Crise du lait 2016 : rien d’autre qu’une réplique plus forte, par Christophe Diss

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le duel Lactalis versus producteurs se solde sur un prix bien en deçà des coûts de production : en moyenne, le prix de base Lactalis français se situera autour de 275 €/1000 L sur l’année, hors qualité. Le prix de revient « producteur» étant situé entre 330 et 380 €/1000 L de lait, un prix de base minimum et décent devrait se situer entre 320 et 350 € avant paiement de la qualité, et ceci, sans tenir compte d’une marge de manœuvre d’autofinancement ou de rémunération du capital et pour un revenu autour du SMIC.

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (IX), La formation de l’ordre social suivant les prix, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Depuis 2011, vous avez publié plusieurs ouvrages économiques dont Le capitalisme à l’agonie et Le prix. Les problématiques soulevées ne relèvent pas du seul secteur financier : elles engagent une anthropologie économique succédant à une anthropologie de la connaissance.

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (VIII), La prétendue « objectivité » des prix, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

Dans votre ouvrage Le prix, vous évoquez les robots gérant des échanges à haute fréquence. Selon vous, les échanges robotisés ne relèvent plus à proprement parler du marché. En effet, les mécanismes sociaux liés au prestige de l’acheteur et du vendeur ne peuvent être transposés aux machines sauf à y introduire des schémas émotionnels leur enseignant la dignité et la gloire.

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Cessons de croire au mythe de l’entreprise au service de l’intérêt général, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Le discours d’Emmanuel Faber, le Directeur General de Danone, lors de la remise des diplômes à HEC il y a quelques jours, a été salué à juste titre pour son remarquable humanisme. Il était poignant à titre personnel, et ne choquait pas venant du dirigeant opérationnel d’un groupe qui se donne pour mission « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ». Et qui le fait, malgré l’opposition d’un lobby de la santé occupé à faire son miel en produisant des malades guéris, qui n’a donc aucun intérêt financier à ce qu’un système de santé préventif puisse produire des bien-portants, comme tente de le faire Danone, entre autres grâce à une meilleure connaissance des interactions entre le système immunitaire humain et l’alimentation.

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Une illustration de la formation des prix selon Paul Jorion : les taxis thaïlandais, par Philippe van Averbeke

Billet invité.

Cher Paul Jorion,

Je suis en ce moment en Thaïlande et voici quelques réflexions sur une situation particuliére que je constate ici.

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Le temps qu’il fait le 17 juin 2016 – 02

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. » Friedrich Engels et Karl Marx, Le manifeste communiste, 1848

Deux illustrations :

1. La Loi travail
2. L’affaire Kerviel

Paul Jorion, Le capitalisme à l’agonie, Fayard 2011
Paul Jorion, Le prix ; Le Croquant 2010 ; Flammarion (poche) 2016
Le Blog de Paul Jorion : Cédric Mas, LA LOI EL KHOMRI : LA DERNIERE ETAPE D’UN BOULEVERSEMENT DU DROIT DU TRAVAIL, le 8 mars 2016
Paul Jorion, La guerre civile numérique, Textuel 2011
Pierre Clastres, La société contre l’État, Minuit 1974

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Trends / Tendances – Les fonds vautours et leurs interprétations fantaisistes du risque qu’ils courent, le 20 mai 2016

Les fonds vautours et leurs interprétations fantaisistes du risque qu’ils courent

Deux fonds attaquent aujourd’hui, devant la Cour constitutionnelle belge, la loi belge du 1er juillet 2015 relative à la lutte contre les activités des fonds vautours. Ce conflit pose des questions fondamentales quant au prix d’échange des instruments de dette souveraine.

Les fonds vautours et leurs interprétations fantaisistes du risque qu'ils courent

© Capture d’écran The Wall

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« Le prix » en poche – La nouvelle préface (2016)

LePrix

Très peu d’essais comportent dans leur titre le mot « prix » : je l’ai découvert au moment de choisir comment intituler celui-ci. J’imaginais l’appellation prise depuis longtemps par des dizaines d’ouvrages. Or il n’en était rien.

À croire que les prix n’intéressent personne, alors même qu’ils régentent notre vie, font de nous des riches ou des pauvres, constituent pour la plupart d’entre nous une source de préoccupation constante, et sont l’origine de grandes satisfactions pour un petit nombre d’entre les autres.

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Un président Piketty pour refinancer la démocratie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. La pétition sur Change.org : Thomas Piketty, présentez-vous aux présidentielles !

Condition personnelle de possibilité du prix rationnellement mesurable

L’une des conditions de possibilité de la réalité objective subjectivable, c’est à dire de la mesurabilité du capital comme prix de la certitude du prix en crédit, est la responsabilité personnelle réelle. La responsabilité personnelle réelle, c’est la faculté du sujet individualisé, nommé et identifié de matérialiser les prix possibles de l’objet ; lequel soit distingué et séparé du sujet. Pour qu’un prix soit matériellement objectif, il faut et il suffit que les sujets du prix existent et soient formellement des personnes.

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Le prix des médicaments, par Michel Leis

Billet invité.

Ce vendredi 25 mars 2016, Arte a programmé une fiction inspirée par l’affaire de la thalidomide. Le brevet de ce médicament fut déposé en avril 1954 pour une durée de 20 ans par la firme Chemie Grünenthal. Commercialisé d’abord contre la grippe, il fut ensuite commercialisé sous l’appellation Contergan en Allemagne, Softenon en Belgique et dans d’autres pays du monde comme le Canada, la Grande-Bretagne sous divers noms. L’indication est celle d’un sédatif et d’un antinauséeux, administré principalement aux femmes enceintes. La documentation produite à l’époque par le laboratoire minimise les effets secondaires. La France et les États-Unis, plus exigeants sur les tests cliniques ne délivreront pas d’autorisation de mise sur le marché. Bien leur en prend, les effets secondaires se sont révélés dramatiques, des malformations congénitales se multiplient : plus de 12 000 cas dans le monde. En Belgique, un couple désespéré par la naissance d’un enfant sans bras donne la mort à son enfant, ce qui donnera lieu à un retentissant procès en novembre 1962 à Liège (les parents furent acquittés).

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Le Monde / L’Écho, Tout va mieux quand les marchés ignorent tout !, le 5 novembre 2015

Ouvert aux commentaires.

Tout va mieux quand les marchés ignorent tout !

Les régulateurs américains se posent la question de savoir si c’est le self-trading, le fait qu’une firme s’achète et se vende à elle-même, par algorithmes automatisés interposés, qui produit les nombreux krachs instantanés que l’on observe en ce moment. Ainsi les 35 krachs sur le marché du brut West Texas Intermediate, jusqu’ici en 2015, ou les violentes oscillations pendant 12 minutes du marché des Treasury bonds américains en octobre 2014.

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De la boîte à outils. Petit traité de mécanique à l’usage d’Ofellus, par Jean-Claude Balbot

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je suis administrateur d’un réseau national de développement agricole et rural dont le fonctionnement se revendique de l’émancipation de ses membres par l’éducation populaire, au sens avancé dans les jours heureux de la fin de la dernière guerre ; pas dans le sens de celle qui s’échoua quelques années plus tard dans les maisons de la culture de Malraux.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 15 OCTOBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 17 octobre 2015. Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le jeudi 15 octobre 2015, et si vous êtes dans la région de Douai (dans le Nord) ce soir, n’hésitez pas à venir m’écouter. Je remettrai l’annonce qui explique exactement où à Douai, où a lieu la conférence.

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« La vérité sur l’offre et la demande » (Paul Jorion, Le prix, Le Croquant 2010 : 98-109)

Ouvert aux commentaires.

À la suite du billet de Michel Leis intitulé Une filière, une discussion sur la formation des prix dans l’agriculture s’est engagée dans le cadre du groupe de réflexion Les amis du Blog de Paul Jorion. Ayant ce matin le sentiment que le débat bénéficierait de l’éclairage qu’offre la section de mon livre Le prix (Le Croquant 2010) intitulée La vérité sur l’offre et la demande (pp. 98-109), je la reproduis ici afin que la discussion puisse devenir générale.

La vérité sur l’offre et la demande

La prise de décision économique à la petite pêche se situe pour le pêcheur dans le cadre d’une représentation globale : celle de la pêche comme « jeu à somme nulle ». Tout gain de l’un est en effet censé se faire aux dépens des autres : pêcheurs concurrents comme mareyeurs adversaires. On reconnaît là la conception dite des biens en quantités limitées, reconnue et dénommée pour la première fois par George Foster (Foster 1965) pour rendre compte de la représentation spontanée du processus économique au sein d’une population de paysans mexicains (pour l’application du concept au cas des pêcheurs de l’Ile de Houat, voir Jorion 1984a : 90–91).

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Une filière, par Michel Leis

Billet invité.

La manifestation des agriculteurs à Bruxelles a un air de déjà vu, elle renvoie à d’autres manifestations plus anciennes, lors des réformes successives de la Politique Agricole Commune. L’objectif du mécontentement étant toujours le même, la capacité des exploitations agricoles à survivre.

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Prix de la viande, du lait, etc. La vérité !

Incroyable mais vrai : Le prix a été le premier livre à expliquer la formation des prix en termes de rapport de force entre vendeur et acheteur ! ==========================================

Lire les articles suivants, publiés ces jours derniers dans le journal Le Monde vous donne-t-il la migraine ?

>Crise de l’élevage : la vente directe est-elle un choix payant ?

>Crise des éleveurs : « Les abattoirs fixent les prix, mais répercutent les pressions de la grande distribution »

>Comprendre la fixation des prix, des marges et des subventions dans l’agriculture

Pour une explication claire de ce qu’est un prix, lisez Le prix publié aux éditions du Croquant en 2010 !

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Séance de discussion à Ars Industrialis, Prix / valeur – Droit au revenu, le 21 mars 2015

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La séance de discussion à Ars Industrialis du 21 mars 2015. Y participaient, Olivier Laudau, Simon Lincelles, François-Xavier Petit, Christian Faure, Julien Gautier, Paul-Emile Geoffroy, Vincent Puig, Colette Tron, Franck Cormerais, Arnauld de l’Epine, ainsi que moi-même.

Ma propre communication (2ème partie de la discussion) : Valeur / Prix / Création de valeur

La communication de François-Xavier Petit (1ère partie de la discussion) : Droit au revenu dissocié du revenu de l’emploi salarié

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NI MARX, NI KEYNES

En tant que réflexion de pensée économique, je le souligne dans mes livres, la « science » économique ne présente malheureusement pas grand intérêt, pire, elle nous mène constamment sur des voies de garage quand il s’agirait de comprendre les questions économiques qui se posent comme aujourd’hui avec urgence. Une remarque de Pierre Bourdieu reste parfaitement d’actualité :

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice (Bourdieu 1998).

Restent alors, Marx et Keynes. Marx parce qu’alors qu’il qualifie sa réflexion de « critique de l’économie politique », son œuvre constitue sans aucun doute le point culminant dans cette ligne de pensée. Keynes parce qu’« honnête homme » au sens que l’on donnait à l’expression au XVIIe siècle, il joue à l’éléphant dans le magasin de porcelaine, réinjectant dans la pensée économique des leçons qui ont été tirées de l’ensemble des sciences morales au cours de l’histoire : de la science politique à la théologie, conséquence chez lui de son imprégnation par l’ancienne tradition scolastique dont il s’est repu de la substantifique moelle alors qu’il était lycéen à Eton d’abord, étudiant à Cambridge ensuite, deux lieux qui ont servi de conservatoire où cette pensée a su se poursuivre en tant que survivance, au sens que les anthropologues du XIXe siècle donnaient à cette expression : vestige préservé au sein d’une époque d’une manière de penser ou de faire appartenant à une époque antérieure.

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