Archives de catégorie : La survie de l’espèce

LA SURVIE DE L’ESPÈCE – LE FEUILLETON (I)

Il en a été question ici pour la première fois en août 2010, et La survie de l’espèce paraît le 2 novembre sous la double enseigne Futuropolis et Arte. Deux ans de travail pour Grégory Maklès, et pour moi-même. On a l’habitude de dire pour l’un : « dessinateur », et pour l’autre : « scénariste ». On s’aperçoit bien vite qu’il s’agit d’une simplification abusive et que les deux doivent impérativement maîtriser à la fois la mise en scène et l’adaptation. Prendre des bouts de mes billets ou de mes livres, et les « illustrer » n’aurait rien donné, il fallait faire une vraie BD ou un « récit graphique » comme on dit aujourd’hui quand on veut souligner qu’il ne s’agit « pas seulement d’une histoire pour les gosses ». Pour cela, il fallait l’adaptation. J’ai souvent été scié par le grand talent de Grégory de ce point de vue, je suis certain que ce sera également votre cas.

P.S. : Bien sûr, en deux ans de collaboration étroite, on devient un vieux couple, avec tout ce que cela implique d’affection et d’irritabilité à fleur de peau, c’est inévitable. (Grégory, l’algo de la miniature, c’est 1,3597 sur la base du 606×824 de la planche. Je ne vois pas de « flouté » et si ça ne te convient pas, viens donc le faire toi-même !)

Cliquez sur les pages pour les voir au format de la BD.

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LÀ OÙ JE ME SITUE AUJOURD’HUI

Vers la crise du capitalisme américain ? a paru en janvier 2007. La crise des subprimes s’est déclenchée à la mi-février. J’ai voulu tenir au courant mes amis des nouveaux développements. Je l’ai fait d’abord par mails. Au bout de quinze jours la formule m’a paru inadéquate. Je suis passé au blog.

Mes billets en 2007 et 2008 constituaient une chronique au jour le jour de la crise. J’ai regroupé leur substance dans les deux livres que j’ai publiés en 2008 : L’implosion et La crise.

Une vive discussion était née sur le blog sur les causes de la crise. Une explication fantaisiste du fonctionnement du crédit et de la monnaie en général circulait sur l’Internet. J’ai tiré parti de mon expérience de dix ans en tant qu’ingénieur financier dans le secteur du crédit pour brosser un portrait fidèle de celui-ci, rectifiant les erreurs de la vision commune, dans L’argent, mode d’emploi, paru en 2009.

Mes premiers livres consacrés à la crise étaient de l’ordre du témoignage et du constat. C’est, je l’espère, la qualité de mes analyses qui a fait que la question m’a été posée de plus en plus souvent et avec de plus en plus d’insistance, des solutions qui devraient être apportées aux problèmes qui se posent.

Je disais qu’il fallait « sortir du cadre » et l’on me répondait : « Mais c’est quoi le cadre ? » Or, d’une certaine manière, ce cadre, je l’avais décrit dans Principes des systèmes intelligents (1990) et dans Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009) mais dans ces contextes-là, globalement et sans lien direct avec la crise qui viendrait.

Dans Le capitalisme à l’agonie (2011), je poursuivais la chronique des événements, mais je soulignais les ressemblances entre la situation présente et la période prérévolutionnaire 1780-1789. Dans Misère de la pensée économique, qui paraît dans quelques jours, la chronique se poursuit encore, éclairée cette fois par la réflexion bouillonnante née au XIXe siècle pour tenter de comprendre l’échec de la Révolution Française.

La question du pourquoi de la « misère de la pensée économique » avait déjà été posée dans Le prix (2010) où je propose une autre théorie de la formation des prix que celle qu’a à offrir la « science » économique. Mais la question m’est sans cesse posée : « À quoi aurait ressemblé la science économique qui n’a jamais eu lieu ? »

C’est un défi. De même qu’une réflexion sur le cadre dans la perspective de la crise présente. Ma réponse à cela, je l’avais esquissée dès le début dans ma proposition d’une Constitution pour l’économie, restée toutefois à l’état d’ébauche. Il faut maintenant y revenir et étayer le projet.

C’est à cette croisée des chemins que je me trouve. La rédaction des réponses telles que je les conçois a débuté. Pour la réflexion sur le cadre, elle est désormais le produit d’un effort conjoint, le résultat de ma rencontre avec un intellect d’exception qui avait déjà entrepris une quête semblable et dans le même esprit, quête dont nous avons décidé de faire une cause commune. Pour le projet élaboré d’une Constitution pour l’économie, il se bâtira à partir de mon enseignement à la VUB qui porte sur une « finance au service de la communauté » (Stewardship of Finance).

Tout ceci m’éloignera de la chronique des événements au jour le jour mais pour un bénéfice accru sur le long terme, j’en suis sûr.

Nous pourrons juger, Grégory Maklès et moi, dès les premiers jours de novembre, avec la parution de La survie de l’espèce, l’efficacité du même message traduit dans le médium de la bande dessinée. Si ce moyen fait ses preuves, l’effort devra être poursuivi sous cette forme aussi.


 

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 29 AVRIL 2011

Le rapport entre le blog et mes livres

« La survie de l’espèce » avec Grégory Maklès
« La guerre civile numérique », à paraître en mai

Pervenche Berès et le rapport sur l’origine de la crise pour la Commission Européenne

David Ricardo (1772 – 1823)
Piero Sraffa (1898 – 1983)

« Comprendre, enfin, l’économie »

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« La Survie de L’Espèce », par Grégory Maklès et Paul Jorion

Déjà tout petit, j’aimais la bande dessinée. Je dévorais tout : Spirou et Tintin bien sûr mais aussi Cap’taine Sabord, Wrill, Story, tout y passait. Qui se souvient aujourd’hui de L’île de Mytilène ?…

Hum… bon, je recommence. Cachant soigneusement son identité sous le pseudo « Grégory », Grégory Maklès est un commentateur de longue date du blog. Allant voir ce qu’il faisait en matière de bandes dessinées, je lui dis un jour : « Grégory, mon vieux, la fantaisie héroïque, c’est bien, mais c’est beaucoup trop classique – Guy l’Éclair est d’ailleurs inégalable ! – l’avenir de la BD, c’est la BD financière ! ».

C’est mieux comme ça, mais à part le fait qu’il soit un commentateur de longue date du blog, ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées. La vérité historique, c’est que c’est lui qui m’a proposé qu’on fasse une BD ensemble (une planche somptueuse en préparation – le maniement de l’airbrush par Grégory y est époustouflant ! – reconstituera cette scène initiale). Comme j’étais un peu désoeuvré à l’époque (il ne se passait pas grand-chose, à part l’effondrement de l’euro), j’ai dit oui.

Notre première collaboration (c’est moi qui écrivis le dialogue) est cette caricature qui vous est déjà familière. De notre seconde, intitulée « La Survie de L’Espèce » – une saga qui se terminera, comme vous le savez, en 2012 – vous trouverez les deux premières planches ci-dessous.



À suivre…

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