Archives de catégorie : « Le dernier qui s’en va éteint la lumière »

J’ai été éduqué de manière autoritaire et francophile // 27/04 – Bord de scène : Paul Jorion discute avec vous de comment tout ça va se terminer

C'est ce soir. J'interviens à 21h35. Le lien Zoom, c'est ici. (Lien modifié en raison d'un problème technique).

« J‘ai été éduqué de manière autoritaire et francophile, une pièce de Laurent Plumhans, aborde les fractures et les bombes de notre monde contemporain. Fractures et bombes à l’échelle de l’intime, et du couple, mais aussi à l’échelle mondiale, d’un point de vue politique et économique. Le tout, en passant rapidement par la situation de la Belgique, petit pays cocasse, communautarisé et fracturé.

Le propos de la pièce est soutenu par les théories de penseu.se.r.s de l’économie politique actuelle, Paul Jorion, Thomas Piketty, Bernard Stiegler ou encore Cynthia Fleury.

Le spectacle, onirique autant que philosophique, s’interroge sur notre rapport au monde, le questionne, en souligne les errements et évoque les pistes éventuelles pour ne pas « aller droit dans le mur ».

Il est en français, néerlandais et anglais, compréhensible sans sous titre par un public francophone. La musicalité du texte et l’environnement sonore du spectacle est d’une grande importance, Laurent Plumhans étant violoniste et compositeur par ailleurs (dernier CD paru, In memoriam, Cypres Editions) »

Voici le lien à la pièce sur le site du théâtre

À l’issue de la pièce (± 21h35), et à la suite d’un plaidoyer vibrant en faveur de la survie de l’espèce, je dialoguerai avec vous.

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Vidéo – Comment l’effondrement s’auto-alimente

Grève des enseignants, Boris Johnson, la montée du fascisme aux États-Unis, guerre avec la Russie

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Veille effondrement #105 – Votre finance, nos vies

Le dernier qui s’en va éteint la lumière (Fayard 2016), pages 25-26 :

En 1933 déjà, Keynes dénonçait dans National Self-Sufficiency, une allocution prononcée à Dublin, notre incapacité à traiter les problèmes de société fondamentaux auxquels nous sommes confrontés autrement qu’en fonction du « combien cela rapporte » :

Le XIXe siècle a promu jusqu’à la caricature le critère que l’on appellera pour faire bref, « les résultats financiers », comme test permettant de déterminer si une politique doit être recommandée et entreprise dans le cadre d’une initiative d’ordre privé ou public. Le destin personnel s’est transformé en une parodie du cauchemar d’un comptable. Au lieu d’utiliser leurs ressources techniques et matérielles désormais beaucoup plus vastes pour construire une cité idéale, les hommes du XIXe siècle construisirent des taudis, et ils pensèrent que bâtir des taudis était la chose juste et recommandable, parce que les taudis, à l’aune de l’entreprise privée, « cela rapporte », alors que la cité idéale aurait été selon eux un acte fou d’extravagance, qui aurait, dans le vocabulaire imbécile du monde financier, « hypothéqué l’avenir ».

La peste de la marchandisation se manifeste dans tous les domaines : éducation, politique médicale, recherche scientifique, rien n’échappe désormais à la logique commerciale de maximisation du profit. Nos dirigeants, alignant leurs comportements sur ceux du monde marchand, n’envisagent d’assurer la survie de notre espèce que dans une perspective purement commerciale : en termes de « droit à polluer » ou de « droit à détruire », chacun de ceux-ci ayant un prix que le marché se fera un plaisir de déterminer. Un dirigeant d’entreprise quittant sa firme exigera lui des millions en compensation du fait qu’il ne cherchera pas à saboter l’activité de celle-ci en travaillant pour la concurrence, comme si la décence ordinaire dont parlait George Orwell ne suffisait pas à définir un cadre à son comportement futur. La malhonnêteté étant la voie du profit, elle est devenue la norme, et un dirigeant d’entreprise exige en conséquence d’être rémunéré pour se conduire honnêtement.

Nos systèmes de valeur ont été évacués et remplacés par une logique pure de profit. Mais celle-ci peut-elle garantir la survie de notre espèce, confrontée à des défis considérables en matière environnementale, ou comme conséquences de la fragilisation croissante de notre système financier en proie aux paris démesurés sur la variation des prix, ou de la disparition de l’emploi devant l’avancée des systèmes informatiques, robots et logiciels ?

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Veille effondrement #67 – La fin du monde a eu lieu : Plan B ou Plan C ? par Khanard

J’ai retrouvé de vieux livres au fond d’une malle que j’avais lus il y a bien longtemps !

Le premier, La mort de la Terre est ancien, 1906, de R. H. Rosny Aîné parle de la place de l’homme dans l’univers.

Dans un futur lointain, la Terre est devenue un immense désert desséché du fait de sa surexploitation par l’espèce humaine. Les quelques communautés restantes limitent les naissances et incitent les humains à pratiquer l’euthanasie pour obtenir une mort plus rapide. Targ, sa femme, sa sœur, et leurs enfants, les derniers sur Terre encore prêts à survivre, partent à la recherche d’eau et de nouvelles terres pour reconstruire. En parallèle, une autre race d’êtres mi-vivants mi-minéraux prospère sur les ruines de la civilisation humaine : les ferromagnétaux.

Le second, S’il n’en reste qu’un, plus récent : 1946 de Christophe Paulin dont le titre me fait penser au vôtre Le dernier qui s’en va éteint la lumière. La fin du monde a eu lieu, se pose alors la reconstruction du monde : Plan B ou Plan C ?

S’il n’en reste qu’un » est un roman apocalyptique écrit sous le pseudonyme de Christophe Paulin par l’écrivain Jean Merrien dont le vrai nom est René de la Poix de Fréminville.

Une fois l’homme disparu, combien de temps peut durer le mouvement qu’il a imprimé aux choses ?
L’auteur réussit à peindre l’homme seul et à nous conter, avec crédibilité, ses errances, son organisation, sa lutte contre la végétation, la solitude, contre l’humidité, le vieillissement et le désespoir.

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R.I.P., le 26 juin 2021 – Retranscription

Retranscription de R.I.P., le 26 juin 2021.

Bonjour, nous sommes le samedi 26 juin 2021 et aujourd’hui, je vais appeler mon petit exposé : « R.I.P. » et vous savez que ce sont des initiales qui signifient Requiescat in Pace. 

Pourquoi ? Parce qu’il y a eu un rapport il y a quelques jours, un rapport du GIEC qui s’occupe de la dégradation de l’environnement et, en particulier, du réchauffement climatique et qui nous a dit : « On ne fait rien ! ». 

On n’avait pas besoin du rapport pour nous le dire puisqu’on le savait. Mais à tout moment, depuis le Rapport Meadows, c’était quoi, en 1970 ? [1972] appelé aussi Rapport du Club de Rome, on nous avait montré de belles courbes en nous disant : « Voilà ce qui va se passer si on continue sur les rails, les mêmes rails et puis qu’on ne fait rien ». 
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Pourquoi les gens ne sont pas allés voter

On me dit : « Vous croyez vraiment que les gens ne sont pas allés voter parce qu’ils savent que c’est râpé, que l’extinction est maintenant programmée ? »

À ça je réponds ceci :

D’abord, il y a les gens qui ne votent jamais, parce qu’ils se disent ‘Qu’on nomme Jules ou Machin, ce sera toujours les mêmes combines’. Et ceux-là, ils ont fait comme d’habitude.

Ensuite, il y a ceux qui se souviennent de l’année dernière : qu’on avait dit ‘Avec le Covid, c’est vraiment pas une bonne idée d’envoyer les gens dans des bureaux de vote’, qu’on avait eu la preuve par la suite que ce n’était effectivement pas une bonne idée, mais qu’ils et elles, là au sommet, l’avaient fait quand même parce qu’ils voulaient être vite réélus, ce qui prouve que cette histoire d’élections à la région ou au département, c’est quelque chose qui n’intéresse que ces gens-là, et strictement qu’eux. Ceux qui pensent comme cela (le Covid + les élus égoïstes et irresponsables), ceux-là, ils ne sont pas non plus allés voter.

Et puis il y a les gens qui ont pensé à l’extinction. La moitié n’y croit pas, et ça à mon avis, ce sont les gens qui votent d’habitude, et sur le pont du Titanic, ils iront encore voter. Donc ceux-là ont voté.

Il y a ceux qui savent que c’est vrai mais qui se disent que ça concerne essentiellement des gens quelque part à un autre endroit, et encore pas tout de suite. Et ceux-là, à mon avis, la moitié d’entre eux est allée voter et l’autre pas.

Et puis il y ceux qui savent que c’est vrai et que ça les concerne comme tout le monde. Et ceux-là, à mon avis, oui, ils ne sont pas allés voter, ils sont allés regarder la mer (à condition qu’il ne pleuvait pas trop et qu’il ne faisait pas aussi froid qu’aujourd’hui et qu’on attrape tous la crève).

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« Hurle, hurle à l’agonie de la lumière », par Terence

Je sais que certains d’entre vous ont « en tout ou partie » fait leur deuil, vous êtes plus sages que moi.

N’entre pas docilement dans cette douce nuit,
Le vieil âge doit gronder, tempêter, au déclin du jour,
Hurler, hurler à l’agonie de la lumière,

Si le sage sentant la fin sait que les ténèbres sont justes,
Car ses mots n’ont point forgé de foudre,
Il n’entre pas docilement dans cette douce nuit,
Hurle, hurle à l’agonie de la lumière.

Dylan Thomas (poème cité dans Interstellar, le film de Chris Nolan)

Climat : l’humanité proche de retombées climatiques cataclysmiques, alerte le Giec – La Libre

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