Archives de catégorie : Sciences

Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (IX) Conclusion : Où il est question de la liberté d’expression et des marchés libres

Un résumé de Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (Le Pommier 2012), par Madeleine Théodore. Ouvert aux commentaires.

Au sujet de la liberté d’expression, la notion d’« égalité du temps de parole » demeure à la racine du sens de la justice et du fair-play des Américains. Cependant, toutes les versions ne sont pas justes ou vraies, Internet a créé une galerie où toute affirmation peut être démultipliée à l’infini. Où que l’on se tourne, on voit quelqu’un mettre en doute quelque chose.

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Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (II) La « Guerre des étoiles »

Un résumé de Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (Le Pommier 2012), par Madeleine Théodore.

Autre sujet couvert dans Les marchands de doute : la défense stratégique, la SDI (Initiative de Défense Stratégique) ou « Guerre des étoiles », qui était rejetée par la majorité des scientifiques comme impraticable et déstabilisatrice. Frederick Seitz et ses collègues se mirent en peine de la défendre, remettant en cause les preuves scientifiques de son impossibilité pratique, promouvant l’idée que les États-Unis pourraient « gagner » une guerre nucléaire.

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Le système solaire est composé du Soleil, de Jupiter et de quelques poussières, par Roberto Boulant

Billet invité.

Lundi dernier, Mercure est passé devant notre étoile (tous les transit(e)s ne sont pas intestinaux). Voici les images en accéléré qui furent prises à cette occasion par le satellite SDO (Solar Dynamics Observatory).

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STOP : pour en finir avec les prédicats faux des climato-sceptiques, par Philippe Soubeyrand

Billet invité

Avertissement de l’auteur :
La démarche d’explication pédagogique se veut ici la plus étayée possible. Aussi, un appendice technique (*) important a été positionné dans la seconde partie du billet.

StructureA – photo prise le 15/03/2009 – Tour Eiffel

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De la trahison de la science et du moyen de la retrouver, par Ioana-Noemy Toma

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Jean de La Fontaine,
L’AVANTAGE DE LA SCIENCE,  Livre VIII, fable 19 

Entre deux Bourgeois d’une Ville
S’émut (1) jadis un différend.
L’un était pauvre, mais habile,
L’autre riche, mais ignorant.
Celui-ci sur son concurrent
Voulait emporter l’avantage :
Prétendait que tout homme sage
Etait tenu de l’honorer.
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À propos de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Le Seuil 2015)

L’ouvrage de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Le Seuil 2015) est une lecture essentielle : les auteurs ont rassemblé, comme ils le soulignent – et à la différence de leurs prédécesseurs – les preuves de l’effondrement, non pas dans un domaine spécifique, correspondant dans la plupart des cas à la sphère d’investigation d’une discipline ou d’une sous-discipline, mais dans l’ensemble des domaines où des effets se conjuguent pour sceller l’extinction de notre espèce.

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Enfin du plutonium se barre sur Pluton, par Marie-Paule Nougaret

Billet invité.

Remercions Alan Stern, troisième à partir de la gauche ici, qui a réussi à expédier 11 kg de plutonium hors de l’écosphère.

Sans doute n’est-ce pas très gros, le plutonium étant le plus lourd des éléments. Mais c’est aussi le plus dangereux, et ça fera toujours ça de moins à éviter pendant 500 000 ans.

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Yoda impatient : Le « trou de ver » du chercheur mûr, par Timiota

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La sagesse vient-elle au chercheur qui parvient à la cinquantaine ? Peut-il enfin, libéré des questions de carrière, faire son « maître Yoda », utiliser son expertise pour explorer enfin à fond ce qu’il maîtrise si bien ? C’est ce qui semblerait le mieux dans une majorité de cas. Mais, oublions même les financements et considérons seulement la récompense en termes de reconnaissance scientifique : je veux parler du fameux « facteur h ».

Pour ceux qui ne connaissent pas le « facteur h » ou Hirsch factor, voyez l’explication qu’en offre Wikipedia.

Dans une bonne carrière scientifique, ce facteur avoisine 40 typiquement à l’âge mûr : 6 à 12 papiers par an dans la période prolifique (33-50 ans en très gros), soit en tout un package de 150+/-50 dont les 40 meilleurs seront cités plus de 40 fois. Arrivé à ce niveau, le risque de stationner est grand : même avec de l’excellent travail, notre chercheur n’est cité que par ses collègues mondiaux aux thèmes proches : ça laisse le h au niveau 40 car il n’y a pas vraiment plus de 10-20 labos pour le citer, chacun 1 ou 2 fois, tout ça dépasse rarement 30-35 citations au bout de 3 ans, puis ça n’augmente plus. Donc les papiers du « bon chercheur » vont faire dans l’histogramme de la bibliométrie un bourrelet de nombre de citations N sous le fameux seuil h.

Et que vous le vouliez ou non, cela vous ramène un sentiment de demi-échec.

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POUR UNE MÉDECINE PRÉVENTIVE, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

Nous vivons actuellement dans un système qui se préoccupe beaucoup de soigner des malades, et beaucoup moins de maintenir la population en bonne santé, essentiellement pour des motifs économiques : le puissant secteur de la santé assure l’essentiel de ses revenus en soignant des malades, et qui, sauf diversification majeure dans des domaines tels que l’alimentation, l’activité physique, le bien-être ou l’hygiène de vie, aurait beaucoup de mal à maintenir ses revenus et ses marges si l’on retenait systématiquement une approche préventive de la santé en lieu et place de l’approche curative qui prévaut actuellement.

En simplifiant à l’extrême, tant que l’on ne comprend pas comment une personne devient malade, la seule chose que l’on puisse faire en dehors d’invoquer les esprits ou des forces surnaturelles c’est de soigner ceux qui ont la malchance de l’être. Par contre, dès que l’on comprend la séquence qui déclenche la maladie, on peut tenter de la prévenir. L’exemple type est la vaccination.

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CHRÉODE ET CATASTROPHISME APOCALYPTIQUE, par Olivier Brouwer*

Billet invité

Bonjour Paul Jorion,

Ceci est une réaction à votre billet du 19 juillet, « COMMENT J’AI APPRIS À AIMER LE CATASTROPHISME APOCALYPTIQUE », après avoir écouté les interventions de Jean-Marc Lévy-Leblond et de Pascal Bruckner.

Et je dois bien le dire : là, ça commence à devenir intéressant !

À quel destin l’humanité est-elle promise ? Je parie d’ailleurs, en aparté, que c’est l’objet du prochain opus BD que vous nous préparez et qui à ce stade s’intitulerait « Après l’espèce ».

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L’ILLUSION DU CONCEPT DE DESSEIN, par Fabien Villard

Billet invité. À propos de : LE PROCESSUS « CULTUREL » DE REPRODUCTION / SÉLECTION « NATURELLE » par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion.

Ah le joli texte que voilà ! Enfin révélée, l’illusion du concept de dessein, aussi illusoire que celui de dieu. Tout concourt aujourd’hui à nous en convaincre : les expériences de Libet (1), bien sûr, mais aussi les explications de Pascal Boyer (2) sur la structure logique du cerveau, la meilleure compréhension de ses fonctionnements et de leurs origines évolutionnaires, les analogies de Hofstadter et Sander (entre autres) (3), l’hypothèse mémétique (Blackmore (4), Dennett…), les réflexions sur l’émergence et sa capacité à expliquer des comportements complexes par une collection de comportements simples (5), et surtout notre capacité structurelle et évolutive à raconter des histoires, à créer l’histoire « a posteriori ».

Vous posez les deux questions qui découlent et commencez à y répondre par la voie politique, ce qui est naturel évidemment. Il y a un complément indispensable à cette réflexion : la conception. Elle permet de fabriquer, comme un sous-produit, les éléments de communication nécessaires. Elle y apporte la cohérence, la clarté des messages, et les moyens de filtrer les contenus en fonction des intentions de communication. Elle permettrait sans doute aussi de sélectionner différemment les choses, pas sur ce qui marche, mais sur ce qui nous intéresse en vertu de principes (par exemple démocratiques ?).

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LE PROCESSUS « CULTUREL » DE REPRODUCTION / SÉLECTION « NATURELLE », par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion

Quand Darwin parle de « sélection naturelle », le processus implicite, sans lequel il ne pourrait y avoir sélection de certaines des combinaisons obtenues, est bien entendu la reproduction qui s’opère elle à proprement parler naturellement, c’est-à-dire mécaniquement.

Il en va en réalité de même pour ce que fabrique l‘homme : il ne produit pas véritablement à dessein, il produit au contraire « tout », c’est-à-dire l’ensemble de toutes les combinaisons possibles et, toutes les combinaisons qui « fonctionnent » trouvant nécessairement un acheteur, elles sont reproduites.

L’homme se contente de poursuivre, de manière « culturelle » et il faut entendre par cela, simplement : « au-delà du biologique », la dynamique de la sélection naturelle. Par ailleurs, l’homme se révèle incapable d’exercer le moindre contrôle, la moindre maîtrise, sur ce processus « culturel » de reproduction / sélection « naturelle », l’épithète « naturelle » renvoyant précisément à l’absence de choix, au fait que tout est tenté, et que tout ce qui « fonctionne » est reproduit.

Bien sûr, comme pour notre destin individuel et ses multiples péripéties, nous, êtres humains, sommes toujours capables de produire a posteriori un discours justificatif mettant en scène une intention préalable, un « but », que l’effet produit et constaté aurait en fait « réalisé », et un « choix » opéré entre différents buts possibles (*). Pour vous en convaincre, consultez votre quotidien imprimé ou en ligne, où vous trouverez des justifications érudites des O.G.M., du nucléaire civil, des armes de destruction massive, physique, chimique, et aujourd’hui, biologique, etc. en dépit du fait qu’avec eux le péril pour l’espèce grandit à chaque jour qui passe.

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DES FOURMIS ET DES HOMMES, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Bunuel

Un Chien andalou, Buñuel/Dalí, 1929

Avertissement : ce texte est une manière d’apologue animalier qui verse de propos délibéré dans l’anthropomorphisme.

Sur la côte Est des États-Unis, près de Fort Sumter, par exemple, en Caroline du Sud, dans cette contrée placide où les hommes ont assez de savoir-vivre pour ne s’entretuer que parce que la loi les y autorise, il arrive fréquemment aux promeneurs de croiser la route de Protomognathus americanus, vulgairement appelé fourmi esclavagiste. L’unique occupation de Protomognathus consiste à razzier les fourmilières voisines de la sienne afin d’y dégoter les pupes (équivalent chez les diptères des nymphes des lépidoptères) les plus prometteuses. Cette hyperspécialisation lui vaut d’être considéré par certains entomologistes évolutionnistes comme une espèce condamnée. À peine écloses, les captives n’ont pas le temps de s’étonner du changement de décor et de regretter la compagnie des leurs. Leurs ravisseuses les mettent aussitôt à la tâche, tâche multiforme qui comprend le service de la reine, l’entretien de sa pouponnière et la sustentation de toute la colonie, car si les raids forment des pillardes habiles, ils les rendent inaptes à toute autre activité, même élémentaire.

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