Archives de catégorie : Énergie

À propos de « La peur d’avoir peur » : Le sentiment de créer sa propre réalité, par Alexis Toulet

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La peur de la peur – davantage que la peur, comme vous le soulignez de manière convaincante – est une cause majeure du déni et du refus de réagir de manière décidée face à l’urgence environnementale.

Je soupçonne qu’il existe au moins une autre cause majeure, l’idée, le sentiment ou le présupposé inconscient que l’on peut créer sa propre réalité.

Cette idée n’est que rarement exprimée avec une telle crudité, l’interpellation irritée de Karl Rove à un journaliste peu après l’invasion de l’Irak – « Nous sommes un empire maintenant, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité » – restant une rare exception. Mais elle reste là en arrière-plan, et bien souvent à la base des actions non seulement du pouvoir américain, mais de bien d’autres gens. Si elle est trop absurde pour que la conscience l’accepte ouvertement, cela ne l’empêche pas d’influencer très largement.

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La rénovation thermique des bâtiments doit trouver une nouvelle voie, par Stéphane Gaufrès

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Des études récentes se sont intéressées à l’impact réel des travaux entrepris pour améliorer l’isolation des bâtiments d’habitation. « L’impact réel » a été mesuré  par l’économie constatée après travaux sur la facture énergétique des ménages concernés. Une étude américaine en 2018 et une étude française en 2019 (exposée par un des auteurs sur le site slate.fr) font le constat étonnant d’une performance calamiteuse des travaux entrepris pour améliorer la performance thermique des logements anciens. 

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La fusion nucléaire, dernière planche de salut des Cornucopiens ?, par Cédric Chevalier

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Qui sont les Cornucopiens ?

Le terme « Cornucopien » provient du latin « cornu copiae », qui signifie « corne d’abondance ». Cette corne, bien connue des amateurs d’arts, de tableaux et de plafonds sculptés, est le symbole antique de l’abondance et de la prospérité. De la corne d’abondance mythique jaillissait tout ce qui était nécessaire à la prospérité humaine, sans limite. Bien que ce terme soit utilisé péjorativement par leurs adversaires, on peut appeler aujourd’hui « Cornucopiens » toutes les personnes qui croient que nous trouverons toujours les moyens de répondre aux besoins humains, quels qu’ils soient. Les Cornucopiens estiment que, grâce au Progrès technoscientifique et économique, la Terre et l’univers contiennent assez d’énergie et de matière pour répondre à la hausse illimitée de ces besoins, quelle que soit la taille et le niveau de vie de la population. Il s’agit bien d’une croyance, sauf à penser que les Cornucopiens auraient secrètement inventé la machine à voyager dans le temps pour démontrer leur opinion. Il s’agit donc aussi d’un pari sur l’avenir, un pari résolument techno-optimiste. Bien sûr, il y a des Cornucopiens radicaux, qui répondent fidèlement à cette définition, et d’autres qui exprimeront quelques bémols, par exemple quant à la taille de la population et le niveau de vie qui serait permis sur Terre et dans l’Univers, et les contraintes à prendre en compte.

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L’hydrogène et son avenir, par Alain Prinzhofer

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L’hydrogène gaz (ou dihydrogène) est devenu ces dernières années un sujet débattu dans le domaine de l’énergie, comme possible solution pour réduire les émissions de CO2 liées à notre consommation énergétique actuelle. Il faut rappeler que le marché de l’hydrogène est aujourd’hui très important (60 millions de tonnes par an, environ 100 milliards de dollars par an). Cependant, il faut aussi noter que :

  1. Il ne s’agit que d’hydrogène manufacturé, donc fabriqué à partir d’une autre énergie (hydrocarbures pour 96% de la production d’hydrogène, électricité pour les 4% restants). Pour produire 1kg d’hydrogène à partir de méthane (principale source d’hydrocarbure pour l’hydrogène), on relâche 20 kg de CO2 !). L’électrolyse est plus vertueuse, mais son coût financier est nettement plus important que la fabrication d’H2 à partir d’hydrocarbures, ce qui explique la prédominance de ce dernier,
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Réchauffement climatique : Les individus isolément n’y peuvent rien, par Vincent Burnand-Galpin

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Face à la question climatique, il n’est pas rare que la responsabilité soit renvoyée au consommateur. Dans le discours médiatique, on entend souvent que les ménages et individus devraient adopter sans tarder des « éco-gestes » qui pourraient permettre le changement nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques. Mais une étude du cabinet de conseil, Carbone 4, spécialisé dans la stratégie bas carbone, datant de juin 2019, (« Faire sa part ? Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’État face à l’urgence climatique ») montre que les gestes individuels, même « héroïques », sont loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

En 2017, l’empreinte carbone moyenne des Français s’élevait à 10,8 tonnes de CO2 par an. Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, elle devrait ne pas dépasser 2 tonnes de C02 d’ici 2050, sinon plus tôt.

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » (1 de 6), Quel scénario pour les années qui viennent ? – Retranscription

Retranscription de Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », première de six conférences, le 6 novembre 2018. Merci à Eric Muller ! Ouvert aux commentaires.

Je précise que, de formation, je suis anthropologue et sociologue et que j’ai acquis ensuite, sur le côté – vous savez que ça prend un certain nombre d’années – une formation de psychanalyste. J’essaye de faire bénéficier mes analyses de l’ensemble de ces éclairages. Il y a un éclairage supplémentaire, c’est le fait que j’ai fait carrière pour la plus grande partie de ma vie dans le secteur privé, à l’intérieur de la vraie vie, tout d’abord en étant pêcheur en mer pendant une petite période – pendant une période de dix-huit mois – et ensuite en travaillant pendant dix-huit ans dans le secteur de la banque, dans de nombreux pays : j’ai commencé en France, ensuite en Angleterre puis aux Pays-Bas, et ensuite douze ans aux États-Unis. Une multitude d’éclairages qui, j’espère, permettent que j’aie une boîte à outils peut-être un peu plus vaste que la plupart des gens qui posent le regard sur des problèmes particuliers. J’espère que cet ensemble d’outils possibles, d’éclairages dans plusieurs directions, permette de donner à certains phénomènes toutes leurs dimensions, de les prendre par tous les bouts où ils se posent.

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Réorienter notre énergie libidinale pour nous sauver, par Cédric Chevalier

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En observant le paysage lors d’un voyage en train en Europe, une déduction s’impose : les humains modifient leur environnement selon leur désir, ils marquent visiblement leur territoire, le contrôlent. Ils sont les géniteurs et les créateurs objectifs de leur environnement. Comme cette marque est de nature géologique, on parle désormais d’Anthropocène. N’est-il pas évident que les humains éprouvent une grande joie à modeler le monde ? Qu’ils aiment à devenir des dieux, à se soumettre eux-mêmes, leurs semblables, les autres vivants et l’espace inanimé autour d’eux à leur toute-puissance ? Ils apprécient visiblement observer les effets de leur force, en construction et en destruction, depuis leur plus jeune âge. 

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Il fait très chaud. À qui la faute ? – Retranscription

Retranscription de Il fait très chaud. À qui la faute ? Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le jeudi 26 juillet 2018. Et aujourd’hui, je vais faire une chose que je n’ai jamais faite : je vais faire deux vidéos à la suite, je vais les enchaîner. Elles sont toutes les deux sur le même thème. La première va s’appeler « Il fait très chaud » et la seconde, c’est « M. Trump a de plus en plus chaud ». Dans ma tête, au départ, je voulais faire les deux en même temps, et puis, non, c’était trop compliqué. Alors, je fais d’abord dans l’ordre : « Il fait très chaud ».

Il fait très chaud. C’est la canicule sur une partie de la France. Ici, à Vannes, heureusement, il fait très chaud mais ce n’est pas la canicule, c’est supportable, mais il fait très chaud. Et c’est un savant que je voyais l’autre jour – je ne sais plus s’il était américain ou s’il était anglais – qui disait : « On appelle ça « canicule », et vous verrez dans dix ans, on appellera ça l' »été », et ce sera extrêmement dangereux parce qu’on se sera habitués à l’idée qu’il fasse extrêmement chaud. »

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Un impossible rêve : la vertu écologique, par Vincent Rey

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les appels à la « vertu écologique » ont beau être nombreux, la dégradation de l’environnement (0) suit son cours. Combien de temps nous reste-t-il, pour réaliser que la recherche de la vertu est un vœu pieux, en matière d’environnement comme en matière de santé ?

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« Vers un nouveau monde » (à paraître le 23 août) : Remettre en question la composante abusus du droit de propriété

Vers un nouveau monde

Ouvert aux commentaires. Deux chapitres complémentaires de mon nouveau livre-manifeste.

LE MONDE TEL QU’IL EST

14. L’environnement

Il est un constat très amer que nous devons faire quant à la détérioration de notre milieu de vie. Chaque jour, une nouvelle accablante nous parvient, au point que le sentiment d’une triste banalité l’emporte parfois sur celui de l’urgence, alors que celui-ci nous permettrait, pareil à la grenouille, de nous éjecter de la casserole d’eau bouillante plutôt que de périr à petit feu.

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