennemis de la nation ». Alors qu’ils allaient la libérer et appliquer le programme du CNR.

    1. @Salva :
      Votre comptabilité ne tient pas compte des mouvements alter-mondialistes ! Vous avez presque raison de les ignorer : lorsque Jacques Nikonoff tête pensante d’Attac jette l’éponge en 2006, il signifie qu’il n’y a pas d’échappatoire au système de partis. Ainsi va l’Etat capitaliste et sa petite constellation de partis de ‘gauche’. Pour notre plus grand malheur.

    2. Ces partis me font penser à ces résistants de 1940 désignés, par le pouvoir en place, d’ »ennemis de la nation ». Alors qu’ils allaient la libérer et appliquer le programme du CNR.

      Moi aussi j’ai le même sentiment. Tu as donné des chiffres en terme d’adhérents, mais la synthèse dans les urnes c’est combien? Moins de 10%?
      L’UMP c’est un bloc, pas homogène, certes, mais uni et agrégé sur la doctrine libérale, c’est ce qui fait sa force. Tous ces partis, bien que très proches sur le plan idéologique, sont divisés et fragmentés, peu nombreux sont les intellectuels qui s’engagent dans leurs rangs. C’est une impasse qui ne permet pas de construire un autre modèle de civilisation? Car qui va utiliser toute la matière de ce blog, l’UMP, le PS? Je ne le crois pas.

    3. Il y manque aussi les Alternatifs .

      @argeles39

      Dans les urnes cela va commencer à avoir une autre gueule aux cantonales 2011, aux européennes c’est en effet à peine au delà de 10 %.

      La question de l’engagement des intellectuels est centrale dans la structuration, la fédération et le développement de l’électorat de cette gauche-là !

      Cette gauche n’est pas juste celle qui défile contre la réforme des retraites, il faudra bien à la fin le faire savoir !
      Chez les Verts il y a aussi des courants plus proches de cette gauche là.

    4. Apparemment, il est impossible de traiter du gaullisme (à l’origine du CNR donc de la Sécurité Sociale en France, outil nécessaire à la redistribution des richesses)sur ce blog, et c’est bien dommage.

    5. @ salva

      Je pense pouvoir affirmer sans me tromper que le général se retournerait dans sa tombe s’il lisait que Cheminade est gaulliste !

    6. Vous me censurez pour ça ?!
      N’aurait-il pas mieux laisser mon message et en débattre? J’avais aussi écrit à la fin de mon post que Cheminade était l’objet de polémiques. Cela aurait été l’occasion d’approfondir. Mais non, on taille à la hache et puis c’est tout.Ces écrits me semblent intéressants et vont dans le sens d’une rupture avec la finance anglo-saxonne, c’est en cela que je le situe dans le gaullisme. Mais rien n’empêche de me contredire et de faire, ainsi, avancer le débat. Cela sera l’occasion de dire en quoi telle ou telle formation n’est pas gaulliste à vos yeux et pourquoi, ainsi qu’à d’autres.

    7. @ Salva

      Le débat a déjà eu lieu ici même sur le blog sur Cheminade, Larouche et Cie, mais sa propension à canibaliser tous les autres sujets nous a poussé à le circonscrire à la place qu’il mérite : la corbeille.

      Merci pour votre comprehension

    8. de Gaulle est mort et bien mort ….
      Il fait partie de l’Histoire, avec un grand H.
      Son costard était bien trop grand pour qui que ce soit , actuellement !

      Nous sommes dans le petit-petit …la bassesse,le déshonneur,la lâcheté,le cynisme ….

    9. @Julien

      « Cannibaliser », la terminologie est adéquate. Suis allé me marrer dix minutes sur son site de candidature pour 2012, c’est littéralement épousbouriffant !
      Non seulement il n’arrive pas, dans sa vidéo, à lire son laïus de 10 mn sans s’octroyer deux pauses (pipi peut-être, plus tout jeune le zig), mais il se permet, entre l’évocation d’à peu peu près tous les grands fleuves du monde (!) et tous les continents, de citer ou de faire référence à (par ordre d’entrée en scène) : De Gaulle (4 fois…), Mendes-France, René Char (« cap’tain Alexandre »), Jaurès, Kepler, Einstein, Lazare Carnot…
      Plus le préambule de la Constitution de 46/58, la Déclaration des Droits de l’Homme de 48, la Déclaration de Philadelphie sur l’OIT de 44 et enfin le programme du CNR de 44…
      Bon appétit !

  18. Ce billet effleure la nature relative du mérite, sans toutefois l’expliciter. Il gagnerait par conséquent à être complété : Le mérite se mesure à l’aune des valeurs choisies pour en juger.

    1. (…) »On oublie que si Marx affirme qu’une dictature du prolétariat sera nécessaire pour créer une société sans classe, c’est parce que la bourgeoisie arrivant au pouvoir ne partage pas elle cette ambition : le pouvoir auquel elle accède, il lui semble qu’elle l’a mérité, et les privilèges de l’aristocratie qui la révoltaient autrefois n’étaient pas répréhensibles à ses yeux pour leur qualité en soi mais seulement parce qu’ils n’étaient pas les siens. »

      … »Pour prouver que les moeurs conviennent mieux à la bonne république qu’à la bonne monarchie : c’est que, dans les bonnes républiques, on dit NOUS, et, dans les bonnes monarchies, on dit : MOI. » …Disait Montesquieu…Mais vous avez raison de signaler qu’il ne faudrait pas passer à côté du texte de Paul et du message qu’il contient.
      Merci Dissonance, comme vous l’énoncé : « Le mérite se mesure à l’aune des valeurs choisies pour en juger. »…Ou découdre…

  19. Il faut donc d’une part désactiver le pouvoir de l’argent et de la propriété et d’autre part activer celui du travail et plus généralement celui de la contribution au développement de la société.

    Par exemple, l’argent ne doit pas permettre de gagner de l’argent :
    * Les paris sur les prix sont interdits
    * L’argent ne peut être ni placé ni prêté avec un taux d’intérêt. La rémunération des activités financières est autorisée par la vente de services, de conseils et la participation aux bénéfices
    * etc.

    Autre exemple : mécanisme progressif de réappropriation des moyens de production par ceux qui les font fonctionner. Une part des bénéfices générés par une entreprise est systématiquement utilisés pour acquérir des parts destinées aux salariés, sans que ces parts soient nominatives. Ces parts restent donc attachées au « collège des salariés », donnent des droits de votes (les salariés élisent leurs représentants, syndicaux ou non) et une part des bénéfices (à répartir entre les salariés de l’année écoulée). Ces parts ne seraient ni transmissibles, ni vendables (: pas de spéculation) et donneraient donc une stabilité à l’entreprise. On peut faire la même chose avec un collège dirigeant.

    On peut bien sûr imaginer telle ou telle autre idée, proposer une nouvelle constitution pour l’économie, etc.
    Mais la vraie question, c’est : comment aboutir à de tels changements ?

    1. @ El JEm
      Tout à fait d’accord sur la vraie question!
      Pour le reste les solutions existent,mais ce n’est pas nous qui avons les leviers,c’est ça le problème!

    2. comment aboutir à de tels changements ?

      Comme le regretté Alphonse Capone le disait souvent, « Avec un mot gentil, vous obtiendrez beaucoup. Avec un mot gentil et une arme, vous obtiendrez encore plus. »

    3. « L’argent ne peut être ni placé ni prêté avec un taux d’intérêt. »

      Tout à fait.
      Dans un monde sans inflation ni croissance systémique ni concurrence internationale.
      Un monde éthique quoi!

      Economiser et se priver sa vie durant pour accumuler de quoi finir ses jours sans retraite d’état.
      C’est la vision achaïque qui prévalait encore au début du XX° siècle dans les campagnes.
      3 ou 4 générations s’entraidaient alors à la ferme.
      Il ne fallait pas dire à ces indigènes que leur patrimoine familial les rendait bourgeois ou rentiers, quand bien même à la ferme , terres et murs avait été acquise par la « succession ».
      Dans une société solidaire faudrait-il dépossèder les « familles » de cette notion transgénérationelle du patrimoine afin de parfaire le « partage » horizonbtal de la richesse d’une nation?
      Il faut craindre que par un excès du balancier révolutionnaire le « droit de proriété » ne saute et que la société humaine prise sous le paradigme du » partage fraternel » ne se transforme en fourmilière…

    4. Mais la vraie question, c’est : comment aboutir à de tels changements ?…
      L’expression « NO FUTURE » des nouvelles générations en est la révélation, tout comme, l’appauvrissement de nos sociétés dites émergentes…Le mouvement naturel des cycles et lois qui les dirige…Finira par s’installer de lui-même…D’ailleurs les exemples sont frappants….Les plus pauvres de nos sociétés dites riches vivent au jour le jour…Les plus pauvres de nos sociétés dites très pauvres vivent d’échanges des matières…Dons nous y sommes presque.
      Ce que nous recherchons davantage c’est le liens de ces observations afin de les corriger…Aussi…(…) »Par exemple, l’argent ne doit pas permettre de gagner de l’argent :
      * Les paris sur les prix sont interdits
      * L’argent ne peut être ni placé ni prêté avec un taux d’intérêt. La rémunération des activités financières est autorisée par la vente de services, de conseils et la participation aux bénéfices. »…
      me paraît déjà en marche pour un grand nombre de citoyens de la terre.

    5. J’avais déjà posté un texte sur ce sujet, mais sans avoir suscité de réaction. Je retente donc.

      Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans un post précédent (http://www.pauljorion.com/blog/?p=15201, à l’occasion d' »Une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises »), je pense qu’il est préférable d’agir en AMONT plutôt que d’essayer de corriger les multiples conséquences négatives du système actuel.
      De même, je ne considère pas que l’on puisse tout mettre dans un même texte, qui contiendrait alors X chapitres (ex. : cf. http://ecce-home.wikispaces.com/message/view/Quelle+serait+la+logique+sous-jacente+%C3%A0+l%27ordre+des+articles%3F/12403733).
      Je pense au contraire que pour plus de lisibilité et d’efficacité qu’il faut aborder les différents aspects à traiter par pans séparés et commencer par ce qui me parait le plus urgent à traiter : l’argent et la finance.
      J’ai essayé de voir ce que cela pourrait donner. C’est bien sûr très rudimentaire et très insuffisant. Pas la peine de me faire la remarque, je le sais déjà !
      Comme l’a dit Paul Jorion, « Voici un squelette. Je compte sur vous pour l’étoffer et/ou le mettre en pièces » 🙂

      **********************
      Le peuple,
      à la suite de la constitution de la République, de la déclaration des droits de l’homme et de la charte de l’environnement,
      considérant
      – que les activités financières exercées à titre privé, dans le cadre légal, sont légitimes et peuvent être utiles aux sociétés, mais qu’elles peuvent aussi nuire gravement aux droits de l’homme, à l’environnement, à l’exercice de la démocratie et aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité,
      – que le système financier laissé à lui-même tend à se développer de façon immorale (cupidité, parasitisme, accaparement, spéculation, …) et prédatrice aux dépends des peuples, des États et des économies,
      – que le système financier laissé à lui-même peut faire prendre des risques insupportables aux peuples, aux États et aux économies,
      – que la financiarisation de l’économie et le culte de l’argent roi a conduit à des déséquilibres majeurs, qui ont généré une crise systémique sociale, politique, écologique et économique, faisant craindre un effondrement total des sociétés,
      – que l’on ne peut confier les intérêts vitaux publics à des intérêts privés,
      – que la transparence, la traçabilité et la compréhension des mécanismes économiques et financiers sont indispensables à l’exercice de la démocratie et permettent de lutter plus efficacement contre les activités illégales et le contournement des lois,
      – que la valeur du travail est supérieure à celle du capital,
      – que la finance doit être au service de l’économie, elle même au service des peuples,
      – qu’après s’être débarrassé des rois de droit divin, il est nécessaire de se débarrasser des rois de droit financier,
      décide :
      TITRE 1 : la monnaie et la gestion de la monnaie
      Article 1 – La monnaie est un bien public. Chaque monnaie est gérée par une banque centrale, responsable de la zone de ladite monnaie. Chaque banque centrale est créée et gérée par les États membres de cette zone monétaire. La banque centrale est la seule habilitée à créer ou détruire de la monnaie et à autoriser un prêt ou une dette.
      Article 2 – Chaque personne, physique ou morale, y compris les États, dispose d’un numéro de compte unique, donné et géré par la banque centrale de la zone monétaire concernée. Ce numéro de compte unique correspond à un compte principal auquel peuvent être rattachés de manière transparente des comptes secondaires.
      Article 3 – Les dépots d’argent et de valeurs d’une personne, physique ou morale, sont effectués auprès de la banque centrale sur un des comptes dépendant de son numéro de compte unique.
      Article 4 – Les informations des comptes d’une banque centrale sont disponibles aux États et aux banques centrales des autres zones monétaires.

      TITRE 2 : les activités financières
      Article 5 – Chacun a le droit d’exercer une activité financière à titre privé dans le respect du cadre légal.
      Article 6 – Des banques commerciales, agréées par la banque centrale, peuvent se positionner comme interfaces entre la banque centrale et les personnes, physique ou morale, afin de leur proposer des services facilitant le dépôt et le retrait d’argent, l’accès aux modes de paiement, aux prêts à la consommation et à l’investissement, et tout autre service financier agréé par la banque centrale.
      Article 7 – Chaque acteur financier a le devoir de responsabilité. Il doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir toutes atteintes qu’il est susceptible de porter à une personne, physique ou morale, et réparer les dommages qu’il cause.
      Article 8 – Chaque acteur financier a le devoir de transparence.
      Article 9 – Les paris sur les prix sont interdits.
      Article 10 – L’argent ne peut être ni placé ni prété avec un taux d’intérêt. La rémunération des activités financières est autorisée par la vente de services, de conseils et la participation aux bénéfices.
      Article 11 – Une personne, physique ou morale, ne peut exercer d’activité financière dans un secteur économique, s’il exerce une activité économique dans ce même secteur.

      TITRE 3 : la fiscalité
      Article 12 – Chaque acteur économique ou financier a le devoir de contribuer aux sociétés dans lesquelles il exerce son activité. Chaque État a le droit de taxer tout revenu et toute activité économique et financière exercée sur son territoire, même si ce revenu ou cette activité l’a déjà été par d’autres États.
      Article 13 – Seuls les biens et valeurs donnés à des fondations agréées par la banque centrale de la zone monétaire du donateur ne sont plus imposables.
      Article 14 – Une taxe internationale sur les flux financiers est instaurée. Elle est perçue par les banques centrales des zones monétaires concernées et utilisée pour le développement des pays et des régions économiquement les moins avancées de ces zones.

      (remarques :
      – pour l’article 9 : voir Paul JORION,
      – pour l’article 10 : les prêts à taux zéro existent déjà, cf. banque islamique et religion catholique (même si cela a plutôt évolué ces dernier temps…) mais aussi actuellement, en France, certains prêt de l’Etat (par OSEO ou Ubifrance) ou même de la ville de Paris (acquisition d’un logement). Ce qui est attendu par le prêteur est quelque chose d’autre que le rendement financier.
      – pour les articles 13 et 14, lire « La grande évasion – le vrai scandale des paradis fiscaux », de Xavier HAREL, avec une préface de Eva JOLY.
      – cela ne répond pas à la question du COMMENT
      ********************

      Par ailleurs, je trouve que le boulot d’information est formidablement fait sur le blog de Paul JORION, par Paul JORION et tous les autres contributeurs.
      Pour ce qui concerne la partie élaboration de solutions, les idées et discussions sont aussi très intéressantes, mais l’ensemble est décousu, du simple fait du format du blog. Il est ainsi difficile de lier les différentes propositions et j’ai un peu l’impression d’une succession de tentatives sans suivi ni processus de construction. Ce qui est dommage et peu efficace.
      Le site d’ECCE proposé par Paul JORION semble par contre tout à fait convenir, et je m’y suis donc inscrit.

    6. @ TARTAR

      Je n’ai peut être pas compris votre remarque, mais il me semble qu’il ne s’agit pas de la même chose.
      Je ne pense pas qu’une telle disposition porte atteinte à la propriété. Ni à la richesse d’ailleurs.
      C’est plutôt une tentative simple (et qui a le mérite d’exister déjà, je le répète) pour inverser le rapport de force entre travail et argent. Mais cela n’annule ni l’argent ni la propriété.

      Par ailleurs, je ne crois pas qu’un monde éthique ou un partage fraternel soient possibles.

    7. @ Tartar :
      Comprends pas ta réaction …
      Quel rapport entre intérêt et succession ? Et sans retraite d’état, quel rapport avec l’intérêt (si ce n’est que sans retraite par répartition, et non d’état, c’est effectivement l’intérêt via la capitalisation qui prévaudra) ?
      Supprimer l’intérêt n’implique pas la suppression de l’héritage, sauf si celui-ci créé de la plus-value (taxable, ce qui est déjà le cas).
      Comprends pas …

    8. Remettre en question que l’argent puisse travailler pour le compte de celui qui le possède, ou l’emprunte le temps nécessaire, pour le faire travailler c’est remettre en question la propriété privée des moyens de production et l’appropriation privative (par la violence) des ressources.
      C’est le grand rêve de la Révolution ou du moins son préalable.

    9. nationaliser le capital, c’est à dire les richesses.
      maitriser la fabrication de monnaie, c’est à dire ne plus prêter gracieusement à des banques qui font des fortunes avec les lettres de crédits des banques centrales, donc nationaliser les banques qui par définition sont les garantes d’une économie.

      Ou encore supprimer l’argent comme vecteur autre qu’un facilitateur d’échanges. Le capital en monnaie étant auto-dégressif, non conservable, non cumulable, non appropriable.

      Pas très compliqué, mais légèrement différent de ce qui se passe maintenant.

    10. @ Marlowe

      « Remettre en question que l’argent puisse travailler pour le compte de celui qui le possède, ou l’emprunte le temps nécessaire, pour le faire travailler c’est remettre en question la propriété privée des moyens de production et l’appropriation privative (par la violence) des ressources. »

      Pas du tout. Simplement si vous voulez faire fructifier votre capital, vous devez l’investir (directement ou non) dans une activité économique et en attendre des résultats (bénéfices). Et non pas vous contentez de fixer des taux d’intérêt et d’attendre que ça tombe à la fin du mois).

      D’ailleurs, je le répète, c’est ainsi que fonctionne les banques islamiques : il n’y a pas d’intérêt, c’est strictement interdit par le Coran. simplement les préteurs facturent des service (s’il y en a) et surtout participent aux BÉNÉFICES. Ce qui les oblige à ne pas prêter n’importe comment (cf subprime). Cela n’a rien à voir avec la propriété, la richesse, etc.
      Simplement : c’est (peut être) un moyen simple et clair (et déjà existant) de renverser le rapport de force entre travail et capital.

      (Remarque pour qu’il n’y ai pas de confusion dans le sujet de discussion : je ne suis pas religieux et je considère même que les religions apportent plus de problèmes que de solutions. Simplement, j’ai regardé comment on en est arrivé là, et force est de constater que le prêt avec taux d’intérêt a souvent été, et, dans certains cas est toujours, considéré comme néfaste et à proscrire).

  20. Comme à votre habitude Paul, votre billet est très intéressant.

    Peut-être pourrait on rajouter à votre analyse le troisième élément qui constituait la société de « l’ancien régime »: « le clergé… » L’aristocratie se maintenait en place en grande partie par le rôle du clergé qui en ventait « la noblesse » et l’origine divine du pouvoir. Cela a continué au xxème siècle où une certaine noblesse continuait d’exercer son pouvoir sur le peuple grâce à l’appuis du prêtre local…

    La bourgeoisie voulant se transformer en aristocratie a besoin de l’équivalent du clergé pour arriver à ce status et surtout s’y maintenir… La lecture du texte ci dessous que j’ai découvert il y a environ deux ans me semble capable de suggérer un parallèle entre les trois statuts de l’ancien régime: noblesse, clergé et peuple (tiers état) et la situation actuelle ou les puissances de l’argent se sont élevées ou essaient de s’élever au rang de l’aristocratie…

    Ce texte est un extrait du livre « Les Ruines, ou méditations sur la révolution des empires, un essai sur la philosophie de l’histoire » écrit par Volnay, un noble du 18ème siècle aux idées parfois surprenantes dans sa critique des religions:

     » LE PEUPLE
    Nous voulons vivre sans oppresseurs

    LES PRETRES
    Il vous faut des médiateurs, des intermédiaires

    LE PEUPLE

    Médiateurs près de Dieu et des rois! courtisans et prêtres, vos services sont trop dispendieux ; nous traiterons désormais directement nos affaires.

    Et alors le petit groupe [nobles et prêtres] dit : Tout est perdu, la multitude est éclairée.

    Et le peuple répondit : Tout est sauvé, car si nous sommes éclairés, nous n’abuserons pas de notre force, nous ne voulons que nos droits »

    Le livre est disponible gratuitement ici :
    http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Ruines,_ou_M%C3%A9ditations_sur_les_r%C3%A9volutions_des_empires

    On peut se poser la question suivante et si les médias tout puissants n’étaient en fait que les remplaçants du clergé en charge de transmettre la bonne parole au peuple… Ne parle-t-on d’ailleurs pas du journal télévisé de 20 heures comme « la grand messe du 20 heures »…

    D’où peut-être une certaine méfiance, voir résistance, très perceptible de nombreux journalistes face au développement de médias qu’ils ne dominent plus, internet ou autres… On en entend souvent dire que « le peuple » a besoin des commentaires des journalistes pour comprendre les événements pour lesquels le peuple ne peut pas comprendre tout seul et s’égarerait dans des analyses non fondées…

    Les bourgeois voulant se transformer en aristocrates ont effectivement bien besoin de ces journalistes transformés pour la cause, en clergé de facto…

    Parmi les réponses à ce billet un lecteur vous a fait remarquer que le « savoir » pourrait parfois remplacer l’argent dans la formation de cette nouvelle aristocratie, « savoir » qui est aussi parfois source de richesses matérielles… Mais là aussi le rôle du clergé comme relais envers le peuple se faisait sentir dans les conférences plus ou moins intellos du siècle dernier où on trouvait souvent un « Curé de service » chargé d’animer les débats et de conclure la réunion. Quel qu’en soit par ailleurs le sujet…
    . Nous trouvons cela encore avec des journalistes animateurs de débats mais aussi, en France en particulier, un « psychanalyste de service » chargé lui aussi de transmettre le message que ne saurait comprendre par lui même, l’auditeur de la conférence en direct ou à la radio ou le téléspectateur regardant un débat à la télévision… Là aussi, quel qu’en soit par ailleurs le sujet…

    Paul

    1. Je viens de retrouver la citation complète du dialogue cité ci-dessus/ Volney, le place comme s’il s’agissait d’un voyageur entendant au loin les rumeurs de la révolution française…

      Certains passages de ce texte sont succulents et d’une actualité brulante, si j’ose dire…

      C’est pourquoi je l’envoie ici ci-dessous

      C. F. de Volney, « Oeuvres choisies », B. Renault Librairie-Editeur, Paris 1847, CHAPITRE XV
      J’ai eu la chance de trouver ce livre chez un bouquiniste local…

      <>

      Volney

  21. – La rente augmente, les bourgeois vont être contents!
    – Et comment croyez-vous qu’on puisse tenir une nation, sinon par l’intérêt?
    – Et la crainte!
    – Et la crainte!

    Les deux leviers de la puissance sont la crainte et les intérêts, l’Italie, la Prusse et la France sont en accord sur ce sujet. Sur ce point pas besoin de guerre, les princes ont les mêmes idées : on peut tenir toute la terre par la crainte et les intérêts!

    C’est l’alternative des hommes : les uns, peureux comme des chiens, suivent toujours ceux qui ordonnent, les autres suivent l’appât du gain. Le pape gouverne à Rome, le fermier sur les paysans, il faut pour gouverner les hommes ou de la poigne ou de l’argent!

    L’apparence d’une couronne ou l’espérance d’un palais jette dans vos bras le même homme, le même qui vous combattait. La puissance est une promesse, à l’un de le mettre en prison, à l’autre que de vos largesses il ne verra jamais le fond!

    Avec de l’argent on achète des fouets, et avec ces fouets on obtient de l’argent, pour acheter des fouets qui obtiennent l’argent, avec de l’argent on achète…
    Sur ce point pas besoin de guerre, les princes ont les mêmes idées : on peut tenir toute la terre par la crainte et les intérêts!

    (Interdiction de critiquer Lama !)

    1. Avec de l’argent on achète des fouets, et avec ces fouets on obtient de l’argent.
      D’où vient l’argent? de la banque centrale.

  22. Notre hôte PJ a encore lu Robespierre…
    Je suis parfaitement d’accord avec l’idée que la bourgeoisie, méprisé par l’aristocratie comme par le clergé, a structuré et confisqué la révolution à son profit, ayant l’envie et les moyens de rejeter ses oppresseurs.
    Le levier en a été le besoin de liberté de tout un chacun, vis à vis du pouvoir en place comme de la religion. La victoire est effectivement complète et a permit l’apparition d’une citoyen différent, et surtout d’une classe moyenne, que Marx n’avait pas prévu (semble-t-il). Une sorte de semi-bourgeois d’origine prolétaire ou paysanne, qui est en train de disparaître, malheureusement. On peut appeler la classe moyenne le médiateur de la paix sociale, en tout cas dans un monde en progrès, si elle estime que le niveau de vie monte ou va monter pour tout le monde ou à peu près.

    Ce n’est plus le cas, et si le médiateur de paix sociale disparaît on va nécessairement retrouver la lutte sociale, alias lutte des classes, pour la liberté et un niveau de vie décent. Les nombreux exemples de salaires pharamineux sont devenus l’équivalent de l’aristocratie de droit divin ou royal qu’il va devenir _nécessaire_ de détruire par la force pour seulement survivre, faute d’autre moyen praticable, je le crains. Les économistes ultra-lib et leur crédo sont devenus tout doucement l’opium du peuple d’aujourd’hui, dont il faudra aussi se débarrasser.

    Si les anti-capitalistes du NPA sont un fer de lance, ils n’ont pas le projet de société auquel puisse adhérer tout un peuple, leur projet est de détruire, pas de construire un avenir. Utile pour l’assaut mais pas pour la suite.
    Quelqu’un aurait un projet de société présentable et qui marche?
    Les écolos sont trop brouillons, ça part dans tous les sens, faudrait un Napoléon de l’écologie réfléchie, ou disons de la décroissance et du durable, mais sans agressivité.
    Quelqu’un aurait un Homme d’Etat en bon état de marche?

    On peut se souvenir que la France a rejeté la première l’oppression du pouvoir absolu, et que l’Allemagne et les autres lui ont fait la guerre pendant des années, avant de toutes faire comme elle, plus ou moins rapidement. Même l’Allemagne, mais pas sans casse.
    Quelqu’un aurait une révolution a prêter pour quelques années?

    1. On peut se souvenir que la France a rejeté la première l’oppression du pouvoir absolu…

      Vous passez un peu vite au dessus des deux révolutions anglaises du XVIIème, la première, « la Grande Rébellion », avec Cromwell et la décapitation de Charles I, comme la deuxième « Glorieuse Révolution », pacifique et immaculée de sang….
      Pour l’interprétation de la première quant à son caractère pro ou anti-capitaliste, voir entre autres la polémique entre deux historiens anglais en 1956, l’un, Hugh Trevor Roper, anti-marxiste,y voyant une réaction anti-capitaliste de la gentry, l’autre Christopher Hill, marxiste, une authentique révolution capitaliste.
      Savoureux et foutrement actualisable…

    2. Monsieur Vigneron ,A mon avis, P. Jorion a pourtant raison à son insu toutefois. L’intérêt des coups d’état de 1789 en France – mais aussi plus tardivement en 1917 en Russie – par rapport au coup d’état anglais fut que celui-ci n’essaya pas d’ apparaître comme une révolution.
      La bourgeoisie qui s’empara du pouvoir en France et en Russie en possédait déjà l’essentiel dans ce que Hegel *appelle la société civile et elles auraient pu le laisser dans les mains de l’aristocratie de robe domestiquée par les rois si les peuples de ces époques n’eurent comme à leur funestes habitudes encore une fois l’idée d’en finir une avec le pouvoir royal devenu par trop absolutiste.
      Voilà donc l’essence révolutionnaire des contre-révolution bourgeoises françaises et russes c’est parce que les peuples s’insurgeaient devant l’impéritie des pouvoirs royaux que les bourgeoisies concernées furent contraintes à contre coeur de s’emparer du pouvoir d’état. Non pour instaurer un véritable pouvoir populaire démocratique mais essentiellement pour sauver l’ancienne société et de celle-ci l’État construction finale de l’Ancien Régime . L’Etat qui en fait est le fils spirituel de l’Eglise ce qui est un comble et une ironie de l’histoire pour tous les jacobins bouffeurs de curés .

      *Hegel – je l’ai appris récemment est aussi le nom d’un cépage de raisin noir allemand. Ne pourrait-on pas en hommage l’importer dans le bordelais?…

    3. On oublie toujours la révolution d’indépendance Américaine,et son « Système Américain d’Economie Politique »quand même,c’est curieux,non…..? Mais où sont passés les Gottfried Leibnitz,les Alexander Hamilton(1er Secrétaire au Trésor Américain et Créateur de la 1èrè Banque Nationale au Monde en 1787),ses « rapport sur le Crédit Public »(1790), »rapport sur une Banque Nationale »(1790), »rapport au sujet des Manufactures »(1791),les Friedrich List, les Mathew Carey, les Henry Clay,les Henry Carey,les Lincoln et ses « Greenbacks »,etc….?
      Ca nous sortirais un peu de la « Matrice » des Paolo Sarpi, des Adam Smith, des Malthus,des Marx,des Keynes ,pour changer ,non?
      Au fait,il vient d’où historiquement l’Empire « Américain » avec sa Banque Fédérale indépendante et privée,et ses Banques Privées de Wall-Street,et de Boston au juste?

    4. Ah oui pour la Révolution:
      -Réintroduction immédiate des lois « Glass-Steagall »au plan Global,incluant les Caisses d’Assurances pour (re)mettre en Place un système de Crédit Productif Public sous contrôle des Etats retrouvant ainsi leurs droits régaliens à émettre leur Monnaie Nationale pour leurs investissements Productifs et les besoins de leurs Populations en irriguant les Banques d’investissements et de crédits à Moyen et à long terme.
      -Annuler la Dette des Etats pour sa part illégitime,et rééchelonner sa part ayant correspondu réellement à des investissements à destination de l’Intérêt Général.
      -Mettre en Place les Accords pour un Nouveau « Bretton-Wood »et donc une Parité Fixe entre les Monnaies négociable entre les Pays suivant les besoins.
      -Gel immédiat et interdiction d’émettre ou d’achat de tout type de produit spéculatif.
      -Rétablir les valeurs de la Déclaration de Philadelphie du 10 mai 1944,concernant les buts et objectifs de l’Organisation mondiale du Travail et ceux de la Déclaration universelle des Droits de l’homme.
      -Rétablir le Préambule de notre Constitution et le Programme du Conseil National de la Résistance.
      A suivre…..

    5. Une Assemblée Républicaine digne de ce nom devrait pouvoir être représentative de l’ensemble de toutes les classes sociales de la société.Serait-ce par l’entremise d’ une nouvelle sorte de Proportionnalité Sociale et citoyenne,pourquoi pas?
      Quand Marx nous parle de Prolétariat,c’est bien de l’ensemble des Travailleurs dont il parle,hors vu l’échelle des salaires actuels(1/400 environ,sans parler des avantages en nature),que sont devenus alors, nos bons gros Bourgeois?

  23. « exerce un pouvoir de « commandement » identique à celui de la force » : supérieur, non, puisque l’argent commande la force ?

  24. Les solutions existent :
    – Le Bancor,
    – L’interdiction des paris sur les fluctutions de prix,
    – le revenu de base et le revenu maximum…

    Ce blog m’en a fait prendre conscience, les solutions existent et elles seraient efficaces. C’est en soi un grand espoir, mais l’on peut craindre que le problème principal à résoudre soit dans l’homme lui-même. C’est un peu comme si les gens riches ne pouvaient se sentir riches et heureux que s’ils ont des pauvres au dessous d’eux à contempler.
    Il est possible que cela aille même plus loin que cela.
    L’homme n’a pas confiance en lui même. S’il rencontrait son double parfait, physiquement et par son esprit, il penserait à quel point il est en danger face à lui-même.
    A quel point il risquerait de s’éliminer de peur que l’autre n’aie cette même idée avant lui.
    Toute cette histoire dramatique de dissuasion nucléaire en est un exemple. Si les humains se rendaient compte que le danger que représente l’autre pour lui, n’est que le reflet du danger qu’il est pour l’autre, peut-être parviendrait-il à modifier son comportement afin de ne plus représenter le danger.
    La solution logique serait alors pour lui de se désarmer, ce qui aurait pour effet de désarmer l’autre.
    En pratique c’est l’inverse qui se passe, la paranoia semble l’emporter et la peur de l’autre fait que l’homme choisit systématiquement de s’armer le premier, car il sait le danger qu’il représente pour autrui et il sait intuitivement que les autres le ressentent et vont réagir en conséquence.
    C’est un cercle vicieux.
    Dans l’économie on peut retrouver des similitudes. Une phrase que j’ai souvent entendue :
    « Si je ne le fais pas en premier quelqu’un d’autre le fera avant moi. Tant qu’à faire il vaut mieux que ce soit moi qui en profite en premier »
    La première phrase de ce petit exemple pour illustrer un réflexe, un instinct de survie ? De paranoia ?
    La seconde partie du raisonnement de cet exemple servant de réconfort.
    On peut tout justifier ainsi. Mais souvent, dès qu’une personne en a l’occasion, l’idée ou la possibilitée, elle se choisira la place dominante, en partie pour l’occuper à la place d’un autre, pensant ainsi accroître sa sécurité. Et aussi en partie pour profiter des avantages liés à une position confortable.

    Bon désolé pour cette psychologie de bas étage, mais il me semble que nous butons aussi sur ce genre de comportements qui nous empêchent d’avancer.
    Il ne suffira pas de faire miroiter les avantages collectifs, mais il faudra désarmer certains bas instincts humains avant de parvenir à une plus grande équitée sociale.
    Nous ne sommes pas encore murs et la question reste posée, notre environnement survivra-t-il le temps que nous évoluions suffisemment pour comprendre ce que nous sommes en train de devenir ?

    1. il faut vouloir les comprendre et ne pas se focaliser sur des a priori dont il me semble que le post de @ Paul 4.30 est le parfait exemple.

      A vos trois propositions, j’ajouterai la rémunération de l’emploi de Mr Friot et non pas du travail.

      La vindicte entretenue du fainéant qui vit sur la bète de la collectivité n’a plus aucun sens.

      La révolution des mentalités doit se faire sur ce point, merci Paul d’y réfléchir.

    2. Oulà pas si vite.
      -Les deux premières solutions impliquent un ordre mondial donc un déficit de démocratie aux niveaux des Etats (on voit ce qu’il en est avec l’ordre mondial actuel);
      -La troisième est impossible à appliquer dans un Etat ouvert, comme aujourd’hui, à tout vent à la déflation salariale compétitive.
      Les paris sur les fluctuations de prix ne sont possibles que parce que les différentes nations sont aliénées à la finance anglo-saxonne.

  25. Le nouveau bourgeois, c’est celui qui occupe un emploi sans pour autant devoir travailler. Son emploi est un droit et non un privilège. Il ne veut pas savoir comment il est financé.

    Ce nouveau bourgeois, peut ainsi consommer ce qui est produit ailleurs, par ceux qui travaillent sans être payés (ou presque).

    Le nouveau bourgeois pourra aussi critiquer ceux qui exploitent les nouveaux travailleurs pauvres pour avoir la conscience tranquille, car lui seul prétend défendre la justice en ce bas monde. Il ne voudra pas accepter de voir que ce sont ceux là même qui le rémunèrent.

    Le nouveau bourgeois confira à sa progéniture la dette accumulée pour payer ses loisirs et préserver son capital confort en leur faisant croire qu’il les sauvera des méchants qui voudraient les exploiter en leur proposant de travailler pour produire ce qu’il consomment.

    Le nouveau bourgeois est anonyme, et vit incognito, caché dans la masse et protégé par sa moralité à toute épreuve.

  26. @Paul: « L’esprit de chevalerie est mort dans les eaux glacées du calcul égoiste bourgeois » Marx… Actualité de ce qui est éternel: prenons une approche plus « contemporaine »: quelques mots-clés donc: argent, force, pouvoir, morale,…un grand absent constitutif de la structuration de la société: le droit… le droit généré par la force du meilleur des chevaliers qui construit l’Etat,….le droit généré par la croyance ou le rêve transcendant de la religion ou de l’idéologie et qui construit les églises, le droit généré par l’argent qui domine la multitude des non-riches, droit quelle est ta légitimité? la source du droit est très instructive sur l’origine de la structuration des sociétés: mais le droit appelle la justice et le droit, quelle qu’en soit son origine, a-t-il une fonction fondamentalement juste? La rupture vient quand l’adéquation du droit à la justice n’est plus assurée par manque de légitimité, quand le légal n’est plus légitime: ce qui renvoie à l’étude des fondements de la légitimité, praxis de l’éthique… Aujourd’hui la proposition qui énonce: « réclamer un plus grand progrès de la liberté dans un cadre aristocratique fondé sur les droits acquis initialement par la force, c’est offrir à l’argent le moyen de détrôner la force dans son rôle de vecteur de la puissance », pose ce problème à un niveau différent sinon supérieur: on passe de la libération de la force par l’argent et à la libération de l’argent par l’altruisme, inversion en réaction du calcul égoiste bourgeois, et point focal originel de la liberté, celle du don, inverse du vol, vecteur d’injustice ? L’aristocratie est d’abord une éthique qui se réalise par le don suprême: le don de soi dans un idéal extra-personnel bâti sur une règle morale: aux antipodes donc de la « morale bourgeoise ». Mais la réponse collective reste à trouver ou à reconstruire…

  27. Bonjour,

    Pas très bien compris le billet cette fois.
    Que veut-on ? Revenir à l’état d’abeille qui a sa reine au foyer dans la ruche?
    L’instruction a changé les choses. L’intelligence, la connaissance ne se transmettent pas par les gènes. Les dynasties, la consanguinité, on sait très bien où cela mène. L’aristocratie a créé beaucoup d’inutiles.
    Dans la science fiction, on parle parfois d’une machine qui règlerait tout, qui n’aurait pas d’arrière pensée, qui serait programmée pour faire le bien de tous.
    Y a-t-il un bien et un mal? C’est tellement dépendant d’un individu.
    Quel serait le programmeur du programme interne?
    La bourgeoisie, c’est quoi aujourd’hui? les « people ».
    Les familles qui possèdent les entreprises ne sont plus ce qu’elles étaient. Elle se sont soit fait racheté par des nébuleuses, des consortiums.
    A lire « L’Ultime Secret » de Werber.

    1. @ l’enfoiré
      Mauvaise pioche!
      Les familles Mulliez, Hermès, Bolloré, Michelin, Peugeot, l’Oréal, Carrefour etc, etc….perdurent.
      Les « people » n’ont pas grand chose à voir avec les administrateurs de société propriétaires de châteaux et manoirs, faut pas tout mélanger.
      La Famille du Duc de Brissac est dans son château depuis 5 siècles, idem pour Rohan Chabot, idem pour de Castrie, PDG d’Axa , etc, etc…..
      Pour votre information, je vous recommande la lecture du Bottin Mondain.

    2. Dans le nord (59) de la France, il existe encore un livre des familles où les descendants des grands dynasties industrielles de Lille Roubaix Tourcoing peuvent se compter.
      Pour avoir approché ces milieux, je peux dire que la conscience de classe — bourgeoise — y est encore très développée. Plus d’un siècle et demi d’intense exploitation capitaliste cela laisse des traces ….

    3. @Pierre-Yves D.

      Manquerait plus que ça disparaisse un patrimoine national comme ça !
      Les bien nommées dynasties du Nord ou de l’Est n’ont pas disparu, loin de là. Toujours aux bonnes places. Se sont juste adaptées. Passées de l’empire textile à l’empire de la GD (famille Mulliez), du capitalisme industriel et paternaliste du comité des forges au capitalisme financier (de Wendel / baron Seillière de Laborde), voire du textile au foot-bizness en passant par le PSU et les ministères comme le croquignolet exemple du rejeton Thiriez, Frédéric de son prénom :

      Né en 1952, il est issu d’une famille d’industriels du nord, spécialisée dans le tissu et le coton. Il passe son enfance dans le 7e arrondissement de Paris et suit sa scolarité au collège et au lycée Stanislas. Il obtient un 4e prix au concours général de philosophie. En opposition à son milieu, il adhère au Parti socialiste unifié (PSU) à 16 ans.

      Frédéric Thiriez est ensuite diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (1972), licencié en droit (1973) et ancien élève de l’École nationale d’administration (Promotion André Malraux 1977) et commence sa carrière professionnelle dans l’administration.

      Carrière juridique :

      Auditeur au Conseil d’État entre 1977 et 1981, il devient en 1981 conseiller technique au cabinet de Gaston Defferre alors ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, puis en 1982, directeur de cabinet de Joseph Franceschi, le secrétaire d’État chargé de la Sécurité publique. En 1984, il redevient directeur de cabinet de Gaston Defferre, devenu ministre chargé du Plan et de l’aménagement du territoire. Il occupera ce poste jusqu’en 1986.

      Dans la mouvance de Michel Rocard, il devient directeur des Affaires politiques, administratives et financières de l’Outre-mer au ministère des départements et territoires d’outre-mer de 1988 à 1990 alors tenu par Louis Le Pensec. Il quitte l’administration en 1990 pour devenir avocat au Conseil d’État et à la Cour de Cassation et associé du cabinet d’avocat Lyon-Caen, Fabiani, Thiriez.

      L’homme de football :

      Frédéric Thiriez est administrateur de la Ligue de football professionnel depuis 1995 et en est le Président depuis son élection le 28 mai 2002. Par ailleurs, il fut membre du Conseil fédéral de la Fédération Française de Football de 1992 à 1995. Il est également aujourd’hui, Vice-président délégué de la FFF et membre du Conseil stratégique de l’UEFA. Il est aussi vice-président de l’association des Ligues européennes de football.

      (Wikipédia)

      Non, non, c’est pas du Prévert. C’est l’édifiante histoire de la lutte pour la survie et la Liberté d’une famille méritante !
      PS : Thiriez, c’était le T sur les bobines de fil TCB (Thiriez Cartier-Bresson -oui, oui, la famille de qui vous savez…) de vos mamans ou grands-mamans…

    4. @ Vigneron :
      Les enfants terribles sont ceux dont les (grandes) familles sont les plus fières, in fine. Ils permettent au mythe de perdurer.
      Tout plutôt que la fin du mythe familial.

  28. Il manque pour moi un mot dans ce court billet : méritocratie. Le projet officiel de la bourgeoisie n’est pas de supprimer les inégalités, mais que celles ci reflètent les inégalités de mérite. L’argument de base, qui est valable, ce que si A fait plus que B et que A reçoit autant que B, alors il y a injustice. L’application cesse d’être valable quand le bourgeois ne fait pas tellement plus que le pauvre, ou en tout cas pas dans une proportion qui reflète les écarts de salaires. La méritocratie devient alors le paravent d’une nouvelle aristocratie. Comme l’ancienne, celle ci s’est auto convaincu de sa légitimité.

    Au demeurant, Nicolas Sarkozy est une illustration saisissante de cette tendance. Le mérite était l’un des points centraux de la campagne sur laquelle il s’est fait élire. Aujourd’hui, il donne le spectacle du président des riches contre les pauvres… Mais plus parlant pour moi est son discours introduisant la réforme des universités, dans lequel il étale à la fois sa très grande médiocrité comparé au niveau culturel et intellectuel qu’il prend de haut avec une morgue consternante, et le fait qu’il est lui persuadé de mieux savoir non par la connaissance ou l’intellect, mais parce que pour lui dans la pyramide humaine, les réalisations dans les organigrammes de pouvoir (public ou privé) sont la plus haute réalisation. Il ne peut concevoir que les gens les plus intelligents ne sont en général pas intéressé par des positions aussi vaines.

  29. .

    L’exercice de la liberté est en effet différentiel : ce que la liberté autorise n’est pas le même dans le cas du riche et celui du pauvre. En effet, le riche utilise comme une chose qui va de soi le pouvoir de commandement qu’autorise sa richesse.La liberté du pauvre se limite aux rêves de grandeur qu’il peut entretenir en imaginant que l’on devient riche par un simple effet de la liberté, par le simple effet de le vouloir. Cette illusion est possible parce que du point de vue auquel on a accès quand on est pauvre, l’effet de levier nécessaire pour progresser dans l’ordre bourgeois est invisible

    Tout est dit. Merci Paul pour cette fulgurante confidence. Effet de la liberté VS Effet de levier.
    Combien du bon coté du levier dans ce pays et combien en point d’appui de ce levier, au « point de vue » obscurci, forcément obscurci ?

    Et petit parallèle entre « l’effet différentiel » de la liberté dans le corps social et celui observé, et recherché, en radiothérapie…

    La radiothérapie consiste à envoyer dans les cellules tumorales des rayons qui vont provoquer un certain nombre de lésions. Avec la répétition des séances, ces cellules vont être finalement détruites.

    Que se passe-t-il au niveau des tissus sains qui sont aussi traversés ?
    Ils sont beaucoup moins sensibles aux rayons que les tissus tumoraux parce qu’ils conservent ia possibilité de réparer les lésions provoquées par la radiothérapie alors que les cellules tumorales la perdent. C’est ce que l’on appelle l’effet différentiel. Les cellules normales sont donc capables de régénérer entre deux séances alors que les cellules tumorales vont être progressivement détruites. C’est cet effet différentiel qui justifie en général de fractionner l’irradiation et de faire des doses relativement faibles à chaque séance.

    On peut aussi augmenter les doses…

    1. Autre exemple :
      « Lorsque l’Eglise est riche, Le Gouvernement est intéressé à ses désordres : témoin ce qui est dit dans la la « Vie d’Abélard ».
      Il est indifférent pour les peuples que les ecclésiastiques ou les séculiers jugent de certaines de certaines causes, et les disputes à cet égard sont, cependant, les choses dont on dispute le plus.
      Il n’est pas indifférent pour le peuple que les ecclésiastiques regorgent de richesses, et personne ne s’en met en peine…Il est très surprenant que les richesses des gens d’Eglise ayent commencé par le principe de pauvreté. »
      Montesquieu

    2. Ou multiplier les séances, comme avec les ‘citoyens anonymes’.
      « Bonjour, je m’appelle Zébu et c’est mon premier jour.
      Bonjour Zébu !! »
      « Vigneron, voulez-vous prendre la parole ? »

      Sauf qu’à force, entre zébu et vigneron, je me demande si je me suis pas trompé de groupe (le mardi, c’est le groupe des agoraphobes, le mercredi …).

  30. Bonjour.
    On ne peut parler de l’aristocratie sans se réferer a l’admirable texte de B. de Jouvenel :  » Le pouvoir , histoire de sa croissance » .
    Admirable du point de vue de l’ecriture autant que sur le fond .L’auteur met en valeur l’interet de l’équilibre entre plusieurs interets : aristocratie , royautée et individus . Il montre que le déséquilibre est source de centralisme inéluctable : qq soit l’évolution et l’idéologie , le moindre « mouvement » du système occasionne une emprise supplémentaire du « système » en tant que pouvoir sur l’individu . Meme qd on est opposé a son optique , sa démo est des plus convaincante : Ce que n’a pu faire les capetiens et l’empire (impots et conscription assez faible) , la « souveraineté populaire se le permet !
    La lecture de l’ouvrage doit se faire du point de vue de l’interet « structurel » et de l’évolution de la structure de la gestion du groupe.
    Ceux qui liront ce livre verront qu’il reprend une thèse passionnante de L. Strauss sur l’origine de l’aristocratie et de sa « consanguinité » avec le système civilisationnel hypertrophié et ses dérives:
    La déviance archaique pourrait avoir comme origine la polygamie des chefs en tant que récompense d’activité . Cette polygamie induirait ds des groupes de faible population un déséquilibre des couple jeunes et en conséquence des procédures de razzias chez les voisins .
    Ces nouvelles coutumes induisent des conséquences majeures :
    -Rétorsions des razziés , donc conflits latents
    -colère des chefs obligés de gerer ces retorsions mais en s’appuyant sur le caractere « guerrier » des fautifs
    – contacts plus lointains (langue , commerces usages …contacts)
    – naissance de l’aristocratie guerriere en opposition au chef traditionnel
    -le régime archique des chefs , etait matriarcat et se conserve; les « aristo-guerriers » sont obligés de passer au patriarcat (on ne refile pas l’enfant au frere de la mere qui est un ennemi)

    On retrouve là l’opposition triangulaire : royauté – aristocratie _ individu

  31. Gérard filoche décrit sur son blog les liens entre une certaine agence de notation au coeur de la crise actuelle et

    un certain Marc Ladreyt de Lacharriére.

    Extrait :

    « Mais qui commande Fitch ratings ? C’est Fimalac qui la détient. Et qui est Fimalac ? L’agence financière de Marc Ladreyt de Lacharriére qui a touché 2,4 millions € en 2008 en tant que dirigeant. Les dernières lettres se ressemblent : Malac = Marc Ladreyt de Lacharriére. »

    S’intéresser aux descendant capétiens , c’est découvrir le lien entre Fillon , de la Charrière, frédéric Mitterand etc…

    Tous étonnament au centre de l’actualité politique .

    http://www.capet.org/

  32. A ma connaissance, l’usage de la force n’a jamais permit à la victime d’en acquérir, ni au bourreau d’en perdre. Il faut au moins reconnaitre ça au capitalisme.

    1. J’attendais un peu mieux qu’une simple analogie en réponse.

      Dire que l’argent, c’est comme la force parce que ça permet de commander, c’est se voiler la face (quand bien même les paysans de l’ancien régime pratiquaient l’aikido – ou pas). Contrairement à l’argent, l’usage de la force ou de la menace n’affaiblit pas son auteur ni ne renforce la victime.

      Bien sûr ça fait plaisir à entendre pour tout ceux qui rejettent le capitalisme et l’extension de la sphère marchande et financière. Mais ne pas vouloir reconnaitre les bénéfices du système capitaliste et ce qui fait sa force, c’est miner toute contestation, parce que le contestataire passera inévitablement pour un complotiste de mauvaise foi auprès de tous ceux pour qui ces avantages tiennent de l’évidence, et qui peuvent le prouver par A+B (le riche crée de l’emploi, etc.), donc convaincre et faire passer les non convaincus pour quelques contestataires irrationnels (la preuve, leurs arguments ne tiennent pas).

      Je ne pense pas que monsieur Jorion soit un idiot, mais je pense que la formulation employée dans cet article est plus que malheureuse si on ne va pas chercher plus loin (formulation accompagnée d’un simple renvoi à ses ouvrages, version intégrale de l’argument réservée aux initiés, donc).

      Il faut donc dépasser ce genre de critiques « à deux francs » (ou bien qui le laissent penser) ou on ne fera que contester le système en vase clos, fort d’avoir réussi à convaincre les convaincus qui ne demandaient que ça.

  33. hema dit :
    1 novembre 2010 à 13:01
    L’analogie est intéressante, merci pour la référence de l’ouvrage, ce sera ma prochaine lecture.

    Le livre est en effet intéresant à plusieurs points de vues, certaines idées sont un peu éloignées de notre mode de pensée actuel, mais dans l’ensemble l’auteur est quand même assez en avance sur son temps. Certains passages pourraient être repris de nos jours sans grands changements… Je peux vous envoyer directement l’extrait que j’avais envoyé sur le blog, Paul Jorion l’a peut-être retiré pour éviter tout risque de problèmes de droits d’auteurs, mais je pense que ce texte est maintenant en accès libre, c’est pourquoi je l’avais envoyé… Certains paragraphes auraient pu être écrits maintenant…

    Paul

    1. « … l’extrait que j’avais envoyé sur le blog, Paul Jorion l’a peut-être retiré pour éviter tout risque de problèmes de droits d’auteurs ».

      Votre manip a du échouer : il n’y avait aucun extrait.

    2. OK Paul, j’ai probablement fait une erreur dans mon envoi…
      Voici donc cet extrait des oeuvres choisies de FC Volney…

      L’auteur se met à la place d’un voyageur qui entendrait au loin les rumeurs de la révolution française…

      ***********************************
      C. F. de Volney, « Oeuvres choisies », B. Renault Librairie-Editeur, Paris 1847 CHAPITRE XV

      A peine eut-il achevé ces mots, qu’un bruit immense s’éleva du côté de l’occident ; et, y tournant mes regards, j’aperçus à l’extrémité de la Méditerranée, dans le domaine de l’une des nations de l’Europe, un mouvement prodigieux ; tel qu’au sein d’une vaste cité, lorsqu’une sédition violente éclate de toutes parts, on voit un peuple innombrable s’agiter et se répandre à flots dans les rues et les places publiques. Et mon oreille, frappée de cris poussés jusqu’aux cieux, distingua par intervalle ces phrases :
      «Quel est donc ce prodige nouveau? quel est ce fléau cruel et mystérieux? Nous sommes une nation nombreuse, et nous manquons de bras! nous avons un sol excellent, et nous manquons de denrées ! nous sommes actifs, laborieux, et nous vivons dans l’indigence! Nous payons des tributs énormes, et l’on nous dit qu’ils ne suffisent pas ! nous sommes en paix au dehors, et nos personnes et nos biens ne sont pas en sûreté Quel est donc l’ennemi caché qui nous dévore ?»

      Et des voix parties du sein de la multitude répondirent : «Elevez un étendard distinctif autour duquel se rassemblent tous ceux qui, par d’utiles travaux entretiennent et nourrissent la société, et vous connaîtrez l’ennemi qui vous ronge. »

      Et l’étendard ayant été levé, cette nation se trouva tout à coup partagée en deux corps inégaux, et d’un aspect contrastant : l’un innombrable et presque total, offrait, dans la pauvreté générale des vêtements et l’air maigre et hâlé des visages, les indices de la misère et du travail ; l’autre, petit groupe, fraction insensible, présentait, dans la richesse des habits chamarrés, et dans l’embonpoint des visages, les symptômes du loisir et de l’abondance.
      Et, considérant ces hommes plus attentivement, je reconnus que le grand corps était composé de laboureurs, d’artisans, de marchands, de toutes les professions laborieuses et studieuses utiles à la société, et que, dans le petit groupe, il ne se trouvait que des ministres du culte de tout grade (moines et prêtres), que des gens de finance, d’armoiries, de livrée, des militaires et autres salariés du gouvernement.
      Et ces deux corps en, présence, front à front, s’étant considérés avec étonnement, je vis, d’un côté, naître la colère et l’indignation, de l’autre, un mouvement d’effroi; et le grand corps dit au plus petit: «Pourquoi êtes-vous séparés de nous? N’êtes-vous donc pas de notre nombre?»
      «Non,» répondit le groupe «vous êtes le peuple; nous autres, nous sommes un corps distinct, une classe privilégiée, qui avons nos lois, nos usages, nos droits à part.»

      LE PEUPLE
      Et de quel travail viviez-vous dans notre Société?

      LES PRIVILEGIES
      Nous ne sommes pas faits pour travailler.

      LE PEUPLE
      Comment avez vous acquis tant de richesses ?

      LES PRIVILEGIES
      En prenant le soin de vous, gouverner.

      LE PEUPLE
      Quoi, nous fatiguons et vous jouissez ! nous produisons et vous dissipez ! Les richesses viennent de nous, vous les absorbez, et vous appelez cela gouverner !… Classe privilégiée, corps distinct qui nous est étranger, formez votre nation à part, et voyons comment vous subsisterez.

      Alors, le, petit groupe, délibérant ce cas nouveau, quelques hommes juste et généreux dirent : il faut nous rejoindre au peuple, et partager ses fardeaux; car ce sont des hommes comme nous, et nos richesses viennent d’eux. Mais d’autres dirent avec orgueil ce serait une honte de nous confondre avec la foule, elle est faite pour nous servir; ne sommes nous pas la race noble et pure des conquérants de cet empire? Rappelons à cette multitude nos droits et son origine.

      LES NOBLES
      Peuple! oubliez vous que nos ancêtres ont conquis ce pays, et que votre race n’a obtenu la vie qu’à la condition de nous servir? Voilà notre contrat social ; voilà le gouvernement constitué par l’usage et prescrit par le temps.

      LE PEUPLE
      Race pure de conquérants ! Montrez-nous vos généalogies ! nous verrons ensuite si ce qui, dans un individu est vol et rapine, devient vertu dans une nation.

      Et à l’instant, des voix élevées de divers côtés commencèrent d’appeler par leur noms une foule d’individus nobles; et, citant leur origine et leur parenté, elles racontèrent comment l’aïeul, le bisaïeul, le père lui même nés marchands, artisans, après s’être enrichis par des moyens quelconques, avaient acheté, à prix d’argent, la noblesse : en sorte qu’un très petit nombre de familles étaient réellement de souche ancienne. Voyez, disaient ces voix, voyez ces recrues plébéiennes qui se croient des vétérans illustres ! Et ce fut une rumeur de risée.
      Pour détourner, quelques hommes astucieux s’écrièrent : Peuple doux et fidèle, reconnaissez l’autorité légitime : le roi veut, la loi ordonne.

      LE PEUPLE
      Montrez nous vos pouvoirs célestes.

      LES PRÈTRES.
      Il faut de la foi : la raison égare.

      LE PEUPLE
      Gouvernez vous sans raisonner ?

      LES PRÈTRES.
      Dieux veut la paix : la religion l’obéissance.

      LE PEUPLE
      La paix suppose la justice ; l’obéissance veut la conviction d’un devoir.

      LES PRÈTRES.
      On est ici bas que pour souffrir.

      LE PEUPLE
      Montrez nous l’exemple.

      LES PRÈTRES.
      Vivrez-vous sans dieux et sans rois ?

      LE PEUPLE
      Nous voulons vivre sans oppresseurs

      LES PRÈTRES.
      Il vous faut des médiateurs, des intermédiaires.

      LE PEUPLE
      Médiateurs près de Dieu et des rois! courtisans et prêtres, vos services sont trop dispendieux ; nous traiterons désormais directement nos affaires.

      Et alors le petit groupe dit : Tout est perdu, la multitude est éclairée.

      Et le peuple répondit : Tout est sauvé, car si nous sommes éclairés, nous n’abuserons pas de notre force, nous ne voulons que nos droits. Nous avons des ressentiments, nous les oublions : nous étions esclaves, nous pourrions commander ; nous ne voulons qu’être libres, et la liberté n’est que la justice.

      Volney
      *********************************
      J’ai souligné en caractères gras un paragraphe qui montre bien que l’aristocratie dès cette époque venait souvent de bourgeois enrichis… bourgeois enrichis dont Molière se moquait déjà dans « Le bourgeois Gentilhomme »… Il y critiquait déjà le côté « bling-bling » de ces personnages sans autres valeurs que l’argent qu’ils accumulaient et exposaient sans vergogne…

      Notez que je ne me fais pas du tout l’avocat d’une noblesse de naissance, mais il me semble qu’une noblesse de l’âme soit plus respectable qu’une noblesse de l’argent. pour moi cette noblesse de l’âme n’a pas de caractère religieux ou spirituel, elle est simplement liée à un profond et sincère respect de tout être humain, sans aucune discrimination, au niveau individuel et au niveau collectif.

      Paul

      Paul

  34. La Liberté donne-t-elle un million à chacun ? Qu’est-ce qu’un homme sans un million ? Un homme sans un million n’est pas celui qui fait ce qui lui plait mais celui dont on fait ce qui plait…
    … En dehors de la Liberté, il y a l’Egalité, notamment l’égalité devant la Loi. De cette égalité devant la loi on ne peut dire qu’une seule chose. C’est que dans la forme où on l’applique actuellement tout Français peut et doit la considérer comme une injure personnelle…..

    Dostoïevski – 1863 – Le bourgeois de Paris
    A relire de toute urgence tant le Londres et le Paris d’alors paraissent contemporains.

  35. « On oublie que si Marx affirme qu’une dictature du prolétariat sera nécessaire pour créer une société sans classe, c’est parce que la bourgeoisie arrivant au pouvoir ne partage pas elle cette ambition : le pouvoir auquel elle accède, il lui semble qu’elle l’a mérité, et les privilèges de l’aristocratie qui la révoltaient autrefois n’étaient pas répréhensibles à ses yeux pour leur qualité en soi mais seulement parce qu’ils n’étaient pas les siens. »

    On tourne en rond ! Peut-être parce qu’on oublie un peu trop facilement de parler de « l’aristocratie intellectuelle » !? Celle-là même qui ne s’avoue pas qu’elle a plus à y gagner à « donner du poisson » au peuple plutôt qu’à lui « apprendre à pêcher ».

    Vu le nombre de personnes concernées, ne serait-il pas avantageux de parler de temps à autres des dominés (avec eux !) ?

    Je ne dis pas « abolissons le salariat du jour au lendemain », mais faisons de la question « le salariat est-il incontournable ? » un grand débat de société. Et peu importe l’issue : le chemin c’est le but. Mais tous ensemble en chemin.

    Un exemple de lecture : « Travailler, moi ? Jamais ! »…pas de maître sans esclave…pas de fumée sans feu et pas d’idée sans être deux.

    1. Fab,

      J’habite en Hollande, ici, le mot « travail » a quasiment une connotation spirituel… « Werken », et rien d’autre, mais bon, là on repart sur le débat ouvert par Max Weber en son temps…

      Je suis amusée par cette discussion récurrente concernant le travail, le travail rémunéré, le salariat, etc…. Et celles qui ont choisi de se consacrer à leur famille, elles sont quoi, elles? Des nulles, des rebuts? Il est temps que l’on remette les choses à l’endroit. J’y travaille…

      A suivre…

  36. Ultra-libéralisme vraiment ? Si les mots ont un sens, l’ultra-libéralisme est un libéralisme ultra, soit un libéralisme qui va au-delà, qui va plus loin que le libéralisme tout court. Ce serait encore, selon le Larousse, un libéralisme extrême. Les ultra-libéraux autrement dit sont censés être plus libéraux que les libéraux, de même que les ultras (royalistes) de la Restauration étaient plus royalistes que le roi auquel ils reprochaient d’accepter la Charte, concession aux idées constitutionnelles de la révolution. Il existe sans doute aujourd’hui des idéologues ultra-libéraux, mais les institutions de la France ou de l’Union Européenne sont très loin d’être ultra-libérales. Peut-on en effet penser sérieusement que nous vivons dans un monde plus libéral que celui d’une bonne partie du XIXe siècle où la loi Le Chapelier interdisait les coalitions, où la grève et les syndicats n’avaient aucune existence légale, où le droit du travail se limitait à quelques articles du Code civil définissant le « contrat de louage » (qui se faisait souvent « au jour la journée »), où il n’existait aucune limite légale de la journée de travail, aucune obligation d’accorder aux employés un repos hebdomadaire, aucuns congés payés, où les régimes de retraite et de protection sociale n’existaient pas, où les premières lois définissant un âge minimum pour travailler et quelques limites à la journée de travail visaient seulement les femmes et les enfants (qu’il fallait protéger respectivement comme « ventres féconds » – sic ! – et comme futurs ouvriers et soldats), où il n’existait évidemment ni SMIG ni SMIC, où l’accident du travail c’était « tant pis pour la victime », où la fiscalité était si faible que les contribuables les plus riches étaient assurés, quoi qu’il arrive, de ne jamais reverser plus de 3 ou 4% de leurs gains sous forme d’impôts (tous impôts confondus), où il n’existait d’ailleurs ni impôts sur le revenus, ni déclaration de revenus (qui aurait été jugée inquisitoriale), où les droits de succession étaient calculés de façon proportionnelle (et non progressive comme aujourd’hui), etc. etc… ?

  37. Où préférez-vous aller Mr Jorion ?

    Où préférez-vous surtout me conduire dans ma modeste condition ?

    Que préférez-vous lire plutôt suivre ? Pourquoi voulez-vous tant Mr Jorion ressusciter l’esprit et le vocabulaire de Karl Marx dans l’esprit des pauvres gens ?

    L’ultrasocialisme tente de ressusciter la même chose qu’hier :

    Si le communisme est le moyen qui a permis historiquement à une classe d’intellectuels d’abattre tout ce qui s’oppose encore à cet même état d’esprit, les terrestres du libéralisme
    y contribuent en effet beaucoup.

    L’ultrasocialisme est alors le moyen qu’utilise une classe d’intellectuels – continuant de prôner les mêmes principes une fois la crise bien installé dans les esprits – de se reconstituer elle-même comme la meilleure alternative intellectuelle proposé à l’homme, ou les pauvres gens n’entendant plus d’ailleurs que ça.

    La manière dont cela se reproduira est la suivante : réclamer un plus grand progrès social terrestre dans un cadre bureaucratique fondé sur les droits terrestres acquis initialement par la force de la misère, c’est offrir au social le moyen de détrôner par la force dans son rôle de vecteur d’une plus grande demande de justice sociale,

    Et ceci parce que le social prend une telle omniprésence salutaire et indépassable dans l’esprit du monde, en permettant d’acheter un service, exerce une autre forme d’influence bureaucratique de « commandement ‘ identique à celui de la force.

    Une fois le prolétariat en charge des affaires, continuer de réclamer un plus grand progrès du social terrestre partout sur terre, faut assurer, sécuriser partout, c’est offrir au nouvel ordre bureaucratique qui s’est constitué, davantage les moyens humains et idéologiques d’étendre davantage son désir de progrès et d’influence dans l’esprit du commun mortel, le nombre de malheureux y renforcant même davantage l’idée d’avoir raison, autrement dit de permettre de
    nouveaux aux grands idéaux de Karl Marx et datant pareillement du siècle dernier de mieux faire encore une bouchée de cette funeste bourgeoisie triomphante de recréer un système pareillement un peu semblable à l’ancien mais où ce serait plus elle fort heureusement qui assumerait cette idée de mieux conduire le monde au bien, surtout pour l’humanité de plus en plus mal en point à force.

    L’exercice du social est en effet différentiel : ce que le social terreste autorise n’est pas le même dans le cas d’un plus haut ou plus bas bureaucrate. En effet, le riche bureaucrate utilise souvent une plus grande misère humaine à ces seules fins, comme une chose qui va de soi le pouvoir du commandement bureaucratique qu’autorise son influence, sa position, son programme, sa finalité. Le social du pauvre se limite aux rêves de sécurité qu’il peut entretenir en imaginant que l’on devient plus heureux par un simple effet du social terreste.

    Par le simple effet de le vouloir, réclamer à plusieurs. Cette autre illusion de changement est possible parce que du point de vue auquel on a accès quand on est pauvre, l’effet de levier nécessaire pour progresser dans l’échelle sociale bureaucratique de ce monde est pareillement aussi invisible.

    Où préférez-vous aller Mr Jorion ? Que préférez-vous lire ? Où préférez-vous surtout me conduire dans ma modeste condition matérielle ?

  38. @M. Jorion. Désolé, M. Jorion de ce malentendu. En fait, je ne vois pas comment l’ultralibéralisme peut engendrer une aristocratie « au sens le plus élevé du terme »: il ne peut à mon sens qu’aboutir à l’exact inverse: le concept aristocratique ne peut par nature s’appuyer sur des valeurs marchandes, mais au contraire sur des valeurs morales: l’ultralibéralisme qui généralise le mensonge par la fausse monnaie et le vol par la « madofisation » du monde ne peut qu’aboutir à une oligarchie, mais certainement pas à une aristocratie qui suppose qu’elle soit exemplaire et méritante. Dans ce sens, appeler de ses voeux des responsables méritants, compétents et intègres qui font passer l’intérêt collectif avant leur intérêt personnel, telle qu’est à l’origine l’aristocratie qui sélectionne « les meilleurs » pas uniquement comme pour un concours de l’ENA mais aussi sur le plan éthique, ne me semble pas dérangeant…
    C’est d’ailleurs le sens de mon commentaire sur votre blog… Bien à vous.

    1. @ JPJM

      C’est oublier un peu vite que décadence et aristocratie ont toujours fait bon ménage, que les élégants critères du mérite et de l’exemplarité se sont assez formidablement dissous dans des alliances avec une notabilité bourgeoise aux aspirations pourtant nettement moins élevées à partir du moment où le nouveau contrat garantissait rang et privilèges aux deux parties, et qu’il faudrait être vraiment, mais alors vraiment, naïf pour vous suivre dans votre merveilleux conte et croire encore que le système de cooptation le plus opaque et le plus trouble (mon intérêt bien compris) était fondamentalement contre contre-nature à l’aristocratie.

    2. Et au fait, qu’est-ce qu’il en disait de l’aristocratie – ici s’agissant bien plutôt de ploutocratie, voire kleptocratie – le Stagirite, Aristote le bien nommé dans sa « Politique »?

      LIVRE III
      DE L’ÉTAT ET DU CITOYEN.
      Chapitre VII
      « …§ 7. De plus, comme l’égalité et l’inégalité complètes sont injustes entre des individus qui ne sont égaux ou inégaux entre eux que sur un seul point, tous les gouvernements où l’égalité et l’inégalité sont établies sur des bases de ce genre, sont nécessairement corrompus. Nous avons dit aussi plus haut que tous les citoyens ont raison de se croire des droits, mais que tous ont tort de se croire des droits absolus : les riches, parce qu’ils possèdent une plus large part du territoire commun de la cité et qu’ils ont ordinairement plus de crédit dans les transactions commerciales ; les nobles et les hommes libres, classes fort voisines l’une de l’autre, parce que la noblesse est plus réellement citoyenne que la roture, et que la noblesse est estimée chez tous les peuples ; et de plus, parce que des descendants vertueux doivent, selon toute apparence, avoir de vertueux ancêtres ; car la noblesse n’est qu’un mérite de race. § 8. Certes, la vertu peut, selon nous, élever la voix non moins justement ; la vertu sociale, c’est la justice, et toutes les autres ne viennent nécessairement que comme des conséquences après elle. Enfin la majorité aussi a des prétentions qu’elle peut opposer à celles de la minorité ; car la majorité, prise dans son ensemble, est plus puissante, plus riche et meilleure que le petit nombre.

      § 9. Supposons donc la réunion, dans un seul État, d’individus distingués, nobles, riches d’une part ; et de l’autre, une multitude à qui l’on peut accorder des droits politiques : pourra-t-on dire sans hésitation à qui doit appartenir la souveraineté ? Ou le doute sera-t-il encore possible ? Dans chacune des constitutions que nous avons énumérées plus haut, la question de savoir qui doit commander n’en peut faire une, puisque leur différence repose précisément sur celle du souverain. Ici la souveraineté est aux riches ; là, aux citoyens distingués ; et ainsi du reste. Voyons cependant ce que l’on doit faire quand toutes ces conditions diverses se rencontrent simultanément dans la cité. § 10. En supposant que la minorité des gens de bien soit extrêmement faible, comment pourra-t-on statuer à son égard ? Regardera-t-on si, toute faible qu’elle est, elle peut suffire cependant à gouverner l’État, ou même à former par elle seule une cité complète ? Mais alors se présente une objection qui est également juste contre tous les prétendants au pouvoir politique, et qui semble renverser toutes les raisons de ceux qui réclament l’autorité comme un droit de leur fortune, aussi bien que de ceux qui la réclament comme un droit de leur naissance. En adoptant le principe qu’ils allèguent-pour eux-mêmes, la prétendue souveraineté devrait évidemment passer à l’individu qui serait à lui seul plus riche que tous les autres ensemble ; et de même, le plus noble par sa naissance l’emporterait sur tous ceux qui ne font valoir que leur liberté. § 11. Même objection toute pareille contre l’aristocratie, qui se fonde sur la vertu ; car si tel citoyen est supérieur en vertu à tous les membres du gouvernement, gens eux-mêmes fort estimables, le même principe lui conférera la souveraineté. Même objection encore contre la souveraineté de la multitude (déviation démagogique de la république)</em, fondée sur la supériorité de sa force relativement à la minorité ; car si un individu par hasard, ou quelques individus moins nombreux toutefois que la majorité, sont plus forts qu'elle, la souveraineté leur appartiendra de préférence plutôt qu'à la foule.

      § 12. Tout ceci semble démontrer clairement qu'il n'y a de complète justice dans aucune des prérogatives, au nom desquelles chacun réclame le pouvoir pour soi et l'asservissement pour les autres . Aux prétentions de ceux qui revendiquent l'autorité pour leur mérite ou pour leur fortune, la multitude pourrait opposer d'excellentes raisons. Rien n'empêche, en effet, qu'elle ne soit plus riche et plus vertueuse que la minorité, non point individuellement, mais en masse. Ceci même répond à une objection que l'on met en avant et qu'on répète souvent comme fort grave on demande si, dans le cas que nous avons supposé, le législateur qui veut établir des lois parfaitement justes doit avoir en vue l'intérêt de la multitude ou celui des citoyens distingués. La justice ici, c'est l'égalité ; et cette égalité de la justice se rapporte autant à l'intérêt général de l'État qu'à l'intérêt individuel des citoyens. Or, le citoyen en général est l'individu qui a part à l'autorité et l'obéissance publiques, la condition du citoyen étant d'ailleurs variable suivant la constitution ; et dans la république parfaite, le citoyen, c'est l'individu qui peut et qui veut obéir et gouverner tour à tour, suivant les préceptes de la vertu."

      C'est clair, non ?

    3. « Dieux !
      Pardonnez nos offenses
      La décadanse
      A bercé
      Nos corps blasés
      Et nos âmes égarées »
      La Décadanse – Serge Gainsbourg.

  39. @Martine Mounier
    Vous avez tout à fait raison: l’aristocratie conçue comme caste est une dérive dès lors qu’elle s’est « formidablement dissoute dans des alliances avec une notabilité bourgeoise aux aspirations pourtant nettement moins élevées à partir du moment où le nouveau contrat garantissait rang et privilèges aux deux parties »… Il ne s’agit ici pas de naiveté, mais de valeur… terme polyvalent pour la morale et la finance: c’est bien la dissolution des et de la valeur qui en est à l’origine: mais peut-être la notion de valeur, – bulles et crises inflationnistes faisant leur oeuvre de dissolution-dévalorisation -, est-elle aujourd’hui caduque pour la transformer en conte, toute éthique ayant disparue…?

  40. PS: au sujet de la théorie de la valeur, permettez-moi de faire référence aux excellents développements de Pierre Sarton du Jonchay sur ce blog.

    1. @PJJM

      Précisément ! La théorie de valeur selon Pierre Sarton du Jonchay me semble à l’opposé des valeurs courantes de l’exemplarité, de la morale ou du mérite. C’est une valeur de rapport plus qu’une valeur de qualités intrinsèques, je dirais. Et cette valeur de rapport (ou de dialogue, si vous préférez) implique une qualité à l’antithèse de la pratique des salons feutrés des belles demeures où l’on reçoit, pas toujours entre deux cigares mais toujours en aparté, untel ou untel, Ministre ou Président Directeur Général qui compte, afin de prendre comme il se doit, telle ou telle décision, dans la plus grande discrétion possible. Cette qualité inconnue de la haute aristocratie autant que de la petite bourgeoisie de province : c’est la transparence.

  41. Ce qui est en cause, ce n’est pas le comment (la transparence) de la détermination de la valeur mais la finalité qui donne du « prix »:
    cf: « Pierre Sarton du Jonchay dit :
    30 septembre 2010 à 14:02
    @Zébu,
    Le mot « prix » n’a-t-il pas eu originellement un sens dans le champ de la morale avant d’être utilisé par le calcul économique ? »

    C’est à l’aune de sa qualité que la valeur est définie, non de sa quantité, c’est sur sa qualité au regard des fins choisies que la valeur donne lieu à accord, à transaction, donc à prix…
    c’est à ce niveau que:
    « il y a « régression matérialiste »
    et que: « La république (oeuvre) contre la démocratie »:…. La valeur n’est plus que comptée. La discussion n’a plus de sens. Le langage n’est plus une transformation universelle de la réalité. L’économie surclasse la politique. La démocratie disparaît dans la république. L’effet est une question strictement individuelle non discutable dans la société. Les finalités humaines sont devenues abstraites. Les formes se capitalisent exclusivement dans la matière. La matière est faite pour l’accumulation. Elle ne contient plus de fin décidée par des sujets responsables… La république platonicienne est plus pratique car elle dispense les élites de répondre de la réalité du bien commun. Elles font des affaires avec des régimes politiques qui ne discutent pas le bien commun. »

  42. Ne croyez pas que la moyenne haute bourgeoisie ne soit pas touchée, car elle plus qu’une autre encore elle a cru au système et elle s’est crue arrivée, évidement elle vit encore avec des revenus bien supérieurs mais quel est son endettement ?
    Sauf les radins qui amassent sur des comptes sans rien dépenser ou investir, elle aussi est surendettée par rapport à ce qu’il reste de ses revenus même si il lui en reste de quoi vivre plus que bien. Des exemples, j’en ai quelqu’un autour de moi, plantés avec de l’immobilier de luxe qui ne se vend pas et des crédits sur ce même immobilier.
    Il y a tant de biens à plusieurs millions d’euros à vendre sur la côte d’azur et sur monaco qu’on se demande qui va bien pouvoir acheter car il n’y a pas que sur la côte d’azur et monaco qu’il y a des biens de luxe à vendre sans acheteur ou presque en face, en dehors de quelques russes…

  43. En écho réponse au titre du billet :

     » La démocratie aura fini de naître quand tou(te)s les citoyen(ne)s seront des aristocrates . »

    ( adapté librement , mais pas trop, d’ Oscar Wilde )

  44. Mais finalement à relire le tout je m’aperçois que nous ne parlons pas de la même aristocratie :

    Avec Oscar Wilde je visais la noblesse élégante et savante .

    L’aristocratie évoquée en renfort de l’ultralibéralisme serait plutôt un classe privilégiée héréditaire qui faisait écrire à Balzac : « il n’y a plus de noblesse , il n’y a qu’une aristocratie  » .

    Quant à l’oligarchie , ce n’est pas forcément la même chose . Elle peut être plus proche du mandarinat . Encore une correspondance chinoise .

    Mais heureusement , Mai 68 et Simone de Beauvoir ont fait un sort aux mandarins .

    Peut être pas à l’oligarchie , ni à l’aristocratie qui n’est plus ni la Noblesse , ni la noblesse .

    Le petit personnage galonné de la BD , à la séparation du mur entre le salarié et le capital , aspire sans doute au grade d’aristocrate du savoir .

    Mais comme Michel Rocard , il ne restera jamais que le majordome du capital  » aristocrate » ou pas .

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