Misère de la pensée économique, en format de poche

MisereDeLaPenseeEconomique

Misère de la pensée économique, Poche, 7 janvier 2015

 

Par OrTaf le 28 novembre 2013

Un texte indispensable qui nous emmène d’Aristote à John Maynard Keynes en passant par Robespierre, St Just, Ricardo, Karl Marx, jusqu’à Joseph E. Stiglitz. L’auteur est trader aux USA, au coeur de la bulle immobilière des Subprimes au moment où elle explose. Il nous développe ses idées: son modèle productif qui au moment de la vente d’une marchandise/un service, produit un « Surplus » à distribuer entre actionnaires, entrepreneur et salariés. La part des salariés s’est fortement rétrécie au profit des actionnaires et des entrepreneurs, méritant un rééquilibrage en faveur des salariés, dont Keynes avait fait le « pivot » de son économie de marché. L’auteur propose une « Constitution pour l’Economie » dont l’un des axes est d’interdire les paradis fiscaux l’autre axe est d’interdire toute forme de « paris » sur l’évolution des prix (sur les marchés financiers). Mais, les ventes à terme ainsi que les options d’achat seraient autorisées. Elles lieraient leurs contreparties jusqu’à livraison. En conséquence, il n’existe pas pour elles de marché secondaire. Effectivement cela réduirait de 80% le volume de la spéculation dans le « casino » financier ! Avec pour conséquence une nouvelle bulle immobilière globale pour toutes les énormes masses financières (des Trillions de $) qui chercheraient à s’investir quelque part en catastrophe. A mon avis, c’est une nouvelle catastrophe pour les produits financiers qui ne pourraient plus se vendre. Alors qu’il faudrait d’abord rediriger ces masses financières vers une éco-économie pour préparer l’avenir…

 
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TOUTES LES LIGNES DE FRACTURE POSSIBLES SONT À VIF !

Dans Misère de la pensée économique (2012) je propose ce qui me semble être l’explication du Grand Tournant dans lequel nous sommes engagés en tant qu’espèce.

J’y évoque le comportement colonisateur et opportuniste de notre espèce, la complexité qu’a introduite la machine, et tout particulièrement l’ordinateur, et la disparition du travail qui accompagne la substitution de l’ordinateur à nous dans nos tâches, enfin, la machine à concentrer la richesse qui caractérise nos systèmes économiques aussi longtemps qu’on s’en souvienne.

Pour être acceptée, une explication comme la mienne exige – il ne faut pas s’en cacher – une familiarité avec les modèles causaux complexes, ce qui nécessite pour pouvoir y souscrire, un niveau d’éducation élevé.

Une explication plausible de la crise actuelle, dont l’enjeu est ni plus ni moins la survie de l’espèce, apparaîtra « abstraite » à la plupart de nos contemporains. Elle est en concurrence « sur le terrain » avec les explications « concrètes » du type : « C’est sûrement la faute des X parce qu’ils n’ont pas la bonne couleur de peau (la couleur « normale » étant la mienne), parce qu’ils n’ont pas la bonne religion (la religion « normale » étant la mienne), etc.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 1er AOÛT 2014

Sur DailyMotion, c’est ici.

Un temps qu’il fait prophétique et empreint de solennité.

Le soliton : espèce colonisatrice / complexité et robotisation / machine à concentrer la richesse
La guerre comme solution classique à nos problèmes
Les lois de la physique jouent contre nous
Le principe de La finale Costa Rica-Corée du Sud
Le Grand Tournant est surtout un Grand Défi

Paul Jorion : Misère de la pensée économique (Fayard 2012)
François Roddier : Thermodynamique de l’évolution (Parole Éditions 2012)
Thomas Piketty : Le capital au XXIe siècle (Le Seuil 2013)
Paul Jorion : Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011)
Georges Duby : Le dimanche de Bouvines – le 27 juillet 1214 (Gallimard 1973)

Le Blog de PJ : LE GRAND TOURNANT (présentation graphique)

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HANDY and me

Dans un article paru le 14 mars dans le Guardian, Nafeez Ahmed s’intéresse à une étude de la NASA relative à l’effondrement quasi inéluctable de notre civilisation en raison d’un ensemble de facteurs convergents, dont l’exploitation des ressources sur le mode « politique de la terre brûlée » et une concentration grossière de la richesse qui va encore en s’accélérant.

Depuis, vous êtes quotidiennement une demi-douzaine ou plus à attirer mon attention sur la similitude entre les conclusions de ce rapport et la thèse du soliton développée dans mon livre Misère de la pensée économique publié en 2012 chez Fayard.

Aussi, si vous attendiez de voir les équations avant de me croire 😀 , n’attendez plus : lisez vous-même Human and Nature Dynamics (HANDY): Modeling Inequality and Use of Resources in the Collapse or Sustainability of Societies, par Safa Motesharrei, Jorge Rivas et Eugenia Kalnay.

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Pourquoi ni le désespoir ni le découragement ne sont de rigueur face au soliton ?, par Cédric Chevalier

Billet invité.

Certains amis du blog de Paul Jorion, dont de nombreux contributeurs réguliers, peuvent ressentir, ressentent régulièrement pour certains, un profond découragement, voire un noir désespoir, face à la situation de l’Humanité et à l’évolution de cette situation aujourd’hui et demain (ce que Paul Jorion appelle le soliton) (1). Ces sentiments les accablent quand ils croient constater l’insignifiance de leurs réflexions, de leurs débats, de leurs textes, de leurs actions, et, plus globalement, l’absence manifeste de forces correctrices ou réparatrices significatives à l’échelle de l’Humanité.

Ces émotions s’expriment plus prosaïquement peut-être, par un coup de gueule, une absence prolongée des débats, un pessimisme exacerbé, une confidence découragée. Mais derrière, se cache ce « à quoi bon » devant les problèmes gigantesques qui nous menacent à moyen ou long terme en tant qu’espèce et en tant qu’individus. (2)

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LA DANSE DE LA PLUIE, par Jacques Seignan

Billet invité.

Le supplément économique du Monde (29/1/2014) a pour titre « Emploi : les patrons refusent de s’engager ». L’article en page intérieure précise « Pacte Hollande : les patrons attendent de voir ». Des patrons méchants ou égoïstes ? Non, c’est simplement de l’honnêteté intellectuelle. L’entreprise n’a pas à créer des emplois ! D’où sort cette vision saint-sulpicienne de l’économie ? Un vrai chef d’entreprise doit agir le plus rationnellement possible dans le cadre économique existant, aujourd’hui au service exclusif de ses actionnaires et des hauts cadres dirigeants. Le client, c’est la poule à plumer ; le salarié, le coût à éliminer.

Les mesures d’allègement de charges ont prouvé par le passé n’avoir pas créé d’emplois, significativement et indubitablement. Mais visiblement à Sciences Po (puis l’ENA) on préfère la Théorie à la pratique. D’ailleurs souvent, pour les diplômés, la pratique en entreprise se fait du haut des étages d’une tour de La Défense, bien au-dessus de nous… Reconnaissons-leur une difficulté conceptuelle. Si l’on appartient aux proclamées élites (économiques) par pure reproduction sociale, il est quasiment impossible de concevoir comment des gens calculent à quelques euros près, en fin de mois, comme c’est le cas de millions de Français (rapport de M. Delevoye). N’est-ce pas Messieurs les directeurs de Dexia ?

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 SEPTEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

– Blog de PJ : Le débat avec Henri Guaino, Femmes chefs d’entreprise

– Blog de PJ : Colloque De l’argent, à Montpellier le samedi 21 et le dimanche 22 septembre

Rapport de l’AFEP, Evolution des recrutements des professeurs de sciences économiques depuis 2000

– Paul Jorion, Misère de la pensée économique, Fayard : 2012

Max Planck : « une vérité scientifique ne triomphe pas en convainquant ses adversaires et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses adversaires finissent par mourir et qu’une nouvelle génération apparaît à qui elle est familière ».

– Donald MacKenzie, An Engine, Not a Camera. How Financial Models Shape Markets, The MIT Press : 2006

Paul Feyerabend, le retour à la bifurcation

– Paul Jorion, Comment la vérité et la réalité furent inventées, Gallimard : 2009

– Christian Walter, « IAS 39 et la martingalisation des marchés boursiers » in Christian Walter (sous la direction de), Nouvelles normes financières. S’organiser face à la crise, Springer-Verlag : 2010

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AVANCES, INTÉRÊTS ET DIVIDENDES, par Marian Wielezynski

À propos de Misère de la pensée économique (Fayard 2012). A paru dans la revue Cadres (CFDT), N° 452, décembre 2012

Un soir, sur un plateau télé, Paul Jorion se trompe et confond Dick Rivers avec Eddy Mitchell. Mortifié, il raconte (p. 35) la gêne qu’il éprouve face à cette confusion. Selon lui, face à la crise économique actuelle, la même sorte de honte devrait submerger les acteurs financiers et agir comme une boucle de rétroaction qui imposerait l’apprentissage de comportements plus vertueux. Mais le silence assourdissant de la « science » économique n’offre aucun remords possible ni d’autre alternative que le rejet sans appel du capitalisme. Nous devons refuser un monde où « la machine à concentrer la richesse », actionnée par des financiers ultra-cupides, tourne à « très haute fréquence ». Paul Jorion déplore l’aveuglement des acteurs sans scrupules de cette course insensée et en tient pour responsable la « science » économique. Celle-ci est aux abonnés absents quand on a besoin d’elle. Elle est un « système de croyance fermé, bien plus proche d’une religion que d’une science » (page 169). Elle interdit même l’éventualité de sa réfutation et ses propositions disparaîtront avec elle.

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LE CONCEPT DU « BON TEMPS », par Jean-Luce Morlie

Billet invité.

Le pivot de la pensée d’Attali dans La voie humaine (2004) est de donner de l’épaisseur au temps, aussi son projet me paraît-il offrir des mesures très concrètes pour la résolution de l’hubris moderne. Attali écrit : « La seule façon d’en sortir, pour le salarié » est de … « trouver assez de plaisir dans un travail pour qu’il constitue en soi sa propre rémunération ». Comme le souligne par ailleurs Jeanne Favret-Saada, l’éducation aux limites est inhérente à l’élevage des petits d’hommes dans toutes les formes de société, mais la forme moderne du « désir illimité » diffère, je le crois, de ce qu’il fut dans d’autres sociétés, cela parce que notre désir de repousser toujours plus les limites est engendré par l’insatisfaction générée par nos modes de vie au présent. Ce sera mieux, plus beau et plus fort encore demain, puisque malgré tous nos efforts, chaque aujourd’hui alors même que toujours plus remplis, ne laisse qu’un goût de cendre.

Parallèlement, le thème de l’homme dépassé par l’hubris machinique (l’effet skynet de Paul Jorion) peut être abordé de façon dynamique, semblable à la décroissance, soit, décroître lorsque cela paraît nécessaire et croître, lorsque cette possibilité est utile : « battre en retraite », fixer des limites à l’invention de l’espèce humaine scellerait son destin de cloporte. – La question n’est pas tant la limite de la complexité, mais la maîtrise de la complexité et dont la limitation de la complexité, la simplification, n’est qu’une voie d’approche –

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ÉTHIQUE ET MATHÉMATIQUES FINANCIÈRES, « Les mathématiques financières en débat », le 14 novembre 2012

Ma participation à la Table ronde “Ethique et mathématiques financières” organisée par la Chaire Ethique et finance de l’Institut Catholique de Paris (ICP) et la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH). Cela se passait à Paris le mercredi 14 novembre 2012.

Un type d’approche qui ne m’est pas habituel : envisager la modélisation financière dans une perspective de philosophie des sciences.

On a un peu l’impression au début, que je parle au milieu d’une place de foire, mais ça s’arrange ensuite.

Merci à « uncaillou » pour sa vidéo.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 28 DÉCEMBRE 2012

Le Blog en 2013

Le Blog est né le 28 février 2007 (il y a près de six ans)
Le temps qu’il fait est né le 12 décembre 2008 (il y a quatre ans)

Le capitalisme à l’agonie (2011)
Misère de la pensée économique (2012)
La survie de l’espèce, avec Grégory Maklès (2012)

Sur YouTube, c’est ici.

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LE SOLITON VU D’EN-HAUT

Dans Misère de la pensée économique (Fayard 2012), j’utilise comme image de la crise qui engage notre espèce dans un Grand Tournant qu’elle parviendra ou non à négocier victorieusement, le soliton, une lame de fond d’une hauteur inhabituelle constituée de la superposition accidentelle de plusieurs vagues de taille ordinaire : 1) l’aboutissement destructeur pour son environnement de la stratégie colonisatrice de notre espèce, 2) la complexité dont nous avons perdu la maîtrise, 3) la crise économique et financière due à la « machine à concentrer la richesse » inscrite au sein du capitalisme.

Voici une vue par satellite de quatre solitons clairement visibles à la surface de l’océan au Sud de la Thaïlande (les lignes quasi verticales à gauche du cliché).

Solitons

 

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LE REPAS DE PAYSANS, par Pierre Chavant

Billet invité

Merci Paul Jorion pour votre travail remarquable, qui a modifié ma lecture du « Repas de paysans » de Louis Le Nain.

Repas de Paysans

La manière dont Louis Le Nain figurait au XVIIème siècle la réalité sociale du microcosme d’une exploitation viticole dans le tableau « Repas de paysans » me parait intéressante à considérer dans le contexte des critiques proposées ici concernant votre livre « Misère de la pensée économique ». Qu’il s’agisse du texte d’Humbert ou surtout de celui de Saule, qui donne un lien vers une présentation de la « théologie de la libération ».

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MISÈRE DE LA PENSÉE ÉCONOMIQUE, sur Critiques Libres

Un compte rendu par Saule sur le site Critiques Libres.

[…] Certains passages sont tout à fait surprenants : on voit que des modèles mathématiques dont l’inexactitude est avérée sont malgré tout utilisés car (1) Aussi longtemps que tout le monde dispose de la même information, ce n’est pas grave, la sacro-sainte concurrence et la symétrie de l’information est respectée (2) Pire, parfois les erreurs sont incorporées dans le modèle pour « corriger » le biais et tenir compte du marché : en gros, ce que dit le marché est alors dogmatiquement affirmé comme vrai et la formule adaptée. Ça peut paraître bizarre, mais c’est très bien illustré avec la célèbre formule de Black and Scholes qui est utilisée pour valoriser les options (produit dérivé), et à titre personnel ça m’a choqué car j’avais fait ma thèse d’université sur ce modèle mathématique (fin de la parenthèse). En outre, et on l’a bien compris avec les scandales bancaires et l’affaire Fortis en Belgique, les modèles mathématiques utilisés échappent au contrôle du « management » (en fait bien peu de personnes sont capables de les comprendre, et d’une manière générale dans une entreprise bien peu de personnes comprennent ce qu’on attend d’elles exactement). […]

Mais l’analyse de la pensée économique ne se limite pas à la dénonciation de ces modèles mathématiques ou scientifiques appliqués de manière indue à un système humain. Il y a des passages très intéressants sur la formation des prix aussi (l’auteur n’est pas toujours d’accord avec Marx d’ailleurs), sur la doctrine néo-libérale dont le chantre fût Hayek (un auteur largement critiqué par les théologiens de la libération à l’époque de la guerre entre les néo-libéraux purs et durs et les partisans d’une économie sociale).

En résumé, c’est un bon ouvrage de vulgarisation, pas trop compliqué et qui tient une bonne place dans l’arsenal des outils de la pensée contre le capitalisme, au côté de la critique philosophique de Arnsperger (mon maître à penser dans ce domaine) et la critique théologique (plus marxiste) des théologiens de la libération. Pour ce qui est de la critique de la pensée économique, l’analyse de Jorion est totalement pertinente quoique « vulgarisatrice » et pas novatrice. L’absurdité du concept d’homo oeconomicus avait été magistralement analysé par des théologiens de la libération (Idolâtrie du marché). L’auteur propose des solutions concrètes, qui s’apparentent à du bon sens. Vous pouvez les trouver sur son blog.

 

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LA QUINZAINE LITTÉRAIRE, « Misère de la pensée économique : quelle synthèse nouvelle ? », 1 – 15 décembre

Un compte-rendu par Christian Coméliau. Un court extrait.

Ce qui précède et ce qui suit, dans le magazine.

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POUR LES GENS PRESSÉS : TOUT JORION EN 3 PAGES, par La Glue

Billet invité.

« L’économie, quelle que soit son importance pour le bien général, ne peut prétendre étouffer les autres valeurs, la vie étant le plus grand de tous les biens et devant être protégée jusqu’aux limites les plus extrêmes » (attendus du procès en responsabilité du Bois du Cazier – cités dans La Survie de l’Espèce).

L’ambiance est pesante.

Mais on a LA méthode scientifique. A quoi sert-elle ? Voir ou ne plus voir ?

Pas de constance chez l’Homo erectus (l’economicus étant une fable d’économistes faisant allégeance au capitalisme) pour faire évoluer les choses en mieux, surtout si son sort est encore supportable.

Le capitalisme : comment ça marche ?

Rapidement dans nos sociétés dites modernes, civilisées et surtout capitalistes, le pouvoir de la force est remplacé par le pouvoir de la terre, qui est remplacé par le pouvoir de l’argent. Plus t’en as, mieux c’est et plus tu risques d’en avoir.

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