Archives par mot-clé : Le capitalisme à l’agonie

VOYAGES ET AUTRES CIEUX

Merci à ceux d’entre vous qui sont venus m’écouter (en français) à Bruxelles et (en anglais) à Paris. J’ai ainsi pu mettre un visage sur les noms de Vincent Wallon, Gu Si Fang et Anne. J’ai pu m’entretenir avec ceux – beaucoup plus nombreux toujours – qui me disent : « Je ne suis jamais intervenu mais je lis le Blog depuis X années… ».

J’ai pu également parler longuement avec d’authentiques collaborateurs du Blog : Bénédicte Kibler, Pierre Sarton du Jonchay et Julien Alexandre.

Vous êtes nombreux à vouloir me parler de Le capitalisme à l’agonie, le premier de mes livres que j’ai le plaisir de voir en vente dans les gares et les aéroports. L’un d’entre vous m’a dit : « Je l’ai ouvert avec un peu d’appréhension, me disant que ce serait peut-être ardu à lire, mais non : c’est lumineux ! » J’ai eu la chance cette fois-ci que le capitalisme s’explique plus aisément que, par exemple, les CDO synthétiques, quoi qu’il en soit – tous ceux qui écrivent le savent – écrire simple, c’est très compliqué, et vos remarques sur la clarté sont ma récompense.

Enfin, pour les Québécois parmi vous, je suis l’invité aujourd’hui mercredi de Désautels sur la Première Chaîne radio de Radio Canada. On parlera de la sortie au Québec de Le capitalisme à l’agonie.

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L’HUMANITÉ, « LE CAPITALISME À L’AGONIE », VENDREDI 15 AVRIL 2011

À l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie, un long entretien avec Laurent Etre.

Partons du titre de votre dernier ouvrage : « Le capitalisme à l’agonie ». Vous soutenez que le capitalisme connaît son « essoufflement final »… Or, on a plutôt l’impression que ce système est reparti de plus belle, en faisant payer sa crise au monde du travail. Il suffit de regarder les profits du Cac 40, qui ont augmenté de 85 % en 2010 par rapport à 2009…

Paul Jorion : Vous venez de parler des profits du Cac 40 qui explosent. Cela reflète essentiellement une panique du système. Ce n’est absolument pas une preuve de bonne santé. Moi, j’appelle cela « vider la caisse avant fermeture définitive ». L’idée que le capitalisme repart, c’est ce que nous martèle le journal télévisé de 20h. Or, il faut regarder au-delà des apparences. Pour avoir travaillé moi-même dans la finance durant une vingtaine d’années, je sais qu’en profondeur, la dégradation se poursuit. Le pillage s’accélère, parce que ceux qui tirent parti du système sont bien décidés à laisser les caisses vides.

Mais ce pillage dont vous parlez n’est-il pas le principe même du capitalisme ? Pensez-vous que ce système ait déjà visé l’intérêt général ?

Paul Jorion : Il y a eu tout de même une période de modération, ce qu’on a appelé les Trente glorieuses. Pendant un temps, le capitalisme productif était relativement séparé du capitalisme financier. Mais au cours des 25 dernières années, la finance a pris le dessus ; elle s’est peu à peu emparée des commandes à l’intérieur du système. Et aujourd’hui, la plupart des opérations financières sont des opérations spéculatives, sans rapport à l’économie réelle. Au point que le Président-Directeur Général de Goldman Sachs n’arrive même plus à faire la différence entre la partie purement prédatrice de la finance et la partie qui sert à quelque chose pour l’économie.

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LE CAPITALISME À L’AGONIE, en librairie

Mon éditeur me fait gentiment observer que je n’ai pas véritablement annoncé le 16 mars la sortie de mon dernier livre. C’est vrai, on était quelques jours seulement après le tremblement de terre et le raz-de-marée au Japon, on découvrait Fukushima, cela m’aurait paru indécent d’attirer alors l’attention sur mes misérables petites affaires.

Le livre s’achète, et j’espère, se lit. L’un de mes co-auteurs m’a signalé qu’il était hier N° 18 dans les ventes sur Amazon.fr – ce qui est assez inattendu, je dois bien le dire, mais me fait néanmoins très plaisir.

Argumentaire du livre

À la chute du mur de Berlin en 1989, le capitalisme triomphait : privé d’ennemis, il cessait d’être un système économique parmi d’autres pour devenir la manière unique dont un système économique pouvait exister. En 2007, dix-huit ans seulement plus tard, autrement dit pratiquement au même moment à l’échelle de l’histoire humaine, il devait être aspiré lui aussi dans le maelström d’une destruction prochaine. Le capitalisme est aujourd’hui à l’agonie. Qu’a-t-il bien pu se passer ?

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LES ÉCHOS, « Faut-il enterrer le capitalisme ? », jeudi 7 avril 2011

« Faut-il enterrer le capitalisme ? », un compte rendu de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011), par Gérard Moatti.

Moins favorable que celui du Monde, le critique écrit : « L’auteur avance que « le prêt à intérêt contribue de manière tout à fait automatique à la concentration du patrimoine », ce qui est historiquement contestable. » Curieux : c’est pourtant l’un des arguments qui, chez la quasi totalité des autres commentateurs, fait mouche.

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PAUL JORION ET L’AGONIE DU CAPITALISME

La librairie Tropiques a mis en ligne l’exposé que j’y ai fait jeudi dernier, 24 mars.

Paul Jorion annonce l’agonie du capitalisme, avec la même pertinence qu’il le fit pour la crise, mais ça ne l’émeut pas plus que ça.

PS : Durant l’entretien, je me pose la question de savoir si Schumpeter a eu un « Prix Nobel » d’économie. La réponse est non : il meurt en 1950, alors que le premier Prix d’économie de le Banque de Suède « à la mémoire d’Alfred Nobel » est décerné en 1969.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 25 MARS 2011

« Le capitalisme à l’agonie » (Fayard 2011)

Rassembler dans un livre les idées qui s’élaborent sur le blog
Aller les défendre ensuite à l’occasion de sa parution
… ce qui crée l’ébauche du livre suivant
Inventer un monde nouveau contre celui qu’on a essayé de nous vendre
L’auteur lui joue un rôle de catalyseur

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LA PHRASE QU’ERIC LE BOUCHER NE COMPREND PAS

Voici la phrase qu’Eric Le Boucher ne comprend pas : « … je radicalise la pensée de Marx – en particulier pour avoir repris la théorie du prix d’Aristote, dont le fondement est plus politique que la sienne (Le prix : 2010 : 69-94) ». Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011 : 232).

J’écrivais dans mon livre précédent : « … la formation des prix est déterminée par l’ordre politique bien davantage que par des contraintes d’ordre économique, le retour à Aristote constitue, en réalité, une radicalisation de l’approche de Marx ». Le prix (Le Croquant 2010 : 11).

Marx essaie d’expliquer la formation des prix à partir d’une théorie de la valeur, valeur d’usage ou valeur d’échange, celles-ci ayant un fondement purement économique, « économique » au sens où l’économie est la « gestion du rapport existant entre les hommes et les choses ». Aristote expliquait lui la formation des prix en termes de rapports de force entre les conditions sociales, ceux-ci ayant un fondement purement politique, « politique » au sens où la politique est la « gestion du rapport que les hommes ont entre eux ».

Quel est le paradoxe ? Que Marx qui écrit dans Le manifeste que « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes », explique le mécanisme de la formation des prix en l’excluant de ce cadre universel de la lutte des classes.

Une remarque similaire avait déjà été faite par Castoriadis dans un autre contexte : Marx exclut par ailleurs également le rapport salarié de la lutte des classes :

« L’élimination de la lutte des classes est absolument flagrante. Marx pose que la force de travail est une marchandise et la traite comme telle dans la théorie (à partir de l’idée qu’elle est telle dans la réalité du capitalisme) ».  Cornelius Castoriadis, Pourquoi je ne suis plus marxiste (1974) in Une société à la dérive, Seuil.

Je ne connaissais pas ce passage de Castoriadis quand j’ai écrit de mon côté dans Le capitalisme à l’agonie :

« … Marx (…) considère que le salaire des salariés constitue un élément du même ordre que les avances en argent ou en matières premières en provenance du « capitaliste », il en fait, selon ses propres termes, une partie des « frais de production ». (…) Marx adopte donc étonnamment le même point de vue que la fiche de paie contemporaine, qui mentionne le salaire sous la rubrique « coût total pour l’entreprise ». » Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011 : 234).

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LA TRIBUNE, « L’opinion a le sentiment de n’être plus représentée par les institutions », LUNDI 21 MARS 2011

A l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011), La tribune publie un entretien que j’ai eu avec Eric Benhamou : « L’opinion a le sentiment de n’être plus représentée par les institutions ».

L’article se trouve en ligne ici.

Vous annonciez en 2007 la crise du capitalisme américain. Aujourd’hui, le capitalisme serait, selon vous, à l’agonie. A quand l’acte de décès ?

Sa chute est désormais certaine car il est entré dans une dynamique d’implosion que seules pourraient enrayer des mesures dont il est clair maintenant que nos dirigeants ne les prendront pas, et tout retard supplémentaire rend un redressement éventuel plus difficile. Le répit de la Bourse ou la bonne santé apparente des banques ne doivent pas faire illusion. Les déséquilibres sont toujours là. Mais la crise financière a ruiné les États. Ils n’ont plus les moyens d’entretenir une protection sociale qui permettait d’entretenir la croyance que tout le monde pouvait profiter du système. Or, le système est très dur pour ceux qui ne sont plus protégés. Regardez aux Etats-Unis : 100.000 personnes défilent dans les rues de l’Etat du Wisconsin, en majorité des Blancs de la classe moyenne, pour protester contre la suspension des droits syndicaux. Et il faut être naïf pour croire que l’on pourra faire disparaître en Grande-Bretagne tout le tissu de protection sociale sans provoquer de réaction. Les mouvements de contestation vont se multiplier et accompagner l’effondrement du capitalisme.

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LE PLUS MAUVAIS LIVRE DU MONDE !

Eh ! c’est hélas moi qui l’ai écrit… Enfin, si l’on en croit M. Eric Le Boucher sur France Culture, dans Esprit public, ce matin.

Ecoutez cela, cela en vaut la peine, c’est tout à la fin.

P.S. : Bon évidemment, « Sale communiste ! », ce n’est pas vraiment de l’analyse en profondeur, m’enfin, on est dimanche… et à l’heure de l’apéro !

Vous voulez le lire quand même ? Mauvais esprit !

Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011)

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