Archives de catégorie : Énergie

Nucléaire belge – La lettre et l’esprit de la loi – L’autojustification humaine a posteriori, par Cédric Chevalier

Billet invité

Le dossier du nucléaire civil, un des sujets phares de ce blog, connaît des développements critiques en Belgique.

Pour ceux qui suivent l’actualité belge, vous aurez remarqué qu’un des dossiers chauds du moment est la prolongation ou non des deux réacteurs nucléaires civils situés à Doel (à 25 km au Nord d’Anvers en Belgique) : Doel 1 et Doel 2.

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À propos du billet de Bruno Colmant « Allumer les grands phares sur la crise », par Guy Weets

Billet invité, en réponse au dernier billet du blog de Bruno Colmant, « Allumer les grands phares sur la crise »

Monsieur Colmant, vous nous livrez là un excellent résumé des aspects financiers de la crise, mais la finance n’est-elle pas qu’une représentation de moins en moins fiable de l’activité économique réelle ?

Voici une piste de réflexion qui va dans le sens de votre billet, mais vu sous un angle différent.

La richesse produite par l’activité humaine chaque année varie peu, elle est partiellement corrélée à la démographie et à la productivité qui évoluent lentement.

Allumer les grands phares sur la crise, c’est aussi admettre que cette richesse doit servir trois objectifs :

1) entretenir et développer les infrastructures servant à produire des biens et services, ce qui comprend entre autres la formation, le transport, l’extraction de ressources non renouvelables et bien d’autres encore ;

2) restaurer les écosystèmes détruits par l’activité humaine et lutter contre le changement climatique ;

3) améliorer les biens et services aux personnes.

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Pourquoi pas 100% d’électricité renouvelable décentralisée en 2050 ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

La publication récente par Mediapart dans des conditions cocasses de l’étude de l’ADEME « Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050», a suscité quelques remous. Elle a pourtant le grand mérite d’enrichir le débat sur la transition énergétique en montrant que le 100% renouvelable n’est pas une utopie à l’horizon 2050, mais une option techniquement et économiquement possible, dont le choix est donc « politique » au meilleur sens du terme.

Sur le fond, il convient de rappeler que, quoi qu’en disent les détracteurs de l’optimisme énergétique, l’analyse des données disponibles est plutôt rassurante pour le long terme, pour une raison simple et difficilement réfutable : on admet généralement que le soleil rayonne chaque année sur la terre 8,2 millions de quads, soit 2,4 milliards de térawatts/h. Or la consommation humaine est actuellement d’un peu plus de 500 quads, et tout porte à croire qu’elle ne devrait pas dépasser 2 000 quads, soit moins de 0,25%, quand, – les progrès technologiques aidant dans le domaine de l’efficacité énergétique -, la population humain se stabilisera et que chaque terrien aura accès à un mode de vie décent, s’il le souhaite. Si l’on ajoute les potentiels éoliens, géothermiques et hydrauliques, on conçoit assez facilement que la fourniture d’énergie durable n’est pas un problème de disponibilité de la ressource, mais un problème de « technologie », de choix de société, et, last but not least dans notre monde hyper-marchandise, de modèle d’affaires.

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Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, par Arnaud Castex.

Billet invité. Lecture du rapport parlementaire sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels du 27 novembre 2013.

La loi 2011-285 du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique (1) pour la recherche ou l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels. Le 27 novembre 2013, l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a remis un rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels (2). Globalement, ce rapport de l’OPESCT plaide en faveur d’une révision de la loi de 2011, pour autoriser la fracturation hydraulique afin de mieux évaluer les réserves et décider ensuite de l’opportunité d’une exploitation. L’argumentation favorable est basée sur l’ampleur des ressources estimées sur le territoire, la persistance du besoin en énergies fossiles à l’horizon 2050, l’exemple américain en matière économique et écologique, la maîtrise des risques associés à la fracturation hydraulique, le retard pris par la France par rapport aux autres pays européens (Allemagne, Angleterre, Pologne).

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Filière thoriumLe nucléaire : petite histoire d’une décision malheureuse, par Guy Weets

Billet invité.

Lors de la dernière réunion au Vicomte nous avons eu un débat improvisé sur la pertinence ou non du nucléaire civil ; il a porté sur la filière oubliée du thorium. J’y ai promis de fournir quelques informations et références pour que chacun puisse se faire une opinion.

J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur physicien en 1966. A cette époque, passionné de science-fiction, je fus particulièrement impressionné par Isaac Asimov qui disait en substance que bien des avancées technologiques décrites dans ses romans deviendraient une réalité à condition que l’humanité dispose de sources d’énergie abondante et sûres et bon marché. C’était aussi l’époque du développement rapide du nucléaire dans tous les pays technologiquement avancés, bref à la fin des « Golden Sixties » le progrès semblait ne devoir jamais s’arrêter.

Par mes études, j’étais au courant de l’existence de plusieurs filières nucléaires concurrentes : les réacteurs graphite gaz, à l’eau lourde, à l’eau sous pression ainsi que la filière plus exotique celle au sel fondu de thorium. La technologie à eau pressurisée s’imposa définitivement dans le courant des années 70. La cause était donc entendue.

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Fessenheim : prix et financement de la vérité en matière de coûts, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de L’effet de cliquet, ennemi de la démocratie, par Paul Jorion.

Approfondissons la lecture strictement financière de la pénalité cliquet qu’aurait à verser l’État français à EDF en cas de fermeture effective de Fessenheim. Ces quatre milliards sont l’aveu par EDF et par l’État français responsable de la sûreté nucléaire de l’incertitude économique sur le coût réel de l’électricité produite par la centrale de Fessenheim.

En toute logique, l’État français n’a aucun intérêt à hâter la fermeture de la centrale s’il n’était le risque d’un accident que l’expertise publique impartiale juge non nul. Imaginer un démantèlement sans délai de la centrale signifie en rationalité économique que le manque à gagner ou le coût pour EDF et pour la collectivité est plus faible que le coût probable d’un accident marginalement possible. Si donc, l’État et EDF se sont mis d’accord pour une indemnité de 4 milliards en cas d’anticipation de l’arrêt de la centrale par rapport au business plan négocié entre l’État et EDF, cela signifie que le prix réel de l’électricité de Fessenheim est sous-évalué de 4 milliards dans les comptes de l’État par rapport au calcul qu’en ont fait les ingénieurs et financiers d’EDF.

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Réponse à Reichido sur le risque nucléaire, par Olivier Brouwer

Billet invité, en réaction au billet de Reichido sur le risque nucléaire

Cher Reichido, je ne doute aucunement de votre entière sincérité lorsque vous écrivez ceci :

Que l’on soit clair, le nucléaire ne doit pas servir de prétexte pour différer la transition énergétique mais doit être un support pour en mitiger les conséquences : même si son horizon est sans cesse repoussé, la fin du pétrole arrivera un jour, beaucoup trop tôt et trop rapidement sans doute pour qu’on ait le temps d’adapter la démographie à ce nouveau monde (à voir la situation écologique calamiteuse de l’Inde, mon opinion est que la démographie sera un levier plus important que la sobriété énergétique) et ce jour là il me semble qu’on sera sans doute content de trouver le nucléaire pour éviter de prendre des décisions drastiques, même si l’on prend des risques conséquents par ailleurs.

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Réponse à Benoit Puel et François Leclerc sur le risque nucléaire, par Reichido

Billet invité, en réaction aux billets de Benoit Puel, « L’évaluation du risque pour les centrales nucléaires », et de François Leclerc, « Fukushima : le salaire de la peur »

Il me faut préciser deux choses en introduction.

La première, c’est que mis à part les fanatiques du nucléaire, les ingénieurs sûreté débutants, et leurs plus farouches opposants, personne ne croit que les probabilités d’accident nucléaire calculées tentent de représenter une évaluation objective et exhaustive du risque. Même pas l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui a précisé dans son dernier rapport lié aux réacteurs 1300MW : « En préambule, l’IRSN signale que les valeurs de probabilité de fusion du cœur citées dans ce texte sont un élément d’appréciation permettant de hiérarchiser les différentes séquences pouvant conduire à cette situation. Elles ne doivent pas être considérées comme des références absolues. »

Il y a plusieurs raisons à cela, et une des plus fondamentales est qu’il n’est pas possible de cartographier l’ensemble des risques pouvant affecter une centrale, en particulier concernant le risque le plus patent : le facteur humain. Qui pourrait en effet avancer une probabilité rigoureuse de tentative d’attentat, qui pourrait évaluer la conséquence à moyen terme d’une rupture amoureuse sur la faculté de pilotage d’un opérateur ? En revanche, ces évaluations dites probabilistes apportent une information capitale sur la conception d’une centrale, c’est l’équilibrage. Par exemple : si l’on utilise en entrée des probabilités pas particulièrement stupides pour des évènements initiateurs et des défaillances de matériel et que l’on se rend compte que 90 % des accidents graves présupposent la perte d’une pompe en particulier, alors soit on change la conception des systèmes, soit on s’assure de l’opérabilité de la pompe par une maintenance forte et des tests réguliers. Il va aussi de soi que l’estimation de ces risques varie d’un facteur 100 voire plus selon les pays et la conception (un exemple simple : un accident grave initié par la perte du réseau électrique sera sans doute beaucoup plus fréquent dans les pays en développement dotés d’un réseau électrique pas forcément au top).

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L’évaluation du risque pour les centrales nucléaires, par Benoit Puel

Billet invité

Ce week-end on parlait avec un ami de l’évaluation du risque pour les centrales nucléaires. Son point de vue était que ce calcul de probabilité d’accident, soir disant faible, est mal fait (au vu de l’histoire). De mon côté j’ai essayé de défendre le point de vue de Paul Jorion qui est que le problèmes ne vient pas tant de l’évaluation faite du risque qui est donné centrale par centrale mais plus du fait qu’il n’a pas été pris en compte le fait que ce risque se cumule pour chaque centrale en fonctionnement.

Jusque là, je comprenais cet argument, mais il me manquait malgré tout une démonstration pour m’en convaincre. Alors j’ai décider d’y regarder de plus près.

Pour me l’expliquer je suis parti d’un cas simple. Si je prends un dé à 6 faces, j’ai 1 chance sur 6 de tomber sur le chiffre 1 à chaque tirage. La probabilité est donc de 1/6 (16,6 %). Maintenant, si on lance deux dés à 6 faces, quelle est la probabilité qu’il y est au moins un 1 par lancé ?

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Observer l’état ou la dérive du monde ?, par Cédric Chevalier

Billet invité.

J’ai parlé avec des amis de « peak everything », mais je ne pense pas que ce soit nécessairement la bonne expression. En effet, « to peak » est défini comme « atteindre son niveau le plus élevé ». Or rien n’indique a priori que la consommation d’énergie, l’érosion des sols, la concentration en Gaz à Effet de Serre (GES) dans l’atmosphère et d’autres variables de ce type aient atteint leur maximum. Le phénomène tendanciel général que j’observe serait mieux caractérisé par un « grow everything ». C’est-à-dire le constat qu’au sein du système « Terre/biosphère/Humanité », de nombreuses variables critiques évoluent de manière significative (en grandeur absolue, en taux de croissance, et en taux de variation du taux de croissance) dans la direction néfaste (augmentation ou baisse de la variable dans la « mauvaise direction »). Pourquoi néfaste ? Parce que ces évolutions poursuivies conduisent inexorablement à des grandeurs de certaines variables insoutenables pour un régime viable « Terre/biosphère/Humanité ». Un exemple parmi d’autres : le niveau actuel de GES dans l’atmosphère, son taux de croissance, et le taux de variation de ce taux de croissance actuels, s’ils voient leurs tendances poursuivies, conduisent inexorablement à un niveau de GES destructeur a priori pour l’Humanité. Idem pour le taux de mercure dans l’océan, le stade d’érosion des terres arables, le taux de pollution des eaux potables, le stock d’énergie fossile, la quantité de déchets accumulés, le niveau de la biodiversité, l’état des écosystèmes, etc etc.

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La fiscalité environnementale mérite un vrai débat à l’heure de la constitution d’un nouveau gouvernement belge, par Frédéric Chomé 

Billet invité. À propos de « Bruno Colmant : il faut avantager l’épargnant qui prend des risques », à la rtbf.

Ce mardi 5 août, Bruno Colmant proposait sur la Première de renforcer les avantages fiscaux aux investisseurs qui prennent des risques, de shifter la fiscalité du travail vers la consommation et il notait au passage que la fiscalité environnementale est « un peu évanescente ».

Nous pensons a contrario qu’en période de confection budgétaire, lorsque les prix sont bas et que le risque de déflation nous guette, une fiscalité environnementale ambitieuse et bien pensée est précisément l’un des piliers de la réforme de nos sociétés, qui pourra contribuer au budget bien plus largement qu’une hausse généralisée de la TVA d’1%, tout en étant plus équitable pour toutes les tranches de la population si elle est assortie de mesures compensatoires favorisant les comportements respectueux de l’environnement. Tentative d’explication en quelques paragraphes.

Le problème essentiel tient à l’assiette de la fiscalité environnementale, que l’on cantonne souvent aux seuls carburants et combustibles, déjà fortement taxés, dont certains citoyens précarisés dépendent fortement et dont les prix sont perçus par les agents économiques comme un critère de compétitivité économique.

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Les élites puissantes qui nous manipulent ne font-elles qu’illustrer le Troisième Principe de la thermodynamique ?, par Stéphane Feunteun

Billet invité.

Je voudrais revenir sur la relation étonnante entre PIB (en unité monétaire corrigée de l’inflation) et consommation d’énergie primaire (en unité physique de quantité d’énergie). Entre parenthèses, le PIB est loin d’être irréprochable, entre autres parce qu’il mesure une somme d’activités sans tenir compte de leur utilité sociale (beaucoup d’activités néfastes, voire destructrices, sont comptabilisées positivement dans le PIB), mais c’est le seul indice dont nous disposons pour évaluer la taille de l’économie. C’est en premier lieu le travail de Jean-Marc Jancovici qui a permis de mettre en évidence qu’on obtient une quasi-droite quand on reporte pour chaque année les valeurs considérées sur un graphique (voir le 4ème graphique de cet article qui mérite d’être lu attentivement).

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Indexer la monnaie sur l’énergie : c’est déjà le cas, par Stéphane Feunteun

Billet invité, en réponse au billet de Jérôme Naly « Mon grand-père a une idée géniale : indexer la monnaie sur l’énergie ». Le billet est ouvert aux commentaires.

Le malentendu persiste au sujet de la « monnaie-énergie ». Notez que je préfère être assimilé à un papy gâteux qu’évacué d’un revers de main en tant que militant décroissantiste inculte ; au moins on peut essayer de discuter. Pour ce qui me concerne, je n’essaie pas du tout de plaquer cette idée sur le système existant (ce qui donne effectivement des choses bizarres, surtout quand on part d’un exemple particulier, et encore plus quand celui-ci est éloigné de la réalité des échanges), ce que j’essaie de faire, à tâtons, est d’entrevoir la logique qui sous-tend le fait établi (constat) que le PIB mondial est un multiple constant de la quantité d’énergie primaire consommée dans l’année. J’essaie de n’avoir aucun a priori par ailleurs.

Une partie de la confusion semble venir d’une mauvaise appréhension des ordres de grandeur. Prenons l’agriculture: on est à 20 000 lieues du charmant coin à morilles de pépé René ; aujourd’hui les surfaces agricoles sont des substrats quasi-inertes sur lesquelles on déverse à l’aide de machines diesel les éléments nécessaires à la pousse de l’unique espèce qui nous intéresse (la croissance se fait sans interaction avec les écosystèmes environnants). À part les semences (quoique), tous ces intrants (engrais NPK et pesticides) sont dérivés directement ou indirectement d’hydrocarbures. L’industrie agricole dépend totalement de l’industrie pétrolière et pétrochimique.

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Mon grand-père a une idée géniale : indexer la monnaie sur l’énergie, par Jérôme Naly

Billet invité

Ainsi parlait mon pépé René:

« Quand j’étais petit, la monnaie avait de la valeur. La preuve: il me suffisait d’aller à la banque et j’échangeais mes billets contre de l’or. Ça c’est quelque chose non ? Mais de nos jours, plus rien n’a de la valeur. Regardez les jeunes comme ils dépensent sans compter. L’énergie par exemple; toujours que je suis derrière eux à éteindre la lumière. Ah, si la monnaie était indexée sur l’énergie, ils comprendraient vite la valeur de l’énergie, moi je vous le dis !  »

Sacré pépé, il confond le prix et la valeur. Remarquez qu’il n’est pas le seul. Moi aussi j’ai mis longtemps à assimiler que le prix ne reflète pas la valeur des choses, mais seulement les rapports de force dans la société. Ceux qui, comme mon grand-père, veulent indexer une monnaie sur l’énergie pour forcer la société à tendre vers la sobriété, se trompent, car ils sous-entendent implicitement qu’un prix reflète nécessairement une valeur. A leurs yeux, tout prix exprimé dans une monnaie fondée sur la ‘valeur énergie’ refléterait nécessairement le contenu en énergie d’un bien de consommation.

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Rendement énergétique : nous sommes dans le déni !, par Stéphane Feunteun

Billet invité. Comme le sujet peut intéresser les techniciens, les commentaires sont ouverts : ce billet prend le relais de celui de Timiota qui avait ouvert la discussion. Tout commentaire sans rapport avec le stockage énergétique aura cependant la tête (impitoyablement) coupée !

Je relisais les commentaires au billet de Timiota et je me disais qu’on est toujours dans une forme de déni : on fait confiance à notre ingéniosité, on a tendance à penser qu’il suffirait de s’y atteler pour remettre notre monde sur des rails.

Effectivement, si on examine un problème en particulier, si grave soit-il, on arrive toujours à imaginer une solution, même bancale, même temporaire, mais une solution !

Et on oublie de prendre en compte – au moins – deux paramètres cruciaux pour le fonctionnement de nos sociétés telles que nous les avons organisées :

– la source originelle d’énergie, sans quoi rien n’est possible : le pétrole. Sa pensée est tellement imprégnée dans tous les aspects de nos vies que nous le considérons comme acquis, inconsciemment. Combien de litres de pétrole ont dû être utilisés pour chaque éolienne raccordée ? (ne serait-ce que pour extraire et transformer les tonnes de néodyme [terre rare] indispensables à son fonctionnement). Même les énergies dites renouvelables ne sont qu’une extension de notre pétro-système. Le nucléaire aussi, dans une large mesure.

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