La nuit ouf #4 – Un autre monde. 2012, an 01, la contre-culture s’organise, vendredi 4 mai à partir de 19h


 

Le 4 mai à 19h, nous vous invitons à la rencontre « Rêves de (R)évolutions » autour du livre éponyme sorti chez Actes Sud/Colibris, dans le cadre de la Nuit OUF !
À la veille du second tour de l’élection présidentielle, venez prendre une grande bouffée de solutions d’avenir et partager vos rêves pour l’évolution de nos sociétés.
Vous retrouverez Philippe Desbrosses, Jean-Marc Borello, Patrick Viveret, Dominique Gauzin-Müller, Jean-Baptiste de Foucaud, pour tracer avec eux les chemins de l’agriculture, de l’urbanisme, de l’énergie, de l’économie, de l’entrepreneuriat de demain.
En grands témoins de cette rencontre : Coline Serreau et Paul Jorion.

Où ? Au Cenquatre
Quand ? vendredi 4 mai à 19h
Comment ? Par le 104, Rue d’Aubervilliers 75019 Paris

Vous pourrez ensuite prolonger votre soirée avec La nuit OUF, qu’organisent nos amis du 104.

19h-21h : Rêves de (R)évolutions (entrée libre et gratuite)
21h-22h : signature du livre (R)évolutions, au Café Caché (en partenariat avec la librairie le Merle Moqueur)
21h-3h : Nuit OUF (tarifs 12/15/20€ par le 5, rue Curial) (voir le programme ici)
3h-5h : Projection (dans des transats) du film de Coline Serreau “Solutions locales pour un désordre global”

Pour toute information supplémentaire, vous pouvez contacter le 104 au 01 53 35 50 00 (du mardi au dimanche, de 14h à 19h).

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LA FINE LIGNE ROUGE, par Zébu

Billet invité.

La fine ligne rouge

« La guerre ne rend pas les hommes plus nobles. Elle en fait des chiens. Elle empoisonne l’âme. »

La guerre économique, elle, est un progrès car elle permet aux hommes de disputer aux chiens les restes des poubelles, par leur primauté à la verticalité, comme une échelle de Jacob.

Je ne sais pas ce que disent ces hommes car ils parlent grec.

Et je ne suis pas certain de vouloir comprendre les mots.

Certains dans les commentaires disent que ceci n’a rien d’exceptionnel car on peut retrouver les mêmes images, en bas de chez soi.

La vraie question, disent-ils, est plus à voir du côté de la répartition, de la création des richesses.

De ce côté-ci, sans doute. Car l’esquive est aussi une facette de l’art de la guerre.

Ou de ce côté-, aussi. Une manière de la préparer.

Trois bouts de la pelote.

Trois fils que l’on tire.

Une même fine ligne.

Rouge.

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L’actualité de la crise : MAUVAISE POLITIQUE EN GUISE DE BONNE ÉCONOMIE, par François Leclerc

Billet invité.

Faute de grives, on mange des merles ! Une opération de relations publiques se prépare sous les auspices d’Angela Merkel et de Mario Monti. Elle s’appuie sur l’adoption et la ratification simultanée par les deux pays et avant l’été d’un « agenda de croissance » et du pacte budgétaire déjà décidé et sans aucun changement. Il s’agit de couper court aux discussions qui montent, et de prévenir les conséquences de l’élection éventuelle de François Hollande. Faute de faire de la bonne économie, on s’efforce de faire de la politique !

La Banque européenne d’investissement serait au coeur d’un dispositif annoncé pour mobiliser 200 milliards d’euros, qu’il ne serait pas désagréable de voir qualifié de plan Marshall. Ne faisant preuve d’aucune originalité en la matière, les déjà très sollicités secteurs des énergies renouvelables et des hautes technologies seraient appelés à en bénéficier, avec un impact sur l’emploi que l’on pressent maigre.

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L’actualité de la crise : CHANGER LES FAITS OU CHANGER LA THÉORIE ? par François Leclerc

Billet invité.

Une fois encore, un de ces bras de fer entre dirigeants européens se terminant par un compromis boiteux se profile. A propos de l’Espagne, bien entendu. Depuis plusieurs semaines couvait lentement à Bruxelles un plan de soutien à ses banques, avec pour objectif de ne pas engager la procédure lourde et politiquement difficile à assumer d’un nouveau plan de sauvetage. Car ce qui fait tache en Espagne, c’est que les faits ne sont pas conformes à une théorie qu’il n’est pas question de changer : la dette qui menace n’y est pas publique mais privée.

Un écueil identifié était sur ce chemin : les prérogatives du fonds de stabilité économique (le FESF) ne lui permettent d’intervenir que via les États, en assortissant ses prêts de strictes conditionnalités. Or, le récif est droit devant. Devant l’imminence du problème, le gouvernement allemand a fait savoir qu’il est hors de question de dévier de la route et de soulager l’État espagnol de ce nouveau fardeau allant alourdir sa dette publique, alors qu’il est déjà incapable de réduire son déficit budgétaire.

Impensable de remettre en cause par un biais ou par un autre une discipline budgétaire conçue comme l’alpha et l’oméga de toute politique économique ! Il y a encore peu, il était même question d’en faire graver les principes dans la Constitution des États de l’Union européenne. En conséquence, on enregistre un durcissement alors qu’une solution en souplesse était largement esquissée, dont l’adoption était réclamée par le FMI et la BCE… Cette dernière n’a en effet pas l’intention d’engager un troisième round en injectant des liquidités dans le système bancaire à nouveau massivement. Mais comment l’éviter, si les États n’interviennent pas ?

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À propos de ROOSEVELT 2012, vite fait, un dimanche

Pierre Larrouturou est un gars bien sympathique mais j’ai l’impression qu’il perd un temps précieux à vouloir créer des « mouvements ». D’abord au PS, puis chez EELV, et maintenant avec ROOSEVELT 2012.

Aussitôt qu’il dispose d’un « mouvement », il traîne comme un boulet un « appareil » et il est coincé dans des considérations de « discipline de parti » qui ne conviennent ni à son tempérament, ni non plus à celui de sa compagne à qui j’ai eu également le plaisir de parler. Et à juste titre puisque, faut-il même l’ajouter : les appareils, les disciplines de parti ne devraient convenir au tempérament de personne.

Un Troll a glapi hier ici : « Quoi, vous laissez parler Jean-Pierre Pagé, alors qu’il dit autre chose que vous ! » Et c’est précisément l’avantage que nous avons ici : nous bénéficions du fait que des points de vue DIFFÉRENTS en vue du même but (en gros) s’expriment conjointement et librement. Pas besoin de mouvements, d’appareils, de discipline de parti. Ceux qui aiment ça peuvent toujours aller le chercher ailleurs, si ça leur chante (bonne chance !).

Le blog ici existe depuis plus de cinq ans. En cinq ans, pas d’anathèmes, pas d’exclusions, pas de défenestration (je ne rigole pas : exemple vécu). Quel groupuscule qui allait changer le monde en cinq sec peut en dire autant ?

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Au commencement est le désir. Son projet est l’infini…, par Christian Maurer

Billet invité.

Partons de ce constat : l’économiste, le politique, le financier… sont et resteront des êtres humains. Etudier leurs théories, analyser les conséquences de leurs choix et de leurs actes sur notre société, c’est nécessairement aussi se pencher sur les dynamiques qui les animent et les font vivre en tant qu’humains. Les critiquer et dénoncer leurs impasses, c’est accepter de faire le détour du décryptage de leurs motivations sous peine de n’en rester qu’à formuler l’espoir de quelques changements, finir par se lamenter parce qu’ils ne verront jamais le jour, ou encore redouter que n’arrive le pire.

Refonder le capitalisme ne peut pas, de ce point de vue, faire l’économie (!) d’une approche de l’intériorité, cet espace de l’humain dans lequel s’élabore à partir de ses besoins vitaux et de son expérience de la réalité, sa représentation de cette réalité. Car c’est dans cette intériorité que prennent racine ses croyances à propos du monde, des autres et de lui-même, desquelles découlent ses stratégies puis ses comportements au quotidien, qui eux-mêmes génèrent son environnement sociétal, véritable cristallisation de sa représentation des choses.

Face à un capitalisme à l’agonie, il me paraît incontournable d’interroger cette intériorité et son moteur, le désir. Le désir nous porte au quotidien dans l’effort d’exister. Sa satisfaction jamais ne l’épuise, mais au contraire le nourrit et le grandit. De l’expérience du plaisir découle l’élan toujours plus fort d’oser risquer l’aventure de la vie. La frustration peut en contenir l’enthousiasme, et nous apprendre une certaine modération dont l’enjeu est l’aptitude à prendre en compte les limites. Mais de par sa nature, le désir se porte vers l’Infini, et sans lui c’est la grande dépression, celle qui nous empêche de projeter, d’entreprendre, et de réaliser dans le concret de ce monde.

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ÉRIC CHARDEN (1942 – 2012)

Le grand philosophe des sciences, Paul Feyerabend (1924-1994) a dit un jour : « J’aurais mieux fait d’être un comique : mettre un sourire sur le visage de quelqu’un qui a des soucis, y a que ça qui compte finalement ». Toi, tu l’as fait, sans prétention. Merci, mon vieux !

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LE GRAND TOUR(nant) – ITALIE – SUISSE – FRANCE

J’ai commencé d’écrire mon livre qui s’appellerait Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard), en 1984. Il fut fini d’être rédigé en 2004. Au tout début 2007, avec l’aide inlassable de Marcel Gauchet, Pierre Nora et Olivier Salvatori, commença le travail de réécriture et de finition, qui devait déboucher sur sa publication à l’automne 2009.

En tout, plus de vingt années consacrées à la lecture d’Aristote (… en trois langues), de la logique des Scolastiques (parfois en latin !), de Leibniz, Hegel et Wittgenstein, de Galilée, Poincaré, Meyerson et Duhem, de multiples histoires des mathématiques d’Eudoxe à Abraham Robinson, et ainsi de suite.

Pourquoi vous infliger cet inventaire à la Prévert ? Parce que l’autre jour, quand j’ai consacré un billet à un sujet de cet ordre-là, un commentateur (ou il me semble que c’était une commentatrice), m’a rabroué avec vivacité en me disant (je cite de mémoire) : « M. Jorion, un peu de décence : continuez à nous parler de finance, continuez de nous parler des choses que vous connaissez mais, s’il-vous-plaît, épargnez-nous de déblatérer sur les choses que vous ne connaissez pas ! »

Les bras m’en sont tombés, j’ai levé les yeux au ciel et je me suis adressé à lui en poussant un grand soupir : « Et moi qui imaginais que c’était cela mon VRAI métier ! »

Pourquoi vous rappeler l’anecdote toute entière ? Parce que les hasards du calendrier ouvrent pour moi une période d’immense indécence au sens de ma lectrice puisque je m’apprête à parler en mai du Grand Tournant des sociétés humaines à Aosta dans le Val d’Aoste en Italie, de La banque, la finance, et la Suisse en particulier à La Chaux-de-Fonds en Suisse, de « Peace, brother » et autres mirages psychédéliques au Studio 104 à Paris et que j’aurai à Montpellier, l’immense honneur et le grand plaisir de débattre avec Jean-Claude Michéa De tout et de n’importe quoi dont il nous paraît indispensable de parler aujourd’hui, avant qu’il ne soit trop tard.

N.B. À part le titre de la conférence à Aoste, ce ne sont pas les titres exacts de ces causeries, juste des surnoms que je leur ai données.

Mercredi 2 mai à 17h, Le grand Tournant des sociétés humaines, à la Maison de Babel, Place Chanoux, Aoste, Italie

Jeudi 3 mai à 20h15, Ce qui doit changer. Et les forces qui s’y opposent, Centre de culture, d’information et de rencontre, 64 rue de la Serre, La Chaux-de-Fonds, Suisse

Vendredi 4 mai à partir de 19h, La nuit ouf #4 – Un autre monde. 2012, an 01, la contre-culture s’organise, Le Centquatre, 5 rue Curial, 75019 Paris, métro Riquet

Mercredi 16 mai à 20h30, Où en sommes-nous ?, Agora des savoirs, Centre Rabelais, Esplanade Charles de Gaulle, Montpellier

 

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ALTERÉCHOS.be, Paul Jorion : La crise, l’économie sociale, N° 335, mars 2012

Dans la revue belge AlterÉchos.

Julien Winkel : Le sociologue, anthropologue et économiste Paul Jorion était à Bruxelles début mars. Il a accepté de répondre à quelques questions à propos de la crise, de l’économie sociale.

Paul Jorion commence à être bien connu du public belge. Né à Bruxelles le 22 juillet 1946, ce sociologue, anthropologue et économiste a beaucoup fait parler de lui suite à la publication en 2007 de « Vers la crise du capitalisme américain », un ouvrage où il annonce la crise des subprimes qui aura lieu quelques semaines plus tard. Parallèlement à cela, c’est également au travers de son blog (www.pauljorion.com), au sein duquel il analyse avec d’autres la crise économique actuelle, que l’homme connaît également aujourd’hui une certaine notoriété. Le 9 mars dernier, il a donné à l’ULB un exposé (« De quoi demain devrait-il être fait ? ») faisant partie d’un cycle de conférences organisées par l’EPFC dans le cadre de ses formations en gestion d’entreprise d’économie sociale. L’occasion pour lui de répondre, en marge de cet événement, à quelques questions, de parler d’économie sociale et, pour Alter Echos, de tenter de comprendre ce qu’il entend quand il parle de « capitalisme à l’agonie ».

Alter Echos : On parle encore et toujours de crise, même si celle touchant la zone euro peut donner l’impression de se calmer un peu. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Paul Jorion : On essaie de gagner du temps, de l’ordre de six mois, mais rien n’est arrangé. La plupart des banques sont insolvables, la Banque centrale européenne (BCE) vient d’ailleurs d’y injecter un millier de milliards d’euros, qui devrait les maintenir à flot. Que vont-elles faire de cet argent ? Probablement rien, elles vont le garder en réserve. Cela va leur permettre d’éponger leur insolvabilité qui est cachée, dont on n’a jamais rien voulu dire. La seule chose positive, c’est qu’on est arrivé à imposer une décote sur la Grèce aux marchés [NDLR les créanciers privés de la Grèce ont accepté une décote de 53,5 % sur leurs titres obligataires dans le cadre d’un échange de titres ayant eu lieu début mars]. Mais tout ça, c’est du niveau de la rustine améliorée, ce ne sont pas des solutions. Des solutions, on n’en a pas…

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Dans les allées du pouvoir, les banquiers à la manœuvre, par Marie-Jeanne Pasquette

Billet invité.

Les activités de détail d’un côté, la finance de l’autre: très hostile à ce projet, le secteur bancaire met en oeuvre ses réseaux pour infléchir dirigeants politiques et institutionnels.

Banquiers contre politiques. A l’affiche depuis la crise financière de 2008, ce combat-là va bel et bien se tenir au début du quinquennat. Et il promet un certain nombre de directs et de coups tordus. Peu importe le vainqueur de l’élection, à droite comme à gauche, le pouvoir politique veut en découdre. La partie adverse s’y prépare avec soin. Car, pour les banques, l’objet de la rencontre est vital, au sens organique du terme : à Bruxelles comme à Paris, il est question de les couper en deux. De mettre d’un côté les activités classiques de crédit, de l’autre, la banque de marché. De séparer les bons vieux guichets des sulfureuses salles de trading. Les principaux intéressés veulent rester « entiers » et garder leur modèle de banque… universelle, Alors, qui va gagner ?

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