RFI, « 7 milliards de voisins », LUNDI 28 FEVRIER 2011,12h00 – 13h00

Je fus tout à l’heure à l’émission d’Emmanuelle Bastide, en compagnie d’Annick Bidan. On a parlé du surendettement des ménages.

Les deux podcasts de l’émission sont ici :

1ère partie

2ème partie

Je n’ai pas dit exactement ce qu’on s’attendait à ce que je dise : j’ai comme à mon habitude parlé du cadre général du surendettement, d’où quelques passes d’armes !

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L’actualité de la crise : DERNIERES BETISES A NE PAS DIRE, par François Leclerc

Billet invité

Jean-Claude Trichet s’est dernièrement fait remarquer en déclarant qu’augmenter les salaires en Europe « était la dernière bêtise à ne pas faire ». Il se joint ainsi à ceux qui depuis quelque temps osent dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, pensant le moment venu pour relever la tête et reprendre la main pour réaffirmer leur vision du monde et de leurs intérêts.

Ainsi, Laurence Parisot, la présidente du Medef, n’a pas hésité à qualifier de « vue de l’esprit » l’idée du partage des profits en trois tiers entre les actionnaires, les salariés et l’entreprise elle-même (pour investir). Une idée sans suite de Nicolas Sarkozy, parmi d’autres.

« Il y a des moments où il faut distribuer un tiers, d’autres deux tiers, des moments, il ne faut pas distribuer du tout, chaque année ce sont des circonstances ou des enjeux différents », vient-elle d’expliquer, forte de son expérience de chef d’entreprise. Sans préciser qui pourrait bénéficier des deux tiers des bénéfices dans l’exemple donné !

Rendons-lui cependant cette justice qu’elle n’est pas d’accord avec Jean-Claude Trichet, car « il y a eu ces dernières années un ralentissement de la politique salariale », reconnaît-elle. Sa conclusion est donc imparable : « Ce qui pénalise le salaire net, ce sont les cotisations sociales ».

Jean-Pascal Tricoire, président du directoire du groupe Schneider Electric, vient de tenter sa chance dans ce nouveau concours. « Notre taxation du travail est une offense au bon sens. Il va falloir la réformer pour rester compétitif ». Il poursuit non sans logique, mais sur un air très connu : « Nous avons un énorme défi d’adaptabilité et de flexibilité à relever ». Qui peut dire le contraire ? Pour en tirer la conclusion qui s’impose : « Nous vivons dans un univers de relations de travail extrêmement rigide, totalement inadapté au temps économique », évoquant un nouveau concept de la science économique, « le risque recrutement ».

Les paroles de patrons valent de l’or. Le « temps économique » est désormais l’étalon mesurant notre existence. Mais quelle est donc sa définition ?

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AU PRINTEMPS

Désolé s’il n’est pas encore arrivé chez vous, mais en Bretagne, il est bien installé depuis deux ou trois semaines. Avec un certain télescopage d’ailleurs, vu la rapidité du changement de température : les jonquilles et les crocus ont fleuri en même temps. La première jacinthe s’est ouverte hier et la première fille en organdi, là-bas dans la prairie, ne saurait tarder.


Hugues Aufray – Des que le printemps revient

Tout Paris
Se changera en baisers
Parfois même en grand soir
Vois tout Paris
Se change en pâturage
Pour troupeaux d’amoureux
Aux bergères peu sages
Vois tout Paris
Joue la fête au village
Pour bénir au soleil
Ces nouveaux mariages

Jacques Brel, Au printemps

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SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. Les dérèglements financiers actuels ne sont pas l’effet d’une cyclicité économique naturelle mais la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation. La compétition économique entre les États-nations détruit la notion d’égalité devant la Loi. Les prix réels et financiers sont produits en asymétrie d’information et de droit entre les acteurs économiques. Les acteurs en position internationale arbitrent les systèmes juridiques. Ils reportent le risque financier sur les acteurs dépendant d’une protection publique nationale légale. Les pertes financières qu’occasionnent des bénéfices expatriables pèsent par la fiscalité et par les coûts collectifs d’assurance sur les économies domestiques. Le système financier mondial s’autodétruit dans ses bases politiques et économiques réelles.

Les projets européens de convergence fiscale, de constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques et d’assurance financière commune des équilibres économiques sont nécessaires à la resolvabilisation des États européens. Mais ils ne créent pas d’ordre politique mondial ni ne soldent les pertes impayées du passé. Or l’Union Européenne constitue en elle-même un modèle d’organisation politique et financière multinationale générateur d’équilibre économique. Pour être efficiente, l’Union doit s’affranchir du désordre monétaire qui résulte de l’incapacité des États-Unis à réguler la liquidité mondiale par le dollar. L’Union doit pouvoir régler avec certitude tous ses engagements financiers dans d’autres monnaies que les siennes tout en s’appliquant à elle-même la régulation qu’elle juge utile au maintien de ses équilibres internes. La solution est de construire un marché des changes européen régi par le droit européen actuel où les Européens s’engagent à coter toutes leurs monnaies ainsi que leurs dettes publiques.

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LE VIEILLISSEMENT ET LA MORT, par Marc Peltier

Billet invité.

Paul Jorion a évoqué dans sa plus récente vidéo du vendredi l’hypothèse d’une époque où la mort cesserait d’être subie.

Cette perspective chatoyante m’a donnée envie de propager ici des idées paradoxales concernant le vieillissement et la mort, qui me semblent peu répandues dans la culture générale, alors qu’elles résultent de l’état actuel des théories du vivant, et sont bien connues des biologistes. Favoriser des remises en cause de paradigmes très répandus me semble être dans l’esprit de ce blog. De plus, en soulevant ce genre de sujet, je suis assuré d’avoir des lecteurs qui s’estimeront assurément concernés : nous sommes tous mortels !

Le vieillissement est le plus souvent perçu comme une usure progressive, dont l’issue ne peut être que la mort : quand la machine est trop usée pour être réparée, elle ne peut que cesser de fonctionner. Tout comme un bâtiment qui vieillit ne peut que se délabrer en ruine, le vieillissement est perçu comme normal, aussi inéluctable que le second principe de la thermodynamique : il semble être une expression des propriétés du temps.

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LES REVOLTES DU MONDE ARABE, par Guillaume Lapeyre

Billet invité

L’objectif est de proposer une analyse qui évite de spéculer sur ce que souhaiteront et réaliseront les peuples arabes.

L’essentiel de cet article traite des lectures dominantes que nous avons de ces événements et cherche à faire remarquer que les commentaires qui sont les nôtres en disent finalement plus long sur nous-mêmes que sur les pays concernés.

Il est inutile de spéculer sur l’avenir mais il est possible de prendre en compte le fait que le sens de l’Histoire, son inertie pousse dans certaines directions qu’il est intéressant de relever.

C’est ce que cette analyse essaie de montrer dans un deuxième temps. Cette crise risque de rencontrer dans son déroulement à venir certains des déterminismes qui sont ceux d’une réalité globale et historique à laquelle le monde arabe ne pourra pas échapper. En effet, de profondes influences auront tendance à pousser sur le devant de la scène des logiques qui peuvent être autant de limites aux luttes entamées.

Le premier point intéressant à considérer est le regard que porte l’Occident sur la situation. Nous lisons les événements à travers deux grilles de lecture majeures ; deux lectures qui sont liées à notre propre situation, qui est celle d’une civilisation traversant une situation de crise. Cette crise est pour certains passagère et inévitable dans la globalisation, pour d’autres elle nécessite de profondes réorientations.

Ainsi quand les seconds verront dans ces événements au Maghreb et au Proche-Orient la naissance d’une contestation dont l’Occident devrait s’inspirer, les premiers y verront la preuve que les valeurs absolues qui régissent nos sociétés restent plus que jamais d’actualité. Dans les deux cas, ces approches s’inscrivent dans une tentative pour l’Occident de se rassurer sur sa destinée. Se rassurer en espérant y trouver une source d’inspiration pour réformer notre civilisation ou au contraire en y voyant l’affirmation et la preuve de la pérennité de notre modernité et de l’adhésion qu’elle entraine.

Ces deux lectures ne s’opposent pas que du point de vue des conclusions, elles s’opposent plus globalement par les idéologies qui les sous-tendent.

Dans un cas, il s’agit de la pensée révolutionnaire internationaliste néo-marxiste qui part du principe que la révolution contre le capitalisme ne se fera pas en Occident – où il n’existe plus de prolétaires révolutionnaires, seulement des « exclus » de la prospérité – et que le prolétariat potentiellement révolutionnaire se trouve ailleurs. Il se situe dans les ateliers sud-asiatiques, en Afrique, dans les « pays en développement » subissant le capitalisme impérialiste dans toute sa barbarie. D’où l’espoir que ces pays s’unissent dans une contestation globale qui mettrait un terme au capitalisme, et qu’ils exportent leur contestation vers les pays dits développés.

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L’actualité de la crise : LE NOUVEAU MUR DE BERLIN, par François Leclerc

Billet invité.

Pas toujours facile de succéder à Paul, surtout un vendredi, lorsqu’il évoque pour faire rêver rien de moins qu’un monde sans argent et où la disparition ne serait pas une fatalité !

Surtout pour atterrir ensuite, quoique virtuellement, à Berlin et non pas au Caire, à Aden et à Sanaa, à Manama ou à Tunis et à Benghazi (en attendant d’autres pistes d’aéroports). En se rappelant, et j’en oublie, d’anciennes libérations vécues sur place et dans la fièvre, à Saigon (Hô Chi Minh ville), Santiago, Amman et Beyrouth, à Barcelone, Athènes ou Lisbonne et Lourenço Marques (Maputo), puis à Berlin (mais dans un autre contexte). En scrutant les nouvelles de Tripoli, où la famille régnante a la folie de proclamer vouloir mourir dans sa ville en la mettant à feu et à sang.

Comme on dit, cela remet les choses en perspective, et la litanie médiocre dont nous rendons compte devient moins insupportable, puisque dans certaines circonstances – généralement, elles sont imprévues – des bouchons qui semblaient à jamais scellés sautent ! Champagne !

Sans attendre le dessert, ils s’y sont mis à 189 pour mettre les pieds dans le plat ! C’est le nombre d’économistes allemands signataires d’un court manifeste publié par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le quotidien étendard des conservateurs allemands, qui balaye d’un revers tous les bricolages de stabilisation financière actuels, à propos desquels les discussions n’en finissent pas ; rendant de plus en plus incertain un accord européen d’ici au sommet européen de la fin mars.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 25 FEVRIER 2011

Un monde sans argent
Un monde sans mort nécessaire
Les hyperdiffusionnistes anglais : Grafton Elliott-Smith, William Perry, A. Maurice Hocart, W.H.R. Rivers
Par quoi remplacer le monde qui s’effondre ?
Marx, l’objection de croissance
Les blogs, les « clubs »
* L’argent mode d’emploi,
* Le capitalisme à l’agonie,
* La guerre civile numérique,
* Comment on devient l’« anthropologue de la crise »,
* Le prix

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