Veille effondrement #67 – La fin du monde a eu lieu : Plan B ou Plan C ? par Khanard

J’ai retrouvé de vieux livres au fond d’une malle que j’avais lus il y a bien longtemps !

Le premier, La mort de la Terre est ancien, 1906, de R. H. Rosny Aîné parle de la place de l’homme dans l’univers.

Dans un futur lointain, la Terre est devenue un immense désert desséché du fait de sa surexploitation par l’espèce humaine. Les quelques communautés restantes limitent les naissances et incitent les humains à pratiquer l’euthanasie pour obtenir une mort plus rapide. Targ, sa femme, sa sœur, et leurs enfants, les derniers sur Terre encore prêts à survivre, partent à la recherche d’eau et de nouvelles terres pour reconstruire. En parallèle, une autre race d’êtres mi-vivants mi-minéraux prospère sur les ruines de la civilisation humaine : les ferromagnétaux.

Le second, S’il n’en reste qu’un, plus récent : 1946 de Christophe Paulin dont le titre me fait penser au vôtre Le dernier qui s’en va éteint la lumière. La fin du monde a eu lieu, se pose alors la reconstruction du monde : Plan B ou Plan C ?

S’il n’en reste qu’un » est un roman apocalyptique écrit sous le pseudonyme de Christophe Paulin par l’écrivain Jean Merrien dont le vrai nom est René de la Poix de Fréminville.

Une fois l’homme disparu, combien de temps peut durer le mouvement qu’il a imprimé aux choses ?
L’auteur réussit à peindre l’homme seul et à nous conter, avec crédibilité, ses errances, son organisation, sa lutte contre la végétation, la solitude, contre l’humidité, le vieillissement et le désespoir.

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6 réflexions sur « Veille effondrement #67 – La fin du monde a eu lieu : Plan B ou Plan C ? par Khanard »

    1. Accointances un brin compliquettes quand même (entre 194x d’une part et les moments après 1968 d’autre part…)

    1. L’article en entier.

      REPORTAGELa fragmentation des habitats est la première cause d’érosion de la biodiversité. Pour y remédier, des territoires restaurent et préservent des corridors biologiques.

      Les falaises du massif de la Chartreuse et celles du Vercors se font face, plongeant dans la vallée du Grésivaudan en Isère. Entre les deux s’entremêlent sur quelques kilomètres deux branches d’autoroutes, deux départementales, une voie ferrée et une zone industrielle. Le résultat de décennies d’urbanisation, et autant d’obstacles infranchissables pour une grande partie de la faune et de la flore.

      Dans le secteur de La Buisse pourtant, des crottes de renards, des nids de musaraignes et des mues de couleuvres témoignent d’un va-et-vient fréquent : ici, un pont entièrement végétalisé enjambe l’A48. A ses extrémités, le passage de ragondins dessine un sillon dans les broussailles.

      La construction de cet ouvrage, qui s’est achevée en 2019, est l’aboutissement de longues années de travail et de discussions. Son objectif : défragmenter l’espace pour permettre aux animaux et aux plantes de circuler en restaurant des continuités écologiques.

      La disparition des habitats et leur morcellement ont été identifiés par les experts de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) comme la première cause d’érosion de la biodiversité.

      Le pont qui enjambe la départementale 119 a été équipé de barrières opacifiées et de zones herbeuses pour faciliter le passage des animaux, sur la plaine de la Bièvre (Isère) le 24 août 2021.
      Le pont qui enjambe la départementale 119 a été équipé de barrières opacifiées et de zones herbeuses pour faciliter le passage des animaux, sur la plaine de la Bièvre (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      « Historiquement, on a d’abord préservé des espaces patrimoniaux exceptionnels, retrace Fabien Paquier, chargé de mission Trame verte et bleue à l’Office français de la biodiversité. Puis, peu à peu, mais assez récemment, on s’est dit qu’il fallait aussi préserver les espèces qui y vivent et qui, comme nous, sont amenées à se déplacer. » Un corpus d’études a démontré que les populations, aussi bien animales que végétales, ont un besoin vital d’espace pour se nourrir, se reposer, s’accoupler et maintenir leur diversité génétique. Plus un habitat est petit et isolé, moins les espèces seront nombreuses et variées.

      Dix sites prioritaires
      En Isère, Jean-François Noblet est l’un des premiers à s’être intéressé aux corridors biologiques. Dans les années 1990, ce naturaliste autodidacte travaille au conseil général. A l’époque, il a le sentiment d’avoir « à peu près sauvé les meubles » en matière de protection de l’environnement mais il s’interroge : sans relations entre les différentes aires protégées, tous ces efforts ne sont-ils pas vains ?

      Au début des années 2000, il convainc le département de se saisir du dossier à bras-le-corps. Un cabinet d’études suisse est mandaté pour réaliser la première cartographie des continuités écologiques de l’Isère. L’initiative est alors inédite en France. « La liberté de circuler est essentielle d’un point de vue biologique, insiste Jean-François Noblet, coprésident de l’association Le Pic vert. La flore se déplace avec le vent, les ruisseaux, les animaux. Une libellule ne traversera jamais une route si le bitume est noir et chaud. Une chauve-souris qui longe une lisière, s’il y a plus de 100 mètres entre deux arbres, elle risque de faire demi-tour… »

      Anne-Sophie Croyal, coordinatrice ENS (Espaces naturels sensibles) du département de l’Isère devant un écoduc à Bévenais (Isère) le 24 août 2021.
      Anne-Sophie Croyal, coordinatrice ENS (Espaces naturels sensibles) du département de l’Isère devant un écoduc à Bévenais (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      Un crapaud mâle écrasé sur la départementale 51B entre la tourbière du Grand-Lemps et le corridor écologique installé pour les amphibiens à Grand-Lemps (Isère) le 24 août 2021.
      Un crapaud mâle écrasé sur la départementale 51B entre la tourbière du Grand-Lemps et le corridor écologique installé pour les amphibiens à Grand-Lemps (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      L’étude permet d’identifier les principaux points de conflits et de définir dix sites sur lesquels agir en priorité. Dans le nord du département, le site du Grand-Lemps est l’un d’entre eux. Ici, la route départementale a été le théâtre d’un massacre à répétition : pendant des années, jusqu’à 3 000 amphibiens par jour pouvaient être écrasés par des voitures lorsqu’ils quittaient la forêt pour aller pondre dans la tourbière de la réserve naturelle, située de l’autre côté de l’asphalte.

      En 1996, la réserve ne compte plus que 1 300 amphibiens. Un peu moins et la population locale n’aurait plus été viable. Pendant plusieurs années, des bénévoles vont alors s’occuper de faire traverser la route à ces crapauds, grenouilles, tritons et salamandres. Pendant un mois, ils tendent des filets qui concentrent les animaux dans des seaux. Et chaque matin, ils vident les seaux de l’autre côté de la départementale. En 2003, la population atteint 23 000 individus. « Les amphibiens n’arrêtent pas de circuler entre les mares pour des échanges de reproduction, pour connaître leur territoire, explique Grégory Maillet, le conservateur de la réserve. Ce n’est pas comme dans un aquarium ! »

      Nombreux aménagements
      Depuis 2004, un passage à petite faune a remplacé seaux et filets. Les amphibiens tombent dans un caniveau en béton de 40 centimètres de haut et près d’un kilomètre de long réalisé le long de la route – le premier d’Isère et le plus long de France. Tous les cinquante mètres, un tunnel leur permet de traverser. Depuis, les observateurs ont vu revenir des couleuvres à collier et des circaètes Jean-le-Blanc, très rares en Isère. « Les amphibiens sont un maillon sur lequel on peut intervenir et qui font fonctionner les écosystèmes, note Grégory Maillet. Souvent on essaie de justifier ce type d’ouvrage, pour des raisons de sécurité routière par exemple, mais on pourrait aussi se dire que ces animaux ont le droit de vivre… »

      Travaux d’installation d’un corridor écologique sur la départementale 73 à Grand-Lemps (Isère) le 24 août 2021.
      Travaux d’installation d’un corridor écologique sur la départementale 73 à Grand-Lemps (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      Travaux d’installation d’un corridor écologique (tunnel où passeront les animaux) sur la départementale 73 à Grand-Lemps (Isère) le 24 août 2021.
      Travaux d’installation d’un corridor écologique (tunnel où passeront les animaux) sur la départementale 73 à Grand-Lemps (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      En vingt ans, de nombreux aménagements ont été réalisés en Isère. Des caméras qui détectent le mouvement et la chaleur déclenchent des panneaux lumineux incitant les automobilistes à ralentir lors de passages d’animaux, évitant ainsi des dizaines de collisions. Des ponts peu fréquentés sont en partie végétalisés et opacifiés. Pour aider les écureuils, Le Pic vert récupère des cordes d’escalade qui sont accrochées entre des arbres au-dessus des routes.

      Le cadre réglementaire et juridique a également évolué. Après le Grenelle de 2007, la notion de corridor écologique a été traduite dans le code de l’urbanisme et dans celui de l’environnement en 2010. « La loi dite de Grenelle 2 crée la politique de Trame verte et bleue, qui s’inscrit dans les grandes orientations nationales et dans les schémas régionaux, précise Fabien Paquier. C’est une notion qui s’applique à différentes échelles. » Dans sa stratégie de biodiversité, l’Union européenne affirme également la nécessité de mieux connecter les aires protégées.

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      Grignotage des espaces
      A deux heures de route des crapauds du Grand-Lemps, les falaises du massif des Ecrins et celles du Dévoluy, territoires du bouquetin et du vautour, plongent face à face dans la plaine du Champsaur. Entre les deux s’étale le plus grand bocage des Alpes. Des haies de frênes, trembles ou saules bordent de petites parcelles de luzerne ou de blé sur une vingtaine de kilomètres. Un exemple presque parfait de corridors écologiques, les haies étant particulièrement favorables, notamment, au déplacement des espèces.

      La lutte contre la fragmentation des espaces reste un enjeu majeur

      Dans cette zone rurale, qui fait partie de l’aire d’adhésion du parc national des Ecrins, les pressions sur les habitats sont bien moins fortes que dans des régions urbanisées. Mais la lutte contre la fragmentation des espaces reste un enjeu majeur.

      En tant que gestionnaire, le parc a pu solliciter des subventions européennes ou régionales pour les agriculteurs en contrepartie du maintien des haies. « Cultiver cinq parcelles de la taille d’un timbre-poste est toujours plus compliqué et plus cher qu’exploiter un grand carré, explique Julien-Pierre Guilloux, chargé de mission eau et forêts du parc. On passe notre temps à demander des sous pour conserver l’existant ! Même ici il y a des phénomènes de concentration et de pressions économiques. »

      La tourbière du Grand-Lemps sur la commune éponyme (Isère) le 24 août 2021.
      La tourbière du Grand-Lemps sur la commune éponyme (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      Dans le hameau du Villardon, un agriculteur a installé un drain dans une immense zone humide pour y faire pâturer ses moutons. Des saules ont également été plantés. Résultat : le niveau d’eau baisse et des espèces disparaissent. « C’est un exemple typique. Petit à petit on morcelle cet habitat, regrette Julien-Pierre Guilloux. On entend parler tous les jours du réchauffement. Bien sûr ça entraîne énormément de problèmes, mais le principal, c’est le grignotage des espaces autour des villes. Maintenir ces habitats passe par des règles d’urbanisme pour cesser l’artificialisation, et par des mesures agricoles. »

      Combat quotidien
      Chaque année, ce membre de l’équipe du parc des Ecrins rédige des dizaines d’avis et de recommandations concernant des nouveaux projets d’aménagement. En Isère aussi, le combat est quotidien. Près du corridor du Grésivaudan, il a fallu convaincre le syndicat des berges d’arrêter de raser les prairies en pleine période de reproduction. S’assurer qu’une nouvelle entreprise ne s’implanterait pas trop près.

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      Le Vercors en pentes douces
      Dans la réserve du Grand-Lemps, les effectifs d’amphibiens sont en baisse en raison du dérèglement climatique et d’importantes coupes de bois réalisées à proximité. « Le passage à petite faune, ça fait au moins une peine en moins… », glisse Grégory Maillet. Le conservateur a convaincu un charpentier de racheter la forêt qui surplombe la route afin de la préserver. La SNCF va cesser de traiter le ballast de la voie ferrée, les herbicides pouvant être mortels pour les crapauds, et un nouveau passage à petite faune vient d’être achevé sous une seconde départementale. « Quand on résout un point de conflit, il faut ouvrir les yeux et voir si c’est pérenne, note Anne-Sophie Croyal, coordinatrice des espaces naturels sensibles du Sud Isère et spécialiste des corridors écologiques. Ça ne sert à rien de faire un ouvrage perméable si derrière il y a un mur. Il faut regarder ce qui se passe autour, prendre de la hauteur pour voir jusqu’où emmener les animaux. »

      La tourbière du Grand-Lemps sur la commune éponyme (Isère) le 24 août 2021.
      La tourbière du Grand-Lemps sur la commune éponyme (Isère) le 24 août 2021. PABLO CHIGNARD POUR « LE MONDE »
      Sur les pièges photographiques installés au pied du massif du Gioberney, au fin fond de la vallée du Valgaudemar, les équipes des Ecrins voient passer martres, fouines, cerfs, faons, randonneurs… et loups. Plusieurs meutes sont désormais installées dans le massif. Elles n’ont pas réellement besoin de corridors, les loups parvenant toujours à trouver un chemin pour passer. Derrière le grillage de l’autoroute A48, en revanche, au niveau de la trouée de Colombe, dans la plaine de Bièvre, des chamois restent régulièrement coincés, parfois pendant des semaines. Impossible de passer. La réalisation d’un passage à faune par le concessionnaire AREA est désormais le combat prioritaire d’un certain nombre d’acteurs isérois, dont Le Pic vert. « Il va falloir tordre le bras à AREA, remarque Grégory Maillet. Mais cela permettrait de réconcilier toute la Chartreuse à la vallée du Rhône ! L’élan est de retour en Allemagne, d’ici trente ans on pourrait peut-être en voir ici… »

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