L’actualité de la crise : LES MOYENS DU BORD, par François Leclerc

Billet invité

L’injonction de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, à propos de la nécessaire recapitalisation des banques européennes, continue de susciter de violents remous, et les meilleurs esprits sont invités à expliquer tous azimuts que c’est hors de propos.

La palme revient incontestablement à Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), qui fait référence aux stress tests écartant l’exposition à la dette souveraine pour justifier que les banques françaises n’ont aucun besoin d’être recapitalisées, tentant de faire porter le chapeau aux services du FMI et à leurs hypothèses de travail – selon elle catastrophiques – à propos de certains pays de la zone euro et du danger qu’ils fassent défaut précisément sur leur dette… On appréciera la rigueur du raisonnement.

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L’actualité de la crise : A LA RECHERCHE D’UN PLAN A’, par François Leclerc

Billet invité

L’exigence d’une recapitalisation des banques européennes par le FMI est un véritable pavé dans la mare. On ne compte plus depuis hier les déclarations outrées sur le thème « quelle mouche a donc piqué Christine Lagarde ? » ainsi que les véhémentes dénégations. Particulièrement venant des Français qui s’accrochent à l’idée, à laquelle ils ont du finir par croire, qu’ils ont les banques les plus solides du monde.

Patatras ! sur le même thème deux autres organismes sont aujourd’hui venus lui prêter main forte : l’IASB – en charge des normes comptables – et l’EBA, le nouveau régulateur européen des banques. Crime de lèse-majesté, le premier explique que certains établissements n’ont pas assez dévalorisé la dette grecque en leur possession. Il s’agit, a-t-on appris par ailleurs, de BNP Paribas et de la compagnie d’assurance CNP. Pour aller droit au fait : ils ont maquillé leurs comptes en minorant la dévalorisation pour adopter une décote complaisante de 21 %, dictée par l’Institute of International Finance puis avalisée par les chefs d’État, qui a prétendu se substituer au marché.

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LES MURS ONT DES OREILLES !

Dans un article publié ce matin, le Wall Street Journal dresse le catalogue des firmes qui ont certainement vendu ou très probablement vendu au colonel Khadafi du matériel d’interception de communications téléphoniques ou par courriel, de blocage de sites toile, de décodage de messages cryptés et de blocage de communications anonymes sur l’Internet.

On trouve dans la liste, le français Amesys, filiale de Bull, l’américain Narus, filiale de Boeing, le chinois ZTE et le Sud-africain VASTech.

Comme le Wall Street Journal le fait remarquer, la vente de ces matériels est libre à peu près partout. Soyez donc prudent : il n’y a pas que le gouvernement qui écoute toutes vos conversations téléphoniques et qui lit tous vos mails : toute compagnie privée suffisamment riche pour s’acheter un logiciel (!) a la capacité de le faire aussi.

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L’actualité de la crise : LA FIN DES HARICOTS, par François Leclerc

Billet invité

Est-il admissible pour le gotha des banquiers centraux de s’entendre dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Visiblement non, car les oreilles de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ont tinté après qu’elle se soit exprimée à Jackson Hole, haut-lieu de l’Université d’été des banques centrales où elle été invitée au dernier moment à prononcer un discours.

Considérant que « nous sommes dans une phase dangereuse », elle a prodigué des avertissements sans équivoques aux Européens et aux Américains.

Aux premiers, elle a vivement recommandé de rendre obligatoire d’urgence le renforcement des fonds propres de leurs banques, « clé permettant de couper la chaîne de la contagion ». Préconisant d’utiliser tous les moyens, privés et publics, et plus particulièrement le fonds européen de stabilité financière (FESF).

Aux seconds, d’amortir une partie importante du principal des prêts immobiliers en actionnant Fannie Mae et Freddie Mac et de contribuer au refinancement des crédits immobiliers à des taux plus bas, expliquant que « l’heure n’était plus aux demi-mesures et aux atermoiements » alors que les prix des maisons continuent de baisser, tirant la consommation vers le bas et accroissant l’incertitude sur l’économie.

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APHORISMES (II), par Jérôme Grynpas

Billet invité

37. La politique actuelle s’apparente à une interruption volontaire de progrès.

39. L’optimisme fait rire. Rien de plus sain que le rire.

40. La vie est un songe médiocre avec de brusques réveils qui lui confèrent sa texture et son enchantement.

41. Ils combattent le malheur en s’indignant.

43. Nous cherchons moins la vérité que la tranquillité d’esprit.

45. La solitude ou qui portera mes valises ?

48. Le temps arrange tout. Avec ou sans des millions de millions de cadavres à la clé ?

49. L’âge venant on cache son corps, comme on tait une trahison.

52. Un voyage sans rencontre réduit l’espace à une plus vaste prison.

53. La vie… ou l’assurance du dernier jour.

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L’actualité de la crise : LES FUITES INFERNALES, par François Leclerc

Billet invité

Pas un jour ne se passe sans qu’une nouvelle échéance attendue ne ponctue l’actualité, en règle générale de manière plus inquiétante que prometteuse. Hier, Ben Bernanke prononçait son discours annuel de Jackson Hole (Wyoming), à l’occasion de l’université d’été des banques centrales, pour finalement ne rien annoncer sinon qu’il passait la main. Renvoyant au discours de rentrée de Barack Obama, à l’occasion du Labor Day qui tombe cette année le 5 septembre. Le sujet du moment n’étant plus les déficits mais la récession et la question du jour comment combattre les uns sans précipiter l’autre.

Vers la fin septembre, il est attendu la décision du Bundestag, qui devrait ratifier les décisions du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens du… 21 juillet dernier, alors que se poursuit à propos de la Grèce une course de vitesse en marche arrière.

Cette fuite est sans fin et n’apporte pas de solution.

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COMMENT ÊTRE DE PLUS EN PLUS IRRESPONSABLE EN ÉTANT DE PLUS EN PLUS RESPONSABLE ?, par William Bourdon et Yann Queinnec

Billet invité. William Bourdon et Yann Queinnec font ici partager une partie des réflexions issues de leur cahier de 46 propositions pour réguler les entreprises transnationales

La nouvelle doxa des agents du marché est maintenant bien connue.

Elle se décline en mille liturgies à travers le monde pour nous convaincre – c’est-à-dire nous les consommateurs mais aussi les actionnaires, les fonds de pension, les décideurs – que l’avenir de l’humanité sera d’autant mieux assuré que confiance sera faite aux agents économiques. Les partenariats avec les ONG se multiplient avec les risques qu’ils comportent. Dans bien des cas, la précarité de certains acteurs de la société civile les conduit à accepter parfois naïvement une forme de privatisation rampante qui, à terme, peut fabriquer de façon occulte des formes d’autocensure. Cette privatisation de la société civile fait d’ailleurs écho à une privatisation de l’espace public, qui rappelle elle-même la marchandisation du monde.

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ÉVITER LE RETOUR AUX ANNÉES TRENTE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

La « crise », dont beaucoup de bons esprits disaient qu’elle était derrière nous, a donc rebondi au cours de l’été. Le spectre du « double dip » se profile. Les réminiscences des « années 30 » se multiplient.

Les responsables politiques de l’Europe ont cru que l’on pouvait rassurer les « marchés » en multipliant les déclarations concernant la mise en place de dispositifs accentuant l’« austérité » en vue de résorber les dettes des pays-membres. On a même entendu au plus haut niveau des propos selon lesquels tous les pays de la zone euro  devraient viser le retour à l’équilibre des finances publiques, ce qui constitue une aberration économique. En effet, s’il est normal et souhaitable de préconiser de ramener la zone dans son ensemble à un niveau d’endettement raisonnable, cela n’a aucun sens de demander à tous les pays membres de la zone à la fois de rechercher l’équilibre budgétaire selon on ne sait quelle « règle d’or ». C’est oublier que la variété des situations économiques et budgétaires appelle des politiques différentes. On a cru rassurer les « marchés », on les a effrayés, car ils savent que la multiplication concomitante de programmes d’austérité ne peut conduire qu’au retour redouté de la « grande récession » en Occident. D’où leur réaction négative. On a beau rappeler ce qui s’est produit au cours des années 30, l’impression prévaut que nos dirigeants se dirigent à l’aveugle vers le piège.

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« DISQUE D’OR »

Hier dans la soirée, j’ai reçu un message ravi de Pierre Nora, m’annonçant la deuxième réédition de « Comment la vérité et la réalité furent inventées », soit 5 000 exemplaires vendus.

« Personnellement, écrit-il à propos de ce livre qu’il a publié en 2009 dans la collection « Bibliothèque des sciences humaines » chez Gallimard, je suis très heureux et admiratif. 5 000 exemplaires pour un livre de cette altitude et difficulté, c’est un beau succès ! » 

Honnêtement, je suis très heureux aussi : j’ai le sentiment de recevoir un « disque d’or ».

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DÉCROISSANCE DE LA DÉMOCRATIE, par Jérôme Grynpas

Billet invité

De part et d’autre de l’Atlantique, on assiste à la même danse du ventre destinée à amadouer un monstre polycéphale prêt à tout dévorer : les marchés. Certes, n’étant pas économiste, je ne veux pas entrer dans une  polémique assez sotte pour expliquer, soit que les marchés ont tort de s’effrayer car nous faisons ce qu’il faut pour les apaiser ; soit que nous mettons en œuvre des « régulateurs » pour  maîtriser « l’exubérance des marchés » tout en faisant des efforts, toujours plus d’efforts, car « on ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens » ; soit que, portésr par une sorte de mécanisme pervers, les marchés et nous courrons droit dans  le mur.

Mais on peut encore penser sans se comporter en économiste-amateur discourant dans le système à propos du système. On peut, on doit s’interroger politiquement. Rétablir la pleine souveraineté du politique en tant qu’il est à l’opposé de l’oligarchique (la domination du petit nombre) que toutes les formes du pouvoir tentent d’imposer. Hier, c’était le féodalisme, l’institution religieuse, l’absolutisme monarchique, la bourgeoisie du XIX°s., les dérives bureaucratique du soviétisme… Aujourd’hui, c’est l’économie capitaliste dans son stade actuel : l’industrie financière-privée internationale, activité hors loi qui impose sa loi à tous. Le politique aujourd’hui consiste, donc, dans la  reprise de la marche-avant du progrès, toujours plus  intensément, toujours pour plus de femmes et d’hommes.

Ce qui doit focaliser notre attention et nous pousser à l’action ce sont trois aspects qui confirment ce déclin du politique.

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BORDEAUX, Chantier Mobile, Station N°4, jeudi 25 août à 18h30

Derrière les pistes de l’aéroport de Mérignac

Atelier (17h00 / 18h00) Démonstration de drones par AMKZ aéronefs, production d’engins pour les déplacements et l’observation

Témoins (18h00 / 18h30) Casting d’initiatives issues de l’avis de recherche

Préfiguration (18h30 / 19h30) La Guerre civile numérique, vers l’horreur économique, entretiens avec Paul Jorion (chercheur en sciences sociales, économiste)

Échanges (19h30 / 21h00) Frontières contemporaines, lisières, murs, clôtures, zones d’exclusion … Cosmopolitismes avec Société Réaliste (artistes), Olivier Razac (philosophe), Mathieu Larnaudie (écrivain), Paul Jorion (économiste), Bruce Bégout (philosophe), Jean-Christophe Garcia (photographe), Evelyne Ritaine (sociologue) et un représentant de l’association ANAFÉ (Association Nationale d’Assistance aux Frontières pour les Etrangers)

Illusion (22h00 / 23h00) Présentation du travail de Société Réaliste (artistes, Paris)

Sonores (23h00 / 0h00) Cockpit, création audiovisuelle par Betamax (Nicolas Pradeau et Arnaud Castagné)

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POUR UNE CONTRIBUTION « HABITUELLE » DES PLUS FORTUNÉS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Devant l’appel de seize riches Français pour une contribution « exceptionnelle » de leur part à la guerre contre la dette publique, la première réaction pourrait être le scepticisme, voire la moquerie. Si en effet le mal est chronique, pourquoi la contribution devrait-elle être exceptionnelle ? Si le problème est constant, pourquoi le « sacrifice » – qui à ce niveau là de fortune n’en est pas véritablement un – devrait-il être lui ponctuel ?

Autre dimension à la question : il est tentant de rapprocher la signature de l’appel par Maurice Lévy, P-DG de Publicis, des propos qu’il a tenus dans une tribune libre du Monde il y a moins d’une semaine, où il réclame à demi-mot d’achever le programme néo-libéral avant de se perdre plus avant dans d’oiseuses considérations. « Une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux, écrit-il, au besoin et en complément, par un programme de privatisation dédié exclusivement au désendettement… réduire sensiblement les coûts des charges qui pèsent sur les salaires », sans pour autant porter la moindre attention à ces derniers. Le rêve de Hayek donc, enfin réalisé, en échange d’un impôt « exceptionnel » affectant quelques riches Français ? On a connu des marchés de dupes beaucoup moins choquants, et François Leclerc a raison d’ironiser quand il écrit :

« Appel éminemment louable bien entendu dans son esprit, mais à condition sans doute d’en ignorer les termes : la contrepartie exigée, si l’on comprend bien, par Maurice Lévy, au nom de ces seize riches Français : « une vraie, une sérieuse, une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux, pour pouvoir à l’avenir réduire drastiquement nos coûts… ». Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, il ajoutait : « Osons nous attaquer aux vaches sacrées ». Décidément, les grands gestes généreux et désintéressés ne sont plus ce qu’ils étaient ! »

Et pourtant ! Et pourtant, il suffit de lire ce qu’écrivent quelques autres « très hauts revenus » français cet après-midi : ceux qui refusent de signer l’appel, pour que tout fin sourire qui pourrait encore égayer notre visage se fige aussitôt. Car le gouffre qui sépare les seize signataires de cet autre type de riches est profond. Jugez-en plutôt !

Bertrand Puech et Patrick Thomas, Gérants d’Hermès : « Notre seul souhait est que la charge fiscale soit appliquée sur tous les revenus afin de ne pas conduire à la vente forcée d’entreprises. L’effort des mieux nantis doit être suffisamment clair pour être perçu et compris par tous ». Autrement dit : « Il y a les bons et les mauvais super-riches. Nous, on est les bons, aussi, fichez-nous la paix ! »

Et Claude Bébéar, Président de l’Institut Montaigne : « Rapporter ces enjeux vitaux à la simple instauration d’une taxe exceptionnelle sur les riches me paraît dangereusement démagogique ». Autrement dit : « Circulez, y a rien à voir ! »

Ou encore, Henri de Castries, P-DG d’Axa : « La priorité du pays n’est pas une taxation supplémentaire, fut-elle symbolique, des « riches ». Le texte […] donne […] le sentiment que la solution à nos difficultés passe avant tout par une « amende honorable » d’une minorité ». Autrement dit : « C’est pas aux riches d’avoir honte ! ». Laurent Joffrin mentionne aussi parmi les exigences de de Castries : « modération salariale et flexibilité de l’emploi », autrement dit, et plus brutalement : « Les pauvres peuvent encore faire davantage ! ».

C’est le même Laurent Joffrin qui commente dans les colonnes du Nouvel Observateur : « Les uns y verront une avancée dans la bonne direction, les autres une simple gesticulation destinée à faire oublier une injustice fondamentale. »

Alors ? Une initiative à simplement ignorer, parce qu’il ne s’agirait que de grandes fortunes dont les unes ont le cran de dire : « Casse toi ! », tandis que les autres se sentent obligées de s’écraser parce que les circonstances de l’heure l’exigent et que faire autrement passerait pour de la provocation pure et simple ? Difficile de trancher tant qu’il reste cet « exceptionnel » dans l’expression « contribution exceptionnelle ».

Joffrin écrit : « Ce n’est pas la nuit du 4 août 1789 et Maurice Lévy, président de Publicis, n’est pas le vicomte de Noailles montant à la tribune de l’Assemblée pour proposer l’abolition des privilèges ». En effet, pour que la comparaison s’impose, il faudrait que l’« exceptionnel » se métamorphose en « habituel ».

Ils ne sont que seize en faveur de la « contribution exceptionnelle », combien seront-ils à sauter le pas et se porteront volontaires pour une « contribution habituelle » de ceux qu’ont eu de la chance, en faveur de ceux qui n’en ont pas eu ? Appelons-les à être plus nombreux : il n’y a pas de honte à être un vicomte de Noailles.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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LES CHÈQUES DE LA HONTE, par Charles Sannat

Billet invité

C’est la grande mode. À chaque problème de pouvoir d’achat la fausse bonne idée d’un chèque correspondant est mise en place.

M. et Mme Toutlemonde ne peuvent plus se nourrir décemment à midi et voilà le chèque restaurant. M. et Mme Toutlemonde ne peuvent plus partir en vacances et payer les péages et voici le chèque vacances. D’ailleurs les péages d’autoroute sont une gabelle moderne versée à des sociétés privatisées ayant racheté une misère une infrastructure financée par les impôts de l’ensemble du peuple français pendant des décennies. Cette gabelle profite aux actionnaires ce qui est normal. Il serait scandaleux bien sur que la collectivité profite des sommes versées à chaque passage. Un actionnaire étant un être supérieur il est normal de lui verser la dîme. Sachez-le manants!

Puis, le chèque de rentrée car M. et Mme Toutlemonde ne peuvent plus payer les fournitures scolaires pour leur enfants ni les habiller convenablement. Pour M. et Mme Classesupérieures il y a le chèque emploi-service pour payer femme de ménage, nounou ou jardinier. Il ne faut pas oublier que M. et Mme Classesupérieures deviennent de moins en moins supérieurs. Seuls les mégas riches continuent à s’empiffrer.

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L’actualité de la crise : LA GRANDE PERDITION, par François Leclerc

Billet invité

Omniprésent, le mot crise est devenu galvaudé et on évite en conséquence de l’utiliser. C’est à partir de ce constat – modestement partagé par l’auteur – qu’Alphaville, le blog phare du Financial Times, a engagé une consultation de ses lecteurs pour lui trouver un remplaçant. La liste est longue des propositions qui ont été faites, mais autant dire tout de suite que le vainqueur est… La Grande Perdition, en référence transparente à la Grande Dépression.

Comment, à ce propos, se porte le plan A des autorités européennes ?

Ce serait tomber dans le piège de l’arrogance que de commencer ce survol par l’appel de 16 riches Français à être mis à contribution, appel publié la veille de l’annonce du plan d’austérité gouvernemental et au lendemain d’une déclaration de Jean-François Copé, patron du parti gouvernemental UMP, favorable à « une contribution exceptionnelle » (souligné par moi), qui reprenait la balle au bond suite à une tribune de Maurice Lévy, PDG de Publicis, qui avait utilisé le même mot.

Appel éminemment louable bien entendu dans son esprit, mais à condition sans doute d’en ignorer les termes : la contrepartie exigée, si l’on comprend bien, par Maurice Lévy, au nom de ces 16 riches Français : « une vraie, une sérieuse, une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux, pour pouvoir à l’avenir réduire drastiquement nos coûts… ». Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, il ajoutait : « Osons nous attaquer aux vaches sacrées ». Décidément, les grands gestes généreux et désintéressés ne sont plus ce qu’ils étaient !

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