Séance de discussion à Ars Industrialis, Prix / valeur – Droit au revenu, le 21 mars 2015

Ouvert aux commentaires.

La séance de discussion à Ars Industrialis du 21 mars 2015. Y participaient, Olivier Laudau, Simon Lincelles, François-Xavier Petit, Christian Faure, Julien Gautier, Paul-Emile Geoffroy, Vincent Puig, Colette Tron, Franck Cormerais, Arnauld de l’Epine, ainsi que moi-même.

Ma propre communication (2ème partie de la discussion) : Valeur / Prix / Création de valeur

La communication de François-Xavier Petit (1ère partie de la discussion) : Droit au revenu dissocié du revenu de l’emploi salarié

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 20 MARS 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 20 mars 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 20 mars 2015. Et j’ai demandé au dieu Pazuzu de bien vouloir manifester aujourd’hui sa colère relative au comportement de la Troïka. Alors, si vous voyez quelque chose de curieux se passer pendant que je parle, eh bien, ce sera sans doute cela.

Non, je ne veux pas réitérer l’exploit de notre ami, l’intrépide reporter, globe-trotter, Tintin, dans Le Temple du Soleil, je ne vais pas essayer de profiter lâchement de la présence d’une éclipse solaire pour essayer de faire passer mon message. J’ai calculé le temps de mon intervention pour qu’elle soit terminée avant le début de l’éclipse !

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« Rebâtir, à partir de Keynes » : Les riches transfèrent aux pauvres le risque lié aux incertitudes de l’avenir

La date de parution aux éditions Odile Jacob de mon livre intitulé « Rebâtir, à partir de Keynes » a été fixée à septembre. Ici, quelques autres pages à venir.

Les riches transfèrent aux pauvres le risque lié aux incertitudes de l’avenir

Les membres en surnombre d’un groupe issu de la division sociale du travail sont dans un rapport de force défavorable vis-à-vis des membres des autres groupes. Y aurait-il à cela en arrière-plan une objectivité fondant cela ? Une telle objectivité existe : c’est celle qu’impose la problématique du risque imprégnant la totalité des activités humaines en raison de l’imprévisibilité des événements contingents de notre monde en devenir, facteur sur lequel Keynes insista dans l’entièreté de son œuvre et dès son Treatise on Probability de 1921.

Le membre surreprésenté d’une classe sera en général rémunéré à un niveau déprécié et sa loyauté sera dès lors restreinte à l’égard de son employeur, faiblesse intrinsèque qui trouvera à s’exprimer si une meilleure offre devait lui être faite. L’employeur devra alors remplacer le travailleur démissionnaire ou défaillant. Ce risque de reconduction de l’emploi offert pour l’employeur est équivalent à ce qu’on désigne en finance du nom de risque de réinvestissement : le risque de celui qui, prêtant à court terme, se retrouve périodiquement et à brève échéance devant la nécessité de replacer son argent dans des conditions qui risquent de ne pas être aussi favorables que celles qui avaient prévalu lors du placement qui vient d’arriver à échéance (cf. pour un traitement plus étendu de cette question, mon Le prix 2010 : 222-224).

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L’explication du prix par le rapport de force (I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres

Quel est le mécanisme déterminant le prix de vente d’un bien ou d’un service ?

Si l’offre est supérieure à la demande, le prix est déterminé par le rapport de force entre vendeurs et acheteurs, qui est alors favorable aux acheteurs en raison de la concurrence qui s’exerce entre les vendeurs soucieux de vendre un produit qui ne trouvera pas nécessairement acheteur ; le plancher du prix dans ce cas-là, sa borne inférieure, est le niveau de profit qui entame le niveau de subsistance des vendeurs, à savoir le niveau de profit zéro qui correspond à un prix fixé au niveau du coût de production. Si la demande est supérieure à l’offre, le prix est déterminé par le rapport de force entre vendeurs et acheteurs, qui est alors favorable aux vendeurs en raison de la concurrence qui s’exerce entre les acheteurs soucieux d’acheter un produit qui n’est pas en quantité suffisante pour les satisfaire tous ; le plafond du prix dans ce cas-là, sa borne supérieure, est le niveau de profit qui entame le niveau de subsistance des acheteurs éventuels (cf. Le prix 2010).

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Le prix : collector !

Bonne nouvelle pour ceux que le prix de 23 € pour 366 pages de réflexions inédites (que du neuf !) sur le prix dissuadait d’acheter Le prix (Le Croquant 2010) dans son édition originale : Le prix va sortir en livre de poche !

Meilleure nouvelle encore pour les collectionneurs : l’édition originale va disparaître des rayons et devenir **==> rarissime < ==** ! Collector à votre portée !

N.B. : Le prix est le premier livre qui explique la formation des prix en termes de rapport de force entre vendeur et acheteur (Incroyable mais vrai : même Karl Marx n’avait pas osé interpréter le prix en termes de lutte des classes !), ce qui veut dire qu’en plus d’être un placement tenant compagnie à vos pièces et lingots, le livre est également **==> très intéressant à lire < ==** !

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 31 JANVIER 2014

Sur DailyMotion, c’est ici. Le son est bien meilleur que sur YouTube (allez savoir pourquoi ?) mais il y a de la pub !

Nous sommes en train de gagner ! Nous marquons des points ! (C’est pas une blague)

L’affaire Snowden en 1998 : Enemy of the State (Ennemi d’État) de Tony Scott

1) Le prix est un rapport de force

Paul Jorion « Le prix » (2010)

2) Interdiction de la spéculation

– Jean-Michel Naulot, « L’interdiction des activités spéculatives des banques est une solution de bon sens », Le Monde, le 29 janvier 2014

Avec sa réforme bancaire, le commissaire européen Michel Barnier veut lutter contre « la spéculation, l’absence de transparence et les manipulations ».

3) La banque est propriétaire de l’argent déposé sur un compte

– Paul Jorion « L’argent, mode d’emploi » (2009)

– Blog de Paul Jorion : L’argent après l’Union Bancaire, par Alain Monod-Broca, le 4 janvier 2014

… les dépôts bancaires ne sont pas de l’argent comme les billets de la Banque Centrale ou les comptes ouverts dans ses livres mais des créances affectées, comme toutes les créances, du risque de signature… Voilà la thèse de votre livre L’argent, mode d’emploi totalement validée par tous nos dirigeants politiques et financiers. Je voulais vous en féliciter. Je n’ai pas trouvé ce constat sur votre blog.

4) Prendre l’argent où il est

– Les Échos : « La Bundesbank prône l’impôt sur la fortune pour les États fauchés », le 27 janvier 2014

5) Le travail disparaît

– Ce soir (ou jamais !), Paul Jorion, « Le travail disparaît », le 3 octobre 2012

– Radio Canada, Paul Jorion, « Faire face à la robotisation du travail », le 28 janvier 2014

– Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes », La Vie, le 27 janvier 2014

 Cette idée néolibérale selon laquelle le travail peut être la variable d’ajustement est mortelle.

Le « Pacte de responsabilité »

L’argent donné aux entreprises ne peut se redistribuer que de deux manières : 1) hausse des dividendes attribués aux actionnaires ; 2) hausse des rémunérations (salaires, bonus, etc.) des dirigeants.

Le mécanisme qui transformerait l’argent donné aux entreprises en création d’emplois N’EXISTE PAS.

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Un vrai marché est un espace de solidarité politique subjective, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – MONDIALISATION, par Michel Leis.

Le chapitre de Le prix (2010) que je reprendrais pour critiquer la mondialisation et le modèle en vigueur du libre-échange, est celui où Paul Jorion explique les solidarités et les négociations qui se nouent dans les professions de la pêche pour répartir sur tous les acteurs du marché les chocs et les transformations de l’équilibre des prix entre l’offre et la demande (pp. 127–131). C’est à partir du travail de Paul Jorion que je me suis rendu compte qu’un marché délimité par des personnes identifiables et un consensus de règles et de coutumes est porteur d’un capital commun par quoi sont absorbés les chocs affectant la communauté au fil du temps. Un marché régulé par l’Etat négociable et collectif d’une communauté de production mutualise le risque économique entre tous les rôles tous les acteurs.

Les marchés régulés par des États de compétence générale ou particulière sont des accumulateurs de capital assurantiel. Ce qui est assuré, c’est l’équilibre des rapports entre les acteurs dans un mode de production collective. La mondialisation d’aujourd’hui fondée sur le démantèlement des États vise à libérer le capital assurantiel de sa finalité politique afin de le distribuer aux intérêts privés hors sol, des intérêts anonymes déconnectés de toute obligation de solidarité. La libre circulation du capital et des marchandises interdit l’adossement dans les limites des sociétés politiques, de la richesse réelle à sa représentation en monnaie. Les spéculateurs peuvent exproprier le capital public des marchés, à l’économie réelle et au citoyen consommateur. La crise des subprimes a été déclenchée par les intérêts indépendants de toute communauté humaine pour privatiser l’intégralité du capital des États institués officiels.

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POUR LES GENS PRESSÉS : TOUT JORION EN 3 PAGES, par La Glue

Billet invité.

« L’économie, quelle que soit son importance pour le bien général, ne peut prétendre étouffer les autres valeurs, la vie étant le plus grand de tous les biens et devant être protégée jusqu’aux limites les plus extrêmes » (attendus du procès en responsabilité du Bois du Cazier – cités dans La Survie de l’Espèce).

L’ambiance est pesante.

Mais on a LA méthode scientifique. A quoi sert-elle ? Voir ou ne plus voir ?

Pas de constance chez l’Homo erectus (l’economicus étant une fable d’économistes faisant allégeance au capitalisme) pour faire évoluer les choses en mieux, surtout si son sort est encore supportable.

Le capitalisme : comment ça marche ?

Rapidement dans nos sociétés dites modernes, civilisées et surtout capitalistes, le pouvoir de la force est remplacé par le pouvoir de la terre, qui est remplacé par le pouvoir de l’argent. Plus t’en as, mieux c’est et plus tu risques d’en avoir.

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Les « forces collectives » proudhoniennes. Un complément à « Misère de la pensée économique », par Jacques Langlois

Billet invité.

Le fondement de l’économie chez Proudhon réside dans sa théorie des « forces collectives » résumée par la parabole de l’érection de l’obélisque de Louxor (« Qu’est-ce que la propriété » ou 1er mémoire sur la propriété, 1840). 200 grenadiers employés par l’Etat ont en une heure érigé l’obélisque. Supposons 200 ouvriers, contremaîtres et cadres payés par un capitaliste privé. Celui-ci aurait déboursé 200 heures de travail, pensons à 1 ouvrier payé pendant 200 heures : l’obélisque serait resté par terre. Conclusion : le capitaliste ne paye pas la force collective résultant de la combinaison des efforts, de leur coordination dans la division des fonctions. Ce n’est pas seulement un « effort collectif » et une coordination. C’est en fait une « composition » de 2 éléments inséparables et associés quoique distincts : la division du travail qui rend en même temps les fonctions interdépendantes et solidaires, d’un côté, et la formation des coûts qui résulte de la coopération et de la productivité de l’association des deux aspects dans la production, de l’autre. C’est avec les effets de la force collective (que Marx reprendra sous forme de « forces productives ») que l’on comprend « l’aubaine » du capitaliste qui empoche le surplus dégagé par les forces collectives tout en ne payant ses salariés que un par un.

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LE PRIX : ÉVALUER LE RAPPORT DE FORCE

Un petit clin d’œil à ceux d’entre vous qui avez lu mon livre Le prix (2010), et en particulier le passage (à la page 321) où j’explique :

Ce qui caractérise ce marché à l’amiable du « Pan Coupé » [P.J. à Lorient] par rapport à la criée, c’est que, même si l’on peut rater son coup, comme ce fut le cas pour Jean-Yves le 3 août, le pêcheur a le sentiment qu’il peut y défendre sa marchandise, d’« homme à homme », dans une enchère descendante qui autorise le marchandage. Ainsi, dans les termes d’un autre pêcheur : « On connaît tout le monde : il y a toujours une petite conversation. C’est un bon marché : on peut défendre sa marchandise. »

Passage à rapprocher d’un autre, dans un article du Financial Times d’avant-hier, à propos de la pénurie de foin aux États-Unis, où il est dit :

Le produit est difficile à standardiser, du fait que les ballots sont ronds, rectangulaires, secs ou humides, et constitués d’espèces aussi variées que la luzerne, la brome et la fléole [P.J. deux herbes des prés communes]. « Il n’y a pas de qualité standard uniforme pour les foins. Et c’est comme cela que le veulent les marchands de foin. Ils aiment le marchandage », explique Stephen Barnhart, agronome spécialiste du fourrage à Iowa State University.

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JORION SE TROMPE LÀ OÙ RICARDO VOYAIT JUSTE, par Jean-Marie Mottoul

Billet invité. Une critique ricardienne de mon livre Le prix (Le Croquant 2010).

L’économie peut s’attacher à comprendre les comportements des hommes tant à titre individuel qu’en groupe lorsqu’ils sont confrontés à la nécessité de produire pour satisfaire leurs besoins ou de se partager des richesses aux quantités limitées. Convenons que ce souci de compréhension s’apparente à celui qui anime la psychologie ou la sociologie ici en l’occurrence dans le champ de l’activité économique de production et de consommation. On pourrait parler de psychologie ou de sociologie économique.

Cette compréhension peut être utile pour guider le politique en tant que responsable de la cohésion sociale. Il convient toutefois de considérer que l’économie peut aussi se définir comme un ensemble de techniques d’organisation du travail de l’homme qui sont recommandées aux gestionnaires pour tendre vers un optimum lui-même défini comme un état où il n’est pas possible de produire plus en travaillant autant ou de travailler moins en produisant autant. Ces techniques et cet optimum se situent, soit sur au niveau des unités de base, en tant qu’art de gérer une entreprise ou un projet, soit sur un plan global, en tant qu’art de conduire l’activité de production et de distribution des fruits de cette production, de tout un pays[1].

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LA DESTRUCTION DE LA PLANÈTE EST PROGRAMMÉE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Dans notre système capitaliste, les « avances » qui sont consenties par certains, les détenteurs de capital ou « capitalistes », pour rendre possible un processus de production ou pour permettre à un consommateur de consommer, sont rémunérées par des versements d’intérêts. Dans mon livre Le prix (2010), je montre sur des exemples de « systèmes à la part », en Afrique ou en Europe, comment a dû apparaître ce système de l’intérêt : les intérêts étaient conçus à l’origine comme « part » d’une richesse nouvellement créée, attribuée à l’un des partenaires ayant contribué à sa création. La dimension qui subsiste de cette logique originaire dans le système capitaliste sous sa forme actuelle, c’est le fait que chaque fois que des intérêts doivent être versés, une nouvelle richesse aura ou devra être créée d’une manière ou d’une autre, pour en être la source. Cet aspect du problème reste le plus souvent inaperçu mais ses implications sont dramatiques parce qu’elles font que le système capitaliste est, sur le plan économique, une impasse.

Nous avons toujours traité les ressources non-renouvelables de la planète où nous vivons, comme une « aubaine » au sens de Proudhon : comme un « don du ciel » à nous partager – en suivant les lignes de partage que tracent les principes de la propriété privée. Le caractère non-renouvelable de certains de ces « dons du ciel » est resté invisible aussi longtemps que la terre nous a semblé infinie. Aujourd’hui elle nous apparaît beaucoup trop petite eu égard à nos appétits insatiables.

L’épuisement de la planète découlant de notre activité économique, c’est ce qu’on appelle pudiquement les externalités négatives, qui sont d’ailleurs – au titre d’aubaines – superbement ignorées dans la comptabilité du Produit Intérieur Brut. La « croissance », c’est-à-dire le PIB quand il est à la hausse, implique du coup la destruction irréversible de la planète et, comme le capitalisme nécessite  – pour que des intérêts puissent être versés – cette même croissance, le fait que le capitalisme a pour implication logique la destruction de la planète, prend valeur de théorème.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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CIRCUITS COURTS, VENTE DIRECTE ET CONSTRUCTION DES PRIX, par Jean-Claude Balbot, « paysan durable »

Billet invité. Il n’y a pas plus belle récompense bien entendu pour un chercheur que voir son travail théorique repris « sur le terrain ». Voir aussi ici, de Jean-Claude Balbot et Goulven Le Bahers : « Produire trop, pour produire assez ? ».

Quand nous nous sommes intéressés l’an dernier à la question de l’accès pour tous à la nourriture, nous avons fait un constat : le système agro-industriel ne pouvait mettre la nourriture à disposition de tous sans intervention des pouvoirs publics. Nous en avons conclu à l’échec de cette politique agro-industrielle dont le dogme initial est la volonté de nourrir le monde, et la référence ultime le plus grand volume produit.

Lors d’un contact avec des usagers d’un centre social nous avions constaté que, producteurs en vente directe, nous vendions à des prix qui leur rendaient nos produits inaccessibles. A l’issue de cette rencontre l’un de nous, maraîcher, a fait remarquer que dans la communauté d’origine de sa compagne en Inde, personne ne proposerait à la vente de la nourriture que d’autres ne pourraient acheter.

Une telle affirmation va à l’encontre de la doxa économique dominante depuis quelques siècles selon laquelle le prix est formé par la confrontation de l’offre et de la demande à travers des mécanismes maintes fois décrits. Le comportement des hommes semble « résister » à la loi puisque d’une part, ici, l’intervention publique semble nécessaire pour « corriger » cette loi et que d’autre part, ailleurs, certains s’exonèrent du profit maximum comme objectif économique.

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AGORA DES SAVOIRS, Où en sommes-nous ?, Montpellier, avec Jean-Claude Michéa

C’était avant-hier, le mercredi 16 mai. C’est Jean-Claude Michéa qui a la gentillesse de me présenter et d’introduire avec brio mon exposé.

Le podcast se trouve ici.

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LA RÉVOLUTION DE LA PROPORTION DIAGONALE, par Philippe Herlin

Billet invité

C’est une innovation ?
Non, monsieur l’économiste, c’est une révolution.

Le Prix de Paul Jorion n’a pas eu l’audience qu’il mérite, il est quasiment passé inaperçu alors qu’il bouleverse en profondeur la science économique, d’où cette parodie de la formule du duc de La Rochefoucauld mise en exergue (« C’est une révolte ? Non sire… »). Dans Repenser l’économie, j’ai consacré deux chapitres (11 et 12) à cette nouvelle approche, revenons-y.

La loi de l’offre et de la demande est considérée comme une évidence par les économistes, un point d’accord entre les différentes écoles. Pourtant, quand on creuse un peu, on se dit que c’est un peu trop simple pour être vrai ces belles courbes continues qui se croisent et déterminent les quantités et les prix échangés. Comment expliquer alors les brusques sauts de prix, très courant sur les marchés ? Mais on n’avait rien d’autre sous la main.

Sautant par dessus toute l’économie politique moderne, Paul Jorion, sur le conseil de Karl Polanyi, exhume la « théorie de la proportion diagonale » qu’Aristote développe dans Ethique à Nicomaque (livre 5, chapitre 5). Il en explique dans le détail le fonctionnement, puis il montre qu’elle s’applique parfaitement à notre économie et à nos marchés financiers.

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L’ÉCONOMIQUE COMME L’INTERACTION HUMAINE DANS LA PERSPECTIVE DU PRIX

Ce que je vais faire ici est un peu inhabituel : je vais vous proposer comme billet, trois pages d’un de mes livres. La raison est la suivante : dans « Les questions qui restent à résoudre » que je termine en ce moment de rédiger, je reviens entre autres, et dans une perspective plus globale, sur des questions que j’ai déjà évoquées dans mon livre « Le prix » (2010 : 295-297). La question que je vous pose, c’est celle-ci : à la lumière du débat que nous avons eu il y a quelques semaines autour de mon feuilleton des « questions à résoudre », faut-il modifier les conclusions que je proposais dans ce livre il y a deux ans ?

L’économique comme l’interaction humaine dans la perspective du prix

Une nouvelle théorie de l’économie est impliquée par la double hypothèse développée dans cet ouvrage, du « prix comme interaction humaine », et de « l’économie comme les choses dans la perspective du prix ». Il a été suggéré ici que l’équation abondance ou rareté des personnes contribuant à définir le risque de crédit qu’elles constituent pour les autres, à quoi s’ajoutent la dangerosité des activités exercées et l’irrégularité de celles-ci, le risque global des personnes déterminant leur statut, le statut relatif de différents sous-groupes définissant le prix, procure le cadre d’une nouvelle théorie de la société où le prix des personnes détermine le prix des choses.

Une ligne qui se dégage, et qui s’inscrit logiquement dans l’évolution récente de l’anthropologie économique, est la nécessité d’envisager l’économie non pas comme un domaine autonome mais comme un élément serti (embedded) dans le contexte sociopolitique. C’est là une réalité à laquelle m’a confronté la décision de prendre au sérieux les conceptions qu’entretiennent les acteurs qui me fournirent mes données initiales relatives aux marchés de producteurs. En accordant foi aux représentations des pêcheurs artisans européens et africains eux-mêmes sur la formation des prix, j’ai refusé de suivre la « ligne de moindre résistance » qui s’offrait tout naturellement à moi : qu’en cas de désaccord entre le pêcheur et l’économiste, ce dernier avait nécessairement raison et le premier nécessairement tort.

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DOLLAR ET EURO, LA DICTATURE DE L’ABSURDE AURA UNE FIN, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Une importante synthèse qui nous conduit du « théorème de l’intérêt » de Bernard Schmitt au bancor, en passant par l’euro et la Chine.

Bernard Schmitt (BS) économiste du Research Laboratory of Monetary Economics (RME Lab), en Suisse a publié en juin 2009 un « théorème de l’intérêt » (on pourra lire ici l’étude complète) qu’il a discuté avec la Banque Mondiale et le FMI. Ce théorème pose l’anomalie systémique de la double charge d’intérêt que subissent les économies nationales étrangères aux monnaies de réserve internationales.

Les règlements financiers du commerce international effectués pour l’essentiel en dollar et euro rapportent aux États-Unis et à l’Europe les frais de gestion de la masse monétaire mondiale. En plus du prix de la liquidité internationale, les pays émergents doivent subir le prix de la dévaluation du dollar et de l’euro facturés sur des excédents commerciaux automatiquement financés par un crédit international qu’ils ne contrôlent pas.

Distinguer l’intérêt du crédit et l’intérêt d’investissement

Le théorème de Schmitt dit autrement ce que Paul Jorion (PJ) exprime dans « L’argent mode d’emploi » (2009) et dans « Le prix » (2010). En l’occurrence qu’une reconnaissance de dette en paiement d’un bien réel concret ne peut pas être un système équilibré d’échange si celui qui reconnaît sa dette doit s’acquitter d’un intérêt de liquidité unilatérale. Un intérêt majoré par le fait-même que le vendeur emprunte la monnaie en accord avec sa contrepartie pour s’émanciper des contraintes du troc par un règlement en monnaie de crédit.

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CHANGEMENT DE PARADIGME : NOUS SOMMES TOUS DES LEONARDO DI CAPRIO, par El JEm

Billet invité. Attention, les lecteurs qui n’auraient pas vu le film « Shutter island » et projettent de le faire sont invités à sauter le premier paragraphe qui dévoile une partie essentielle de l’intrigue.

Dans le film « Shutter island », tourné par Martin Scorsese et sorti en 2010, Leonardo DiCaprio incarne un inspecteur de police enquêtant sur la disparition d’un patient d’un hôpital psychiatrique. Au cours de son enquête, il est confronté à différents éléments qui rendent cette disparition étrange et laissent penser au spectateur que l’inspecteur a lui-même quelques problèmes psychologiques. Finalement, confronté directement à des faits de plus en plus en contradictions avec sa conception de la situation, sa vérité s’effondre et il est forcé, au prix d’une intense souffrance, de reconnaître qu’il n’est pas inspecteur mais le fameux patient recherché. Nous pourrions bien être tous, à des degrés divers, des Leonardo DiCaprio, observant le monde au travers d’une paire de lunettes déformantes et nous efforçant de les conserver coûte que coûte sur le nez, pour ne pas avoir à nous remettre en cause.

En science, ces lunettes sont les lois censées décrire le monde et ses principes de fonctionnement. Celles-ci sont tenues pour vraies jusqu’à ce qu’elles soient démenties par la réalité : confrontés à des faits ne s’accordant pas aux résultats attendus, les scientifiques, au prix d’intenses souffrances, sont obligés de les abandonner et de les remplacer par d’autres jugées plus efficaces, c’est à dire plus en accord avec l’ensemble des fait connus.

Ces lois servent aussi à prévoir, à construire. Certaines lois physiques (ex. : calcul des forces et des équilibres, résistance des matériaux, diffusion de la chaleur, etc.) sont par exemple utilisées par les architectes pour calculer les paramètres nécessaires à la construction d’un édifice. Si les lois utilisées s’avèrent in fine être erronées, le résultat obtenu ne correspondra pas au résultat attendu. Le bâtiment présentera des faiblesses qui, selon leur importance, conduiront à son effondrement, par vieillissement prématuré ou suite à un accident auquel il n’aura pu résister, contrairement à ce que les calculs avaient prévu.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 7 OCTOBRE 2011

Apple vs. IBM/Microsoft
Steve Jobs
Akhénaton – Julien le Philosophe – Robespierre
Époques charnières et changements de paradigme
Mes propres livres : prixmonnaiecapitalismevérité et réalité
sauver Dexia

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