De l’intelligence artificielle produite par des méthodes optiques (et quelques réflexions à ce sujet), par Marc Peltier

Ouvert aux commentaires.

Des chercheurs de UCLA viennent de publier* leur travail sur un dispositif étonnant, capable de reconnaître des objets de façon intelligente, par des moyens purement optiques.

Ces chercheurs ont fabriqué, par impression 3D, des réseaux de diffraction qui peuvent diriger la lumière émanant d’une scène quelconque vers un détecteur unique quand un objet d’une catégorie particulière est reconnu, intelligemment, et directement, par les réseaux de diffraction.

On remplace ainsi les millions de neurones formels informatiques habituellement requis pour ce genre de tâche, par des interférences lumineuses, qui réalisent les mêmes sortes de calculs. L’apprentissage est encodé dans la structure même des réseaux.

Pour l’instant, on utilise de la lumière à grande longueur d’onde (lumière térahertz), pour pouvoir la manipuler avec des réseaux macroscopiques faciles à imprimer en 3D, mais le principe est applicable à toute longueur d’onde, et surtout, on peut produire ces réseaux très facilement par pressage comme pour les disques vinyle, à des prix dérisoires.

Ceci aura certainement des répercussions technologiques et sociétales majeures. On peut s’attendre à voir bientôt des caméras de « vision intelligente » se répandre absolument partout en remplaçant éventuellement tous ceux dont le travail consistait, peu ou prou, à « voir intelligemment ». Un marqueur de plus pour une question souvent débattue sur ce blog…

Au-delà de l’intérêt technologique et sociétal, ce dispositif interpelle parce qu’il met en évidence que l’intelligence n’est pas une propriété des réseaux de neurones biologiques, ni des réseaux de transistors imitant les neurones, ni en fait de la matière sous quelque aspect que ce soit. Je suggère ici que c’est une propriété relationnelle et émergente de l’information elle-même, lorsqu’elle est suffisamment massive.

Dans cet exemple, on a d’un côté un réseau de diffraction où de l’information est massivement encodée, et de l’autre, une scène complexe, et la simple mise en relation des deux suffit à produire un fait d’intelligence.

Evitons d’emblée les problèmes de définition, et les distinctions, peu opérationnelles dans mon propos, entre l’intelligence vraie ou fausse, forte ou faible. J’appelle ici intelligence (faible donc) la capacité à distinguer des catégories abstraites dans des données concrètes, et je considère, à la suite de Paul Jorion (Principes des systèmes intelligents 1989), qu’elle devient forte lorsqu’elle s’intègre dans un sujet doté d’affects, comme par exemple, pour tous les êtres vivants issus de l’évolution, l’affect fondamental qui pousse à vouloir survivre (au moins tant que l’on n’a pas transmis ses gènes à la génération suivante).

Cette idée que l’intelligence est une propriété de l’information, et pas d’un matériel quelconque, était déjà implicite dans la communication de Naftali Tishby, « Information Theory of Deep Learning », à laquelle Paul Jorion a consacré un billet le 24 décembre 2017.

Tishby élucidait la formation de concepts ou de catégories, par des mécanismes de compression / généralisation de grandes quantités d’information, au sein d’un réseau de neurones formels profond.

Ce qui m’a frappé particulièrement dans ce magnifique travail, c’est qu’il n’était jamais question d’une matérialité quelconque. Le réseau profond considéré était un graphe pur, abstrait, autrement dit, de l’information. Naftali Tishby a montré que, mis en relation avec une autre très grande quantité d’information (les données analysées), le réseau peut produire une nouvelle information pertinente (la pertinence est bien sûr, elle aussi, une propriété relative), par itérations, compressions, reconfigurations relatives du signal et du bruit (toujours de l’information, et toujours de la relativité).

Vu de l’extérieur, et globalement, force est de constater que le résultat, intelligent, est l’expression de la confrontation d’une information massive avec une autre information massive, et rien d’autre. Peu importe le support. En revanche, le caractère massif est essentiel. Notre cerveau, par exemple, est le support d’une quantité colossale d’information, qu’il s’agisse de la mémoire accumulée, ou de la connectivité extraordinairement complexe. Pendant des décades, les réseaux de neurones formels n’ont rien produit de très remarquable, parce qu’ils n’étaient pas profonds, c’est-à-dire massifs.

Le dispositif optique de l’UCLA, qui reconnaît des catégories dans une scène est, dans cet ordre d’idées, très démonstratif. Il n’y a pas d’analogie directe avec des neurones, ce qui facilite la bascule intellectuelle nécessaire pour admettre le fait : ce n’est pas du matériel qui est en cause. Le matériel n’intervient que comme support. Ce qui est en cause, c’est de l’information en masse, en relation avec de l’information en masse.

Qu’est-ce que de l’information « en masse » ? Comment caractériser la propriété de « massivité » de l’information ?

De fait, cette propriété est intrinsèquement relative, comme le sont par exemple la vitesse ou l’échelle en physique. Une information n’est massive, ou complexe, que par rapport à une autre information (cf. complexité de Kolmogorov). Dans tout dispositif intelligent, il y aurait une propriété de relativité, à comprendre, entre les masses d’information confrontées et l’intelligence produite.

En réfléchissant à l’information, nous voyons partout de la relativité. Toute information est intrinsèquement relative, et ne se réalise que dans une relation. En dernière analyse, ce qui entre en relation est de l’information aussi, « supportée » physiquement, plus ou moins « complexe », plus ou moins « propre » (relation signal/bruit, dégradation entropique), etc.

A mon humble avis, ce qui serait fécond, ce serait d’unifier conceptuellement Relativité et Information. Je vois que la physique contemporaine s’y emploie de différentes façons, mais j’ai l’intuition que l’on pourrait aussi former, en partant de cette unification conceptuelle, une théorie générale de l’émergence, et implicitement, une théorie générale de l’intelligence, artificielle ou naturelle.

Inutile de préciser que, pour un tel programme, je me sens relativement (bien que naturellement) stupide ! 😉

Référence : UCLA engineers develop artificial intelligence device that identifies objects at the speed of light, Matthew Chin, le 2 août 2018

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39 réflexions sur « De l’intelligence artificielle produite par des méthodes optiques (et quelques réflexions à ce sujet), par Marc Peltier »

  1. Euh, en tant qu’opticien et ayant des collègues qui ont fait des thèses sur les systèmes diffractifs pour le traitement des images (2 lettres il y a 30 ans), je mets des assez gros bémols.

    Dans toutes ces affaires de couches dans le deep learning, il y a des étages d’entrée, qui peuvent être « linéaires », ils se contentent de fabriquer des combinaisons linéaires analogiques des grandeurs d’entrée (en vrai ou après numérisation ordinaire, qu’importe). C’est ensuite qu’interviennent des « moteurs » beaucoup moins linéaires pour faire le vrai job, certes facilité par l’accès à des infos linéaires « bien » combinées.

    C’est vrai notamment pour le « reservoir computing » auquel l’optique s’est aussi attaqué avec succès (nombreuses publications à l’université de Gand [Gent, Ghent]) sous la direction de Pieter Bienstman, un chercheur qui fit un excellent post-doc au MIT sur la modélisation en optique/ »nanophotonique » avancée.

    Les gros labos sont devenus spécialistes des effets d’annonce pour des choses assez incrémentales par rapport à ce qui est annoncé (moins incrémental à l’intérieur d’une seule discipline en général). Incrémental n’est pas péjoratif, mais serait, en langage familier « pas de quoi écarquiller les yeux ».

    Dans l’exemple de l’UCLA, l’étage diffractif fait quelques transformées de Fourier un peu bricolées (je n’ai pas vu le détail) pour que l’info d’entrée soit bien distribuée sur des points d’un plan de sortie, et c’est dans ce plan de sortie qu’un processeur viendra quand même vérifier tout le non-linéaire (les seuils, etc.). Il faut que je voie un de ces quatre si ce n’est pas même plus simple que ça (des séries de TFs qui « filtrent » peu à peu l’image de ses composantes indésirables) mais pour que le système marche en dépit d’un certain nombre de variations (facteur d’échelle par exemple, de la lettre présentée, il faudrait un peu plus que du linéaire filtrant).

    Bref, restons calme sur ce coup-là. Je ne veux pas spécialement en rajouter sur les « AI-sceptiques », mais cette pierre au débat de ce bord là dans le Guardian rappelle d’abord quelques éléments simples sur la question. Mais surtout, comparer l’état intellectuel de l’AI à celui de… l’Alchimie… où l’on parvint bien à des choses qui marchouillent mais on ne sait pratiquement pas pourquoi. En tout cas, pas assez pour faire du progrès un tant soit peu déterministe (non pas qu’on sache où va le progrès mais que le savoir acquis est bien déterministe, remis en cause uniquement lors des « changement de paradigmes » type ceux dont parlent Kuhn [Thomas] ou Popper [Karl]).

    Analogie avec l’alchimie pas idiote amha…. : ils ont écrit « Principes des systèmes idiots » en somme. Qui trouvera une meilleure phrase pour leur passer le message ?

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/aug/05/magical-thinking-about-machine-learning-will-not-bring-artificial-intelligence-any-closer

    1. Bonjour Timiota,
      Je suis content que vous donniez un avis de spécialiste sur ce qu’a publié l’UCLA dans Science.

      Je ne suis pas compétent pour juger des éventuels bémols légitimes. C’est vrai que ça paraît trop beau, trop simple pour être vrai. Mais enfin, dans Science, j’ai tendance à respecter…

      Je rapporte ce travail surtout parce qu’il me fournit une illustration spectaculaire du fait que des dispositifs physiques très différents peuvent faire émerger des faits d’intelligence, et que ce n’est donc pas la nature du dispositif physique qui importe. En revanche, la nécessité de considérer l’information « en masse » est évidente.

      Ce qui m’intéresse, c’est la réflexion sur l’information, et sur la relativité. Qu’en pensez-vous?

      1. C’est une intuition très « sciences humaines » que vous soutenez.
        Le biologique s’est construit comme réseau d’informations « nolens volens », avec toutes sortes d’échelles de temps et de types de signaux (moléculaires, ondulatoires (son, lumière), génétique (flux de matière codée plus subtile que le moléculaire), etc.)

        Je sugérerais qu’un des piliers provisoire à cette intuition « révolutionnaire » (au sens des paradigmes) soit actuellement davantage en germe dans le camp de la biologie que dans celui de la physique, où l’on sait à peine comprendre l’IA. Les gens sur le terrain physico-mathématique ont encore besoin de « bons vieux concepts » comme les graphes, les équas diffs, l’algèbre linéaire et non linéaire… qui ne font pas place intuitivement à ce que vous dites (pas assez de « P-graphes » chez les interdisicplinaires, disons pour caricaturer).
        Avez vous lu l’excellent ouvrage d’Eric Bapteste « Tous entrelacés » ? Il apporte de l’eau à ce moulin un peu plus « fusionnel » de la biologie, de la matière et de l’information (génétique, moléculaire,…). Il dépasse d’une bonne tête conceptuellement le livre un peu opportuniste de Gauthier (le moins opportuniste semble-t-il) et Servigne (le plus opportuniste…) « L’entraide, l’autre loi de l’évolution », qui se base sur Kropotkine pour les symbioses mais reste un peu plus orienté que défricheur de concept (quoiqu’il a le bon goût de parler de l’article sur l’origine des pommes de Jupiler en 2007 « le voyage des pommes », qui est un petit délice).

        Paradoxalement, un premier bilan de l’informatique + calcul scientifique telle qu’ils/elle s’est/se sont développée(s) depuis, disons 1988 (post-ANELLA, post-BASIC en gros) serait d’avoir permis aux gens de cette discipline, malgré d’immense progrès, de s’enfermer un peu dans la pointe de leurs batailles conceptuelles. Là où la génération précédente contenait des « ouvreurs » très transverses et qui l’ont fait savoir (Grothendieck, Feynman par exemple ou Murray Gell-Man, moins frahcnement Mandelbort ou Prigogine). Malgré bien des gens sympathiques (Lee Smolin, Béjan et sa théorie constructale) parmi les jeunes sexa ou vieux quinqua, ça a du mal à percer. N’en parlons pas en cosmologie, ou le mystère s’ajoute au mystère (matière noire énergie noire) et où certes on trouve des choses terribles (ondes gravitationnelles, description du fond du rayonnement de Planck par seulement 7 paramètres statistiques, etc.) mais sans rien de la fascination qu’a pu exercer la relativité : on trouve plutôt une biologie de ces états de la matière et de l’énergie un brin dense (étoiles à neutrons etc.) dont on s’aperçoit qu’un fois qu’on sort du modèle sphérique (ça presse dedans, mais comme dans la chambre à air il finit par y avoir des hernies et des trous), c’est tout un monde qui défile, au point de laisser assez coi les gens sur ce qu’on peut dire « sur le fond (cosmologique).

        Alors qu’en sciences sociales/histoire d’heureuses perles voient le jour, dans cette génération et les plus jeunes : Graeber ou Harari au moins par sa transformation de médiéviste en star de librairie des concepts prepostumains (faisons bisquer Paul avec le bruit « niiarrk » de la mouette de Franquin).

        C’est un avis sans recul et sans reprendre le temps de lire.

        Pour le mois d’août quoi.

  2. Je reprends ( après avoir tout lu et en principe compris ) la toute dernière phrase à mon compte !

    C’est passionnant et j’espère que l’UCLA échappera aux incendies en Californie .

    Je ne suis pas sur que l’on puisse simplifier l’énoncé du problème aussi vite que vous le faîtes en « évacuant d’entrée de jeu les difficultés de « définition  » de l’intelligence , même si je comprends bien qu’en bon scientifique vous « posez » votre définition sans évacuer le sujet , pour définir le champ de la réflexion .

    Pour recoller à des approches qui me sont plus personnelles , j’ai parfois l’intuition que l’intelligence selon votre champ systémique , c’est « les codes » . Le code – cadre étant alors la vitesse de la lumière et sans doute les autres limites données par les grandes constantes universelles .

    Alors que je me demande toujours si l’intelligence n’est pas « aussi » sinon uniquement, dans « le sens  » .

    Quand j’en suis là , quitte à trouver « la vérité » « dans des ondes ET l’affect , en général j’écoute la Callas ,ou , plus récemment le jeune Dimash

    Je n’ai alors plus besoin de « filtre » pour être sur que  » je suis arrivé » .

    Et je ne me pose plus de question .

  3. « Emergence » dit l’un ,  » production d’intelligence » dit l’autre .

     » Création  » disait on , mais qu’est ce que ça veut dire , »création » ?

      1. C’est une option .

        Mais quoi avant la copie et même avant l’original de la copie ?

        Si avant a un « sens » .

        PS : au passage copie est un mot bizarre , si on note qu’il a son…origine dans « ops » soit « abondance » . On pourrait voir alors un clin d’œil vers la course à la complexité poursuivi par la ….nature .

      2. Réponse facile , mais vous avez omis la deuxième partie de la question :

        quoi avant le « code d’abondance » ?

      3. « Faire jaillir la source du rocher »
        « Hello Juannessy »
        Aaah, je me doutais que vous alliez me relancer au sujet de la seconde partie de votre question. Aussi, je vais essayer modestement d’abonder dans le même sens que vous, à savoir, dans la recherche selon l’étymologie des mots.
        Dans son dernier ouvrage « Ce qui n’a pas de prix », Annie Le Brun reprend une citation d’Ossip Mandelstam : « Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous éveille, nous secoue en plein milieu du mot. » (voir toute la page 16).
        Vous parliez d’« abondance ». Reprenons ce mot. Qu’y trouvons-nous, au milieu ?
        http://racines.traditions.free.fr/abondan/abondan.pdf
        Nous y trouvons une onde (latin unda), « venant de l’eau » (ab-unda), « qui déborde » (abundans).
        Alors, quoi avant le « code d’abondance » ?
        À cela je répondrai tout platement : « code source ». Code source « et la beauté susceptible d’y apparaître. Comme celle qui déchire soudain l’opacité ténébreuse… »

      4. Mouais …

        J’ai beau avoir la tête qui flanche , comme Bernadette , il me semble que vous m’aviez déjà mis en pâture « quelque chose » de l’ordre du « code source » .

        Code ou pas , c’est quand j’arrive à ce que vous appelez « source » que je m’arrête dans mes pourquoi , sans essayer de mettre un nom par défaut ou délire sur ce que je ne comprends pas .

        Et je retourne à l’aval pour voir où j’ai foiré au point d’aboutir à un non sens .

        Ça prend un temps fou , mais ça n’est pas désagréable si , comme le chante Henri Salvador , on prend la précaution de rigoler avant que le ciel nous tombe sur la tête .

        Pas si cons , les gaulois .

      5. La vie d’Alexandre le Grand vous passionne !
        Alors, le saviez-vous ?
        C’est en 335 avant JC qu’Alexandre le Grand, reçut en Thrace des ambassadeurs celtes, autrement dit des Gaulois, pour conclure un traité d’amitié. Et, il leur demanda ce qu’ils craignaient le plus, espérant qu’ils répondraient que c’était lui qu’ils craignaient plus que tout. Mais les gaulois répondirent qu’ils ne craignaient qu’une seule chose « que le ciel ne leur tombe sur la tête », sous-entendant qu’ils ne craignaient rien si ce n’est la fureur du dieu Taranis (dieu du ciel, de la foudre et du tonnerre). Voilà qui donna naissance à la croyance commune selon laquelle les gaulois craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête.
        Dans son Anabase d’Alexandre (livre 1, chapitre 4), Arrien raconte ainsi cet épisode : Alexandre demanda aux Celtes ce qu’ils craignaient le plus au monde, persuadé que son nom s’étendait dans leurs contrées et au-delà, et qu’il était pour eux l’objet le plus redoutable. Il fut déçu dans cette pensée : en effet, habitants des lieux d’un accès difficile, éloignés d’Alexandre qui tournait ailleurs l’effort de ses armes, ils répondirent qu’ils ne craignaient que la chute du ciel. Alexandre les congédia, en leur donnant les titres d’amis et d’alliés, et se contenta d’ajouter : « Les Celtes sont fiers. »

        http://kenningar.unblog.fr/2015/03/11/dou-viennent-ces-expressions-gauloises/

        Aristote Éthique à Nicomaque 3 : « Parmi les individus dont le caractère présente des excès, il n’y a pas de nom pour celui qui n’a pas peur (…). Mais on pourrait l’appeler ‘fou’ ou ‘insensible à la souffrance’ s’il ne craignait rien, ou s’il ne craignait ‘ni séisme ni vagues’ comme on dit à propos des Celtes. »

      6. Par Toutatis ! Ces Celtes ne s’en laissaient pas conter : ils imposèrent le respect à Alexandre, élève d’Aristote !

        Et… j’ai partagé avec eux l’affrontement au monde dans ses mauvais jours !

      7. @Memnon : Merci pour ce rappel historique .

        En même temps , ça ne m’étonne pas des Celtes et d’Alexandre . Alexandre ne tenait pas la Cervoise ( et le pinard ) et , à ce qu’on dit , il serait mort d’une pancréatite après avoir trop picolé à fêter ses victoires ou ses désillusions .

        Il n’avait pas du écouter son précepteur Aristote , mais peut être n’avait il plus tout le respect nécessaire pour le maître qui lui avait inculqué que les Perses étaient des barbares , alors qu’il avait pu constater par lui même, en faisant la chasse au Darius , que c’étaient des porteurs d’une très haute civilisation , plus riche que celle des grecs à cette époque .

        PS pour Gudule : gaffe à la bière , hein !

  4. Bonsoir (plutôt pour Paul, mais Juan est toujours bienvenu).

    Juste pour dire que les « stolons », le fait qu’il y ait dans un graphe des branches bien plus isolées de pelotes qui sont elles bien densément connectées, c’est le concept de « SMALL WORLD » dans la physique des réseaux/Graphes (networks/graphs).

    wiki est assez correct là-dessus me semble-t-il :

    https://en.wikipedia.org/wiki/Small-world_network

    Ça date de 1998, si j’ai bien lu (il se trouve que le sujet m’intéresse pour ma recherche sur l’optique). Un des chercheurs impliqués, Strogatz je crois, semble avoir bien creusé le sujet si on en croit Scholar (une centaine de papiers depuis 1998) ou d’autres sources, j’avais commencé une biblio « quick and dirty » sur le sujet…

  5. Marc Peltier :  » unifier conceptuellement Relativité et information « .

    Relativité ou relation ?

    Si c’est Relation au sens de Lien , et que Information renvoie plutôt au « hard  » ( à la Loi ) , je pourrais retrouver là une déclinaison de l’approche P2L ( le lien et la loi ) qui me sert souvent de repères .

    Laquelle approche s’applique à tous les systèmes autonomes ….vivants .
    Elle s’essaie à articuler une théorie des Pourquoi ,en proposant un modèle pour répondre aux Comment faire .

    Ça marche pas toujours , mais c’est ce que j’ai connu , « de mon temps » , de moins foireux sur le marché pourvu qu’on ne se polarise pas sur …la Vie et ses origines ( la « Création ») .

    1. Vous avez raison, j’ai télescopé deux préoccupations anciennes pour moi.
      C’est Relation et Information qu’il aurait fallu dire. Toute relation équivaut à quelque chose en termes d’information, et toute information résulte d’une relation. Ce sont deux concepts différents, mais si inséparables que l’on peut sans doute les unifier par un concept englobant.
      Mais c’est d’une théorie de Relativité qu’il faut parler aussi : une Relativité Radicale, qui mettrait la relation à la racine, formant ainsi une sorte de dual du paradigme réaliste.

      1. Depuis la « société duale » , je n’aime pas trop le terme « dual » .

        Plus simplement il me semble que la dualité est , »par construction universelle » , la base de tout ce qui … ‘je sais pas trop » : cette dualité ,je la vois entre forces d’attirance et forces de répulsion , entre Lien et Loi (frontières.

        En compulsant mon dico favori , je trouve d’ailleurs que Roland Barthes écrivait :  » tout est pris dans le paradigme du goût et du dégoût » . Il y inscrivait donc la définition du « sens » comme l’opération et la résultante du « tri » permis pas cette dualité .

        Sens « avant », ou Sens  » après » , ou Sens  » pendant » ?

        Me manque le « hors temps » , quatrième temps de mon moteur .

        Ma consultation du dico m’a par contre suggéré , avec vous et Timiota , que le bon paradigme est sans doute la porte de la vérité , car paradigme y précède immédiatement paradis .

      2. J’utilisais le mot « dual » dans le sens mathématique des graphes. Le dual d’un graphe est un autre graphe, où l’on a permuté les arcs et les nœuds. Un graphe et son dual peuvent décrire la même chose, mais d’un « point de vue » en quelque sorte retourné, comme un gant.
        On peut associer un graphe au paradigme réaliste : les nœuds sont les entités physiques dites réelles, et les relations entre elles sont les arcs du graphe.
        Le graphe dual correspondant fait des relations les noeuds, et les arcs sont associés à différentes représentations d’entité physiques.

      3. @Marc peltier :

        J’avais bien compris ça aussi , mais ça m’avait paru suffisamment sans issue ( au moins pour la toute petite maîtrise que j’en ai ) , pour que je choisisse un « dual » plus signifiant , au moins pour moi .

        Timiota sera plus réceptif , mais il semble un peu découragé de la nullité théorique des commentaires , sans doute comme vous et Paul Jorion , compte tenu de la nature initiale de « l’appel à réactions  » .

  6. Hello,

    Avis de non spécialiste intégral sur le sujet:

    Cela me fait penser aux ruminations de Philip K. Dick dans son Exégèse, dont une bonne partie a été traduite récemment en français.

    Dick spécule sur les liens entre lois de la physique, lois de l’information et… théologie…

    C’est assez fascinant. Difficile à résumer, compte tenu de l’aspect peu orthodoxe de la pensée de Dick!

    Puis, il est mort…

    Asclépios

  7. L’intelligence (qui relie et différencie), c’est d’abord le feedback et la sélection (la finalité, après-coup et répétition), pas toujours besoin pour cela de grandes masses d’informations qui ne font que renforcer les probabilités (inférence bayésienne) ou faire émerger des relations nouvelles.

    1. C’était déjà pas simple comme ça , si on rajoute du feedback , de la rétroaction, de la sélection , de la finalité et de la répétition , je retourne écouter la Callas . Dur , dur !

      https://www.bing.com/videos/search?q=dur+dur+d%27%c3%aatre+un+b%c3%a9b%c3%a9&view=detail&mid=3976C27F1F6509345B7C3976C27F1F6509345B7C&FORM=VIRE

      PS : en fait votre entame (« l’intelligence , qui relie et différencie … ») , c’est une restriction plus simple de l’intelligence à ce que je désigne plutôt , de « mon » côté ,sous le duo  » P2L= Lien , Loi .
      Mais je me contente d’en faire une caractéristique des systèmes vivants autonomes ,sans qu’il soit forcément
       » intelligents  » pour autant .

  8. j’ai 90 ans et marche mal. Je vis seule L’infirmiere vient chaque jour pour relever mon diabete. Je regarde la TV tous les jours a midi et le soir.Je mange a 18h et me couche vers 19h et regarde la TV une bonne partie de la nuit en m’endormant quelquefois. Je ne m’entends pas avec ma fille. J’ai comme l’impression que ma tete va mal. J’ai oublie de dire que je prends 11 cachets par jour.
    Enfin voila c’est ma vie quotidienne. Mon auxiliaire de vie s’occupe du menage et nous discutons ensemble

    1. @Bernadette :

      Je suis un peu moins âgé que vous mais :

      – je prends aussi 11 comprimés par jour ,
      – je marche de plus en plus difficilement aussi ,
      – je m’entends bien avec ma femme ( qui pète le feu alors qu’elle a deux ans de plus que moi , injustice entre les sexes) , ma fille et mon fils .
      – je ne regarde pas la télé sauf les émissions scientifiques et reconstituions historiques ( vu récemment une évocation de la vie d’Alexandre le grand )
      – Je discute autant à qui mieux mieux avec tous ceux qui passent à moins de cinq mètres
      je lis de plus en plus tant que mes lunettes m’y autorisent .

      Je suis épaté que vous pianotiez sur ordinateur ;

      Faîtes la bise pour nous à votre auxiliaire de vie et même à votre fille , je suis sur que ça lui plaira .

      Les jours où ça va trop mal envoyez un message à Gudule , elle a toujours des tapas à partager .( sans abuser quand même ) et écoutez de belles voix .

      Petit cadeau pour l’après midi :

      https://www.bing.com/videos/search?q=les+pecheurs+de+perles+Kraus&view=detail&mid=FD7332A544DD108B7DE2FD7332A544DD108B7DE2&FORM=VIRE

    1. Je ne sais pas dans quel coin secret vous étiez pour ne pas aller à l’école , mais comme je suis aussi  » d’extraction pauvre », je m’érige en faux sur l’affirmation selon laquelle seuls les riches allaient à l’école . Au moins jusqu’au brevet , pour ce qui me concerne ( et aussi Jducac qui pourrait confirmer ), c’était « vive la République » .

      Et pour le coup , il me semble que la ségrégation de fait par la  » richesse » est plus nette aujourd’hui au travers de la ségrégation par le « quartier » et l’environnement social . Et surtout l’espoir d’une « meilleure vie  » .

      Je ne sais pas si l’intelligence peut être produite par des méthodes optiques , mais je sais qu’elle disparait par désespoir .

  9. Intéressant, en effet, mais cette invention ne dénote que la marche ordinaire du progrès technique. L’on imagine bien ces réseaux de diffusion intégrés à des caméras : elles pourraient transmettre l’info utile (pertinente) et uniquement elle, ce qui occasionnerait des gains énormes : en volume de stockage, en vitesse de traitement et en puissance de calcul.

  10. Intéressant, y compris les commentaires et bémols 🙂
    J’ai toujours* pensé que la matière n’était que le support de « l’intellect » (sans aucune transcendance) et une manière pratique pour les sujets (nous) d’y participer (à « l’intellect »). 🙂
    Dao
    Chais pas si c’est compréhensible, mais je me comprends… 🙂
    * M’enfin depuis mes 24-25 ans… construction jusqu’à la trentaine, puis approfondissement.

  11. En post scriptum à mon texte, je voudrais souligner que le caractère massif dont je parle n’est pas spécifique à l’émergence de l’intelligence : il est nécessaire à toute forme d’émergence.

    Par exemple, on utilise souvent les tourbillons dans une rivière comme exemple de phénomène émergent : les tourbillons se voient, peuvent se compter, apparaissent et se dissipent, fusionnent et se fragmentent. Ils ont toutes les caractéristiques d’entités physiques réelles. Sont-ils juste de l’eau, càd une propriété de l’eau ? Non, puisqu’il y existe des tourbillons formés d’air, ou même d’électrons, et de quantité d’autres fluides.

    Les tourbillons sont l’exemple type d’un phénomène émergent, impliquant une vaste population d’objets physiques, et un flux d’énergie la traversant, avec reconfiguration de l’entropie (cf. les structures dissipatives d’Ilya Prygogine).

    On ne peut pas produire de tourbillon entre trois molécules d’eau dans le vide. Mais si des quadrillons de molécules d’eau s’écoulent quelque part, il sera vraiment très difficile d’éviter l’émergence de tourbillons…

    1. Est ce vraiment une avancée conceptuelle nouvelle , si l’on rappelle la notion de « masse critique » bien connue des physiciens ( dont nucléaires ) , des biologistes ( quorum bactérien ) , voire des sociologues …?

  12. Commençons par faire « simple »…
    en l’occurrence, utilisons de simples réseaux de diffraction pour faire le tri dans les objets lumineux pour mieux les identifier…
    ou pour reconnaître qu’ils ne sont pas formellement identifiés
    😉

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