ALTERÉCHOS.be, Paul Jorion : La crise, l’économie sociale, N° 335, mars 2012

Dans la revue belge AlterÉchos.

Julien Winkel : Le sociologue, anthropologue et économiste Paul Jorion était à Bruxelles début mars. Il a accepté de répondre à quelques questions à propos de la crise, de l’économie sociale.

Paul Jorion commence à être bien connu du public belge. Né à Bruxelles le 22 juillet 1946, ce sociologue, anthropologue et économiste a beaucoup fait parler de lui suite à la publication en 2007 de « Vers la crise du capitalisme américain », un ouvrage où il annonce la crise des subprimes qui aura lieu quelques semaines plus tard. Parallèlement à cela, c’est également au travers de son blog (www.pauljorion.com), au sein duquel il analyse avec d’autres la crise économique actuelle, que l’homme connaît également aujourd’hui une certaine notoriété. Le 9 mars dernier, il a donné à l’ULB un exposé (« De quoi demain devrait-il être fait ? ») faisant partie d’un cycle de conférences organisées par l’EPFC dans le cadre de ses formations en gestion d’entreprise d’économie sociale. L’occasion pour lui de répondre, en marge de cet événement, à quelques questions, de parler d’économie sociale et, pour Alter Echos, de tenter de comprendre ce qu’il entend quand il parle de « capitalisme à l’agonie ».

Alter Echos : On parle encore et toujours de crise, même si celle touchant la zone euro peut donner l’impression de se calmer un peu. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Paul Jorion : On essaie de gagner du temps, de l’ordre de six mois, mais rien n’est arrangé. La plupart des banques sont insolvables, la Banque centrale européenne (BCE) vient d’ailleurs d’y injecter un millier de milliards d’euros, qui devrait les maintenir à flot. Que vont-elles faire de cet argent ? Probablement rien, elles vont le garder en réserve. Cela va leur permettre d’éponger leur insolvabilité qui est cachée, dont on n’a jamais rien voulu dire. La seule chose positive, c’est qu’on est arrivé à imposer une décote sur la Grèce aux marchés [NDLR les créanciers privés de la Grèce ont accepté une décote de 53,5 % sur leurs titres obligataires dans le cadre d’un échange de titres ayant eu lieu début mars]. Mais tout ça, c’est du niveau de la rustine améliorée, ce ne sont pas des solutions. Des solutions, on n’en a pas…

AE : Dans ce cadre-là, comment voyez-vous le rôle de votre blog ?

PJ : Quand la révolution de 1848 a éclaté en France, Pierre-Joseph Proudhon, qui en était un des penseurs, a dit : « c’est affreux, nous ne sommes pas prêts ». Aujourd’hui, je pense justement que la tâche urgente, c’est d’être prêts. Il faut pousser la réflexion pour être prêt quand tout le système s’effondrera, pour qu’on sache quoi faire.

AE : Etre prêt, pour vous, cela veut dire quoi ?

PJ : Il ne faut pas en arriver au point de Proudhon. La Révolution française n’a pas arrangé grand-chose, elle ne s’est pas occupée de la question de la propriété privée, à part dire qu’elle est sacrée. A l’heure actuelle, on n’a pas de principes sur la définition du profit, pas de principes concernant la redistribution des richesses entre tous ceux qui contribuent, pas de solution au fait qu’on ait besoin à tout moment de capitaux parce qu’ils ne sont pas au bon endroit. Il y a toute une série de questions, dont je parle actuellement sur mon blog, qui ne sont pas résolues. En matière de réflexion sur l’économie, on a vraiment perdu 150 ans. C’est dommage, car à la fin du 19e siècle, on était pourtant parti dans la bonne direction, toutes les questions étaient sur la table. Mais on s’est dit « Vu qu’il n’y a que des révolutionnaires qui pensent à ces questions là, on va faire autre chose ». On a poussé les gens à regarder ailleurs, les économistes se sont occupés d’autre chose plutôt que de se poser les bonnes questions.

AE : Quelles sont ces bonnes questions ?

PJ : Qu’est-ce que le profit ? Qu’est-ce que le capital ? Qu’est-ce que la propriété privée ? C’est de cela qu’on parlait au 19e siècle, on appelait ça l’économie politique. Il s’agissait de voir de quels groupes sont composées les sociétés, quelles sont les relations entre ces groupes. Et à partir de 1875, on a arrêté de s’intéresser à ces questions, c’était terminé. Des gens comme Léon Walras en France, Carl Menger en Allemagne, William Stanley Jevons en Angleterre ont dit : on met la question de la propriété privée entre parenthèses, tous les individus sont les mêmes, rationnels. Qu’ils soient chefs d’entreprises ou ouvriers n’a pas d’importance, ce qui est important, c’est qu’ils ont des choix rationnels à faire entre des allocations de ressources. On a inventé une science économique et, aujourd’hui, quand on demande « Que faut-il faire ? », les économistes n’ont rien à dire car ils se sont occupés de calculs à la marge.

AE : Pour vous, il faut revenir à l’économie politique ?

PJ : Tout n’est pas excellent là-dedans. Quand Marx écrit Le Capital, il titre Critique de l’économie politique. Il était contre la manière dont c’était fait jusque-là, mais le cadre était bon : il s’agissait d’envisager les rapports de force qu’il y a au sein d’une société, de voir comment ils se justifient, quels sont les résultats. Se poser la question « Est-ce qu’il y a des gens qui meurent de faim, si c’est le cas c’est un problème ». La science économique est venue après en disant : les gens meurent de faim, c’est leur problème, c’est parce qu’ils ne sont pas assez rationnels.

AE : Et votre blog a un rôle à jouer là-dedans ?

PJ : Oui, c’est un think tank, c’est du travail d’équipe.

AE : C’était votre but ?

PJ : Non, je ne savais pas ce qu’était un blog. J’ai écrit ce bouquin qui, au début, n’intéressait personne. Finalement, il est sorti en 2007 et la crise a débuté le mois suivant. J’ai commencé à envoyer des mails aux gens que je connaissais, pour la mise à jour. Et très rapidement, je me suis dit que ça pourrait intéresser plus que deux pelés et trois tondus. D’où le blog qui compte aujourd’hui 150 000 lecteurs, ce qui est beaucoup pour un blog d’économie en français.

AE : Comment est-il financé ? Il y a une contribution financière des lecteurs ?

PJ : Il y a environ un lecteur pour 1 000 qui contribue, 150 personnes qui paient 20 euros en moyenne. A un moment, j’ai pensé fermer ce blog. Mes lecteurs m’ont dit : « Combien vous faut-il par mois pour ne pas le fermer ? » J’ai fait un calcul : 2 000 euros. Ils m’ont dit d’accord.

AE : Ce soir, vous donnez une conférence. Qu’allez-vous y dire ? Allez-vous adapter son contenu au contexte de l’économie sociale ?

PJ : J’improvise mes interventions. J’enchaîne en général sur l’introduction qu’on fait de mon exposé, cela me donne le point de départ. Il y a aussi les réactions de la salle, son apparence, le public.

AE : L’économie sociale est-elle pour vous un modèle qui peut avoir un rôle à jouer dans la crise actuelle, dans la constitution d’un nouveau système ?

PJ : Sur mon blog, j’ai récemment essayé d’exposer l’ensemble de la réflexion entre 1820 et 1880 dans un certain nombre de milieux : les socialistes, les anarchistes, les collectivistes et les communistes. Et l’économie sociale, elle démarre là, chez les saint-simoniens, chez des Robert Owen. Il y a cependant une question qui n’est pas résolue à ce sujet, et qui est au coeur de la réflexion des décroissants : peut-on changer, par l’exemple, la société de l’intérieur ? Et là, je crois que la réponse de 1848 a été donnée : c’est non. Parce que dans un cadre institutionnel qui n’est pas vertueux, il n’est pas possible d’être vertueux. On peut l’être, mais 10 ou 15 minutes, parce qu’on est éliminé directement. Dans un cadre qui encourage au crime comme la finance actuellement, les initiatives de type individuel pour changer le système par un exemple vertueux sont éliminées par les lois de la concurrence.

AE : C’est donc impossible.

PJ : Non, il y a toujours des coopératives. Mais le fait que ce modèle n’ait pas envahi la société, entre le moment où on l’a inventé en 1830 et maintenant, montre que le côté « exemplaire » ne s’est pas passé.

AE : L’économie sociale, c’est un ajustement systémique ?

PJ : On peut essayer, mais ça ne marche pas, au pire on vous assassine, au mieux ça vivote.

AE : Pourtant il y a un intérêt plus fort pour la question à l’heure actuelle.

PJ : J’ai été à une réunion qui mettait en présence des dirigeants d’économie sociale, il y a de cela deux ans. Ce qui me décourageait, c’était qu’il y avait une sorte de ronron, on répétait ce qu’on disait déjà il y a dix ans. Il y avait une absence de vision sur ce qui se passait. On leur disait : « Les gens s’intéressent à ce que vous faites » et ils disaient qu’ils étaient très contents. Mais il y avait peu de réflexion.

AE : Qu’est-ce que vous prônez alors ? Vous parlez d’une constitution de l’économie.

PJ : Oui, il faut une organisation qui parte du sommet. Il faut englober l’ensemble de l’humanité et c’est à ce niveau-là qu’il faudra fonctionner. Maintenant, c’est une idée qui est battue en brèche par l’extrême droite, une attitude qui infiltre aussi l’extrême gauche. En France, le Front national est pour le repli national sur les frontières, l’élimination de l’euro alors que celui-ci était une tentative de sortie par le haut, qui a été mal faite, mais qu’on peut aiguiller dans d’autres directions. On est sur des thèmes comme le protectionnisme alors que des gens comme David Ricardo [NDLR économiste du 19e siècle, qui a formulé la théorie de l’équilibre de marché] ont montré que ce n’était pas la solution.

AE : Pour revenir à la constitution, quel serait son principe ?

PJ : Il faudrait que l’ensemble des nations se mette d’accord sur un texte de type Déclaration des droits de l’homme fait de principes généraux, comme, par exemple, une interdiction de la spéculation, qui était d’ailleurs proscrite jusqu’à la fin du 19e siècle.

AE : Vous pensez que c’est jouable ?

PJ : Est-ce que la Déclaration des droits de l’homme est jouable ? Oui, je pense que ça peut être mis en place, même si cela n’a pas beaucoup d’intérêt de poser la question comme ça. Les réactions à ce sujet sont d’ailleurs positives. Depuis que je parle de cette question, je vois une évolution. En France, quasi tous les partis reprennent certaines de mes idées. Il faut qu’il y ait un courant qui se crée et que les gens y souscrivent.

Partager :

53 réflexions sur « ALTERÉCHOS.be, Paul Jorion : La crise, l’économie sociale, N° 335, mars 2012 »

  1. Roosevelt avait fait passer 15 réformes de très grande ampleur en 3 mois, sur la fiscalité, les banques, le temps de travail, l’indemnisation des chômeurs en fin de droit etc…

    On en est loin avec le projet de Hollande.

    Il faudrait qu’il s’approprie les 15 mesures préconisées par le collectif ROOSEVELT 2012 pour espérer arriver à la hauteur de l’illustre président américain.

    Pour infos ces 15 mesures permettraient :
    – la création de 2 MILLIONS d’emplois CDI en 5 ans ,essentiellement privés, sans attendre le retour de la croissance et sans ruiner l’état ni les entreprises ni le contribuable
    – la neutralisation de 80% des plans de licenciement en appliquant à la lettre ce que le gvt allemand a mis en place depuis 2008
    – le refinancement à taux 0 des 3/4 de la dette du pays en activant les articles 21 et 23.1 des statuts de la BCE.
    – la résorption de la crise du logement en réorientant le FdRR vers la construction massive de logements comme l’ont mis en place les Pays –Bas depuis 25 ans

    etc…

    27000 citoyens (pour l’instant) soutiennent cette initiative, dont 40 personnalités sont à l’origine (Stéphane Hessel, Curtis Roosevelt – le propre petit fils de Franklin Roosevelt, la fondation Danielle Mitterrand, la fondation Abbé Pierre, Lilian Thuram etc…)

    http://www.roosevelt2012.fr/

    1. « Pour infos ces 15 mesures permettraient…: »

      Oui, et le sauvetage du cadre actuel-ancien, avec en son coeur la dynamique d’inégalité croissante menant à la crise! La relance a duré 80 ans avec Roosevelt, pour en arriver à la situation d’aujourd’hui.
      .
      Et cette fois, avec Roosevelt 2012, on serait repartis pour combien de temps? Inévitablement beaucoup moins! Trente? Vingt? Dix?

      Cinquante?

      Un peu décevant, non, comme problématique?

      Ça s’appelle remettre la patate chaude – brûlante en fait, plutôt tueuse, aux générations suivantes.

      1. Je n’ai jamais dit que le comité roosevelt était la panacée, c’est un embryon de réponse, pour info Pierre L, a quitté EELV suite je pense aux accords signés avec le ps, et a monté ce comité roosevelt avec d’autres personnes en quelques mois, quand on discute avec lui dans une conférence, il explique que ça a été fait en très peu de temps que ce n’est pas parfait, mais que c’est une base de départ importante, il aussi essayer de ne pas diviser, car si vous regarder les signataires il y a un peu de tout les horizons, donc il y a aussi un coté un peu consensuel, moi j’aimerais que ça aille plus loin, mais je trouve et je me répète que c’est une bonne base dé départ.

        la question qu’on devrait se poser, pour toute base de changement de société, c’est , le modéle du plein emploi est t’il encore possible ? a partir du moment ou l’on acceptera de dire qu’il n’est pas possible et soutenable, on pourra passer a autre chose (revenu universel ?) réduire le temps de travail a 32h est une base en réalité il faudrait le réduire plus.

        séparer les banques d’affaire et les banques d’état est urgent aussi, et ça déjà été fait dans l’histoire …

        A titre personnel je ne suis pas dans une volonté de relance,dans mon couple on est même plutôt dans une sorte de décroissance choisie ( couches lavables, compostage, achats locaux, déplacements a vélo quand c’est possible etc …) mais je ne me vois pas imposer mes choix de vies.

      2. Il semble que l’un n’empêche pas l’autre. Apprenons plutôt à penser le « ET » plutôt que le « MAIS ».

        Certaines de ces mesures permettraient de gagner un peu de temps et du temps il va en falloir pour que la constitution de P. Jorion ait une chance de se mettre en place !

        L’artichaud se mange feuille à feuille. Commençons par ce qui est possible, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise ! J’ajoute aux mesures de P Larrouturou quelques unes ici.

    2. Si ROOSEVELT avait mis ces 15 réformes dans son programme, il n’aurait jamais été élu…. Attendons le soir du 6 Mai et préparons nous à mettre la Pression si FH sort gagnant, mais rien n’est sûr…..

    3. Leboutte a 100 fois raison.
      En 1938, l’économie US s’est effondrée à nouveau.
      C’est pas Roosevelt, mais la guerre qui a remis en selle l’économie des Etats-Unis.
      Les keynésiens ne manquent pas.
      Ils ne servent qu’eux-mêmes, en occupant un créneau du marché dans la lutte des places,
      et à repousser la date de sortie du cadre, en prolongeant le capitalisme à l’agonie.
      Son meilleur réprésentant est JLM; « je ne suis pas révolutionnaire, je suis keynésien »

      1. >Charles A.

        Au lieu de jouer au sniper, allez prendre des cours de clandestinité auprès de LO. Eux au moins ils sont cohérents: s’il y a un pépin, il n’y aura qu’eux qui seront capable de monter un maquis.

        Le problème du NPA, c’est que vous avez le cul entre deux chaises: vous voulez jouer au grand, mais avec 1% et des bananes, vous risquez pas de peser plus que ça sur la dynamique institutionnelle des choses, et vous voulez peser sur la dynamique spontanée des choses, mais avec 1% et des bananes ET une attitude de quasi secte gauchiste sans les sacrifices qui vont avec (l’apprentissage de la vie à la rude, la clandestinité paranoïaque qui peut sauver la vie quand tout va mal…), ben vous pesez pas plus sur la dynamique spontanée des choses dans la rue…

  2. Monsieur Jorion,

    je viens de relire l’article ci dessus, , un peu plus attentivement que la première fois, et la dernière phrase, « le courant qui se crée et les gens qui y souscrivent » c’est vraiment le but du comité roosevelt 2012, et on besoin de publicité pour le faire circuler parce que pour l’instant on n’est qu’a moins de 30 000 signatures, et on essaye de toucher des gens, via un réseau social interne, ou va être organisé un tractage par les citoyens dans plusieurs villes de france, de ces 15 propositions. a titre personnel, je fais parti du groupe de Toulouse, et c’est un quidam qui a pris ses petites mimines a proposé un lieu de rendez vous pour en parler, a pris son tel pour trouver un imprimeur a fait un petit papier explicatif sur son ordinateur en pdf et voila … Le premier mai on est pret on sera une bonne vingtaine, a se partager le terrain. J’en parle parce que si cette initiative est reprise partout, et que de 30 000 on passe a 200 000 on sera plus crédible et on aura un poids pour transformer cette société sclérosée ..
    je termine par la phrase de Vaclav havel qui est dans le livre de Pierre Larrouturou :

    « Le peuple s’est réveillé avec une rapidité bouleversante. Bien que sa culture civique, sa liberté d’expression et son humanisme aient été opprimés depuis longtemps, ils n’étaient cependant pas anéantis complètement. Il veillait et attendait le moment propice. Tous ceux qui n’avaient pas peur, tous ceux qui ne mentaient pas dans la vie quotidienne et ne craignaient pas d’élever leurs enfants selon ces principes, ont apporté leur contribution. Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance. »

    http://www.roosevelt2012.fr

      1. J’avais lu son livre au titre génial : Urgence sociale : changer le pansement ou penser le changement.. Il raconte dans le livre qu’après avoir exposé à Sarkozy les bienfaits et la faisabilité de la semaine de 32 heures ce dernier lui avait fait remarquer combien il pourrait gagner beaucoup d’argent s’il choisissait de faire un autre métier.
        L’inertie du PS était aussi bien cernée, le refus de la part d’Hollande de convoquer les conventions pourtant prévues par les statuts …. Quel gâchis, qu’on ait pas voulu d’un talent au PS.

    1. @ atom 29 avril 2012 à 01:43
      Il ya beaucoup d’idées intéressantes dans le manifeste Roosevelt 2012. Cependant, la situation du monde a beaucoup changé en presqu’un siècle sur le plan matériel (état des ressources fossiles et minérales), politique, économique, démographique et social.

      L’Europe de 2012, est très loin d’être dans une situation similaire à ce qu’étaient les USA en 1933, sur tous ces plans.

      L’Europe, surtout au Sud, a complètement consommé les ressources dont elle disposait encore dans son sous-sol, jusqu’à la fin des 30 glorieuses. De plus, les Etats qui disposaient d’un empire colonial, d’où ils tiraient des ressources n’en disposent plus. C’est d’ailleurs à peu près à l’époque de l’indépendance des territoires coloniaux, qu’en France, l’Etat a commencé à ne plus équilibrer ses budgets et à s’endetter pour continuer à vivre sur le même train, mais en se ruinant inexorablement.

      Mis à part nos savoirs faire, que petit à petit nous n’avons pas pu ne pas partager, qu’est-ce qui fait la richesse d’un pays comme la France, surtout quand on voit l’état de notre système éducatif au plan général et aussi au plan professionnel, sans parler de la situation de nos outils industriels ?

      Relancer par la consommation n’est-ce pas s’enfoncer plus encore, alors qu’à l’échelle de la planète nous apparaissons comme ceux qui ont le plus puisé dans ses richesses, lesquelles, tout au moins ce qu’il en reste, sont maintenant jalousement détenues dans des territoires et par des Etats qui en tirent leur force et leur puissance, et nous le feront probablement de plus en plus sentir.

      Comment « Roosevelt 2012 » intègre-t-il ces faits dans son analyse, lui qui n’apparait regrouper que des intellectuels ou autres acteurs qui ne semblent pas occuper des postes au sein de vrais secteurs économiques créateurs de richesses compétitives susceptibles d’être échangées avec des pays hors Europe ? Ceux où il nous faut bien aller chercher les ressources qui nous manquent ?

      Ce qui marque, lorsqu’on voit la liste de ceux qui se déclarent soutenir le manifeste, c’est le fait qu’elle semble réunir surtout des personnes qui parlent et pratiquement pas de gens qui produisent où ont produit des richesses commercialisables et échangeables hors d’Europe. Propager leurs idées en Europe risque de ne pas mener bien loin lorsque les richesses essentielles, se trouvent ailleurs. A moins qu’ils puissent les vendre à ceux qui possèdent les énergies fossiles et les minerais, qui nous manquent. Les négociations risquent d’être difficiles, compte tenu des rapports de force économiques et stratégiques.

      1. Je reprends a Chambaretaud cette phrase qui me semble parfaite

        « Il semble que l’un n’empêche pas l’autre. Apprenons plutôt à penser le « ET » plutôt que le « MAIS »

        Changer de système ne se fera pas sans douleur, et il va falloir y aller en douceur, a titre personnel si on me dit dés demain, que faire le tour de la planète 3 fois par an ce n’est plus possible, ou que je pourrais plus profiter de la magnifique (ironie) société de consommation qui me permet de tout avoir d’un simple clic, je pense que je m’en remettrais assez facilement, mais il y a des gens qui ne sont pas prêt a changer.

        je pense que Pierre L a justement une vision décroissante des choses, mais le dire aussi clairement c’est le meilleur moyen d’être détruit dans l’oeuf …

      2. @ atom 29 avril 2012 à 13:25

        je pense que Pierre L a justement une vision décroissante des choses, mais le dire aussi clairement c’est le meilleur moyen d’être détruit dans l’oeuf …

        Désolé d’avoir eu besoin, par pure honnêteté intellectuelle, de faire usage d’un « mais » qui vient détruire une partie des rêves que certains veulent entretenir dans leur vision des choses. Ils les présentent comme solution à nos problèmes, au prétexte que Roosevelt l’a fait et réussi, il y a 80 ans dans un contexte totalement différent. Pas de problème pour rendre indépendants les deux secteurs d’activité bancaire, bloquer les paradis fiscaux et la spéculation, notamment en interdisant les ventes à découvert. C’est plutôt pour la relance par la consommation qu’il y aurait problème étant donné que nous avons déjà trop abîmé notre planète.

        Vous avez parfaitement raison d’évoquer la « destruction dans l’œuf » mais pardonnez-moi une fois encore d’intervenir en objection pour vous faire remarquer qu’il faudra bien finir par regarder en face la réalité des choses et finir par cesser de croire au Père Noël. Que les hommes politiques jouent à ce jeu malsain n’est pas en leur honneur, mais ils ont la charge de se faire élire et, vu l’inconscience de la majorité des électeurs, ils ne peuvent guère faire autrement.

        Quel est par contre l’intérêt des cercles de réflexion, des blogs et autres laboratoires d’idées, à tourner autour du pot, et à renoncer à appeler un chat un chat ? La crainte de ne pas être suivis dans leurs analyses ? Il y a maintenant 40 ans que le Club de Rome et le MIT ont eu le courage d’amorcer la démarche et de publier une étude prospective qui se voit corroborée par les faits de jour en jour. Pourquoi détourner le regard de leurs travaux ?

        Paul Chéfurka, il y a seulement quelques années, a refait une analyse, sur le même sujet, qui conduit à des résultats similaires. Ses termes sont beaucoup plus explicites en ce qui concerne l’évolution de la population mondiale, sans toutefois dire ce que cela implique dans les pays les plus consommateurs de richesses non renouvelables alors qu’ils en sont les plus démunis. Sans se livrer à de savants calculs, il est facile d’en déduire que ces pays seront parmi les plus touchés. D’ailleurs le fait que la crise mondiale semble surtout s’approfondir en Europe, tendrait à le confirmer.

        Tout le monde, probablement par manque de courage, donne l’impression de refuser de voir les choses en face. Alors, petit à petit, des haines sont en train de s’armer, des boucs émissaires de tous poils sont en train d’être désignés, comme s’il s’agissait, pour certains, de résoudre le problème par la voie d’affrontements fratricides. Ça n’offre aucune solution digne et c’est franchement désolant de ne rien faire pour éviter d’en arriver là, au sein de populations appartenant à des pays dits développés. Manifestement, il manque encore beaucoup de maturité et de sens des responsabilités, même chez ceux qui réfléchissent, pour se montrer à la hauteur des défis qui sont posés.

  3. Vous avez raison en constatant que l’on ne peut faire bouger les choses qu’en s’appuyant sur un corpus de valeurs communes. Si les choses bougent, elles peuvent alors se centrer sur ces valeurs, à condition déjà que d’aucuns ne détournent pas la dynamique à leur profit. Il faut donc que ces valeurs soient suffisamment cohérentes, claires et simples à présenter et à représenter.
    Aujourd’hui, les valeurs les plus communes tournent autour de l’hédonisme et elles sont faciles à présenter : la bouffe, le sexe, le ludique, le paraître narcissique. Elles sont tout aussi faciles à représenter par les médias et les célébrités.
    Dans mon blog, j’ai remarqué que Alain Minc, il y a une vingtaine d’années prônait une conduite vertueuse pour canaliser le libéralisme mais qu’il laissait à chacun le choix de sa propre vertu sous réserve qu’elle respecte la légalité (ce qui revient à mettre la puissance des dirigeants sur un piedestal).

  4. Bonjour,

    Vous en avez dit nettement plus dans ce bref échange qu’en 45 minutes sur France Culture il y a quelques semaines. Tant mieux.

    En résumé, le changement est inévitable. Procéder par l’exemple venu du bas n’est pas possible (éliminé ou marginalisé dites-vous), la table rase n’est pas souhaitable (une révolution est toujours une souffrance et les plus faibles sont ceux qui sont le moins prêts). Alors, il faudrait une constitution mondiale !

    Travaillant sur le terrain avec entreprises et pouvoirs publics locaux, malgré les bonnes intentions, je vous donne raison, l’immobilisme, l’aveuglement et les conservatismes prédominent à la fin. Partir du haut et proposer une constitution mondiale, je crains que ce soit le meilleur moyen d’attendre que poussent les dents des poules ! Reste la table rase, j’entends pas mal de gens qui s’y résignent.

    En attendant, de façon concrète, la question de la dette va se reposer rapidement que faire ?
    Voici une série d’idées concrètes que, même le candidat qui les a mise dans son programme, n’a pas osé défendre, voir ici.

    En tous cas, je suis heureux de voir qu’au delà du constat, une vraie réflexion sur la préparation de l’action s’engage. Ne croyez-vous pas que la difficulté réside dans les deux faits suivants:
    1 Personne n’a envie de penser à ce qu’il pourrait perdre en pensant aux choses qui fâchent.
    2 Sans même en venir à des mécanismes financiers complexes, une majorité de citoyens ignore (au deux sens du terme) les plus simples bases des mécanismes économiques ?

  5. @Atom

    Merci pour votre commentaire. Je ne connaissais pas votre mouvement, je creuse.
    Peut-être à bientôt.

    1. le mouvement ne m’appartient pas, a la base c’est Pierre Larrouturou et d’autres qui l’ont monté.
      nous on ne fait que essayer de faire passer les idées, et a mon sens c’est urgent vu les différentes situations économiques (la notre mais aussi celle des usa et de la chine)
      la vidéo de sa conférence : http://www.youtube.com/watch?v=AxaHidNSNXk
      (merci en tout cas de vous y intéresser, on vraiment besoin de plus de signatures)

      1. En effet, j’ai rencontré P. Larrouturou à l’époque où il militait pour la semaine de 4 jours … Je ne connaissais pas ce mouvement que je vais suivre. Il y a au moins deux mesures, les deux premières qui devraient permettre de se donner de l’air. pour autant, il faudrait mettre ce temps à profit pour préparer un modèle plus durable.
        Cdt

  6. Paul a un point commun avec Dick Annegarn.
    On ne sait jamais s’il est Belge ou Hollandais.
    C’est un objet de polémique qu’il faut trancher pour passer, à table, à des sujets plus pertinents.

      1. Merci, c’est gentil;

        ça me change de l’effroyable Vigneron.

        Mais, comme le dit la prière:

        ….et ne nous soumets pas à la polémique
        mais délivre nous du Vigneron.

      2. « L’effroyable Vigneron » a compris que pour affirmer sa recette à la soupe incertaine des idées,
        il fallait d’abord impressionner l’adversaire.

        Mais adversaire y a-t-il vraiment ?…

        A propos, je ne vois plus la délicate prose de Nerima Kun, « l’anti Vigneron ».

        Delphin

      3. L’effroyable incube aura eu raison de lui.

        Encore une victime de l’inaction du Grand Modo à qui la prière est vouée.

        Ce Grand Modo là a quelque chose de l’Armée Rouge campant devant Varsovie en flamme.

        Mais naaaaan Julien, j’déconne.

      1. Et voila, c’est bien ce que je disais.
        Encore une fois on va s’engueuler entre le Saint-Emilion et l’Armagnac.
        « Mais que j’te dis que l’Jorion il est Belge »
        -ha que non! mon Paulo il est Hollandais le mec.
        -Belges que j’te dis.
        -Hollandais Môssieur l’entêté
        -non Môssieur
        – Si Môssieur
        -Paaaf

        toute l’histoire de France.

  7. … pas de principes concernant la redistribution des richesses entre tous ceux qui contribuent, …

    Est-ce sûr? Depuis hier, je n’en serais pas certain.

    Je m’explique: j’ai un frère qui est juriste, qui m’a affirmé que, dans la déclaration des droits de l’homme, il est prévu que chacun doit contribuer selon ses capacités (il l’a exprimé sous cette forme, si je me souviens bien).

    D’où sa question (car il était loin d’en être certain…): est-ce que le système fiscal français actuel est conforme aux droits de l’homme?

    Pas si sûr: question à approfondir, au moins par les juristes, mais peut-être pas seulement… 🙂

    Le système fiscal français serait ainsi clairement à réformer, et « pour la bonne cause ».

    1. L’ avantage de l’innocence.
      Je sais depuis 40 ans que les impôts doivent être proportionnés à la faculté
      contributrice, par la DUDH. ( l’avantage de prof républicains qui font des back to basis.)
      L’ outil mathématico-morale mettant en musique cet impératif est la progressivité,
      que l’on peut opposer à la proportionnalité.
      Depuis 30 ans la progressivité a été pulvérisée au point que plus (revenus)
      signifie moins (impôts), la proportionnalité est aussi bafouée.
      Normal, à ce point là, c’est une pulvérisation généralisée de l’outil fiscal

      CQFD : la fiscalité est directement contraire à la DUDH.

      Je ne suis pas juriste.
      La question serait de savoir si une opinion publique savamment endoctrinée a le droit
      de fermer les yeux sur un viol manifeste des textes de bases.

  8. Voilà la solution, elle existe, c’est la nouvelle donne, héritière naturelle du new deal rooseveltien. Des années que j’attends qu’un homme politique ou autre fédére autour de lui un tel mouvement, améliorant le sort de l’humanité par delà les frontières.

    Il faut dire que certaines réformes de protections sociales n’ont jamais eu lieu aux USA, malheureusement, compromises par la disparition de FDR en pleine guerre, alors qu’elles ont été permises grâce au plan marshall en Europe.

    Et pendant ce temps ils font de l’austérité. Quelle perte de temps.

    Bon dimanche.

    1. Ne pensez-vous pas que le changement se produit sous nos yeux(même si nous n’en sommes qu’aux prémices) par l’information qui circule et l’éveil des consciences que cela suscite ?

      Les gens ne sont-ils pas en train de se réapproprier leur souvereineté individuelle ?

      Les hommes dits de pouvoir n’ont-ils pas perdu leur crédibilité et leur immunité ?

      Tous ces facteurs ne sont-ils pas la base d’un rééquilibrage des formes dominants-dominés ?

      Ou suis-je totalement naïve en pensant que la mutation ne peut être profonde et durable que par ces remises en question,individuelles et collectives, induites par les crises actuelles ?

      J’ai l’intime conviction que nous changeons d’ère (avec tous les bouleversements que cela implique),que le système actuel,arrivé à son paroxysme,vit ses derniers jours et fera place,au nom de l’évolution naturelle,à un paradigme où chacun,conscient de l’interconnection de toute chose,aura de plus sages ambitions que de reproduire les mêmes injustices et inégalités ,échangeant la loi du plus fort au profit de la loi de l’Un…ou pas !

  9. Il faudrait écrire un texte court, une page, 2 maximum, qui présente votre idée de constitution économique internationale: « Nous citoyens souhaitons que nos dirigeants adopte tels mesures, etc. ».
    Les idées doivent être simples, compréhensibles par le plus grand nombre et raisonnable, c’est à dire auxquelles même un « bourgeois » pourrait adhérer. L’idée est bien sûr de profondément modifier le système financier mais la mise en oeuvre de ce changement n’implique pas nécessairement de passer à la guillotine l’ensemble des banquiers et traders de la planète. Si le FdG était arrivé au pouvoir je pense qu’il aurait eut de la peine à résister 🙂

    Ensuite, le texte est traduit dans les principales langues mondiales et mis sur un site web où les citoyens peuvent voter. On collectera aussi quelques infos de base (age, profession, nationalité)

    Avec un bon buzz, on peut facilement récolter plusieurs millions de signature. La question clé, pour faire prendre le buzz, c’est le timing, quand mettre le texte en ligne.
    Je vois 2 options:
    .1 mettre le texte en ligne avec le site dès que c’est prêt et la mayonnaise prend tranquillement
    .2 attendre un événement médiatique avec une charge émotionnelle forte (un suicide, un crash économique, la banqueroute d’une entreprise connue, etc.) et rebondir immédiatement avec le site.

    Je viens de terminer « le viol des foules par la propagande politique » de Serge Tchakhotine. Ca date un peu mais il y a quelques idées opérationnelles qui peuvent être utiles, comme trouver un bon slogan, un mot d’ordre qui permettraient aux gens de signifier leur ralliement à cette démarche.

    Un logo graphique aussi peut être utile. Je pense au signe de l’infini, qui représente un peu un S couché, le $, et qui donne aussi la vision: il faut un nouveau paradigme économique qui permettent d’envisager un véritable développement durable.

    Bon, c’était la réflexion du dimanche matin 🙂

    1. et pourquoi ne pas rejoindre un mouvement comme le comité rosevelt2012
      je le redis c’est pas parfait, mais on commence a fédérer avec des personnes comme Hessel par exemple … et qui ne s’arrête pas a internet, mais veux investir la rue …

      je suis d’accords avec propriété privée, tant que l’on est dans l’égo on ne s’en sortira pas, a chacun de nous de faire sa part ( la part du colibri ?)

      http://www.roosevelt2012.fr

  10. La théorie de Ricardo,qui date du 19 siècle, postule explicitement que les facteurs de production (travail,capital,ressources naturelles)ne sont pas mobiles au niveau international. Or cette hypothèse est périmée du fait de la liberté de circulation des capitaux,du développement des firmes transnationales,de la baisse drastique des coûts de transport et du développement des télécommunications.
    Elle postule aussi que la concurrence doit être « parfaite »ou« non faussée ».Or il existe d’importants facteurs de distorsion de concurrence,parmi lesquels les normes sociales,les normes environnementales et le manque de régulation monétaire internationale.
    C’est pourquoi j’invite respectueusement Paul Jorion à prendre connaissance des propositions de Maurice Allais,prix Nobel d’Economie,qui datent de la deuxième moitié du 20 ème siècle,et de signer l’Initiative Citoyenne Européenne qui propose un protectionnisme européen,raisonnable,raisonné,sélectif et intelligent.

    http://www.signezpourunprotectionnismeeuropeen.fr/

  11. à (mal)propos de la propriété privée :

    « ….En France, quasi tous les partis reprennent certaines de mes idées…. »

    comme quoi il y a encore du chemin à faire pour remettre en question ce concept….

    cordialement

    1. C’est toute la question de l’avoir et de l’Etre !

      Nous avons été conditionnés à croire que la réussite devait passer par la possession,que donner c’est perdre et que l’autre est forcément une menace.
      Or,donner n’est que témoignage d’avoir et l’autre ,extension, miroir d’un soi plus grand.

      Je n’ai pas la culture de la plupart des intervenants ici.Ma modeste connaissance est plus spirituelle et intuitive que mentale et intellectuelle mais je reste persuadée qu’elles ne sont pas incompatibles,ni opposées et qu’il y a un équilibre à trouver entre nos aspirations matérielles et spirituelles.

      Ce monde est ,pour moi,un égo géant qui s’est coupé de sa reliance au coeur et à l’aspect métaphysique de la vie.Nous avons perdu le sens et l’essentiel et notre avidité à posséder,dominer et paraître nous a semble-t-il coupés de nos origines cosmiques,de nos pouvoirs créateurs et du sens premier de notre incarnation.

      L’expérience duelle n’a pour moi d’autre raison d’être que de nous ramener à l’unité originelle, sens premier de notre évolution et de celle de la vie en générale.Mais,ce n’est que mon humble perception !

    2. « Mes idées » sont du logiciel libre. Votre nom de famille me fait craindre qu’il vous faudra encore un peu de temps pour assimiler cela, mais, courage !

  12. Sur le protectionnisme.

    « les initiatives de type individuel pour changer le système par un exemple vertueux sont éliminées par les lois de la concurrence ».

    « On est sur des thèmes comme le protectionnisme alors que des gens comme David Ricardo ont montré que ce n’était pas la solution. ».

    Je vois une contracdiction entre ces deux propos (même si je ne les reprends pas tout à fait dans leur sens exprimé).

    Il me semble que le Japon, la Corée et d’autres pays ont amorcé leur développement à l’abri de formes de protectionnisme. De même certains pays en développement auraient intérêt à moins ouvrir, mieux orienter leurs marchés (agricoles par exemple).

    On peut imaginer que la mondialisation a été et restera dans un sens un bien pour beaucoup (pas vraiment dans nos contrées, et sous la forme qu’elle a prise). Il peut en être de même en retour pour des protections équilibrées, adaptées … en résumé intelligentes.

    Ouverture, protectionnisme, on est cependant presque hors sujet devant l’ampleur des défis. Le système est devenu sinon fou, pour le moins difficilement contrôlable. Peut-être que certaines barrières naturelles remettront un peu d’ordre.

    PS : suite à une émission télé, sur le braconnage des éléphants en Afrique, pour leur ivoire, j »ai pensé aux huit milliards d’humains, leurs croyances, leurs intérêts divers, avec des bons et des méchants, et ai vu les éléphants chassés jusqu’au dernier. Condamnés.

  13. « ...Il y a cependant une question qui n’est pas résolue à ce sujet, et qui est au coeur de la réflexion des décroissants : peut-on changer, par l’exemple, la société de l’intérieur ? Et là, je crois que la réponse de 1848 a été donnée : c’est non. Parce que dans un cadre institutionnel qui n’est pas vertueux, il n’est pas possible d’être vertueux. »
    ———————————————————————————————————————————-
    [le réchauffement climatique,
    la pénurie pétrole,
    le risque nucléaire,
    la chute vertigineuse de biodiversité,
    l’empoisonnement généralisé pesticides, chimie quotidienne (PCB…),
    l’épuisement matières premières,
    la destruction par hyperdéplacement,
    l’artificialisation de l’espace,
    le rétrécissement prairies et forêts poumons de la planète,
    le risque OGM,
    le risque nanotechnologies,
    la prolifération sites sensibles (incinérateurs, décharges, usines chimiques, stockages polluants innombrables, poulaillers et porcheries industriels, cimenteries, aéroports, autoroutes…)
    les zones « soupes plastiques » des océans,
    l’acidification des océans par le CO2,
    etc.],

    fournissent l’aiguillon extérieur d’un changement profond de mentalité propice à une vision radicalement différente de la marche du monde, fondée, par nécessité; sur beaucoup plus de vertu.

    Et ouvrir les yeux sur le monde – c’est-à-dire cesser d’avoir soi-même pour horizon – c’est également commencer à s’intéresser aux autres.

    La réalité, devenue chaque jour plus visible, s’oppose chaque jour un peu plus à la vision romancée high- tech que nous insufflent, par tous les pores de notre peau, nos dominants marchands (dont une des expressions les plus saisissantes est la « tyrannie des marques » sous le joug de laquelle sont placés nos enfants)

    C’est pourquoi la vision décroissance (« acroissance ») – qui n’a rien à voir avec la pulsion archaÏque, de capitalisme primitif, libertarienne – est l’ennemi juré du libéralisme, lequel tire à boulet rouge sur la prise en compte de la réalité évidente acroissance : les limites (pour les limites, retourner à la liste non limitative plus haut).

    La meilleure iIlustration me semble en être fournie par l’économie de l’agriculture, qui normalement assure la nourriture, capitaliste :

    Agriculture d’une société de croissance : Les rendements doivent augmenter (sinon on n’est plus en société de croissance), la finalité de la production est l’enrichissement (l’agriculteur est autant sur les marchés mondiaux – vive internet – que sur son tracteur), les « produits » servent accessoirement à nourrir les humains (surplus obésité, biocarburants, aliments 60 millions animaux familiers en France…). La production est donc orientée activité économique, monopoly mondial (les USA vendent de la viande de boeuf à la moitié de la planète !). Dopage engrais et pesticides impératif trompeur, puisque le système s’écroule avec la pénurie pétrole et assimilés.

    Agriculture d’une société d’acroissance, c’est-à-dire dans laquelle la finalité première n’est pas l’enrichissement : Les producteurs répondent au besoin de se nourrir et gagnent leur vie à cette occasion
    Les rendements sont inférieurs à l’agriculture dopée pétrole, ça tombe bien, le surpoids généralisé s’installait et les pays pauvres ne sont plus défaits par nos surplus subventionnés.
    L’engrais est renouvelable (compost) ou superflu (permaculture, azote par légumineuses associées). L’agriculture retrouve sont chemin millénariste, mais scientifiquement modernisé (permaculture, BRF, agroforesterie…), d’aliments sains, gouteux, divers et peu viande, un mal très rémunérateur de l’agriculture croissanciste. Les animaux d’élevage ne peuvent servir de « marché »(droit de l’animal élémentaire).

    Accessoirement, les agriculteurs retrouvent leur dignité.

    Delphin, économiste de la réalité

    (Révélateur de l’économie croissance : C’est parce que les fûtés sociologues de l’économie ont inventé les croquettes pour animaux, que le marché de l’animal de compagnie a pu se développer. Cette facilité extraordinaire – aliment artificialisé pas cher, car de base sous produits animaux industriels – au détriment de l’animal de compagnie lui-même, malgré ce que peut dire l’école vétérinaire de Maison Alfort, pas neutre, permet chaque jour aux maitres, de plonger prestement l’écuelle dans le sachet magique.)

  14. Je suis un peu déçue que vous croyiez si peu dans le rôle de l’économie sociale…et le commerce équitable, pensez-vous qu’il peut avoir un rôle dans une évolution de l’économie? Si les citoyens en plus grand nombre se mettent à réfléchir à ces problèmes au lieu de s’en remettre aux spécialistes ça peut changer les choses,non? Et la finance solidaire qu’en dites-vous? (je suis sociétaire de la Nef)

    1. A propos de « Les banques coopératives », par Pierre Dubois et Michel Abhervé

      18 JANVIER 2009 par PAUL JORION | Print A propos de « Les banques coopératives », par Pierre Dubois et Michel Abhervé

      On me fait lire Les banques coopératives. Du pire au meilleur pour le développement de l’économie socialepar Pierre Dubois et Michel Abhervé. Ce texte qui examine pourquoi les banques coopératives françaises se sont retrouvées dans la même tourmente que les autres et dans bien des cas, plus exposées encore, est très intéressant.

      Il réclame « qu’elles reviennent à leurs principes fondateurs, qu’elles disent haut et fort : « nous nous sommes trompées en imitant la finance capitaliste qui recherche une rentabilité annuelle démesurée du capital investi ; nous sommes au cœur de l’économie sociale et solidaire ; nous voulons développer cette économie respectueuse de l’homme, de tous les hommes et en particulier des plus démunis ; nous allons nous investir, ensemble avec les mutuelles d’assurance et de santé, pour dynamiser les structures à but non lucratif, les coopératives et les associations employeurs. Ensemble, nous pesons plus de 2 millions d’emplois ; nous visons davantage ». »

      Lisez ce texte. Une fois sa lecture terminée, vous comprendrez sans doute pourquoi j’ai répondu ceci à ceux qui me l’ont fait lire :

      La question n’est-elle pas plutôt : « Pourquoi les coopérateurs ont-ils autorisé leurs coopératives à « jouer dans la cour des grands » ? »

      La réponse n’est-elle pas : parce qu’il y avait sous-estimation généralisée du risque et du coup, des profits colossaux à faire ?

      Les coopérateurs se sont conduits en « bons pères de famille », c’est–à–dire en spéculateurs à la petite semaine.

      Le responsable de la crise, ce ne sont pas les autres : l’Amérique, la finance, les banques non-coopératives, c’est la sympathie universelle et populaire pour le gain sans cause (= sans travail).

      Non, les salariés du secteur ne seront hélas pas sauvés parce que les coopérateurs se reconvertissent dare-dare à la vertu.

  15. Sur le protectionnisme: il y a un grand absent de ces débats, c’est la question de la fin du pétrole qui n’est pas vendu au prix où il devrait l’être, de même d’ailleurs que toutes les autres énergies fossiles. Pour y voir plus clair, allez donc visiter le site de Jancovici, Manicore. Dans quelques années, il sera impossible a la majorité des produits de traverser la planète dans tous les sens pour le bonheur de la merveilleuse concurrence. Le protectionnisme sera assuré par la DISTANCE. Tout le monde ou presque devra remplacer sa Volkswagen ou sa Toyota par une Dacia et les producteurs devront limiter leurs ventes à des clients qui n’habiteront PAS TROP LOIN.

  16. Bonjour M. Jorion,

    Tout d’abord, merci de contribuer à l’open source politique aussi activement 😉
    Depuis 2008, on (le grand public) entend beaucoup de propositions et de disputes sur ce qu’il conviendrait de faire pour « améliorer les choses ». La plupart des intervenants prône souvent des collections de mesures à différents niveaux mais en fin de compte toujours de l’ordre de l’ajustement technique au système actuel. Dans les médias, vous êtes l’un des rares à engager une réflexion de fond audible sur la possibilité et la conception d’un système alternatif. Je crois d’ailleurs que vous êtes l’un des derniers sur les plateaux depuis que les altermondialistes à dreadlocks du début des années 2000 se sont décrédibilisés à force de chichon et que Jean François Kahn a mis son Crréa en veilleuse suite à son troussage de domestique.
    Fort de votre statut médiatique de « prophète » cartésien, je vous trouve cependant assez souvent déstructuré dans vos interventions médiatiques (surtout télévisées). Je trouve cela dommage quand vous pourriez vous rattacher systématiquement à ces fameuses « bonnes questions », qui offrent une base rapide de compréhension de vos réflexions et propositions bien meilleure que le constat/catalogue sans fin des ravages et de l’absurdité du système actuel.
    Comme on dit, bien poser le problème c’est déjà le résoudre à moitié. En tant qu’ingénieur, je me demande quand même pourquoi la conception d’un changement de système n’est jamais (?) abordée dans toute sa globalité, c’est à dire à partir d’un « cahier des charges » avec des objectifs et besoins clairement définis. Si une alternative au capitalisme a besoin de réponses aux « questions non résolues », la question « pour quoi faire? » me semble préalable.
    En effet, nous sommes tous +- d’accord sur ce qu’il faut éviter de reproduire à l’aune des événements passés et actuels, mais sommes nous tous d’accord sur ce qu’un système autre que le capitalisme devrait viser comme objectifs? Une fois ceux là définis, nous pourrions alors nous tourner vers notre problème de conception/optimisation: quel système est optimal pour répondre à ces objectifs et respecter ces contraintes?

    Une ébauche de cahier des charges d’ores et déjà disponible:
    http://www.youtube.com/watch?v=qBArMmngVH4

  17. « Il faut une organisation qui parte du sommet. Il faut englober l’ensemble de l’humanité et c’est à ce niveau-là qu’il faudra fonctionner. »

    « Il faut englober l’ensemble de l’humanité. » Ok pour moi.
    « C’est à ce niveau qu’il faut fonctionner ». Oui en régime d’équilibre métabolique.

    « Il faut une organisation qui parte du sommet. » Pour moi non. il faut ama trouver un processus englobant qui parte de la base, de l’homme. C’est seulement ainsi que l’on peut espérer un consensus des citoyens (de moi par exemple).

    Ama le problème est le même mais examiné de manière plus saine car vu de la base. Le seul espoir de le résoudre est ama de trouver un cadre dans lequel l’homme se retrouve lui-même, une société qui reflète ce qu’il est. Un travail d’anthropologue…
    J’ai proposé comme centre organisateur basique le pacsage entre voisins. Pour commencer.

    1. Suite
      « J’ai proposé comme centre organisateur basique le pacsage entre voisins. Pour commencer. »

      Assorti d’avantages (fiscaux par exemple). Une prime à la vertu en quelque sorte.

      Pour moi le quasi plein emploi est un mirage qui ne se reproduira qu’à la suite de grandes destructions, naturelles ou artificielles. A ne pas souhaiter. Il faut donc chercher dans d’autres directions. Pour moi c’est le travail minimum clairement affiché: on travaille vite fait bien fait pour se dégager le max de temps de vivre. Pour cela on s’arrange. D’abord entre voisins. Et puis de proche en proche…
      Il y aura à tous les niveaux des conflits (héraclitéens) à résoudre dont celui du singulier/collectif. A résoudre par l’harmonie. Le premier, déjà passionnant, sera celui de l’émergence nécessaire d’une monnaie locale pour des collectivités dépassant le « un prêté pour un rendu » du voisinage immédiat. Puis les compensations entre monnaies locales (deux communes voisines par exemple). Une monnaie globale comme l’euro ou le dollar déstructure et aliène. Keynes et Jorion: comment échanger sans déstructurer (cf; les inuites ou les aborigènes d’Australie).

      Mon espoir est que ce cercle vertueux de l’entente entre voisins s’étende, que la mayonnaise prenne. Il faut être tiré par un désir. Dans un premier temps ce sera le désir d’un meilleur pouvoir d’achat (carotte vertueuse). Puis, une fois des monnaies locales mises en place, le déplacement du désir vers l’autonomie, la liberté, l’épanouissement individuel ou au sein de la collectivité selon les goûts de chacun. Un programme auquel j’ai du mal à voir comment les libéraux pourraient s’y opposer. Puis d’exporter ce modèle franchouillard si ça marche. les allemands ne disaient-ils pas il n’y a pas si longtemps; « heureux comme un français en France ».

      Ceci n’empêche pas une organisation jacobine, qui parte du sommet. Mais si rien n’est fait à partir de la base, ce sera ama lettre morte.
      Dans l’état actuel des choses une telle organisation jacobine me semble nécessaire, ne serait-ce que pour éviter l’écroulement brutal de ce système à bout de souffle. Il suffit que les deux organisations, celle qui part de la base et celle qui part du sommet soient compatibles. Cela ne me semble pas un problème insoluble. En imposant par le haut des lois vertueuses, à la Moïse, comme: « tu ne joueras point (en bourse) ».

      1. +1 , Basic .
        La logique et meme la « Raison », nous fait chercher (a tort) la solution ds la « Rationalité » . Dans un système complexe , les equa ne sont pas intégrables , donc pas de racines , donc il faut se méfier du « rationnel » ……
        Meme Bergson le dit qd il se méfie de la « Raison  » qui privilègiera l’ individu présent et son confort , ses interets immédiats au détriment du groupe , de la civilisation et de l’ espece .

  18. Oui une école de PENSEE (qui fait tragiquement défaut en Europe)dont le rôle serait d’inspirer les mouvements politiques,les associations,les citoyens,la vie universitaire.Ce que dit Paul Jorion est toujours fort intéressant.Nous sommes encore à l’âge de pierre de la pensée économique.

  19. Bonjour,

    Comme c’est le dernier article en date dont un des tags est « propriété privée », je poste ici un extrait des propositions du Parti Pirate Suédois sur une réforme des droits de propriété. Le texte entier est intitulé The Case for Copyright Reform et se trouve à l’adresse http://www.copyrightreform.eu/sites/copyrightreform.eu/files/The_Case_for_Copyright_Reform.pdf

    Le chapitre 2 :

    A Constructive Proposal For Copyright Reform

    The Pirate Party does not want to abolish copyright; we want to reform it. We want to keep copyright for commercial purposes, but we want to set all non-commercial copying and use free. This reform is urgent, as the attempts to enforce today’s ban on non-commercial sharing of culture between private citizens are threatening fundamental rights, such as the right to private communication, freedom of information, and even the right to due process. File sharing is when two private individuals send ones and zeros to each other. The only way to even try to limit file sharing, is to introduce surveillance of everybody’s private communication. There is no way to separate private messages from copyrighted material without opening the messages and checking the contents. Gone is the postal secret, the right to communicate in private with your lawyer or your web-cam flirt, or your whistle-blower protection if you want to give a sensitive story to a journalist. We are not prepared to give up our fundamental rights to enforce today’s copyright. The right to privacy is more important than the right of big media companies to continue to make money in the same way as before, because the latter right does not even exist. Today’s copyright also prevents or restricts many new and exciting cultural expressions. Sampled music on MySpace, remixes on YouTube, or why not a Wikipedia filled with lots of pictures and music in the articles? Copyright legislation says no.

    The copyright laws must either be reformed or abolished outright. The Pirate Party advocates the reform alternative. We want to set all non-commercial copying and use free, and we want to shorten the commercial protection time. But we want to keep the commercial exclusivity in a way that allows most business models that are viable today to continue to work. Our proposal can be summarized in six points:

    • Moral Rights Unchanged
    We propose no changes at all to the moral right of the author to be recognized as the author. Nobody should be allowed to claim that they are ABBA, or have written all of Paul McCartney’s songs, unless they actually are or have. To the extent that this is a real world problem, it should still be illegal to do so. ”Give credit where credit is due” is a good maxim that everybody agrees with.

    • Free Non-Commercial Sharing
    Until twenty years ago, copyright hardly concerned ordinary people. The rules about exclusivity of the production of copies were aimed at commercial actors, who had the means to, for example, print books or press records. Private citizens who wanted to copy a poem and send to their loved one, or copy a record to cassette and give it to a friend, did not have to worry about being in breach of copyright. In practice, anything you had the technical means to do as a normal person, you could do without risk of any punishment. But today, copyright has evolved to a position where it imposes serious restrictions on what ordinary citizens can do in their every-day lives. As technological progress has made it easier for ordinary people to enjoy and share culture, copyright legislation has moved in the opposite direction. We want to restore copyright to its origins, and make absolutely clear that it only regulates copying for commercial purposes. To share copies, or otherwise spread or make use of use somebody else’s copyrighted work, should never be prohibited if it is done by private individuals without a profit motive. Peer-to-peer file sharing is an example of such an activity that should be legal.

    • 20 Years Of Commercial Monopoly
    Much of today’s entertainment industry is built on the commercial exclusivity of copyrighted works. This, we want to preserve. But today’s protection times – life plus 70 years – are absurd. No investor would even look at a business case where the time to pay-back was that long. We want to shorten the protection time to something that is reasonable from both society’s and an investor’s point of view, and propose 20 years from publication.

    • Registration After 5 Years
    Today, works that are still in copyright, but where it is impossible or difficult to locate the rights owner, are a major problem. The majority of these works have little or no commercial value, but since they are still covered by copyright, they cannot be reused or distributed because there is nobody to ask for permission. Copyright protection should be given automatically like it is today to newly published works, but rights owners who want to continue to exercise their commercial exclusivity of a work beyond the first 5 years after publication should be required to register the right, in such a way that it can be found by a diligent search of public rights databases. This will solve the orphan works problem.

    • Free Sampling
    Today’s ever more restrictive copyright legislation and practice is a major obstacle to musicians, film makers, and other artists who want to create new works by reusing parts of existing works. We want to change this by introducing clear exceptions and limitations to allow remixes and parodies, as well as quotation rights for sound and audiovisual material modeled after the quotation rights that already exist for text.

    • A Ban on DRM
    DRM is an acronym for “Digital Rights Management”, or “Digital Restrictions Management”. The term is used to denote a number of different technologies that all aim to restrict consumers’ and citizens’ ability use and copy works, even when they have a legal right to do so. It must always be legal to circumvent DRM restrictions, and we should consider introducing a ban in the consumer rights legislation on DRM technologies that restrict legal uses of a work. There is no point in having our parliaments introduce a balanced and reasonable copyright legislation, if at the same time we allow the big multinational corporations to write their own laws, and enforce them through technical means. This is, in essence, what the Swedish Pirate Party proposes, and the position on copyright that the Greens/EFA group in the European Parliament adopted in September 2011. The proposal is completely in line with ideas that have been voiced in the international debate, such as Lawrence Lessig’s Free Culture or Yochai Benkler’s The Wealth of Networks. These ideas have been thoroughly discussed for at least a decade, both by academics and the Internet community. ”But how will the artists get paid, if file sharing is set free?” is the question that always comes up in the discussion. Well, ”how” is not really for us to say as politicians. To find a business model that works is up to the individual entrepreneur, in the cultural sector just as in any other industry. But we are certain that the cultural sector as a whole will continue to do well, as demonstrated by economic statistics from more than a decade of rampant file sharing. There is no conflict between file sharing and the production of new culture, quite the opposite. Our proposal is good for the artists, both from a creative and an economic point of view. But the issue is bigger than that. This is about what kind of society we want.

    The Internet is the greatest thing that has happened to mankind since the printing press, and quite possibly a lot greater. The Pirate Bay, Wikipedia, and the Arab Spring have made headlines as dedicated people have put the new technology to work to spread culture, knowledge, and democracy, respectively. And we have only seen the beginning. But at this moment of fantastic opportunity, copyright is putting obstacles in the way of creativity, and copyright enforcement threatens fundamental rights, including the right to private communication, the right to receive and impart information without interference by public authority regardless of frontiers, the right to due process, and the principle of proportionality when punishments are handed out. We need to change the direction that copyright legislation is going in, in order to protect our fundamental rights. No business model is worth more than the right to private communication and freedom of information.

    Copyright needs to be reformed urgently.

Les commentaires sont fermés.