Archives de catégorie : Extinction

À l’attention des décideurs de ce monde : la littérature de salle d’attente et Paul Jorion, par Manuel

Il y a un temps pas si lointain, lorsque nous attendions notre tour chez le médecin, un tas de revues étaient à notre disposition pour nous faire patienter. Publications spécialisées, presse people, magazines d’actualité, restaient souvent là des mois ou des années pour divertir, tant bien que mal, nos esprits pressés.

Un jour, à la fin du printemps, en fin de saison donc, en attendant mon tour, je me retrouve avec l’édition de France Football présentant le championnat qui venait de s’achever. Stupeur, aucun pronostic ne s’était avéré vrai. Rien de ce qui devait se passer pendant l’année ne se passa. Même pas de loin. Découverte salutaire pour le jeune adolescent que j’étais. Je m’emparais de L’Express, du Nouvel Observateur, du Point etc. lors de mes visites suivantes. Ils ne résistaient pas plus à l’expérience de la salle d’attente. Exemple : un hebdo ou un mensuel daté de quelques mois qui encensait Jean-Marie Messier alors qu’il était depuis devenu le paria du patronat français.
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Veille effondrement #76 – Éloge de la folie : à la recherche d’un affect mobilisateur pour éviter l’extinction, par Terence

Avec un des mes amis, nous avons réfléchi plusieurs années à quel(s) serai(en)t le(s) affect(s) susceptible(s) de sortir les êtres humains de leur déni et de leur inertie face à leur trajectoire d’effondrements et d’extinctions, trajectoire incluant leur propre espèce. La peur, la tristesse, l’orgueil, la colère, la honte, la culpabilité, la raison, la joie, le désir, le plaisir, l’avidité, le rejet, l’instinct de survie, l’ennui, un sentiment d’injustice, l’indignation, la foi en Dieu, l’humanisme, la vertu, la compassion, la considération, l’amour, la vérité, l’intégrité, l’espoir ?

Nous avions pris connaissance en philosophes amateurs et dilettantes, des travaux de Spinoza sur la question des affects (L’Ethique publiée en 1677), et plus récemment de ceux de Frédéric Lordon, un de ses disciples contemporains (Les affects de la politique, 2016).

Car à mesure que le monde s’effondre et s’éteint sous nos yeux, tandis que les images, les faits, implacables démontrent la tragédie, alors que les pays riches sont touchés dans leur chair, sur leur propre sol, avec des morts à la clef, presque chaque semaine depuis plusieurs années, demeure le Grand Déni et la Grande Inertie : nous conservons, redémarrons (après pandémie) et renforçons même notre trajectoire civilisationnelle mortelle.
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Veille effondrement #37 – Vidéo – Le plan A est cuit, nous devons l’admettre

Les plans B : conquête de l’espace et C : remplacement par des robots intelligents, ne sont pas ridicules : c’est tout ce qu’il nous reste

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Le moment Pearl Harbor du réchauffement climatique, par Cédric Chevalier

© Hervey
Un article intéressant d’une Américaine qui évoque le concept de « moment Pearl Harbor » que vous avez évoqué dans votre ouvrage :
Our climate change turning point is right here, right now | Rebecca Solnit | The Guardian

Avons-nous observé, observons-nous, allons-nous observer un « moment Pearl Harbor » qui définira un point d’inflexion dans la trajectoire de l’humanité ? Il y a une course entre les forces de destruction et les forces de métamorphose, pour le moment, la destruction gagne. Et comme il y a des irréversibilités et des seuils, une quantité de destruction est déjà enregistrée et sera prochainement enregistrée. Comme un avion en train de descendre en flamme, on n’a pas encore engagé la procédure d’atterrissage d’urgence. L’avion continue à accélérer.
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60 ans d’échec de l’alarme scientifique : l’ethos scientifique est-il rationnel ?, par Terence

L’affaire de la fuite dans les médias du brouillon du rapport du GIEC sur le climat pourrait être l’illustration d’une des principales causes de l’échec le plus patent de l’histoire de la communauté scientifique : ne pas être parvenus à sonner une alarme écologique effective pour l’humanité, suffisamment tôt et clairement pour engendrer une prise de conscience et une mobilisation générales. Pour qu’un message passe d’un émetteur à un récepteur, il faut établir un canal de communication, coder et décoder le message en neutralisant les bruits parasites. Et quand bien même un message est correctement émis et reçu, il n’appartient qu’au récepteur d’agir en conséquence. Il serait donc injuste d’attribuer à la seule communauté scientifique l’échec des alarmes répétées depuis plus d’un demi siècle, vu l’adversité et l’autisme auxquels ils ont dû faire face. Néanmoins, tant que cet échec demeure et malgré une apparence trompeuse de « prise de conscience », il reste pertinent de proposer une critique radicale des pratiques de la communauté scientifique par rapport à l’urgence écologique. Continuer la lecture de 60 ans d’échec de l’alarme scientifique : l’ethos scientifique est-il rationnel ?, par Terence

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Je m’adresse à vous, les enfants et les petits-enfants de ces Messieurs-Dames du Sénat qui ont voté contre une « quasi-obligation de résultat » dans la lutte contre l’extinction

Le Monde, ce soir :

L’exécutif renonce à inscrire la « préservation de l’environnement » dans la Constitution et à le faire adopter par référendum

[…] Il s’agissait initialement d’inscrire à l’article premier, qui pose les principes fondateurs de la République (égalité, laïcité…), que la France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ».

[…] Or les deux chambres se sont livré une bataille de mots, qui aura débouché sur une impasse. Le Sénat a réécrit en mai le projet de loi constitutionnelle, s’opposant au terme « garantir » voulu par le chef de l’Etat, qui instituerait une « quasi-obligation de résultat ». La majorité à l’Assemblée a alors dit faire « un pas », en remplaçant en deuxième lecture le verbe « lutter » par le verbe « agir ».

Ils ont raison les sénateurs et sénatrices français : vouloir mentionner « la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique » dans la Constitution, faut être culotté ! Car il y a déjà des relents d’attitude anti-business dans le mot « préservation » ! Et mentionner « le dérèglement climatique », c’est grave en soi (car rien n’est prouvé n’est-ce pas ?). Mais avoir l’outrecuidance de vouloir « lutter » contre le dérèglement climatique, alors là ! Et admettons même que soient mentionnés dans la Constitution « la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique », pourquoi vouloir les « garantir » ? Ignorez-vous vraiment que le mot « garantir » laisse entendre une « quasi-obligation de résultat » ? Non seulement ce serait inscrit dans la Constitution, mais nous nous serions engagés d’une certaine manière à agir !

Messieurs-Dames du Sénat, qui avez voté contre une « quasi-obligation de résultat » dans la lutte contre l’extinction du genre humain, il est de coutume au spectacle affligeant d’une irresponsabilité aussi faramineuse que la vôtre, de recourir à des termes grandiloquents comme « l’Histoire vous jugera ! ». Je m’en abstiendrai car, par votre vote contre, vous avez apporté avec intrépidité votre pierre à ce que de l’Histoire humaine, il cesse d’y en avoir. Quant au paragraphe qui suit, il ne vous concerne pas, ignorez-le.

Vous qui êtes les enfants et les petits-enfants de ces Messieurs-Dames du Sénat qui ont voté contre une « quasi-obligation de résultat » dans la lutte contre l’extinction, c’est votre monde à vous que vos parents et vos grands-parents balaient d’un revers de main parce que sauver le genre humain témoignerait d’une attitude anti-business. Je m’adresse à vous, prenez un peu de votre temps, et allez leur dire ce que vous en pensez.

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R.I.P., le 26 juin 2021 – Retranscription

Retranscription de R.I.P., le 26 juin 2021.

Bonjour, nous sommes le samedi 26 juin 2021 et aujourd’hui, je vais appeler mon petit exposé : « R.I.P. » et vous savez que ce sont des initiales qui signifient Requiescat in Pace. 

Pourquoi ? Parce qu’il y a eu un rapport il y a quelques jours, un rapport du GIEC qui s’occupe de la dégradation de l’environnement et, en particulier, du réchauffement climatique et qui nous a dit : « On ne fait rien ! ». 

On n’avait pas besoin du rapport pour nous le dire puisqu’on le savait. Mais à tout moment, depuis le Rapport Meadows, c’était quoi, en 1970 ? [1972] appelé aussi Rapport du Club de Rome, on nous avait montré de belles courbes en nous disant : « Voilà ce qui va se passer si on continue sur les rails, les mêmes rails et puis qu’on ne fait rien ». 
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