ÉVITER LE RETOUR AUX ANNÉES TRENTE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

La « crise », dont beaucoup de bons esprits disaient qu’elle était derrière nous, a donc rebondi au cours de l’été. Le spectre du « double dip » se profile. Les réminiscences des « années 30 » se multiplient.

Les responsables politiques de l’Europe ont cru que l’on pouvait rassurer les « marchés » en multipliant les déclarations concernant la mise en place de dispositifs accentuant l’« austérité » en vue de résorber les dettes des pays-membres. On a même entendu au plus haut niveau des propos selon lesquels tous les pays de la zone euro  devraient viser le retour à l’équilibre des finances publiques, ce qui constitue une aberration économique. En effet, s’il est normal et souhaitable de préconiser de ramener la zone dans son ensemble à un niveau d’endettement raisonnable, cela n’a aucun sens de demander à tous les pays membres de la zone à la fois de rechercher l’équilibre budgétaire selon on ne sait quelle « règle d’or ». C’est oublier que la variété des situations économiques et budgétaires appelle des politiques différentes. On a cru rassurer les « marchés », on les a effrayés, car ils savent que la multiplication concomitante de programmes d’austérité ne peut conduire qu’au retour redouté de la « grande récession » en Occident. D’où leur réaction négative. On a beau rappeler ce qui s’est produit au cours des années 30, l’impression prévaut que nos dirigeants se dirigent à l’aveugle vers le piège.

Raisonnons et mettons-nous à la place des « marchés », même en faisant abstraction de la spéculation toujours prête à tirer parti, en l’aggravant, de la détérioration de la situation. Que constatent-ils ? Les mesures résultant du « compromis » européen du 28 juillet n’ont donné qu’un répit à la zone euro dans l’espoir de gagner du temps. Mais elles n’ont en rien changé fondamentalement la situation. Certes, elles sont de nature à soulager la Grèce en atténuant la pression qui pèse sur elle, en supposant que l’inertie qui paralysera l’application de certaines d’entre elles puisse être surmontée. Mais, que peut-on espérer ? Les programmes d’austérité mis en place de toutes parts pour résorber l’endettement public, s’ils ne sont pas accompagnés d’autres mesures pour soutenir et relancer l’activité économique, risquent fort de plonger les pays concernés dans la récession et, en empêchant ainsi l’assainissement financier recherché, ne pourront pas atteindre leur objectif. Ceci, les « marchés » le savent et n’ont donc aucune confiance dans les mesures prises. Et on les comprend. Anticipant l’échec de ses « solutions », ils s’attaquent aux maillons les plus faibles, un jour la Grèce, puis l’Italie, demain l’Espagne…  Les agences de notation, culpabilisées par leur incapacité à avoir signalé le risque des subprimes, les yeux rivés sur les niveaux d’endettement, ne font qu’en rajouter en exigeant toujours plus de rigueur dans les politiques (cf : les arguments de Standard & Poor’s pour dégrader la note américaine).

L’occident se trouve pris dans un cercle vicieux avec la perspective redoutée du « double dip » et d’un retour aux années 30. Certes, la situation n’est pas directement comparable. Les pays « émergents » sont capables de tirer l ‘économie mondiale, mais seulement dans une certaine mesure. Les États-Unis et l’Europe pèsent encore très lourd. A la fin des années 30, le redressement économique fut résulté, d’abord du conflit mondial obligeant les États-Unis à faire tourner leurs usines pour renforcer leur armement, puis de la reconstruction de l’Europe de l’Ouest grâce au Plan Marshall financé par les États-Unis. Espérons qu’il ne faudra pas avoir besoin d’en arriver là pour sortir l’occident de l’ornière !

Il est clair que la conjoncture économique, après le feu de paille de la reprise en 2010, se détériore et que la faible croissance que l’on a enregistré se ralentit. Si ce n’est pas encore franchement la récession, cela s’en rapproche à vive allure. Les politiques économiques, tous freins serrés, y pourvoient. Sous l’aiguillon aveugle du « Tea Party » empêtré dans une idéologie suicidaire, le Parti Républicain y contribue de façon majeure aux États-Unis, malgré la résistance du Président Obama. Si, en Europe, la situation est plus nuancée, on y vient. En France même commence à se produire une surenchère entre la majorité actuelle qui, jusqu’ici, n’avait pas vraiment succombé à la maladie de l’austérité, mais s’arcboute sur la stupide (du point de vue économique) « règle d’or » et une opposition qui veut faire preuve de vertu et démontrer qu’elle a renoncé à ses penchants supposés « dépensiers ».

Si l’on n’y prend garde, l’Europe risque de se trouver dans une impasse, faute de moteur pour faire tourner l’économie, sans pour autant – ce qui est un comble – que la résorption escomptée des déficits et des dettes puisse être obtenue, faute de recettes publiques. Quant aux États-Unis, tant qu’ils resteront financés par le reste du monde, ils peuvent se permettre de continuer à accumuler de la dette, mais, si la pression idéologique du « Tea Party » parvient à l’emporter, il est à craindre qu’ils connaissent une sérieuse récession, voire une dépression, rappelant encore une fois les sinistres souvenirs des années 30. Il convient, par ailleurs, de souligner que ces politiques, par les dégâts sociaux qu’elles entraînent inévitablement, renforcent l’extrême-droite dans les différents pays, renvoyant à de sombres souvenirs.

Que faudrait-il faire ? Tout d’abord, passer au plus vite à la mutualisation de la dette européenne qui, agrégée, apparaît supportable, en tout cas, nettement inférieure à celles des États-Unis et du Japon, et mettre en place le système des euro-obligations, préconisé à juste raison par beaucoup, car seul susceptible de mobiliser l’abondante épargne du secteur privé en vue de financer à la fois le remboursement de la dette et des investissements porteurs d’avenir. Cette dernière mesure paraît d’autant plus facile à adopter qu’elle fait l’objet d’un consensus de plus en plus large, même en Allemagne où seuls résistent au sein de la coalition au pouvoir des tenants d’une idéologie libérale et d’une conception de la vertu et de la puissance de l’Allemagne dépassées.

Ensuite, en même temps, pour disposer des instruments de lutte contre les déficits et l’endettement, il convient de soutenir l’activité économique. En ce qui concerne l’Europe, et plus particulièrement la Zone Euro, ce soutien ne peut venir, dans la plupart des cas, des pays eux-mêmes plombés par l’ampleur de leurs dettes et la rémanence de leurs déficits. Ceci est particulièrement évident dans le cas des pays de la périphérie méridionale (Grèce, Espagne, Portugal), mais aussi, non seulement de l’Italie, mais de la France. L’initiative ne peut donc être menée que dans le cadre d’une action au niveau de l’Europe tout entière. En d’autres termes, l’Europe doit s’imposer un plan de relance, une sorte de nouveau « Plan Marshall ». Ce plan de relance serait d’ailleurs l’occasion de revoir les conditions de la croissance dans l’optique d’une lutte contre les gaspillages et d’une réorientation vers le développement durable.

Ceci implique, bien entendu, des avancées institutionnelles combinant le passage de l’actuel budget « croupion » (de l’ordre de 1 % du PIB européen !) de l’Europe à un budget digne de ce nom car disposant des ressources propres nécessaires, avec un système de fonds d’investissements qui pourrait être articulé autour de la BEI (banque européenne d’investissement) et la création d’une agence européenne de la dette (sorte de « Trésor » européen). Ces transformations sont à effectuer dans les plus brefs délais, avant que la situation ne devienne impossible à maîtriser. Que l’on n’aille pas invoquer les « Traités » et autres alibis. L’expérience récente a démontré que, si de telles avancées étaient difficiles à obtenir, elles pouvaient s’imposer au pied du mur. Au passage, signalons que les efforts menés pour transformer le Fonds de Stabilisation actuel en un véritable instrument opérationnel doivent absolument éviter l’écueil que constituerait la mise en place d’un clone du FMI, dévolu entièrement à la recherche des équilibres budgétaires, quitte à sacrifier les besoins des populations.

En dernier lieu, il est aussi évident qu’il convient de mettre fin à la tyrannie des agences de notation privées et à l’abri de celles-ci les fonds souverains des États. Là encore, il convient de passer de la simple évocation renouvelée sans cesse du sujet à une réelle mise en application, malgré l’opposition farouche des milieux financiers privés trop satisfaits par le système actuel.

Si l’on n’y prend garde, le risque de voir l’occident basculer dans un cycle de graves turbulences est élevé et dépasse de très loin la seule éventualité d’un éclatement de la zone euro sur laquelle on se focalise trop volontiers.

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251 réflexions sur « ÉVITER LE RETOUR AUX ANNÉES TRENTE, par Jean-Pierre Pagé »

    1. @ MILAN, 26 août 2011 à 11:17
      Il ose dire vrai, Delamarche. On a l’impression qu’il nous lit certaines pages de « Le capitalisme à l’agonie ».
      Il annonce la baisse du CAC (à 2600) et du Dow.
      En Allemagne aussi, on dit que le Dax est encore surévalué
      URL: http://www.wiwo.de/finanzen/ausverkauf-auf-raten-478939/

      Pour le fun : il recommande à Fillon de ‘taxer la bêtise’ (de ceux qui ne croient pas au ‘double dip’ ) pour vite remplir les caisses de l’Etat.
      Un ami ouvrier imprimeur, qui a fait un gros héritage, écoute Delamarche et investit dans l’or, les obligations suisses et les matières premières. Il fait de grosses marges. J’ai essayé de lui expliquer qu’il se tirait une balle dans le pied en renchérissant les matières premières : ça ne le touche pas. « C’est rien si je perds tout. Ca m’amuse. »
      Homo œconomicus, ou inconscient ? …

  1. La dette? Mais quelle dette?
    http://www.alternatives-economiques.fr/la-france-est-elle-en-faillite-_fr_art_669_34813.html

    Si on comptabilise l’ensemble des actifs, c’est-à-dire aussi les actifs physiques, les administrations publiques ne présentent plus une dette, mais une richesse nette (37,8% du PIB en 2006). Celle-ci a d’ailleurs augmenté de plus de 22 points de PIB entre 1995 et 2006, ce qui veut dire que les administrations publiques se sont enrichies sur cette période, notamment en raison de la forte valorisation des terrains détenus par l’Etat (+ 200% en dix ans). Le bébé français ne récupère pas à la naissance une dette publique de 18 700 euros, mais hérite au contraire d’un actif net de 11 000 euros, même s’il est vrai qu’une partie des actifs physiques ne sont pas cessibles et qu’il est difficile de leur donner une valeur marchande.

  2. La France pour le moment est sur le « porte-bagages » de la moto Allemande pilotée par Merkel avec Sarkozy attaché et cramponné à ses fesses. Triste spectacle pour la France et pour l’Euro malheureusement. Seule la « mutualisation des dettes souveraines » avec la création des « euro-bonds » peut sauver le système et dégager des moyens financiers permettant et le remboursement de ces dettes et la relance économiques.? La France pour le moment se contente d’étancher les trous du « navire euro » à l’aide de ce qu’on appelle en terme Marine un « Batardeau » moyen provisoire mais inopérant pour une longue étanchéité. Un jour ou l’autre le navire coule.

  3. Ce débat est passionnant. Quelques mises au point :
    – Il est faux de dire que l’Allemagne ne veut pas des « euro-obligations ». Mme Merkel l’a dit. Mais le SPD (socialistes), les « Verts », les industriels et, même, une partie de la CDU sont pour. Cela fait beaucoup. Il n’y a que le petit parti « Libéral » qui soit résolument contre. C’est le bon sens qui fait incliner de nombreux allamands en faveur des « euro-bonds » (et, finalement, sans doute leur faire accepter la mutualisation de la dette). Ils ont bien compris qu’ils avaient beaucoup plus à perdre avec un démantèlement de la Zone Euro vers laquelle ils dirigent la majeure partie de leurs exportations qu’avec une mutualisation de la dette, même si cela les obligerait à payer un peu plus cher.
    – L’idée d’un budget européen plus consistant et d’une dimension normale pour un ensemble de ctte taille ne siginifie pas que l’on va prélever encore davantage sur les contribuables. L’idée est que ce budget devrait être financé par des ressources « propres » de l’Europe (et non des contributions des Etats), par exemple, par la taxe sur les opérations financières (taxe « Tobin ») et la fameuse taxe « Carbone ».
    Ce budget – ainsi que les « euro-bonds » – servirait à financer l’indispensble soutien de l’activité économique par des grands travaux et des investissements d’avenir, le temps que les pays-membres mettent en ordre leurs finances publiques. Bien sûr, ceci devrait être fait sous contrôle démocratique, par exemple en donnant un rôle accru au Parlement européen (qui n’est pas le « zinzin » dont parlent certains des intervenants) et au Conseil des Etats, et en diminuant celui des eurocrates de Bruxelles et de leurs officines de consultants.
    – Bien sûr, ces mesures qui auraient pour objet d’aider l’Europe à sortir de la crise ne peuvent se concevoir que dans le cadre d’un effort plus général pour lutter contre la spéculation, faire rentrer la « finance » dans son orbite normale, refonder le système monétaire international…..
    – En outre, il ne faut pas considérer que les « euro-obligations » seraient de la « monnaie de singe ». Garanties par l’Europe tout entière, qui, je le rappelle, globalement, est riche et dispose d’une épargne abondante, ces obligations seraient l’un des placements les plus sûrs et les plus attractifs que le monde puisse s’offrir. En les mettant en place, il ne s’agirait pas ponctionner le « bas de laine » des citoyens européens, mais de leur offrir un placement sûr.

    1. Les euro-obligations permettront uniquement à la finance de grossir d’avantage. Il s’agit uniquement d’un montage financier qui permettra aux pays de la zone euros de s’endetter toujours plus. On assistera exactement aux même dérapages que l’état fédéral américain. De plus, il est trop tard pour les euro-obligations puisque ces dernières auront peu de chance d’être AAA. Ainsi, les taux d’intérêts des euro-obligations pourraient être prohibitifs pour les pays.

      Les euro-obligations sont principalement demandées par les banques pour se débarasser du problème de leurs obligations « toxiques » (comme celles de la Grèce). A l’échelle des européens, cela ne fera que plus de dettes pour les générations futures. Combattre de la dette par de la dette, c’est un signe pour moi que l’on est dans un système qui s’épuise à vue d’oeil.

  4. récession est le terme politiquement correct désignant la dépression ; pourquoi la plupart des rédacteurs de ce blog continuent à succomber à cette mode venue des USA? Le système est irréformable, ; les mesures d’austérité prises par la plupart des Etats de l’EUROZONE ou les mesures préconisées par les auteurs de ce blog ne sauveront pas ce système financier!!! Il est irrémédiablement condamné . Prolonger sa survie ne fera qu’aggraver la souffrance des classes moyennes et populaires. Où est le bonheur, le paradis et autres délices promis par les fanatiques de l’Euro si les peuples européens acceptent la monnaie unique, en 2001? A la place on a droit à une hausse des prix, à une aggravation continue de la situation des classes moyennes et populaires par des plans d’austérité avant meme la crise de 2007. La plupart des commentateurs situent la crise qu’on connait le 15 septembre 2008 avec la faillite de LEHMAN BROTHERS, mais cette crise a débuté en aout 2007, c’est à dire qu’il y a quatre ans déjà ; le monde est en crise depuis quatre ans et pourtant rien n’a changé car ce ce système est irréformable, il faudrait un nouveau GORBACHEV comme en 1991? Mais je reve!!! Paradoxalement il est plus difficile de trouver un GORBACHEV dans l’Occident en crise en 2011 qu’en 1991 en URSS!!! Toutes ces mesures ne visent qu’à gagner du temps, la crise a été contenue pour un temps mais repart de plus belle depuis cet été ; peut etre aura t-on une accalmie encore mais rien n’a été règlé. Il est certain que cette crise rebondira tot ou tard

    1. Et concernant Gorbatchev et la fin de l’URSS, il est bon de rappeler que ce géant militaire qu’on décrivait comme un monstre sanguinaire s’est effondré tranquillement, dans la paix, sans mettre le reste du monde à feu et à sang, sans même chercher vengeance auprès de ses petits pays satellites sans défense.

    2. Chère maman,l’avenir nous dira comment finira ce jeu de trapèze volant,enfin nous trouverons les mots justes.

    3. Eric Hobsbawm (historien chez Albion) a bien expliqué (*) en quoi une structure non dépendante des électeurs pouvait se mouvoir plus aisément pour certaines grandes décisions que les structures démocratiques occidentales, où les présidents ne peuvent rien faire de « gros » s’ils tiennent à leur réélection. Eux ou les parlementaires qui devront voter.
      En ce sens, le complément de Naomi Klein suivant lequel les « gros » changements « nécessaires » ne sont rendus possibles que dans les moments de désorientation (dont profitent les Chicago Boys et affidés), est logique, et pas contradictoire du tout.

      (*) Dans « le court 20e siècle, l’âge des Extrême », Ed. André Versailles …de mémoire (tardivement publié en France, vers 2002, le Diplo y avait mis son influence entre autres)

    4. Pour « l’american Gorbachef » cet axe de reflexion est (était ?) un de ceux du très roboratif site  » de defensa », et ça tourne en boucle.

  5. Juste pour dire que je suis plus optimiste que vous Monsieur Pagé sur la montée de l’extrême droite en Europe. L’extrême droite a l’habitude d’utiliser des bouc-émissaires et des épouvantails. Les débuts de campagne que nous connaissons nous dévoilent notre principale problème, l’instabilité et la toute puissance des marchés. Personne ne peut être dupe et on le voit bien, dans les médias, il n’y a pas la place pour les sujets d’immigrations…
    De plus, nombre de candidats sont sortis de l’ornière traditionnelle pour proposer de véritables révolutions. Je ne vois que du neuf en gestation.

    1. Moi, je ne vois que du vieux , les mêmes politiques depuis des dizaines d’années, les mêmes partis avec leurs appareils complétement dépassés et qui bloquent la démocratie avec une vision binaire de la société et des choix , même dans leur posture ils sont ridicules à vouloir singer les anciens , Chirac , De Gaulle , Mitterrand, regardez parler Hollande c’est du grand guignolet il n’y a pas que lui, il y a longtemps qu’ils auraient du prendre leur retraite , il faut du sang neuf , c’est la même chose dans les affaires , toujours les mêmes oligarques , toujours les mêmes familles. et n’attendez pas le messie comme les Russes en 1917 qui semblaient l’avoir trouvés, on a vu ce qu’ils ont fait de leur révolution avec leurs gourous, c’est a désespérer

  6. Supposons que l’on arrive, au niveau européen, à créer un « Trésor  » qui gérerait la dette des pays membres de la zone euro, cette dette serait mutualisée (eurobonds).
    Aurions nous toujours la situation actuelle où les fonds sont prêtés pour « peanuts » aux banques qui, derechef, reprêtent ces fonds aux états en leur appliquant un taux d’intérêt bien élevé (3 à 4 fois le taux que la BCE leur consent) ?
    Ceci bien sûr sans courri aucun risque, s’agissant de prêts garantis par les dits états !

    1. La réponse est Oui. La « rente monétaire » des banques continuera.

      Mais n’oubliez pas qu’en tant que client des banques, vous captez une partie de cette « rente monétaire ». Les banques font des « efforts » pour acquérir (ou conserver) leur clientèle de particuliers ou d’entreprises. Et c’est derrière le mot « effort » que se cache la captation par autrui d’une partie de la rente monétaire des banques…

      1. « Vous captez une partie de cette rente » .!!!

        Mais je n’ai rien demandé moi !
        Et je suis persuadé que mon banquier capte beaucoup mieux que moi !
        Et qu’au moment du partage, il est plus égal que moi….

        Pourquoi pas une BCE prêtant directement aux états membres aux taux actuellemnt consentis aux banques ?

  7. Si H. Védrine, tel que je viens de l’entendre à la Rochelle, prend en main les affaires de l’Europe, alors je suis prête à le suivre.

    1. Védrine, comme tous les autres politiciens professionnels,
      a servi et peut-être appelé à servir à nouveau l’oligarchie.
      Ils sont responsables de l’exploitation accrue de l’homme et la nature
      qui nous conduisent au désastre.

      1. Charles A

        L’oligarchie c’est comme l’hydre, ça a plusieurs têtes.

        Pour l’instant, Hubert Védrine avance des points cruciaux qui devront servir de base pour l’avancée européenne. Nous pouvons déjà dire qu’il ne répond pas positivement à la partie de l’oligarchie qui souhaite voir l’éclatement de la zone euro et pourquoi pas de l’europe.

        Bref, si il est possible de réécouter son intervention à la Rochelle (chaine LCP) tu comprendras qu’à ce jour, c’est ce qui paraît le plus solide et construit.

        Par ailleurs, les idées bien structurées rejoignent toujours une grande intelligence (et dans son cas une culture) … il se trouve que cela devient denrée rare de nos jours, alors autant ne pas laisser passer cela. C’est absolument indispensable dans un gouvernement actuel.

        Ne me parle pas de Bildermachin, du siècle et autres trucs qui ont fait les beaux jours d’internet il y a quatre ou cinq ans, parce que tous ces clubs n’ont aucune prise sur moi.
        Tous ceux qui y participent ont un nez au milieu de la figure, comme toi et moi 🙂

      2. Effectivement, à propos de clubs oligarchiques,
        Védrine fait partie de l’establishment bourgeois qui saigne l’humanité et la planète.
        Il a en plus le tort d’être intelligent, donc un ennemi à abattre en priorité.
        Comme disait Clémenceau, avant de sombrer lui aussi dans la collaboration:
        votez pour le plus bête, c’est le moins dangereux !

  8. Quelle est la cause de la crise financiére ?
    Sinon des prets abondants et sans discernement dans l’immo au Sud .
    Peut étre n’avez vous pas d’idée précise sur le comment çà se passe , se décide ces marchés .
    Moi j’en ai une et je peux vous dire qu’il est difficile de n’en trouver ne serait-ce qu’un dont l’utilité
    publique est vraiment justifiée . Il s’agit de sommes énormes . Tout va bien , tous le monde est
    content , çà crée des emplois , des marchés pour les entreprises locales et méme moins locales . Le personnel politique touche ses commissions . La population est contente , mais bien sur cette patinoire , cette piscine , y avait rien pour la jeunesse .
    Il y a un moment où les dettes s’accumulant et les rentrées attendues des fabuleux projets , se
    font attendre . Là on commence à faire les bilans . Le pire c’est que dans la plupart des cas
    les ‘citoyens locaux’ ne savent méme pas pourquoi leurs impots ont augmentés .

    Pour moi c’est clair , il faut arréter tout çà au plus vite . Les ‘solutions’ genre FSE , euro-obligations , etc ne font qu’aggraver la situation en augmentant la dette et en permettant
    à ceux qui ont profité de ce systéme de copinages , de s’en tirer en douceur au dépend des
    autres . Jamais la question on a fait quoi, avec tout cet argent ? mais pourquoi faire , n’y a t il pas des choses plus importantes dans la vie ?non enfin l’argent qu’est ce c’est ? Une superstition , du papier , la valeur ? Bof !…

  9. Bonsoir;

    Les euro-obligations sont, épargnez moi le jeux de mot, une obligation indispensable.
    Mais ce n’est pas suffisant :

    1 – Favoriser la consommation intérieure en Europe en soulageant les taxes sur les produits européens car nous avons assez d’usines, de savoir faire et de technologie pour réussir à satisfaire tout type de demande en n’employant uniquement de la main d’œuvre européenne qui alimentera les caisses européennes.

    2 – Un politique de communication à l’attention des peuples européens pour qu’ils consomment européens en majorité.

    3 – Mettre en place une TVA sociale au marge de l’Europe.

    4 – Favoriser une politique de rapprochement fiscale pour tous les pays d’Europe et une uniformisation des taux de TVA afin que la concurrence ne se fasse pas au sein de l’Europe.

    5 – Supprimer totalement les abattements fiscaux pour les groupes de plus de 5000 personnes.

    6 – Pénaliser très fortement les entreprises qui délocalisent par saisie de l’appareil de production et de la propriété intellectuelle présente sur le territoire européen. Cela dissuadera de produire en Chine et vendre en Europe. Cela limitera certes les marges mais permettra d’économiser sur le cout des transport, sur la TVA sociale et permettra un meilleur rayonnement des marques en Europe avec une garantie de production digne pour les salariés.

    7 – Favoriser les contrats d’équipements publiques via des équipementiers européens.

    8 – Relancer une vaste politique de natalité en Europe afin de financer le papy-boom.

    9 – Lancer la recherche et le financement des grands travaux que nous attendons tous :
    * Géolocalisation européenne
    * Voiture du futur (propre, 100% recyclable, européenne, automatisée et fortement communicante)
    * construction des grands réseaux optiques européens afin de passer au très haut débit et désengorger les réseaux existants
    * Refondre toute la politique de transport européenne afin de favoriser la grande vitesse plutôt que l’avion qui dépend trop de carburants importés.
    * Lancer la recherche pour l’avion à hydrogène et mettre en place à grande échelle la technique de cryo-compression permettant de stocker de l’hydrogène à des coûts raisonnables.
    * Favoriser la création de crèches dans tous les quartiers fortement peuplés car on en manque clairement.
    * Relancer la construction de logement de qualité de haute qualité environnementale. Il manque plus d’un million de logement e France donc on a largement de la marge pour faire baisser les prix et loger tout le monde décemment. Surtout que l’État et les promoteurs récupèrerait l’argent au travers des loyers et ventes. Cela permettrait aussi de largement baisser la pression sur l’immobilier qui est clairement exagérée.
    * Atteindre d’ici 2020 20% d’énergie renouvelable via la géothermie, le solaire, hydrolithe, l’éolien et la rénovation des barrages avec de nouvelles turbines plus efficaces.
    * Favoriser le stockage de l’énergie en surproduction des centrales nucléaire dans de la production d’hydrogène ou dans la synchronisation des rythmes de production industriels afin de ne plus gaspiller et permettre aux usines d’avoir une énergie bon marché à des horaires atypiques mais réguliers.
    * Créer des pôles de recherches régionaux avec des objectifs de recherches clairs et des financements systématiques pour les applications industriels lorsque les projets sont implantés sur le sol européen.
    * Refondre l’agriculture européenne afin de gagner en qualité, en efficacité et surtout de remettre en état l’agriculture des pays de l’Est qui est en friche depuis la chute du mur de Berlin.

    10 – Plafonner les marges de la grande distribution à 25% et obliger les centrales d’achat et grands groupes agro-alimentaires à assurer au moins 10% de marge aux producteurs. Ex . : 1Kg de pomme produit pour 1€ sera acheté au minimum 1.10€ et sera transporté pour 0.2€, coutera 0.2€ en achalandage, étalage, présentation et sera donc revendu au maximum 2€.
    Tout le monde y gagne raisonnablement et la population retrouve du pouvoir d’achat.

    J’ai probablement oublier pleins de choses qui peuvent être faites comme l’interdiction de cumul des mandats afin de multiplier les emplois, les impôts et la consommation et surtout faire en sorte que le travail soit fait et correctement fait. Du coup au lieu qu’un député/maire/commissaire de district et conseiller sanitaire de la commune pour le traitement des déchets touche 15.000€ il y aurait 4 personnes qui se partageraient des salaires entre 3000 et 4000€/mois ce qui est déjà très raisonnable et représentera certainement plus de rentrées pour l’état, plus de consommation, moins de chômage et enfin plus d’efficacité dans le travail.

    1. bonjour,

      @ marousan : « Relancer une vaste politique de natalité en Europe afin de financer le papy-boom »

      Encore du Ponzi…

      N’y a t’il pas aujourd’hui des retraités qui bénéficient de retraites dont les montants pourraient être réduits : au delà de 2.000 euros par exemple (cela permettrait de revaloriser les petites retraites et de préparer le financement des prochaines sans passer par une politique nataliste).

      1. retraites dont les montants pourraient être réduits : au delà de 2.000 euros par exemple

        oui, c’est plus que gagnent beaucoup de personnes en pleine activité …
        ce serait judicieux vu le contexte …

    2. Que voilà un programme constructif pour l’Europe ! Je retiens, surtout, la TVA sociale, le rapprochement fiscal (absolument indispensable), les « grands travaux » (on pourrait aussi employer l’expression : « investissements d’avenir »), pourquoi pas, le plafonnement des marges de la grande distribution. Pour le reste, cela ressort surtout de ce que l’on appelle la « préférence européenne ». Il faut, en effet, mieux tirer parti de nos forces, mais on ne peut pas se couper du monde environnant (ne serait-ce qu’à cause des inévitables mesures de rétorsion). Mais après avoir ouvert les vannes dans le grand vent du libéralisme, il est temps de se ressaisir et de penser à consolider les atouts européens.

      1. de gauche, peut être, mais surtout avec un sacré optimisme question avenir des ressources naturelles…outre le pétrole.

  10. J’habite en Alsace. On y regarde de plus en plus l’opulence et le plein emploi en
    Bade-Wurtemberg.
    Je crains beaucoup la tentation de l’Allemagne à faire cavalier seul (quitter l’euro).

    Et il faudrait alors revoir votre analyse et les moyens de surmonter la crise.

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