LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 25 FEVRIER 2011

Un monde sans argent
Un monde sans mort nécessaire
Les hyperdiffusionnistes anglais : Grafton Elliott-Smith, William Perry, A. Maurice Hocart, W.H.R. Rivers
Par quoi remplacer le monde qui s’effondre ?
Marx, l’objection de croissance
Les blogs, les « clubs »
* L’argent mode d’emploi,
* Le capitalisme à l’agonie,
* La guerre civile numérique,
* Comment on devient l’« anthropologue de la crise »,
* Le prix

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261 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 25 FEVRIER 2011 »

  1. Bonsoir PAUL

    En réponse à la question de savoir par quoi remplacer le modèle de société existant: Par la même chose mais en changeant son nom.

    L’humanité à atteint son seuil de compétance depuis longtemps et ne sait plus à quel saint se vouer pour être sauver d’elle même, pour se réinventer. Depuis la nuit des temps son intélect est le même, seul les moyens techniques ont différé. La forme a changé, le fond est resté, c’est la raison pour laquelle de génération en génération, l’humain, tel Sisyphe poussant son rocher, s’égard dans les mêmes errements, les mêmes certitudes dans un éternel recommencement. Notre génération n’échappe pas à cette règle.

    L’humanité souffre de ne pas avoir fait son analyse Cioran s’y est risqué avec son -précis de décomposition- et Caraco nous dépeind son avenir, tels que nous sommes partis, dans son – Bréviaire du cahos-.

    Une seule chose semble nous préocuper: l’argent. Une virtualité pathétique alors que notre planète est en train d’agonir des effets sans précédents de la bulle humaine qui ne fait que s’enfler, qu’il faut nourrir avec en plus un effet de levier exponentiel de destructions (qui elles ne sont pas virtuelles) qui est celui de toujours plus de croissance pour toujours plus de richesse.

    L’humain peut tricher et utiliser la planche à billets mais la Terre elle n’a pas de planche à pains. Interressant comme parallèle, non?

    La décroissance de la consommation est une solution provisoire. Il devra s’en suivre une autre décroissance, volontaire ou forcée, celle de la population.

    Pas réjouissant mais la mathématique est une science exacte

    1. L’humanité à atteint son seuil de compétance depuis longtemps et ne sait plus à quel saint se vouer pour être sauver d’elle même, pour se réinventer. Depuis la nuit des temps son intélect est le même, seul les moyens techniques ont différé. La forme a changé, le fond est resté, c’est la raison pour laquelle de génération en génération, l’humain, tel Sisyphe poussant son rocher, s’égard dans les mêmes errements, les mêmes certitudes dans un éternel recommencement. Notre génération n’échappe pas à cette règle.

      L’humanité souffre de ne pas avoir fait son analyse

      Clap clap clap !

      « La vie ne pouvant s’accomplir que dans l’individuation – ce fondement dernier de la solitude -, chaque être est nécessairement seul du fait qu’il est individu. »

      « Le pluriel implicite du «on» et le pluriel avoué du «nous» constituent le refuge confortable de l’existence fausse. Le poète seul prend la responsabilité du «je», lui seul parle en son propre nom, lui seul a le droit de le faire. »

      « Si les après-midi dominicales étaient prolongées pendant des mois, où aboutirait l’humanité ? »

      (Précis de décomposition, Cioran)

  2. Donation : objectif.
    Somme (brute) reçue à ce jour, le 25 février 2011 : 1 269 €

    No comment.
    Ah si ! Février, 28 jours…

    1. Oui bon, en même temps « un monde sans argent » ça se comprend et s’applique plutôt rapidement, non ? C’est l’avantage des solutions efficaces, elles finissent par s’imposer d’elles-même… On ne va pas faire la fine bouche en voyant une bonne idée prendre corps instantanément ! Si ?

  3. Paul,

    Je ne pense pas que l’immortalité soit enviable. Ne serait elle pas logiquement accaparée (c’est à dire rendue inaccessible au « commun des mortels » ) par une oligarchie qui pourrait alors utiliser cet « atout de compétitivité » pour régner éternellement sur le reste ? Ou pire encore, si l’ensemble de la population y avait accès, les nouvelles naissances pourraient à terme être proscrites puisque la population ne pourrait croitre au delà de ce que permettent les ressources naturelles. Le faible serait alors « anéantit », avant même qu’il puisse exister par le fort, c’est à dire celui qui vint avant lui, dans une logique qui n’est pas sans rappeler le fonctionnement de l’argent que vous expliquez. Je possède et en vertu de cela, tu ne possèderas point, deviendra : je vis et en vertu de cela, tu ne naitra point.
    Ce serait le pire des mondes. L’immortalité serait utilisée à mauvais escient, n’en doutons pas.

    Mon père disait ceci : tout nait, vit et meurt. Je pense que ce cycle naturel ne doit pas être rompu.
    Acceptons les lois de l’univers. Acceptons de n’être que des hommes. Mais finalement, accepter cela ne reviendrait il pas à changer de civilisation ?

    1. Voilà quelqu’un de plus sage et visionnaire que moi,

      Vous savez d’ailleurs ce qu’on dit c’est toujours pour les personnes agées, les gens qui ont faim, qui n’ont plus rien manger ou à boire, qu’ils veulent souvent nous faire adopter tel ou tel mode de vie superflu de plus, sans doute même que cela deviendra bientôt un plus grand prix à payer pour l’humanité, déja grandement bien mal en point, rappelez-vous de ce qu’on nous disait déjà autrefois au nom même de la liberté du commerce partout sur terre.

      Au début bien sur on présente toujours ça comme la meilleure chose qui soit arrivé à l’homme dans l’histoire, faut bien faire par exemple plus de science marchande c’est bon pour la croissance et les affaires, bien sur à force plus les êtres en finissent par se poser des questions, par trainer davantage les pieds, par même ne plus avoir le coeur à l’ouvrage,
      et plus évidemment ça ne le fait plus trop, qu’à cela ne tienne, obligeons-les encore à se conduire principalement d’une certaine manière bien plus craintive encore en société,
      mais pour ça bien sur il faudra certainement en ferrer un plus grand nombre dans la matrice,
      à quoi servent principalement les plus qualifiés.

       » Devenez d’abord comme nous Mr Anderson, et nous offrirons alors davantage l’immortalité,
      le confort, le bien-être et même davantage la tranquilité de l’esprit, à travers ceci ou cela injecté pour tous, sinon couic plus rien, vous comprenez, possible même, que cela en devienne davantage une question de vie ou de mort demain.

      Allons Mr Anderson vous n’allez pas encore nous créer des problèmes de plus, arrêtons donc de vous poser des questions sur le réel ou le virtuel, ne voyez-vous donc pas que l’homme n’est d’abord que rebus, déchet, mécréant, marchandise jetable, et qu’il faut bien alors en finir par mettre autre chose de plus.

      Vous n’allez tout de même pas nous faire croire et penser Mr Anderson que vous pourrez encore faire changer les choses avec vos ami(e)s, surtout à notre époque alors que nous savons déjà bien tout sur tout, regardez encore à quelle vitesse je peux éviter vos coups ou alors votre nouveau Kung fu,

      Allons Mr Anderson, qui a encore réellement la foi de nos jours, vous peut-être, vous croyez peut-être pouvoir marcher sur les eaux, voler dans le ciel, allons alons Mr Anderson respectez bien avant tout les premières lois physiques de la matière dans votre esprit, rentrez surtout bien gentiment dans le rang, devenez surtout comme moi, comme nous, d’autres agents Smith en fait.

      Prenez donc ce que je vous propose Mr Anderson et alors comme ça plus aucun problème de vie comme d’existence en plus dans votre quotidien.

      Mais qui donc de nos jours n’a jamais un peu pressenti cela dans sa vie et en société ?

    2. Je crois que Paul Jorion nous parle du désir d’immortalité et de ses traductions. En plus de l’Egypte et Chine Antique, on pourrait aussi citer les alchimistes à la recherche de la pierre philosophale : « Pour Louis Figuier :« Les alchimistes attribuaient à la pierre philosophale trois propriétés essentielles : changer les métaux vils en argent ou en or ; guérir les maladies et prolonger la vie humaine au-delà de ses bornes naturelles » » (wikipedia).

      De nos jours dans nos sociétés laïques que reste-t-il pour combler cette angoisse face à la mort et le lendemain ? L’argent, la gloire, la postérité, laisser sa marque dans l’histoire (y compris pour les auteurs comme notre hôte 😉

      Par ailleurs, vous vous amuseriez à lire Globalia de Jean-Christophe Rufin. Un monde réellement divisé en deux, chez les riches, les vieux vivent plusieurs siècles et du coup les naissances sont contrôlées, les jeunes sont très minoritaires.

  4. Un monde sans mort nécessaire…Tout à fait exact…L’acheminement de l’humain dans ce monde tend vers cette connaissance sans même en prendre conscience, c’est justement le travail qui nous reste à faire…Développer notre conscience …Voici les paroles d’un Sage qui ne sont connues que de quelques Occultistes :
    « Le présent est l’enfant du passé; L’avenir, engendré du présent. Et pourtant, ô moment présent, ne sais-tu pas que tu n’as pas de père et que tu ne peux avoir d’enfant; que tu n’engendres sans cesse que toi-même? Avant d’avoir commencer à dire : « Je suis la progéniture du moment écoulé, l’enfant du passé », tu es devenu ce passé lui-même. Avant d’avoir articulé la dernière syllabe, vois! tu n’es plus le présent mais, en vérité, cet avenir. Ainsi le Passé, le Présent et l’Avenir constituent l’à-jamais vivante Trinité en Un -La Mahâmâyâ de l’Absolu « qui Est ». »
    « To be or not te be » est largement dépassé sur ce plan.

    @Yvan je vous soutien complètement… Les femelles ne sont au fond que des mâles en puissances et réciproquement…Mais bon cela suppose une connaissance approfondie du monde dans lequel nous vivons.

    1. Ce n’est pas plus d’opium, de produits, de médicaments, de laboratoires pharmaceutiques
      que les gens ont besoin pour moins avoir mal en société, mais un peu plus d’entre-aide, de fraternité et de sincérité en eux, comment pourrions-nous déjà changer les choses si nous avons déjà un peu peur de mourir à quelque chose ou alors au commerce mondial.

      Et puis si je devenais immortel et l’égal d’un Dieu comment pourrais-je encore prier les anges et plomber davantage le moral des gens avec mes jérémiades ? Ne devrions-nous pas plutôt accepter la grande faucheuse du commerce mondial, pourquoi avoir peur de mourir, de perdre notre travail, notre argent, notre place, notre fierté, notre gloire, notre orgueil, notre vanité humaine, notre civilisation, nos valeurs, nos élites, nos lumières, pourquoi avoir surtout peur de s’en aller, de laisser d’abord la place à d’autres, à nos enfants, vous vous imaginez toute une éternité à voir et entendre les mêmes choses du monde actuel. Mince alors on ne pourrait plus guère se plaindre.

      Et puis ne pas oublier que si nous ne pouvions plus nous brûler les doigts comme des enfants nous ne pourrions peut-être plus avoir besoin de parents, de gens sages, nous pourrions même davantage en perdre le libre-arbitre de croire ou de ne pas croire au ciel,
      comme aux seules choses terrestres, et la faculté de reconnaître que l’on peut parfois un peu se tromper en allant trop loin, comme à travers notre propre sensibilité humaine perdue, déjà que le monde devient de moins en moins chaleureux dans ses rapports humains, car de toutes façons quoi que nous fassions ou disions cela nous coûtera jamais la perte de quelque chose de plus essentiel surtout pour moins souffrir davantage entre-nous, plus grave encore l’homme se condamnerait éternellement à subir cette seule conception possible de la vie humaine en société, brrr ça me déjà froid dans le dos déjà que le chauffage coûte déjà assez cher, serait-ce donc le grand prix à payer pour l’humanité, vendre son Ame au diable ?

  5. Ce sourire, irrésistible !
    Aux alentours des 2mn 52s, vous employez le mot « taré ».
    Puis vous vous interrompez et vous dites « pardon, excusez-moi… » avant
    de reprendre votre phrase, avec un léger sourire de connivence.
    C’est idiot mais je vous trouve d’une séduction d’enfer avec ce sourire!

    Et comme ce mot est juste, bien en place.
    Fascination de l’argent, malades de l’accumulation.
    Tarés compulsifs: une tare sociale.

  6. Je ne sais où placer ceci, chronique de la spéculation ordinaire favorisée par l’Etat.

    Hier, France-Inter 15h, seconde émission de Daniel Mermet consacrée au gaz de schiste
    en France.

    Il apparait que Borloo a signé des permis de recherche d’une taille gigantesque, délivré à des sociétés commerciales de rencontre ayant comme un parfum de spéculation, sans moyens propres. (Surface gigantesque :le « permis de Montélimar » s’étend jusqu’à Arles !)
    Et Il l’a fait en toute discrétion.

    Les intervenants de l’émission n’ont pas relevé ce même Borloo avait attribué le statut de fournisseur primaire de gaz à des sociétés commerciale bien connues pour leurs moyens techniques propres dans ce domaine, comme goldmann-sachs International.
    Faudrait qu’ils lisent les archives du blog!

    Devant l’opposition à ce coup de force, la « ministre de l’Ecologie »
    a décidé une commission d’ étude. Pour plus de sûreté, en matière
    de spéculation sans doute, la commission comprendra des représentants
    des sociétés attributaires. Et pour qu’elles ne perdent rien, les permis sont prolongés de la durée des travaux de la commission.

    On peut élargir ce débat:
    Des ministres fréquentent des dictateurs, en sont les commensaux habituels,
    et/ou chantent leur louange, et pour un,veut aider à son maintien au pouvoir.
    Une ministre déclare, sans aucune réaction, que « la spéculation
    financière nous la gardons ». Elle admet, sans aucune réaction, que les niches fiscales détruisent la valeur « faciale » du taux d’imposition et ce d’autant mieux que l’imposition est élévée ( Résumé: « les impôts, plus t’es riche moins tu payes »)
    D’autres ministres, dans un moment d’égarement sans doute, semblent favoriser
    par tous les moyens, une spéculation portant atteinte au cadre de vie d’une population simplement méprisée. (un derrick tous les 500m, un paysage lunaire, pollutions diverses prouvées).

    Réfléchissons.

    1. tous les affidés de l’actuel gouvernement – 2007 – devront être exclus par la suite de tout gouvernement …ils sont irrécupérables…

  7. Bonjour

    Merci pour cette vidéo très intéressante. Toutefois j’aimerais préciser quelque petite chose sur l’objection de croissance. Je ne sais pas comment ça se fait, le mouvement est-il trop jeunesse le rapport avec des mouvement antérieur trop facile à faire en se basant sur quelques traits a priori similaire mais l’Objection de croissance ne se fonde pas sur les valeurs que vous dites. On ne peut pas tout connaitre à fond moi aussi il m’arrive souvent d’avoir des affirmations sur des choses que je connais pas assez bien.
    D’abord l’objection de croissance tel que je la connais dans ses formes contemporaines ne se fondent pas sur les valeurs Quakers (Boulding quakers souvent citer pour sa fameuse phrase comme objecteur de croissance est un penseur parmi d’autres et pas forcement le plus influant). L’objection de croissance se fondent sur les travaux de Nicholas Goergescu-Roegen physicien qui montre comment l’économie exclu de ses modèles les facteurs physico-chimiques. Il y a aussi Ivan Illich qui fut un observateur et théoricien du développement qui a le premier dénoncé les ravages humains du « développement » à marche forcée dont furent victimes les pays du Sud dans les années 80 ou encore les réflexions d’André Groz.
    Quant à l’argument démographique il est loin d’être en odeur de sainteté chez les objecteurs de croissance (Lire Serge Latouche). Les objecteurs de croissance contrairement néo-malthusiens ne visent pas la réduction de la population mais déjà sa stabilisation. La question n’est pas pour eux de réduire la population pour la rendre adéquate aux ressources planétaire mais bien de partager de rendre la répartition des ressources compatible avec la vie digne de chaque habitant de la planète.
    Enfin l’argument de régression ne nous convient pas, il s’agit pour nous de repenser le progrès, de savoir ce qu’est le progrès pour l’Homme. Et ce qui nous semble c’est que ce n’est pas en rendant les êtres humains toujours plus malléable au marché afin de maintenir la croissance bleu, verte ou rose que celui-ci s’achemine vers un mieux, ni en créant les conditions de la barbarie en dilapidant les ressources mondiales.

  8. Pour rebondir au propos de Paul à ce sujet, possible en effet que l’homme puisse un jour
    et dans un proche avenir obtenir l’immortalité, devenir même l’égal d’un Dieu, celui du surhomme, aucune faiblesse, plus aucune maladie ni tare, donc forcément moins besoin de personnel soignant et de dépenses, plus d’économies à faire partout, bien sur ça ne sera pas du tout une fable. Je pense en effet que cela est faisable techniquement ou scientifiquement, bien plus selon moi sous l’approche d’un trifouillage des gènes que par le biais d’un autre organe artificiel implanté dans la tête des gens, en tous cas une seule vie me suffit déjà grandement surtout dans un tel monde ou le conditionnel d’existence devient plus en plus obligatoire à suivre pour les plus pauvres et les moins capables. J’ajouterais même que si cette possibilité était offerte aux plus grandes fortunes ou alors aux plus révolutionnaires de la terre, possible que cela ne puisse pas plus apporter de changement. Je ne voudrais pas plus que l’on ressucite trop les morts et nos mêmes idôles du siècle dernier, car le monde ne se montrerait pas mieux prêt à changer de valeurs de sitôt pour nos enfants, enfin c’est mon point de vue si par exemple l’esprit d’un mort devait revenir d’entre les morts, pour nuancer mon propos peut-être bien en effet dans un lointain futur, nos descendants la mériteront davantage cette immortalité, mais nous aujourd’hui sommes-nous vraiment bien des êtres de changement ?

  9. Monsieur Jorion,

    Je suis surpris et déçu de vous entendre disqualifier la décroissance au motif que ses adeptes prôneraient la réduction de la population. En réalité, s’il existe certains décroissants qui vont dans ce sens, il s’agit d’une minorité qui n’est pas du tout représentative de l’ensemble du mouvement. Je pense d’ailleurs que le malthusianisme, puisque c’est de cela qu’il s’agit, est plus répandu parmi les défenseurs du capitalisme que parmi les décroissants, et qu’il serait donc plus honnête de disqualifier le capitalisme sur base de cet argument.
    Au contraire, les objecteurs de croissance (terme que je préfère à celui de décroissants) considèrent généralement que seule une économie découplée de l’obligation de croissance permettra un partage des ressources entre tous les humains. Et s’il est évident qu’une limite à la taille de la population humaine sur Terre existe, les prévisions démographiques montrent que cette limite ne devrait pas être dépassée. Cette limite apparaît pourtant déjà trop élevée à ceux qui ne considèrent la vie qu’au travers de l’accumulation des biens matériels, et qui voient avec effroi les milliards d’êtres humains des pays émergents se lancer dans une course dont ils sont les promoteurs.

    La décroissance peut être considérée comme une utopie en ce qu’elle remet en cause la base même d’un système économique qui a produit une augmentation sans précédent du niveau de vie des populations qui en ont bénéficié, mais à l’aune de l’accroissement démographique c’est plutôt la poursuite de la croissance infinie qui apparaît comme une utopie. Et si l’homme n’est pas fait pour décroître, comme l’a écrit un de vos lecteurs, je dirais que l’homme n’est pas fait pour durer. Mais je préfère croire que ce besoin impérieux d’accumuler toujours plus de biens matériels est culturel plutôt que génétique, et que l’homme peut trouver la sagesse de s’adapter à son environnement. Le challenge est de ne pas nous laisser dicter notre conduite par la minorité d’individus pour qui gloire et puissance sont la raison de vivre.

    J’espère avoir bientôt l’occasion de vous voir revenir sur le sujet de l’objection de croissance en évitant cette fois les affirmations à l’emporte-pièce.

    1. « Je suis surpris et déçu… ». Je ne peux pas m’empêcher de noter la tendance qu’ont les décroissantistes à exprimer leur désaccord avec d’autres sur le mode de la déception. Or on ne peut être déçu que si son ancienne représentation était fausse.

      Au moins si nous ne sommes pas d’accord, nous pouvons tenter de nous accorder. Si vous êtes déçu, nous ne pouvons rien faire, je ne peux que vous reprocher de vous être trompé autrefois.

    2. @Paul Jorion
      Je ne sais pas quels sont ces « décroissantistes » dont vous parlez.
      Sur le blog, les gens qui se sont exprimés, y compris moi, sympathisants de l’idée de décroissance, sont effectivement surpris et déçus par le fait que vous relayez une idée fausse sur les objecteurs de croissance.
      C’est pourquoi, on est plusieurs à vous renvoyer à des lectures éclairantes sur le sujet.

      Donc si « on ne peut être déçu que si son ancienne représentation était fausse » alors on est déçu de la représentation que l’on pouvait se faire de Mr Paul Jorion.
      Si je continue votre raisonnement, à priori vous ne pouvez rien faire et vous nous reprochez de nous être trompé sur vous. 🙂

      Un peu de sérieux Mr Jorion, nous sommes surpris que vous ayez dit une énorme connerie voilà tout.
      Que vous n’ayez pas envie de discuter avec les décroissants ne vous en faites pas, on en a l’habitude et on ne s’en offusque pas.
      On a aussi l’habitude des procédés plus ou moins alambiqués qui nous font passer pour des gens avec qui on ne peut pas discuter. Donc là aussi ne vous en faites pas.
      « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage »

      Pour ma part cela ne m’empêchera pas de fréquenter votre blog.

    3. Monsieur Jorion,
      Si je suis déçu c’est que la manière avec laquelle vous évacuez la question de la décroissance ne correspond pas à l’estime que je porte à votre intelligence. Ne seriez-vous pas déçu d’entendre quelqu’un dont vous appréciez les idées et les analyses se laisser subitement aller à fermer une porte sur base d’une idée fausse et simpliste?

      Je n’exprime donc pas ma déception par rapport à un désaccord, tout objecteur de croissance que je suis, mais par rapport à un laisser-aller intellectuel de votre part. Il ne tient qu’à vous de transformer cette déception en dialogue constructif.

    4. @Paul Jorion

      8min45s sur votre vidéo
      « ils le disent eux-même (les objecteurs de croissance) que la mise en application de leur système requiert des sociétés avec beaucoup moins de monde qu’il y en a maintenant »

      Donc je me répète, je ne sais pas du tout où vous avez entendu ou lu cela.

      J’aurais même tendance à dire que c’est aussi (entre autres raisons) parce que nous sommes si nombreux, dans cet espace fini qui est la Terre, qu’il nous semble obligatoire de passer par l’idée de décroissance.

      Je vous renvoie aux commentaires 30 sur ce même sujet.

    5. Elle fait l’objet de mon premier post. Il est malhonnête de disqualifier l’objection de croissance au motif qu’elle serait malthusienne. C’est porter l’anathème sur un concept en se basant sur une certaine utilisation politique de ce concept, utilisation qui est loin de représenter un courant majoritaire.

    6. Paul n’est pas « surpris et déçu » parce que son ancienne représentation du système était fausse, mais parce que vous ne vous exprimez pas sur la décroissance.

      Vous n’êtes pas dans l’échange mais dans cela-même que vous reprochez il me semble à Claude Lévi-Strauss.

      Un échange sans contre-valeur n’est pas un échange !? Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en l’Homme, et le Verbe était l’Homme… Le Verbe était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu, il en a perdu la conscience.

      Et pendant ce temps-là, les tarés avancent qui veulent imposer notre magnifique tyrannie capitaliste dont ils sont totalement dépendants puisqu’ils n’ont connu que ça, qui veulent aller éduquer les enfants des autres afin que l’introduction de leur système se fasse en douceur (ils ont déjà envoyé la vaseline), qui nous disent que la crise de l’euro est terminée et qui comptent bien en apporter la preuve grâce à l’exploitation programmée de ces nouveaux marchés de peuples qu’ils refusent a priori d’accueillir mais que dans leur grande mansuétude philosophique ils acceptent d’exploiter, etc., etc., et bien ils avancent !

    7. Paul Ariès, journal Le Sarkophage. « Selon lui (Yves Cochet), un enfant européen à « un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York », il souhaite donc voir adopter des mesures pour dissuader d’avoir un troisième enfant. Je choisis plutôt la suppression des 620 trajets Paris-New-York et d’éduquer les enfants à un autre mode de vie. Chacun ses choix: le mien est celui d’une vie meilleure pour tous, pas qu’un petit nombre puisse continuer à bouffer comme quatre tout en se baladant en avion et en hélicoptère ici ou là. » (source: environnement.blogs.liberation.fr)
      C’est la grande différence entre ceux qui se réclament d’une décroissante écolo (au nom de not’grande Mère Nature?), d’autres clairement d’extreme droite, et enfin, celle, de gauche, que défend Aries et d’autres.

    8. Bibule dit :
      ////J’aurais même tendance à dire que c’est aussi (entre autres raisons) parce que nous sommes si nombreux, dans cet espace fini qui est la Terre, qu’il nous semble obligatoire de passer par l’idée de décroissance.////
      Il y a un autre argument pour une limitation de population:
      Une espece en equilibre dans son biotope , se régule (population et taille) en fonction de son appro locale et de ses interactions(positives et négatives) avec les autres especes et son environnement .
      Notre problème vient de ce que nous » trichons ». Si la Beauce hébergeait uniquement la population qu’elle peut nourrir , et si l’ IraK en faisait de meme ….nous n’aurions pas de problème .En cumulant les productions de Blé , d’eau , de petrole , nous pouvons heberger ds ces territoires 100 fois plus d’individus ……mais , ce faisant , nous occultons les « problèmes » ou autres intrants limitant qui limitaient cette population ….Le cumul de ces occultations resurgit plus tardivement et ce cumul est incompressible.
      Une attitude vertueuse serait de remplacer une limitation « naturelle » par une limitation « volontaire » , mais comme ds ts process centralisateur , nous ne faisons que déplacer et aggraver les problèmes :
      juste comme ex : je suis persuadé que la majeur partie des rites culturels profonds sont transmis par l’enfance et cette transmission necessite des fratries nombreuses . Une limitation pré-natale élaguerait ce process et mettait en danger le culturel , donc la civilisation .(c’est juste une hypo-thèse)

  10. N’est-on pas en train de nous refaire le coup des subprimes immobilières avec les obligations municipales US ? L’avertissement futur sur AIG sera-t-il le détonateur de la vague de décroissance ? Qu’en pense Madame Irma ?

    1. Qu’en pense Madame Irma ?

      Madame Irma ne pense pas lorsqu’elle se rend au marché, elle regarde d’abord votre argent et elle brode le même rendez-vous de vie et de propos pour ses clients, c’est comment dire mieux voir l’avenir de ces pigeons.

  11. La décroissance est déjà dans les tuyaux et nous est déjà imposée politiquement par la rigueur et les taxes sur l »énergie qui vont décuplées dans les années à venir. L’érosion délibérée de notre pouvoir d’achat par les politiques de rigueur mises en place répond par des moyens non dits à la pénurie de pétrole. La spéculation et la libye ne sont que prétextes pour les gueux que nous sommes …

    Pour tous les « décroissantsites », don’t worry, vous allez être servis !

    1. bible,

      Désolé mais les politiques de rigueur qui se mettent en place n’ont rien à voir avec l’objection de croissance. Il s’agit là de politiques qui visent à préserver la croissance au bénéfice de quelques-uns en faisant porter toute la charge sur les gueux.

      Ce qui est vrai par contre, c’est que si nous ne choisissons pas la décroissance (et donc ne la préparons pas) elle va nous être imposée par les limites physiques de la Terre. En ce sens on peut dire qu’en effet elle « est déjà dans les tuyaux ».

  12. Ode à Crapaud

    L’homme du vendredi
    A l’allure socratique,
    Prophète de la vie
    Sur blog informatique
    Ouvre son agora,
    Son intuition biblique.
    Et tel un rédempteur
    Comme Noé sur son arche
    Formate le bonheur
    En enterrant les haches.
    Sur son immense radeau
    Au milieu des beaux flots,
    Il emmène un Crapaud
    Rouge et un zébu…
    Un vigneron sans son vélo…
    En vérité c’est un grand cru !

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