LE ‘PRIX DEMOCRATIQUE’ DE MON VOTE, par zébu

Billet invité

Regardant nonchalamment l’émission de ce lundi soir ‘Mots croisés’ concernant, notamment, les retraites, plus par désœuvrement que par réel intérêt, j’ai eu l’étrange impression d’avoir trouvé la confirmation de ce que je pressentais un peu mais aussi un sentiment plus diffus, comme une promesse qui refuserait de celer encore ce qu’elle promettait hier mais dont on sait pertinemment que passée la nuit, plus rien ne s’opposerait à ce qu’elle s’offre à son promis.
Oui, bon …

Quatre intervenants y étaient présents, représentant chacun les différents ‘ordres’ de la société française actuelle, que l’on pourrait résumer ainsi : le capitalisme via le MEDEF, les salariés via les deux organisations syndicales de salariés (CGT et CFDT) et le gouvernement via le ministre de l’industrie.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans l’organisation spatiale du débat, le journaliste (‘les médias’) se trouvait au milieu, entre deux tables, où les ‘salariés faisaient face au ‘capitalisme’ et au ‘gouvernement’, côte à côte, tant il est vrai qu’en ce qui concerne le sujet des retraites, le projet gouvernemental est le projet du MEDEF peu ou prou et que le MEDEF défend le projet du gouvernement. Représentation médiatique donc très schématique et manichéenne de la société mais instructive, quant au parallèle fait entre le pouvoir économique et le pouvoir politique, face au pouvoir du ‘peuple salarié’.

Et ce qui devait donc advenir advint, tant cette opposition médiatique ‘organisée’ tint ses promesses, en termes d’affrontements, parfois violents, entre les deux tables : ‘nous ne céderons pas’, ‘nous non plus’. Les acteurs performaient donc à rejouer la même scène tenue depuis des mois, sans que rien ne doive modifier ce bel agencement des rôles et du cours de la pièce.

La situation évolua cependant. Car la ‘jeune’ entra en scène sur le ‘plateau médiatique’.

Et pas n’importe où. Au milieu, en face des ‘médias’, dans un étrange rôle de composition, fait de médiation, d’impartial, de neutre, de position centrale. Ce qui fit naître cette étrange impression de malaise : au nom de quoi le fait que la jeune lycéenne soit ‘jeune’ puisse lui donner légitimité pour asseoir sa position (centrale) ? Aux vues des réponses, forts déférentes, ou absentes des uns ou des autres, il apparaissait clairement que la peur guidait leurs paroles. Peur du ‘jeune’. Peur de sa parole, ointe de sa sainte innocence que tout ‘jeune’ porte sur lui, comme l’auréole consacre le saint. Peur de laisser transparaître qu’ils en avaient peur. Ce fut patent pour la personne représentant le gouvernement, dégoulinant d’obséquiosité, face pourtant à des accusations sévères et à un ton comminatoire, ‘exigeant’ que les promesses du ministre du travail soient enfin tenues quant à la tenue de négociations sur l’emploi des ‘jeunes’. Et là, hosanna, sur cette scène improvisée où ‘médias’ et ‘jeunes’ arbitraient et donnaient des leçons, un des ‘salariés’ osa proposer au ‘capitalisme’ une chose incroyable : réfléchissons, ensemble, à l’emploi des ‘jeunes’ et des ‘vieux’ (car l’autre ‘salarié’ rappelait, opportunément, précédemment, que la retraite décalée des uns risquait fortement de compromettre l’avenir professionnel d’autres, ce en quoi la ‘jeune’ opina fortement).

Tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais !

Sauf que, pour le coup, le malaise devint surdité et qu’il me fallut me frotter les oreilles pour vérifier ce que mes yeux avaient bien vu : un ‘salarié’ tendait la main au ‘capitalisme’, pour que tout bonnement la question ‘jeune’ et ‘vieux’ puisse être abordée, car, il faut bien l’admettre, « ceci n’est plus tenable » (entre autres parce que les dits partenaires sociaux ont passé pendant des dizaines d’années des accords sur les préretraites, le tout avalisé par les gouvernements successifs).

A ce moment là, je me dis que nous atteignons tout simplement le summum de l’art théâtral consommé. Et que nous sortons de la tragédie (économique et sociale) pour entrer dans la (grosse) farce. Car dans le couple de ‘salarié’, l’un des deux fait la tronche, quand il s’aperçoit que finalement les (grosses) colères véhémentes de son conjoint débouchent finalement sur une main tendue, après des mois de ‘on ne cèdera pas’ et du ‘tous ensemble’, à l’ennemi de la minute passée.

Tartuffe pas mort donc. Mais aussi la scène, immanquable dans un vaudeville, du mari trompé et le tout en direct, s’il vous plait, magie des ‘médias’ et de la ‘jeune’ interposés, sous le regard bienveillant du gouvernement qui tient absolument à baptiser cette nouvelle union sur les fonds baptismaux de la ‘sortie de crise’, qu’il s’évertuera dès le lendemain à proclamer, dans tous les médias.

Ceci dit, farce dont nous sommes les dindons, nous qui croyions, comme de pauvres benêts (que nous sommes), que les syndicats avaient justement pour fonction de ‘réfléchir’ et de proposer sur des sujets aussi divers et variés que l’emploi des ‘jeunes’ ou l’emploi des ‘vieux’, et même que nos cotisations syndicales servaient à cela. Et on avouera volontiers que ne pas avoir ‘réfléchi’ à l’emploi des ‘jeunes’ et des ‘vieux’, pour une réforme des retraites, c’est quand même embêtant, n’est-ce pas ?

Mais il est vrai, surtout, que cette réflexion est une porte de sortie pour le capitalisme, qui avait effectivement refusé pendant de très longs mois d’envisager ce type de ‘réflexion’ mais qui, pour sortir de la crise, s’empressa d’être ‘responsable’ et accepta, dans une emphase médiatique soulignée (par le ‘média’), la main offerte, qu’hier encore et depuis lurette, il dédaignait.

Miracle du ‘jeune’, sa simple présence dénoue toutes les crises !! Alléluia.

Car le véritable sujet était bien non pas ‘quelles solutions de financement pour la réforme de la retraite’ mais bien de savoir si oui ou non les ‘partenaires’ sociaux allaient enfin être ‘responsables’, si le pays allait ou non être bloqué et si, oui ou merde, il y aurait de l’essence à Noël ?!!

D’ailleurs, quand un des ‘salariés’ osa suggérer qu’il avait, en réponse à la question du ‘capitalisme’ qui s’interrogeait sur les solutions ‘alternatives’ dont il parlait, la possibilité de les expliciter, le ‘média’ le rembarra bien vite car ‘ce n’était pas le sujet de l’émission’ : Français, sachez qu’on a réfléchi et qu’on a même des solutions ‘alternatives’ pour financer vos retraites, mais vous n’en saurez rien, bande d’abrutis, car finalement, avouez, ce qui vous intéresse, c’est bien de savoir si vous pourrez ou non sortir de la porte de Lyon (qu’est-ce que tu fais) pour les vacances, avec suffisamment de carburant.

En dehors de cet aspect franchement navrant mais somme toute à niveau de la représentation médiatique donné, il reste un autre aspect particulier à cette pièce qui rendait le spectateur mal assis sur son siège.

Car, que disait la ‘jeune’, pendant que certains pensaient déjà à convoler en justes noces ?

Rien. Parce qu’elle acquiesçait silencieusement. Parce que son objectif était atteint : négocier une place pour le ‘jeune’ à la table ‘des acteurs’, ce qui d’ailleurs fut explicitement fait par le ‘gouvernement’, afin de ‘réformer’ la démocratie sociale.

Dès lors, nous nous retrouvions ‘tous ensemble’ (ouais), au sein d’une vaste famille, enfin recomposée, malgré ses chamailleries qui commençaient à inquiéter et à déraper, et somme toute, c’est bien là l’essentiel : que tout soit sous ‘under control’, rien n’étant pire in fine que des solutions ‘alternatives’ puissent voir le jour.

Sauf que la ‘jeune’, ce qui fut remarqué par le ‘média’, utilisa des mots très spécifiques, notamment envers le ‘gouvernement’, comme le mot ‘responsable’. Quoi, un ‘jeune’ qui utilise le mot de ‘responsable’ ? Mais qui est ce jeune, qui parle si bien et si précisément, sans bafouiller de colère, tandis que les autres ‘jeunes’ s’époumonent et brulent les poubelles à qui mieux mieux ?

Un ‘adulte’ dans un corps de ‘jeune’, est-ce possible ?

En mai 68, les ‘jeunes’ s’écriaient ‘il est interdit d’interdire’.

En octobre 2010, les ‘jeunes’ s’écrient : ‘soyez responsables, laissez nous une place !’.

Malaise donc mais malaise diffus cependant, car on ne peut reprocher aux ‘jeunes’ d’être un coup ‘irresponsables’ en manifestant contre la réforme de la retraite et à la fois d’être trop ‘responsable’, en lieu et place des ‘adultes’, dont c’est la fonction.

Décidément, le ‘jeune’ est insaisissable …

Malaise parce qu’y compris le ‘jeune’, tous semblent donc tomber d’accord (certains mal, d’autres de muette façon, d’autres tournant et virevoltant en couple) pour que finalement, en fin de compte, ce qui compte, c’est bien que le même système continue à tourner. Que certains partenaires sociaux puissent avoir ce discours et cette attitude relève d’un grand ‘classique’ du théâtre social. Mais que les ‘jeunes’ puissent le tenir, on ressent, bien malgré soit, un terrible coup de vieux, en son for intérieur.

Et c’est ce que j’appelle le ‘péril vieux’.

Ce ‘péril’ se caractérise par un discours ‘conservatiste’ : ‘nous devons sauver notre système’ (‘par répartition’, ajoute-t-on, presque subrepticement). Pour quoi faire, qui, comment, quels objectifs … ?

‘Pour sauver notre système’. Ah oui, je me disais bien aussi qu’il fallait …

Dans ce cadre de ‘réflexion’ (puisque le terme a été employé par certains), on s’aperçoit d’ailleurs, ce qui ne fait que renforcer le malaise existant, que lorsque l’on pose la question de savoir si les français soutiennent la réforme gouvernementale, une majorité de français (environ les deux tiers) soutiennent … le refus syndical de cette même réforme. Pas de majorité ‘silencieuse’, donc, chère aux discours traditionnels de certains partis politiques (de droite, faut-il le préciser). Mais quand on entre dans les détails de ces ‘en quêtes d’opinions’, on s’aperçoit que la réforme gouvernementale est majoritairement soutenue par … les plus de 65 ans, soit ceux qui sont déjà à la retraite !

Actifs, pauvres blaireaux, ne profitez pas des ‘avantages’ dont nous avons profité, vous allez morfler, pour nous. Où la solidarité intergénérationnelle n’est pas forcément là où on l’attend …

A front renversé donc, les actifs (ou futurs actifs, les ‘jeunes’) soutiennent l’opposition à cette réforme, opposant à ‘l’égoïsme’ des ‘vieux’ (retraités) des valeurs positives de solidarité.

Sauf que le discours, qui commence à être convenu, ne correspond pas à la réalité, car le ‘jeune’, de fait, si l’on suit le discours de la représentante des ‘jeunes’ sur le dit plateau médiatique de la dite émission théâtrale (ou l’inverse) ne veut rien tant, non pas changer ou réformer le système, tout le système, mais bien plutôt y garantir … sa place. Inversion des ‘rôles’ sociaux, encore une fois.

Le ‘péril vieux’ n’est pas donc pas propre aux ‘vieux’ (retraités). Il ‘gagne’ aussi des acteurs qui en étaient jusqu’alors ‘épargnés’, par définition, par ontologie : les ‘jeunes’, qui avaient jusque là la fonction de remettre le système à l’ouvrage, de manière récurrente, comme il devrait en être dans ‘l’ordre des choses’ sociales, dans toute société.

Ce ‘péril’ fait que vous devenez, à plus ou moins long terme, et quelles que soient les actions menées, qui ne servent finalement qu’à négocier les répartitions des places au sein du même système, un ‘conservateur’, au sens où vous placez la nécessité de conserver ce qui existe, tout en le modifiant si nécessaire, comme prioritaire, y compris contre les intérêts ‘bien compris’ de votre ‘rôle’ social : l’important est de continuer à jouer la pièce, les acteurs jouent des rôles de composition, modifiables, interchangeables. ‘The show must go on’.

Et quels sont-ils, ces ‘intérêts bien compris’, des acteurs et notamment des ‘jeunes’ ?

En premier lieu, concernant les ‘salariés’, la ‘réforme’ des retraites censée être financée ne l’est pas, du moins structurellement, puisque la ‘réforme’ prédit par avance qu’elle devra elle-même être … ‘réformée’ en 2018, voir même avant, avec le fumeux amendement sur la réforme ‘systémique’ portant sur les retraites ‘notionnelles’. Fumeux car il certifie ainsi bien que la dite ‘réforme’ des retraites en cours est tellement insuffisante qu’une autre ‘réforme’ interviendra dès 2013.

Dès lors, pourquoi ne pas le faire dès maintenant ?

Mais il reste que même cette réforme ‘systémique’ proposée pour 2013 ne permettra pas d’atteindre en régime long l’équilibre financier tant recherché, comme l’indique le rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) du 27 janvier 2010 : « Toutefois, ces conditions propres aux comptes notionnels ne suffisent pas à assurer l’équilibre du régime en répartition à court terme. En particulier, face au papy boom, un régime en comptes notionnels pourrait présenter des déséquilibres significatifs pendant une période relativement longue, car l’égalité par génération entre la masse des cotisations et la masse des pensions ne signifie pas l’égalité instantanée (à une date donnée) entre la masse des cotisations et la masse des pensions, qui est la condition d’équilibre d’un régime en répartition. » (p.15).

Et comment le serait-il ? que ce soit sous forme de régime notionnel, à points ou par annuités, quand le système est lui-même très largement (mais pas que, puisque la fiscalité y contribue via la CSG) fondé via les cotisations sur les revenus du travail, revenus dont, faut-il le rappeler, la part dans la création de richesse n’a fait que décroitre depuis 30 ans et où les revenus du capital, qui eux sont en pleine expansion, sont faiblement soumis à cotisations, en tout cas bien plus faiblement que ne le sont les revenus du travail, quand ils le sont ?

La Cour des Comptes vient de rappeler dans son rapport d’octobre 2010 combien ces dispositifs se sont multipliés notamment pour les entreprises, pour une efficacité très ‘relative’ et pour des coûts exorbitants (172 milliards d’euros).

Et comment pourrait-il en être autrement, quand depuis 30 ans, la société ‘accepte’ un chômage qu’elle qualifie de ‘masse’ et très récemment dans les médias, de ‘structurel’, soit environ 10% de la population active, sans compter évidemment le sous-emploi et le non emploi ? Et que pour toute solution, on en vienne de manière rédhibitoire à implorer le retour de la croissance comme une secte millénariste, offrant au Moloch croissantiste des sacrifices sociaux sans fins, que ce soit en termes de nombres d’emplois supprimés ou en termes ‘d’avantages compétitifs incontournables pour faire face à la compétition mondiale’ (exonérations de cotisations sociales et patronales, régimes d’imposition fiscale ‘allégés’ ou ‘forfaitisés’, exonérations fiscales de tout poil vivant dans différentes niches du même nom, …) ?

Enfin, et quand bien même des solutions alternatives fiscales pourraient être envisagées, comment envisager une réforme des retraites dès lors sans envisager aussi une réforme globale de la fiscalité, sans laquelle toute réforme des retraites assises sur des financements fiscaux serait condamnée à n’être ni viable, ni juste et ni pérenne ?

D’autant que pour le coup, on atteint alors très rapidement les limites des dits ‘partenaires sociaux’ de la ‘démocratie sociale’ quant il s’agit de fait de parler du rôle des pouvoirs publics et donc de la démocratie tout court. On s’aperçoit ainsi qu’une ‘démocratie sociale’ n’existe que quand la démocratie, tout court, fonctionne, soit la définition de la répartition des richesses par le pouvoir politique régulé par les institutions politiques démocratiquement élues.

La ‘démocratie sociale’ est intimement liée à la démocratie politique et n’a pu fonctionner dans nos sociétés contemporaines que tant que la régulation politique pouvait s’exercer. Dès lors que la régulation politique s’affaiblit ou est affaiblie, la ‘démocratie sociale’ ne peut que s’affaiblir, quand la régulation politique ne s’en attaque pas parfois directement à celle-ci.

Les changements ‘systémiques’ proposés pour les retraites, qu’ils soient à points, par annuités ou notionnels, resteront donc insuffisants ou non pérennes, tant qu’ils resteront assis sur les mêmes bases, à savoir le travail et la répartition des richesses tels que conçus actuellement.

La pièce de théâtre ainsi jouée par les différents acteurs n’a donc aucune chance de modifier la vie des spectateurs, qui le resteront, mais avec un nombre de sièges de plus en plus réduit pour s’asseoir pendant le spectacle.

Et les ‘jeunes’ alors, quid de leurs intérêts bien compris ?

Quand on écoute les discours des ‘leaders’ des jeunes, ils nous parlent donc dorénavant de ‘responsabilité’ mais aussi du sentiment de malaise parmi les ‘jeunes’ qui règne. Pour autant, s’ils parlent de ce malaise, c’est aussitôt pour fonder un droit à revendiquer une place parmi les ‘acteurs’ du système actuel que ces leaders, absence de place qui serait la cause de ce malaise selon eux. A y regarder de plus près, on s’aperçoit que les choses sont sans doute différentes et que ce discours d’intégration, pour être généralisé auprès des médias, masque mal un profond désarroi des ‘jeunes’ quant à cette intégration, justement, dans cette société dont ils ont tout lieu de pressentir qu’elle risque fort de les écraser ou de les contraindre à écraser.

Une société où les valeurs qui leur sont enseignées, et ce depuis leur enfance, sont compétition et individualisme, où il leur faudra soit écraser les autres pour parvenir au Saint Graal de ‘l’autonomie’, valeur référence d’un libéralisme décomplexé, soit être écrasé.

Où le positionnement social futur ne s’obtiendra que par une compétition scolaire acharnée afin d’obtenir la meilleure place, tant il est vrai qu’ils analysent l’absence de possibilités d’évoluer au sein de cette société sclérosée et fossilisée comme une de ses caractéristiques.

Où il faudra ‘faire ses preuves’, pendant des années, à prouver combien ils sont compétitifs quand bien même ils ne croiraient pas ou refuseraient de le croire, à accepter des ‘stages’, multiples et variés, à passer par des CDD et de l’intérim, quand pour certains l’horizon ne se résume qu’à des ‘contrats aidés’ pour seul viatique.

Où quand ils auront enfin obtenu le ‘droit’ de vivre en paix au sein du monde du travail, soit en sécurité, au travers notamment de qualifications et compétences enfin reconnues, validées par exemple par un CDI, ils devront alors faire face à la pression croissante de la hiérarchie pour donner toujours plus pour le même salaire, à moins de faire des heures sup’ ou d’effectuer plusieurs boulots pour pouvoir accéder au septième ciel de la consommation, stade ultime de la reconnaissance sociale.

Il n’est donc pas étonnant que de plus en plus de ‘jeunes’ entrent en addiction comme on entre en religion, que ce soit pour l’alcool, les drogues mais aussi les jeux vidéos, les ‘réseaux sociaux virtuels’ (qui, eux, peuvent parfois véhiculer d’autres valeurs que les réseaux sociaux ‘réels’) mais aussi l’isolement par le travail comme unique planche de salut, afin de ‘réussir aux examens’, comme on pourrait ‘réussir sa vie’.

La violence, que l’on qualifie géographiquement ‘d’urbaine’, inquiète, surtout lors d’émeutes mais la société retombe vite dans sa léthargie et les ‘jeunes’ sont alors tentés de retourner cette violence contre eux-mêmes, entre bandes de ‘jeunes’ par exemple mais aussi contre les ‘institutions’ qui représentent ce monde violent qui les agresse : les ‘casseurs’, ce dit en passant, sont parfois aussi des adultes ‘intégrés’, qui travaillent et ont fondé une famille mais qui refusent en leur for intérieur d’intégrer cette société et encore moins de la cautionner. La croissance du taux de suicide chez les ‘jeunes’ n’interroge d’ailleurs plus grand monde, sauf quand il devient collectif.

Ces ‘fuites’ ne sont pas des fuites de la réalité ou même de leurs responsabilités, dont on entend maintenant paradoxalement qu’ils souhaitent prendre leur part, afin d’être enfin intégrés dans la société. Ils le sont déjà. Car de fait, ils font partie de la société mais pas celle du ‘travail’, telle que défini actuellement.

Et force est de constater qu’au vu des valeurs véhiculées par nos sociétés ‘occidentales’ (consumérisme, individualisme, compétition à outrance, …), il serait très surprenant d’être surpris que les ‘jeunes’ veuillent adhérer à cette société d’intégration par le travail où les actifs actuels se bâtent pour justement … en sortir au plus vite et non pas plus tard !

Au vu de tout cela, on doit donc constater que si réforme ‘systémique’ il doit y avoir, c’est bien d’une réforme ‘systémique’ du travail et au travers de lui, de la société.

Et qu’il ne sert à rien de rejouer, encore et encore, cette pièce qui tourne depuis des décennies, juste pour qu’elle puisse tourner encore.

Que cela pose effectivement la question de la responsabilité, celle que les ‘jeunes’ veulent revendiquer (du moins une partie, la mieux ‘intégrée’) et celles des autres acteurs.

Car au vu de la crise en cours, dont on prévoyait depuis plusieurs mois qu’elle ne pourrait pas continuer de continuer, on s’aperçoit finalement que le capitalisme, sur lequel ce type de société est fondé, continue non seulement de se perpétuer mais aussi parfois de se régénérer. A moins qu’un évènement ‘indépendant de notre volonté’ comme on dit à la télé ne vienne mettre fin, à tout instant, à un système qui fera tout pour perdurer.

Car les causes ne manquent pas, entre les défaillances de banques, de pays, les dettes publiques et privées, il reste un ‘espoir’, pour peu que nous soyons patients, pour voir le système s’effondrer demain, ou le jour d’après, ou un autre jour, tel un bidendum énorme dont la peau serait tellement tendue par son propre poids qu’une simple égratignure suffirait à le faire s’effondrer.

Pour autant, outre le fait que cela commence à faire long en termes d’attente, nous resterons toujours dépendants ‘d’évènements indépendants de notre volonté’ et qu’en République et en démocratie, cela signifie ne pas être libre.

Reste alors le recours aux traditions républicaines, pour modifier le cours des choses et redevenir maître de notre histoire.

La première d’entre elles est l’insurrection. Historiquement, en France du moins, elle reste une de ses caractéristiques les plus partagées et les plus acceptées socialement car nous sommes aussi un peuple de la révolution. C’est un dernier recours mais un recours régulièrement utilisé par le peuple pour parvenir à transformer la société. Nonobstant les conséquences qu’une telle tradition ne manquerait pas de faire naître, il semble peu probable que cette tradition soit actuellement choisie, tant par le peuple que par les représentants du peuple, quels qu’ils soient, pour différentes raisons. D’abord parce que l’on ne ressent que confusément actuellement la nécessité d’une réforme globale et non pas seulement des retraites. Ensuite, parce que les représentants (syndicats de salariés, de ‘jeunes’, patronat, élus, …) font preuve d’une belle ‘responsabilité’, quant à sauver ce système. Ce qui ne signifie pas non plus que cette tradition ne soit pas utilisée, à un moment donné, pour une raison particulière et inconnue, mais là encore pour des ‘raisons indépendantes de notre volonté’ (collective).

La seconde est la tradition républicaine par excellence, à savoir que le citoyen participe à sa propre émancipation en participant à l’élaboration, par des processus démocratiques institutionnels ou directs, d’un projet de société alternatif. Ce fut le cas, par exemple, avec le CNR (Conseil National de la Résistance), qui regroupa toutes les tendances de la société française (hors la droite de la Révolution Nationale) pour proposer un projet de société sur lequel notre société a jusqu’à maintenant vécu, bien que de moins en moins ces 30 dernières années. Cette tradition nécessite l’exercice du pouvoir démocratique par le peuple, y compris en dehors de l’expression régulière des choix démocratiques par le vote car la démocratie (et à fortiori la République) ne peut se résumer à l’exercice tous les 5 ans par exemple de la participation aux élections des représentants, représentants politiques (mais aussi syndicaux, de ‘jeunes’, …) dont tout concourt actuellement à ce qu’ils ‘conservent’ le même système.

Cet exercice est difficile. Il est même parfois périlleux. Et il est exigeant.

Pour autant, si l’on ne souhaite pas rester esclave ou ne pas être dominé, soit par les évènements, soit par sa propre colère, elle reste la seule voie démocratique et républicaine possible, dans l’attente par exemple des prochaines élections présidentielles et législatives. Mais cet exercice doit néanmoins être fait maintenant. Car ces futures élections se préparent d’ors et déjà, la réforme des retraites étant une préfiguration de cette préparation. D’abord parce que de nombreux partis politiques choisiront, l’année prochaine, leur candidats puis leurs programmes politiques et que pour peser sur ceux-ci, il est donc nécessaire d’exercer ce ‘pouvoir’ bien en amont de ces élections. Ensuite parce qu’en cas ‘d’évènements indépendants de notre volonté’, les citoyens auront ainsi un projet alternatif auquel ils pourront se référer en cas de besoin et (probablement) d’urgence.

De quel pouvoir suis-je donc en train de parler ?

Du seul, dans ce type de tradition, que la démocratie me reconnaît formellement, la seule légitimité incontestable : mon vote.

Mon vote, en toute objectivité, ne vaut rien, ou quasiment. Car je suis un seul citoyen.

Pourtant, si, à ce vote solitaire, j’agrège plusieurs autres votes, son ‘statut social’ devient plus important et sa ‘valeur’ augmente.

Pour paraphraser Paul Jorion, le ‘prix démocratique’ de mon vote augmente.

Maintenant, imaginons non pas plusieurs milliers mais plusieurs dizaines de milliers, centaines de milliers de votes, que croyez-vous que feront les partis politiques ?

Ils commenceront à écouter ce à quoi ils ne donnaient jusqu’alors que peu de ‘crédit’. Car ils le devront.

Tout simplement parce qu’en tant que citoyen, j’affirme que mon vote à un ‘prix démocratique’ et que celui-ci n’est pas nul. Et que ce vote n’ira non pas ‘au plus offrant’, contrairement à la fumeuse ‘loi’ de l’offre et de la demande (a fortiori, en politique) mais bien à celle ou à celui dont le programme politique correspondra le plus à mes exigences.

Dans le cas contraire, en l’absence d’un ‘quorum minimal’ quant à la correspondance entre mes exigences (mon ‘prix démocratique’) et les propositions des partis politiques, j’affirme mon absence de domination en ne votant pas ou en votant blanc.

J’ai maintenant suffisamment pu déconstruire mes expériences électorales pour pouvoir agir ainsi. Et que s’il advient alors une majorité d’abstentionnistes ou de votes blancs, ou même un ou une aventurière qui adviendrait au pouvoir pour enchainer la République, j’ai confiance : nous nous en sommes toujours collectivement sortis. Nous nous en sortirons donc, avec ou sans représentants dignes de confiance.

Et s’il faut revoter, alors nous revoterons.

Toute la difficulté provient en fait de pouvoir agréger un nombre suffisant de votes pour que le ‘prix démocratique’ de ceux-ci devienne ainsi important aux yeux de nos futurs représentants.

C’est pourquoi ce blog est important.

Car il permet aux citoyens en premier lieu de se saisir des informations pertinentes pour expliquer et comprendre leurs réalités et les causalités, qui leur permettent ensuite de définir ce qui pourrait relever de propositions politiques (et non politiciennes), qui permettront de réaliser cette réforme radicale de notre société.

L’interdiction des paris sur les fluctuations des prix en est une, à mon sens.

Si l’on veut donner du poids à cette proposition, alors il faut que chaque citoyen, en capacité de voter, déclare publiquement : ‘oui, je soutiens cette proposition et tout parti politique qui la proposera dans son programme pourra obtenir mon vote’. Et au bout du bout, quand on aura aligné l’ensemble des déclarations de tous les citoyens sur cette proposition, le ‘prix démocratique’ s’en sera élevé d’une manière considérable. Il deviendra alors envisageable … de l’envisager politiquement.

Certes, il ne faut pas être dupe : certains partis politiques peuvent promettre et ne pas réaliser. Je suis cependant confiant qu’une mesure du type de l’interdiction des paris ne sera intégrable que par une partie des partis politiques, son efficacité restreignant fortement son attractivité pour les autres dont le fond de commerce politique peut être à l’envers de cette proposition.

De même, certaines propositions devraient faciliter l’effectivité d’une application de ces mesures si les partis politiques devaient les intégrer, ne serait-ce par exemple que par la proposition d’un référendum d’initiative réellement populaire et la révocation possible des représentants élus.

J’ai évoqué tout à l’heure la responsabilité (et l’éthique qui va avec) des représentants de la société actuelle : syndicats, ‘jeunes’, partis politiques, …

Mais je n’ai pas parlé de notre responsabilité, celle de chaque citoyen.

Car il est par trop facile de se contenter de décrier contre nos ‘zélites’ et nos représentants, que nous avons pourtant élu, sans que nous ne nous accusions pas non plus d’irresponsabilité.

Il relève à chacun de définir le ‘prix démocratique’ de son vote, qui n’est jamais nul. Et collectivement, par ce blog par exemple, d’identifier les propositions qui permettraient de transformer notre réalité et de les soumettre à nos futurs représentants, avec un ‘prix démocratique’ dès lors croissant.

Car il est évident que nous sommes ‘en responsabilités’, en lieu et place de nos enfants, ces ‘jeunes’ qui ne peuvent pas (encore) participer démocratiquement à l’élaboration d’une future société que les ‘conservatismes’ divers leur refusent actuellement, tant qu’ils seront ‘mineurs’.

Ainsi, il n’y a et il n’y aura que nous et nous seuls pour faire ce que doit, nos ainés ayant par ailleurs très majoritairement ‘choisi’ de soutenir un voie qui nous mène droit dans le mur, pendant que nos ‘jeunes’ deviennent ‘responsables’.

Ces propositions peuvent se résumer à environ une dizaine, pour plus de clarté, à mon sens.

Chaque citoyen restera néanmoins libre, in fine, de voter ‘en conscience’ (en son for intérieur, où l’équité, selon Aristote, devient alors plus forte et plus pertinente que la justice, comme une ‘plus grande’ justice en quelque sorte), selon ce que les partis politiques auront ou non proposé.

Pour ma part, je pense que mon ‘prix démocratique’ est celui-ci, sans qu’il soit définitif :

– interdiction des paris sur les fluctuations des prix,
– interdiction de toute transaction avec des paradis fiscaux,
– mandat représentatif, quel qu’il soit (politique, syndical, associatif, …) unique et renouvelable une fois,
– référendum d’initiative populaire et révocation sous conditions des représentants élus,
– réforme de la fiscalité devant permettre de financer un revenu citoyen à vie (complété lors de la retraite par des revenus différés),
– droit à faire reconnaître toute compétence ou connaissance cognitive comme compétence professionnelle,
– définition de la propriété commune (res communis) et d’un droit qui en relèverait,
– monnaie internationale de type ‘bancor’.

Voici mon ‘prix’.

Quel est le vôtre ?

Quel sera le nôtre ?

P. S. : je suis conscient que le terme de ‘conservateur’ pour les syndicats de salariés est intolérable, surtout pour ceux qui ont ‘réfléchi’ et proposé des sources et des modes de financements alternatifs concernant les retraites, surtout pour ceux qui subissent déjà les coups redoublés du chômage. Je précise donc le sens du mot ‘conservateur’: « Celui, celle qui conserve. Le prince est le conservateur des biens et de la liberté de ses sujets. Cette mère a été soigneuse, vigilante, conservatrice du bien de ses enfants. »

En ce sens, le ‘conservateur’ a aussi un rôle positif puisqu’il préserve, protège. Pour autant, cette conservation peut aussi s’apparenter à la défense d’un ordre social établi, au détriment donc de certains acteurs et parfois de ceux-là même qui souhaitent protéger ‘l’ordre’ contre d’éventuels ‘désordres’ (préserver le système par répartition contre l’introduction totale ou partielle d’un système par capitalisation par exemple, selon les opposants à la réforme du gouvernement), en figeant un système social par nature ouvert et en ne lui permettant pas d’évoluer.

De même, parler de ‘prix’ pour un vote évoque forcément la concussion alors que dans mon propos, il n’est question en fait que de statut social du vote : le rapport de force entre celui qui émet un vote et celui qui souhaite le ‘recevoir’, de la même manière qu’il existe un rapport de force entre le producteur et son acheteur, basé sur les statuts sociaux réciproques.

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178 réflexions sur « LE ‘PRIX DEMOCRATIQUE’ DE MON VOTE, par zébu »

  1. Et que s’il advient alors une majorité d’abstentionnistes ou de votes blancs, ou même un ou une aventurière qui adviendrait au pouvoir pour enchainer la République, j’ai confiance : nous nous en sommes toujours collectivement sortis. Nous nous en sortirons donc, avec ou sans représentants dignes de confiance.”
    Confiance ? Alors que le fichage électronique, les lois liberticides, les mille et une manières de pratiquer l’intox et de fausser les votes dessinent les nouvelles camisoles destinées à prévenir tout sursaut de notre part ? Alors que les comportements de plus en plus ouvertement mafieux et la remise en selle de l’extrême droite font pressentir l’issue que préparent certaines de nos zélites à l’impasse si bien concoctée ?
    Je suis en train de relire “Le monde d’hier” de Stefan Zweig et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec ces refus obstinés de voir en face ce qui se déroulait pourtant de façon à peine voilée lors des années 30 et d’en mesurer la gravité.
    Coup de calgon momentané ? Peut-être…
    Mais intégrons-nous bien à quel point est fragile, et déjà largement factice, la part de fonctionnements sociaux sur lesquels nous comptons nous appuyer ?
    Et nous formons-nous vraiment une idée de l’accroissement de tension lié à la raréfaction relative de ressources clés (eau, énergie, terres arables…) qui transparait de plus en plus dans les relations internationales ?

    1. “Coup de calgon momentané ?”
      Je le crains.
      Il vous faut revenir bien plus loin en arrière. Quand la religion et la royauté, millénaires, s’opposèrent à ce que le peuple revendique ses droits.
      Quand le pays fut occupé par l’ennemi, l’armée écrasée et défaite, le sauveur proclamant la Révolution nationale pour absoudre les péchés de la République.
      Imaginez, en comparaison, le poids de l’oppression.
      Et pourtant …

  2. Bonjour,

    Dans un premier temps, confortons l’analyse de Zébu concernant le spectacle qu’il nous a été donné de voir, par quelques éléments de contexte:

    Le lieu de la discussion: Un plateau de France Télévision, dont on se souvient que sa direction est depuis peu nommée par le chef de l’État en personne, au nom de la transparence. Cela permet de situer au moins approximativement, le degré de liberté du présentateur.

    Les protagonistes: Syndicalistes et politiques.

    Des syndicats ouvriers tout d’abord: A la louche, 1.5 millions d’adhérents à eux-deux, sur, toujours à la louche, une population totale d’environ 25 millions d’actifs. Représentativité par conséquent inexistante – la chose était déjà sue, mais il n’est pas inutile de le remettre en évidence.

    Un syndicat patronal : Revendique la représentation de 750 000 entreprises , ce qui ne dit en fait rien du nombre d’adhérents, qui est nécessairement inférieur ou égal à celui-ci. Qui plus est, on peut se poser la question, notamment par les temps qui courent, de savoir si un dirigeant d’entreprise a quoi que ce soit à voir avec son personnel – notamment au MEDEF. Plutôt que la représentation des entreprises elles mêmes, il faudrait évoquer la représentation de ses dirigeants donc.

    Un syndicat lycéen : Sous la jeunesse personnifiée en une jeune fille, se cachait en fait rien moins que la trésorière de l’UNL. On ne résiste pas à l’espièglerie de préciser qu’il s’agit là du premier syndicat lycéen de France avec pas moins de 6000 adhérents, pour une population lycéenne totale d’environ 2 millions (lycées pros inclus). On n’aura pas le mauvais goût d’évoquer une quelconque représentativité pour ce cas, l’humour à ses limites. On ne doute pas en revanche que Mlle Charton est dors-et-déjà promise à un brillant avenir institutionnel…

    Je ne m’attarde pas sur les différentes cautions politiques à cette sortie de conflit totalement scénarisée, tartes à la crème ou, pour filer la métaphore pâtissière, cerises sur un gâteau que ni les uns ni les autres ne sont manifestement disposés à partager autrement qu’entre eux.

    Pour ce qui est de mon prix personnel, peu de choses à modifier à celui évoquer par Zébu, sauf deux, l’une à ajouter, l’autre à discuter – ou du moins à expliquer.

    1- Plafonnement des revenus: On ne le dira jamais assez, l’un des prérequis du Taylorisme/Fordisme était une échelle de salaires bornée – de mémoire pas de ratio supérieur à 1-40 – car il est bien évident que pour pouvoir traiter de la répartition des richesses, il faut commencer par lui fixer des limites.

    On parlera plutôt ici de revenus et non seulement de salaires, même si pour le coup il s’agisse a priori d’un doublon avec l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Le ratio quant à lui est laissé – pour ma part – à l’appréciation des techniciens (un ratio de 1 pour 1 ne me dérangerait pas outre mesure, c’est vous dire combien mon avis n’est pas objectif).

    2- De la nécessité du bancor et de ses limites: Je ne suis personnellement pas convaincu par le bienfondé d’une monnaie internationale, et ce pour au moins deux raisons non-techniques:

    – L’excellent Murphy nous apprend que “si quelque chose peut mal tourner, alors la chose finira infailliblement par mal tourner”. Or, en première approximation, il semble plus aisé de faire dérailler un train unique que cinquante différents – même si je conçois bien la limite de l’argument, que de toute façon dans un système multi-monétaire, chacune dépend des autres, le problème est donc sensiblement le même, à cette nuance près peut-être, que l’écheveau soit un peu plus complexe à dénouer dans la configuration multi-monétaire.

    – Que nous enseigne la monnaie unique européenne, si ce n’est qu’elle ne pacifie pas tant qu’on veut bien le dire les relations de ceux qui l’utilisent (ce qui était tout de même, comme pour le bancor me semble-t-il, sa prétention première)? L’Allemagne ne produit-elle pas, pour défendre ses propres intérêts nationaux, une formidable pression sur les autres nations européennes, et ce précisément au nom de la sacro-sainte stabilité monétaire?

    Enfin, je ne me satisfais pas, ou du moins je ne me satisfais plus de cette absence d’alternative citoyenne: Soit le vote pour et toute la légitimité qui en résulte, soit le vote blanc et l’abstention qui, par le jeu des institutions, sont ramenés à une stricte équivalence statistique alors que les deux démarches sont politiquement de natures tout à fait distinctes à mon sens. Et encore le vote blanc/abstention serait-il interprété honnêtement dans les sphères médiatico-politiques, mais pas du tout. Ils ne font jamais l’objet que d’analyses politico-politiciennes, pour ne pas dire strictement politicardes. Le degré 0 d’une juste appréciation de l’opinion publique (au sens noble).

    1. syndiquez vous ?
      -et n’oubliez pas d’en informer votre patron, le fisc, donc l’état, donc la police etc
      je vous rappelle que la promotion au mérite nécessite une certaine réserve syndicale
      – de plus chaque salarié cotise déjà au Medef alors.

    2. Merci pour les précisions statistiques Dissonance. Et pour ton ‘prix’. Sauf que le bancor n’a rien à voir avec l’euro.
      “Enfin, je ne me satisfais pas, ou du moins je ne me satisfais plus de cette absence d’alternative citoyenne: Soit le vote pour et toute la légitimité qui en résulte, soit le vote blanc et l’abstention” : exactement.

    3. je manifeste …
      cependant je ne suis adhérente à rien, ni parti politique, ni syndicat, ni …
      je boycote la réduction fiscale, …
      je n’adhère qu’à ceux qui en font fi, et je dois dire qu’ils sont bien rares, et delà je pense qu’on est pas sortis de l’auberge
      les syndicats de haute finance et du MEDEF , les dons de la grandes bourgeoisies et des clubs d’usuriers….
      sont tellement bien-heureux de toutes ces réductions fiscales
      cependant que le simple non-imposables cotisent à taux plein, donnent à taux plein ….

    4. @zebulon

      syndiquez vous ?

      Inutile, puisque le syndicalisme se trouve dans la même impasse que la démocratie: Les instances dirigeantes n’ont plus qu’un lien tout à fait théorique avec leurs bases, et par ailleurs ces bases semblent totalement paralysées pour bouger ces lignes.

      Comment comprendre par exemple que Cherek soit encore à la tête de son organisation, alors que sa collusion avec le patronat est connue?

      @zebu

      Sauf que le bancor n’a rien à voir avec l’euro.

      Un peu court non?

    5. @ Dissonance :
      De retour. Oui, donc la monnaie unique, là, l’euro et le bancor et tout ça.
      Ban oui dah, rien à voir. A ma gauche, l’euro, monnaie unique de multiples pays européens.
      A ma droite, le bancor, monnaie de compensation, basée sur les différentiels de balances commerciales.
      Dans un cas, l’Allemagne (par exemple) par parfaitement utiliser l’euro( ce qu’elle ne manque pas de faire) pour faire porter à ses petits copains le poids de ses excédents commerciaux, avec une monnaie forte. A l’inverse, avec un bancor ‘européen’, l’Allemagne aurait mal aux fesses, étant donné que le bancor corrige et les déficits mais aussi les excédents de balances commerciales, aec des pénalités financières et surtout des incitations à ‘échanger’ ses excédents de bancor en investissant en interne ou en dévaluant son ‘mark’ (le bancor ne supprimerait pas les monnaies ‘locales’).
      Pas grand chose donc à voir entre les deux monnaies.
      Du moins, c’est ce que j’en ai compris.
      Cordialement.

  3. J’écris dans « L’argent, mode d’emploi » (Fayard 2009) : L’argent est la seule marchandise dont la valeur d’usage est la valeur d’échange. Alors qu’une marchandise a en général un usage distinct de celui d’être simplement échangée (les chaussures qu’on peut échanger mais qu’on peut aussi porter aux pieds), le seul usage de l’argent est d’être échangé. Bien sûr, l’échange est un processus « discret » = discontinu : entre deux échanges, il n’est pas échangé. C’est cette discontinuité de l’échange qui fait que l’argent constitue une « réserve de valeur » entre deux échanges.

    1. oui, bien sûr!
      Mais il me semble que la “discontinuité” que vous pointez justement prend des formes tout à fait extrêmes et “ingérables” pour l’économie, quand la thésaurisation implique une discontinuité telle qu’il faut considérer qu’une proportion importante (90% de la monnaie liquide émise!) ne circule plus et est thésaurisée. La meilleure illustration en est l’usage spéculatif de la monnaie que vous cherchez à juste titre voir limité en “interdisant les paris sur les fluctuations des prix”. Ces fortes et très fortes fluctuations des prix sur les marchés spéculatifs cesseraient immédiatement dès que la fonction “réserve de valeur”, à ne pas dénier en dernière analyse, je vous le concède, se trouverait comporter le risque qui convient, à savoir que la détention liquide coûte exactement autant qu’elle peut rapporter, afin de la “neutraliser”. Si on ne le fait pas, comme actuellement, le détenteur de liquidités se retrouvera toujours en position de seigneur quels que soient les correctifs et régulations qui porteraient sur d’autres points.

    2. il est des non usage qui sont des usages. la monnaie comme stockage de travail,
      en plus de l’usage comptage/échange.
      le qualifier de “discontinuité” me semble de fait abusif. “discrétion” pourquoi pas?
      et quelque soit son niveau de virtualité, la monnaie a un coût, ne serait ce que
      comme discipline. ce n’est pas qu’un signe. et sa valeur ne peut être fixe.
      et si c’est une marchandise, le metier d’en vendre doit etre le plus rentable de tous,
      puisqu’il ponctionne à la source…
      j’attends noel pour m’offrir mon prochain livre d’économie…les classiques étant disponibles
      en bibliotheque municipale…je butinerais certainement du coté du “prix”,
      dont les approches m’ont étonné. du moins les échantillons que j’ai pu glané.

      pour en revenir au pretexte de cette page.
      exercer la souveraineté du vote démocratique? sans sortir de l’ue et de l’europe? comment??!!
      sans même faire respecter la volonté des réferendums passés?
      une autre europe? comment??!!
      souvent il a été dit ici qu’entre jefferson et hamilton, le débat était clos depuis longtemps.
      il mériterait d’être rouvert, pour édification.

    3. Certes, “l’argent est la seule marchandise dont la valeur d’usage est la valeur d’échange” mais l’argent est aussi la seule marchandise qui n’a pas besoin d’exister pour que certains croient en son existence.
      Cela ne vous rappelle rien ?

    4. à Sylla:
      le jour où vous comprendrez la distinction entre thésaurisation et éparne, nous en rparlons!
      Ceci dit, je crains fort que la plupart des livres d’économie édités par les universitaires ne pourront que vous embrouiller l’esprit. Ils sont nuls!
      Lisez le livre de Paul Jorion: “L’argent, mode d’emploi”, et vous saurez beaucoup plus que que la plupart de ceux osent encore s’appeller économistes !
      Ou alors, lisez: Helmut Creutz, “Le syndrome de la monnaie” traduction française parue aux éditions “Economica” en décembre 2008.
      Je peux aussi vous recommander Silvio Gesell, “l’ordre économique naturel” – je peux vous envoyer, gratis et à mes frais, un exemplaire, difficile à trouver par ailleurs, ce serait mon cadeau de Noël !

      Envoyez-moi un mail: johannes.finckh@wanadoo.fr

  4. @Zebu,

    Vos dix points me semblent une bonne base de départ pour mon vote.
    Je ferais bien monter les enchères au point de vue écologie aussi.
    Fin du système education dual français (fusion grandes ecoles universités), introduction de la selection dans les universités.
    Lourdes pénalités aux municipalités qui ne respecteraient pas les critères de logements sociaux (ratio fixé en fonction des taux de pauvreté).
    Et bien sur “le Port d’Amsterdam” obligatoire en primaire.

    1. Merci pour la précision. Peu s’y sont essayé. Ok pour tourner et danser mais je veux des frites.
      Sinon, pourquoi la sélection en université ?

    2. @arnaud

      Fin du système education dual français (fusion grandes ecoles universités), introduction de la selection dans les universités.

      Je ne comprends pas le sens – ou la cohérence – de ces propositions: La disparition du modèle “grandes écoles” correspond à une mesure anti-élitiste tandis que la sélection dans les université plaide pour l’inverse.

    3. Zebu, Dissonance, notre système d’éducation supérieure pratique la sélection “sans le dire” en la camouflant par le système “grandes” écoles – université. L’université ne pratiquant pas la sélection elle permet de faire baisser le chômage, ce faisant elle endosse un dysfonctionnement du capitalisme.
      La multiplication des structures liées à ce système le rend inefficace et propice au mandarinat.
      Je crois aussi sincèrement que ce système est inutilement conservateur en terme de mobilité sociale.

    4. @arnaud

      Vous n’avez pas du lire Jorion dernièrement: Il a récemment décrit le capitalisme en tant qu’une dysfonction de l’économie. Aussi voir dans le modèle éducatif la dysfonction d’une dysfonction me paraît un peu étrange.

      Par ailleurs votre analyse s’inscrit dans la logique du plan de Condorcet, qui n’avait de pertinence que pris dans son ensemble, c’est à dire en prenant en compte tout le pan concernant l’éducation politique des jeunes adultes, qui fut méthodiquement étouffée par la faiblesse institutionnelle face aux logiques partisanes. Ces logiques étant toujours d’actualité, la solution ainsi envisagée reste toujours amputée de l’une de ses parties indispensables.

      On peut également considérer la contradiction de principe entre l’égalité que prône la république et sa complaisance face à ces inégalités de moyens que conforte le système éducatif de Condorcet, et proposer une alternative qui tende au contraire à les réduire.

    5. @ Dissonance,
      Merci d’avoir replacé ma remarque dans une perspective historique que je ne soupçonnais pas au sujet de Condorcet. (je devrais bloguer moins et lire plus)
      J’ai lu Jorion dernièrement et la dysfonction de l’economie ne m’avait pas échapée.

  5. @Zébu: J’ai bien aimé ton texte, très bon. Il n’y a sans doute aucune autre alternative à la voie d’action que tu proposes. Néanmoins, il y a un problème. Le nombre de gens qui pensent comme sur ce blog sont finalement assez minoritaires et c’est bien pour ça que les politiques peuvent continuer leur petit jeu. Aujourd’hui, fallait voir la jubilation de la plupart de mes collègues français parce que le mouvement de grève faiblit. C’est des pauvres types, pressés comme des citrons, même pas cadres sup, mais ils ont un bon salaire alors je ne sais par quel phénomène étrange ils se sentent proches des riches. Cela m’est totalement incompréhensible, c’est même absurde mais en général c’est pourtant moi qui passe pour un saugrenu. Le nombre de lobotomisés est impressionnant je trouve. Ou alors quelque chose m’échappe et c’est nous qui sommes à côté de la plaque. Des fois je doute.

    1. “Stultorum infinitus est numerus”, disaient les Anciens (le nombre des imbéciles est infini).

      À mon avis il y aurait un Prix Nobel d’économie à gagner pour celui qui étudierait le rôle de la bêtise dans l’histoire de capitalisme.

      À moins que la bêtise ne soit plus un mystère métaphysique qu’une donnée psycho-sociologico-économique… (ça c’est pour Vigneron 😉 )

    2. C’est le syndrome du cadre moyen, il se prend pour un cador jusqu’à ce qu’on lui explique qu’il est trop vieux, trop cher et pas vraiment essentiel au fonctionnement de l’entreprise …. En même temps c’est un principe de base de management… laissez croire…

    3. Même réponse que pour Jean-Yves.
      Je me confronte aux mêmes problèmes, parfois (mon environnement est quand même moins hostile).
      J’ose un postulat : nous sommes minoritaires parce que nous n’avons pas conscience que nous pouvons être majoritaires. Et qu’en fait, nous le sommes.

    4. @zebulon: tout à fait. Le complexe du contre-maître. Mais si je leur dis ça, je me fais lyncher. 🙂

      @Zébu: j’aimerais avoir ton optimisme. Certes je ne fréquente quasiment que des (petits) bourgeois mais je crois sincèrement qu’ils sont majoritaires. Ils me font penser à ces types frustrés qui battent leurs enfants en rentrant à la maison. Eh ben eux, ils se soulagent sur les chômeurs et les fonctionnaires. Et s’ils sont minoritaires, c’est pas de beaucoup et puis ce sont eux qui font tourner la boutique capitaliste. Même chez les ouvriers, j’ai pu constater cette mentalité.
      C’est pour ça qu’ils sauvent les banques, ils flippent à mort que ces petits bourgeois se mettent en colère parce que c’est eux le moteur du système. Comment les atteindre? Pas encore trouvé. Je crois qu’il n’y a que leur portefeuille qui leur ferait mal.

    5. pas si évident que le mouvement est faibli, je ne suis pas pro dans le comptage de manif, mais à marseille, il y avait toujours vraiment beaucoup, beaucoup de monde …
      peut-être le cotège de la CFDT a un peu fondu, mais il n’était non plus si gigantissime
      celui de la FSU, malgré les vacances des enseignants a augmenté de celui de mardi dernier, avec la présence non seulement des lycéens mais des étudiants qui commencent à peine à manifester leur existence …
      Les politiques commencent seulement vraiment à s’intéresser, on va dire qu’il est temps, mais cela peut faire, il suffirait de quelques harangues, ….

    6. @Pablo

      Bernard Stiegler parle de bêtise systémique liée au capitalisme à longueur d’ouvrages (indigestescertains), plus exactement liée aux “industries culturelles” qui ont accaparé nos nouveaux supports de mémoire.
      A ce sujet un Bloc noT récent de JF Kahn contenait une belle once de vrai : il tentait d’expliquer l’inanité du discours (de Besancenot je crois) par analogie avec l’audition impossible aujourd’hui des compositeurs de musique “contemporaine” , les Prokofiev ou Stravinsky d’aujourd’hui.

      Il pointait la “désadaptation” de nos systèmes d’audition/réception d’auditeur contemporain et des systèmes d’émission des musiciens contemporains d’aujourd’hui. C’était pour lui une relative première qu’une société occidentale nie sa propre production musicale “savante”, après des siècles où elle vivait dans une relative symbiose, ne tardant pas trop à pénétrer les couches (bourgeoises ?)
      Cette désadaptation correspond d’assez près aux concepts de prolétarisation, de baisse de l’Esprit, etc. que décrit Stiegler.

      J’en parle ici, Zébu, parce que les biais qui écartent de l’adoption d’un plan qui semble marqué de bon sens comme le vôtre (<pesons politiquement et rationnellement-comme-des-masses), ces biais donc, ont pour déterminant l’abrutissement par la société de consommation & de spectacle , dont on ne voit pas bien comment sortir “par le haut” dans l’après télé-réalité.
      Nous soldons plein-pot sous saint Berlu et consorts l’aspect toxique de nos inventions/supports techniques de mémoire (hypomnemata) , avant d’en “adopter” de nouveaux usages (et non de nous forcer à nous y adapter).
      Je pense donc dans la foulée que la démarche proposée n’aura de sens qu’en mouvement; elle n’est pas reproductible et engendrera son empoisonnement progressif (les partis sauront quoi dire pour satisfaire le pourcentage darwinien de votants-responsables-rassemblés qui les maintiendra en vie juste à la limite de la toxicité totale)

    7. Super texte zébu : clair et digeste.

      J’ose un autre postulat : vous êtes minoritaires parce que vous confondez le but et le chemin. Vos propositions sont excellentes. Mais qu’elles doivent être prises en main par un parti va à l’encontre de vos convictions, et à l’encontre de la société “à la Aristote”.

      Qu’elles soient mises sur le devant de la scène, que s’instaure un grand débat auquel participerait toute la société, là oui, il y aura la chance de voir les consciences se réveiller : mais je suppose que c’est l’objectif poursuivi.

      Il ne s’agit pas de bêtise mais d’enrôlement, “engagez-vous qu’y disaient !”. Combien ont succombé à cet appel. Mais combien également sont revenus des guerres en se disant, après avoir touché l’horreur : “ce qu’y faut être con pour aller tuer un semblable et/ou se faire massacrer !” La société (nous quoi, les adultes responsables !) ferait mieux de parler vrai à ses enfants plutôt que de leur transmettre ses croyances dont elle sait au fond qu’elles ne valent pas un cachou.

      “Quelle vérité ?
      Le fait que tu es un esclave Néo. Comme tous les autres tu es né enchaîné. Le monde est une prison où il n’y a ni espoir ni saveur ni odeur, une prison pour ton esprit. Et il faut que tu saches que malheureusement, si tu veux découvrir ce qu’est la matrice, tu devras l’explorer toi-même. C’est là ta dernière chance. Tu ne pourras plus faire marche arrière. Choisis la pilule bleue et tout s’arrête, après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge, tu restes au pays des merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre.”
      (Matrix)

    8. Les participants de ce blog ont en commun de croire qu’ils sont plus instruits des choses de l’économie, et non des “choses de la vie”, que le commun des mortels.
      C’est probablement vrai.
      Mais qu’en faisons nous ?
      Cette connaissance, ou cette recherche de la connaissance a-t-elle un emploi ou est-elle vaine ?

    9. @ Moi, Timiota et Fab :
      Vous avez sans doute raison. La société du spectacle de Debord, à son apogée.
      Mais il me semble (chose complètement non prouvable rationnellement mis bien plutôt intuitivement) que les murs commencent à se lézarder.
      Exemple 1 : TF1.
      Exemple 2 : les manifs sur les retraites. On pourrait appeler ça le ‘mystère de la chambre jaune’. Pas de ‘messages’ transmis mais par la pratique (retour à la pratique de la manifestation collective comme réapprentissage d’une expression collective), on se ‘souvient’ des luttes passées. ‘On’ n’avait, de fait, pas connu ça depuis 1995 (pour les salariés, pour les lycéens, la grande date étant le CPE en 2006 et les manifs étudiantes contre Devaquet et Malik Oussékine).
      Sarkozy n’a pas chanté victoire aujourd’hui, sans doute pour ne pas insulter l’avenir mais aussi parce qu’il pressent quelque chose de plus profond : les gens en ont marre. De tout.
      Et ils commencent à ouvrir les yeux. A fermer les oreilles aux sirènes néo-libérales qui leur pompaient le cerveau. Et à entendre une autre musique.
      Car entre ce que disent ‘en live’ certains et ce qu’ils disent ou pensent en ‘off’, il y a parfois un grand décalage.
      Encore faut-il leur donner la possibilité de rendre légitime ce qu’ils n’osent pas encore exprimer. Cela prend du temps.

    1. les taxes à la consommation, entre la TVA, les TIPP, et co …
      d’accord, d’accord, c’est la mode, et c’est aussi le dada du FMI, de l’Europe, des Banques, des Multinationnales et co …
      et moi et moi, je n’aime pas ce dada, je serais plus pour imposer en sorte d’une meilleure répartition des richesses ..
      je suis convaincue que ce serait beaucoup plus intéressant et pour la santé publique, et pour la sécurité publique, et même pour l’écologie …
      que cette foutaise de responsabiliser le patient, le parent, l’électeur, le citoyen, le consommateur,

  6. Comme vous le dites si bien cette réforme ne règle rien, ni le déficit ni autre chose
    car ce n’est pas son but. Il n’y a aucun problème d’endettement, il y a juste un problème de répartition. Les retraites coûtent trop cher aux entreprises.

    Il se trouve comme certains ont pu le remarquer que l’on applique les recettes du Medef ou de son think tank l’uimm. Si le Medef avait eu le pouvoir en 1945, il n’y aurait pas de problème de financement de retraite aujourd’hui. C’est juste une question de temps pour revenir à la normale.

    Où est le problème puisque l’on sait très bien que le seul système de retraite qui vaille le coup, c’est celui de la retraite chapeau. Qui est mise en oeuvre dans toutes les bonnes entreprises. (pour quelques kamikases triés sur le volet).

    Alors ne vous inquiétez plus vous pouvez voter Non sans craindre l’apocalypse. Vous pouvez faire la queue aux pompes à essence juste pour mettre 10 € et emmerdez le beau monde qui a les moyens de partir de en 4×4 en week end à l’autre bout de la France.

    N’ayez pas peur, mais méfiez vous de ceux qui gèrent vos affaires pour votre bien.

    L’absence de résultat économique , l’absence de maitrise budgétaire, l’échec de la zone euro et de l’union à 27 pour favoriser l’émergence d’une zone de prospérité.

    Il semblerait que la prospérité s’invite dans le 28 ème pays européen : la turquie ( pas de chance)

    L’échec est patent, il est cuisant et visible.

    Le reste n’est que littérature…

  7. @ Zébu
    À vous lire j’avais le sentiment de suivre l’émission.
    Elles se ressemblent tellement et j’en ai déjà vu !
    J’ai un jour entendu Lang dans les couloirs de l’Assemblée Nationale se plaindre de ce qu’à l’Assemblée c’était la langue de blois. Il est parti sur un fou rire. Moi aussi.
    Comme quoi il arrive parfois quelque chose mais dans les couloirs.
    Sinon la mise en scène du régime est au point. Debord plane…
    Ça me semble valable pour tous les régimes, il y a de l’étiquette, de la mise en scène.
    Récemment Juan Nessy disait des choses sérieuses sur les réunions. Pas d’objection ; mais ce qui m’a le plus étonné c’était son sérieux à les dire.
    De mes propres expériences j’ai souvent eu le sentiment du spectacle du guignol où les rôles sont caricaturés. Il y a aussi les débats où l’essentiel est arrangé avant le débat. Chacun sait où l’autre n’ira pas et réciproquement.
    J’aime bien le modèle de la scène de ménage où les acteurs savent avec un peu d’expérience la réplique à venir de l’autre, mais aucun n’arrive à sortir de la répétition.
    Ce qui m’importe n’est pas tant les contraintes de scène du show mais le consensus pour que ce qui s’y dit, soit de la conformité ambiante.
    Un Schwartzenberg qui posait une vraie question sur la drogue n’était pas supportable. Etc.
    Je lis comme d’hab des commentaires effarouchés sur la notion de propriété, privée, bien sûr. Comme quoi la privatisation du monde est encore insuffisante…
    Sur le jeu jeune/vieux, Friot avait pointé une remarque : dans mon souvenir la catégorisation de jeune travailleur était utilisée pour faire pression sur l’éventail des salaires, c’était mieux dit que ça, mais j’en ai retenu que jeune, vieux, retraité, n’étaient pas des catégories opérantes pour penser l’exploitation !
    Enfin sur « financer un revenu citoyen à vie » c’est déjà le cas avec toutes les formes d’assistance sociale qui existent. Il est des jeunes gens d’une vingtaine d’années en galère sociale reproduisant ce qu’ils ont vu de leurs propres parents sous perfusion économique depuis le même âge, où la notion de travail est devenue énigmatique, ce qui se repère à l’occasion lors de la mise au travail dès le CP, avec échec scolaire réglé, malgré tout le savoir faire des bonnes volontés enseignantes.
    La survie, ou la sous-vie, comment nommer ça ? ça ne fait pas partie de mes rêves mais plutôt de mes cauchemars.

    1. “jeune, vieux, retraité, n’étaient pas des catégories opérantes pour penser l’exploitation”.
      Exact. Car tous maintenant ne désirent qu’une chose : que le manège tourne, quitte à changer de place ou accepter plus/moins de monde. Et personne pour venir interroger le système du manège … de l’exploitation.
      Sur le revenu citoyen, non, quelque chose de très différent des allocations. Un droit à vie, sans ‘contre-partie’ ni contrôle. Rien à voir.

      Je suis par contre stupéfait par la résignation sur ce blog. Sans doute un contre-coup sur la réforme des retraites …
      Il va falloir prier pour que le capitalisme soit vraiment bon et commette tous les excès alors.

    2. .zébu 28 octobre 2010 à 23:55

      Sur le revenu citoyen, non, quelque chose de très différent des allocations. Un droit à vie, sans ‘contre-partie’ ni contrôle. Rien à voir

      Je suis au courant et posé comme droit à vie sans contre-partie. Aïe.
      Même plus une bavette à tailler avec l’A.S. de service, le psy de service, l’éduc de service, l’infirmière de service, l’élu de service etc.
      Pas de contre-partie ? un don gratuit ? je croyais que du coté des ethnologues, des anthropologues et des analystes, l’affaire était réglée.
      Y a vraiment que notre système pour imaginer des fadaises pareilles !
      Rien ne saurait être garanti à vie. Garanti par qui ? quoi ? L’état ? Et lui, il est garanti par quoi ? PSDJ va vous trouver un produit ? ça me rappelle la dernière phrase du seul film post soviétique sur la guerre d’Afghanistan où un type dit à la fin qu’il s’est battu pour un pays qui n’existe plus. Ça me rappelle aussi les dossiers en supplément du Monde en 90, sur la vingtaine d’empire qui avaient disparus.
      Vous auriez écrit « sans contre-partie, avouable, visible, analysée » ….

    3. Un revenu à vie, ce serait déjà le cas ???
      Vous sortez d’où ???
      (ou alors vous avez beaucoup d’imagination, une tendance certaine à croire au Père Noël …

    4. @zébu
      résignation : C’est (j’ai oublié de le dire plus haut) l’autre face du résultat suivant , une forme d’optimisme en réalité:
      Version 1 )
      75% des jeunes pensent qu’ils vont vivre dans une société + pourrie, moins sympa pour eux qu’elle ne l’a été pour leurs ainés, etc.
      MAIS 75% des jeunes pensent que eux s’en sortiront.

      Version 2) De la même façon, les riches du dernier pourcentile au US jugent aujourd’hui leur revenu moins satisfaisant qu’autrefois il y a25 ans, alors qu’il représente une bien plus grande fraction du revenu moyen (disons 11 fois au lieu de 8 au pifomètre) . Mais c’est encore l’effet d’un regard vers le haut : comme dans la queue de la distribution, dans le O,5 % supérieur, les gens sont pas mal plus riche que les 1% dans des proportions importantes, les gens à 1% voient une importante “marge de progression” qu’ils n’arrivent pas à “faire marcher”, avec comme résultat une frustration.

      Ce mot “résignation” pointe bien l’aspect psychologique/systémique/psychopouvoir;
      Mais même si nous avons une théorie de cela, saurions nous en faire usage plus d’une fois ?
      (essayons une fois, tiens, banane, … direz vous)

    5. “Un Schwartzenberg qui posait une vraie question sur la drogue n’était pas supportable.”

      Ce cher Léon n’était vraiment pas convenable ! il disait la vérité telle qu’en elle-même brut de décoffrage ! Sincère, si sincère ! ( on douterait presque maintenant qu’une telle personnalité ait pu exister )
      Il fut champion du monde de la durée de vie d’un ministre ! ( quelques heures )
      Il avait raison bien sûr !
      Nous l’aimions bien .

  8. Puisque nous en sommes à imaginer, nous pouvons imaginer que le blog de Paul Jorion propose, à tous les moyens de communication de caractéristiques appropiées, la signature d’un texte court et substantiel, facilement transmissible, destiné à être pris en compte par les particuliers de villes et villages de France, avec invitation de le travailler et adapter aux circonstances locales. (attention: “si tu fais quelque chose pour moi sans moi, tu le fais contre moi” Gandhi). L’objectif pourraît être de faire pression sur les partis tenant compte du programme du Conseil National de la Résistence, obtenir d’eux des engagements précis, politiques et économiques, les faire élire, puis commencer à prendre des dëcisions. Le mouvement ainsi créé pourraît être le débût d’une solution rampante, devant affronter beaucoup de circonstances ici exprimées, et qui vont s’égréner le long des temps qui viennent. Allez, le temps des illusions est terminé, postons le commentaire.

  9. – a° ) / Intéressante votre vision du vote. Il n’est pas difficile de savoir en quoi celle-ci sacrifie à l’époque,mais au final c’est assez convaincant. Nous ne sommes pas de valeur nulle. Point barre.

    Votre vision est convaincante parce que moi-même je suis pris par l’époque que je le veuille ou non et que j’y sacrifie aussi que cela me plaise ou pas. Disons qu’au delà des schémas mentaux contemporains qui ne donne d’existence qu’aux choses qui ont un prix, on peut imaginer subvertir l’époque par la bande en redonnant au symbolique la place qu’il n’aurait jamais du quitter complètement avant que le capitaliste n’arrive sur la scène de l’histoire.

    C’est à dire il n’y a pas si longtemps que ça. Une poussière d’humanité falsifiée au regard du règne du symbolique pendant des centaines de milliers d’années. La monnaie c’est du symbolique rabattu sur lui même : un néant que l’on s’arrache.

    A nous de redonner un prix symbolique aux choses à l’inverse de la réification du monde qui dévalue l’étant pour saisir l’ombre. Partout où nous saurons remettre du symbolique chassé par la monnaie, nous éventerons le monétaire par la certitude sinon d’une juste humanité du moins d’un poids certain.

    Du Pétrole avec 1 millions de morts civils Irakiens ou une recherche scientifique coproduite qui œuvre à la découverte de nouvelles énergies ?

    Donner du poids à son vote c’est en redonner à soi et à l’humanité de l’humain.
    Pas sûr que certains y gagnent au change. Ni Les capitalistes, ni les insensés, ni les assassins.

    b°) / Je remarque au début de votre démonstration que vous sacrifiez cependant trop à l’époque même si diplomatiquement vous avez le soin de préciser en fin d’article précisément vos vues pour que l’on ne se fâche pas trop vite contre vous ce qui serait effectivement dommage tant vos textes font penser comme par après coup.

    Le capitaliste est conservateur de sa puissance. Il sait pour que celle-ci aille toujours dans son sens et lui revienne au premier chef , il doit toujours taper dans la fourmilière pour déstabiliser ses adversaires afin que ceux-ci ne trouve jamais aucun levier véritable pour se hisser au dessus de lui. Il désoriente autrui en gardant le cap et la maîtrise des évènements. Les invasions américaines de l’Afghanistan et de l’ Irak au mépris des conventions internationales, des beaux discours ” US ” à l’eau de rose, etc… en sont de bons exemples. On frappe fort pour conserver le contrôle. Une fois renforcé on écrase l’adversaire ou les adversaires pour servir ses propres intérêts quitte à tuer l’héritage symbolique d’une nation – la sienne – pour arriver à ses fins. Pas sûr que les USA sur ce coup là arrive aux leurs. La coupe est pleine et il va falloir la boire jusqu’à la lie.

    Pour revenir au delà de cette digression entre ” conservation ” et ” changement “, je trouve regrettable que vous colportiez tout en vous défendant de le faire le fameux story telling néolibéral qui voudrait que la réaction aujourd’hui encore soit du côté des populations, du
    ” peuple ” et la transformation magistrale du côté des capitalistes.

    Imaginer que forcer les gens à acheter les assurances retraites par capitalisation MEDERICK de M.Guillaume Sarkozy soit une preuve conséquente d’une transformation échevelée de la cité laisse considérablement à désirer. Vous en conviendrez aisément.

    C°) / Votre point de vue en début d’article aussi manque un coche bien que par moment vous y fassiez bien allusion au fil de votre démonstration :

    Il n’ y avait pas 4 ordres en début de l’émission de ” mot croisés ” . Il n’y en avait qu’ un seul :
    le dispositif médiatique spectaculaire qui tient dans ses rais toutes les nuances du conflit de classe avec comme poker menteur en bout de course : le vrai jeune & faux rebelle avec parousie finale.

    Les “médias ” ne sont pas la cerise sur le gâteau, ils sont le gâteau. Ils ne sont pas ” hors champs ” ils sont LE champ :

    Le point d’entrée du monétaire et le point de sortie du symbolique.

    Les téléspectateurs, ces éternels retardataires du dispositif de représentation, ces invisibles à qui l’on fait croire que l’on a dressé la table pour eux et que l’on finit par oublier toujours, sont la pièce rapportée superfétatoire et une fausse adresse de destination. Le médium est le message et la concierge est dans l’escalier.

    Il conviendrait de redistribuer l’aune de la réalité médiatique en général et de l’émission ” mots croisés ” en particulier selon ce prix au final pas cher payé. Un mirage éhonté qui fait fis de la
    ” réalité réelle ” pour n’en retenir que les immanences plates.

    M. Chérèque, M.Thibaut,Madame Parisot, et le ministre obséquieux étaient moins des acteurs vivants que des imageries d’Epinal et les masques du grand véhicule :

    Le dispositif médiatique lui-même qui retaille la réalité à l’image du maître de peur que le réel ne se saisisse de lui même. Comme par enchantement. Il est regrettable que certaines personnes apparaissent encore dans des émissions de télé-réalité où la falsification est entière et où se commet toujours le ridicule de la famille recomposée.

    Ne plus regarder la télé c’est sans doute réapprendre à voir. Le quatrième pouvoir est une concentration des trois autres. Sans séparation de corps. Chewing gum pour les yeux, et travestissement hilare de l’immédiateté.

    Sortons les mouchoirs, papa maman tonton et tata et le petit sont revenus. Merci M.Calvi.
    ” Plus belle la vie ”

    – Alors monsieur Xavier Matthieu, vous la regrettez votre violence contre les objets ou vous ne la regrettez pas ? Vous défendiez 268 familles licenciées ? ça n’existe pas. Mais tout le monde regarde.

    1. à H., et aux autres,

      Au sujet de ce qui fait civilisation :
      du brut de fonderie, en provenance directe du peuple, qui pansant, pense parfois :
      à ne pas dédaigner :
      conseil d’écoute : émission de Mermet ce jour, 29 octobre , là-bas si j’y suis …
      il faut écouter les grévistes hospitaliers entre les lignes ….
      ce qu’on fait de la Santé, en la privatisant ( alors qu’un système mixte convenait fort bien ) …
      un mot d’une infirmère psy.est notamment à retenir : ” on voit une société à ce qu’elle décide de faire de ses “fous” …( de mémoire, mais c’est l’idée ) =) ce n’est pas la fin de l’Histoire, bien sûr ! gardons nos signaux d’alerte affutés ….La bête se déguise pour être plus sexy, mais elle est toujours là, puisqu’elle est dans l’humain : voilà pourquoi il ne faut pas s’endormir, baisser la garde, s’ennivrer de ses propres discours : tout reste à re-construire tout le temps …
      [ pourquoi l’UE est-elle un machin kafkaien ? parce que les peuples n’y ont pas été conviés = perte du réel, et ivresse d’intelligences dévoyées…]
      Rien ne se fait les uns sans les autres .
      Le désir effréné de gigantisme, pour toute chose, de système industriel glacé et “efficace”, et
      terriblement déshumanisant – tout cela, uniquement, pour que quelques uns amassent le plus possible, ne l’oublions pas – doit nous faire signe ( au sens symbolique le plus fort ) …

    2. Belle et bonne analyse.

      Il n’y a effectivement qu’un ordre : l’ordolibéralisme et les acteurs sur scène qui jouent la pièce.

      Je reconnais aussi l’origine du ‘malaise’, non pas en ce que je sacrifie trop au story telling néolibéral concernant qui est conservateur et qui est réformateur. J’en suis conscient. Le malaise provient d’ailleurs : c’est qu’aucun acteur n’en ait soit conscience soit cure soit carrément pour certains jouent la partition attribuée.
      Jusqu’à maintenant, je n’avais constaté une telle acceptation de la part des ‘opposants’ quant à ce rôle imposé.
      A fortiori les ‘jeunes’.
      Que les syndicats le fassent, ce ne serait pas la première fois. Mais les ‘jeunes’, qui ont su justement jusque là repousser ce rôle attribué, notamment pendant le CPE, là, je suis inquiet …
      Faut-il donc que le chômage de masse ait tant d’effet, à se demander si ce n’est pas un objectif en soit.
      Cordialement.

  10. “…A ce moment là, je me dis que nous atteignons tout simplement le summum de l’art théâtral consommé. Et que nous sortons de la tragédie (économique et sociale) pour entrer dans la (grosse) farce. Car dans le couple de ‘salarié’, l’un des deux fait la tronche, quand il s’aperçoit que finalement les (grosses) colères véhémentes de son conjoint débouchent finalement sur une main tendue, après des mois de ‘on ne cèdera pas’ et du ‘tous ensemble’, à l’ennemi de la minute passée.”

    La main tendue s’explique peut être par ce lien:
    http://www.lepost.fr/article/2009/11/18/1797151_affaire-de-l-iumm-4syndicats-perquisitiones.html

    A-t-on assisté en direct au renvoi d’ascenseur de la fluidité sociale ?

    Au cours de l’année 2007 je me suis rendu dans une agence Assedic pour déposer
    un document. J’attendais mon tour et regardais autour de moi et de voir plusieurs affiches
    en couleur de 1m x 0,70 m placardée en plein milieu des bureaux Assedic et intitulées:
    “Lutte contre la fraude aux déclarations Assedic”
    Cette affiche était signée de Denis Gautier-Sauvagnac. Président de l’organisme paritaire
    Unedic et de l’IUMMM.

    De là à penser que la paix sociale vaut bien une main tendue et que ce jeu d’acteurs est
    peut être fluidifié par intermittence par des fonds ….

    1. Ah ! Les maîtres de forge et le comité des forges… Les descendants et rapportés sont toujours là.
      Les Schneider, de Wendel (>Ernest-Antoine Seillière…), Frerejean, Holzer, alliés à leurs alter-ego du textile, cht’is ou autres(Wallaert, Dewavrin, Mulliez, Scrive, Boussac, Thiriez-Cartier Bresson- les bobines de fil TCB et DMC…).

      Comme disait Reiser, originaire de Longwy à propos des “Hommes du fer”: « Vive les sidérurgistes lorrains, durs, fiers et exploités jusqu’au trognon ! »
      Z’ont fait plein de petits, toujours présents, avec la bénédiction de l’UIMM – pardon du MEDEF ! , et des syndicats ouvriers, CGT en tête.

      C’est beau la famille…

    2. Je pense effectivement qu’il est temps que le ‘paritarisme’ et la ‘cogestion’ de la ‘démocratie sociale’ prenne fin. Vite. Et que le citoyen redevienne acteur de ce qui le concerne : combien le budget de la sécu, combien celui de l’état français ?
      Et sans aucun contrôle, ni contre-pouvoir.
      Je vais me faire des ennemis mais bon …

    3. @zébu

      Quant t’auras le temps, jette un œil sur ce (gros, 352 pages) rapport de 2009 du CONSEIL DES PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES présidé alors par Seguin, premier président de la CdC.

      Le sujet en était LE PATRIMOINE DES MÉNAGES et les prélèvements sur ceux-ci. Exhaustif, précis. Une mine.

      L’intro :

      “Pour la première fois depuis la transformation, en 2005, du conseil
      des impôts en conseil des prélèvements obligatoires (CPO), le président
      de la commission des finances de l’Assemblée nationale a saisi ce dernier
      d’une demande d’étude, comme l’article L. 351-3 du code des juridictions
      financières lui en donne désormais la possibilité.
      L’objet de l’étude
      Cette demande était définie dans les termes suivants :
      • Retracer les évolutions sur une dizaine d’années des montants et
      de la composition des patrimoines des ménages ;
      • Recenser, sur la même période, les modifications législatives
      concernant la fiscalité du patrimoine et leurs effets sur les
      recettes fiscales, sur la part, dans l’ensemble des prélèvements
      obligatoires, des prélèvements sur le patrimoine, ainsi que les
      effets financiers, économiques et sociaux, y compris les
      éventuelles réallocations d’actifs ;
      • Présenter une comparaison des règles fiscales applicables au
      patrimoine dans les principaux pays européens et aux États-Unis.
      Il n’était pas explicitement demandé au conseil de soumettre des
      propositions de modifications législatives….”

      Tu connaissais ? Pas fait beaucoup de bruit le bazar…

    4. @Vigneron :
      Merci, c’est vrai que je manque de temps en ce moment mais je me le mets sous le coude, le jour où.
      J’ai failli écrire ‘parasitisme’ en lieu et place de ‘paritarisme’.
      C’est la faute à Paul Jorion, avec ses articles sur la psychanalyse …

  11. Du courage Mesdames et Messieurs les sénateurs. Réformez en profondeur pour une réforme juste comme le dit le gouvernement. Profitez en pour aligner le régime spéciaux des fonctionnaires. Ceux de 1955 sont déjà partis en retraite avec 75% de leurs salaires alors que ceux du régime général nés à partir de juillet 1951 se voit augmenter progressivement de 4 mois et ceux ayant travaillé à 18 ans feront 44ans, l’inégalité se creuse. Et qui d’autre que l’économie privée paie réellement la facture?

    1. Alignons tous les régimes sur celui des représentants nationaux, et encore mieux européens, élus du peuple…

  12. bonjour!

    @johannes finkch :
    17:13 “Mon propos est subtile
    J’ai simplement pointé que le capital est générateur de rente, la rente du capital justement”,
    yes, sir! mais sous quelle légitimité cette rente serait la seule? la propriété intellectuelle, fruit de
    la transmission d’une collectivité et du travail d’un individu genère bien une rente, pour peu qu’elle
    soit “marchandisable”.

    “Par contre, vous devriez apprendre à distinguer soigneusement épargne en banque et thésaurisation (en liquide sous le matelas)”
    ou entre vrai valeur et fausse valeur. et ce terme de thésaurisation, statique et stérile de connotations, versus le dynamique
    et fertile épargne…on dirait un slogan bancaire^^
    “En effet, pour le retour de la monnaie dans le circuit économique via le crédit, il est nécessaire que la banque propose un
    intérêt à l’épargnant/investisseur.”
    Quand on parle du loup…j’ai la faiblesse de croire qu’un individu correctement informé est parfaitement à même de gérer lui
    même ce “matelas”. investir dans l’économie réelle est une façon de développer son capital avisée, ces fameuses indispensables
    banques qui donnent du peps à votre épargne, pardonnez moi la comédie, le font elles si bien? des bons du trésor US à taux
    négatif (-0,55% je crois me souvenir) ont réussi à être vendus…coté européen, la recapitalisation des banques pour
    essuyer les trous, s’annonce colossal : 50% du PIB d’ici 2013. les retraites font figurent de bonbon, au singulier.
    “Cette situation génère un déséquilibre en faveur de l’épargnant qui peut refuser de prêter s’il n’obtient pas le rendement
    souhaité pour son avance.”
    eh oui, le rapport de négociation est rarement en faveur du demandeur, sauf manipulation ou violence.
    “Cette situation est très différente des autres « situations de marché ».”
    En fait il faudrait dénoncer à bruxelles cet exhorbitant privilège des banques, pour cause de concurrence déloyale.
    J’ai connu un fournisseur qui refusait de fournir, sans raisons fournir même. Les spéculations sur ses motivations
    restent des hypothèses. Ce qui est sûr, c’est que le commerçant s’est trouvé coincé, car la tréso n’est pas tout le
    temps à l’équilibre…et bien sûr des clients (gros) de la banque se sont proposé de racheter la boîte, en bon
    samaritain. Certes sur le dernier paragraphe, j’ai qq peu joué de votre texte, mais je considère cela de bonne guerre,
    vu le paragraphe qui suit
    “des sommes conséquentes dorment dans les Bas de laine (c’est actuellement le cas pour 90% de la monnaie liquide émise par
    les banques centrales)”
    après le matelas, la chaussette…et pas du bas de soie! de mémoire la totalité de la monnaie fiduciaire, du moins je crois
    que c’est le nom donné aux imprimés échangés, représentent 5% de la masse monétaire. pourquoi leurs chercher querelles?
    “C’est pourquoi je propose de rendre la détention de capital monétaire aussi « risquée » que l’investissement productif,
    pas plus, mais pas moins”.
    “Evidemment, pour me suivre dans mon raisonnement, il faut comprendre un tout petit peu ce qu’est la monnaie”
    “Je récuse clairement, je dénie à la monnaie, au signe monétaire circulant, la fonction « réserve de valeur » lui permettant
    de se retirer plus ou moins longtemps de l’usage pour lequel ce signe monétaire avait été émis par les banques centrales.
    Je sais aussi que la définition actuelle de la monnaie veut maintenir à la monnaie cette capacité de conserver la valeur,
    au détriment de sa circulation véritablement efficace.”
    en toute bonne logique, vous proposez de reconstruire la définition de la monnaie…et qualifiez votre approche de
    “permettant la compréhension” de votre propos subtile sur le matelas et les chaussettes. (du coup à 22h53
    “à Sylla:
    le jour où vous comprendrez la distinction entre thésaurisation et éparne, nous en rparlons!”.
    je pense avoir saisi [votre] distinction. désolé, j’ai un très mauvais sens de l’orientation, et je met du temps à lire
    les panneaux 🙂 )
    “Mais si on ne sépare pas, enfin, l’efficacité circulante de la monnaie de l’accumulation de richesses sous d’autres
    formes on n’avancera pas.”
    le sujet est délicat effectivement, à la fois garant de la liberté individuelle et de la prospèrité collective, et si
    l’une ou l’autre dépasse un certain poids, elle finira par ne garantir que…cacahuetes…pas même elle même.
    ceci dit, c’est pas loin d’être une impasse, puisque la vraie valeur sera perçue comme étant la capacité d’achat( le
    circulant, pour parler plomberie) : le stockage se reportera sur la valeur d’échange, qui redeviendra aussi valeur
    de stockage. j’ai l’impression que c’est vouloir séparer pile de face…à part l’inflation, et la pauvreté, les
    contraintes que peut mettre en oeuvre le politique (on parle de démocratie, n’est ce pas?) sont très limitées.
    La magie du crédit, banques centrales en tête, est une forme dérivé d’inflation, encore pire quand les crédits
    sont adossés à des actifs surévalués, notamment pour cause de trop de crédits. pendant ce mois de manif, les taux
    d’interêt sont montés, coût : environ 15 millions supplémentaires/jour. on a de la chance, ils sont relativement bas,
    pour l’instant…
    “Si vous prenez la peine de tenir compte de certaines subtilités du débat et si vous cessez
    de jeter l’enfant (l’économie de de marché) avec l’eau du bain sale (capitaliste), un débat fructueux reste possible.”
    …je ne trouve pas d’exemple d’économie qui ne soit pas de marché…en fait…vous en connaissez?
    certes on peut chercher le point de croissance et de redistribution optimal eu égard au desiderata du souverain.
    c’est d’ailleurs ce qui se passe. il perd pas le nord le capital. 2 freres d’attali et de sarkozy attendent de pouvoir
    proposer leurs produits d’assurances retraite, mandatés par leur boîte (sûrement choisis à l’aune de la compétence)…
    comme je vous sens aussi de bonne volonté, et que je cherche à comprendre certaines choses, oui, j’espère (cela ne me
    concernait pas directement) que ce débat (le blog) sera fructueux. pessimiste ou optimiste, mais de l’enthousiasme!!
    et de la joie de vivre que diable!
    quant à votre offre, faites donc le geste jusqu’au bout : syl.fr
    je n’ai de mon coté pas de pdf à distribuer…à oui merci, il est disponible gratuitement sur internet, inutile de vous
    déranger donc. je connaissais ceci en revanche, de loin, bien sûr. http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_franche
    après relecture…

    “Ceci dit, je crains fort que la plupart des livres d’économie édités par les universitaires ne pourront que vous embrouiller
    l’esprit. Ils sont nuls!Lisez le livre de Paul Jorion: « L’argent, mode d’emploi », et vous saurez beaucoup plus que que la
    plupart de ceux osent encore s’appeller économistes !”.
    vous allez finir par me prendre pour un goujat, mais, non, merci.
    au sens courant, le nomoç est entendu comme valeur ou loi, par les grecs, qui vraisemblablement reprenaient un vieux terme
    administratif égyptien, le nome, qui désigne la frontière entre l’autorité des hommes et celle des forces de la nature.
    ainsi l’entendaient les grecs.
    les économistes se faisaient appeler “libéraux” au 19ème, et pensaient à l’abolition des frontières (déjà…).
    dans son vieux sens de garant des frontieres entre l’homme et le chaos incompris, le terme “économiste”, reprend son sens et
    sa fonction rituelle de protection…magique.
    pour ajouter à la valse des masques qui caractérisait ces époques de bouillonnement intellectuel, l’économie, comme il
    l’est souvent rappelé dans ce blog, est issue de la philosophie, et ne l’a quittée que quand l’église fut boutée (temporai-
    rement…) hors des champs de pouvoir. de philosophie morale et politique, un des couronnement des hautes études autrefois,
    elle s’est appelée science morale et politique…là on en est à “micro”, “macro”, “monétaire”, “de marché”, voire “solidaire”,
    et caetera. si par les économistes, vous entendez ceux qui vivent de leur statut, comme d’une rente, ressassant les yeux
    fermés des discours vieux de 200 ans et comptant sur l’optimisme (ou le pessimisme) naif du troupeau, d’accord, mais refuser
    de lire les classiques cités par le livre que l’on cite et propose est acrobatique sur un plan rhétorique.
    ce n’est pas parce que certains ont la conviction facile, que tous l’ont…

  13. à zébu

    à 23:27

    “Toutes les critiques sont recevables.”

    je crains fort que non…
    “En retour, souffrez que je vous fasse la liste de vos propositions (du moins, de ce que j’en perçois) :
    – corde,
    – couteau,
    – gaz,
    – électrocution,
    – revolver,
    – guerre nucléaire,
    – épidémie.
    Si j’étais vous, je choisirais ‘guerre nucléaire’, car au moins vous auriez le loisir de ne pas partir seul.”

    en voilà un bel exemple. c’est critique en effet. proche de la souffrance.

    cela fait bientot un an que je visite ce site. si vous ne goûtez pas le développement, contentez vous de
    l’introduction du post que vous “critiquez”, puisque je n’ai pas de conclusions. et à votre liste de violences
    gratuites il manque la case “toutes options”. et le poison pour lequel tout est affaire de dosage.

    la seule proposition de valable est celle du maître de céans, si elle a l’influence qu’il indique.
    et si elle a cette influence, le citoyen devra apprendre à se passer de capital qq temps, si elle est appliquée,
    car cet état de fait ne tombe pas du ciel, il est le fruit d’intenses lobbyings. personnellement çà ne me fait pas
    peur, mais tous n’ont pas ce loisir. encore faudrait il que le politique pris en otage ait les manettes dans les
    mains.

    le droit, français, européen, est bloqué à l’omc entre autre par une alliance eu et us sur le sujet.
    le droit européen est dirigé par le conseil qui propose, et la commission qui dispose. le pouvoir de chaque
    représentant au conseil (élus) est contraint par celui des autres. du consensus émerge…barosso, et van rompuy.

    c’est pourquoi, je me permets bien sûr ce ton léger sur les questions des lois qu’il serait super de faire
    passer, et inlassablement, puisque c’est la seule question de fond que j’ai réellement posée

    “quand bien même les deux chambres et l’exécutif seraient bourrés à craquer de pro-zébu, prêt à investir
    et capitaliser sur sa valeur démocratique (quel champ lexical malheureux, n’est ce pas?), par quel miracle,
    un gouvernement appliquerait-il de telles lois? ^^ “.

    les conditions de réalisations sont fondamentales, au même titre que la philosophie morale et politique.
    comment exiger d’un élu ce qu’il ne peut réaliser? sauf à aimer se payer de promesses?
    J’admets quand même que le contexte géopolitique était et reste très favorable à des changements radicaux.

    une réponse simple était : “en payant les amendes affèrentes”, ou “en convaincant le conseil, la commission, et le
    parlement, et les préteurs d’argent à l’état”. Je n’ai plus l’imagination débordante de mes vingts ans…
    avez vous d’autres réponses? si oui, alors révons sans scrupules. sinon, çà ressemblera aux “économistes
    anonymes” ce blog. ou alors lâcher vous vraiment dans les utopies. c’est vous même qui rappeliez le pathétique de
    ce “jeune” sur le plateau de mots croisés(jambes croisées et mains croisées aussi pour ce que je connais de ce
    programme de divertissement), à vouloir renter dans le rang! l’imagination au pouvoir, ce sont les médias, y compris
    internet ou le telephone. pour citer quelqu’intervenant de ce blog, H je crois 03:08, le message est aussi le média.
    (pardon à ce sympatique poteau du ballon oval, mais les scrupules me viennent quand je ne considère la salle de
    théâtre que comme un divertissement social. si le résultat est souvent malheureux, les buts tranchent très nettement
    par rapport à cette production).enfin, ce n’est qu’un avis provincial de ma part.

    j’espère que mon ton ne vous choque pas. j’ai beaucoup de mal à écrire au format minute des
    commentaires. j’imagine que c’est le lot des nouveaux venus…et que je vais m’habituer à ces forums, car celui ci,
    je le trouve très agréable malgrè qq réserves. manière de faire monter sa cote ^^
    cordialement.

    1. “les conditions de réalisations sont fondamentales, au même titre que la philosophie morale et politique”
      Bin voyons …
      C’est certain.
      Avec des gens comme vous, je crains ne n’aurions jamais pu avoir juin 36, par exemple .
      Ou le programme du CNR (entre autres).
      Et j’en passe.
      Parce que c’est certain, en ces temps là, je vous vois bien avec votre commentaire, haranguant les foules : analysons, camarades, “les conditions de réalisations”, car elles sont “fondamentales”.
      Je le répète : si vous partez du principe que ce sont “les conditions de réalisations” qui doivent formater non seulement l’action mais aussi la pensée, vous avez suffisamment de quoi en déduire qu’effectivement, au vu “des conditions de réalisations”, … il n’y plus rien à faire. ni même à penser. A fortiori si vous parlez droit (je veux dire du droit).
      D’où ma liste de propositions, fort opportune, pour tous. Etant donné “les conditions de réalisations”.

      Vous êtes nouveau ici, ça se voit.
      Va falloir s’adapter, mais vous verrez, c’est comme le vélo.

  14. Vraiment je suis epoustouflé de voir la longeur et l’intérèt que sucite l’article de Zebu , j’avoue avoir un peu de mal à suivre mais je m’accroche et ceci malgré ma disponibilite ( Retraité c’est pas facile , pourvu que ça doure encore un peu mais j’ai bien peur que non )
    Mon activité principal consiste à m’informer grace a vous touset a me fabriquer égoistement un parachutte au cas ou . Je remerci au passage le blog de Mr Paul .

  15. Je vais réagir à chaud, et je lirai attentivement les commentaires après.

    “statut social du vote : le rapport de force entre celui qui émet un vote et celui qui souhaite le ‘recevoir’, de la même manière qu’il existe un rapport de force entre le producteur et son acheteur, basé sur les statuts sociaux réciproques.”

    Statut social = rapport de force, donc.

    Je trouve intéressant de faire le lien, même en le nommant “statut (social)” ou tout ce que vous voudrez, entre le fait de participer à la vie publique et d’échanger une valeur marchande.

    Ce qui revient à mettre (et non remettre) de la “démocratie dans l’entreprise” (selon les termes actuels) depuis la prise de conscience du “statut” asocial de l’entreprise, et même carrément psychotique lorsque l’on le compare à une “personne morale”, totalement amorale, donc.

    Comme vous le sentez dans ma première remarque, je ne considère pas l’échange, comme un rapport de force. Je n’y arrive toujours pas, et je pense que je n’y arriverai jamais.

    Parce que je prends en compte dans l’échange l’intégralité de ce qui le produit. Son “environnement”. Le temps précis où il s’effectue, ce qui le précède et ce qui devrait théoriquement lui survivre, les composants qu’il fait intervenir, comme dans une réaction chimique… en gros. Mais spontané, comme on qualifierait de “‘naturelle” une réaction chimique. Et peut même être d’une certain manière “prévisible”..

    … il y a beaucoup à dire là, sur le manque de naturel des relations humaines et du “statut social” des transactions qui s’effectuent entre êtres vivants à ce jour.

    La réciprocité, serait l’équivalent d’une réaction chimique réversible.

    Comme le vote n’est pour les grecs qu’un moyen de “choisir” tel expert pour effectuer telle tâche, considérant le tirage au sort préférable pour l’attribution de tel rôle considérant tous les citoyens comme égaux et capables de raison, je n’aime pas non plus la notion de rapport de force dans cet “échange” là.

    C’est d’ailleurs ce qui me fait ne pas voter ou voter blanc
    (cela dit, c’est d’ailleurs vraiment incroyable, il est quasiment impossible pour l’instant de faire enregistrer un vote blanc sachant qu’il n’existe aucun bulletin blanc au bon format dans les bureaux de vote, et que la moindre rature, coup de crayon et même pliure? le fait considérer nul..; j’espère que tout le monde le sait).

    J’ai horreur des rapports forcés. Je me prends souvent pour une plante, ou une abeille, une vague ou parfois comme un coup de tonnerre, et considérer mon acte de vivre comme aussi évident qu’indispensable. J’exige de me sentir en harmonie avec ce qui m’entoure.

    Donc le “statut” social d’un vote ou d’un échange marchand, devrait être quelquechose de fluide.. d’intellectuellement reposant.

    Ce qui n’est évidemment pas rendu possible au travers de tous ces dispositifs mis en place pour protéger ceci ou cela… avec des bouts de papier moisis dans des archives et maintenant des secteurs de disque durs. Un peu comme s’il fallait se protéger de la vie
    (pour se protéger de la mort, évidemment.. comme si c’était possible).

    Non. Tout remettre en question, ce n’est pas considérer les évènements comme des choses enregistrables, avec statut et emboîtement et empilement interminables.. qui de toute façon seront détournés.

    Mais faire de nous autre chose que des statues sociales pour pouvoir interagir, et surtout ne plus considérer la violence comme la base de nos “échanges”, quels qu’ils soient.

  16. En lisant votre article, il m’est venu cette idée que je jette comme une bouteille dans la mer :
    Il faudrait faire un cahier de doléances sur le net. Les gens souffrent alors pourquoi ne pas leur permettre d’exprimer leur souffrance, dans les termes qu’ils veulent…on ne demanderait qu’un prénom, l’âge et la commune de résidence…il faudrait se donner un à deux ans le temps d’en faire la publicité, réunir suffisamment de doléances et pouvoir les organiser de façon cohérente et puis l’envoyer à toutes les instances, notamment au médiateur de la république.

    1. @ L’albatros :
      Ceci dit, votre idée me paraît non seulement nécessaire, surtout en ce moment, suite à la fin des mobilisations (à priori) sur les retraites, afin de permettre l’expression de ce qui n’y était pas dit mais aussi réalisable.
      Petite proposition.
      Une petit site internet hébergé à pas cher avec capacité de stockage de plusieurs Go (sinon, pour des cahiers de doléances, cela va vite être saturé), mettre en place une page html de saisie de données avec quelques caractéristiques (nom, prénom, ville, département, région, email) et une limitation en nombre de caractères/pages.
      Pour laisser une doléance, la personne doit s’engager moralement à :
      – diffuser auprès de son carnet d’adresse
      – accepter d’être tiré au sort, par zone géographique, pour participer à la synthèse, jusqu’au niveau national.
      Les conclusions seront retransmises aux partis politiques.
      Mieux. D’autres personnes seraient tirés au sort pour réaliser l’élaboration des proposition sur la base des rendus des cahiers de doléances.
      Propositions sur lesquelles les participants aux cahiers de doléances pourraient s’engager avec un ‘prix démocratiques’ (vote pour le ‘meilleur’ parti).
      Mais bon, chauds les marrons …

  17. Un tel cahier de doléance n’est pas envisageable.

    Il est largement possible mais bien trop justement. Internet et l’informatique permettent le stockage et l’interprétation des données de manière non seulement définitive, mais exploitables à l’infini. Les données sensibles ne doivent pas être accessibles. Les gens ne doivent surtout pas utiliser le réseau de cette manière. Nous passons notre temps à le dire, surtout aux sites de pétitions.

    Parce que le réseau lui-même est un cahier de doléances à lui tout seul.
    Chaque site, page perso, blog est une manière de faire circuler l’info sur tel ou tel problème, qui concerne telle ou telle minorité – chaque république étant un ensemble complexe de minorités. Et le fait de ne pas donner de renseignement personnels, impliquant qu’aucun individu particulier n’est responsable de telle ou telle initiative, de ne pas avoir d’organisation hiérarchique est la clé de voûte du processus démocratique qui a lieu sur la toile.

    C’est pourquoi ils tentent de la contrôler. Même s’ils n’y arriveront jamais. Et justement parce que c’est impossible, il est vital de savoir ce que signifie la “,neutralité” du Net et les luttes menées contre les directives comme ACTA, ou Data retention, etc… depuis le Patrioct Act, au travers de la “propriété intellectuelle” qui regroupe les marques déposées, les brevets, les droits d’auteurs pour mieux nous enfumer. La Loppsi et Hadopi chez nous en particulier.

    Une idée de cette lutte permanente depuis plus de 10ans : EFF & Co, un site parmi beaucoup d’autres…

  18. bonjour!

    à zébu

    “Avec des gens comme vous, je crains ne n’aurions jamais pu avoir juin 36,
    par exemple .Ou le programme du CNR (entre autres).
    Et j’en passe.
    Parce que c’est certain, en ces temps là, je vous vois bien avec votre
    commentaire, haranguant les foules : analysons, camarades, « les conditions
    de réalisations », car elles sont « fondamentales ».”

    concernant un peuple, ou des peuples souverain(s), ce qui était le cas de 36,
    et ce qui était le premier but du CNR, qui a conçu un projet applicable vue
    les forces en présence. le mur tombé, la distribution des forces changea.

    j’ai bien compris que les détails pratiques étaient la peste pour certains
    intervenants plus ou moins troupoïdes. pourtant, dans la réalité, chacun
    prend quotidiennement en compte les leviers de l’action à sa portée,
    immédiate et plus lointaine, en vue d’agir. çà n’a rien de pervers et
    n’empêche pas l’utopie. pour résumer, se coltiner le réel est
    nécessaire à notre condition humaine.

    je souligne (libre à vous d’appeler cela une harangue) cette question,
    car je me demande si l’europe est à proprement parler bien démocratique…
    ce qui rendrais votre question sur la volonté du citoyen saugrenue.
    et je la souligne, non pas pour enfoncer le clou dans les consciences
    malheureuses des foules, mais bien parce qu’ayant quelques idées,
    pratiques, justement.

    “Je le répète : si vous partez du principe que ce sont « les conditions de
    réalisations » qui doivent formater non seulement l’action mais aussi la
    pensée, vous avez suffisamment de quoi en déduire qu’effectivement, au vu
    « des conditions de réalisations », … il n’y plus rien à faire. ni même à
    penser. A fortiori si vous parlez droit (je veux dire du droit).”

    non pas en droit, ni dans le droit. de quel droit parlez vous?
    à ma connaissance, le droit des peuples à disposer d’eux mêmes est
    reconnu et même fondamental en droit : international, français, et
    d’une certaine façon, européen. encore faudrait il savoir comment
    le faire jouer, ce levier là.
    pour le formatage, je crois me rappeller, que ce sont nos représentations
    de la réalité qui nous enferme…la réalité est juste…là.

    plus dans la suite de votre courrier invité, je pense qu’il y a déjà trop
    de propositions, çà commence à ressembler à un programme. quel parti
    négociera aussi largement? si l’election concerne l’international, une ou deux
    propositions pour l’international, ce serait déjà pas mal. si le jeu prend,
    pourquoi pas un peu plus? il y à des elections importantes regulièrement.

    “Vous êtes nouveau ici, ça se voit.
    Va falloir s’adapter, mais vous verrez, c’est comme le vélo.”
    quant à mon adaptation, qui vivra verra…tant que la sélection “naturelle”
    ne me fauche pas…^^

    veuillez pardonnez au novice que je suis de tant d’entêtement.

    cordialement

  19. Puisque que la question d’un revenu maximum a été abordé dans les commentaires à plusieurs reprises par certains, peut être que le lien suivant pourra alimenter cette question. A noter la présence de Patrick Viveret qui avait écrit un rapport il y a quelques années concernant les indicateurs de richesse tels que le PIB.

    Faut-il instaurer un revenu maximum ?
    http://www.franceculture.com/emission-du-grain-a-moudre-faut-il-instaurer-un-revenu-maximum-2010-11-25.html

    Reconsidérer la richesse : rapport final de la mission “nouveaux facteurs de richesse”
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/024000191/index.shtml

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