CIRCUITS COURTS, VENTE DIRECTE ET CONSTRUCTION DES PRIX, par Jean-Claude Balbot, « paysan durable »

Billet invité. Il n’y a pas plus belle récompense bien entendu pour un chercheur que voir son travail théorique repris « sur le terrain ». Voir aussi ici, de Jean-Claude Balbot et Goulven Le Bahers : « Produire trop, pour produire assez ? ».

Quand nous nous sommes intéressés l’an dernier à la question de l’accès pour tous à la nourriture, nous avons fait un constat : le système agro-industriel ne pouvait mettre la nourriture à disposition de tous sans intervention des pouvoirs publics. Nous en avons conclu à l’échec de cette politique agro-industrielle dont le dogme initial est la volonté de nourrir le monde, et la référence ultime le plus grand volume produit.

Lors d’un contact avec des usagers d’un centre social nous avions constaté que, producteurs en vente directe, nous vendions à des prix qui leur rendaient nos produits inaccessibles. A l’issue de cette rencontre l’un de nous, maraîcher, a fait remarquer que dans la communauté d’origine de sa compagne en Inde, personne ne proposerait à la vente de la nourriture que d’autres ne pourraient acheter.

Une telle affirmation va à l’encontre de la doxa économique dominante depuis quelques siècles selon laquelle le prix est formé par la confrontation de l’offre et de la demande à travers des mécanismes maintes fois décrits. Le comportement des hommes semble « résister » à la loi puisque d’une part, ici, l’intervention publique semble nécessaire pour « corriger » cette loi et que d’autre part, ailleurs, certains s’exonèrent du profit maximum comme objectif économique.

Si cette loi ne nous permet pas de saisir le mécanisme de la formation des prix, quels sont alors les facteurs autres qu’économiques qui interviennent dans la constitution du prix ?

C’est alors que nous avons découvert le travail de Paul Jorion qui, à la suite de l’observation des ventes de poissons en Bretagne et en Afrique il y a quelques années, avait fait le même constat et en avait tiré des enseignements dont nous commençons à mesurer l’importance et l’intérêt pour comprendre les mécanismes à l’œuvre dans la vente de gré à gré dont les circuits courts sont souvent une illustration.

Pour qu’il y ait un marché il faut qu’il y ait un acheteur et un vendeur. Pour qu’il y ait un acheteur, il doit avoir les capacités d’acheter et pour qu’il y ait un vendeur il faut que la vente lui permette de survivre. Dans notre situation nous pouvons même souhaiter que l’un et l’autre voient durablement ces conditions remplies. Le prix à payer pour un produit va s’établir entre deux bornes. L’une, inférieure, est le prix de revient du bien vendu : vous ne pouvez durablement vendre en dessous de ce prix sans disparaitre du marché. L’autre, supérieure, est le prix au dessus duquel la subsistance de l’acheteur est mise en cause, au-dessus duquel il ne pourra durablement acheter. Au-delà de ces bornes le marché s’évapore par disparition d’une des parties. Entre ces deux bornes l’échange existera, plus ou moins satisfaisant pour l’un ou l’autre.

Il revient aux deux parties d’évaluer ces bornes ; la sienne et celle de son « partenaire ». Il ne faut pas que l’acheteur veuille faire descendre le prix en-dessous du prix de revient du vendeur et inversement le vendeur ne peut pas espérer un prix supérieur au prix de subsistance de l’acheteur. Les intérêts des partenaires sont antagonistes mais solidaires. Ce n’est plus de la mesure du prix des choses dont il est question mais de la mesure dans le prix des choses.

Entre deux bornes se forme le prix par la mobilisation des ressources de chacun, dans un rapport de force auquel participent les quantités d’offre et de demande mais pas seulement et sans doute pas surtout. Ce sont par exemple la bonne renommée des uns et des autres, le rang social des uns et des autres, les relations de parenté, même éloignées, la fatigue ou l’impatience d’une des parties, des aléas de santé et bien d’autres éléments « subjectifs », non quantifiables facilement. L’on pourrait dire que sur un marché, acheteurs comme vendeurs ont au moins deux impératifs : vendre à un prix permettant leur survie, et faire bonne figure, tenir son rang.

Paul Jorion s’est penché sur l’établissement des prix dans les ventes de gré à gré de poissons sur les campements côtiers des pécheurs nomades d’Afrique de l’Ouest. Ce sont les femmes qui achètent les poissons à l’arrivée du bateau. Si le pêcheur se met en tête de vendre une proportion importante des captures à une seule acheteuse qui pourrait offrir un prix plus élevé, la colère des autres femmes se manifeste. Elle se justifie par la nécessité pour ces femmes « d’écouler une quantité minimum de marchandise…. afin de se procurer, grâce à l’argent obtenu, les produits indispensables à la survie du ménage » Le pêcheur y cédera car, plus que son revenu immédiat, c’est son statut à terme dans la communauté qui lui importe.

Dans les années 60 s’impose l’idée que pour qu’un prix se constitue « objectivement », il faut que les éléments subjectifs que nous venons d’évoquer s’évacuent du processus. La vente aux enchères anonymes s’imposerait alors : criée, cadran… L’invisibilité des acteurs permettrait aux vendeurs de tirer meilleur parti de la vente. Or c’est le contraire qui s’est produit : quand on laisse la détermination du prix à l’acheteur, celui-ci tombe au plus bas, au niveau de subsistance du vendeur et il y demeure !

Disons que l’expulsion du vendeur des mécanismes de vente constitue une spoliation, mais est aussi le reflet du rapport de force, inhérent à l’économie libérale, entre producteurs d’une part et transformateurs et distributeurs d’autre part. La vente aux enchères anonyme a eu pour conséquence d’attribuer la plus-value à l’acheteur. Elle est, sans doute, une des causes de la disparition des paysans dans ces trente dernières années. En rétablissant des circuits courts nous avons pour ambition de récupérer cette plus-value. Et pour cela, nous mettons en œuvre, sans le formuler, des éléments identiques à ceux que Paul Jorion observait au Bénin. Nous savons que nos clients « achètent le paysan avec le produit » et nous pouvons supposer que leur intérêt à la survie du paysan est alors plus fort. Ce d’autant plus que nous lui procurons un statut social valorisant : faire ses courses au marché ou se faire livrer du vin ou de la viande de « son » petit producteur permet d’afficher un certain art de vivre.

Si les éléments fondateurs du statut social ne sont pas identiques en Afrique et en France, les logiques qui les mobilisent lors des échanges de gré à gré sont les mêmes.

Que pouvons-nous retenir de ces constatations pour ce qui nous concerne ?

A. Le système agro-industriel à l’œuvre aujourd’hui en France ne permet pas au marché d’exister pour deux raisons – qui ne sont pas sans lien – les prix de revient de la nourriture sont trop élevés et les revenus des consommateurs ne le sont pas assez. Dès lors, pour que l’échange puisse exister, la puissance publique est obligée d’intervenir. C’est le rôle des subventions à l’agriculture qui font baisser le coût de revient de l’alimentation, et des politiques d’aide alimentaire qui relèvent le seuil de « subsistance de l’acheteur » dont nous parlions plus haut.

B. Nos clients des circuits courts en Europe payent par l’achat un prix généralement plus élevé que dans d’autres circuits de distribution. Ils payent en plus comme tout le monde par l’impôt, les aides directes et indirectes et les externalisations de coûts, dont bénéficient tous les paysans. Double peine ! Pour quelle justification ? Est-ce le cas dans d’autres pays ?

C. Dans nos prix de revient, dont on sait qu’ils sont une des bornes d’un échange marchand bien tempéré, quelle est la part liée au remboursement de prêts ? Cette part est de la capitalisation que nous faisons payer au client ; ne doit-t-elle pas être réduite au minimum ?

 Les circuits courts, et la vente directe tout particulièrement, en ce qu’ils rétablissent la vente de gré à gré, de face à face, doivent nous permettre d’appréhender cette notion de mesure dans les prix et de nécessaire réciprocité dans les échanges.

De l’augmentation des volumes, nous savons qu’elle est sans justification et vouée à l’échec. La transition écologique des modes de production est engagée et, peu ou prou, continuera. C’est bien de la maitrise de l’équitable allocation des ressources dont nous devons nous emparer, pour nous assurer que les politiques agricoles y prennent leur part. Pour cela nous avons entre autres besoin de comprendre et de maitriser les mécanismes de construction de nos prix. Le prix des produits agricoles est un reflet des processus qui engendrent la pauvreté et la dépendance des paysans et d’une partie non négligeable, et en augmentation, de la population.

Ces propos sont une approche incomplète et une incitation à rendre plus robustes nos positions.

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Rappel bibliographique : Paul Jorion, Le prix, Broissieux : Éditions du Croquant, 2010

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121 réflexions sur « CIRCUITS COURTS, VENTE DIRECTE ET CONSTRUCTION DES PRIX, par Jean-Claude Balbot, « paysan durable » »

  1. Ce qui me pousse à vous proposer une meilleure définition de ce que devrait signifier le mot capitalisme : « ecolo-libéral-social ». Aujourd’hui, nous en sommes bien loin. C’est pourquoi sous sa forme actuelle, c’est une illusion. La capitalisation suggère une notion de temps et doit prendre en compte l’avenir.

  2. B. Nos clients des circuits courts en Europe payent par l’achat un prix généralement plus élevé que dans d’autres circuits de distribution.

    Alors qu’il n’y a plus d’intermédiaires, mandataires, teneurs de marchés, grossistes, négociants, transporteurs, etc, plus les actionnaires et employés de la GD à rémunérer. Et alors aussi que les client-contribuables français potentiels des circuits courts voient leur capacité d’achat en direct diminuée à hauteur des 8 ou 10 milliards € qu’ils payent annuellement en subventions de la PAC, comme tu le signales aussi en B… Souci.
    Par contre pour C, désolé mais la part de la rémunération des créanciers dans le coût de revient en VD est forcément bien plus faible qu’en circuit long.

    1. ce « billet » a été écrit pour être publié dans la revue professionnelle d’un réseau de paysan et d’acteurs du monde rural. Les questions posées le sont pour « provoquer » les lecteurs et pousser au sein de notre réseau à une interrogation sur l’établissement des prix qui, vous vous en doutez bien, dépasse largement les circuits courts. Je l’ai soumis à P Jorion pour qu’il en corrige les approximations. Il a décidé de le mettre en ligne ; après tout, pourquoi pas ? Je profiterai du coup des commentaires pour nourrir le débat.
      Sur cette question des amortissements, de la rémunération des créanciers, nous avons engager un débat sur les questions de politique fiscale agricole, de lecture comptable de l’activité agricole et de leurs influences sur les modes de production. Le sujet est passionnant et loin d’être épuisé. Sur le rôle des marchés anonymes (évoqué plus bas dans les commentaires) dans la révolution verte des années 60/70, je constate qu’ils ont accompagné la disparition des paysans et des pêcheurs. Je me demande s’ils en ont été un des instruments ? En se fiant à notre expérience rétrospective, et après lecture de P Jorion, il est possible de le penser.La question de la propriété de l’outil de travail, du cadastre posée plus bas est une des plus actuelles car nous ne pouvons plus transmettre les fermes tant elles sont couteuses. Pourquoi pas un domaine publique terrestre comme il existe un domaine public maritime : un bail à long terme et à la fin de votre carrière vous rendez l’outil à la collectivité ? Nous constatons un terrible échec de l’agro-industrie : disparition de l’emploi, épuisement de l’environnement, dépendance aux énergies fossiles, perte d’autonomie des paysans sur leur ferme,accaparement de l’outil de travail…. et surtout, surtout : échec total à nourrir le monde. Nous pourrions accepter beaucoup de travers si cette intention première était respectée. C’est loin d’être le cas et nous pensons même que cette perspective s’éloigne définitivement. Il faut refonder le métier de paysan et redéfinir les fonctions que nous lui assignons. Je pense que si nous disons qu’il faut pour cela changer de point de vue, sortir du cadre dominant, nous ne choquerons personne sur ce blog. Bonne journée.

      1. @JC Balbot :
        Merci de ce billet qui a le merite de soulever de bonnes questions.
        Qd vous dites :
        ///// Nous constatons un terrible échec de l’agro-industrie : disparition de l’emploi, épuisement de l’environnement, dépendance aux énergies fossiles, perte d’autonomie des paysans sur leur ferme,accaparement de l’outil de travail…. et surtout, surtout : échec total à nourrir le monde. ////
        Vous oubliez le dégat principal ….surtout surtout le désenchantement de la vie …..
        Je ne parle pas Nostalgie , mais le nivellement induit par les gains de productivités divers ont supprimé les altérités qui sont nécessaires a la vie locale ……
        Tout gain de productivité est une perte d’ humanité .

      2. JC Balbot, vous écrivez :

        « La question de la propriété de l’outil de travail, du cadastre posée plus bas est une des plus actuelles car nous ne pouvons plus transmettre les fermes tant elles sont couteuses. Pourquoi pas un domaine publique terrestre comme il existe un domaine public maritime : un bail à long terme et à la fin de votre carrière vous rendez l’outil à la collectivité ? »

        Je présume qu’il y a juxtaposition de plusieurs modèles agricoles, en France, l’agro-industrie sur des exploitations de milliers d’hectares, de bonnes grosses fermes prospères et solidement établies au travers de structure sociale et familiales pérennes, et les autres … pour y voir clair, ne faut-il pas les différencier de façon systématique dans toute analyse ?

        Une question clef sera le statut de la main d’oeuvre agricole dans une agriculture à finalité sociale, redevenue plus intensive en « main d’oeuvre ».

        A+

      3. Morlie, stats Gironde 2010, premier département en nombre d’actifs agricoles :
        Exploitations agricoles     9 432
        dont exploitat. professionnelles     6 602
        SAU (ha) 241 978
        Taille moyenne des exploitations (ha) 39
        Chefs d’exploitation (ETP)     8 048
        Actifs agricoles familiaux (ETP)     1 960
        Salariés permanents (ETP)   13 250
        Salariés saisonniers (ETP)   4 152
        Entreprises Travaux agricoles & CUMA (ETP)    1 304
        Pas loin de 30 000 emplois directs Equivalents Temps Plein rien qu’à la prod.

      4. Bonjour Vigneron

        Entre 2000 et 2010 la superficie moyenne des exploitations a gagné 11 ha, elle est aujourd’hui de 55 ha ; cette progression reflète une assez grande disparité, la superficie moyenne des grosses exploitations est de 80 ha.

        Mais le point essentiel est que l’ensemble des exploitations qui dépassent 100 ha, soit 19% des exploitations, utilisent 58%,3 de la surface agricole.

        Bref, Vigneron, quel modèle social voulons-nous, comment discuter ?

      5. Excellent comme o u v e r t u r e au monde qui vient ! Se réapproprier son existence va de pair à se réapproprier ses outils de production. Merci !

    2. C’est ce que je constate au quotidien en me procurant fruits et légumes auprès des producteurs locaux.
      En général ceux qui pratiquent un prix plus élevé se prétendent « producteurs » pour appâter le client mais se fournissent au marché de gros. Dans leur cas il y a donc la présence d’intermédiaires qui prennent leur marge.
      Pour les autres ils relèvent très régulièrement les prix de la concurrence (grandes surfaces et pseudo producteurs) et placent leurs prix légèrement en dessous en fournissant si possible un des produits de meilleure qualité et en entretenant des relations conviviales avec leurs clients.

  3. « Nous savons que nos clients « achètent le paysan avec le produit » et nous pouvons supposer que leur intérêt à la survie du paysan est alors plus fort. »
    Cette vision à long terme est identique dans les biens industriels , le choix d’un fournisseur pour un outil ou une machine amortissable sur une période longue se fait aussi sur la durée de l’entretien de cet outil et sur son renouvellement à terme et donc le choix-pari se fait aussi sur la survie du fournisseur .

  4. Pour pouvoir s’inscrire dans une relation commerciale solide, il faut que l’acheteur puisse avoir connaissance des conditions et caractéristiques « techniques » réelles des aliments vendus.

    Un poulet gambadant et se gavant de jeunes pousses d’une herbes naissante variée ainsi que de ses graines diverses n’a pas plus à voir avec un poulet industriel, malgré l’apparence, qu’une Rolls commune (?) avec une Rols mue par un moteur de 2CV.

    Or les moyens industriels d’information, frères et cousins des moyens industriels de production, désinforment à tour de bras en faveur de l’agriculture industrielle hors sol, les individus hors sols des villes.

    Des individus plus au fait des réalité de production – donc moins maintenus dans son ignorance – accepteraient plus volontier de payer plus cher un « produit » (terme imposé maintenant par le mercantilisme industriel également pour ce qui nourrit) qui a assez peu à voir avec ce qu’on lui propose habituellement (cf. la fadeur des pommes industrielles, même bios) et qui revient donc plus cher à produire.

    Notre intérêt à la survie du paysan local, c’est à dire « rencontrable », « évaluable », à condition de pratiquer ou cotoyer soi-même de très près le jardinage et autres, pour ne pas être pieds et poings liés face au producteur, serait décuplé si ce dernier ne tirait pas trop les possibilités offertes par la technique systématiquement du côté du moindre coût de revient, donc de la baisse inhérente de qualité (cf. les tomates, sélectionnées d’abord pour leur conservation intrinsèque au détriment de la qualité et le hors sol de leur production, également en bio).

    L’agriculture industrielle aura fait beaucoup de mal au simple fait de se nourrir, non seulement en offrant, peu cher, des aliments finalement frelatés, mais aussi en faisant donc croire au faible coût possible des denrées alimentaires – dont la viande – tirant ainsi le consommateur vers une alimentation carnée (cf. la Chine aujourd’hui).

    Des fruits et légumes véritables locaux, payés plus chers mais avec une alimentation peu carnée et des à côtés limités (sodas eaux minérales, plats cuisinés industriels etc.) ne reviendraient probablement pas beaucoup plus chers au consommateur pour une santé meilleure (plus les aliments sont insipides ,plus on se gave).

    Delphin

    1. Exemple: la langoustine « pas chère »
      Une société britannique pêche des langoustines en mer d’Ecosse. Jusqu’à présent, ces langoustines étaient décortiquées dans des unités de la région et vendues dans des chaines de magasins en Grande-Bretagne. Pour maximiser ses bénéfices, le fonds de pension actionnaire de l’entreprise décide de modifier le mode de production. Les langoustines sont congelées à terre, puis transportées en Thaïlande pour être décortiquées manuellement, puis renvoyées en Ecosse où elles sont cuites et commercialisées… Les quantités produites sont de 400 à 600 tonnes par an. Cet exemple concentre la plupart des caractéristiques d’un mode de production et de consommation alimentaires non durable :
      – Sur le plan social : fermeture d’usines locales et destruction d’emplois, utilisation à l’étranger d’une main-d’oeuvre peu à même de faire valoir ses droits.
      – Sur le plan environnemental : un circuit de 27 000 km aller-retour, induisant des émissions de gaz à effet serre (1,5 tonnes de CO2 par tonne de langoustines), sans compter la congélation et la chaine du froid, très coûteuses en énergie.
      – Sur le plan sanitaire : les langoustines circulent pendant plus de deux mois, alors qu’il serait plus sain de les consommer fraiches.
      – Sur le plan économique : l’entreprise trouve son compte en délocalisant le travail dans un pays où les normes sociales et les salaires sont 28 fois plus bas (65 centimes d’euros l’heure). Mais l’impact en matière de réchauffement climatique et de chômage n’est pas « internalisé » dans les coûts de revient, il est « externalisé » dans le domaine public…

      Alors pas cher, la GD?

      Dans l’Union européenne, plus de 300 additifs sont autorisés dans les aliments : colorants, exhausteurs de goût, conservateurs, anti-oxydants, édulcorants, affermissants… La notion de dose journalière admissible (DJA) sur laquelle se fondent les autorisations est insuffisante pour appréhender la nocivité et les effets croisés de certains produits sur une durée longue.

      L’agriculture intensive mise en place dans la deuxième moitié du 20ème siècle est parvenue à répondre à la demande alimentaire en augmentant les revenus des producteurs (en Europe, grâce à la Politique agricole commune). Mais elle a atteint ce résultat par une utilisation massive d’engrais et de pesticides chimiques et par un usage non durable des ressources en eau et des sols. De nombreux résidus de pesticides toxiques subsistent dans les aliments, notamment les fruits et légumes. Non durable aussi, la sélection productiviste dans les élevages industriels qui a conduit à la dégénérescence rapide et durable de la génétique des animaux domestiques. La santé, la vitalité et la fécondité ne sont plus un cadeau de la nature mais l’affaire des vétérinaires…

      Par ailleurs, l’industrialisation alimentaire a conduit à la diminution de la diversité des produits de base utilisés et de la biodiversité agricole. Ainsi, le nombre de variétés de riz cultivées en Thaïlande est passé de 16 000 autrefois à 37 actuellement. De nombreuses variétés locales sont beaucoup plus riches en vitamines et micronutriment que les variétés industrielles qui se sont généralisées (par exemple les bananes).

      Le modèle agroalimentaire industriel a favorisé une agriculture intensive qui, dans un premier temps, a assuré l’auto-suffisance alimentaire de l’Europe, grâce notamment à un système de protection contre les importations et des aides et subventions à des filières ou aux producteurs. Mais ce modèle a ensuite été destructeur d’emplois agricoles et a généré de fortes inégalités de revenus entre agriculteurs, mettant en péril les ressources naturelles (eau, sols, biodiversité). En France près de la moitié des paysan-nes gagne moins que le SMIC.

      Parallèlement, l’envoi d’aides alimentaires inadaptées et la commercialisation à prix bradés des excédents alimentaires (blé, lait, viandes) ont déstabilisé les marchés et les agricultures de pays défavorisés, notamment en Afrique, qui ne sont pas en mesure de faire face à cette concurrence déloyale.

  5. Le retour à une monnaie physique (or ou kilo de patates peu importe…) changerait il la donne ? Y a t il une corrélation entre les évolutions de Bretton Woods et la situation évoquée ? (merci à JC Balbot)

  6. B. Nos clients des circuits courts en Europe payent par l’achat un prix généralement plus élevé que dans d’autres circuits de distribution.

    Pourquoi? Ce n’est pas très clair pour moi.

    Est-ce parce que vos collègues qui vendent via les distributeurs sont plus subventionnés? Si oui pourquoi?

    Ou est-ce que votre « marge » est plus importante? Est-ce la qualité de vos produits qui est meilleure mais avec un coût de revient plus élevé?

    Merci pour vos éclaircissements!

    1. D’abord les quantités qui font varier les marges, et aussi, d’un pays à l’autre, les disparités dans les coûts de production et dans les niveaux de vie.

      Vu récemment vu dans un supermarché, des haricots kényans.
      Les producteurs français ?
      Les producteurs kényans ?
      Les coûts et conditions de productions ?
      Les bénéfices et leur répartition ?
      Quelque chose me dit que ces haricots ont un goût amer, et pourtant je ne les ai ni goûté ni acheté.

      1. widleech, c’est pas trop la saison des haricots frais là… Plutôt celle de la fin des haricots (secs).
        Un salut en passant aux portugais et espagnols qui nous ont ramené ça d’Amérique…

      2. Wildleech, j’ai mieux : vu, un été, aux Saisies (1700m, loin là haut dans le Beaufortain), dans la supérette de la station : des pommes de Nouvelle-Zélande (bien vernissées…) 30 pour cent moins chères que les pommes du Dauphiné à 100 km !!!

    2. Les prix établis de la consommation alimentaire ordinaire sont en dessous du prix de revient . Une partie non négligeable des coûts de production sont « externalisés » Songez, par exemple, au coût pharamineux de la « reconquête » (ah ce vocabulaire ! ) de la qualité de l’eau en Bretagne depuis des décennies ; mais aussi aux transports, aux soutient aux marché, aux subventions de toutes sortes à longueur d’années, aux exonérations fiscales, etc, etc . Il reste d’ailleurs à faire un compte exact de tout cela pour que l’on puisse évaluer la réelle efficacité du complexe agro-industriel. Il est probable, contrairement à la doxa la plus répandue, que nous dépensions la même proportion de nos revenus pour la nourriture qu’il y a trente ou quarante ans. Sous une forme différente. Les modèles de production que nous souhaitons développer sont plus efficaces en ce sens que, je vous assure que cela est démontré, ils sont plus sobres en dépenses publiques ; même dans la distribution ordinaire. Pour la commercialisation en circuit court ou en direct nous devrions avoir des prix plus bas ce qui n’est pas toujours le cas. A cela il y a au moins deux raisons. La première c’est cette différence de niveau de l’intervention publique dans le coût de revient. La deuxième est que la politique agricole se fait par le soutient à l’investissement matériel, à la création de capital au dépend du travail. Tout est mis en œuvre en permanence pour faire disparaitre ce que nous appelons le « travail paysan », au profit de l’emploi industriel (qui est lui même d’ailleurs en train de disparaître depuis 10 ans) Or, nos modèles de production sont plus intenses en main d’œuvre, c’est un choix que nous assumons. C’est donc l’intervention publique qui rend, non pas nos produits plus chers, mais les autres produits moins chers !
      Et puis reconnaissons le tout de même, bien souvent, en vente directe, nous ne savons pas calculer nos prix et ce billet a pour intention première d’attirer notre attention là dessus.
      Tous les commentaires qui sont faits ici, leur nombre me surprend je dois dire, seront lus attentivement, je peux vous l’assurer !

      1. J.C Balbot, Insee 2009 : le budget alimentation par tête de veau du dernier décile est le double à peu près de celui de la tête de noeud du premier décile (240 € contre 138 par mois en 2007). Qu’est-ce qui fait ce gap ? Les budgets repas pris à l’extérieur, viande, poisson, boissons alcoolisées, eaux en bouteille, café-thé, produits laitiers et bien sûr fruits et légumes frais…
        http://www.insee.fr/fr/ppp/comm_presse/comm/cp%20et%20dp_conso_menages_mis%20en%20ligne.pdf
        Si on compte 2 500 € en budget alimentation annuel moyen par français, ça nous fait une dépense nationale de 165 milliards. Rien que la Pac versée à l’agriculture français (payée aux deux-tiers par le contribuable français,le reste…) c’est pas loin de 10% de ce chiffre…
        Une étude de 2008 et «dans le cadre» sur la formation des prix alimentaires : http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=1&ved=0CDgQFjAA&url=http%3A%2F%2Fagriculture.gouv.fr%2FIMG%2Fpdf%2Fbesson_prix_081216.pdf&ei=iKK_T7zDAs608QPf2anYCg&usg=AFQjCNHNM4A25tiL2ut0M0wzn-74GFM1aA

  7. Sur ce sujet , des experiences sur 10 et 20 ans de coop , et des refus de circuits allongés (métiers du bois ds l’exemple) ….une émission intéeressante :
    http://www.franceculture.fr/l-economie-au-defi
    Les notions de PIB et de décroissance y sont évoquées …y’a meme une économiste !

    Pour aller au bout de vos interogations , …;il me semble qu ‘il ne faut pas répéter les erreurs des solutions constructivistes : éviter ( par dogme) le gain de productivité et la spécialisation ? cesser de divider l’individu .
    Pour moi , la solution passe par une poly-activité a bas niveau …En ne se référant qu’a des besoins essentiels et qqs besoins « utiles » , ne produire que ses propres besoins (autonomie partielle) et sur un ou plusieurs domaines produire plus que ses besoins pour alimenter les besoins locaux ….les interactions offres demandes locales vont de façon naturelle etablir les productions pertinentes …
    Ce mode de vie est par lui meme assez valorisant pour freiner le consumérisme débile qui ne satisfait ni l’usager ni l’environnement.
    En ce moment les jardiniers se mettent a produire leurs plants et meme leur graines et a se les echanger ……j’ai actuellent 200 pieds de tomates d’une dizaine d’espece ..beaucoup trop pour moi , et je les distribue ….ce qui fait que les plants de légumes ne montent pas trop et me semblent avoir diminué (j’ai raté les choux ) .
    Il faut revisiter les « fromages  » statistiques des années 50 : la part logement et nourriture se sont inversée : 5% et 40 % ……….c’est a ce niveau qu’il faut s’interroger .

    1. oui kercoz,
      je partage votre avis : ruralité (valorisation du territoire) et polyvalence des savoirs (autonomie pour les besoins primaires). C’est le rééquilibrage possible entre la dimension individuelle et la dimension sociale de la monnaie dans sa dimension temporelle.

    2. « Il faut revisiter les « fromages » statistiques des années 50 : la part logement et nourriture se sont inversée : 5% et 40 % ……….c’est a ce niveau qu’il faut s’interroger . » (Kercoz)

      La production industrielle de biens modernes s’est benoîtement triomphalement évertuée à déconsidérer l’alimentation du consommateur (baisse artificielle du prix, publicité, modèles sociaux), jusqu’à la lui faire ressentir quantité négligeable.

      Un homme moderne se devait de se désintéresser de ses aliments, garantis implicitement pécuniairement très abordables et sanitairement irréprochables, au profit de dépenses plus nobles, comme l’habillement, le high tech, les voyages, la sortie restaurant, la consommation culturelle mercantilisée…

      Coup double pour l’industrie :
      – Essor d’un énorme marché de l’agroalimentaire, dont les cantines type Sodexo, au bas prix par entourloupes écologiques, économiques et sociales mondialisées.
      – Essor du marché consommation pseudo culturelle et assimilés (supports son/image et matériels adjoints, électroménager technicisé, automobile).

      Dépossédés de leur libre arbitre, fascinés par une technique qui semblait les libérer des tâches perçues comme primaires, les consommateurs occidentaux devenaient alors les thuriféraires de leur propre servitude.

      Delphin

  8. Je suis toujours étonné de voir mis dans le même panier toutes les ventes agroalimentaires réalisées via ce l’on appelle un « cadran » ou une « criée » . Même si le process mécanique est semblable, la mise en oeuvre d’un « cadran » de vente de bétail n’a rien à voir avec le fonctionnement d’une « criée » de poisson. Vous remarquerez que déjà, ce ne sont pas les mêmes termes utilisés par les acteurs de ces lieux pour en désigner l’outil. Les criées sont la plupart du temps gérées par des organismes publics ( en France par les CCI) dont le seul intérêt est de rentabiliser l’exploitation de l’outil. L’apporteur ( vendeur, de fait le patron pêcheur) est déjà reparti en mer quand le produit de sa pêche est mis en vente, et vous avez raison de dire qu’il ne joue plus aucun rôle dans la formation du prix, puisque les prix de retrait sont intégrés aux machines de vente par le biais de règles plus ou moins claires, et que le vendeur ne peut remettre seul en cause. Par contre, le fonctionnement des ventes de bétail est complètement différent, puisque chaque lot proposé à la vente et ayant recueilli des enchères est accepté ou refusé par le vendeur, présent dans la salle, isolé des acheteurs pour éviter toute influence, avant l’adjudication, et ce sans justification de sa part. Évidemment, ces ventes sont loin de représenter la totalité des échanges, et le prix ne s’éloignera pas forcément beaucoup de celui obtenu par les autres circuits de commercialisation, mais il sera la plupart du temps plus favorable au vendeur. A noter pour terminer, que ces cadrans ( une vingtaine en France, principalement dans le Centre ) sont tous créés à l’initiative des agriculteurs, et gérés à l’économie par ces mêmes acteurs (vendeurs) soucieux de leur prix de vente. Et si les acheteurs y viennent , c’est aussi parce que ces petites structures savent préserver les intérêts de toutes les parties et offrir des services intéressants.

    Billebaude

    1. Pour avoir connu le marché aux bestiaux de Sancoins dans les années 80 en accompagnant mon oncle qui était producteur de charolais, je peux témoigner des multiples abus dans ‘la formation du prix’ de la part des maquignons qui n’hésitaient pas à tirer profit de tout état de faiblesse (morale, physique, financier) d’un vendeur dont ils avaient eu connaissance en faisant le tour du foirail dés l’ouverture à 6 h.
      Aujourd’hui un certain nombre de producteurs (bovins, ovins) s’essayent à la vente directe mais, éloignés de tout centre urbain important, le développement est difficile, d’autant plus que cela représente une charge de travail supplémentaire non négligeable.

      1. Jean, j’entends encore mon père ou mon oncle me raconter les manoeuvres et coups fourrés des maquignons sur le marché aux bestiaux de Brive…
        Alors ok, de temps en temps y’en avait un qui se faisait casser la tête au coin d’un bois (je me souviens d’un qu’on m’avait discrètement montré du doigt quand j’étais niard qu’avait dû souvent trouver quelqu’un au coin du bois, une vraie « gueule cassée » de la grande guerre le Quasimodo…), mais bon, c’était pas tendre avec les faibles non plus le truc…

    2. J’ai longtemps considéré ces marchés au cadran comme une facilité, persuadé, comme vous, qu’ils étaient plus favorables au vendeur que la vente de gré à gré. Je constate que ces marchés ont accompagné la disparition des vendeurs car le nombre de ceux-ci a considérablement diminué et vous le savez. Je me demande aujourd’hui si ces marchés anonymes ne sont pas un des instruments de cette restructuration. Malgré tous les inconvénients qu’on lui connait la vente de gré à gré n’est-elle pas au finale plus favorable aux paysans qu’à l’agro-industrie ? Il faut bien constater que les prix sur les cadrans sont très souvent ( très, très souvent) juste au dessus du prix de revient. Pourquoi cela ? C’est une question que je me pose depuis que j’ai lu le bouquin de Jorion. Il faudrait regarder par exemple ce qui se passe sur le marché des fleurs, des fruits et légumes : quelles types de revenus sont favorisées à terme par ces mécanismes : ceux du travail ou ceux du capital ? Ou arrêter de lire Jorion !

      1. Les marchés ou cadrans , etaient le « net » de l’ époque …….ça permettait a l’acheteur de faire le tour des vendeurs en une demi journée ….ce qu’ il devait faire en un mois a battre la campagne pour faire le tour des fermes ,comme je l’ai vu faire en bretagne ……malgés tout ce maquignon itinérant pour fidéliser sa clientele , devait « rester correct » et meme qqs fois faire « une fleur » au paysan ds la mouise qui lui rendait par sa fidélité ….les abus devaient etre moindre , les paysans comparaient entre eux les prix ……Le NET par ex ( pour le livre) tue le marché , ds le sens ou il met en présence simultanément vendeurs et acheteurs ….. de façon théorique s ‘ il y a 50% de plus d’offre que de demande , le livre ne vaut plus rien , c’est a dire 0,6 euros (1§)….ce qui ne peut etre rentable que pour les « gros » a main d’oeuvre en servage …On est encore là ds un rapport au « temps » ou énergie …le temps nécessaire aux déplacements du maquignon ou du paysan , régulait , me semble t il a un niveau acceptable pour les parties ….

  9. Le problème lié à la fixation équitable d’un prix constitue, dans le cadre de certaines de mes activités, un sujet de réflexion auquel je ne sais pas vraiment répondre. Seulement quelques pistes.
    Au sein de l’AMAP dont j’ai la responsabilité, nous essayons de fixer chaque année le prix de la récolte que nous allons pré-acheter.
    L’AMAP peut être vue comme un médiateur, entre maraîcher qui produit, et adhérents de l’AMAP qui consomment.
    Il me semble aujourd’hui, après quelques années de tâtonnement, que nous arrivons à fixer les prix d’une façon sereine, équilibrée et équitable.
    Résultats obtenus, me semble-t-il, compte tenu des caractéristiques suivantes de l’échange:
    côté producteur: transparence sur les méthodes, les moyens, les volumes de production.
    côté consommateur: engagement de pré-achat, prise en compte des aléas climatiques
    côté AMAP: fluidifier en permanence les échanges entre producteur et consommateurs, c’est à dire baser cette relation sur la confiance. Il est possible d’atteindre un grand degré de confiance, non en la décrétant mais en la construisant. A partir d’actions sur le terrain. En éclaircissant inlassablement le rôle de chacun: les adhérents ne font pas la charité au producteur, le producteur respecte ses consommateurs. Refus obstiné de faire du chiffre et/ou de mettre en concurrence les différents maraîchers entre eux.

    Les adhérents sont satisfaits, le maraîcher se développe de façon harmonieuse (2ha de serres et 2ha en pleins champs), pour des achats dont le montant est d’approximativement 40000€ .

      1. Il s’agit bien de 2 ha de serres (20 000 m²) .
        Ces serres furent d’ailleurs détruites lors d’une tempête hivernale, il y a deux ans.
        Elles furent rebâties à 80% avec de la main d’œuvre provenant d’une dizaine d’AMAP.
        Vive la concurrence libre et faussée.

      2. Bonjour,

        pour la fixation des prix, sous quelle forme se fait la participation de la main d’oeuvre agricole qui travaille sous les deux hectares de serres?

        La question ne se pose peut être pas dans votre cas? Mais pour l’Espagne, la vallée du Rhône, cette question pourrait se poser…

        A+

    1. @Jean-Luce Morlie
      je ne comprends pas votre question.

      Sur cette exploitation travaillent 7 personnes en permanence. Niveau de conscience élevé, bons professionnels, toutes ces personnes sont généreuses.
      Se rajoutent à certaines périodes, 3 mois par an, 3 saisonnières, toujours les mêmes au fil des ans.

      50 adhérents dans une AMAP, permettent de créer un emploi permanent; c’est un ratio communément admis.

      1. Claude Animo

        Je vous remercie de votre question et je reformule le problème :

        si la propriété immobilière est un instrument de domination du locataire, l’exploitation des terres par quelques-uns, prive l’immense majorité d’un outil de travail qui pourrait lui permettre l’autonomie alimentaire, comme le propriétaire immobilier prive le locataire de son autonomie d’habiter.

        Vu autrement, est-il justifié que l’actuelle propriété des terres agricoles, par une très faible minorité, coupe les possibilités d’émergence de formes de sociales autogestionnaires pour un pourcentage bien plus considérable de rejetés du système social ?

        Les fermiers doivent -ils être des patrons, parce qu’ils disposent des terres ?

        J.C. Balbot n’évoque pas la question de la propriété, pourquoi?

        Pour ne plus être « soumis aux ordres », ne devrions nous pas également changer de contexte et, pas seulement de cadre ?

        A+

      2. Jean-Luce Morlie

        Si je n’évoque pas la question de la propriété c’est que les contraintes rédactionnelles qui me sont imposées ne le permettent pas ; et que je ne voudrais pas en deux mots évacuer un sujet qui, pour nombre d’entre nous, est au cœur des questions agricoles. Les questions que vous évoquez sont en effet celles que les paysans abordent le moins volontiers ! Ici la propriété de l’outil de travail se confond bien souvent avec la propriété de soi ! Et ce n’est pas rien.
        Il faudrait relire ce qu’en disait Bernard Lambert en 70 quand il écrivait « Les paysans et la lutte des classes » La remise en cause du productivisme agricole attaque toute l’architecture de notre société. La propriété en est une des parties essentielles et une des « questions qui restent à résoudre ».
        Nous publions une revue -Trans Rural Initiative (TRI) – animées par des paysans, et si vous souhaitiez y intervenir nous vous y accueillerions avec plaisir.

  10. Petit aparté concernant un géant du virtuel,Facebook !

    Désolé de relever un fait assez facile à vérifier mais les 900 millions d’abonnés Facebook dont tout le monde parle, c’est un chiffre qui doit être pas mal gonflé à mon avis. Il y a une myriade de faux comptes avec des noms farfelus, sans doute des gens qui ont essayé, comme moi, et qui ne se servent strictement jamais de ce site dont certains disent qu’il est déjà ringardisé par twitter. Donc bon…Vérifiez par vous memes pour les comptes farfelus.
    Facebook publie-t-il des stats d’activité de ses abonnés ? J’aimerais bien voir ça !

    1. Evidemment c’est du flan. Un groupe soi-disant valorisé à 104 milliards de dollars (rires du public), alors qu’il fait 3,7 milliards de chiffres d’affaires et à peine 600 millions de bénéfices. Si Facebook avait 900 millions de vrais profils, cela signifierait qu’il génère 6 cents de bénéfice et 4 € de CA par client. Vu les coûts des serveurs et les achats pompeux surpayés (hello Instagram), autant mettre la clé sous la porte. Le marché ne s’y est pas trompé en sanctionnant d’entrée de jeu la gourmandise des impétrants. Il n’y a aucun business plan.

      1. Amazon vend et a un business plan Renou, ça fait une sacrée différence. Quelles sont aujourd’hui les perspectives de CA pour Facebook, qu’a-t-il à vendre ? Rien. Le jour où le réseau devient payant, ce qui serait probablement le seul moyen de faire rentrer du fric, 95 % des gens abandonneront leurs profils.

      2. Sans doute Julien, mais ça :  » Le jour où le réseau devient payant, ce qui serait probablement le seul moyen de faire rentrer du fric, 95 % des gens abandonneront leurs profils. », c’est moins sûr. La came, on commence par l’offrir, et puis on la vend et les déserteurs sont rares.

  11. Tiens… v’là la Conf qu’a retrouvé mon adresse dans ses fichiers. Une invit pour un café-débat… Y’aurait-il des élections dans l’air… La Chambre c’est 2013 donc c’est pas ça… Mais keksé donc le prochain scrutin…

    1. Marrant le broyeur a vélo pour BRF de DUPETY…On en avait parlé il y a qqs années a Figeac ..mais il n’ a pas de volant d’ inertie visible …..Mon projet a la Reiser , c’etait un pou plusieurs vélos qui « lançaient  » un train arriere de camion (retourné) , avec plusieurs roues et les pneus remplis par du sable ou du ciment .
      Mon broyeur est du type « lent  » avec couple important ….l’ idée c(etait pour le burkina qui pratique le BRF depuis 10 ans , à la machette !

      1. Absolument génial et merveilleux, l’idée du don et de la générosité !
        Tiens, ça me fait penser à Khalil Gibran dans « le prophète »
        Alors un homme riche dit, Parlez-nous du Don.
        Et il répondit :

        Vous dites souvent : « Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent ».
        Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.
        Ils donnent de sorte qu’ils puissent vivre, car pour eux, retenir est périr.

  12. Par rapport aux autres circuits de production/distribution, la situation des agriculteurs est très particulière: leur rôle est d’effectuer des tâches qui ne peuvent pas l’être dans une organisation hiérarchique (parce que, compte tenu des hasards de la météo, des maladies, de la variété des tâches selon la saison, etc, le modèle industriel du style « Ford » semble rester rarement applicable.) Il me semble que dans la production agricole telle qu’elle se pratique à l’heure actuelle l’agriculteur n’est (souvent, peut-être pas toujours) qu’une étape parmi beaucoup d’autres. Par exemple dans certaines activités le coût du matériel agricole et son entretien tiennent une place prépondérante. (Autrement dit ça n’a plus grand chose à voir avec ce que j’ai pu en entrevoir dans les années 1950 😉 )

    Quand on n’y connait pas grand-chose on imagine assez bien ce que peut être la vente directe (même si on sous-évalue probablement beaucoup le temps qu’il faut lui consacrer) mais bien plus difficilement le reste: si la terre agricole est hors de prix, si le matériel, les semences, les engrais, le carburant tiennent une place prépondérante dans les coûts de production, si les subventions, les banques et la réglementation jouent un rôle essentiel, quelle place pouvez-vous espérer prendre dans (ou en marge) d’un système si complexe?

  13. Bonjour tout le monde
    « krisis » ..etant chez mon opticien, j ai lu la signification et le sens premier de ce mot, je ne pouvais m empecher de le partager.
    certainement, que le sujet, a deja été abordé, qu importe
    et je suis allé sur wiki, et egalement surpris du groupe de theoriciens qui repense la theorie critique de marx

    pour phillgill, peut etre que la mythologie grecque permettrait de rechercher un nouveau cadre

  14. Consommer local? Pourquoi pas… c’est une piste.

    -Réduction des pollutions dues aux transports
    -Respect de la législation du travail
    -Meilleur accès à l’information…

    Les circuits courts présentent certains avantages.
    Des outils existent même pour les répertorier.
    Ex :http://www.madine-france.com/fr/

    Attention : passer à l’échelle inférieure ne résout pas les problèmes posés, mais permet seulement de les ignorer.
    Ex: Mexico est-elle circuit-court compatible?

  15. J’ai une manière simple d’expliquer aux gens ce qu’il faut faire pour rendre le monde plus durable, et plus agréable : prendre les habitudes des riches, mais sans l’excès.

    Que font les riches ?
    Ils capitalisent, ils accumulent aujourd’hui pour permettre le maintien de leur statut demain.
    Ils entretiennent des réseaux sociaux élaborés.
    Ils s’intéressent à l’histoire des objets qu’ils possèdent.
    http://www.placeaupeuple2012.fr/entretien-avec-les-epoux/

    On se rend bien compte qu’aujourd’hui, les supermarchés et leurs rayons remplis jusqu’à la gueule de produit virtuellement indiscernables les uns des autres ne permettent pas de retracer l’histoire du produit, d’établir un lien avec celui-ci.
    Plus loin, je dis même que chacun est responsable des dérives des industriels en acceptant d’acheter un produit dont il ne connait pas l’histoire, et en se focalisant sur le prix, ou même le rapport qualité-prix.

    Et il n’y a pas besoin d’invoquer de grands principes pour justifier de sortir de ce système infernal. On dépend de celui qui nous nourrit. Dépendre des supermarchés pour sa nourriture, c’est dépendre de la finance mondiale, du cours du pétrole, des tarifs douaniers, du bon fonctionnement des canaux maritimes transocéaniques, des ports … une chaîne d’une complexité incroyable, et donc d’une fragilité alarmante. Tout ce fatra ne peut tenir que grâce au pétrole peu chère, et au quasi esclavagisme dans les pays en développement. Et comme tout ce qui est « trop beau » pour durer, ça ne durera pas.

    1. Oui oui, Stiegler a parlé d’individus « désaffectés », et j’ai trouvé que cela rendait très bien ce qu’on ressent devant les rayons de supermarché.
      Nous sommes privés de notre savoir-vivre. Stiegler met cela sous le chapeau général de la « prolétarisation », il la redéfinit comme la perte de savoir-faire, ce qui fait qu’elle peut aussi bien affecter un Alan Greenspan que vous et moi…

  16. Comment la coopération agricole, la mutualité 1900 et le crédit agricole se sont écartés du schéma décrit ici , d’autant plus qu’il colle à leurs statuts ?
    Vice de fond ou de forme, dès le départ ?
    Montée d’une technostructure de plus en plus incontrôlée au fil du temps et devenue mégalo ? Récupération par le capitalisme quand les structures sont sorties de l’hexagone ?
    Le sujet n’a jamais intéressé des chercheurs indépendants bien qu’il ne soit neutre dans l’économie française.

    1. ALTERÉCHOS.be, Paul Jorion : La crise, l’économie sociale, N° 335, mars 2012
      « AE : L’économie sociale est-elle pour vous un modèle qui peut avoir un rôle à jouer dans la crise actuelle, dans la constitution d’un nouveau système ?

      PJ : Sur mon blog, j’ai récemment essayé d’exposer l’ensemble de la réflexion entre 1820 et 1880 dans un certain nombre de milieux : les socialistes, les anarchistes, les collectivistes et les communistes. Et l’économie sociale, elle démarre là, chez les saint-simoniens, chez des Robert Owen. Il y a cependant une question qui n’est pas résolue à ce sujet, et qui est au coeur de la réflexion des décroissants : peut-on changer, par l’exemple, la société de l’intérieur ? Et là, je crois que la réponse de 1848 a été donnée : c’est non. Parce que dans un cadre institutionnel qui n’est pas vertueux, il n’est pas possible d’être vertueux. On peut l’être, mais 10 ou 15 minutes, parce qu’on est éliminé directement. Dans un cadre qui encourage au crime comme la finance actuellement, les initiatives de type individuel pour changer le système par un exemple vertueux sont éliminées par les lois de la concurrence. »

      1. Cartago delenda est 😉

        Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change.

        Laborit

        Un changement de cadre nécessite également un changement de contexte; un changement de cadre sans changement de contexte renforcerait le contexte de la dominance.

      2. fugisan, je suis assez d’accord, sur la première chaine télévisuelle, aux alentours de la sacrosainte météo, ce trouve une émission, ou des ménagères, nous expliquent l’immense avantage une alimentation exogène (on reste dans l’exotisme ça doit être loin) forcement bonne pour la santé (c’est pas carné). J’ai un peu de mal à croire qu’une somme d’action individuelle puisse contrecarré ce genre de « prêt à penser »

  17. Les circuits courts, dont les AMAP représentent le meilleur exemple à mon sens, ne peuvent à eux seuls représenter une alternative au développement de l’agriculture ‘productiviste’.
    En effet, cela requerrait une évolution importante dans le mode de consommation et de production.
    Seules, certaines franges de la population peut y avoir recours: celles qui font ce choix de consommation.
    Quand aux producteurs trop éloignés des centres de consommation, sur des terres ou un climat inappropriés, sans liens sociaux ‘urbains’, ils ne peuvent tout simplement que continuer ‘à bricoler’ pour leur consommation personnelle et celle du cercle familiale proche.

    1. Autoproduire une partie de ses besoins, donc démercantiliser notre espace, n’est-ce pas une des meilleures réponses au capitalisme dévoreur de gratuité ?

      Delphin

    1. S’il y a au moins un point où je vous rejoins c’est sur la nécessité de plonger le nez des petits porteurs dans le fumier dans lequel ils ont pataugé plus ou moins consciemment. Pour autant, je n’en oublie pas la responsabilité écrasante du secteur financier…

  18. Quand le carburant sera à 10€/L+ (ou francs, on ne sait jamais) et que nos crises nous auront nivelé par le bas économiquement et socialement, aura-t-on un autre choix que de chercher une consommation locale? Pourra-t-on faire des kilomètres pour consommer? Pourra-t-on consommer des haricots du Kenya?

  19. Si, « sortir du cadre » consiste à remplacer la fiction de l’offre et de la demande par la « philia », c’est-à-dire : la volonté de continuer le jeu, alors de quel jeu s’agit-il ?

    Aujourd’hui, 1,5% de la population active (1) vit de l’exploitation de la presque totalité des bonnes terre agricoles, comment convaincre cette minorité de céder son droit d’exploitation sur ces terres, avec une ampleur suffisante que pour quitter les robinsonnades et entamer un profond mouvement de société véritablement fondamental.

    À supposer que les fermiers veulent bien vendre leur terre, ce serait déjà une injustice, car de quel droit sont-ils propriétaires de ce bien commun, pas plus , il me semble que le propriétaire immobilier ! En effet, si la propriété immobilière est un instrument de domination du locataire, l’exploitation des terres par quelques-uns, prive l’immense majorité d’un outil de travail qui pourrait lui permettre l’autonomie alimentaire comme le propriétaire immobilier prive le locataire de son autonomie d’habiter.

    La location des terres aux neoruraux par les fermiers créerait une rente de situation moralement insupportable.

    Vu autrement, est-il justifié que l’actuelle propriété des terres agricoles par quelques-uns rendent impossible l’émergence de formes de sociales susceptibles de générer un mode de vie permettant d’avancer considérablement dans la résolution de nos problèmes de civilisation.
    Vu encore autrement, lorsque vous écrivez :

    « Les circuits courts, et la vente directe tout particulièrement, en ce qu’ils rétablissent la vente de gré à gré, de face à face, doivent nous permettre d’appréhender cette notion de mesure dans les prix et de nécessaire réciprocité dans les échanges. »

    Dans ce contexte, quel poids devons-nous associer aux rapports de forces, assis sur la propriété des terres agricoles, étant entendu que leur concentration fut acquise au prix que nous avons tous consentis pour la PAC pendant un demi-siècle et,au prix que les plus faibles des agriculteurs ont payé de leurs cancers et de leur suicide ?

    Le recours à la « philia » nee serait-il pas une façon de changer de cadre tout en conservant le contexte du confort de la structure mentale de la dominance hiérarchique par la propriété ?

    Qu’en pensez-vous ? Comment prendre ces problèmes ?

    1 ) un cadastre serait nécessaire, quel % de fermier possède en propre, avec hypothèques, en fermage, etc.)

    1. @Jean Luce :
      //// La location des terres aux neoruraux par les fermiers créerait une rente de situation moralement insupportable. ///////
      Vous raisonnez sur le futur avec des critères actuels …
      Partons de l’ hypothèse d’ un délitement écono-énergétique assez prononcé ……Le carburant entre a plusieurs niveaux ds la production agricole ( tracteurs , engrais , transformation, transport etc ..) Comme il n’est pas taxé pour l’ agri son augmentation sera d’autant plus insuportable a la filere classique et si la filiere courte se met en place , s’en est fini des méga surfaces …les productions vivrieres locales demandant moins d’énergie impose des cultures de maraichage sur des surfaces restreintes …le modèle possible sans ou avec peu d’énergie etant de 1 à 3 Ha pour une famille et 2 manouvriers …. Ce qui fera tomber le prix du terrain en vente ou en fermage ..sauf pour les meilleurs bien sur ! …(investissez !) …. ceci dit des délitements de cet ordre ne se feront pas sans bouleversements , réquisitions forcées , locations d’état du style 99 ans gratos ou a faible prix , pour vider les villes et réduire les émeutes potentielles .
      Qd on dit que ces cons de bouseux ne faisaient que 40 Q /ha , on oublie de dire que si le terrain n’est pas optimum , on peut doubler la surface ..et que pour produire 3 fois son pain de l’année , ça ne vaut pas le coup de déménager ds la Beauce ou la vigne n’est pas terrible .

      ///// Le recours à la « philia » nee serait-il pas une façon de changer de cadre tout en conservant le contexte du confort de la structure mentale de la dominance hiérarchique par la propriété ? ///
      faut pas non plus réver, …C’est plutot le recours a la rémington ou a la 22 …….La propriété ..dominance hierarchique ? de quoi de l’époque précédente ? …celle qui a tout bousillé ? .
      Ca serait un peu facile ..trop facile , me semble t il …..si par un gros Bug , on retourne a une case départ et qu’on soit obligé de faire pèter les cliquets ……on ne pourra possèder que ce qu’on peut utiliser et travailler …

      1. Kercoz

        « on ne pourra posséder que ce qu’on peut utiliser et travailler … »

        Vous voudriez « travailler » pour … « posséder » ? Sans doute voulez-vous la « propriété » comme « sécurité » ? Comment nous « assurer sur l’avenir » sans avoir recours à la « propriété » ?

        A+

      2. @Jean Luce Morlie :
        /// Comment nous « assurer sur l’avenir » sans avoir recours à la « propriété » ? ////
        La propriété de son moyen de production …etait plus ou moins un acquis du modèle ancien …meme les fermages etaient a longs termes ……pour s’assurer sur l’ avenir on faisait des enfants , c’etait une cotisation qui en vaut d’autres ..
        QQS ares et un mulet permet d’etre « hors d’eau » , une position de repli et de sécurité si c’est un droit inaliénable …c’est bien sur une « image » , mais l’idée est de ne pas dépendre d’ un système pour des besoins essentiels , du moins pour une partie d’entre eux .
        Pour la sécurisation , il me semble qu’apres la famille , il y a le groupe local ou institué ds le style « parsonniers » …qui accroit la sécurisation …et l’aliénation -dépendance ….
        Si ces modèles freinent les gains de productivité , ils ont l’avantage d’etre un seuil « bas » sous lequel on ne peut descendre , et qui peut servir de socle a un autre mode de développement suivant la rémanence de technologie disponible …La morcellisation empèche me semble t il la spoliation a distance .

      3. @kercoz

        ne serait-il pas bon d’abandonner le contexte dans lequel nous construisons nos automatismes : « propriété » « valeurs d’échange », etc.

        Il faut propager au plus vite cette notion que l’homme « n’est » pas une force de travail mais une structure qui traite l’information et qui se trouve être également une source nouvelle d’information. Qu’une partie de celle-ci lui serve à transformer la matière et l’énergie et aboutisse à la création d’objets, que ceux-ci aient avant tout une valeur d’usage, avant d’avoir une valeur d’échange, cette dernière assurant d’abord le maintien de la dominance, est admissible. Mais que cette information que sécrète son cerveau imaginant lui serve exclusivement à produire des objets, des marchandises, c’est là qu’est l’erreur fondamentale qu’ont entretenu les idéologies socio-économiques contemporaines.

        Quand vous écrivez :

        …La morcellisation empèche me semble t il la spoliation a distance .

        …je m’inquiète 😉

      4. Kercoz,

        …meme les fermages etaient a longs terme…

        Plait-il ? Avant 46 et le premier statut du fermage, si y’avait un contrat (régi par le code civil, pas de code rural), c’était pas spécialement long terme (21 ans aujourd’hui) mais plutôt maxi 9 et le plus souvent du genre précaire, pour le fermier bien sûr.

      5. @Jean Luce :
        //// Quand vous écrivez :
        …La morcellisation empèche me semble t il la spoliation a distance .

        …je m’inquiète //////
        N’ ayez pas peur !
        Ce que j’essaie de dire c’est que les caractères que l’ on considère comme néfastes et négatifs de l’etre humain ( avidité , egoisme , etc …) ne sont négatifs que ds la structure actuelle .
        Ds la structure originelle , archaique , c’est a dire en groupe réduit , la proximité des individus inhibe l’ Hybris et on peut meme soutenir la thèse que ces caractères sont vertueux car structurant du groupe (hierarchisation …)
        Si mon voisin est un flemmard et a négligé ses outils de production (barque ou mulet) , je vais le faire bosser et l’exploiter …ok , mais je ne ferais jamais ce que peut faire un fond de pension ! sinon je vais perdre la face au regard du groupe . De plus , je joue aux cartes avec lui et sa fille est mignone …etc .. il est meme possible que historiquement (guerre 14 …, ) je sois moralement en dette envers sa famille etc …)
        Pour faire plus court , coté affect ;…..Loin des yeux , loin du coeur ….ça ne concerne pas que les histoires de cul .
        @Vigneron :
        Sur que 9 ans c’est pas énorme , mais ça permet qd meme de s’investir ……ça permet aussi , malheureusement a certains d’épuiser un sol avant d’aller voir ailleurs .

    2. . »Aujourd’hui, 1,5% de la population active (1) vit de l’exploitation de la presque totalité des bonnes terre agricoles ».
      Le mot « presque » ne veut rien dire, cela entretient l’à priori et l’idée dans l’imaginaire collectif.
      Les terres agricoles ne prennent pas en compte les habitations à l’abandon au sein des communes. A ne pas confondre terrains viabilisés et terrains agricoles. Le problème, c’est juste le jardinage qui ne semble pas idéal pour tout le monde. Cela s’appelle, un mode de vie….Vous allez finir par nous dire qu’en jardinant, nous allons attraper le cancer ! C’est l’asphyxie financière qui a été le vrai cancer des petits exploitants, contraints d’utiliser les mêmes méthodes sauvages d’exploitation que les industriels agricoles. Et dans les campagnes, je vous rassure, il n’y a pas que le jardinage.
      On veut mettre la charrue avant les boeufs. Le beurre et l’argent du beurre !
      Lorsque l’on connait les ravages sur les économies locales (pertes d’emplois, fermetures des commerces et des services publics,….) de la désertification des campagnes, alors que l’urgence est de mettre en place des investissements « redynamisant » différemment l’économie et notre mode de vie (gaspillage).
      Oui, faisons une étude correcte et indépendante sur les possibilités de valoriser le territoire en exploitant nos déserts. Alors la concentration des richesses (urbanisation) prendra du plomb dans l’aile. L’étude d’un cadastre, ne serait-ce pas plutôt un syndrome du profit potentiel, soit une vue capitalistique. Ensuite, regardez l’age des habitants des campagnes et vous comprendrez . Enfin, quel agriculteur refuserait la vente d’une parcelle agricole devenue viabilisée. Aucun, car le prix n’est tout simplement pas le même (explication du développement périurbain).

      1. Olivier69

        Dans le cadre de la réciprocité des échanges, le poids de la propriété des terres agricole et de sa transmission est un facteur qui devrait apparaître dans la vente fair-play « gré à gré », ; le billet de Jean-Claude Balbot n’évoque pas ce fait important.

        Deuxièmement, il y a bien eu concentration des terres agricoles, cette concentration c’est l’ensemble des citoyens qui l’a payée au travers de la politique agricole commune, en permettant aux agriculteurs de dégager les marges suffisantes que pour payer emprunts ; sans la PAC, il n’y aurait pas eu de concentration à l’échelle que nous connaissons, la Pac éliminait les plus petits « l’argent » allait en tendance vers les plus grosses exploitations ce qui concourrait à l’élimination des petits et à la mise des terres sur le marché, non ?

        Que pensez-vous , en terme de justice sociale – de coopératives agricoles un homme une voix, développées sur une redistribution préemptée, de bonnes terres agricoles ?

        Sans la transparence sur la propriété, le marché « fair play » de la philia, ne risque-t-il pas de pérenniser le rapport de force, comment construire un autre contexte?

        A+

      2. Jean-Luce Morlie,
        j’avoue y être allé un peu fort. Et, je partage également votre contestation sur la PAC et son objectif. Je ne suis pas pour les coopératives (modèle de concentration).
        Il y a eu une concentration abusive mais avec de nombreux laissés pour compte au sein des coopératives (rapport de force).
        C’est pourquoi, je pense qu’il faut regarder le marché : la constitution de l’offre et de la demande actuelle. Cette concentration s’oriente sur un segment spécifique avec des méthodes peu orthodoxes. Les industriels agricoles destinent leurs productions à la fabrication de produits finis (surgelés, produits élaborés,…) qui correspond à un type de consommation essentiellement urbaine. Modifiez la demande et sa structure (notamment des consommations plus locales soucieuses de transparence) et l’offre devra s’adapter en douceur et en circonstance (arrivée de nouveaux entrants par effet de niche, modifications de la conception des produits,….). C’est notre consommation qu’il faut modifier pour obtenir les résultats sur la production. Cette étape passe par un changement de mode de vie. Nous avons ici, une réelle chance à saisir si la désurbanisation est accompagnée par le politique (accompagner, développer et orienter correctement les aides). C’est la décentralisation. Les métiers non liés directement à l’agriculture qui apportent une plus-value, auront leur place. Et le rapport de force de la propriété pourrait alors s’inverser. Sans les aides, de nombreuses coopératives agricoles ne pourraient pas survivre et les autres industriels agricoles trouveraient le marché moins juteux. Il faut créer une dynamique….
        Merci pour votre attention.
        A bientôt.

      3. « Modifiez la demande et sa structure (notamment des consommations plus locales soucieuses de transparence) et l’offre devra s’adapter en douceur et en circonstance (arrivée de nouveaux entrants par effet de niche, modifications de la conception des produits,….). C’est notre consommation qu’il faut modifier pour obtenir les résultats sur la production. Cette étape passe par un changement de mode de vie.  »
        @olivier69
        Mais il y a certainement des millions de gens qui ne demandent pas mieux !!
        Mais pourquoi diable ne le font-ils pas ?
        -le manque de temps :
        depuis que les femmes travaillent, de moins en moins de gens mangent chez eux à midi, et encore quand ils peuvent manger à midi !
        La pause repas se rétrécit à vue d’oeil, quand elle existe encore, celle de midi résiste encore un peu, mais celle du soir a déjà disparu dans nombre de métiers (la santé entre autres) où l’on se débrouille pour prendre son repas soit vers 17h30-18h30 soit après 21h !
        D’ailleurs si la « pause méridienne » existe encore dans le code du travail, il n’y a rien sur celle concernant le repas du soir ! Le législateur a dû considérer que, à l’instar de lui-même tout le monde était rentré chez lui à 19h et installé devant la télé à 20h !
        Cuisiner un repas complet avec des ingrédients à laver, éplucher et cuire devient mission impossible.
        Dans le temps à trouver pour se nourrir mieux, il y a aussi la localisation des produits, il est évident qu’un habitant d’une petite ville de province aura plus de facilité pour se procurer des produits qu’un habitant de banlieue parisienne.
        Combien de résidents de St Germain en Laye, du Vésinet ou du Peq ont-ils transformé leur « parc paysager » en jardin BRF ?
        Ils préfèrent certainement aller faire leurs courses dans l’épicerie bio, même si elle n’est pas très proche, sans oublier d’acheter des produits « équitables » pour se donner bonne conscience !
        -le manque d’argent
        c’est le pendant du précédent parce que « le temps c’est de l’argent » !
        De nos jours beaucoup de personnes gagnent si peu qu’elles sont prises dans un cercle vicieux qui leur coupe tout accès à une consommation alternative.
        Elles n’ont tout simplement pas le choix.
        Un détail : je viens de lire que M. Michel Sapin voulait donner un coup de pouce au SMIC, et pour le justifier il donne l’exemple de la caissière qui « gagne 70% du SMIC »
        http://www.ladepeche.fr/article/2012/05/24/1361227-smic-une-augmentation-legitime-mais-pas-de-forte-hausse.html
        Mais comment peut-on gagner 70% du SMIC ????
        Le SMIC n’est il pas un salaire MINIMUM ???
        Donc on ne devrait pas gagner moins de 100% du SMIC ? non ?
        Ben si, parce que le SMIC est une référence de prix horaire et qu’il na pas été établi un horaire minimal de travail !!
        Bon mais me direz-vous si elle ne travaille pas à temps plein, cette caissière, elle a du temps pour nourrir sa famille correctement.
        Ben la plupart du temps même pas, car de nos jours il n’est pas rare de voir des amplitudes horaires de plus de 12 h, même si c’est interdit, et que si vous partez de chez vous le matin à 6 h pour n’y revenir qu’à 20 h passées, 5 ou 6 jours sur 7, les quelques heures ou jours de repos qui vous restent vous pensez surtout à vous reposer, c’est à dire à faire ce que vous n’avez pas fait la semaine à savoir le ménage la lessive le repassage les rendez-vous chez le docteur, dentiste, le professeur du petit dernier qui veut absolument vous voir parce que les notes, hein, bon, c’est pas ça et…. les courses!
        Pour les courses, elle a de la chance elle travaille dans la GB donc elle a déjà tout sur place sur son lieu de travail !
        Pourtant les choses bougent.
        Un agriculteur voisin, nous a appris que les semenciers étaient en rupture de stock de certaines graines, il a parlé des radis en particulier, et faisaient des demandes pressantes auprès des agriculteurs pour qu’ils mettent en culture certains légumes pour produire des graines !
        Le jardinage marche à fond.
        Pour en revenir à nos exclus des systèmes alternatifs, il faudrait que ceux qui en ont la possibilité puissent partager gratuitement les produits avec eux.
        Ce qui n’a rien à voir avec l’établissement d’un prix et tout avec l’entraide.
        Ce qui me rappelle une anecdote que raconte mon papa :
        Il était dans son jardin et ramassait quelques salades, une voiture s’arrête, la conductrice baisse la vitre et lui dit : « Elles sont belles vos salades, vous n’en vendriez pas ? »
        « Ha, non, lui répond mon père, je ne vends pas mes salades »
        Sur ce, la conductrice démarre et s’en va.
        Et mon papa continue son histoire par ces mots : »Mais je lui en aurais bien donné des salades, si elle me l’avait demandé, mais pas vendu ! ha ça non ! »

      4. louise,
        permettez-moi, vous parlez de temps alors on a le temps que l’on se donne. Vous avez apparemment un travail qui engloutit la majeure partie de votre temps. Mais croyez-vous qu’en campagne, nous faisons travailler les salariés sur des amplitudes aussi larges? Vous constaterez que les entrepreneurs, commerçants, agriculteurs consacrent sans compter, c’est bien souvent, l’amour de leurs activités qui les gouvernent mais aussi les difficultés. J’observe également qu’il y a moins de familles monoparentales en campagne. Les voisins se connaissent beaucoup plus qu’en ville, il en ressort une solidarité. Ensuite vous l’avez dit avec l’expérience de votre papa : non, tout ne s’achète pas…..Enfin, le temps, c’est de l’argent? non, c’est de la vie…..Par contre, je peux comprendre l’appréhension de faire le grand saut (dans l’inconnu). L’urbanisation rend dépendant du temps, de la concentration…..En campagne, on se contente de peu puisque les activités ne sont pas forcément les mêmes. J’ai souvent constaté qu’en ville, on se plaint que l’on a pas assez de temps (malgré la tv) tandis qu’en campagne on s’ennuierait. Savoir bricoler,jardiner font partis des activités courantes. La consommation est moindre parce que les besoins primaires sont déjà couverts plus facilement (logement et alimentation). Les recettes sont moindres mais les dépenses aussi, d’où l’importance de la satiété. Ce n’est qu’un avis (j’ai vécu dans les deux environnements)….

  20. La transition écologique des modes de production est engagée et, peu ou prou, continuera. C’est bien de la maitrise de l’équitable allocation des ressources dont nous devons nous emparer, pour nous assurer que les politiques agricoles y prennent leur part.

    Tant que la rentabilité financière reste le moteur de toute activité nous n’y arriverons pas.
    Cette rentabilité par les charges d’intérêt concentre la richesse financière dans les mains de quelque uns notamment dans celles du start système.
    Exemple: Eden Hazard, un des meilleurs joueurs de foot en Belgique est transféré avec un salaire de 24 000€ par jour, il gagne en un jour ce que je ne gagne pas en un an.
    L’échelle des revenus est une coupe de champagne avec de moins en moins de champagne il y en a même qui dise que c’est devenu un strink.
    http://users.skynet.be/idd/documents/indicateurs/indic05-3.pdf
    Tant que cette situation perdure, les gens succeptible d’être des acteurs des circuits courts voient leur capacité d’achat diminuer.
    Autant il faut changer d’indicateur autant il faut changer le moteur du progrès qui devient la rentabilité énergétique et que j’exprimr ici:
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=31301#comment-262254
    C’est un changement de paradigme que nous avons besoin.

    1. Vous dites qu’il est impossible de faire bouger individuellement le système.
      Pourtant, il existe une mouvance survivaliste partout dans le monde. Des gens qui augmentent leur autonomie et remette au gout du jour les savoirs faire de base afin de devenir plus résilients ( au dela de l’image couteau/fusil qu’on peut en avoir de loin ).
      Comme quoi, c’est possible d’aller dans le bon sens sans attendre que tout le système ne se mette en mouvement.

      1. +1
        Et pour celà il n’est point besoin du qualificatif « survivaliste » !
        La dynamique actuelle a une telle inertie que meme sans énergie, le modèle perdurera .
        Pour vivre de meilleur façon , il ne reste que le choix individuel ….Le fait que ce modèle co-incide avec une optimisation de vie correcte porte a se poser des questions ! …..
        En participant aux circuits courts , en restreignant notre pression consumériste , …en s’autonomisant fut ce tres partiellement …on agit IMMEDIATEMENT contre ce système et pour son bien etre .
        Et là dedans , rien de survivaliste ! …on peut tres bien conserver un pied (le gauche) ds la modernité .
        Curieusement ce modèle est a la fois :
        -une forme de combat
        -une solution immédiate pour sa propre valorisation
        -un confort intellectuel
        -un solution d’aceuil de repli pour qqs autres en cas de bug sévère
        – et la seule solution « globale » qui passe par les solutions individuelles .

      2. Vous dites qu’il est impossible de faire bouger individuellement le système.

        Je n’ai jamais dis cela, je dis simplement qu’il y a quelques évidences qu’il faut dépasser (le prêt à intérêt en est une) je sais pertinemment bien que nous aurons besoin d’un effet de seuil citoyen qui permettra des décisions plus globales de se prendre.
        Nous avons besoin de gens qui se prennent en charge individuellement et lorsqu’ un certain seuil sera franchi, il n’est pas impossible que des décision pourront émergés à un niveau plus global.

  21. Billet intéressant et interpellant. Mais il me semble que le problème est mal posé. Peut être parce qu’il se focalise sur le prix. Et la citation de Jorion par Fujisan ci-dessus est éclairante :

    « Parce que dans un cadre institutionnel qui n’est pas vertueux, il n’est pas possible d’être vertueux. On peut l’être, mais 10 ou 15 minutes, parce qu’on est éliminé directement ».

    Nous allons chercher un panier de producteurs chez un producteur parce que : le trajet n’est pas plus long que la grande surface, nous apprécions la fraîcheur et le type bio des produits, et l’abonnement annuel est un engagement qui nous valorise intérieurement (« qui fait ma différence »). Nous cherchons aussi à espacer les visites à la gde distribution, même bio, et à éviter les produits ‘traités’ (lait thermisé, etc.).
    Il y a une relation humaine qui nourrit la confiance, mais ce n’est pas l’essentiel (cfr les pages de GORZ sur l’anonymat comme liberté dans ‘métamorphoses du travail’ : la fille d’agriculteurs devenant salariée d’usine agricole remplace un lien ‘imposé’ par un lien contractuel et anonyme, plus libre). Aussi, dans la ville anonyme, on est plus libre que dans le rural où chacun se connait, s’épie, se juge. Les coopérations y sont réglées par l’usage…
    Référence à la criée : Les caisses ouvrières étaient au XIXe une intervention solidaire ‘directe’ sur les prix (salaires), elles payaient une aide à la famille du vieillard qui n’était plus en état de travailler et était à charge. La sécurité sociale étatisée pour tous a rendu ce mécanisme anonyme et manipulable (vache à lait de l’industrie pharmaceutique et de la médecine allopathique, hospitalière, etc.). Cadre vertueux perverti par un système non vertueux ?

    1. Bonne réflection chaban.
      Pour faire un peu plaisir à kercoz, la question d’une bonne granularité est en filigrane dans la fin de votre post (l’intervention sociale « directe »). Elle n’a pas de solution à ce jour.
      Pour passer outre les poncifs (pourtant vrais) du style, plus c’est grand plus c’est bureaucratique et inefficace, il me semble qu’il y a au fond une loi du rendement décroissant des bonnes idées.
      Par exemple, si je regarde une machine à laver à environ 300 euros aujourd’hui, le moteur, qui y tient le rôle irremplaçable de « cause efficiente » , doit y couter 30 euros max à l’usine.
      Or les machines à laver étaient, à leur début, des lessiveuses motorisées, grosso modo. Pour limiter sa peine, en 1910 ou 1920, on aurait payer assez cher un moteur (je dirais 1500 euros en monnaie de 2012), pour avoir une lessiveuse motorisée (=machine à laver) qui ne fatigue pas sa bourgeoise. Par exemple, dans cette nouvelle machine, le moteur aurait valut non pas 5% ou 10 % mais 50% ou 70% s’il le fallait.
      Puis, les moteurs de ces puissances là devenant choses communes, tout baissa mais la part du moteur plus encore que le reste. Donc la nouveauté inventive (le moteur électrique vers 1900) devient secondaire dans le tout.
      C’est juste un niveau au-delà de l’analyse de base de la baisse du prix de tout ce qui est industrialisé par simple effet de série.
      Là, je dis que l’inventivité a un rendement décroissant dans le tout.
      Et, @Chabian, cela ne se transpose-t-il pas aux institutions de solidarité et autres institutions sociétale ? On croit y mettre de l’intelligence, voire au début on se contente d’une version imparfaite en se disant que plus tard on arrangera, mais le « rendement » de cet intelligence décroit, face à de multiples modes d’utilisation imprévus, face à des changements techniques sur d’autres plans, etc.
      Ainsi, si on a une bonne idée, on est juste condamnée à une chose, la difficile frustration d’imaginer le coup suivant quand elle aura épuiser son potentiel.
      C’est un peu du Sisyphe…mais bon, c’était le neurone agité du moment qui m’a soufflé cette « application » non conventionnelle de la « loi des rendements décroissants »

    2. Les caisses ouvrières étaient au XIXe une intervention solidaire ‘directe’ sur les prix (salaires) elles payaient une aide à la famille du vieillard qui n’était plus en état de travailler et était à charge. La sécurité sociale étatisée pour tous a rendu ce mécanisme anonyme et manipulable (vache à lait de l’industrie pharmaceutique et de la médecine allopathique, hospitalière, etc.).

      C’est ça, et c’est la « caisse ouvrière » qui payerait moins cher ou éviterait très vertueusemenr le triple pontage ou la chimio aussi. N’importe quoi.

      1. Je ne voulais pas résumer en une courte phrase toute l’histoire de la Sécurité sociale universelle, conquête de l’après-guerre. Et récupération face à la colère citoyenne d’ailleurs (de même, le suffrage universel en 1918, en Belgique). D’ailleurs, très vite, les patrons ont cherché à participer aux caisses ouvrières, car c’était une réponse solidaire efficace, autant que par volonté de contrôle. J’ai écrit ‘anonyme’ et c’est un fait positif, mais qui déshumanise la gestion tout en l’objectivant. Les dépenses des caisses étaient discutées par les cotisants, même au cas par cas qu’ils connaissaient, avec des critères éthiques, etc. Sujet délicat, je le sais.
        Et j’ai écrit : ‘manipulable’. L’obligation de passer chez le médecin de famille avant d’aller chez le spécialiste ou à l’hôpital est bien une restriction à la dépense. La vaccination H5N1 est bien une réussite manipulatrice des lobbys au détriment de la Sécu.
        Je n’ai pas plus plaidé pour un retour aux premières caisses ouvrières que je n’ai plaidé pour la vente directe des producteurs, sujet du billet.

  22. Voilà pourquoi j’avais été séduit en son temps par le programme « l’humain d’abord ».
    Une vison nouvelle sur le devenir de notre agriculture…
    En a-t’on parlé dans les médias ? Non !
    C’est pourtant un fabuleux projet d’avenir et un changement de « cadre » comme beaucoup d’entre-nous l’espère.
    Il est vital pour l’avenir de re-localiser la production agricole…Le libéralisme a gangrené notre agriculture de la manière la plus perverse qu’il soit.
    Spéculation sur le foncier, sur les matières premières….
    Flux tendus de la grande distribution ( souvenez-vous des grèves des transporteurs routiers )…
    Bref, tout ce qui nous pousse vers le désastre et le chaos…( je plains les citadins )
    Il faut vraiment tout remettre à plat et trouver des solutions à ce problème vital !
    Si certain Grecs s’en sortent , c’est parce que ce pays adhère encore à des valeurs familiales et « rurales » ce qui permet à de nombreux citadins de répondre à l’essentiel.
    Quid de la France ? et de ses 2% d’agriculteurs ?
    Et sur ces 2% combien de maraîchers ?
    Quelles possibilités les jeunes ont-ils pour s’installer ?
    Ils ne peuvent surtout pas s’appuyer sur les Safers qui contrairement à ce que l’on croit ne travaillent que pour ceux qui la compose, hormis quelques exceptions…
    Que l’on arrête de pervertir les terres agricoles en zac pour favoriser la grande distribution au détriment des petits commerces de proximité. Les petites villes et villages deviennent des zones mortes…
    Il est plus que temps de remettre de l’ordre dans ce foutoir….

    http://issuu.com/placeaupeuple_2012/docs/programme_agriculture_fdgauche_sept2011_vf

  23. Le samedi matin c’est le marché dans ma ville.
    Producteurs et/ou distributeurs locaux, il n’y en a qu’UN qui propose ses produits à des prix défiant toute concurrence : un producteur de pommes ! 0,80 à 1,20 € le kg !!
    Pas tout à fait local, je pense qu’il doit faire au moins 100 km pour venir.
    C’est aussi le seul à repartir à vide.
    Les autres sont des petits maraîchers, culture traditionnelle donc non bio, mais les légumes sont cultivés dans de la vraie terre et meilleurs au goût.
    Il y a aussi un grossiste qui fournit les distributeurs du coin.
    Donc pour les fruits, légumes, et les plants de tomates et autres salades les prix sont plus élevés sur le marché qu’à « l’inter » du coin, sauf une exception.
    Pour la viande même constat, elle est meilleure certes, mais plus chère.
    Les fromages idem, sachant que vous pouvez trouver du chèvre local dans la GD moins cher que sur le marché !!
    Donc, la ménagère qui dispose de 50 € pour faire ses courses et nourrir la famille pour la semaine, elle a vite fait ses comptes !
    Le « il vaut mieux manger moins et manger mieux » c’est pour ceux qui ont les moyens de manger !
    Les autres essaient de se nourrir le moins mal possible, avec quelques épées de Damoclès suspendues au-dessus de leur tête : est-ce que je peux me permettre d’acheter 4 steacks, sachant que je vais recevoir la facture (edf, gdf, loyer, téléphone …….), ben non, alors ce sera pot au feu ou poulet à 3 € le kg, avec un peu de chance, je pourrai en faire deux repas.

    1. @Louise :
      L’avis d’ un « potager » :
      Pas de viande …trop de légumes en ce moment : fèves et radis …velouté de gousses de fèves et asperges ……pommes de terre nouvelles /petits pois et carottes a la sauce roquefort …… creme aux oeufs , fraises natures …… …vous pensez trop viande pour vous nourrir …meme si ce soir je programme une gaterie ‘pied de porc » et ce WE: riz de veau ….
      La réalité c’est que l’autonomie partielle légumiere coute du temps , ..pas tant en culture , mais en récolte et en cuisine …. et que vivre ainsi , induit un stress du fait d’ un délestage pris sur le putain de « boulot » …stress idiot car ce « travail » n’est financierement pas necessaire .

      1. Tain ! T’as déjà des patates nouvelles ? Avec l’avril qu’on a eu ? Tu les fous sous tunnel ou quoi ?

      2. J’ai des rouges deja bien formées, je pensais les arracher pour faire de la place aux tomates et autre courgettes ….meme un peu petites , mais elles sont bien formées …plantées début mars .Pas assez de place pour des patates de stock…juste pour les « nouvelles » a la bretonne , cramées au beurre noir et plein de sel …cuisine bio , quoi ! (les pré cuire un peu a l’eau avant) .

      3. à louise : au marché, on trouve de tout, aussi des détaillants venant de grossistes qui viennent de loin ou de la revente de produits presque périmés, etc. Au panier des producteurs, l’éleveur bio nous fait une bonne réduction sur le prix ‘point de vente directe’.
        Et on est tous à faire des compromis pour rentrer dans son budget (et dans les 24 heures d’une journée…).

        à Vigneron : j’avais des patates nouvelles dans mon panier de producteurs au 9 mai.

      4. Il y en a qui ont de la chance de ne pas habiter dans le Nord. Facile les légumes primeurs quand on est à l’abri des saints de glace. Pas de problèmes de soudure, on dirait.

      5. Début mars… C’est vrai qu’t’es dans les saloperies de graves d’Haut-Brion toi… On a eu deux pets de gelée en avril et la semaine dernière y gelait encore blanc à Bazas, vise un peu…

      6. Je tente toujours qqs patates des fin fevrier debut mars ……si ça menace vers les seins de glace …je butte les premieres feuilles avec du BRF …De toute façon , je n’enterre presque pas le plant , je couvre de BRF …le plus curieux , c’est que que les patates s’enterrent ttes seules !

      7. Dans le Léon, cette année c’était mi-avril les nouvelles. Mais bon c’est le Léon…
        @kercoz, «  cramées au beurre noir et plein de sel …cuisine bio , quoi ! « 
        Du beurre noir et plein de sel, bio?… Poisons « bio » alors…
        Inutile de saler les nouvelles et l’huile d’olive est ton amie.

      8. @Renou …Les règles sont faites pour etre transgressées ….c’etait de l’ humour bio . sur que c’est pas trop digeste …mais c’est un rite printanier délicieux .

  24. Bonjour,

    Merci pour votre billet. Je vous fais quelques observations dans le désordre.

    L’éviction du producteur est effectivement une plaie de la commercialisation agricole aujourd’hui. S’en prendre aux acheteurs surpuissants de la production agricole nous renvoie à des questions de politique générale et de classes sociales, à celle du pouvoir tout court accordé aux pouvoirs économiques dans une démocratie qui serait redevenue censitaire (Jorion) ou n’aurait jamais cessé de l’être (autres auteurs…)

    La manipulation du citoyen lambda, réduit aux statuts d’affolé du salariat et de consommateur aveugle, n’est pas moins grave.

    Par ailleurs le bradage des productions agricoles subventionnées des pays riches provoque la ruine, et pour une part l’assassinat, des paysans dans les pays pauvres. Les exemples sont innombrables, et Jean Ziegler en particulier en cite d’abondance, du maïs étatsunien qui a ruiné les campagnes haïtiennes depuis quarante ans, aux légumes subventionnés, originaires de l’Union européenne, mis à la vente sur le marché de Dakar à un prix inférieur à celui qui permettrait au paysan sénégalais de vivre ou de survivre.

    Enfin le fait que les circuits courts soient plus coûteux pour l’acheteur final montre bien que ce modèle ne peut représenter, en l’état, une solution globale.
    Ces consommations ne deviennent-elles pas des, ou ne s’ajoutent-elles pas aux, signes de différenciation et d’appartenance sociale ?
    Par exemple, comment peut être assumé le rapport personnel direct entre le producteur et l’acheteur dans ce modèle, si la transaction entretient deux modes d’existence inégaux, le vendeur dans la précarité et l’acheteur dans un confort du type « classe moyenne » plus ou moins supérieure, ou l’inverse ?

    J’ai du mal à voir dans les circuits courts autre chose qu’une démarche individuelle inévitable dans certains milieux peu ou prou éclairés – il faut bien honorer sa propre conscience ! -, mais tout à fait anecdotique sur le plan global. Sur ce plan, la problématique reste à peine écorchée, et la question des moyens reste entière…

    Cordialement !

    1. @Leboutte

      Je vous cite une réflexion trouvée sur transrural-initiatives

      Les salariés = variable d’ajustement

      Les coopératives agricoles ont sans doute été avant-gardistes sur le plan social. Mais, elles ne le sont plus . Dans l e s secteurs de s c é r é a l e s e t du l a i t notamment, les salariés ne veulent pas ê t r e l a « v a r i a b l e d ’ a j u s t e m e n t » p assa n t a p r è s l a rémunération des coopérateurs paysans. «Entre la politique salariale de Danone et Sodiaal, c’est le jour et la nuit», s’exclame Christian Claude, responsable s y n d i c a l i s t e F G A – C F D T . I l d é n o n c e d e s g r i l l e s salariales où nombre de grades sont «collés au
      SMI C» e t s ’é tonne des campagnes de publicité m e n é e s p a r l e s coopératives sur les métiers ,fortement subventionnées, alors que les compétences internes ne sont pas valorisées ni encouragées.

      http://www.transrural-initiatives.org/numero-241-250/TRI265dossierj.pdf

      Le déficit démocratique de l’économie sociale est peu analysé; le fait que les vocables de l’économie solidaires aient le vent en poupe n’arrange pas les choses. Dans la crise, les collusions entre les nomenclatures locales et les entrepreneurs sociaux locaux ne vont pas manquer à se fortifier « pour sauver la « philia ».

      Dans ce cadre, je crains que « la formation du prix », en dehors de l’idéologie de l’offre et de la demande, ne soit instrumentalisée comme validation d’une réorganisation sociétale sur base des rapports de forces existants.

      Peut-être pour des raisons différentes de vôtres, l’utilisation idéologique spectaculaire du monde agricole me paraît évidente, la propriété sera attaquée (régulée) au niveau du logement du petit propriétaire de logement locatif, mais non pas sur la propriété terrienne. Il s’agira en effet de donner un os idéologique à ronger aux foules urbaines et de leur donner à manger en conservant le socle de l’agro business, c’est-à-dire, le groupe social des 19% propriétaire de plus de + 10ha qui occupent 59,3%.des exploitations agricoles. Les 43% de propriété agricole (-20ha ) qui occupent seulement 4, 6% de la superficie agricole, seront chargée de faire mousser la solidarité, mais comme sauce de leur intérêt à garder le patrimoine dans la famille tout en occupant la main d’œuvre inoccupée. Que restera-t-il d’autre ?

      Je ne crois pas qu’un « changement de cadre » suffise, car après tout, tandis que certains préparent leurs radeaux, d’autres préparent leur débarquement délictueux, afin de racheter la Grèce et aussi « leur Grèce » à bas prix . Comme « outil pour penser », l’économie » laisse derrière elle un grand vide, et le politique ne va pas mieux, à moins que de réaffirmer le credo d’un retour à la lutte des classes frontales, comment progresser dans l’analyse des rapports sociaux entre groupes, et notamment comment penser le groupe social qui prospère sur le rapport social de redistribution, redistribuer l’abondance ou la rareté, c’est toujours redistribuer? Qu’en pensez-vous ? Comment aborder politiquement le contexte de la domination?

      Dans cette société qui est égalitaire, car c’est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classe, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents, les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et, parmi les intellectuels, il ne reste plus que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des ouvres et non comme des moyens de gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. « 

      A. Arendt

      1. Jean-Luce Morlie
        Et quelle serait la solution? puisque je constate que vous ne croyez pas à la ruralité.
        Permettez-moi, l’agrobusiness, vous parlez de quelle campagne? ou plutôt de quelle conception de la campagne?
        Le paysan n’a pas une culture d’agriculteur productiviste.
        Et j’espère que vous y vivez au moins? Curieusement, je pense que vous avez misé sur l’urbanisation.
        Je ne comprends pas votre démarche : vous souhaitez une révolution de la propriété privée ?
        Je vous invite à relire le post de Louise plus haut (son papa).
        Vous comprendrez que tout ne s’achète pas. Et surtout en campagne…..
        Ce n’est pas avec des mots que l’on fait pousser des carottes.
        A+

      2. Si je crois en « la ruralité » ? Ben oui! ’ kâmême’ – Tityre sub patulaue recubans … » – ; ce que Virgile écrivait -là , était déjà , à l’époque, vicelard au vu de la situation politique… En France, la société traditionnelle, au sens de Varagnac, (ref. néolithique) n’a déclinée que saignée par 14-18.

        Je pense qu’il y aura des foyers de municipalismes libertaires s’opposant au municipalismes bureaucratiques qui, de gauche et de droite, tenteront de consolider une classe des redistributeurs, lesquels « au nom du traitement de classes malheureuses, accessoirement dites « dangereuses », pomperont les classes moyennes, puisque les « marxistes » durs et purs espèrent les radicaliser pour s’emparer du « pouvoir du peuple ».

        Les chômeurs y seront traités à l’empathie bucolique, voire à l’éveil aux Enthéogènes, ce blog nedéclinerait-il 😉 ? Si s si 😉

        Un changement de cadre demandera un changement de contexte, car, sans cela, nous régresserons ( Bateson, Laborit). Que voulez-vous, ces deux-là font partie de ma mémoire et, je ne vais pas me défaire de ma mémoire pour vous faire plaisir, bien sûr, nous pouvons discuter sur pièce).

        Accessoirement, l’affaiblissement du pouvoir central accompagne le renforcement du pouvoir local – magouille- (c’est en marche depuis trente ans, les socialistes y sont experts, eux aussi, voyez les mésaventures d’un Montebourg ).

        Mais plus directement : un système social fonctionne comme un tout, villes et campagnes associées ! Aussi, les bluettes « convivialistes » « survivalistes », n’ont aucune pertinence devant les problèmes de gestion des Mégapoles -deux mois sans eau et c’est le choléra grave !- ou pouf pouf pouf.

        « Le prix » comme rapport de forces dans le cadre de la « philia, » demande une approche balzacienne, car chacun de nous devrait y comprendre finement la position de chacun des groupes sociaux, comme dans le face à face pêcheur-mareyeur ( nous en avons les outils) , mais aussi, évolution oblige, comprendre comment le système nerveux de chacun de nous peut trouver des satisfactions plus fines que celles que nous donnent les bons vieux bénéfices de la mémoire des formes de la dominance, lesquelles sont historiquement acquises par notre paléoencépale.

        Jorion utilise l’image d’une Ferrari (néocéphale), lequel piloterait une brouette (paleocencephale) ; il conviendrait, je crois et avec Laborit, de renverser l’image de Monod ; notre brouette paléoensencéphalique a bien du mal à couvrir les vieux rugissements, acquis, de notre Ferrari paléencéphalique , quand celle-ci pousse les cris de « propriété » « liberté « égalité » etc.

        PS, sur quel paquebot , en face d’Athène, Godard a-t-il filmé « socialisme » – : Aujourd’ hui, les salauds sont sincères ?

      3. @Jean luce :
        /// un système social fonctionne comme un tout, villes et campagnes associées ! Aussi, les bluettes « convivialistes » « survivalistes », n’ont aucune pertinence devant les problèmes de gestion des Mégapoles -deux mois sans eau et c’est le choléra grave !- ///
        il vous faudrait vous réferer a des chiffres et des infos plus pertinentes (Je vous conseille le site Manicore , Jancovici malgres ses orientation est un ingénieur de haut niveau .
        L’eau sous pression ne manquera pas …il suffit de 2 ou 3 kw pour remonter de l’eau ds un chateau d’eau ….un petit groupe peut le faire …
        Par contre en cas de bug , meme pas un gros bug , mais celui de maintenant poursuivi qqs temps …l’urbanité n’a plus de raison d’ etre ….. les boulots qu’on y trouve ne peuvent que disparaitre puisqu’ils ne sont pas , pour la pluspart , axés sur la production de biens essentiels .
        Villes et campagnes associées ! ben tien ……je peux vous preter une binnette pour cette asso (humour inside) ….

      4. Bien sur,
        Vous voyez, vous parlez d’une campagne avec mépris que vous ne connaissez pas. C’est caractéristique des « oracles ».
        En effet, certaines personnes auront toujours peur de l’inconnu mais d’autres serviront toujours de guide.
        Je dirai plus simplement : vous défendez votre biftek, mais attention, vous n’aurez sans doute bientôt plus de pain blanc.
        « Magouille », c’est démagogique et arbitraire car c’est la guerre « des petits chefs » qui nous a donné ce joli monde en noir et blanc (libéralisme et socialisme). Optez pour la couleur (générationnel) et vous changerez d’époque (de cadre comme vous aimez à le dire).
        La littérature est une arme, le jardinage, une autre……
        Je vous laisse digérer vos mots, et je retourne à mes carottes.

    2. J’ai du mal à voir dans les circuits courts autre chose qu’une démarche individuelle – inévitable dans certains milieux peu ou prou éclairés – mais tout à fait anecdotique sur le plan global.

      Tout à fait. Pour les pratiquer depuis plus de trente ans, je confirme. Un prof d’économie rurale, un brin moqueur (jésuite il est vrai), me l’avait soutenu alors. Je lui avais ri au nez. A tort.

      1. Je partage votre point de vue en ce qui concerne la partie bien repue de l’humanité ; mais le restera-t-elle ? Les circuits courts nourrissent actuellement la majorité des habitants de cette planète. Peut-être que cela ne convenait pas au jésuite. Ils sont pourtant bien placés pour le savoir. Ça ne sent pas un peu le jésuite, partout sur cette terre ?
        L’évolution de ce mode de commercialisation m’importe à ce titre essentiellement. Mais ici aussi, Il permet d’installer en ce moment des jeunes que nous gagnerions à connaître un peu mieux. Ils sont nombreux, déterminés et, pour certains, trouvent que le monde dont ils héritent n’est pas convenable. Il faut bien que jeunesse se passe,me direz vous sans doute ? Et bien j’ai des doutes à ce sujet. Quand j’écris le billet plus haut je le fais en m’adressant à des lecteurs en majorité connus, avec des mots et des intentions à peu près partagés. Mais je pense par ailleurs que la ville doit être le sujet de la plus grande attention ; que c’est en ville que vivent et se nourrissent la majorité des Français ; et que c’est très bien ainsi.Il faut rendre nos villes habitables, encore un effort camarade. J’ai une bonne conscience et connaissance personnelle de cela. Je plaide pour que la politique alimentaire soit bâtie de manière démocratique et ne serve pas comme c’est le cas actuellement les intérêts d’un nombre de plus en plus petit. Le complexe agro-industriel a échoué. Peut-il se réformer ? J’en doute. Va-t-il s’écrouler ? Je ne le souhaite pas, il me tomberait dessus. Sur ma famille, mes amis, mes voisins, ceux que j’aime et ceux que j’aime un peu moins ! Le capitalisme à l’agonie certes, mais à ce compte le capitalisme est mon agonie. Je ne sais pas si ce que je fais (et écrit !) va changer le monde mais je pense que si le monde change il aura besoin de ce que je fais. Quelle prétention !

      2. Kercoz, tu sais très bien que le gentil retraité qui prend sa gentille Mégane diésel pour aller gentiment ramasser lui-même ses deux kilos de gentilles fraises chez le gentil maraîchèr ou le gentil fraisiculteur du coin consomme plus de gas-oil par barquette que celui, vilain, qui prend ses fraises marocaines, vilaines, au Leclerc, vilain, dans son caddie du samedi matin.

      3. @ Vigneron :
        Je crains que ça va se déliter plus que ne le prévoient certains ….plus de bobo’s a mégane ….selon moi , un des modèles est un redépart a partir d’une auto suffisance sur laquelle s’appuiera une rémanence moderniste ….. mais ce redépart se fera plus par des immigrés récents ( beaucoup de roumains par ex ds le tarn) qui sont bien content d’occuper d’anciennes batisses a jardin…et a bosser sur les fruitiers locaux , et qqs « locos » de souche ou désouchés …
        C’est un modèle de repli , le modèle qui risque grave c’est le « collage » au modèle actuel , avec un max de kakis …regarde les courbes de Janco , c’est l’énergie qui distribue les cartes …tout va bien le baril baisse !

  25. Merci d’avoir publié l’article ! et, puisque vous cherchez à avoir des feedbacks ça me permet de vous donner le mien : vous dites pourtant qu’il y a autre chose en jeu qu’une affaire de besoin, alors comment envisagez vous une « équitable allocation des ressources » ?
    J’ai l’impression que vous continuez à penser l’équité en terme de besoin : l’économie n’est pas une affaire de besoin, c’est une affaire de volonté. Essayer donc d’y trouver la logique d’une mesure : imaginez, les consommateurs veulent les détruire les paysans qui les nourrissent, s’ils coûtaient un seul regard ça serait déjà l’effort d’avoir à mesurer ses désirs : on ne veut pas les voir.

    « Nous savons que nos clients « achètent le paysan avec le produit » et nous pouvons supposer que leur intérêt à la survie du paysan est alors plus fort. »
    De quelle genre de sympathie s’agit-il ?
    Celle là ? http://www.youtube.com/watch?v=lvHycIZ3aQY&feature=BFa&list=LLGS_ZEMSAkZYO7hYbx8wInA
    ^ o ^

  26. Lou,
    La sympathie passe après l’intérêt générationnel (celui de nos enfants).
    Si l’espoir des prochaines générations repose sur la supposition alors je plains nos enfants.
    Ensuite, je vous cite : « nos clients « achètent le paysan avec le produit » », je dirais plutôt que la volonté de détourner sa propre responsabilité sur l’autre, empêche la mise à nue de nos comportements en favorisant les pratiques d’un autre age. Croyons que tout s’achète, alors ne nous plaignons pas de l’avenir offert à nos enfants. Nous serons tous confrontés à notre bilan…..
    Conseil de jardinier : Ne semez pas le vent, vous récolterez la tempête.
    On ne cherche pas l’équité mais la responsabilité !
    Quel est l’intérêt de chercher à avoir lorsque l’on trouve ?

  27. Olivier, je ne défends pas les désirs fascistes qui s’introduisent dans mon quotidien et investissent les agencements sociaux, je les vois, c’est différent.
    J’essaye de penser comment avoir un effet sur le réel, je n’aime pas l’idée de responsabilité, et ce que je retiens c’est l’idée des visibilités : je suis entièrement d’accord avec l’idée de créer des conditions de visibilités, ça consiste à créer la connaissance de la relation qui me lie au monde et la possibilité d’avoir une prise dessus.
    Là où je suis un peu sceptique c’est que vous semblez vouloir dire que le « marché » n’attend que ça, alors que vous dites aussi que le marché du libre échange s’est justement crée sur la dissimulation, et là moi je dis que c’est même à ça qu’il sert, qu’il sert à dissimuler, à piller et à dominer tout en se cachant et que c’est pour ça qu’il a du succès.
    Aujourd’hui on peut tous se prendre pour des héros, penser ce qu’on veut, de toutes manières on peut rien prouver :  » on a pas le choix  » il faut bien aller au supermarché plutôt que chez le paysan, de toutes manières les paysans ça leur convient bien, et puis il y en a ce sont des voleurs, etc. dit la petite voix fasciste.
    la dissimulation ça arrange tous les individus qui se mentent à eux mêmes. Que vous ayez gagné 10 euros lâchement au lieu que vous aillez manqué de les gagner en faisant preuve de courage, vous pouvez être sur que la jolie fille employée au Super U vous soupçonnera jamais d’avoir gagné ces 10 euros comme un lâche, d’avoir été dégueulasse, elle pourra jamais le prouver.
    Je ne critique pas les initiatives de vente directe, je pense simplement qu’étant donné l’intérêt qu’exerce la dissimulation, ça serait une erreur de croire qu’on puisse, à travers elles, sensibiliser tous types de personnes à leur environnement, puisque certains types de personnes n’ont justement pas intérêt à entrer dans ce genre d’agencement présentant des conditions de visibilités différentes, et je ne parle même pas seulement des fascistes, je parle aussi des gens qui ont du mal à entrer en relation avec des inconnus et qui pourtant payent leurs articles au supermarché avec le même naturel que les autres, ceux qui auraient peur de ne pas avoir le sentiment d’avoir payé le « juste » prix, dans l’un et l’autre cas ces sentiments sont procurés par le supermarché dont c’est le business.
    C’est là à ce niveau qu’il y a quelque chose qu’accomplissent les agencements majoritaires, le marketing etc. là qu’il y a capture du sens collectif qui relie.
    Il faut sortir la régulations des signes et des visibilités des entreprises et redéployer les investissements sur des machines collectives.
    Comment lutter par exemple, lorsqu’on est un paysan moche – ça arrive : il se trouve qu’un supermarché peut décider de n’employer que des jeunes hommes et des jeunes femmes qui s’approchent des signes déployés par les magazines. Vous direz que c’est débile, mais il se trouve qu’on peut avoir plus envie de côtoyer dans son quotidien les signes investis positivement par une écrasante majorité -invisible et potentiellement illusoire, plutôt que d’avoir affaire à un homme ou une femme qui nous renverra le feedback d’une banalité ennuyeuse.
    Voilà de quoi est capable une entreprise de distribution : tout est dissimulé, et on ne montre que ce que vous voulez voir.
    Et ni de vous ni des cerveaux derrière tout ça, ce qu’il aura fallu de violence pour réunir tout ce petit bonheur dans votre journée on en saura jamais rien : c’est le contrat. Comment être plus cool que ça ?
    Faut montrer ce qu’on ne veut pas voir et savoir si c’est ça qu’on veut.
    Il y en a oui ils veulent vivre dans le mensonge, encore une fois je crois que c’est même à ça que sert le marché du libre échange.

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