L’HUMANITÉ, « LE CAPITALISME À L’AGONIE », VENDREDI 15 AVRIL 2011

À l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie, un long entretien avec Laurent Etre.

Partons du titre de votre dernier ouvrage : « Le capitalisme à l’agonie ». Vous soutenez que le capitalisme connaît son « essoufflement final »… Or, on a plutôt l’impression que ce système est reparti de plus belle, en faisant payer sa crise au monde du travail. Il suffit de regarder les profits du Cac 40, qui ont augmenté de 85 % en 2010 par rapport à 2009…

Paul Jorion : Vous venez de parler des profits du Cac 40 qui explosent. Cela reflète essentiellement une panique du système. Ce n’est absolument pas une preuve de bonne santé. Moi, j’appelle cela « vider la caisse avant fermeture définitive ». L’idée que le capitalisme repart, c’est ce que nous martèle le journal télévisé de 20h. Or, il faut regarder au-delà des apparences. Pour avoir travaillé moi-même dans la finance durant une vingtaine d’années, je sais qu’en profondeur, la dégradation se poursuit. Le pillage s’accélère, parce que ceux qui tirent parti du système sont bien décidés à laisser les caisses vides.

Mais ce pillage dont vous parlez n’est-il pas le principe même du capitalisme ? Pensez-vous que ce système ait déjà visé l’intérêt général ?

Paul Jorion : Il y a eu tout de même une période de modération, ce qu’on a appelé les Trente glorieuses. Pendant un temps, le capitalisme productif était relativement séparé du capitalisme financier. Mais au cours des 25 dernières années, la finance a pris le dessus ; elle s’est peu à peu emparée des commandes à l’intérieur du système. Et aujourd’hui, la plupart des opérations financières sont des opérations spéculatives, sans rapport à l’économie réelle. Au point que le Président-Directeur Général de Goldman Sachs n’arrive même plus à faire la différence entre la partie purement prédatrice de la finance et la partie qui sert à quelque chose pour l’économie.

Dans votre livre, vous définissez le capitalisme comme un système de répartition du surplus (la richesse nouvellement créée), dans lequel les investisseurs, détenteurs du capital, sont hégémoniques. Du coup, vous en appelez à un nouveau partage, en faveur des salariés. Mais ne faut-il pas aller plus loin ? Après tout, la valeur du capital avancé par l’investisseur provient-elle d’autre chose, en dernier ressort, que du travail ?

Paul Jorion : Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur : le monde a d’abord été partagé par la violence, par ceux qui, comme le dit Rousseau se sont accaparés la terre et ce qu’elle porte ou contient en affirmant : « Ceci est à moi ! » et en mettant les autres au défi de le leur reprendre. Les choses qui ont été confisquées ainsi à la communauté toute entière peuvent avoir un prix de manière intrinsèque, le minerai que cette terre contient, par exemple. Ma définition du capitalisme, est différente de celle de Marx : pour moi, le capital, c’est une ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire, soit pour la production des entreprises, soit pour la consommation des ménages, et le capitalisme, c’est un système qui se caractérise – et qui souffre – du fait de ce défaut, à savoir que les ressources manquent là où on en a besoin. Tous sont contraints de rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré. Et cette situation est due au système de propriété privée qui a pris la forme qu’on lui connaît aujourd’hui au cours du Moyen-Age et de la Renaissance. Si la présence du capitaliste apparaît nécessaire, c’est parce que nous évoluons dans le cadre d’un certain régime de propriété, où le dirigeant d’entreprise qui peut apporter le travail n’a pas immédiatement accès aux ressources dont il a besoin pour financer la production, et donc l’emploi de salariés.

Êtes-vous alors favorable à des nationalisations dans certains secteurs clés de l’économie, à commencer par les banques ?

Paul Jorion : C’est une approche qui paraît logique, quand on fait abstraction du fait qu’une certaine aristocratie capitaliste a pris le pouvoir également à l’intérieur de l’appareil d’Etat, conformément aux préconisations des théoriciens néolibéraux tels von Hayek. Comme on l’a vu avec la crise, cette aristocratie n’hésite pas à puiser dans la caisse de l’Etat l’argent nécessaire pour renflouer le secteur bancaire quand celui-ci est en difficulté. Les fonctionnaires de haut rang sont devenus des agents interchangeables, susceptibles de passer du jour au lendemain de la tête d’un ministère à celle d’une banque. Nationaliser sans changer cette structure de pouvoir n’aurait donc aucune conséquence. Les sommes continueraient d’être allouées de la même façon.

Mais alors, que faut-il faire ? Comment s’y prendre pour bouleverser le rapport de force entre actionnaires, dirigeants d’entreprises et salariés ?

Paul Jorion : Il faut bien sûr commencer par augmenter les salaires, mais aussi changer le cadre de répartition du surplus. M. Trichet dit qu’il ne faut surtout pas augmenter les salaires. Pourquoi dit-il cela ? Parce que l’augmentation serait répercutée dans les prix à la consommation. En effet, dans le système actuel, si une entreprise augmente les salaires, elle répercute simplement ce coût supplémentaire dans le prix des marchandises. Il y a de fait un tabou : on n’envisage pas un seul instant de baisser la rémunération du capital et des dirigeants d’entreprise pour financer une hausse des salaires. A mon avis, il ne s’agit même pas là de mauvaise foi. Je crois que les banquiers, les financiers, tous les tenants du système considèrent vraiment comme intangibles les dividendes, les bonus et les niveaux de salaire des dirigeants d’entreprise. Pour tous ces gens, la rémunération du capital, la répartition des richesses, ne sont pas des objets possibles de négociation, mais les manifestations d’un ordre naturel.

Dans votre livre, vous évoquez la dissociation du revenu et du travail comme une piste de réflexion intéressante. Une telle idée n’est-elle pas contradictoire avec la nécessité de renforcer à court terme le poids des salariés, face aux capitalistes ? Cette dissociation ne risque-t-elle pas de se traduire par un renforcement de l’exploitation de ceux qui continuent de travailler ? Vous reconnaissez vous-même qu’une allocation universelle dissociée du travail suppose de dégager des sommes sur les richesses créées, donc sur la production…

Paul Jorion : Je ne dis pas qu’il faut une dissociation. Je dis que nous sommes parvenus à une situation où une certaine dissociation des revenus et du travail est devenue réalité, avec l’automation et l’informatisation d’un nombre croissant de tâches. La question, c’est de savoir si l’on en prend acte ou pas. Dans les années 50, on se disait que le salarié remplacé par un robot pourrait se reposer, profiter de son temps libre. On imaginait que la richesse créée par le robot bénéficierait au salarié remplacé. Or que s’est-il passé ? Quand le salarié est remplacé par une machine, on le licencie et il s’en va toucher le chômage. Est-ce qu’on lui donne une partie de la valeur produite par le robot ? Pas du tout. Alors où va l’argent ? Mise à part, une certaine baisse du prix de la marchandise produite, il est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise. Partant de là, ma thèse, c’est que si l’on reste dans une telle société, où les travailleurs tendent à être remplacés par des machines sans bénéficier de la productivité ainsi créée, il faut alors trouver une solution pour leur donner des revenus qui leur permettent de continuer à consommer. C’est dans ce cadre que se pose la question d’une allocation universelle. Mais ce n’est pas un modèle de société. C’est juste une analyse.

Vous affirmez dans votre ouvrage que le travail « se raréfie ». N’est-ce pas plutôt qu’il change de forme, d’une part sous l’effet de la révolution informationnelle, d’autre part sous l’effet d’un renforcement de l’exploitation qui atomise le salariat ? N’est-ce pas surtout le CDI qui se raréfie, plus que le travail en tant que tel ?

Paul Jorion : Actuellement, le système utilise les délocalisations, pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail. Mais on voit déjà la fin du processus. Délocaliser en Chine est moins rentable qu’il y a quelques années. Car la Chine, en accueillant les usines occidentales, a fini par créer un marché intérieur et augmenter les salaires. Alors bien sûr, les grands groupes se mettent à délocaliser au Vietnam ou en Indonésie. Mais il arrivera fatalement un jour où l’on aura épuisé les possibilités. D’ailleurs, on entend déjà parler de relocalisations, même si le phénomène est encore marginal. Je situe ma réflexion dans cet horizon. Concernant les tâches intellectuelles, elles sont également de plus en plus prises en charge par des logiciels. Bien sûr, il restera toujours ceux qui créent les robots, les logiciels, les chercheurs qui permettent à la médecine de progresser, etc. Mais l’ensemble de ces personnes ne représentera jamais plus de 1%o de la population.

Admettons votre thèse de la raréfaction du travail. Dans ce cas, la priorité n’est-elle pas, à court terme, de mener un combat pour le droit de chacun à changer de métier, à se qualifier davantage ? Le défi d’aujourd’hui n’est-il pas, finalement, un autre partage du travail, à partir de l’idée de travailler tous, moins, et mieux ? Ce qui suppose aussi de mener le débat sur les finalités de la production, du point de vue de ceux qui produisent les richesses et non du point de vue de ceux qui amassent les profits et inventent constamment de nouveaux besoins ?

Paul Jorion : Il faut exploser le système capitaliste lui-même, mettre un terme à l’hégémonie des détenteurs de capitaux sur les dirigeants d’entreprise et les salariés. Donc, il faut d’abord considérer que les salaires correspondent à la contribution essentielle dans la production de marchandises. Ensuite, il faut interdire les stock-options, qui font dépendre la rémunération des dirigeants d’entreprise de paris sur les fluctuations de prix. Il faut également poser la question du rôle des cadres. L’essentiel de leur travail est un travail de supervision. Pourquoi cette supervision est-elle aujourd’hui nécessaire ? Parce qu’on ne peut laisser l’initiative aux travailleurs eux-mêmes, dans la mesure où l’actuelle distribution du profit alimente chez eux le ressentiment. Eliminons la source du ressentiment, et il y aura alors moins de supervision nécessaire. Les dirigeants pourront se consacrer eux-mêmes à la part créative de leur travail. En ce sens, ils ont autant à gagner que les salariés à une disparition de la part de l’investisseur. Nous devons enfin nous interroger sur le profit des marchands. Est-il normal qu’ils aillent jusqu’à doubler les prix pour faire leur marge ? A mon avis, il y aura toujours besoin d’un marché. Mais la distribution des marchandises n’implique pas de laisser carte blanche aux marchands. Au-delà, une réflexion est à mener sur le pouvoir des objets. Nous saisissons bien ce qu’est la propriété privée du point de vue de celui qui possède un objet, mais sommes-nous bien conscients du fait que les objets, de plus en plus, nous possèdent ? On se sent bien vite démuni et même paniqué lorsqu’on perd son « Iphone » ou n’importe quel outil de communication installé dans notre quotidien… Le système qui remplacera le capitalisme devra également tenir compte de cet aspect des choses.

Dans votre livre, vous critiquez les tentatives historiques de sortie du capitalisme, ce qu’on a pu appeler le « socialisme réel ». Quelle est, alors, votre voie ?

Paul Jorion : Mon rôle n’est pas de produire de nouvelles utopies, mais simplement de favoriser la prise de conscience de la nécessité d’un nouveau système. Rien n’est possible si nous ne commençons pas par nous libérer de l’aliénation du journal télévisé de 20h, qui nous assène, par exemple, l’idée que nous sommes des « demandeurs d’emplois ». Moi, je veux contribuer à libérer les gens de cette conception. Apprenons à nous considérer nous-mêmes comme des « offreurs » d’emplois. Et à partir de là, exigeons de bénéficier des gains de productivité obtenus par les progrès technologiques, quand ceux-ci permettent de nous libérer des tâches pénibles. C’est dans cette prise de conscience que se trouve la clé d’un nouveau rapport de force, qui mettrait notamment à son ordre du jour l’interdiction pure et simple des opérations financières de spéculation qui n’ont pas toujours existé et dont on peut tracer l’avancée au cours du XIX siècle, là où la gauche se contente souvent d’imaginer de nouvelles taxes sur les transactions.

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280 réflexions sur « L’HUMANITÉ, « LE CAPITALISME À L’AGONIE », VENDREDI 15 AVRIL 2011 »

    1. Le problème du journal télévisé c’est (pour maximiser l’audience) qu’on peut le regarder sans changer d’idée (politique), pour ma trogne, c’est le revenu agricole augmente de 60%, sachant que j’ai fait un joli déficit en 2009 (très joli), ça veut dire quoi quel est le revenu, on ne le dira pas et j’imagine c’est pour tous pareil, un tel fait grève c’est justifier ou pas, qu’elle est le revenu des classes sociales similaires, j’en sais rien, y à pas de débat.
      Mais regoris tu as tord, c’est très important, sans info pas de débat et sans un parcours plus cassé, tu n’arrives pas sur ce blog, mais au journal de 20 heure

  1. À propos d’agonie, celle de l’Espagne:

    Les nouveaux chiffres officiels de la dette espagnole, qui continue d’augmenter rapidement. Elle est de 814 Mds € (75 % du PIB). Depuis 2007 elle a augmenté de 300 Mds €.
    http://www.elconfidencial.com/en-exclusiva/2011/deuda-publica-rompe-barrera-20110412-77354.html

    L’Espagne doit 225 Mds € aux banques allemandes et 567 Mds € à de banques d’autres pays. Pour l’économiste et éditeur de H.Schrang la chute de l’Espagne est inéluctable.
    http://www.libremercado.com/2011-04-12/por-que-espana-sera-la-proxima-en-caer-1276420287/

    Son article en allemand (« Pourquoi l’Espagne sera la prochaine à tomber »):
    http://www.goldseitenblog.com/heiko_schrang/index.php/Bankenkrise-Schrang/warum-wird-spanien-als-naechstes-fallen

    Pour l’économiste américaine Carmen Reinhart (auteur avec Kenneth Rogoff de « This Time is Different: Eight Centuries of Financial Folly » 2009 – traduction française : « Cette fois, c’est différent. Huit siècles de folie financière », 2010) il est clair qu’il y aura restructuration de la dette de la Grèce, l’Irlande et le Portugal, et que donc le FMI se trompe:

    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/2982733/04/11/La-posicion-del-FMI-de-que-Europa-puede-solventar-sus-problemas-sin-restructurar-deuda-es-erronea.html

    Sur la vraie situation économique de l’Espagne, l’excellent diagnostic de Alberto Recarte (le meilleur « diagnostiqueur » espagnol actuel, très clair), mais avec de mauvaises solutions (c’est un économiste libéral):

    http://www.libremercado.com/2011-04-11/alberto-recarte-espana-no-ha-hecho-las-reformas-59249/

    1. bonsoir
      pour aller dans le même sens… mais je ne suis pas expert et j’ai pu me laissé abuser???
      Un rapport du Sénat des USA met en cause une (??) banque allemande ..
      « The report also points to Deutsche Bank AG (DB) saying the Frankfurt-based company created a $1.1 billion CDO with assets that its traders referred to as “crap” and “pigs” but then attempted to sell “before the market falls off a cliff.”
      la preuve===> http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=DB:US
      Tout va donc très bien dans ce monde de la finance…sur le dos des autres!!!
      Chris

    2. @ Pablo 75 :
      merci pour ces liens .; !

      Je viens de survoler celui-ci :

      «  »http://www.goldseitenblog.com/heiko_schrang/index.php/Bankenkrise-Schrang/warum-wird-spanien-als-naechstes-fallen  »

      1 des CMTS a trait à la situation à IBIZA , à un potentat qui règne sur marché immo local ..

      Je lirai + sérieux tout ça

      Espagne .. ça va être la corrida ..

      Les 2 oreilles et la … !!

    1. bonsoir
      Si je suis bien ( car non expert je suis) ce que Paul écrit dans son dernier livre, le capitalisme est  » un système de répartition du surplus économique… entre les 3 grands groupes d’acteurs que constituent les salariés…, les dirigeants d’entreprise….., et les investisseurs ou actionnaires…. », MAIS VOUS, vous considérez que CE SYSTÈME, tel que défini dans ce livre, FONCTIONNE TRÈS BIEN??? Pour les salariés, j’imagine voire même de plus en plus souvent pour les dirigeants???
      J’ai du mal à comprendre.. Ou (et du coup où??) Paul à faux dans sa définition… ou c’est vous!!! Clarifiez, je vous en supplie, en cette période de Pâques cela devient tragique…QUi va-t-on mettre sur la croix, pour « racheter les péchés du monde »????
      Chrisd

      1. Francisco, j’étais ironique bien sûr, je sais bien que le capitalisme va très mal en ce moment. Mais vous savez, avec les progrès de la médecine, un cardiaque peut survivre des décennies, il suffit qu’il n’oublie pas de pendre ses pilules… Donc, toutes proportions gardées, je ne vois pas le capitalisme clamser avant le siècle prochain.

    2. regardez ce qui se passe aux Etats-Unis il me semble qu’une politique d’austérité non négligeable est mise en place,
      (nous avons assisté à des divergences sensibles en républicains et démocrates quant à la réduction du déficit budgétaire)
      c’est bien la première fois depuis la seconde guerre mondiale qu’une telle politique est de mise aux US.
      Le moteur US nous avait habitué à la création de richesse (réelle dans la années 50/70)
      elle est « virtuelle » à présent non?
      malgré l’évolution de Wall-Street regardez ce qui se passe dans le Winconsin, en Calfornie, dans les universités US etc…. (il est vrai que nos médias en parlent peu..!)

  2. Lorsqu’on ne fréquente que de bonnes personnes du système, tout est beau et merveilleux, tout va même de mieux en mieux dans le meilleur des mondes de l’histoire, c’est comme lorsqu’on préfère prendre les mêmes routes un peu plus larges pour avancer,

    Mais c’est hélas à partir du moment ou vous commencez à fréquenter des gens négatifs ou alors trop pauvres pour être intelligents et positifs que vous ne voyez plus guère les bons cotés du capitalisme ou de je ne sais quel autre terme plus précis pour mieux définir au plus juste le monde dans lequel nous vivons, faudrait même ne jamais être trop con ou pauvre en société.

    Vous comprenez les enfants le seul sens premier de la vie humaine en société, plus l’homme est riche sur terre et plus il est forcément positif, à vrai dire pour tout un monde d’automates …

    Nous sommes automates dans les trois quarts de nos actions. [Leibniz]

    Les hommes dans notre temps font-il bien suffisament attention à cela ? Non bien sur que non car dans un tel monde la moindre erreur ou le moindre faux pas est directement mis au rebus,
    faut surtout pas avoir de concience autre dans un tel monde de marchands et de premiers.

    Regardez et observez bien le monde même moi je n’y échappe pas et encore je n’adresse pas la totalité de mes jérémiades aux gens de mon temps.

    Encore une idée reçue, l’idée même que l’homme intelligent ne puisse jamais passer à autre chose, en tous cas si c’est bien encore le cas pour le plus grand nombre, moi je me demande quand même si l’homme de notre temps est réellement bien arrivé ?

    Car là c’est sur je casserais déjà un peu plus l’ambiance, souffre d’abord violemment à ma place dans mes idées, n’est-ce pas surtout ce que l’on préfère davantage subir à son prochain, le monde actuel se porte même très bien vu qu’ils n’ont d’ailleurs plus guère beaucoup d’Etats d’Ames à l’égard d’autrui.

    Dans un tel monde d’hypocrites à l’antenne faut surtout pas faire plus la gueule en société.

  3. Peut-être que ses placements ou ses stock-options vont bien, ce qui lui permet de penser que le capitalisme se porte bien? Qu’il continue de le croire, sa surprise sera d’autant plus grande quand le dollar et l’euro s’effondreront.
    On s’en fiche que le capitalisme se porte bien ou mal, c’est l’économie qui est importante pour tout le monde. Et elle on ne peut pas dire qu’elle se porte bien, ou même qu’elle semble se requinquer doucement, quel que soit l’aspect (réel) qu’on regarde.

  4. L’Italie fêtait le 12 mars dernier son 150ème anniversaire à l’opéra de Rome avec Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti, http://www.youtube.com/watch?v=7vQ_uQsITko&feature=player_embedded

    Oh ma patrie, si belle et perdue !

    au bis Muti prend la parole (copié de http: //anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-sublime-silvio-berlusconi-renverse-par-giuseppe-verdi-et-sarkozy-71727537-comments.html :
    ) Repris par le Times, Riccardo Muti, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! »: Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».
    Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.
    Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s’est produit :
    [Après que les appels pour un « bis » du « Va Pensiero » se soient tus, on entend dans le public : « Longue vie à l’Italie ! »]
    Le chef d’orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d’accord avec ça, « Longue vie à l’Italie » mais…
    [applaudissements]
    Muti : Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le « Va Pensiero » à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait « O mon pays, beau et perdu », j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment « belle et perdue ».
    Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
    Muti : Depuis que règne par ici un « climat italien », moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant… nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.
    C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »
    « Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens.

    1. Moment magique, en effet, ce « va pensiero », doublé d’une émotion inoubliable.
      On imagine la tête des « officiels » présents au spectacle (dont S.Berl. etc…)

    2. J’ai vu la retransmission en différé à la télé. On ne nous a pas montré la tête du Berlu pendant le discours de Muti, dommage.

      Avant de lire ce texte, j’ai cru que c’était un coup monté : Muti avait un micro, et j’ai pensé que les papiers lancés vers les spectateurs étaient les paroles de Va pensiero, pour les aider à chanter.

      A la fin du bis, les choristes étaient très émus, certains en pleurs. Viva Verdi !

    3. Superbe moment! Quelqu’un sait-il encore ici que la révolution belge, en 1830, a commencé exactement de la même façon? Après une représentation de l’opéra la Muette de Portici, la foule s’est soulevée, a envahi les rues, et chassé le pouvoir (hollandais à l’époque).

      Ça fait rêver …Avanti poppolo!

  5. Les sourires les plus faux cul sur les marchés ne disent pas la vérité exacte sur la camelote

    Moins je pense à libérer les êtres du tout commerce mondial et mieux je me porte en société

    Ha si seulement le monde pouvait sourir un peu moins commercialement, les grands de ce monde feraient déjà un peu plus la gueule.

    Je n’aime pas être davantage payé pour montrer un autre faux sourire hypocrite ce n’est pas mieux sain au regard de ma propre conscience

    Comment une idéologie de plus en plus folle et orgueilleuse pourrait-elle bien se porter ?

    Malheureusement plus ils en bavent et moins ils sons aimés, des gens déjà si gatés

    Les gens tristes et pauvres ont au contraire les plus beaux sourires. [Claude Jasmin]

    Mieux vaut essuyer une larme de pauvre que d’obtenir cent sourires de ministre !
    [Proverbe chinois]

    Le faux sourire c’est surtout une plus grande soumission de l’homme. [André Rochette]

    Sourire – c’est déjà oublier le piège de celui qui préfère vous faire tomber. [Gunnar Björling

    Moi j’attends surtout le prochain qui voudra de nouveau me faire voir la même chose,

    On peut sourire et sourire et pourtant être un parfait scélérat. [William Shakespeare

    Il faut sourire face à l’adversité, jusqu’à ce qu’elle capitule. [Og Mandino]

    On pleure mais on finit par sourire ; et tout en souriant on pleure.
    [George Gordon, Lord Byron

    Les yeux dans les yeux, il prit son sourire et le lui rendit.
    [Paul Claudel]

    Merci encore toi la plus belle inconnue de cette ville,

    Peut-être à la même heure com au même endroit,

    Les larmes sont l’extrême sourire. [Stendhal]

    Pleurant déjà à l’idée de ne plus la revoir,

  6. Bonsoir
    En un sens, je m’opposerais bien moi aussi à l’idée de Paul que le capitalisme va mal.
    Si on le regarde comme un cancer de notre espèce, c’est bien elle, notre espèce (et son écosystème) qui vont mal, mais le cancer, lui, « va bien », au sens ou il continue à s’enferrer, à proliférer.
    Certains parasites « intelligents » « gèrent » la survie de leur hôte en percevant que la leur en dépend, et jamais sur leur milieu ne poussent la pression jusqu’à ce quelle soit mortelle.
    D’autres lui pompent moëlle et énergie jusqu’à ce que mort s’en suive.
    Qui sait si le capitalisme est aveugle comme cette seconde catégorie : si les intérêt individuels s’obstinent, on peut dire que oui, car cette obstination a fait localement maintes fois ses preuves de pouvoir amener la perte collective.
    Si au contraire, le capitalisme a quelque chose comme une conscience autonome et un certain « esprit de conservation » (pour ne pas dire instinct de) , alors il ne tombera jamais assez bas pour occasionner sa propre perte, sauf accident.
    La question est de savoir s’il peut se transformer assez pour continuer sans tuer son support, voire en desserant l’étau abominable qui est le fait son actuel fonctionnement.

    1. @ Chomp’ dit : 14 avril 2011 à 23:39
      Bien vu. Le capitalisme est un processus naturel, donc ni bon ni mauvais, que l’homme a su exploiter plus intensivement que les autres êtres vivants. Le capitalisme n’est rien d’autre que la gestion, l’exploitation, la mise en valeur d’un capital, d’une ressource, d’un existant, d’un patrimoine. De ce fait, tant qu’il y aura un capital et de la vie, le capitalisme existera et survivra en se renouvelant.

      La vie est, elle-même, un processus de type capitaliste. En héritant d’un patrimoine génétique dérisoire mais potentiellement très puissant, l’être vivant s’emploie d’abord par captation d’énergie à accroître son patrimoine matériel interne, par accumulation. Parallèlement il s’emploie, toujours par captation et accumulation à accroître son patrimoine immatériel sous forme de connaissances, de savoir faire, de savoir vivre en communauté, tous éléments qu’on peut rassembler sous l’appellation de civilisation.

      L’homme, contrairement aux animaux, n’a pas cessé de faire croître son patrimoine immatériel. Comme il ne lui était plus possible d’engranger tout l’immatériel dans un cerveau, il a externalisé le stockage de ses connaissances sur des supports hors de lui qui, aujourd’hui, tendent à être accessibles à tous. C’est en combinant l’exploitation de son capital matériel, la planète terre, et de son capital immatériel, sa civilisation, que l’homme s’est développé jusqu’à percevoir l’arrivée de limites.

      Nos limites se situent au niveau de l’énergie, du vivre ensemble, de la morale. Voila ce qui est réellement capital.

      1. Un capital n’existe pas en soi : il n’existe qu’en tant que ressource qui manque quelque part où on pourrait en tirer parti. Tant que vous n’aurez pas compris cela, vous continuerez à répéter inlassablement que le capital est partout, que tout est capital, et que le capitalisme existe depuis toujours et existera toujours.

        Je sais cela demande un petit déclic dans l’esprit mais faites l’effort : vous vous isolez de plus en plus dans les discussions qui ont lieu ici.

      2. pas question de détruire le capital mais de mieux répartir les richesses , d’éviter trop de gains inutiles d’un coté pour favoriser d’autres acteurs.
        Fabriquer un produit n’est peut être pas très rentable en profit mais ultra rentable à la société.
        Exemple les médicaments pour les maladies rares ,
        Nombre de gens qui ont des moyens ne savent quoi en faire , ils n’ont qu’une peur perdre ses moyens , c’est absurde.

      3. Capitalisme naturel, c’est une illusion d’optique. Nous vivons en plein dedans, donc il nous semble aller de soi. C’est oublier qu’au cours de la très longue histoire humaine, il y a eu d’innombrables sociétés, pérennes et équilibrées, ou la notion de propriété privée et d’accumulation n’existaient tout simplement pas. Pour certaines l’accumulation était occasionnelle et devait servir un but précis : rassembler la valeur d’une dot, par exemple, ou faire des provisions pour l’hiver. Pour d’autres, son seul but était la redistribution : un homme acquérait plus de prestige par la distribution que par l’accumulation (système du potlatch).

        Bien sûr, l’inégalité existait, mais elle résultait d’autres facteurs. C’est celle qui séparait l’homme habile du maladroit, le bien portant de l’infirme, le père de famille nombreuse de l’orphelin isolé. Elle résultait de l’aptitude personnelle de chacun à subvenir ou non à ses besoins et à ceux de sa famille. Elle était tempérée par certaines formes de solidarité, certes non dénuées de mépris et de brutalité, mais considérées comme obligation morale.

        Aux yeux de ces sociétés, c’est notre notion de propriété privée de la terre et des richesses qui paraîtrait absurde, incompréhensible, et pour tout dire barbare.

      4. @Agnès Oui, tout à fait. Mais le «cas» jducac me semble déserpéré…

        jducac dit :

        C’est un domaine que je n’ai approché que par la voie naturelle, comme on apprend à marcher, à parler, à se comporter avec ses semblables, grâce aux bons soins de qui vous savez.
        Cette personne puisait son bon sens dans ses origines terriennes lesquelles n’avaient probablement pas subi les endoctrinements issus des courants de pensée anticapitalistes nés au 19ème siècle à partir d’analyses incomplètes, imparfaites et partisanes.

        jducac dit :

        D’autre part, et contrairement à beaucoup d’autres, notamment sur ce blog, j’ai eu la chance de vivre sans endoctrinement d’aucune sorte, ni dans ma famille, ni à l’école primaire, ni en apprentissage, ni en école de techniciens, ni en école d’ingénieurs, ni en activité.

        Ainsi donc jducac, vous seriez le seul sur terre à n’avoir subit aucune influence d’aucune sorte ? Votre expérience personnelle particulière serait la référence universelle en toute chose, en tous lieux, de toute éternité ?

        Si vous pouviez commencer par reconnaître que vous aussi, jducac, comme chacun de nous êtes né en un certain lieu, à un certaine époque, dans un environnement particulier, dans une certaine famille, dans une certaine culture… Vous en êtes le produit, cela vous influence, comme chacun de nous, fausse, déforme votre vision du monde. Je ne doute pas que vous (ou votre mère) ayez «réussi» à trouver votre place au sein de la société, mais une société dans une configuration toute particulière et cela ne prouve que vous avez réussi à vous conformer à la société telle qu’elle est, rien de plus. En prétendant comme vous le faites que ce serait «naturel» vous effacez toute l’histoire, vous niez toute évolution des sociétés, contre toute évidence. Bref, une position conservatrice au diable.

        D’autre part, j’ai l’impression que vous rêvez d’un monde où chacun pourrait vivre par ses propres forces, sans dépendre des autres, d’où votre glorification de l’épargne. Voilà encore une illusion de plus, jducac. Il y a du boulot !

      5. fujisan, pas la peine de se fatiguer avec jducac, son cas est effectivement désespéré. Sous couvert de nous faire profiter de son expérience unique au monde, il ne fait rien d’autre que se justifier. Quand on a compris ça, on laisse tomber.

      6. Le capitalisme est un processus naturel, donc ni bon ni mauvais

        le capitalisme ne cours pas parmi les herbes à la recherche de nourriture il n’est pas naturel, il est un produit idéel de l’humain.

        monsieur Jorion donne cette définition

        Un capital n’existe pas en soi : il n’existe qu’en tant que ressource qui manque quelque part où on pourrait en tirer parti

        Cela me fait penser a la différence de potentiel nécessaire pour qu’il y ai courant électrique.
        Dans le cas du capitalisme la ressource qui manque « quelque part » n’est de fait jamais fournie, et manque durablement et même indéfiniment.
        On se trouve dans le cas d’un gigantesque barrage qui accumule sans fin des milliards de mètres cubes d’eau sas avoir aucunement vocation à la redistribuer

        L’homme, contrairement aux animaux

        l’homme est bien sur un animal, qui ne connait pas grand chose de ses congénères et de l’immatériel qu’ils accumulent mais qui est seul à oser l’idiotie de saccager l’endroit qu’il habite

      7. Avoir envie de tuer son voisin parce qu’il chante trop fort la nuit est aussi un « processus naturel ».

      8. Paul,

        Je vous prends au mot.
        Je viens d’hériter de quelques millions.
        Ces quelques millions manqueraient ils sur le blog ou l’on pourrait en tirer parti ?

        Si oui pour quoi faire de productif (qui dépasse l’objectif de votre quête mensuelle) ?

        Et aussi et peut être surtout : productif, c’est quoi ?

        C’est faire des sous, des idées, l’amour, donner du mieux être, tuer Khadifi (par exemple) ou (autre exemple) dépolluer Fukushima ?).

      9. @ Paul Jorion dit : 16 avril 2011 à 07:58
        Excusez-moi d’avoir laissé passer votre intervention ci dessus.
        Notez que je suis totalement d’accord avec vous quand vous dites :

        Vous venez de parler des profits du Cac 40 qui explosent. Cela reflète essentiellement une panique du système. Ce n’est absolument pas une preuve de bonne santé.

        J’ai déjà dit que je ne voyais pas un bel avenir aux banquiers, notamment ici :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=23147#comment-168496

        Pour ce qui concerne le déclic et le fait que je m’isole, cela n’est pas bien grave dès lors que je me sens encore en mesure de justifier ma position et que vous m’autorisez à l’exposer.

        Pardonnez-moi de ne pas développer davantage, mais je dois me déconnecter d’internet pour un certain temps.
        Merci encore pour tout ce que vous nous apportez

      10. @Jducac
        Votre définition du capitalisme :

        Le capitalisme n’est rien d’autre que la gestion, l’exploitation, la mise en valeur d’un capital, d’une ressource, d’un existant, d’un patrimoine.

        Si on peut souscrire à votre définition, cela ne veut pas dire que la gestion, l’exploitation, la mise en valeur d’un capital, d’une ressource, d’un existant, d’un patrimoine est obligatoirement du capitalisme.
        Socrate est un homme tous les hommes ne sont pas Socrate.

      11. Je vois le capital comme un moyen de capter le pouvoir de prendre des décisions. Dans cette optique le capital vide la démocratie d’une partie de son sens, d’autant plus grande qu’il est puissant. Sa légitimité repose sur l’efficience du marché, mais il est de plus en plus clair, comme nous le démontre PJ, que justement, le marché est faussé par le rapport de force des acteurs. La légitimité du capital repose donc sur un noeud paradoxal.
        On en revient à la problématique de prise de décision et d’action collective dont les solutions pratiques satisfaisantes, d’un point de vue démocratique (ou sociocratique) n’ont rien d’évident.

    2. « Si au contraire, le capitalisme a quelque chose comme une conscience autonome et un certain « esprit de conservation » (pour ne pas dire instinct de) , alors il ne tombera jamais assez bas pour occasionner sa propre perte, sauf accident. »

      Votre instinct de conservation, c’est la philia aristotélicienne…

      Paul Jorion, Le prix, pp. 120-121 :
      « On observe aussi que dans les cas plus dramatiques où l’armement n’est plus à même d’assurer ce subventionnement provisoire de l’équipage [de pêche], ce sont alors les fournisseurs ou les mareyeurs qui prennent le relais en « laissant souffler » l’armateur, en ne lui réclamant temporairement pas certaines créances. Ainsi, à la question posée de savoir si les chantiers de construction navale laissent parfois « courir leurs créances », les patrons répondent invariablement « Jamais ! »… avant de mentionner une ou plusieurs occasions où ce fut en effet le cas pour eux… « mais à titre exceptionnel » : « J’ai eu un découvert au chantier, chez le frigoriste et chez l’électricien. Je n’ai pas payé d’intérêts ».
      Soit l’expression donc de la philia aristotélicienne, décrite au quatrième chapitre, qui lie les différents partenaires d’une industrie, et qui ne se confond pas nécessairement avec leur intérêt bien compris, à savoir que la générosité se révélerait toujours « en fin de compte », avoir été payante. »

    3. jducac, vous faites dire à Chomp ce qu’il n’a pas dit, à savoir que le capitalisme serait ni bien ni mal. Chomp a fait deux comparaisons, avec un cancer et un parasite, ce qui n’est pas une façon évidente d’envisager sa neutralité. Mais c’est curieux comment vous, qui voyez tout du point de vue de votre morale personnelle, (fondée sur votre extraordinaire et bienheureuse expérience), teniez si mordicus à la neutralité morale du capitalisme.

    4. @ fujisan dit : 15 avril 2011 à 09:52
      Si vous voulez démontrer que tous les détenteurs de capital ne sont pas des salauds, je suis d’accord avec vous.

      C’est bien pour cela que je pense équitable de remettre très souvent la balle au centre, surtout quand je constate l’ignorance de beaucoup en matière économique. C’est un domaine que je n’ai approché que par la voie naturelle, comme on apprend à marcher, à parler, à se comporter avec ses semblables, grâce aux bons soins de qui vous savez.
      Cette personne puisait son bon sens dans ses origines terriennes lesquelles n’avaient probablement pas subi les endoctrinements issus des courants de pensée anticapitalistes nés au 19ème siècle à partir d’analyses incomplètes, imparfaites et partisanes.

      Votre exemple tend à prouver que l’armateur en question, soit n’avait pas réuni un capital suffisant pour mener normalement son activité en n’épargnant pas suffisamment avant de se lancer, soit prélevait trop sur son exploitation compte tenu des revenus qu’elle dégageait et de ses besoins en fonds de roulement.

      Je ne sais pas comment s’est terminée l’expérience de Paul Jorion. Peut-être l’armateur a-t-il été acculé à la faillite et a-t-il laissé ses impayés à la charge des fournisseurs bienveillants. Lorsqu’ils n’y laissent pas eux-mêmes leur peau, après des expériences malheureuses, ils finissent par devenir moins arrangeants.

      Tout cela est une question de sentiment de sa propre responsabilité et du respect qu’on porte aux autres autant qu’à soi-même. Sans trop vouloir insister, je pense qu’il ne vous est pas impossible d’y voir une liaison avec la morale ou, si ce mot vous gêne, avec l’éthique. Il me serait agréable que vous finissiez par le reconnaître et par l’admettre.

      @ Crapaud Rouge dit : 15 avril 2011 à 10:06

      Vous n’avez pas tort. Si j’adopte très souvent une telle attitude sur ce blog, c’est que compte tenu de mon « extraordinaire expérience » il me semble équitable de contrebalancer un peu pour équilibrer la charge. Il me semble en effet injuste de porter systématiquement des attaques contre le capital donc sur ceux qui en prennent soin en visant à le constituer, le conforter, l’améliorer et le renouveler.

      Le capital c’est essentiel, c’est la base de tout.

      Vous qui nous avez dit travailler dans une banque depuis peu, je pense que cela ne vous échappe pas. Il est vrai que cette profession s’appuie surtout sur le capital que d’autres mettent en dépôt chez elle plus que sur ses propres capitaux, lesquels sont notablement insuffisants pour affronter des périodes de récession ou de déflation longues.C’est our cela qu’il n’est pas au mieux de sa forme, mais qu’il survivra.
      Cordialement.

      1. @jducac
        « Votre exemple tend à prouver que l’armateur en question, soit n’avait pas réuni un capital suffisant pour mener normalement son activité en n’épargnant pas suffisamment avant de se lancer, soit prélevait trop sur son exploitation compte tenu des revenus qu’elle dégageait et de ses besoins en fonds de roulement. »

        Détrompez-vous, ces exemples donnés par Paul Jorion montrent qu’en cas de « coup dur exceptionnel » tous les acteurs de la filaire réalisent qu’ils doivent s’entre-aider et laisser leurs querelles de côté, faire un geste pour sauver le maillon faible de la filiaire afin de sauver l’ensemble de la filiaire, chaque acteur étant dépandant des autres. C’est l’opposé du chacun pour soi.

      2. @ fujisan dit : 15 avril 2011 à 18:01

        faire un geste pour sauver le maillon faible de la filière afin de sauver l’ensemble de la filière, chaque acteur étant dépendant des autres. C’est l’opposé du chacun pour soi.

        Quel est votre référentiel dans le monde réel ?

        N’avez-vous pas entendu parler de fermeture d’entreprises dans la sous-traitance automobile et autres ? Les grands noms sont restés et tous les plus faibles dans le monde des détenteurs de moyens de production, celui des petits capitalistes ont été éliminés. L’élimination, là comme ailleurs se fait au détriment des moins performants et des plus faibles. C’est le processus de sélection naturelle en œuvre depuis toujours et pour longtemps encore.

        Si vous regardez ce qui se passe au niveau des Etats, c’est le même processus qui opère. Vous refusez de voir la marche du monde telle qu’elle se fait.

        Vous êtes, à mon avis, victime de votre idéal. Là encore vous êtes sous la dépendance de vos envies, de vos désirs et cela fausse votre objectivité.

      3. « Le capital c’est essentiel, c’est la base de tout. »

        Robert Malthus :

        « La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

        Robert Malthus – Principes d’économie politique

      4. Jducac 40:

        Le capital c’est essentiel, c’est la base de tout.

        Non, la base de tout, c’est le travail, y compris celui cristalisé dans l’outil de production.

        La concentration de l’outil de production entre quelques individus
        qui extorquent le travail de tous les autres est la raison nécessaire de la révolution
        qui remettra les richesses entre les mains de ceux qui travaillent,
        pas de ceux qui attendent en dormmant les dividendes.

        La fin du capitalisme n’est que le bon sens
        ou de début d’une humanité enfin civilisée,
        avant même d’être une exigence de justice,

      5. @ fujisan dit : 15 avril 2011 à 21:50
        Je commence à mieux vous comprendre. Votre culture économique résulterait-elle de ce qu’on apprend de la science fiction ? (clin d’œil sans méchanceté)
        Vous avez probablement aussi été influencé par les propagateurs des travaux de Marx. A mon avis vous ne prenez pas les bons référentiels.

        Pourquoi ne pas prendre le meilleur référentiel qui soit, celui qui se déroule chaque jour sous vos yeux ?

        Par rapport à Marx vous disposez d’un atout extraordinaire (j’ai failli utiliser le mot force…. de Yoda). Vous voyez le monde dans toute sa diversité fonctionner et se transformer à vitesse accélérée en égrenant une multitude de faits bien réels, chaque jour. Il suffit de les analyser à la manière des vrais scientifiques, c’est-à-dire sans idée préconçue. L’idée préconçue est le pire des cancers pour un scientifique. Elle vous mange vos idées avant que vous ayez eu le temps de les élaborer.

        Vous avez donc une collection de faits, sur lesquels vous avez la possibilité de tester des hypothèses. Personnellement, j’ai une prédilection pour les hypothèses qui sont aussi simples que possible. Cela permet souvent d’aller au fond des choses, à l’essentiel, au capital.

        Vous testez alors votre hypothèse avec les faits réels qui la concernent, vous nourrissez donc son fonctionnement avec le réel jusqu’à ce qu’à enregistrer un rejet. Lorsqu’un fait réel ne colle pas avec l’hypothèse, vous venez de mettre la main sur une pépite en or. Il faut bien la garder, bien étudier la cause du rejet pour en retirer tous ses bienfaits. Le meilleur d’entre eux, celui qui est destructeur pour votre hypothèse, est celui qui vous conduit la plupart du temps à une certitude : votre hypothèse n’était pas la bonne. Bien évidemment c’est un peu plus compliqué pour ceux dont c’est le métier de pratiquer l’étude expérimentale, mais le principe de base est celui-là.

        Je pense que c’est un peu ce qu’a fait Paul Jorion quand il a analysé les faits pour écrire son livre sur « le capitalisme à l’agonie » et qu’il a vu que les difficultés rencontrées par le capitalisme n’étaient pas celles qu’avait imaginé Marx comme raisons de sa disparition. Marx avait fait une bonne analyse mais son hypothèse ne s’est pas vérifiée dans les faits jusqu’alors.

        Est-ce que cela ne doit pas interroger les hommes du 21ème siècle que nous sommes? Est-ce que Marx était allé au fond des choses ?

        Cet homme, que j’imagine très idéaliste, n’a-t-il pas été victime de ses envies de ses désirs ? Vous savez ce qu’il peut en coûter à ceux qui passent outre les freins qu’offre la tempérance. Dans ces cas là on court des risques et, lorsqu’on a influencé un très grand nombre de personnes ont les met dans de sales situations. Quand le risque se révèle 150 ans après, bonjour les dégâts pour ceux qui sont les derniers à en prendre conscience.

        Ah, la conscience, voilà encore un mot qui flirte avec la morale ! J’espère que vous me pardonnerez. Vous savez le pardon c’est très humain, humaniste même. Vous devriez être sensible à cet argument.

      6. @jducac

        Vous écrivez n’importe quoi, à 16 avril 2011 à 11:07

        Il ne s’agit pas ici de délayer ici vos visions vagues soutenues par rien de concret. Lorsqu’on résume votre divagation, il n’en reste rien que du café de commerce. 3 paragraphes pour expliquer benoitement ce qu’est la démarche hypothético-déductive, suivi par de vagues allégations concernant Marx « victime de ses désirs » etc.

        Ce qu’on appel un vernis culturel à l’état pur.

      7. @ Lisztfr dit : 16 avril 2011 à 14:52
        Désolé Lisztfr, mais je me suis adressé à Fujisan, et ce message fait suite à de nombreux autres qui doivent lui évoquer plus de choses qu’à vous.

        Par contre, puisque vous vous adressez à moi, permettez que je vous remercie d’avoir mis un mot savant sur ce que j’ai quand même suffisamment bien exprimé pour que vous me compreniez.

        Il y a longtemps que l’emploi de mots savants ne m’impressionne pas. Notamment, depuis que les grands maîtres de la pédagogie en France ont utilisé l’expression « référentiel bondissant » pour désigner un ballon, mais qu’avec leur méthode il faut 2 ans pour apprendre à lire là où il fallait 2 trimestres avant. Personnellement, je n’ai pas de complexe à utiliser des mots compréhensibles par tout le monde.

        Merci d’avoir donné l’avis de Malthus. Ce qui pourrait être plus intéressant serait d’apporter votre propre démonstration sur l’importance relative du travail et du capital. Personnellement, je prétends que le capital est plus important que le travail.

      8. @jduc
        et à toutes les bonnes âmes perroquetant allégrement sur le légendaire et plus que douteux « référentiel bondissant », à la suite d’un certain ministre de l’éducation nommé Claude Allègre, lui même singeant – en toute honnêteté intellectuelle de vrai scientifique rigoureux, rebondi et rebondissant bien entendu – un certain Jean-Claude Martinez, député FN en 1987, à la tribune de l’assemblée nationale.
        Vous en voulez des références bondissantes ? En voilà, édifiantes :

        http://pagesperso-orange.fr/bernard.lefort/documents_captures/referentiel_bondissant_ou_usage_du_faux.pdf

      9. @ vigneron dit : 17 avril 2011 à 03:49

        Merci, bien cher frère, d’avoir donné un lien renvoyant à l’origine supposée du « référentiel bondissant »

        Ce lien laisse entendre qu’il pourrait y avoir eu une mise en musique tendancieuse autour de cette expression. Je crois plutôt qu’en m’aiguillant sur ce texte, vous souhaitiez soustraire à la connaissance du plus grand nombre des lecteurs de ce blog, l’étendue du désastre qui semble bien s’être propagé à partir des IUFM dans le nouveau monde enseignant, très pédant, mais inefficace.

        Permettez-moi de vous en faire connaître un peu plus sur l’entretien entre Joffrin et Allègre : http://lechamplibre.perso.neuf.fr/humour/textes/enfantecole.htm

        Je crois en ce que dit Allègre. Les propos qui lui sont prêtés corroborent tout à fait ce que me disait une instit qui se désespère de voir dans quel état se trouve, maintenant, notre enseignement en France. Elle n’a pas fréquenté d’IUFM. Elle appartenait donc à l’ancienne école, proche de celle des hussards noirs de la république.

        Lorsque les nouvelles promos issues des IUFM ont débarqué, elles ont eu une attitude condescendante et même méprisante à l’égard de leurs collègues plus anciens. L’utilisation du jargon de distinction entre les anciens et les modernes était l’arme fatale qui permettait d’écraser les anciens. Parfois, je me dis que ceux qui visent à se distinguer par un vocabulaire soigneusement choisi, mais hermétique aux autres, tendent peut-être surtout à masquer leur médiocrité dans le domaine des idées personnelles

        Vous avez quand même dû chercher beaucoup pour trouver votre lien concernant le référentiel bondissant. Celui que je vous donne est celui qui apparait en tête lorsqu’on lance sur Google une recherche sur « IUFM référentiel bondissant ». Avouez qu’en comparant les deux textes auxquels renvoient ces liens, on ne tire pas la même conclusion. Que faut-il en conclure ?

      10. Je crois en ce que dit Allègre. Les propos qui lui sont prêtés corroborent tout à fait ce que me disait une instit qui se désespère de voir dans quel état se trouve, maintenant, notre enseignement en France. Elle n’a pas fréquenté d’IUFM. Elle appartenait donc à l’ancienne école, proche de celle des hussards noirs de la république.

        Je crois au progrès. Ces bienfaits, y compris dans l’enseignement, sont corroborés par ce que me disait un ami instituteur désespéré de voir dans quel état se trouvait l’enseignement en France à sa sortie de l’IUFM. Il appartient à l’école dite moderne, distincte du « pédagogisme ». Il a ainsi constaté que certains professeurs non rompus aux techniques d’enseignement avancées commettaient des erreurs élémentaires dans la transmission du savoir aux jeunes enfants, à la fois sur la forme et sur le fond : apprendre par cœur plutôt que comprendre, humiliation de certains élèves en retard sur leurs camarades, parfois même brimades physiques.

        N’y voyez aucune ironie, les faits sont bien réels. Qu’en conclure quant à votre démonstration ?

      11. @ Julien Alexandre dit : 17 avril 2011 à 13:55

        Qu’en conclure quant à votre démonstration ?

        Pour être explicite, j’en conclus que celui qui se dit être mon frère, visait probablement à abuser de notre fraternité pour tenter de dissimuler une réalité qu’il se refuse à admettre. Ce pédagogisme dont se sont gargarisés ces IUFMistes surtout formés à la démagogie, a conduit à des résultats désastreux qui sont notamment constatés au niveau international en particulier dans les classements PISA. Ce fut une erreur d’introduire des méthodes nouvelles de manière généralisées sans les valider au préalable.

        L’instit dont je parle a eu droit une fois, avec ses autres collègues de l’ancienne école, à un cours de rattrapage avec démonstration dans une classe d’élèves plutôt triés sur le volet, en présence d’un inspecteur d’académie. A l’issue de la démonstration, les anciens maîtres ont exigé sur le champ de faire un test écrit pour apprécier ce que les élèves avaient pu acquérir. Le résultat fut catastrophique et l’inspecteur d’académie a arrêté l’expérience.

        Bien évidemment que tout évolue, mais lorsque ceux qui font évoluer sont trop sûrs d’eux, imbus de leur personne au point d’inventer un nouveau discours pour en imposer aux autres, il y a danger. En fait, ils risquent de n’imposer que la médiocrité et, ce qui est grave pour un pays, de l’inefficacité. L’innovation nécessite d’être humble et prudent bien plus que d’être prétentieux et pédant.

        Cela dit, heureusement que les appréciations divergentes peuvent être confrontées et débattues sur internet et en particulier sur ce blog auquel vous apportez votre concours, ce dont je vous remercie. Le problème qui subsiste vient de l’inégale représentativité dans la population des blogueurs. La plupart de ceux qui s’expriment n’appartiennent probablement pas à ceux qui font ou qui ont fait mais à ceux du verbe. Cela laisse de côté une bonne part de ceux qui ont l’expérience du concret, lequel finit toujours par s’imposer dans l’économie.

        C’est sur les résultats que se mesure la performance, y compris dans l’éducation.

      12. @Jduc

        Pour être explicite, j’en conclus que celui qui se dit être mon frère, visait probablement à abuser de notre fraternité pour tenter de dissimuler une réalité qu’il se refuse à admettre.

        Extrapolation sans fondement. De même que votre façon, que je me contentais de pointer du doigt, de répéter en toute innocence les rengaines fausses et mille fois entendues qui conviennent à vos préjugés; détestable façon de laquelle un simple petit apprentissage au B, A, BA de l’esprit critique ou à l’analyse des sources vous auraient (peut-être…) protégé. Dérive courante donc, dont auraient pu précisément vous prémunir les techniques pédagogiques que vous vouez aux gémonies.

        Le problème qui subsiste vient de l’inégale représentativité dans la population des blogueurs. La plupart de ceux qui s’expriment n’appartiennent probablement pas à ceux qui font ou qui ont fait mais à ceux du verbe.

        Ah bon dieu, mais c’est bien sûr ! Voilà pourquoi vous vous retrouvez si glorieusement seul sur ce blog ! Il est vrai que question verbiage vous êtes bien mal dotée par mère nature…

        C’est sur les résultats que se mesure la performance, y compris dans l’éducation.

        Des chiffres, des chiffres, des chiffres !
        http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF07232

        Revenez à l’école Jduc. Pourra pas vous faire de mal, pourra pas être pire en tout cas. Même à 75 ans, la pédagogie moderne peut faire de vrais miracles. Si si.

      13. @ vigneron dit : 17 avril 2011 à 19:15
        Le document INSSE que vous signalez n’éclaire pas le sujet abordé qui est celui des méthodes pédagogiques et du classement de l’enseignement français par rapport à celui des autres pays.

        Voici des liens pour vous permettre d’apprécier :
        http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/12/07/01016-20101207ARTFIG00731-les-methodes-pedagogiques-francaises-mises-a-mal.php
        http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/12/07/01016-20101207ARTFIG00679-le-systeme-educatif-francais-mal-note.php
        http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/30/01016-20091130ARTFIG00047-les-politiques-redecouvrent-l-ecole-.php

        L’efficacité d’un enseignement agit directement sur l’efficacité économique des pays qui s’observe des années après.
        Les enseignants sont devenus hostiles aux classements, parce que cela révèle le déclin de leurs propres performances. Plus tard lorsque les élèves sont devenus producteurs/consommateurs, leurs classements se mesurent au niveau du classement économique des pays auxquels ils appartiennent. Puis, quand ils sont complètement largués et que pour tenter de maintenir leur niveau de vie, leurs Etats se mettent à s’endetter, les classements se font par la loi naturelle des marchés et des agences de notation.

        Les humains qui vivent dans un espace fini sont en compétition pour la survie. C’est la dure loi de sélection naturelle. Elle élimine ceux qui ne savent pas s’adapter à l’évolution de leur environnement.

        Nota : Cela m’intéresserait de connaître ces méthodes pédagogiques modernes, rien que pour me faire une idée.
        J’imagine qu’il doit exister des cours et des vidéos en ligne. Merci de bien vouloir me donner des liens si vous en connaissez.
        Bien fraternellement

      14. @ vigneron
        PISA ? C’est toujours la catastrophe !

        L’OCDE et l’école
        Depuis une vingtaine d’années, l’OCDE a aussi commencé à s’intéresser de près à l’enseignement. Avec l’exacerbation de la concurrence, l’accélération et l’aggravation des crises du capitalisme mondial, il s’agissait de faire en sorte que les dépenses de l’Etat pour l’éducation répondent le mieux possible aux « besoins » de l’économie, entendez : qu’elles servent le mieux possible la compétitivité et le profit. Il faut freiner la croissance des dépenses d’enseignement et réorienter les systèmes éducatifs sur les besoins nouveaux du marché du travail : voilà la recommandation que formule depuis vingt ans l’OCDE. Or, que réclame-t-il ce marché du travail ? Non pas une croissance générale des niveaux de formation, mais leur polarisation : d’un côté, beaucoup d’emplois hautement qualifiés, de l’autre, une masse de « petits boulots » dans les secteurs de services. Dans un rapport publié en 2001, l’OCDE écrit : « tous (les élèves) n’embrasseront pas une carrière dans le dynamique secteur de la “nouvelle économie” – en fait, la plupart ne le feront pas – de sorte que les programmes scolaires ne peuvent être conçus comme si tous devaient aller loin » [1]. Il ne faut donc surtout pas aller trop loin dans la démocratisation de l’enseignement. Pas besoin d’avoir étudié beaucoup d’histoire, de géographie, des maths et des sciences de haut niveau pour travailler dans un McDo ou pour conduire une camionnette de Coca-Cola. En revanche, insiste l’OCDE, même dans ces emplois faiblement qualifiés il faudra que les travailleurs soient capables de s’adapter à un environnement en changement rapide et il faudra qu’ils puissent facilement passer d’un poste de travail à un autre, d’une fonction à une autre. Cette « adaptabilité », cette « employabilité » sans qualification, devraient être acquises avant l’âge de 15 ans, par l’exercice de « compétences de base » en lecture, langues, mathématiques, sciences, informatique, etc. Ensuite, à partir de 15 ans, on fera le tri de ceux qui « iront loin » (et qui pourront alors dépasser les compétences de base), ceux qui apprendront un métier (dans une formation professionnelle étroite) et ceux qui iront très vite travailler dans les emplois précaires.

    5. Il me semble en effet injuste de porter systématiquement des attaques contre le capital donc sur ceux qui en prennent soin en visant à le constituer, le conforter, l’améliorer et le renouveler.

      Le capital c’est essentiel, c’est la base de tout.

      la base de tout c’est l’homme. et ce n’est pas le capitalisme qui est un processus naturel mais bien l’action de capitaliser. indissociable de l’homme, le fait d’optimiser un arc dans le but d’attraper plus de gibier. l’homme est besoin, certains besoins sont donc universels, il ne devrait pas y avoir de spéculation à leur endroit. ce qui engage la société civile à faire imposer des règles drastiques aux détenteurs du capital et à punir les abus comme si leurs auteurs étaient, assermentés..

  7. « Il me dit que le capitalisme va au contraire très bien »

    Le propre de l' »opposant par vocation » est de croire que ce à quoi il s’oppose va « très bien ». Cela le conforte dans sa propre qualité d' »opposant par vocation ».

    Considérer que cet objet d’opposition est définitivement inaltérable le renforce dans le sentiment de sa propre importance ?

    Supprimer l’objet de son opposition ne peut que le conduire à la sourde angoisse du vide.

    Nous vivons un monde bien étrange.

    1. Il est possible que ce soit pour ne pas se faire trop de faux espoirs. Et puis, peut-être que le capitalisme est à l’agonie mais en tous cas les riches capitalistes, eux, ils se portent encore très bien.

      1. Parce que ce grand bourgeois de Mitterrand aurait été socialiste ? et pourquoi pas de gauche tant que vous y êtes !

      2. @wuwel

        Grand bourgeois Mitterrand ? Faudrait voir à pas trop pousser quand même. Confondre un Rastignac-Mitterrand, fils d’un notable catho et conservateur de Jarnac, même président du syndicat des vinaigriers de France, avec la grande bourgeoisie française qui s’est magné le trouffignon pour reconstituer un « front de l’argent » et exfiltrer son pognon de France aprés mai 81 devant la « menace socialo-communiste »… ya comme un p’tit lézard dans l’raisonnement.

      3. @ Vigneron

        Ne vous en déplaise, Mitterrand grand bourgeois dans sa vie et son action, si ce n’est de naissance, n’a jamais été socialiste et la parenthèse de 81/83 ne fut pour lui que le moyen d’acheter la paix sociale qui était nécessaire avant les privatisations et la main-mise définitive du patronat sur le pays.

      4. François Mitterrrand est mort et Beregovoy aussi,
        le capitalisme est à l’agonie
        et je ne me sens pas très bien non plus
        …. qu’allons-nous devenir ?

    2. On peut aussi penser que le capitalisme n’a jamais semblé aussi arrogant et dominateur qu’en ce moment : guerres du pétrole, guerres du cacao, guerres contre les peuples rançonnés sans merci,…

      Mais peut-être ne sont-ce que les manifestations angoissées d’un système à l’agonie ? Là où certains calment leurs angoisses en prenant des jours de congés, d’autres exsudent l’agressivité qu’ils réfrènent à grand peine en période normale ?

      (Suivez mon regard…)

      PS : Mais sinon, entièrement d’accord avec votre analyse, Le Yéti : les opposants « par vocation » ne peuvent se penser en dehors de ce à quoi ils s’opposent.

      1. Dans la faillite du capitalisme, des faits d’un mauvais usage de l’argent par nos soit-disant, car tel qu’intronisé par les prophètes gestionnaires, « créateurs de richesse »
        outre des investissements inconséquents, destructeurs, ravageurs de guerre économique chaude, …
        (guerre du pétrole, cacao …. )
        il faut ajouter, ceux du non-investissement inconséquent, destructeur, ravageur de guerre économique froide,
        (il y a Fukushima,, comme il y a eu Tchernobyl … )

    3. Supprimer l’objet de son opposition ne peut que le conduire à la sourde angoisse du vide.

      C’est précisément ce qui se passe ici, sur le blog : certains proposent de supprimer non pas le capitalisme économique mais ce qui lui permet d’exister ! Ce qui effraie les autres qui risquent de perdre leur sujet préféré… Et tant pis pour ceux qui ne participent pas ou ne veulent pas participer au jeu de l’échange monétisé imposé !

    4. @ Fab
      d’accord avec vous.
      le « capitalisme » semble être une conséquence , et non la cause de nos difficultés présentes…
      se focaliser sur son « organisation » me parait une fausse piste empruntée depuis le XIXeme , qui aboutie toujours à des solutions politiques dramatiques.
      prendre conscience des défauts qu’implique cette idéologie (la captation par peu des moyens essentiels d’organiser les relations inter-humaines) est une étape , qui semble bien avancée ( et laisse à penser que « le capitalisme est à l’agonie ») , mais dont l’étape suivante (les moyens politiques ) est toujours aussi problématique et manque cruellement de théories validées.

      1. @sentier 198
        Je dirais même plus qu’une conséquence un RÉSULTAT comme dans les courses.
        @yeti
        Est ce que l’esprit est étrange ? Seulement sur les étiquettes qui donnent un prix à la valeur, de la magie noire.

  8. « Le capitalisme à l’agonie »…Paul, soyons humains, abrégeons ses souffrances,
    Achevons le!
    bon; sur ce je m’en vais acheter l’Huma, une fois n’est pas coutume, et me lire l’article dans un bistrot bien bourge à l’heure de l’apéro; un « Communard » me semble tout indiqué: vin rouge et crème de cassis!
    A la réflexion, après l’Islande qui se rebiffe et dont le menu peuple ne veut pas se faire tondre pour rembourser les dettes des banques, il ne faudrait tout de même pas que cela devienne une habitude, du genre « quantitative easing » à la grecque: un monumental bras d’honneur aux créanciers et basta, du genre  » ok, mais on vous rembourse que 50% de ce qu’on vous doit, et encore, estimez vous heureux… »
    Tout fout le camp, mon bon monsieur!

  9. Le capitalisme, dans son état actuel, est à l’agonie car il ne cache plus assez le vol, l’appropriation illégitime qu’il implique. Il est en train cependant de muer vers un autre état qui permettra de mieux camoufler la concentration des richesses et des privilèges dans les mains des plus astucieux manigançant désormais au dessus des frontières nationales, au niveau mondial. Une nouvelle couche de complexité imprégnant lois et réglements va ainsi s’ajouter en application d’une « nouvelle » théorie économique élaborée « scientifiquement » (pour faire croire à toute neutralité politique) par les ‘nouveaux » économistes, sociologues, antropologues, psychologues et philosophes réglant la nouvelle mue.

    Il y aura toujours des dominants et des dominés dans l’espèce humaine. Si le capitalisme, comme système économique laissant la part belle aux dominants, est à l’agonie, c est sans doute pour l’éternité..Le destin éternel des dominés est de lutter, de résister, comme des Sisyphes, quand ils en ont les moyens.

    1. Amusant… Cela me fait penser à l’éternel retour du même de Nietzsche, une manière de nier la finitude, que Kundera etc n’ont pas du tout comprise… « le même » chez Nietzsche est à prendre comme identité par métaphore. Rien de transcendantal.

      Et vous vous tromper avec votre éternité rimbaldienne,

      Elle est retrouvée.
      Quoi ? – L’Eternité.
      C’est la mer allée
      Avec le soleil.

      Le système vivra aussi longtemps qu’il sera sous perfusion, et lorsqu’on refusera cette perf, ce sera la fin.

      Seul le capitalisme nécessite l’opposition des classes car l’avoir de l’un est le signe inverse du manque de l’autre.

      http://www.zerohedge.com/article/inflation-explained

  10. Je comprends, Monsieur Jorion.
    Vous vous faites traiter de communiste et cela est injuste.
    Mort aux communistes et autres révolutionnaires qui vivent dans la misère.

    Vive la financiarisation douce.

  11. M.Jorion,
    ça je ne comprend pas
    « Après tout, la valeur du capital avancé par l’investisseur provient-elle d’autre chose, en dernier ressort, que du travail ?

    Paul Jorion : Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur : le monde a d’abord été partagé par la violence, par ceux qui, comme le dit Rousseau se sont accaparés la terre et ce qu’elle porte ou contient en affirmant : « Ceci est à moi ! » et en mettant les autres au défi de le leur reprendre. Les choses qui ont été confisquées ainsi à la communauté toute entière peuvent avoir un prix de manière intrinsèque, le minerai que cette terre contient, par exemple. »

    Si un émir d’un pays producteur de pétrole encaisse beaucoup de $ , ce n’est pas le fruit de son travail à lui. On est d’accord, mais cet argent provient de tous ceux qui font le plein de leur voiture et qui eux le gagnent avec leur travail.
    Autre question: quels sont les pays du monde qui n’ont pas de dette?
    Autre question: Si des terriens doivent de l’argent à d’autres terriens en quoi est-ce que cela appauvrit les terriens ?

    1. Autre question : si la terre est un gros pays, où va son exportation ?
      Autre question : si des terriens meurent et d’autres naissent, en quoi cela changent-il le nombre de terriens ?

      Donnez-moi votre argent, cela n’appauvrira pas les terriens.

    2. le problème c’est que l’émir ne répartit pas les $ à ces concitoyens, il les recycle à Wall-Street..pour SON propre compte…!

  12. Voilà des propos tout de même un peu plus sensés qu’un soutien un peu incompréhensible à une prime de 1000 euros démagogique et intéressée…

    1. Je signale que SCHNEIDER ELECTRIC (cac 40) dans son avis de convocation à l’ Assemblée du
      21 avril 2011 propose entre autres, Attribution Gratuite D’Actions dans les résolutions numéros 10, 14, 15, 16, 17, 19 et 21.
      Générosité plus que suspecte, car moi même, petit actionnaire nominatif depuis environs 20 ans, je n’ai jamais bénéficié d’actions gratuites de cette société.

  13. @P. JORION

    Excusez moi mais, juste par curiosité personnelle, un entretien comme celui là, c’est comme ça, du tac au tac à baton rompu?
    Le gars vous posait les questions, les réponses plus haut étaient faites en direct-live et le gars, dans la foulée, vous posait les questions qu’ils pose la-haut? Sans une pause, sans une reflexion?

    Alors, soit vous êtes des génies soit vraiment je suis très naze.

    1. « … un entretien comme celui là, c’est comme ça, du tac au tac à baton rompu ?
      Le gars vous posait les questions, les réponses plus haut étaient faites en direct-live et le gars, dans la foulée, vous posait les questions qu’ils pose la-haut ? Sans une pause, sans une réflexion ? »

      Oui, et on a un témoin : la photographe de L’Huma.

    2. J’ai aussi trouvé cet entretien particulièrement réussi, je mets cela sur le compte de l’expérience de P.J. et de l’inspiration du moment.

      1. Oui, c’est ce que je me disais en fin de lecture. Trés bonne clarification. C’est limpide. Les questions et les réponses vont au coeur du sujet. C’est un plaisir immédiat.

    3. Pour ma part, je ne trouve rien de très surprenant au discours de Paul Jorion qui me semble n’être rien de plus qu’un condensé de ce qui se dit sur ce blog depuis 4 ans environ… Ça doit créer certains automatismes je suppose 😉

      Par ailleurs, il semble a première vue que le journaliste réalisant l’interview soit une personne sérieuse ayant fait une lecture attentive de l’ouvrage à promouvoir, proposant ainsi des questions puisant largement dans les idées qui y sont travaillées, ce qui facilite a priori encore un peu plus la prose de l’interviewé. C’est sur que ça a une autre tenue que la promo des émissions de divertissements…

      1. @ P. Jorion
        vous auriez pu avoir la charité de mentir quand même.

        @Moi
        si, si, il faut reconnaître son niveau d’incompétence. Allez, je prends ma pelle et ma gamelle et je retourne au taf.

        @Dissonance.
        Ce n’est pas le discours que je trouve surprenant, c’est la facilité d’ordonner sa pensée et de dire, sans rien préparer, à l’arrache des choses que certains doivent relire trois fois pour comprendre.
        Et le pire, c’est ce journaleux qui a l’air d’écouter ça comme une présentation de Foucault(Jean-pierre, pas Charles) , facile comme bonsoir, et qui du tac au tac, repose une question à la pertinence avérée que quand tu as fini de la lire tu la comprends toujours pas. Et notre Paul qui repart comme en 14 à étaler des trucs aussi limpides que du Spinoza. Et l’autre qui enchaine peinard.
        C’est là qu’on comprend la limite de l’autodidacte.

      2. @Kerjean

        sans rien préparer

        C’est là que vous vous trompez. Comme je vous l’ai dit, cela fait plus ou moins 4 ans que ces idées circulent sur le blog, et Paul a bien du passer quelques mois à les articuler au sein d’un ouvrage, dont cet article fait la promotion. Il s’agit donc de tout sauf de raisonnements formulés « à l’arrache ». Pour faire un peu de provoc’, je dirai que le résultat n’est pas plus surprenant que de voir un curé réciter le contenu de son bréviaire…

      3. Tout à fait d’accord, c’est peut être que le journaliste est sérieux et que c’est de plus en plus rare.

      1. 1370 rhétoricien, cienne, péjoratif;argumentateur, rhéteur. Aussi rhétoriqueur, 1480, poètes de fin du XV attachés aux raffinements de style et aux subtilités de versification.
        La rhétorique sociale n’a jamais pris sur moi.Ni aucune rhétorique. Je n’aime pas les phrases, je n’aime que les faits et le dictionnaire, l’histoire des mots, plus qu’un sens: du lien.

  14. Laurent Etre :

    Fab : Le Capitalisme est une organisation sociale : elle s’exprime de manières économique, politique, éducationnelle et tout ce que vous voudrez. Le Capitalisme est à l’agonie, et le capitalisme est à l’agonie, les profits du Cac 40 pour preuve.

    Le pillage auquel vous faites allusion n’est pas un principe du capitalisme, c’est une nécessité pour sa survie : les ponctions évoluent au cours du temps, qui permettent au système de fonctionner en garantissant une masse mécaniquement disponible, ou spirituellement, intellectuellement, indisponible – toute spécialisée qu’elle est.

    Tout à fait d’accord : « la valeur du capital avancé par l’investisseur provient-elle d’autre chose, en dernier ressort, que du travail ». Même PSdJ avec sa définition de valeur ne peut dire mieux.
    « Tous sont contraints de rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré » : c’est le capitalisme économique. Faut-il accepter cette contrainte ? Faut-il accepter de croire que certaines ressources sont nécessaires, et pas d’autres !

    L' »aristocratie capitaliste » : c’est un visage politique du Capitalisme. Ne cherchez pas : il est partout !

    Considérer « actionnaires, dirigeants d’entreprises et salariés », c’est observer un visage du capitalisme. On dirait une sentence pour un pêché originel acceptée !

    Les ponctions – la finance par exemple – sont nécessaires au fonctionnement du capitalisme économique : elle ne peut dans ce cadre être reversée ! Vous croyez que le salarié continuerait à croire à son travail salarié si les moyens de s’en passer lui étaient donnés !? À moins qu’il ne continue à consommer pour consommer.

    « Mais l’ensemble de ces personnes ne représentera jamais plus de 1%o de la population. » : Il ne faut jamais dire jamais ! Dans le cadre de la société de consommation oui, mais bon.
    Du travail, pour faire tourner l’usine à gaz : il n’y en a plus guère. Mais on s’applique à conquérir de nouveaux territoires qui permettront de nouveaux échanges monétisés…et vogue la galère !

    « les salaires correspondent à la contribution essentielle dans la production de marchandises » : les salaires permettent la consommation de marchandises, l’entretiennent, et entretiennent leur production.

    Oui pour la « prise de conscience », mais certainement pas en ce qui me concerne pour croire encore à un quelconque rapport de force : ça impliquerait mon acceptation du jeu actuel, et ça, consciemment, je ne peux pas.

  15. Bonsoir monsieur Jorion,

    bonne interview, bien pédagogique, claire, argumentée… vous faites très bien votre travail « d’alerte ». Et le tabou sur la part intangible, « naturelle » des dividendes, voilà une des plus belles réussites du capitalisme. toutes les hausses de prix sont répercutées, in fine, sur le consommateur final, sans rogner quoique ce soit aux dividendes des actionnaires… et nous payons !

    Mais que n’allez-vous plus loin ? « exploser le capitalisme », « nouveau système », vos mots trahissent votre pensée profonde… la voie sur laquelle vous avancez vous conduit peu à peu à ce que vous redoutez peut-être encore d’avouer, à savoir qu’il est impossible de maîtriser le capitalisme sans le tuer….

    Mais si on tue le capitalisme, que reste-t-il, voilà la question qu’il nous faudra bien nous poser. Utopie contre utopie, laquelle choisir ?

    On sait désormais que celle de « la main invisible » vous vide les poches sans que vous ne la voyez venir, mais on ne sait pas ce qu’un monde sans argent peut donner. Mais est-il plus fou de rêver d’un monde meilleur sans argent que de croire aux vertus morales du capitalisme ?

    1. Considérer le capitalisme comme une organisation uniquement économique présente des avantages. Et des inconvénients.

      Inconvénients : les autres expressions du vivre-ensemble sont considérées comme indépendantes (cela reste un des grands mystère de la psychanalyse) : le capitalisme se réorganisera une nouvelle fois : la démocratie c’est pas pour demain.

      Avantages : cela permet de maintenir l’organisation capitaliste de la politique, de l’éducation, de l’information, etc., du vivre-ensemble en somme, et par suite de pouvoir exprimer des cosmogonies capitalistes où l’individu continue à être perçu – par nécessité- comme devant être dirigé : ce qui permet notamment de considérer le travail comme nécessairement salarié et l’échange comme nécessairement monétisé (ce qui précise l’aspect-mystère psychanalytique…) : c’est du capitalisme économique !

  16. @ Chantal :
    La lutte des classes Sisyphéenne me semble peu probable…
    Aujourd’hui, la logique du dominant apparemment indispensable au bon fontionnement du dominé ne tient plus étant donné que les dominés ne peuvent plus fonctionner normalement.
    Va bien falloir trouver autre chose…

  17. ceux qui tirent parti du système sont bien décidés à laisser les caisses vides.

    Admettons…mais lingots d’or ou biftons, ils n’iront pas sur la voie lactée couler des jours paisibles, il y a un moment où le sens d’être « décidés » devient non-sens…

    une période de modération, ce qu’on a appelé les Trente glorieuses…

    Période compromis…Vu de l’extérieur, avec l’aide de la propagande, pas de crise de 29 en URSS, ensuite la pâtée aux nazis… sérieusement : Keynes aurait-il une les mêmes invention sans le contexte?

    Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur….
    avoir un prix de manière intrinsèque, le minerai que cette terre contient

    malfoutue langue : prix, valeur, chose. La valeur au regard (l’attraction de l’objet) de quelque être singulier fixe un prix à une chose qu’il peut payer à partir de sa situation dans le rapport de forces sociales. Le prix (fascinant) d’une chose fabrique aussi sa valeur irréductiblement subjective (un sujet tissé de ce qui l’a fabriqué). D’un coté le travail est inéliminable mais l’artifice de l’objet d’un désir aussi. Il fait ériger le prix comme les arbres montent au ciel quand on en a les moyens. Sur la cote sud de Turquie, à Olympos, près de Çirali sourd du méthane. Lieu de culte. Dans l’antiquité personne n’a imaginé capter ça pour faire griller des sardines. Le minerai c’est kif kif. Sans travail, c’est des cailloux. Y a des cailloux jaunes ou des qui brillent, ça attire le regard, ça décore les femmes comme un sapin de Noël, mais c’est du travail. Le Mollah Omar avant de s’enfuir en bicyclette savait par les soviétiques qu’il y avait plein de minerais sous ses pieds. Il disait que le prix d’un seul Tomahawk était plus cher que toutes les usines d’Afghanistan. Ses valeurs n’étaient pas négociables.

    le capital, c’est une ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire

    Le capital au sens du signe monétaire oui, mais il s’articule à un référent réel ou en puissance, qu’il s’agisse de travail mort ou vivant, sinon je ne vois pas comment lire ces écritures chiffrées d’un capital et donc leur signification comme telle.

    Nationaliser sans changer cette structure de pouvoir n’aurait donc aucune conséquence.

    Absolument

    Pour tous ces gens, la rémunération du capital, la répartition des richesses, ne sont pas des objets possibles de négociation, mais les manifestations d’un ordre naturel.

    Ordre naturel : Je doute qu’ils y croient eux-mêmes, mais ils tentent de faire partager cette croyance d’un naturalisme éternel du capitalisme. Comme dans l’Église, il paraît que plus on monte dans la hiérarchie moins il y a de bigots.

    allocation universelle. Mais ce n’est pas un modèle de société

    Ouf !

    l’ensemble de ces personnes ne représentera jamais plus de 1% de la population.

    La matière grise semble bien la seule dont les gisements semblent renouvelables et le plaisir de la création, de la créativité n’est en rien dépendant du prix de sa rémunération. Production et consommation de savoirs pour tous ! C’est un mot de dés-ordre.

    Il faut également poser la question du rôle des cadres. L’essentiel de leur travail est un travail de supervision. Pourquoi cette supervision est-elle aujourd’hui nécessaire ? Parce qu’on ne peut laisser l’initiative aux travailleurs eux-mêmes….Le système qui remplacera le capitalisme devra également tenir compte de cet aspect des choses…..l’idée que nous sommes des « demandeurs d’emplois »

    Je vends partie de ma force de travail dans une association de 1901. Quelqu’un récemment sur le blog disait rêver d’un monde couvert d’associations de 1901. Il existe des 1901 dont le représentant physique de l’employeur – personne morale – se prend pour un employeur. Au sens où il se dit qu’un roi qui se prend pour le roi n’est pas moins fou qu’un fou qui se prend pour le roi. Des comme ça, qui donnent du bon travail pour des bonnes causes ou bonnes œuvres, ça existe. Et les « offreurs d’emplois » ça les dérangent. Les révolutions ont le même avantage que la fameuse fête de l’âne au Moyen-âge : les esclaves étaient les égaux de leurs maîtres mais comme l’avait remarqué le grand timonier, ça ne dure pas…
    .

  18. Article excellent, quasi parfait.
    Vous prenez chaque phrase, chaque partie de phrase, et vous avez de quoi méditer pendant des heures, de quoi repenser tout ce que vous croyiez penser.

    1. J’ai exactement le même sentiment. Le capital défini comme instrument du manque, et donc d’asservissement, quelle mise à nu. La monomanie matérielle de la société montrée dans le rapport inversé de possession à l’objet, entre autres. Vraiment tout sucite de remettre en cause ses habitudes de pensée.

      Je m’interroge cependant sur la portée vers l’économie; en particulier, s’il ne faut pas faire la part des choses entre des artisans et entrprises productives, et les autres qui profitent du système. Les premières subissent une dépendance aux banques; les deuxième en sont les alliées assez sournoises, car derrière les conseils d’administration, se trouvent des clubs, des corporatismes, des ententes occultes et certainement pas en faveur du bien public. Ce distinguo ne devrait-il pas être fait ? Et, d’autre part, s’il doit être fait, s’agit-il de taille seulement ? Quels critères ?

  19. Excellent article dans le Nytimes sur les effets néfastes de la politique d’austérité au Royaume-Uni.

    http://www.nytimes.com/2011/04/15/business/global/15iht-pound15.html?ref=world

    De nombreux points qui laisse a penser. Ces deux phrases par exemple:

    « Remarkably, yields on the British government’s 10-year bonds are slightly above the 3.6 percent or so achieved by Germany, which has Europe’s healthiest economy. That is partly because Britain lies outside of the euro zone and can control its own monetary policy. But those relatively low interest rates have helped gird the support Mr. Osborne has so far received from the British business community.’

  20. Pour ceux qui lisent l’anglais (les autres s’énerveront inutilement, et ne comprendront pas de toute manière) :

    Thu, 2011-04-14 13:29
    Marcia Ishii-Eiteman

    Tomorrow morning, as you pour milk into your kids’ cereal bowls or buy a latte to get you going, take a moment to think about the dairy and other family farmers who will be braving gusty winds off Lake Michigan to converge on the steps of the Chicago Mercantile Exchange. These farmers are demanding an end to the price fixing by commodity speculators that has bankrupted thousands of family farmers across the U.S., while spurring food crises worldwide.

    Led by Wisconsin-based Family Farm Defenders, farmers and allies will be calling out the traders who take home millions of dollars in profits every year, while family farmers continue to see their farms foreclosed and local businesses shuttered. These farmers will also be exposing the hidden links between America’s giant dairy monopolies and the scandalous recent approval of genetically engineered alfalfa by the U.S. Department of Agriculture, designed to boost sales of Monsanto’s flagship weedkiller, Roundup. The action is one of many being taken by family farmers and supporters around the world in celebration of International Peasants Day, April 17. National Family Farm Coalition is compiling a list of related actions around the U.S.

    Something rotten in the Land O’Lakes

    Unbeknownst to many of us, a significant chunk of the dollars we spend on milk and butter are not going to dairy farmers at all, but are being captured by huge corporate dairy giants like Dean Foods and Dairy Farmers of America, an amalgamation of Land O’Lakes and other mega-sized “cooperative corporations.” These folks are anything but cooperative, as far as family farmers are concerned. They have long had a hand in fixing milk prices below cost of production while charging consumers top dollar, driving America’s dairy farmers to bankruptcy. That’s why they have been under investigation by the U.S. Department of Justice and are the target of recent class-action lawsuits for anti-trust violations, as Vermont Senator Bernie Sanders explains.

    Transgenic guns & butter

    But there’s more—these same dairy corporations have also been active in developing genetically engineered (GE) crops like GE alfalfa and in lobbying the U.S. government for deregulation of GE alfalfa. Land O’Lakes has long been an ardent advocate of GMOs since the FDA’s approval of recombinant bovine growth hormone (rBGH) in the 1990s.

    [[I can’t believe it’s that butter! – Ariana Velez of the Brooklyn Food Coalition blames Land of Lakes for bringing us GE butter—and vows to go organic]]

    Land O’Lakes’ primary seed research partner is Forage Genetics, which developed GE alfalfa using Monsanto’s Roundup-Ready technology. In the last two years, lobbying by Land O’Lakes has surged, with hefty portions going explicitly towards efforts to deregulate GE alfalfa. With so many corporate interests coming out swinging for GE, no wonder the White House lined up so quickly with industry on this one.

    Three things you can do to support our dairy farmers:

    1. Buy dairy products from independently owned family farms and go organic if you can to avoid GE!

    2. Sign Food & Water Watch’s petition asking the Obama Administration to protect farmers and consumers from Monsanto’s GE crops.

    3. Tell the Commodity Futures Trading Commission to demand a democratic overhaul of the Chicago Mercantile Exchange to prevent corporate price fixing.


    ************************************************
    Marcia Ishii-Eiteman, PhD
    Senior Scientist
    Pesticide Action Network North America Regional Center (PANNA)
    49 Powell St., Suite 500
    San Francisco, CA 94102 USA
    Tel: (+1) 415 981 6205, ext. 325 (M, Th)
    Fax (+1) 415 981 1991
    Eml: mie@panna.org

    My blog: http://www.panna.org/blogs/marcia-ishii-eiteman
    Our web: http://www.panna.org
    Pesticide residues database :: http://www.whatsonmyfood.org

    1. Cet article démontre que les producteurs de laits du Wisconsin sont d’accord avec votre analyse sur la formation des prix « un rapport de force » qui est en leur défaveur sous l’apparence de « l’offre et de la demande » il y a bien capture de leur travail par les trusts et les marchés financiers.
      Il y a aussi la démonstration qu’il n’y a pas la « part travail » dans la formation du prix puisqu’ils vendent à perte.
      par contre pour le consommateur « la part trust » est bien là !
      Le capitalisme ne pourrait-il pas être défini par « petit groupe d’individus organisant à son profit le « manque de ressource » ?

      1. @ LEROY : les prix de vente par agriculteurs .. le pb ne date pas d’hier

        OGM = ils se retrouvent encore + en dépendance ./; aus semenciers ..

        Avec un cousin, on refait 1 potager depuis 2010 .

        moi suis  » l’arpète » c’est lui le chef ..

        car moi je « surfe » .. + tout le reste à faire ..
        Bon am

      2. Est ce un rapport de force où un rapport de faiblesse, de quoi s’agit il où ne s’agit il pas ? Il n’y a que la foi qui compte…….. pour le moment dans les contes des chiffres et de leurs intérêts.

      3. Les seuls bénéficiaires de la spéculation, à la hausse comme à la baisse, sur les matières premières agricoles ne peuvent être, à terme, que les purs spéculateurs – tant qu’ils restent capables de guider le marché ou de jouer dans le bon tempo évidemment.
        Les producteurs sont toujours perdants à terme. Les groupes agro-alimentaires aussi puisque s’ils encaissent certes des marges sur la faible part représentant les matières premières dans leurs produits lorsque les prix sont bas, ils sont aussi immédiatement impactés dans leurs résultats en cas de flambée des prix. Pour 2011, Nestlé prévoit entre 2,5 et 3 Milliards CHF de « manque à gagner » du fait de la spéculation sur les prix agricoles. Nestlé amortit le coup en réduisant les proportions des matières premières agricoles concernées dans leurs produIts
        et en recherchant des « gains d’efficacité opérationelle » (traduction : faire payer à ses employés, fournisseurs et sous-traitants – 1,5 Milliards CHF l’an dernier). Danone annonce lui à ses actionnaires que le prix de ses yaourts sera augmenté de 2,5% en France et fait donc payer au moins en partie par le consommateur final. Les plus petites structures comme Bonduelle par exemple ont moins de marge de maneuvres et voient leurs résultats directement touchés par la hausse des céréales. Tous ces acteurs économiques devraient en toute logique se regrouper derrière les propositions d’un Jorion qui couperaient l’herbe sous les pieds des spéculateurs.
        Pour ce qui concerne par contre les grands groupes de négoce international – au premier rang desquels le français Louis Dreyfus Commodities, branche historique de négoce de la très secrète holding familiale Groupe Louis Dreyfus, 35 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le marché des commodities, un des leaders mondiaux du négoce de produits alimentaires (coton, sucre, riz, céréales, oranges,…), numéro un également pour la production d’éthanol et numéro deux pour le sucre – je ne voudrais pas m’avancer, mais je crois que c’est plutôt tout bénéf…

    2. Cette vue des choses me semble être très bonne, sous condition que les agriculteurs prennent eux-aussi bien conscience qu’ils ne sont pas entièrement innocents à leur sort.
      Produire toujours plus et n’importe comment, même quand il n’y a aucune nécessité de le faire, sinon celle que pourrait dicter la cupidité, est une chose qui existe partout, aussi en agriculture et parfois même lorsqu’elle est biologique.

      1. @quelqu’un

        Produire toujoirs plus pour l’agriculture mondiale en général, ce me semble l’évidence, la nécessité même, au moins tant que le nombre de bouches à nourrir continuera à augmenter sur cette planète. Quant aux questions du quoi. pour qui et comment, au vu du nombre de sous-alimentés persistant encore aujourd’hui, il me semble que les bonnes réponses sont loin d’avoir été apportées et que la tendance actuelle serait plutôt de les voir s’éloigner chaque jour un peu plus. Si l’on supporte aujourd’hui un milliard d’humains soumis à la mal-nutrition sur sept milliards, alors que nous pourrions sans problème en nourrir douze, on peut très bien, avec une dose de mauvaise conscience à peine augmentée, en imaginer demain deux milliards, trois milliards… why not ? Les tragédies c’est pas pour demain, c’était hier, c’est aujourd’hui.
        Et c’est pas les consommateurs bio, du genre de Marlowe, qui se vante de se payer de la « bonne » viande de bœuf « traditionnel, c’est à dire qui a bouffé pendant quatre ou cinq ans bien proprement et vertement son hectare de fourrage sans avoir jamais eu à tirer un brabant, pour le plaisir de gastronomes astronomiques et aussi verts qu’inconséquents, qui vont m’inciter à l’optimisme…

      2. @vigneron 16 avril 2011 à 16:11
        Toujours le point de vue de la sagesse, Vigneron. A 20 ans le T.boone steak de 250 g c’était le minimum, Argentin ou du middle west, seuls les connaisseurs faisaient la différence. Bientôt retraité mes 80 g suffisent, charolais ou limousin peu m’importe. Les séniors ne sont pas l’avenir des ruminants, il faut en prendre acte. Le luxe carnassier mais égalitaire suppose un équi-table de bonne foi que seule la tradition des tickets de rationnements est apte à mettre en œuvre. Le dégazage des vaches sacrées dont la seule performance économique est de participer à la salubrité publique des villes indiennes en nettoyant les trottoirs des insalubrités comestibles devrait attirer l’attention en plus du permafrost. Et si ce n’était l’impasse de l’option éthique à fondement religieux, la conversion au cochon n’aurait que des avantages, puisque chez lui tout est bon.

    3. Merci. J’ai parcouru ces liens et je suis tombe sur cette statistique ahurissante (je n’avais pas conscience de cette réalité): « Aujourd’hui, un homme sur 2 et une femme sur 3 est ou sera touchés par le cancer au cours de sa vie en France ». Ce pourcentage augmente sans cesse et il semble qu’il soit imputable, pas exclusivement mais en grande partie, a la pollution chimique.

      Meme pas besoin de Fukushima…

  21. La pile de dossiers montrant l’agonie du capitalisme semble en effet augmenter sans cesse, il se passe donc indiscutablement quelque chose .
    Mais je crois que rien ne permet de dire que l’organisation de société qui succédera au capitalisme sera plus égalitaire .
    Le titre du livre de Monsieur Jorion « l’agonie du capitalisme » semble suggérer que la suite des événements sera mieux équilibrée en ce qui concerne la répartition des richesses par exemple, c’est du moins à mon avis comme cela que beaucoup de gens ressentent ou comprennent ce débat .
    Mais rien ne dit qu’il en sera ainsi, on peut très bien envisager même si c’est désagréable une « fin de partie » où toutes les richesses sont concentrées en quelques mains, où toutes les énergies d’opposition sont captées par les nouvelles technologies qui se révèlent alors ne pas être ce qu’elle laissaient espérer qu’elle soient et que se fasse jour une société bien pire que la précédente avec certes un capitalisme mort et enterré !

    1. Se pourrait-il qu’au lieu d’en arriver à restructurer la dette, c’est-à-dire à ne pas payer aux riches ce qui leur est « dû » (le capital), on en arrive à mettre les peuples dans un état d’esclavage infini en ne leur faisant payer qu’une partie de ce qui est « dû » aux riches de telle sorte que le capital ne diminue jamais (les intérêts) ?

      Après le capitalisme, l’intérêtisme ? Cauchemar !

  22. Bonjour Paul , François, Vincent et les autres !

    Ce doct du Mr qui a un Ph D et est « Directeur de recherches » au PANNA de san francisco est intéressant .
    Les éleveurs (genre ceux du Wisconsin) sont obligés de vendre leur lait via des géants ( tesl que DEAN FOODS and DAIRY FARMERS of AMERICA°
    mais les prix sont entre autres fixés sous l’action de « spéculateurs sur matières premières » à la Bourse de CHICAGO .

    De plus, les  » géants monopolistiques de l’alimentaire » ont des liens cachés avec des multinationales telles que MONSANTO

    cf ROUND up

    cf la LUZERNE génétiquement modifiée = récemment approuvée par le US Department of Agriculture etc

    Marcia ISHII-EITEMANN ( Ph D) finit par :

    «  » 1 ; Achetez des produits alimentaires à des fermes familiales indépendantes et
     » go organic  » ?? si vous pouvez éviter des OGM

    2) Signez la pétition  » Food and Water Watch « , qui demande à OBAMA de protéger les fermiers et les consommateurs des récoltes OGM (type MONSANTO)

    3) Dites à la CFTS d’exiger une « refonte ou réorganisation démocratique » de la Bourse de Chicago ( Chicago Mercantile Exchange), afin d’empêcher la fixation des prix par des  » grandes sociétés « 

  23. Quelqu’un a-t-il des lumières sur cette info:(Nouvel Obs)
    D’après Ch.Lagarde,

    « La France étant l’un des pays systémiques fait partie du groupe des sept » économies soumises à un « examen approfondi » de la part du G20.

    Qu’est-ce donc que cet « examen approfondi » ? Qui le mène, et au nom de qui ? Quels constats, et surtout quelles conséquences ?

    On nous prépare sans doute un tour de vis social (tiens, ça rime avec « coup de vice », amusant…)
    D’après cette info, les USA et la Chine seraient aussi concernés…

    Simple agitation pour faire joli, peut-être?

  24. A propos de la nécessité des marchands que vous évoquez dans votre entretien à l huma , je veux vous dire , étant assez âgé pour avoir une mémoire vive des années 1955 et suivantes , qu il étaient fort peu nombreux . Les villes , construites à la campagne comme chacun sait , étaient entourées de producteurs qui se rendaient à la ville pour vendre leur production . Chaque jour , en allant à l école , je traversais au moins un marché constitué uniquement de producteurs . Je dis bien CHAQUE JOUR . Quel bonheur ces marchés ! Produits frais à gogo chaque jour ! ………… Un mouvement de marchandisation se crée et accélère à partir des années 1970, encore plus lourdement avec la gauche au pouvoir (1981 1995 ) J ai lu que la France était le premier pays de grands magasins au monde (relativement à sa surface, bien sûr ) . Aujourd hui il est presque impossible de louer un rez de chaussée en ville, la place est prise par les marchands… Ce mouvement d extinction des marchés quotidiens s accentue . A bas les marchands ! Vivent les producteurs !

    1. Oui, même en Pologne on exporte des Auchan, Leclerc, et Leroy Merlin…. Et ça marche, même Carrefour etc. Ikea bien sûr. Les centres commerciaux.

      Ces établissement intermédiaires qui contournent lutte de la concurrence comme tout le monde, sont si puissants qu’ils aspirent la richesse des 2 côtés, du producteur et du consommateur.

      Je n’ai pourtant aucun intérêt personnel en tant que client, de voir son extension, de voir mon argent servir à construire des super marchés en Pologne, Chine etc.

      Il se constitue un trust, une puissance financière dont personne n’a besoin, qui menace la démocratie en fait.

      1. Il se constitue un trust, une puissance financière dont personne n’a besoin, qui menace la démocratie en fait.

        Et c’est bien le fond du problème !…
        Tristement d’accord avec vous…

      2. Même Ikea ? Notre département , bien qu’au centre de la France, n’a pas un seul magasin Ikea mais une centrale nucléaire tout près du chef-lieu . Ce doit être considéré comme un signe distinctif de sous-développement .

  25. @ pierrot 123

    Eh oui .. !

    et le pouvoir d’ achat baissera , ainsi que d’autres pouvoirs .. ( le pouvoir d’avoir accès à une Justice juste ) etc ..

    et UMP perdra les législatives ( mais c’est presque un détail ..

    Vous parlez de LAGARDE :
    Elle aurait dit :
     » On souhaite que je me présente aux Législatives .. je ferais mieux d’être Directrice de Banque

    1. Lagarde va se présenter aux législatives et est quasi certaine d’être élue et de sauver sa peau, car cela sera la circonscription des Français à l’étranger(qui vote toujours à 80 pct à droite).

      1. @ Dissy : merci du lien

         » donc y a 3 ministres .. probables candidats :
        «  »Qui sont les heureux nominés ?

        « Christine Lagarde (Économie), dans la 1ère circonscription, celles des États-Unis et du Canada, Eric Besson (Industrie) dans la 5e (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco) et le secrétaire d’État aux Transports Thierry Mariani dans la 11e (Russie, Asie, Océanie) », liste complète par L’Express et Le Figaro.

        En ce qui concerne les autres circonscriptions, l’une est en passe de causer un casus belli, entre l’UMP et le Parti Radical : le Benelux ! «  »

  26. Un spectre rode de par le monde…le spectre du Jorionisme, et en plus, c’est contagieux!

    1. Ca suffixe.
      J’ai de l’humour mais tout de même, ou pas le même, de mémoire : « isme » deuxième… (Martine Mounier fut pionnière, peut-être fut-ce « iste »), « nien » ou « esque » plus souvent.

  27. A quoi bon sabrer davantage dans les diverses services sociaux des pays, si je ne me montre toujours pas capable de me conduire plus autrement à la tête d’une autre marque tout ça n’a pas de sens, c’est comme vouloir vider pareillement la mer avec une plus grande somme de petites cuillères en or et en argent dans la bouche.

    Regardez on fait quelque chose, on amasse et on amasse le monde est toujours à nos
    pieds mais sur le fond on en reste en fait toujours au même stade de comportement ou d’automatismes que la semaine d’avant, bref on ne comprend toujours rien à rien.

    Et dire qu’ils trouveront toujours autant de pigeons pour en subir les mêmes excès, peut-être même contrairement à tant d’idées reçues qu’il est beaucoup plus facile de nos jours de mener les gens en bateau.

    Après le tout-capitalisme sur terre le tout-socialisme bien évidemment, moi de toutes façons ça m’est bien égal car mon royaume n’est pas du tout ce monde.

    Pire même les plus grands défenseurs du capitalisme sur terre et sur les marchés n’en sont peut-être en fait que les premiers fossoyeurs de plus de l’humanité.

    Comme d’ailleurs pour beaucoup de choses de plus.

  28. http://www.alternatives-economiques.fr/le-monde-a-faim-par-philippe-chalmin_fr_art_822_42184.html

    Le monde a faim par Philippe Chalmin
    Le monde a faim, par Philippe Chalmin
    Bourin Editeur, 2009, 140 p., 12 euros.

    Pour une fois qu’on critique l’agriculture intensive, de la part d’un économiste… dire que l’exploitation gigantesque en éthiopie est une hérésie, qu’il y a des populations sur ces terres achetées par de grands groupes, etc. et que cela provoque un exode….

  29. J’ai fait un rêve : « je me réveille dans un monde où, enfin, les paris sur les fluctuations des prix sont interdits ; où, enfin, l’échelle des rémunérations du travail est de 1/20 ; où, enfin, les banques, récoltant l’argent des épargnants, jouent leur vraie rôle: celui d’intermédiation financière … . Je suis l’inventeur d’une pile révolutionnaire pour voiture électrique et je désire, avec des associés, créer une entreprise pour industrialiser mon invention. Je m’entends balbutier : ‘J’ai besoin d’un très gros financement de départ pour me lancer et je n’ai aucune fortune personnelle, pas plus que mes associés ’. Je m’entends répéter la définition jorionienne du capital : « une ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire … » et, aussi, la définition jorionienne du capitalisme : « un système qui se caractérise – et qui souffre – du fait de ce défaut, à savoir que les ressources manquent la où on en a besoin », et encore, la contrainte jorionienne « rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré ». De plus en plus agité, je m’entends dire : ‘ Punaise ! Je vais devoir m’adresser là où le capital se trouve concentré, c’est-à-dire à ma banque, pour obtenir la ressource qui me manque, c’est-à-dire un prêt ’. En plein délire, je m’entends hurler : ‘ Quel cauchemar ! On n’en sortira jamais du système capitaliste! ’ ».

    Je me réveille en sueur et … en plein désarroi !

    1. @ André : cauchemars .. pas marrant .;
      On en fait tous .;

      PILES à Combustible / depuis hier, je me réintéresse à ça ..

      Voici 38 ans, je m’occupais notamment de BREVETS sur des BATTERIES .
      A+

    2. Mettez la pédale douce, svp, que le capital ne soit pas là où il faut ne signifie pas qu’il devrait tomber tout cuit dans les mains du premier inventeur venu ! J’vous rappelle que plus d’un inventeur a quand même trouvé de quoi se financer : c’est difficile mais pas impossible. S’il n’y avait pas de difficultés pour servir de frein, beaucoup d’investisseurs perdraient leur fric à financer n’importe quoi.

  30. Le rapport aux objets est un phénomène de dépendance grave, chez moi en tout cas. Et cela ne date pas d’hier, pour la civilisation. Depuis le bouclier d’Achille de l’Iliade, ce bouclier-monde qui contient une ville et une histoire, qui luit tel un soleil noir sur le champ de bataille … objets magiques, qui circulent entre générations et entre mondes, entre temps. Ils durent, nous survivent, leurs capacités sont étonnantes et parfaites, leurs mécanismes inexpliqués. Sortes de petits miracles.

    L’appareil photo notamment. Objet ultime puisqu’il permet de capturer les autres objets, leur reflet, les personnes, les astres. Boite magique, boite à lumière, qui garde le souvenir de l’instant, avec plus de précision que nos yeux, ou notre mémoire. Archivage de la vue, capture du temps, de la beauté, de la couleur… L’instant est rendu à l’éternité, puisque l’image est éternelle… Dans 5000 ans la photo que vous prenez, peut-être que quelqu’un la regardera.

    1. Je ne sais pas mais les photos, bandes magnétiques, les fichiers informatiques, toutes ces mémoires me semblent si fragiles …..
      Pensez-vous vraiment que dans 5000 ans, peut-être, mais … ???

      1. Euh oui justement, dans 5000 ans, c’est un peut l’éternel retour du même sans cyclicité. Toutes vos photos sont éternelles par reproduction. Les supports sont fragiles mais l’on copie sans perte… d’où une autre responsabilité pour nous aujourd’hui… Avant, l’histoire ne portait pas à conséquence, les matériaux historiques se dispersaient, la mémoire s’éteignait… D’où le travail de Lanzmann, le devoir de mémoire, la lutte contre l’oubli. Mais l’internet est aujourd’hui une archive du monde, destinée à durer le temps du monde ! Tant qu’un tsunami n’engloutit pas l’ensemble des serveur google, cela ne s’efface pas. Une mémoire infaillible et éternelle.

        On pourra toujours transférer les donnés sur des supports plus avancés. Et le blog ici, idem. Si personne ne le détruit, ou détruit l’ensemble de ses lieux d’archivages, de ses copies, il durera plus longtemps que les hiéroglyphes… Dans 100 ans il pourrait encore être accessible et lu. Sauf s’ il n’y a plus d’électricité, bien sûr tout ceci est en danger avec le danger que court notre civilisation …

        On est encore psychologiquement en arrière au temps des DVD. c’était une tentative de faire durer le support, or l’information circule entre les supports.

  31. Paul Jorion
    Je viens de lire votre livre. C’est vrai que ce n’est pas du Karl Marx « soft » mais je pense que ce capital n’est pas encore à l’agonie. Pour moi vous êtes encore dans l’utopie. Tant que le Capital « s’auto-alimentera » par le Crédit mettant tous ces emprunteursdans les griffes de ce capital, inutile de vouloir « voir » les choses autrement. Revenir au « Capital nationalisé » c’est rétourner au système soviètique car ce n’est ps demain que les pays du globe seront d’accord entre eux et on en a vu les conséquences humaines », c’est à dire la création des « Apparatchiks du système » Et là vous n’aurez plus affaires aux « marchés » mais à l’autorité rigide de la pensée unique. Pour moi je préfère encore le libéralisme à condition bien sûr, qu’l soit « démocratique ».

    1. @Michel P :
      Paul Jorion ne dit pas que le capitalisme est mort , une agonie ça peut durer longtemps , l’utopie c’est aussi de croire qu’il s’en remettra . Vous savez les emprunteurs ne sont pas dans les griffes du capital, quand il n’y a plus moyen de rembourser, eh bien on ne rembourse plus
      et le capital est perdu. Quand on voit que la grêce emprunte a 4.8 pourcent a 6 mois alors qu’elle est en récession il n’y a pas de mystère les états ne rembourseront pas les banques.
      Mais a la vitesse ou les taux de emprunts d’état augmentent ca risque d’être plié assez vite.
      Et les banques s’effondreront la seule solution en urgence sera de les recapitaliser par de la création monétaire massive. Vos allusions au communisme sont déplacées il me semble la pensée unique nous l’avons déjà aujourd’hui , la foi aveugle envers l’autorégulation des marchés et pour ce qui est de la démocratie ,il y a longtemps qu’on a glissé dans l’oligarchie.
      Marx a eu le mérite de proposer une alternative au capitalisme il a aussi fait remarquer que ce régime serait une catastrophe s’il était appliqué en russie. On oublie aussi que le communisme n’a jamais été appliqué en Urss il y a juste eu un régime dictatorial qui se revendiquait communiste comme certaines autres dictatures se décrêtent démocratiques
      Cela dit vous personne ne prétend ici que le communisme est une alternative crédible
      mais rejeter toutes les idées de marx n’a pas de sens au stade de la réflexion.
      Le terme « libéralisme démocratique » est pour le coup une utopie vu le rapport de force déséquilibré entre le capital et le travail il revient a donner carte blanche aux tenants du capital
      pour exploiter et détruire l’économie et l’environnement dans le simple but de l’enrichissement d’une minorité.
      Il n’y a la pas la moindre trace de démocratie il n’y a pas la place.

  32. Question de Laurent Etre : « Après tout, la valeur du capital avancé par l’investisseur provient-elle d’autre chose, en dernier ressort, que du travail ? ».

    Réponse de Paul Jorion : « Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur (…) » (souligné par moi) et de citer, comme exemple, le minerai qui n’est, effectivement, le fait d’aucun travail humain mais est un don de la nature.

    Un ouvrier anglais de la moitié du 19ème siècle a donné du capital la merveilleuse définition suivante : « Le capital, c’est du travail accumulé ». Prenons justement le cas du minerai (par ex. la malachite). Il faut l’extraire, la fondre, raffiner le produit de la fonte, le couler en lingots de cuivre et vendre les lingots pour des usages industriels. Tout du long de cette chaîne d’activités, il y a le travail, effectivement accumulé, de millions de personnes non seulement vivantes (les géologues – prospecteurs, les ouvriers – fondeurs, les techniciens, les ingénieurs, les chefs d’entreprises, les commerciaux, les administratifs, les comptables, les secrétaires, le personnel de nettoyage, etc.. ) mais aussi mortes (les savants et les érudits qui, de génération en génération, depuis la révolutions scientifique de la Renaissance, ont accumulés savoirs et procédés nécessaires à la naissance, au développement, à la modernisation etc. de toutes ces activités).

    Ce qui me fait dire que les entreprises du secteur et leurs produits sont des biens collectifs : c’est par là aussi que devrait être abordé la question de la propriété.

  33. Question de Laurent Etre : « Êtes-vous alors favorable à des nationalisations dans certains secteurs clés de l’économie, à commencer par les banques ? ».

    Réponse de Paul Jorion : « (…) Nationaliser sans changer cette structure de pouvoir n’aurait donc aucune conséquence».

    Eh bien ! Nationalisons les banques ou du moins les principales d’entre elles (pour autant que cela soit encore possible : n’aurait-il pas fallu le faire en 2008 ?), pour justement, à l’abri de toutes les pressions des lobbys du monde de la finance, restructurer le secteur de fond en comble et le revendre, sain, au privé.
    Il faudrait que chaque Etat garde une grande banque publique ne fut-ce que pour la raison suivante : appelé de plus en plus à jouer un rôle de régulateur, il lui faut des hommes d’expérience qui connaissent bien les rouages de la banque et les roueries des banquiers. Seuls des « fonctionnaires » banquiers, acquis à la défense de l’intérêt général (mieux : du bien commun qu’est l’argent), recrutés sur concours, bien rémunérés et assujettis à des règles déontologiques strictes, sont en mesure de jouer ce rôle de régulateur, au nom et pour le compte de l’Etat.

  34. Excellent article. La permanence du capitalisme repose aussi sur une aliénation. « Nous saisissons bien ce qu’est la propriété privée du point de vue de celui qui possède un objet, mais sommes-nous bien conscients du fait que les objets, de plus en plus, nous possèdent ? ». Quand beaucoup des membres de la collectivité ont un horizon bordé par le pouvoir des objets, et que l’enjeu est de les posséder, on aura du mal à y trouver un terreau pour un changement. Les consuméristes sont conservateurs par nature. Peut-être faudrait-il réinventer un ordre laïque de moines-guerriers portant la bonne parole dans la société pour la réinventer, se ressourçant dans des « monastères laics », menant vie frugale et spartiate…

    1. Il est consternant de noter que les économistes libéraux de nos jours ne savent toujours pas que leur statut est le même que celui des théoriciens communistes le lendemain de la chute du mur. Ecoutez-les pérorer sur FR C.

      Ils n’ont rien vu venir et n’ont rien compris à la crise, et pourtant l’on continue de leur tendre le micro.

      Casanova, Mistral, St Etienne. Le trio infernal.

      Jamais malthus n’est cité ni keynes, ni jorion ni…

  35. Question de Laurent Etre : « Mais alors, que faut-il faire ? Comment s’y prendre pour bouleverser le rapport de force entre actionnaires, dirigeants d’entreprises et salariés ? ».

    Réponse de Paul Jorion : « Il faut bien sûr commencer par augmenter les salaires (…) ».

    Plus loin, à une autre question de Laurent Etre portant sur le travail, Paul Jorion répond, entre autre : « (…) ma thèse, c’est que si l’on reste dans une telle société, où les travailleurs tendent à être remplacés par des machines sans bénéficier de la productivité ainsi créée, il faut alors trouver une solution pour leur donner des revenus qui leur permettent de continuer à consommer ».

    Si la productivité continue à augmenter et si le travail se fait rare, ne faudrait-il pas mieux diminuer le temps de travail et embaucher, plutôt que d’augmenter les salaires ?

    1. Diminuer le temps de travail sans augmenter les salaires ?
      C’est le vécu de millions de gens aujourd’hui : ils se retrouvent avec 25 % du smic pour vivre !!!!!!
      Et parfois même moins.
      J’ai déjà trouvé des offres d’emploi en CDI pour 1 heure de travail par semaine ! Au tarif actuel vous faites comment pour vivre en travaillant 1 h par semaine ???

      1. Je parle là (enfin j’écris) du pékin lambda, il est fort possible que dans d’autres sphères on puisse vivre fort aisément en ne travaillant qu’ 1 h par semaine !

      2. Louise,
        il y en a ! n’en doutez point : et même zero h. =) on appelle ça « emploi fictif  » : les conjoints étant fort bien payés ( en travaillant eux ), c’est de l’argent de poche, en somme ! il faut bien faire les boutiques ! …sinon, on s’ennuierait !
        le pire, c’est qu’ils-elles ne sont pas gêné(e)s …

        et, on veut nous culpabiliser pour la manne cachée que serait la « providence » du système social . fr !
        c’est une blague !
        nous en avons trop vu : merci bien ! ça ne prend plus !

  36. rodj dit :
    16 avril 2011 à 12:58

    Le capitalisme est un processus naturel, donc ni bon ni mauvais…Et j’ose ajouter José Beauvais…

  37. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hA_O1YpTIGj3wgKknf8s-6YgntAA

    Le Vatican se convertit à l’énergie solaire

    (AFP) – 26 nov. 2008

    CITE DU VATICAN (AFP) — L’Etat du Vatican s’est partiellement converti au solaire mercredi avec l’inauguration de sa première installation d’énergie « propre » sur le toit de la moderne salle Paul VI, à deux pas de la coupole de la basilique Saint-Pierre.

    Les 2.400 panneaux solaires qui épousent le toit incurvé de l’immense salle de 5.000 mètres carrés permettront de fournir 300 MW sur l’année, avec des pics de 221 KW/heure, selon le Vatican.

    (…)

    Le thème de l’écologie est souvent présent dans les interventions du pape Benoît XVI. Lors de son voyage en Australie, il a appelé à « réveiller les consciences » pour répondre au « grand défi » que représente la protection de l’environnement.

    =========

    Grande évolution depuis les écrits qui placent l’humain au centre de la nature, pour la dominer … il nomme les animaux, etc.

    1. En souhaitant un sans faute… »Le Vatican est par ailleurs impliqué depuis l’été 2007 dans la plantation d’une forêt en Hongrie gérée en son nom par une société américano-hongroise mécène, Planktos-Klimafa.

      Cette reforestation est destinée à le placer au premier rang des Etats neutres en matière d’émissions de gaz carbonique.

      Selon le protocole de Kyoto, il est possible pour un Etat d’obtenir des crédits d’émission de gaz à effet de serre en investissant dans l’écologie dans d’autres pays.

      Le thème de l’écologie est souvent présent dans les interventions du pape Benoît XVI. Lors de son voyage en Australie, il a appelé à « réveiller les consciences » pour répondre au « grand défi » que représente la protection de l’environnement.

      Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés. Plus »
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      AFP

      Coucher de soleil sur la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 5 avril 2005
      Carte…Lisztfr , you’toomuch!…J souhd tellyou …I love…ME?

  38. Pour moi la critique du système devrait-être un peu plus large.

    Car le juste n’est pas toujours plus heureux et content de passer toujours bien après les autres, c’est-à-dire en fait toujours les premiers opportunistes pseudo-révolutionnaires
    de l’histoire, oui à chacun sa propre conception et idée ouverte de l’universel de nos jours.

    Ne parlons pas trop non plus dans le même temps d’une trop grande vision sacrificielle de l’existence des autres à notre place sur le terrain.

    Ce qui est pas mal aussi dans un tel monde en faillite capitaliste c’est que même les gens les plus anti-ceci ou cela se mettent également à mieux se la péter de nouveau devant les autres, nous faire la leçon sur l’amour et la tolérance, hum …..

    Mon Dieu, mon Dieu, pourvu quand même que tout le monde ne tombe pas tous dans le même piège, des gens du capitalisme, des gens du socialisme qui vous parleront bien
    sur tout le temps de l’universel en premier, l’amour, la politique, la science, l’art, les mathématiques, pour bien évidemment toujours de toutes ces choses là jusqu’au bout.

    Pauvres élites de ce monde d’un bord et d’un autre s’imaginant bien peut-être encore avoir apporté une meilleure conception de la vie humaine depuis d’aileurs la si remarquable et flatteuse révolution française pour l’homme.

    Tout juste qu’une autre grande illusion temporelle de plus, acceptons surtout l’autre qui nous ressemble d’abord, mais qu’est-ce que vous croyez qu’ils veulent vraiment avancer autrement.

    Alors qu’en fait le monde n’a j’amais été aussi prêt de l’abime et on se gargarise de nouveau d’avoir bien fait le capitalisme, bien pensé le socialisme, bien écrit le communisme, bien révolutionné le monde, alors qu’en fait le monde n’a jamais été aussi mené en bateau par une plus grande somme de gens bien ressemblants à la fois.

    Ah si seulement il ne pouvait y avoir également à la fois que le capitalisme pour mieux rabaisser continuellement l’homme à une plus grande dimension animale, pas un pour rattraper l’autre dans tel ou tel magazine à la mode, bien piètres idéaux révolutionnaires français,

    Hum comme le disait Hegel, tout ce qui ne me plait pas encore de bien reconnaître avant moi sur le chemin mérite surtout bien de passer après moi, et je pourrais poursuivre comme ça jusqu’à la fin de ma vie que cela ne servirait pas plus à changer les gens si bien pensants de mon temps.

    Mon grand malheur de plus dans la misère, que j’en pousse hélas à mes propres dépends
    un plus grand nombre aux seules idées du communisme et socialisme sur terre.

    Oui voilà bien pourquoi je me considère bien comme un autre faux prophète de plus pour l’humanité en péril.

    Je vous prie, triez, triez, on trime également jamais assez dans la vie pour les autres,

  39. Enfin à chacun sa stratégie de penser et de conduite, comme les gens du Capitalisme financier entretiennent beaucoup les gens du socialisme Bureaucratique et vice versa à la fois.

  40. Toujours à une question de Laurent Etre sur le travail, Paul Jorion répond, entre autre, ceci : « Il faut également poser la question du rôle des cadres. L’essentiel de leur travail est un travail de supervision. Pourquoi cette supervision est-elle aujourd’hui nécessaire ? Parce qu’on ne peut laisser l’initiative aux travailleurs eux-mêmes, dans la mesure où l’actuelle distribution du profit alimente chez eux le ressentiment. Eliminons la source du ressentiment, et il y aura alors moins de supervision nécessaire. Les dirigeants pourront se consacrer eux-mêmes à la part créative de leur travail. En ce sens, ils ont autant à gagner que les salariés à une disparition de la part de l’investisseur ».

    « Pourquoi – se demande Paul Jorion – cette supervision est-elle aujourd’hui nécessaire ? ». Il se donne à lui-même un très bon début de réponse : « Parce qu’on ne peut laisser l’initiative aux travailleurs eux-mêmes, (…) ». Mais la suite déçoit : « (…) dans la mesure où l’actuelle distribution du profit alimente chez eux le ressentiment ». µ

    Si ce facteur existe bel et bien (par parenthèse, ne serait-il pas abusivement « psychologisant » ?), il n’est pas le seul et certainement pas le principal qui tient aux conditions de travail, dans le sens le plus profond du terme, au sein d’une entreprise. A cet égard, c’est Castoriadis qui a vu juste, relevant ce qu’il appelle « la contradiction fondamentale impliquée dans l’organisation (capitaliste) de la production »: « (…) la nécessité simultanée d’exclure les ouvriers de la direction de leur propre travail, et, vu l’effondrement de la production qui serait le résultat de cette exclusion si jamais elle se réalisait intégralement (…), de les y faire participer, de faire appel constamment aux ouvriers et à leurs groupes informels, considérés tantôt de simples écrous de la machine productive et tantôt comme des surhommes capables de parer à tout et même aux absurdités insondables du plan de production qu’on veut leur imposer » (« Introduction » dans « La société bureaucratique 1 » 10-18, page 34). Notons que Castoriadis savait de quoi il parlait : il a bénéficié de l’expérience d’ouvriers qui militaient dans le groupe Socialisme ou Barbarie (américains : Ria Stone et Paul Romano et français : Ph Guillaume et D. Mothé). Plus loin, Castoriadis ajoute (page 36) : « (…) la contradiction fondamentale de cette organisation, en tant qu’elle exige à la fois l’exclusion et la participation des producteurs (…) est (…) insurmontable, car son dépassement ne peut se faire, tautologiquement, que par la suppression de la scission entre direction et exécution, donc de toute hiérarchie ».

    Pour revenir à la réponse de Paul Jorion, les cadres (les dirigeants) en sont encore et toujours à « superviser » (mot bien faible quand on voit ce qui se passe dans une entreprise comme France Télécom : à imposer, plutôt, « leur construction paranoïaque » suivant l’heureuse expression de Castoriadis), parce que, sous la pression de leurs donneurs d’ordre (les investisseurs), ils ne peuvent décidément pas laisser l’initiative aux autres salariés. Eliminons donc la hiérarchie (en clair : promouvons l’autogestion) et lesdits cadres n’auront plus à « superviser » mais participeront, à égalité avec les autres salariés, à la vie de l’entreprise.

  41. Assez de catastrophisme! Tout va bien, ouvrez votre radio ou votre télévision.
    la très Sainte Croissance repart (béni soit son nom), nous sortons de la crise et en prime le soleil brille dehors. Arrêtez de vous faire des noeuds au cerveau pour rien. Le capitalisme prédateur ne s’est jamais aussi bien porté.
    Une minorité en profite plein pot, une majorité prend des baffes de plus en plus cinglantes.
    Non, vraiment du point de vue de la ploutocratie tout va bien. Tout ce beau monde continue à saccager la planète avec entrain: « Business as usual. » Elle est pas belle la vie ?
    Vous vivez dans un monde terne et gris, vous essayez de comprendre… Mais il n’y a rien
    à comprendre. C’est la loi du plus fort et du plus cynique: un point c’est tout.
    Dépouillez les tous, le Marché reconnaîtra les siens, pour paraphraser les paroles du
    légat du Pape lors de la mise à sac de Béziers. Positivons comme le patron de Carrefour, non
    comme ses salariés qui se plaignent. Mais bon Dieu pourquoi se plaignent-ils? Les gros exploitent les petits, c’est dans l’ordre naturel des choses, c’est presque dans l’ordre divin.
    La patronne des patrons l’avait déjà dit:  » le travail, comme l’amour sont des choses précaires,
    la vie elle même est précaire ». La précarité c’est l’état naturel des êtres vivants, pourquoi vouloir remettre cet état de fait en question ? Non mais des fois! Bande d ‘utopistes qui avez encore du lait sur le bord des lèvres.
    Ah! j’oubliais au Japon il n’y a plus de catastrophe nucléaire, ou plutôt la catastrophe est intégrée à la normalité. Le Marché va nous arranger tout ça. Quant aux anglais ils vont bientôt être gratifiés de magnifiques cérémonies à l’occasion du mariage princier. God bless the Market and the Medias!
    Tiens à propos de site catastrophiste en voilà un autre:
    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-54-est-disponible-Crise-systemique-globale-Automne-2011-Budget-T-Bonds-Dollar-les-trois-crises-americaines-qui_a6328.html

    1. Dépouillez les tous, le Marché reconnaîtra les siens, pour paraphraser les paroles du
      légat du Pape lors de la mise à sac de Béziers

      Belle paraphrase !

      (mais, le légat avait déjà « calenché » ,de mort non naturelle, me semble-t-il ?
      Je crois bien que c’est Simon de Monfort qui a émis ces paroles inoubliables ( Tuez , pour dépouillez, ce qui peut revenir au même ; et Dieu, pour le Marché , ce qui d’après le libéralisme sans freins revient au même )

      1. Qui s’attaquera de nouveau à la mémoire d’un autre cathare brulé sur le bucher aura également affaire à Jérémie

        ( Guilhem Pélhisson, dominicain de Toulouse. Chronique 1229-1244)

        « Voyez comme les paroles de l’Evangile contredisent la très dure et méchante Eglise romaine : car celle-ci n’est pas persécutée pour le bien ni pour la justice qu’il y aurait en elle, mais au contraire, c’est elle qui persécute, juge, divise et met constamment à mort quiconque ne veut consentir à ses péchés et ses forfaitures. Et elle ne fuit pas de cité en cité, mais elle a seigneurie sur les cités, les bourgs et les provinces, et elle siège majestueusement dans les pomes de ce monde, et elle est redoutée des rois, des empereurs et des autres barons… Et elle fait tout pour imposer son empire sur les païens, les Juifs et les Gentils…  »

        Matthieu 23:15 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte; et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.

        Matthieu 23:4 Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt.

        Matthieu 23:16 Malheur à vous, conducteurs aveugles! qui dites: Si quelqu’un jure par le temple, ce n’est rien; mais, si quelqu’un jure par l’or du temple, il est engagé.

        Matthieu 23:5 En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C’est ainsi qu’ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges.

        Matthieu 23:6 Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues,

        Matthieu 23:7 à recevoir les salutations sur les places publiques et à s’entendre appeler « Rabbi » par les gens. Voyez également comme nous sommes devenus si savants et droits.

        Matthieu 23:23 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

        Luc 11:52 Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient.

        Matthieu 3:7 Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?

  42. Bonjour à tous

    Sur les « faibles » que la loi « naturelle » du capitalisme élimine: il a été établi que pour survivre la banque Wachovia a blanchi 385 milliards de dollars des cartels de la drogue mexicains: Wachovia survit en ayant allègrement violé pas mal de lois ( sans même parler d’éthique) se rangeant ainsi parmi les forts les adaptés au capitalisme selon l’optique de certains ici…
    Du point de vue purement biologique, il s’agit effectivement d’un mouvement gagnant pour la survie pdu moins temporaire . Mais il y a une tendance extrêmement perverse de vouloir faire accroire que les réactions simiesques de survie sont celles qui font progresser l’humanité alors que l’humain ne peut se réduire au biologique et que c’est justement notre humanité en devenir qui établit des lois interdisant ce genre de comportement….
    Ainsi cette entreprise se retrouve parmi les non faibles, c.à.d. les survivants dans le système « naturel » du capitalisme alors qu’elle se place en totale faiblesse selon les critères du comportement humain.
    Par cet exemple, on voit bien comment l’intelligence peut être dévoyée et pervertie par l’idéologie et prétendre par dessus le marché à l’objectivité scientifique!
    Les mots même employés pour nommer les « faits » sont déjà révélateurs de cette perversion.

    Pour ce qui est des pratiques de mise en esclavage moderne:
    Un vigneron voit arriver chez lui des acheteurs de la GD; ceux ci lui prennent quelques centaines de bouteilles à son prix.
    la saison suivante ils reviennent, disent que ce vin a eu du succès et qu’ils vont en reprendre mais beaucoup plus. Le vigneron peu averti se réjouit de la bonne affaire. Petit problème : sa production est insuffisante. pas de problème lui disent les autres: vous pouvez emprunter pour étendre votre affaire puisque nous allons vousacheter votre production…
    Notre ami s’endette donc pour augmenter sa production …
    mais la troisième année, les acheteurs sachant le vigneron coincé par ses emprunts n’achètent plus le vin au prix du vigneron mais au leur qui bien entendu lui prend la quasi totalité de sa marge…
    C’est ainsi que l’on esclave les gens en douceur avec leur consentement…
    A grande échelle c’est aussi la technique qu’emploient les pays riches pour mettre la main sur les ressources naturelles des pays pauvres: en les obligeant à emprunter …

    Mais bien entendu, ces choses n’existent pas, notre pauvre armateur n’a perdu que parce qu’il est faible ou qu’il a mal géré son affaire ou trop sorti d’argent, pas parce qu’il y a des prédateurs pervers alentour qui sont les parangons des vertus du capitalisme financier.
    L’invisible mais juste main des marchés l’a écrasé en vertu de la sélection naturelle!

    Certes on ne sait pas bien par quoi remplacer la capitalisme financier prédateur mais il n’en est pas moins urgent de mettre hors d’état de nuire tous les dévoyés pervers qui exploitent l’humanité sans vergogne: la barbarie est déjà de retour, par eux!
    Sinon Métropolis ou Zardoz c’est pour demain.

    Cordialement

    1. il n’en est pas moins urgent de mettre hors d’état de nuire tous les dévoyés pervers qui exploitent l’humanité sans vergogne

      Vous savez que vous pouvez vous économiser ce genre de déclaration ? Les dévoyés et les pervers existent depuis la nuit temps, ils sévissent dans tous les domaines, et quand on parvient à les éliminer effectivement, il en apparaît de nouvelles. « L’homme est un arbre qui ne pousse pas droit » disait je ne sais plus qui.

      1. @Crapaud rouge
        Ce ne sont pas aux dévoyés et aux pervers que l’on doit les plus grandes catastrophes, les dictatures et les génocides mais à ceux qui les laissent faire…
        Le courage de s’opposer voilà ce qui manque dans nos sociétés
        trop souvent c’est le silence des agneaux…(ouf c’est pas tombé sur moi )
        Le fait qu’il y ait toujours de nouveaux dévoyés et pervers a le mérite de ne pas nous laisser nous transformer en Dodos dodus.

    2. Ainsi cette entreprise se retrouve parmi les non faibles, c.à.d. les survivants dans le système “naturel” du capitalisme alors qu’elle se place en totale faiblesse selon les critères du comportement humain.
      Par cet exemple, on voit bien comment l’intelligence peut être dévoyée et pervertie par l’idéologie et prétendre par dessus le marché à l’objectivité scientifique!

      Bravo Steve !
      A faire lire à ducac40 de toute urgence ….

  43. (je me suis permis de revisiter un classique, on sait jamais ca pourrait servir bientôt)

    Monsieur Fouquet’s avait promis
    Monsieur Fouquet’s avait promis
    De réguler les financiers
    De réguler les financiers
    Mais il y a manqué
    Ne faisons plus de quartier

    Dansons la Carmagnole
    Vive le son, vive le son
    Dansons la Carmagnole
    Vive le son du canon

    1. De réguler les financiers
      Mais il y a manqué
      Ne faisons plus de quartier

      Dansons la Carmagnole

      ah, la jolie chanson !

    1. Y.Cochet …
      Tiens, j’y vois – si je puis dire – comme un certain echo …j’entends : stade final du capitalisme …
      besoin d’imagination …

      petit plaisir innocent :
      la marquise ne sourit plus ; elle a comme un trismus …
      elle doit savoir que « tout ne va pas trés bien » !

  44. Pour plein de raisons un nouveau système s’impose pour répondre aux nouveaux défis :

    – Surpopulation
    – Ressources plus rares
    – Productivité en hausse, emplois en baisses
    – …

    Notons également que ce qu’on appelle aujourd’hui le capitalisme n’est plus avec la collusion états/grosses sociétés (surtout aux US) ou le simple citoyen fait les frais des erreurs des banques que l’on sauve à coup de milliards (hyperinflation dans le futur) alors que les expulsions pour cause de crédits immobiliers impayés continuent …

  45. Un article intéressant : BIS vs banques nationales
    http://www.atimes.com/global-econ/de14dj01.html (traduction française google)

    Tout gouvernement appliquant la théorie de la monnaie d’État peut financer tous ses besoins de développement pour le maintient du plein emploi, sans inflation, avec sa propre monnaie nationale.La « théorie de la monnaie d’État » fait référence à l’argent créé par les gouvernements à la place des banques privées.

  46. Deux remarques sur votre analyse:
    je diverge sur deux points.
    1) Le capitalisme est engendré par la seule monnaie. En effet, toutes les ressources rares peuvent constituer un capital, mais seulement temporaire. Le fait qu’une ressource est rare réorganise l’organisation économique, mais tous ces obstacles sont toujours solubles, même le pétrole n’est pas vraiment indispensable!
    Seule la monnaie n’est pas remplaçable. Et sa raréfaction est intrinsèque du fait qu’elle est susceptible d’être thésaurisée. C’est pourquoi la monnaie actuelle est l’origine et la fin du régime capitaliste depuis toujours. En changeant l’émission monétaire par des signes monétaires marqués par le temps, le capitalisme tombe instantanément!
    2) Quant à la richesse: elle est le résultat exclusif du travail présent et passé. Dès que le travail diminue, nous allons nous appauvrir, car le temps qui dégrade tout fera son oeuvre.
    Le capital accumulé d’un coté est cependant toujours une dette de l’autre, somme : nulle.
    C’est pourquoi il ne s’agira, lors d’un investissement, jamais d’une « avance » d’un capital préalablement accumulé si l’on considère l’économie dans son ensemble, mais simplement d’une allocation des ressources présentes vers un objectif précis, en fait, d’un choix. C’est pourquoi, par exemple, le choix du nucléaire français alloue trop de ressources à cette énergie au détriment d’énergies alternatives.
    Si on garde à l’esprit qu’il n’y a jamais aucune épargne macroéconomique possible, beaucoup de choses deviennent beaucoup plus claires.
    Ainsi, les 3000 milliards de dollars de réserves de changes de la Chine ne sont jamais que le pendant de déficits ailleurs, aux USA notamment. idem pour les excédents commerciaux d’un pays qui ne sont possibles que parce qu’il y a des déficits ailleurs.

    Alors, si ceux qui réfléchissent à ces problèmes voulaient en convenir, ils saisiraient immédiatement que la rente du capital n’est jamais autre chose qu’un seigneuriage qui prélève des revenus sur le travail des autres. Et si on n’avait pas la monnaie thésaurisable telle qu’elle est, tout ce mystère de l’exploitation féroce du capitalisme disparaîtrait rapidement, et les salaires augmenteraient d’au moins 25% (la part revenu du capital dans le revenu national) pour tous les salariés. Et tout cela, évidemment, sans inflation!

    1. « dès que le travail diminue, nous allons nous appauvrir », la voilà la grosse erreur! et le travail « qui dégrade tout » me semble plus d’actualité à l’échelle planétaire. C’est comme la graisse, il y a la bonne graisse et la mauvaise graisse, comme les chasseurs aussi d’ailleurs,… Non, franchement, il y a de la marge, le travail peut diminuer et nous créerons de la richesse encore, ah oui, mais il y a la bonne richesse et la mauvaise richesse!

  47. Voici une anecdote révélatrice des arnaques capitalistes de haut vol pratiquées en haut lieu à la Fed avec l’argent public du contribuable américain :
    Cette escroquerie symptomatique révélée le 12 avril dernier par le magazine Rollingstone (traduction), illustre l’aggravation des griefs du peuple américain contre ses banquiers : au titre des bénéficiaires des aides de la Fed, on trouve les femmes de deux grandes figures de Wall Street qui ont créé un instrument sur mesure leur permettant de recevoir 220 millions USD de la Fed pour racheter des créances pourries… les bénéfices leur revenant et les pertes allant à la Fed !
    C’est hélas un exemple parmi beaucoup d’autres qui circulent actuellement sur le Net et qui ont brisé, désormais définitivement, le respect du peuple américain pour son institution monétaire de référence. Une situation explosive dans le contexte de la crise actuelle.
    Aux Etats-Unis, c’est aujourd’hui la vision diabolique qui s’est largement imposée dans l’opinion publique, à la différence de 2008 où, au contraire, les responsables de la Fed semblaient être les derniers recours. Ce changement psychologique n’est pas un détail et contribue fortement à limiter la marge de manoeuvre des dirigeants de la Fed. Et ce n’est pas la défaite judiciaire historique de la Banque centrale US, qui a été obligée de dévoiler les destinataires des centaines de milliards de Dollars d’aide distribuées après la crise de Wall Street de 2008, qui va améliorer cette situation, bien au contraire.

    Le capitalisme est certes à l’agonie… mais il a encore de « beaux restes »… c’est une idée fixe… qui a de plus en plus de sens !

    1. L’article de RollingStone magazine vient d’être traduit « humainement » en français (au 3/4) par Melvine:
      Les Vraies Ménagères de Wall Street
      Pourquoi la Réserve fédérale a détourné plus de 220 millions de dollars d’argent du renflouement pour les épouses de deux gros bonnets de Morgan Stanley ?

  48. Sur l’extraordinaire site http://liveweb.arte.tv/ où il y a plein de concerts de toutes sortes de musiques, à voir l’intégrale des symphonies de Bruckner par Baremboim avec la Staatskapelle de Berlin, et surtout sa fabuleuse Huitième (1892), la symphonie la plus colossale qu’on ait jamais écrite:

    http://liveweb.arte.tv/fr/video/Bruckner_Symphonie8/

    Pour les pressés (elle dure 80 ‘) à écouter le début (1′-3′), et les minutes 8′-10′ et 13′-15′ du premier mouvement. La fin du Scherzo et le début de l’Adagio – si plagié par Mahler – (30′-36′), et vers la fin (46′-52′). Et dans le 4e mouvement, le début (56′-58´) et à 66′, 69′ et surtout la fin extraordinaire de la symphonie, à partir de 75’ avec son gigantesque crescendo final vers les trois tutti qui la concluent.

      1. Oui, j’avais vu ça (qui a fait plus de bruit en Espagne qu’en France, d’ailleurs). Ça me rappelle la phrase de Dostoievski dans « L’idiot »: « La beauté sauvera le monde ».

  49. C’est fou comme je comprends mieux les maths et l’économie quand c’est vous qui l’expliquez M. Jorion. Bah, je ne dis pas que j’irai jusqu’à lire votre livre sur le sujet, mais grâce à vous, je quitterai cette planète moins idiote :-)))

    En tant qu’ex-artiste de naissance et sur le plan professionnel, mais néanmoins restée telle dans la tête, il est bien clair que ce sujet n’était pas mon point fort. Mais dès qu’il s’agit de le traduire sur le plan inter-activité humaine, vous êtes très efficace, et cela devient compréhensible au citoyen lambda comme moi, voire même évident.

    Vous me faites penser à des notes harmonieusement déployées sur une partition, tenant compte des silences, des respirations, du phrasé, de l’équilibre, de la sobriété.

    Alors merci pour cela. Je vous accorde un prix Nobel de la ronde.

  50. Capital, je comprend à peu près, mais capitalisme, je bloque. En fait, je n’ai toujours pas compris ce que c’était, le capitalisme. Je vous assure que ce n’est pas pour provoquer, mais sincère. Je ne parviens pas à me figurer le sens de ce mot, malgré une pseudo-définition donnée dans l’interview, ça ne fait pas sens pour moi. Mais il faut dire que j’ai un peu de mal aussi avec le mot système, système de quoi? Système politique, sociétal, social, oligarchique? J’ai beau avoir l’impression de comprendre les différents raisonnements et les pensées des commentateurs qui s’y réfèrent, je bloque. Comment alors me dire qu’il est à l’agonie ou qu’il va bien, d’autant que la définition semble différente entre celui qui dira qu’il se porte bien et celui qui le caractrise comme moribond. Je me demande donc surtout: faut-il vraiment s’arrêter sur ce mot, caractérise t’il vraiment notre civilisation, ne peut-on pas s’exprimer en passant à côté de ce mot, parler d’autre chose pour définir notre situation? Je l’espère un peu, sinon, j’aurai besoin d’aide.

  51. « La reprise mondiale gagne de la force mais reste vulnérable » dixit le Comité monétaire et financier international.
    Sur la nature de la force ( noeuds, joules, watts ?) les milieux autorisés restent discrets
    « Nous soulignons également l’importance de la création d’emplois pour la viabilité à moyen terme »[de la croissance économique]..
    Coluche, reviens !

  52. Il ne me semble pas que Paul Jorion ait encore réagi directement au rapport du Sénat américain accusant deux banques de dissimulation financière (ce qui donne d’autant plus de pertinence, je crois à la critique exposée dans mon blog).

    Je viens de soumettre un commentaire intitulé Démystifier George Ugeux dans son dernier billet, qui pourrait en intéresser certains:

    http://finance.blog.lemonde.fr/2011/04/15/le-president-de-goldman-sachs-fera-t-il-de-la-prison/#comment-9600

    Un peu plus loin, je l’interpelle sur ce profil :

    Monsieur Ugeux, voudriez vous réagir à mon message du 16 avril 2011 à 20:53, Démystifier Georges Ugeux?

    et poursuis par une question que j’aimerais aussi adresser à Paul Jorion. Je la recopie donc :

    On peut lire dans les commentaires du dégoût et du fatalisme vis à vis du problème évoqué. N’est-il pas de votre rôle, en moralisateur de la finance, de suggérer des solutions concrètes?

    Par exemple, l’application du code de bonne conduite des spécialistes en valeurs du trésor (SVT) ne permettrait-il pas de mettre un moratoire à la participation de GS et DB aux adjudications du trésor, en vue de leurs mauvais agissements rapportés par le sénat Américain? Et si ce n’est pas le cas, ne faudrait-il pas amender le code lui même?

    aft.gouv.fr/IMG/pdf/AFT_-_Code_de_Bonne_Conduite.pdf

    On se souvient peut-être que la menace par l’état Japonais de ne plus traiter avec GS il y a quelques années déjà, pour des faits indépendants, avait fait quelques remous. Rien n’est pire, en termes de réputation, que de perdre un client aussi massif et symbolique qu’un état.

    Encore faudrait-il que Madame Lagarde, aux allégeances mi-figues mi-raisin, en ce qui concerne la lutte contre les excès de la finance, ait seulement la volonté de mettre en place ces mesures.

    Mais la seule mise à la connaissance du publique de mesures concrètes et précises («execution is key, everything else is literature»), n’aurait-elle pas pour effet de changer, ne serait-ce qu’à la marge, le rapport de force? Les petits ruisseaux font les grandes rivières…

    Je signale que la liste des SVT est disponible ici : aft.gouv.fr/article_96.html?id_article=96&id_rubrique=83 et inclut GS et DB.
    Rédigé par : ºC – Critique de «Théorie» de la prédation | le 17 avril 2011 à 00:28

    1. « Il ne me semble pas que Paul Jorion ait encore réagi directement au rapport du Sénat américain accusant deux banques de dissimulation financière (ce qui donne d’autant plus de pertinence, je crois à la critique exposée dans mon blog). »

      Si : dans ma vidéo de vendredi.

      1. Je l’ai visionnée, merci.

        Il n’est paradoxal qu’en apparence, de votre part, que vous teniez les syndicalistes comme prisonniers de leur vision marxiste, alors que les chefs d’entreprise feraient preuve d’une plus grande sophistication.

        Je n’ai sans doute pas besoin de vous rappeler que je crois tenir une anomalie dans le 2è groupe… Je ne saurais même pas me risquer à lui accorder l’adjectif «malin». Tant il est vrai que je prêche dans le désert, néanmoins, il est possible que je sois désorienté…

        Quant à ma question (ci-dessus), sans doute ne mérite t-elle pas de réponse ou demande t-elle, au contraire, réflexion… Elle s’intègre pourtant dans le thème de l’action, brièvement abordée au début de la vidéo.

        En me relisant, je note un possible léger contresens : c’est bien la révélation de faits reprochés aux deux banques qui donne de la pertinence, ou du moins de l’actualité à mon dernier billet, et non l’absence supposée de réaction de votre part à la nouvelle (le rapport du sénat).

  53. Paul, je vais vous faire plaisir : le capitalisme, c’est un peu comme uin réacteur nucléaire : il s’agit de maintenir un équilibre instable.

    Un réacteur nucléaire est une « bombe atomique au ralenti » : on amorce un poil de réaction en chaîne, mais on l’empêche de s’emballer, en régulant le flux de neutrons. Trop de neutrons, ça part en surchauffe comme à Tchernobyl, pas assez ça s’arrête et ne produit pas d’énergie. Il faut rester sur la crête, sans tomber ni à droite, ni à gauche, en utilisant divers absorbeurs de neutrons réglables (barres de contrôle absorbantes surtout) et en profitant de particularités plus subtiles (neutrons retardés, coefficients de vide et de température de préférence négatifs …)

    La capitalisme est aussi un mécanisme très délicat. Quand tout est bien équilibré (en particulier les pouvoirs des 4 classes intervenantes), comme dans les 30 glorieuses, ça marche comme une horloge. Au moindre déséquilibre, ça s’emballe ou ça coince. Si ça commence à coincer et qu’on retire les barres de contrôle pour relancer la machine, on risque le gros pépin modèle Tchernobyl : l’excédent de monnaie va faire exploser tout le bazar, dont les débris vont retomber en pluie fine sur toute la planète (bien entendu, il n’y a pas d’enceinte de confinement).

    Vous et FL semblent penser que c’est dans le coin de l’euro que ça va péter d’abord ; d’autres (LEAP) pensent que la zone dollar va lâcher en premier. Le résultat final ne devrait pas être très différent.

    Il faut vraiment être profondément masochiste ou totalement inconscient pour vouloir être président en 2012 ! D’ailleurs, si la Grande cata s’enclenche avant, il se peut que tout le monde se défile et que Sarko reste en place par défaut… Et si ça arrive entre les deux tours, je ne vous dis pas la panique !

    Liberté, égalité, fraternité : l’occasion de mettre l’accent sur le 3ème pôle de notre devise nationale approche. L’ennuyeux est que les pays mettent en général dans leur devise ce qui leur fait le plus défaut : ils faut les lire comme des objectifs plutôt que des qualités intrinsèques (p.ex. les Anglais ont dû inventer le fair play pour compenser un formidable penchant naturel à la tricherie).

    C’est dire si on va être mal. L’industrie des antidépresseurs devrait survivre.

  54. 1%!!!
    Et dire que lorsque je décris le village de ma grand-mère, il y a une quarantaine d’année, où il y avait une dizaine de famille d’agriculteurs forts autant chacun d’une demi-douzaine d’enfants, j’explique à qui veux l’entendre (mal) que ces forçats de jadis sont aujourd’hui remplacés par un seul exploitant sur-endetté, tandis que ces forçats mettaient des pièces et des billets dans la soupière avec une sorte de fascination, alors que le sur-endetté d’aujourd’hui met des factures dans la soupière avec une sorte de dépit, si fait que les (mal)entendants rétorquent que les soixante-dix neuf disparus de la production agricole sont des bons ou des mauvais serviteurs du système, suivant une sorte de Darwinisme, pour l’attendue production et pour l’émancipation de la Papouasie, pour une valeur qui ici s’ajouterait!

    Si je fais le compte, car on adore cela, des quatre-vingt personnes concernées, leur ajoutant au hasard vingt personne intéressées à la Papouasie, donc pour ce qui concerne ces cent personnes, j’étais encore loin d’imaginer que seulement une personne pas sur-endettée, pas simplement gestionnaire ou seulement confite en œuvre de gestion et donc réellement utile à la sorte de commerce imaginable, pour celle-là, il faudrait encore se demander comment désigner en réalité cette personne!
    Ayant des amitiés du coté de la Papouasie, je pencherais pour le choix d’un gars ou d’une dame de là-bas!
    Cela nous fait en reste quatre-vingt dix neuf marrons…

    Non, non, non, cela ne va pas!
    Il faut considérer un bien plus vaste échantillonnage….
    Alors, sur une base de mille personnes, nous trouverons dix agriculteurs sur-endettés dont quelques-uns moins que d’autres, et puis deux cent papous pour le marché global et au moins un porteur de fraction de portefeuille pour rendre compte du commerce avec la Papouasie, et sept cent quatre-vingt dix bizarres qui se coltinerons le marché intérieur avec plus ou moins de bonheur.
    Poussant à cent-mille, sans doute trouvera-t-on un agriculteur non sur-endetté au moins qui fera exemplaire de statistique, une dizaine de commerçants rayonnant de bonheur sans que leur utilité soit encore prouvée sur le marché de la Papouasie, qui à l’aune de ce pourcentage commence à se réduire tandis qu’à la même aune ils feront plutôt à l’import qu’à l’export et alors contre-visiteront le marché intérieur….

    Non, tout cela ne va pas bien!
    Je me fourvoyais lorsque je disais que un pour quatre-vingt suffisaient.
    Si cet unique personnage sur quatre-vingt est sur-endetté, il va de soi qu’il ne vaut pas un agent économique ordinaire, en bonne et due forme.

    Admettons qu’il vaille la moitié.
    Alors, j’arrive par le calcul à un pour cent soixante.
    Tout calcul fait, cela nous donne la fraction représentative d’un acteur économique à 0,625 pour 100 d’homme, s’il faut considérer cent hommes.
    Bien sûr, cela ne va pas, il vaut mieux considérer mille hommes.
    Dans ce cas, au moins six sont absolument nécessaires à la pérennité de notre manière économique.
    Je suis donc beaucoup plus optimiste que mon hôte, pour ce qui est des rentabilités en humaines façons. Pour lui, il en faut dix!

    Mais je triche!
    Je fais croire qu’il suffirait de considérer uniquement les producteurs, oubliant toute sorte d’intermédiaires, parce qu’un vieux singe politique n’hésite pas à fourbir ce genre de présentation.

    Alors, quand je prétends que dix pour cent des personnes actives suffisent à soutenir la doctrine économique du capitalisme actuel, et que la question sourd de sources ataviques pour savoir s’il convient de passer les quatre-vingt dix autres par le fil de l’épée, l’importance de la question je la trouve ici justement renforcée, puisque de quatre-vingt dix inutiles, l’idée d’une possibilité avec quatre-vingt dix neuf autant inutiles advient, ce que je ne pouvais doctement imaginer.
    A un pour quatre-vingt dix neuf, l’effondrement de la fascination et de son reste n’est pas loin!

  55. M. Jorion vous dites que les délocalisations épuisent de plus en plus leurs possibilités et qu’elle devront un jour prendre fin ».
    Je n’en suis pas si sûr que vous.

    N’êtes vous êtes vous jamais dit que le capitalisme pourrait pratiquer la mise en jachère de certains pays ?

    En d’autres termes : Après que le stock d’emplois à bas coup sera épuisé en Asie, des pays autrefois riches, ayant des politiques sociales très élaborées, mais soumis longuement à l’assèchement par les délocalisations, redeviendront attractifs après avoir effectué les « réformes » attendues par les financiers (suppression du code du travail, de la protection sociale, des retraites, etc…) ?

    1. Je me suis fait le même raisonnement que vous. Si le capitalisme ne meurt pas effectivement dans les décennies qui viennent, la Chine en viendra à délocaliser aux US et en Europe…

  56. Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur : le monde a d’abord été partagé par la violence

    Oui, jusqu’à ce que les hommes apprennent à régler leurs conflits autrement que par la force et qu’apparaisse le droit de propriété.

    Toute propriété procède d’une occupation et d’une violence. Faisons abstraction des éléments dus au travail inclus dans les biens, et considérons seulement en eux les éléments naturels, remontons en arrière pour rechercher le titre juridique d’un propriétaire régulier, nous arriverons forcément à un moment où la propriété est née du fait qu’on s’est approprié une partie d’un bien accessible à tous, à moins que nous ne rencontrions déjà auparavant une expropriation par la violence du précédent possesseur dont la propriété se laisse aussi ramener en dernière analyse à une expropriation ou un rapt. Tout droit ramène à une violence effective. Toute propriété fut à l’origine expropriation ou rapt. On peut fort bien concéder cela aux adversaires de la propriété qui parlent de considérations fondées sur le droit naturel. Du reste ces considérations n’apportent pas la moindre preuve touchant la nécessité, l’opportunité, et la justification morale de la suppression de la propriété.

    Mises, Le socialisme (1922)

    De tous temps, des adversaires de la propriété ont justifié son abolition sous prétexte qu’elle n’a pas toujours été respectée… Drôle d’argument !

    1. En 1945,Tandis que certains créaient un renouveau de la société (CNR) et s’efforçait de l’appaiser d’autre dans l’ombre , ceux qui avaient fait le bon choix confisquaient , allez du coté de l’histoire de la presse marseillaise , vous verrez qu’ils pouvaient être aussi socialiste

    2. De tous temps, les hommes ont toujours voulus voir d’abord des adversaires et des ennemis dans les autres, sous prétexte même de vouloir moins les embrouiller sur ceci et cela,

      Mais à quoi servira-t-il à l’homme de vouloir autant gagner le monde et posséder un plus grand capital humain à la fois ?

      Non merci Gu Si Fang j’ai même l’impression d’entendre les mêmes versets à la lecture des grands écrits libéraux de Mises et compagnie, rassurez-vous je ne suis guère moins dupe dans l’autre sens.

      C’est ça la liberté humaine et bien dis donc ça promet à travers également un plus grand nombre de marques commerciales en tête sur terre !

      Car de toutes façons si ce n’est pas les gens du capitalisme ce sera forcément en conséquent les gens du socialisme, n’est ce pas ?

      Quel bien triste monde en fait sur le fond.

    3. MISES : Son nom reste également attaché à la critique théorique du socialisme, que Mises considère voué irrémédiablement à l’échec en raison de l’absence des mécanismes de fixation des prix par le marché. Friedrich Hayek, Murray Rothbard et Israel Kirzner comptent parmi ses élèves les plus éminents. (wikipedia )

      car c’est bien connu, le prix est fixé par l’offre et la demande ; c’est pour cela que les cartels de prix n’ont jamais existé.
      Que l’UE , dans le cadre de sa politique de concurrence libre et non faussé, n’a jamais eu besoin de condamner les plus grandes multinationales pour ententes illicites sur les prix.

      nous avons affaire à des idélogues purs et durs qui ont voulu et veulent toujours absolument appliquer leurs délires dans la réalité : on voit le résultat des courses aujourd’hui.

      tels les idéologues bolcheviks, ils veulent imposer leur idéologie !

  57. Comment le capitalisme pourrait-il mourir ou je ne sais quel autre terme plus adéquat pour mieux le définir alors que les gens n’ont jamais été autant satisfaits, contents de pouvoir toujours autant acquérir toutes ces nouvelles choses de plus, aujourd’hui c’est le dernier ipod à la mode, demain sans doute le nouveau moyen de paiement obligatoire pour tous, comme ça vous verrez mieux aussi à quel point le monde s’est bien mis la corde au cou.

    Le corps, toujours orienté vers l’action, a pour fonction essentielle de limiter, en vue de l’action, la vie de l’esprit. [Henri Bergson]

    La marque distinctive du XXe siècle est l’encombrement, la prolifération des objets, c’est-à-dire l’hégémonie de la matière. [Jean Dutourd]

    Qu’est-ce que le capitalisme si ce n’est peut-être la forme de matière la plus vantarde du moment

    On peut encore beaucoup inventer en matière d’information à la télévision. [C Ockrent]

    Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière. [Gustave Flaubert]

    J’aimerais surtout que l’autre vive autant dans la même proportion de matière que moi.

    Plongeons même tous davantage dans la matière histoire d’avoir moins à en souffrir

    De plus quand le pont n’existe plus entre l’esprit et la matière que se passe-t-il alors ?

    Moi je vois surtout un monde qui réclame davantage à se rapprocher d’un trou noir.

    Des concepts ayant trop de matière ne font peut-être pas mieux le bien des êtres.

    Comme si le monde à force pressentait de plus en plus ce qui l’attend ?

    Tout est toujours possible en matière d’alliances. [François Cavanna]

    Souvent trop d’abondance appauvrit la matière. [Nicolas Boileau]

    Oui je sais c’est souvent tendance à casser un peu l’ambiance.

    Pourtant la matière, c’est ce qui ne dure pas. [Emmanuel Berl]

    Vous comprenez alors pourquoi le monde est si mal barré ?

  58. Suite du commentaire précédent sur la propriété :

    les ressources manquent là où on en a besoin

    Oui, c’est inéluctable – vous ne croyez pas ? – du fait de la rareté des ressources et de l’insatiabilité de nos désirs. Ce n’est pas propre au capitalisme, mais commun à tous les systèmes économiques. Ce qui les distingue, par conséquent, ce sont uniquement les moyens employés pour régler les conflits qui en résultent. Pour le capitalisme, ce moyen est le droit, et en particulier le droit de propriété. L’alternative est la force, la violence, que ce soit dans un système féodal, totalitaire ou socialiste.

    Tous sont contraints de rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré. Et cette situation est due au système de propriété privée

    Je ne sais pas ce que désigne ici « cette situation » : le manque de ressources, ou leur concentration – ou les deux ?

    La rareté n’est pas la conséquence du droit de propriété, c’est l’inverse : le droit de propriété est né du besoin de régler pacifiquement les conflits qui découlent de la rareté.

    Quant à la concentration, elle ne résulte pas non plus du droit de propriété. La violence conduit à la concentration plus sûrement que tout. Ainsi, la concentration des richesses la plus extrême se rencontre dans les latifundia et la propriété foncière, là où justement la concentration de l’exploitation ne confère aucun avantage économique. Ce qui explique cette concentration, ce sont donc toujours des lois qui limitent l’aliénabilité de la terre afin de la maintenir dans la famille. Si de telles lois existent, c’est bien parce que sans elles le capital aurait été dispersé. A l’inverse, dans les familles industrielles, la fortune se dissipe en général en peu de générations, et les milliardaires d’aujourd’hui ne sont pas les enfants de ceux d’hier. Il suffit de comparer les dirigeants des grandes entreprises en France et aux Etats-Unis : au lieu de nombreux self made men comme Steve Jobs et Michael Dell, nous avons un seul Xavier Niel et beaucoup de grands patrons issus de l’establishment X-Ena.

    Cdt
    GSF

    1. La liberté est pouvoir sur soi-même, et les richesses ne sont que pouvoir sur les autres. [Denis de Rougemont]

      Ce qui est surtout commun à tous les systèmes économiques, c’est de vouloir surtout à ce que les êtres puissent toujours mieux dépendre de vous en premier.

      Je me demande d’ailleurs si les moyens employés par les gens du capitalisme pourront toujours mieux nous éviter la guerre, la violence, voir par défaut un plus grand socialisme.

      Oui comme il est toujours plus facile avec un peu plus de moyens de dénoncer et d’accuser d’abord l’alternative de la force et de la violence chez les autres.

      Il est vrai que sans le moyen du droit, il est déjà beaucoup moins facile de graisser la patte
      à tout le monde, vouloir par exemple souvent exercer un plus grand droit de propriété sur la justice et la raison pendant qu’on y est.

      Que ce soit d’ailleurs sur n’importe quel sujet de société, le droit de propriété n’apporte pas toujours non plus automatiquement et forcément le droit de raison sur toutes choses.

      Les théories que nous craignons surtout le plus ce sont surtout celles qui ne pourraient plus guère nous permettre d’exercer plus longtemps une plus grande emprise totale sur les êtres.

      Croyez-moi je ne trouve malheureusement pas toujours mieux le temps d’intervenir plus souvent sur le blog de paul en semaine.

      Sinon je suis toujours à la recherche d’un grand patron différent dans ce pays, mais peut-être que vous devez certainement en connaître vous de coté ?

    2. @Gu Si Fang

      Merci, merci, merci! Je commençais à désespérer de voir ce blog aussi « radicalisé »…
      Vos arguments sont tout à fait justifiés.

      Je frémis à l’idée que certains se gargarisent de la « chute » du capitalisme, alors que les alternatives pourront se révéler infiniment pires (ressources réparties par des moyens violents, un système utopique qui dérivera tel le système communiste a fatalement et inévitablement dérivé)

      1) On ne tue pas un bon chien de chasses sous le seul prétexte qu’il a des puces.
      Le capitalisme actuel est en train de dériver. Mais qu’il dérive ne signifie pas que ce soit un fondamentalement un « mauvais système ».
      Quand je regarde mon niveau de vie par rapport à celui de mes parents autrefois, je n’ai pas à me plaindre. Le capitalisme a apporté beaucoup de progrès technologique, un enrichissement de la population (en termes de biens concrets, réels, tangibles). Regardez autour de vous, ouvrez les yeux! Regardez il y a 50 ans, comparez!
      Le capitalisme dérive car il ne peut que fonctionner correctement QUE si l’Etat joue le contre-pouvoir. Or la mondialisation et la financiarisation ont diminué peu à peu le « pouvoir » réel de l’Etat face à l’économie (privée). L’Etat étant devenu faible, il ne peut plus jouer son rôle de contre-pouvoir, de « re-distributeur de ressources via les taxes ». L’Etat ne peut plus éviter la concentration effrénée des richesses dans les mains d’une minorité…
      Redonnez le pouvoir à l’Etat, mettez à bas la Finance, mettez au pas la minorité ayant capté les ressources… Le système repartira alors sur des bases à nouveau saines, un équilibre retrouvé et productif.

      2) Supprimer la propriété privée sera la porte ouverte à toutes les horreurs.
      Croire que l’Homme est « bon naturellement » est non seulement un aberration, c’est même criminel. Les système sociaux, politiques et économiques ont pour seul et unique but de permettre de régler le moins mal possible les « conflits » inéluctables pour la « répartition des richesses ». D’éviter que les gens s’égorgent entre eux pour savoir qui aura la maison, la voiture, le bout de pain…
      Les êtres humains sont tels qu’une minorité d’individus plus arrivistes que les autres cherchera toujours à prendre le dessus, à dominer, à capter d’avantage de ressources que les autres. Nous ne sommes ni des fourmis, ni des abeilles. Nous sommes individualistes dans l’âme, d’abord, même si un certain sens de la famille et de la communauté peut se développer. L’homme est un loup pour l’homme, dit-on, et c’est vrai.
      Supprimer la propriété privée, c’est faire exactement la même erreur (en l’inversant) que nous faisons actuellement avec le capitalisme en « réduisant les pouvoirs de l’Etat ». Tout est affaire de contre-pouvoir. Supprimer la propriété privée, c’est supprimer le contre-pouvoir « intérêts privés ». Il ne restera donc que l’Etat, ou les « représentants de l’intérêt général ». Lesdits représentants de l’intérêt général finiront inévitablement par ne plus représenter que leur PROPRE intérêt. Au final vous aurez une dictature, aussi sanglante que le fut le communisme en URSS.

      1. @G. « Merci, merci, merci! Je commençais à désespérer de voir ce blog aussi « radicalisé »… »

        Marrant ces forumeurs du Figaro qui viennent lire le blog de Jorion en désespérant de le voir aussi « radicalisé »…

  59. Un jour viendra ou l’homme ne pourra plus faire autrement que de suivre le reste dans l’asservissement total,

    Bien sur tout cela se fera graduellement, voire même comme une plus grande normalité diffusée.

    Un jour ceci et un puis un autre jour cela, malheureusement à force de bien faire l’humanité d’alors s’en rendra finalement compte trop tard de ce grand jeu de dupes.

    Vu que tout se fera progressivement comme une tendance, présenté comme la meilleure chose commerciale qu’il soit arrivé à l’homme depuis la semaine dernière ou le mois d’avant.

    Sans doute dans l’idée et le projet de faire même beaucoup plus de croissance et de coupes sombres dans les dépenses des pays,

    Car de nos jours et en matière de liberté humaine, ne faut-il surtout pas dire trop de mal de l’économie marchande,

    Sans doute qu’à ce moment là nous n’aurons même plus besoin de sortir notre propre carte bleu pour aller plus vite aux caisses,

    Vu que tout se fera de plus en plus progressivement partout, comme une tendance, évidemment avant que cela ne soit plus visible, vous trouverez bien encore des gens qui
    vous parleront de toutes ces choses,

    Enfin bref vous connaissez peut-être un peu mieux leur propre vocabulaire de penser et de fonctionnement, il paraît même qu’à force de savoir mieux compter qu’autrui ça rend davantage les êtres plus libres et moins influençables aux mauvaises tendances,

    Moi personnellement je n’ai jamais voulu appartenir à personne ni à aucune autre doctrine
    aussi prometteuse soit-elle, encore moins à une autre quelconque marque commerciale.

    Enfin vous voyez ce que je veux dire depuis le temps que je me lamente sur ces gens là.

  60. Tant que je gagne autant d’argent pourquoi devrais-je tant me soucier de vouloir d’abord exercer une plus grande violence commerciale et comportementale dans l’esprit des êtres ?

    Là ou règne surtoute une plus grande violence commerciale dans l’esprit du monde, comment voulez-vous alors exprimer d’autres moyens de régler les conflits autrement ?

    Non personnellement je ne crois plus qu’un plus grand commerce de toutes ces choses de plus sur terre puissent apporter plus longtemps la paix des ménages et des coeurs.

    Mais qui donc dans sa vie n’a jamais éprouvé un peu, la violence d’une autre grande marque commerciale et contre ça bien sur il ne faudrait jamais rien dire,

    Hum c’est comme pour Monsanto et compagnie, les belles pratiques commerciales en cours.

    Hélas La violence a coutume d’engendrer la violence. [Eschyle]

  61. Au fait, Tunisie, Égypte, Syrie, Yémen, Bahreïn, Jordanie, Algérie, Maroc… et Libye qui va sans nul doute prochainement voir débarquer sur son sol des troupes françaises, si ce n’est déjà fait. Bref le « printemps arabe ». Plus un mot dans le blog. Plus rien à en dire ? Le vent de l’histoire s’est-il éteint dans les sables du Sahara ?

    1. J’aimerais bien un billet invité du Vigneron sur le sujet. Vous connaissez l’adresse !

      Il n’est malheureusement pas possible à Paul et François d’être sur tous les front en permanence, raison pour laquelle les colonnes de ce blog sont ouvertes aux bonnes volontés…

    2. Ce formidable appel qui s’est si soudainement levé ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Témoin aujourd’hui les événements de Syrie, eux aussi impétueux !

      Dans un monde qui pourrait si facilement être peint en noir, surtout si on le considère depuis l’Europe, le Japon ou bien les Etats-Unis, un contrepoint devait être nécessaire…

    3. Le chant du coq !
      On a nommé 1848 « Le printemps des peuples » eu égard aux insurrections simultanées dans les pays européens voisins tournées vers la conquête sociale aux plans nationaux. L’épithète « arabe » accolé au printemps de 2011 laisse imaginer une potentialité internationale, dont j’espère que le contenu social non seulement revendicatif mûrit encore, mais qui déjà réveille activement l’universalité de la condition humaine, d’autant que le faire valoir religieux des dictatures s’est avéré inconsistant. Cela aussi ça migre, et selon le cheminement inverse des marchandises et des matières premières.

    4. @Julien

      Merci pour l’invit mais pas vraiment le temps ni l’expertise suffisante pour me pencher sérieusement sur la question… j’aurais simplement aimé qu’un(e) de nos expert(e)s remettent en perspectives leurs analyses de février/mars avec les évolutions récentes comme par exemple le référendum constitutionnel très décevant du 19 mars. 41% de participation, plus du double de celle des scrutins sous Mubarak certes mais bon, et 77% de oui pour un projet constit à minima, simple replâtrage de l’ancienne et soutenu à 100% par les Frères contre les mouvements de jeunes et même contre El « enragé » Baradei qui voulaient une Constit réellement nouvelle.
      Sans parler de l’article 2 de ce projet constitutionnel qui a évidemment monopolisé la faible attention des grands média français, article 2 qui conserve la formulation antérieure (« L’islam est la religion de l’État dont la langue officielle est l’arabe; les principes de la loi islamique constituent la source principale de législation ») et de la « crispation » plus que jamais sensible autour et à l’intérieur de la communauté copte.

    5. Sur le référendum en Egypte, voici le point de vue d’un cairote désormais à Dakar, un mao d’accord mais pas tendance messianique exotique hallucinée comme on en connaît par chez nous, celui d’Albert Cossery n’étant pas disponible.
      Pour le moral, ce parallèle d’un allemand.
      « A l’exception de quelques chapitres, chaque section importante des annales de la révolution de 1848 à 1849 porte le titre de Défaite de la révolution !
      Mais dans ces défaites, ce ne fut pas la révolution qui succomba. Ce furent les traditionnels appendices prérévolutionnaires, résultats des rapports sociaux qui ne s’étaient pas encore aiguisés jusqu’à devenir des contradictions de classes violentes : personnes, illusions, idées, projets dont le parti révolutionnaire n’était pas dégagé avant la révolution de Février et dont il ne pouvait être affranchi par la victoire de Février, mais seulement par une suite de défaites. (…) Et nous crions : La révolution est morte ! Vive la révolution ! »
      Précision à l’adresse des léninistes, mao ou pas, lire ci-dessus « parti révolutionnaire » au sens de parti pris, pas d’organisation superstructurée, Les luttes de classes en France est écrit en 1850.

      1. C’est effectivement à force de révolutions ratées que l’on avance. En réalité, on peut tout aussi bien dire que chaque révolution progressiste qui survient est déjà une défaite de la réaction.

  62. @ P. Jorion

    Je ne peux pas non plus laisser passer ça, d’autant que ce sujet revient régulièrement dans vos commentaires :

    Quand le salarié est remplacé par une machine, on le licencie et … où va l’argent ? Mise à part une certaine baisse du prix de la marchandise produite, il est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise … C’est juste une analyse

    .

    C’est surtout un mythe, une croyance qui n’est étayée par rien, et je trouve désolant que vous continuiez de proférer une telle contre-vérité. Mais examinons les choses un peu plus en détail pour dépasser la surface et les idées fausses. On part d’une entreprise qui invente un mode de production moins couteux – robot ou délocalisation, au choix – et l’on regarde ce qui se passe ensuite, pas à pas.

    L’entreprise fabrique des puzzles, et comme ses concurrentes elle parvient à rémunérer ses salariés et actionnaires en vendant les puzzles autour de 20€. Mais elle a l’idée de délocaliser la fabrication en Chine, et économise ainsi 5€ pièce. Tant que ses concurrentes n’ont pas fait de même, le prix reste proche de 20€ par puzzle et l’entreprise qui a délocalisé empoche 5€ de profit. C’est du profit pur, pour les actionnaires. Hou ! Vraisemblablement, l’entreprise baisse un peu son prix pour gagner des parts de marché, mais pas beaucoup. Les concurrentes font donc une petite perte – c’est aussi un profit pur, mais négatif. J’insiste sur ce point car on a tendance à oublier que le profit peut être négatif…

    Progressivement, les concurrentes imitent la première entreprise et délocalisent aussi. Le prix du puzzle continue de baisser et se rapproche de 10€. Arrivés à ce stade, la première entreprise ne fait plus de profit pur, et ses concurrentes ne font plus de pertes. Le bilan de l’opération est le suivant :
    – les actionnaires des premières entreprises à délocaliser (ou innover, c’est pareil) ont réalisé un profit temporaire ;
    – les dernières ont réalisé une perte temporaire ;
    – des emplois manufacturiers ont été supprimés en France, durablement ;
    – le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
    – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon.

    Le premier point important est que les profit et pertes des actionnaires sont temporaires, alors que les gains pour le consommateur sont durables. On voit que c’est en contradiction flagrante avec votre affirmation selon laquelle « Mise à part une certaine baisse du prix de la marchandise produite, [l’argent] est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise. »

    Le second point important est que les emplois se créent là où l’on a le plus besoin de gens. Il serait absurde de ponctionner le pouvoir d’achat des consommateurs pour maintenir des emplois dans des activités délocalisables ou robotisables. Plus exactement, ce serait absurde à long terme. A court terme, ce serait préférable pour les salariés concernés, évidemment. Mais la réflexion qui précède montre ce que nous aurions à perdre en privilégiant le court terme plutôt que le long terme. Une économie ne peut pas se passer d’un mécanisme qui incite les gens à déplacer leur travail et leur capital là où c’est le plus utile.

    Votre description, même en étant très charitable, est au mieux incomplète car :
    – vous décrivez le profit de l’actionnaire en oubliant de dire qu’il est temporaire ;
    – vous oubliez que le consommateur, lui, fait un gain permanent ;
    – vous occultez l’importance des créations et destructions d’entreprises sans lesquelles il n’y a pas de progrès économique possible.

    Ce sont des erreurs économiques fréquentes, certes, mais vous devriez les éviter si la recherche de la vérité vous importe.

    Cdt,
    GSF

    1. Ah oui ! le marché mondialisé des puzzles, bien sûr. C’est vrai que c’est beau, GSF, les situations de concurrence parfaite… Ya qu’à voir les prix des baskets Nike ou autres, produites en Chine, chez Courir, Foot-Locker et ailleurs…

    2. Sans doute involontairement, vous décrivez mieux que n´importe quel anticapitaliste l´absurdité du systéme.
      Nous avons donc
      des actionnaires perdants,
      des entrepreneurs perdants,
      des salariés perdants,
      des consommateurs en ayant pour leur argent (c´est à dire achetant des merdes pas chères)
      une planète perdante pour cause d´épuisement des ressources et des pollutions afferantes.

      Les seuls gagnants, mais à court terme semblent être ceux qui auront parié (dans le bon sens) sur les fluctuations de prix.

      Merci, j´aurais eu du mal à faire plus efficace comme dénonciation du système capitaliste.

    3. vous oubliez que le consommateur, lui, fait un gain permanent ;

      Si seulement c’était toujours bien vrai à voir au quotidien.

      Mais encore est-ce vraiment bien respecter l’homme que de vouloir constamment le ramener
      à une condition d’acheteur et cela pour telle ou telle autre marque commerciale de plus,

      Cette bien folle passion du gain et de l’empressement qui ne rend d’ailleurs guère le monde plus sage et plus courageux, si bien sur la recherche de la vérité vous importe également de la faire entendre autrement à coeur.

      Et oui à travers votre si bel exemple, je comprend mieux maintenant pourquoi le monde est devenu autant marchand, pieds et poings liés partout.

      C’est surtout également un grand mythe ou même une autre forme de croyance que de vouloir constamment faire croire ou penser à travers de si belles formules commerciales ou libérales, que c’est bien toujours avant tout pour les autres que l’on recherche souvent à faire dégager bien plus de gains partout.

      Oui à chacun ses propres idées fausses et contre-vérités, Là où c’est surtout le plus utile pour mes affaires, je veux bien me rendre le plus souvent, et oui avec un tel langage comme il est toujours plus facile de dénoncer les erreurs économiques chez les autres, quelle plus grande obligation de conduite et de langage marchand pour tout un monde,

      Une autre forme d’asservissement bien plus subtile à se défaire en fait pour le genre humain, il est vrai beaucoup moins évident à se faire comprendre. En fait vous n’avez toujours rien démontré, car dans ce monde rien n’est réellement permanent, bien au contraire.

      Malheureusement, dans les rapports entre les gens, seuls comptent les gains et les pertes.
      [Gao Xingjian]

      L’économie n’est pas guidée seulement par la recherche du gain ( de la raison ou de la vérité ) mais aussi par celle du pouvoir. [François Perroux]

      Quand bien même j’en finirais par me montrer davantage plus dur et dirigiste qu’un autre.

      Tant que je gagne et j’amasse je n’ai donc guère plus de soucis à me faire.

      L’appât du gain n’a surtout pas de limites. [Jean-Jules Richard]

      D’où qu’il vienne, le gain fleure une bonne odeur.[Juvénal]

    4. GSF , vous devriez arrêter de nous débiter les théories des idéologues libéraux qui en 30 ans de main mise idéologique nous ont mené dans le mur.

      je pense que quand la crise sera dévenu encore plus terrible vous continuerez à défendre l’indéfendable.

      il y a un monde entre les fumeuses théories des idéologues libéraux que vous nous recrachez et la vie quotidienne !

      vous nous avez encore ressortir la fameuse théorie de la destruction créatrice ; la denière fois que je l’ai entendu, c’était de la bouche de madelin et le plouf qu’il a fait parmi les invités et les spectateurs et sa mine déconfite voyant la bourde qu’il venait de faire en dit long sur vous et vos semblables : vous êtes à bout de course. Nous ne sommes plus dans les années 70/80 ou vous avez réussi à vendre une idéologie qui dans les années 30 a fini par les camps de concentration.

    5. Le premier point important est que les profit et pertes des actionnaires sont temporaires, alors que les gains pour le consommateur sont durables

      à gerber

      le chomeur, le travailleur précaire,…. c’est sûr que c’est un consommateur qui gagne durablement

      mais dans quel monde vivez-vous ?

    6.  » Le bilan de l’opération est le suivant :
      […..]
      – des emplois manufacturiers ont été supprimés en France, durablement ;
      – le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
      – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon ».

      Le schéma fonctionnerait si l’entreprise qui fabrique des puzzles était la seule à délocaliser sa production. Les consommateurs concernés peuvent acheter d’autres biens avec le pouvoir d’achat libéré. Ces biens sont eux-même produits de plus en plus par des entreprises qui ont elles-même délocalisé. De sorte que, bilan global i) le travail (et l’emploi) tend à se raréfier ii) l’Etat doit prendre en partie le relais de la diminution globale du pouvoir d’achat en subventionnant massivement les niveaux de vie iii) l’actionnaire aura maintenu éventuellement son prélèvement dans un contexte concurrentiel intense en réduisant la masse salariale càd que le poids relatif de son prélèvement aura augmenté. L’adaptation à l’économie mondialisée se sera faite en sacrifiant une partie des salariés et en privilégiant les intérêts d’un petit groupe d' »investisseurs ».

      1. J’oubliais: les entreprises ainsi mondialisées ne paieront plus d’impôts en France, pays nourricier qui a pourtant fourni toute la substance ayant permis l’essor de ces fleurons cités en exemple.

    7. GSF, quand on commence en disant : « Je ne peux pas non plus laisser passer ça« , on se doit de continuer en avançant des arguments de poids, des arguments qui font mouche. On se doit de convaincre le lecteur que la thèse contestée est effectivement douteuse. Mais là, vous donnez l’impression de ne pas être sérieux, vous tapez dans le vide.

    8. Je passe sur les habituelles invectives qui démontrent s’il en était besoin l’absence d’arguments de leurs auteurs.

      @ Jérémie

      Vous vous lamentez de ce que l’etre humain serait réduit à sa condition d’acheteur. Ce n’est pas le cas. Je ne réduis pas l’etre humain à un consommateur, je dis qu’il est aussi consommateur, et cela suffit pour mon argument.

      @ Ando

      Chaque année, 15% des emplois sont détruits en France, et 15% sont créés. Les bonnes années on en crée 15,5% et les mauvaises 14,5. Des emplois se créent en permanence, et pas seulement en Chine, contrairement à ce que vous écrivez. Ils pourraient être plus nombreux et mieux payés, mais pas en interdisant l’import-export ou l’innovation. C’est dû à d’autres facteurs. Pour rester sur la création-destruction d’emplois, lisez ce texte :
      http://bastiat.org/fr/effort_resultat.html

      Cdt,
      GSF

      1. @GSF

        Vous vous foutez vraiment de la gueule du monde, Monsieur ! C’est tout simplement crapuleux d’alléguer que les créations d’emplois équilibrent grosso-merdo les destructions dans un pays comme la France quant on sait que les emplois détruits dans les activités à haute productivité (industrie) sont remplacés massivement , dans le meilleur des cas, par des emplois dans le secteur des services à très faible productivité, et faibles revenus, soit dans l’économie dite résidentielle, soit en réalité le « petit personnel » de services à la personne, des CHR ou du commerce, secteur résidentiel par ailleurs lui même massivement subventionné par de multiples « incitations » fiscales et sociales accordées à ceux qui ont été les principaux profiteurs de votre merveilleux système « équilibré », soit les rentiers, de thésaurisation ou de situation.
        Conclusion : vous défendez les rentiers, Monsieur le néo-lib.

      2. GSF,

        Je vous suis bien dans votre demonstration sur la concurrence et le marketing produit qui permet à certains de gratter un peu de marge supplèmentaire au détriment de ceux qui n’ont pas bénéficiés d’innovation de productivité (ou délocalisation). Ou ça ne va plus c’est quand vous dites :
        « avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon. »

        Dans la vraie vie ça ne marche pas du tout comme cela.

        La robotisation aura détruit des emplois et créé du dividende. le benchmarking permanent de la concurrence lui aura permis de limiter à très peu de chose le montant de ses « profits négatifs » quand les licenciés, eux , auront une perte de pouvoir d’achat conséquente et quasi-permanente et la consommation globale de « puzzles » n’augmentera que marginalement avant de décroître (remplacez puzzle par écran plat).

      3. @ Gu Si Fang

        Désolé mais plus on me dit que l’homme est aussi consommateur et moins j’éprouve le plaisir de consommer ceci ou cela, ou alors vos arguments aussi cordiaux soient-ils, non sincèrement pas vraiment le meilleur argument que j’ai pu entendre de votre part, peut-être un autre jour, reconnaissez surtout que la pensée libérale peut également amener des gens à bien se fourvoier sur autre chose. Enfin à chacun sa propre conception de la liberté humaine en société …

    9. le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
      – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré,

      Sauf que nous sommes dans un système aux multiples régulations (bouclage cybernétique), si le prix du puzzle baisse, l’INSEE le constate, l’indice des prix aussi et les salaires ne sont pas augmenté de l’évolution constatée puisque les syndicats demandent le maintien du pouvoir d’achat.
      Comme entre temps le prix du Puzzle a baissé les consommateurs en consomment plus en volume, la part de leur budget sur ce secteur peut même augmenter, l’INSEE le constate et la part des puzzles augmente en volume dans la base de l’indice, ce qui augmente d’autant la baisse de celui-ci
      Au total le consommateur voit son pouvoir d’achat nominal conservé, mais avec simplement la possibilité d’acheter un peu plus de Puzzle à la fabrication délocalisée.

      Remplacez Puzzle avec micro-informatique ou téléphone portable …

    10. Nous ne vivons plus en 1978, vous savez, et Chicago déprime… Votre jolie histoire n’est pas réaliste. Oui, les « consommateurs » auront un peu plus d’argent, pour acheter plus de T-shirts importés de Chine… sauf ceux qui auront perdu leur emploi.

      1. Et ceux qui gardent de l’argent au cas où.
        Et ceux qui ne veulent plus consommer.
        Et ceux qui commencent à comprendre pourquoi le consommateur ne commande pas aux choses, et que ce sont les choses, pardon, les marchandises, qui commandent.
        Et ceux qui ont compris.
        Etc.

      2. @GSF

        Allonzy Alonzo ! V’là maintenant en technicolor, cinémascope et 3D sans lunettes – avec le légendaire Gus « van » Si Fang aux manettes ! l’horrifique et sanglante histoire des trahisons mortelles dans la jungle concurrentielle de nos cartels si policés.. On croit rêver… En vérité je vous le dis mes frères, cet homme n’est pas de ce monde ! Cet être vient de Mars, de Saturne ou Venus, mais pas de ce bas monde.
        Je suis par ailleurs délicieusement amusé de voir qu’il n’y a plus aujourd’hui que des hurluberlus de son pédigree pour oser encore employer si vile et caricaturale approche marxiste en comparant les mœurs guerrières à l’intérieur de la classe des capitalistes oligopolistiques et cartellisés avec celles des défenseurs de la classe prolétaire dans les batailles syndicales de la lutte de classes… Là, vraiment, chapi chapo ! M. Gus « van » Si Fang.
        PS : Il doivent se marrer s’ils vous lisent à Bruxelles, à la commission chargée de la concurrence… Faudrait penser à les licencier, ces inutiles trop payés… Huh ?

  63. Les paupières que je préfère fermer pour tous ceux et toutes celles qui partageront d’abord mes valeurs dans un tel monde, faut pas trop dire du mal non plus des grandes marques dans notre temps, cela ne serait faire preuve aussi d’une plus grande recherche de la vérité. Oui à chacun sa propre objectivité humaine.

    Ce qui est surtout moins utile pour le marchand est forcément pas du tout utile pour le genre humain, venant de la part de ceux se prétendant constamment utiles et rationnels à tout.

    Les hommes connaissent tous l’utilité d’être utile, mais aucun ne connaît l’utilité d’être inutile.
    [ Tchouang-Tseu]

    Surtout dans un tel monde ou le conditionnel marchand devient même de plus en plus exigeant et impossible à suivre, faut pas être différent, c’est pas bon pour le commerce.

  64. Pour le grand commerce mondial des êtres, pour le libéralisme ou alors le socialisme à la fois, pour même plus de matière qui rassure toute le monde, bref pour plus de progrès à l’image.

    Si on me coupe les ailes, j’irai à pied ; si on m’ampute les jambes, je marcherai sur les mains ; pourvu que je puisse être utile. [Istvan Széchényi]

  65. le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
    – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens,

    – pour ceux qui auraient pu acheter cet objet ou un autre à un prix plus élevé, sans que cela leur pose problème …merci pour eux !
    – quant à ceux qui, grâceà la délocalisation, et étant sur un bassin d’emploi fort sinistré, se retrouvent au chômedu durablement …tant pis pour eux : ils n’achèteront ni puzzle, ni fruits et légumes pour leurs enfants, se feront peut-être vider de leur habitation ! le pied !

    lorsqu’on regarde le monde de haut, c’est beau : des pions sur un échiquiers ! si un jour, vous-même, vous retrouvez dans la panade ( tout peut arriver dans la vie ) : vous vous direz « pourquoi moi, moi qui suis si intelligent » …[ je me permets de vous dire cela, car j’ai vu depuis
    que les rachats-fusion-licenciements vont bon train, des gens fort bien placés, se faisant éjecter
    comme des mal-propres ! certains, malgré leur réseau et compétence, ne s’en remettent pas ].

    1. vous n’avez pas compris : si les chomeurs , dû à la délocalisation, sont encore au chomage, c’est que leur niveau d’employabilité n’est pas bon.

      le chomeur est une feignasse qui ne fait rien pour retrouver du travail !

      c’est pour cela qu’il faut supprimer les aides étatiques ce qui les obligera à trouver du boulot et permettra aussi de baisser les impôts ( des plus riches, on va quand même pas baisser la TVA !! )

      sinon, ce boulot sera payé un lance-pierre , mais ça c’est un autre problème ( chez les libéraux , c’est une phrase culte )

      signé : une feignasse de chomeur

      bon disons que c’est pas très bien présenté, mais j’ai pas la facilté d’un GSF

  66. @Gu si fang :
    1/ Le profit d’un actionnaire est toujours temporaire.
    2/ Rien n’interdit à l’actionnaire propriétaire de l’entreprise de participer au capital de tous les concurrents du célèbre marché au puzzle.
    3/ L’actionnaire devient dès lors l’entremetteur obligé de ce marché : Il n’y a strictement aucune différence dans cette position d’entremetteur et le racket mafieux, sinon la légalité du marché du puzzle.
    4/ Toute entreprise ayant choisi la capitalisation boursière ne peut sortir de ce système d’actionnariat sans y laisser des plumes. Car c’est la survie de l’entremetteur qui serait en jeu ! La vocation des actionnaires est le profit, soit se gaver temporairement, et comme toute activité qui devient parasitaire, peu importe que le lendemain la bête tombe exsangue.

    1. Cela revient à constituer un monopole en rachetant tous ses concurrents, c’est ça ? Ainsi l’entreprise pourra continuer à vendre ses puzzles 20€. Facile ! Et alors un nouveau concurrent offrira des puzzles moins cher et toute la stratégie de monopole et de prix forts tombera à l’eau. C’est un processus sans fin, tant que l’entrée sur le marché n’est pas interdite par la loi.

      Ce n’est pas que l’envie leur manque, mais les entreprises sur le marché parviennent rarement à conserver longtemps une position d’unique producteur. En revanche, les entreprises publiques y parviennent très bien à l’aide d’un monopole légal. Il n’y en a pas sur le marché des puzzles 😉

      1. Les entreprises s’en sortent par l’entente, explicite (dangereux, on peut se faire pincer), ou implicite (même pas décelable). On voit ça dans le journal toutes les semaines. Vous vivez dans un monde de conte de fées.

      2. GSF, il faut des heures et des heures, voire des jours à une personne normale pour faire un puzzle de 1000 ou 2000 pièces. Vous avez donc fort mal choisi votre exemple, cette activité ne sera jamais rentable… 🙂

      3. GSF n’a toujours pas entendu parler des situations de concurrence imparfaite, je suppose. Ou alors elle ne peuvent être le fait que des politiques ou entreprises publiques… À se demander s’il ne va pas nous expliquer bientôt que c’est la Commission européenne qui organise sciemment les distorsions de concurrence pour pouvoir extorquer récemment plus de 300 millions d’amende aux lessiviers Unilever et Procter, précédemment 900 millions à Microsoft ou 1,4 milliard au cartel du verre de Saint Gobain (-Wendel), Pilkington, Asahi-Glass et Soliver…
        J’me marre.
        Paul, conseillez á notre Pierrot lunaire et von Miseso-dépendant de lire un abrégé de Piero Straffa, soyez un peu miséricordieux, que diable ! 🙂

      4. @ P.J.

        Le prix de la machine à laver le linge en 1960 et aujourd’hui, vous avez déjà comparé ? Qui pouvait s’en payer une alors ? Aujourd’hui elles sont à la portée de toutes les bourses, et il en va de même d’innombrables produits. Où est l’entente des fabricants censée empêcher les prix de baisser ?

        Si ! il y a un prix qui n’a cessé de monter avec une régularité d’horloge suisse : le prix des services publics. Si vous voulez comprendre le problème de pouvoir d’achat en 2011 c’est de ce coté-là qu’il faut regarder, ne vous en déplaise, pas chez les entrepreneurs privés. C’est le gorille de 300kg…

      5. P.S. On trouve déjà chez Marx le thème de l’entente entre les capitalistes. Il reconnait les méfaits d’un cartel, mais il sous-estime sa difficulté. Songez donc : si vous faites une entente, vous vous engagez à produire moins et à monter vos prix ; les autres aussi. Toute la difficulté réside dans le fait que si vous respectez scrupuleusement l’entente, vous devez aussi vérifier que vos concurrents font de même. Ça n’a rien de facile, puisque chacun d’entre eux est fortement incité trahir le cartel : s’il arrive à vendre plus que son quota en baissant les prix, tandis que les autres « gogos » respectent le prix de cartel, le « traitre » peut réaliser un gros bénéfice. Marx et d’autres reconnaissent parfaitement ce mécanisme sur le marché du travail : si un groupe de salariés fait grève, un individu peut décider qu’il n’a pas envie de faire grève. L’employeur manquant de bras pourra même lui proposer une prime. Il faut donc un mécanisme pour empêcher les « jaunes » de foutre la grève par terre. Dans le bon vieux syndicalisme musclé, on leur pétait la gueule. Nô comment… Vous voyez Miele envoyer une bande de gros bras chez Philips qui baisse trop ke prix de ses machines à laver ?

      6. @ GSF

        ayant bossé dans l’industrie chimique, les ententes de prix fonctionnaient très bien et ce n’était pas au détriment des quantités produites.

        là où vous avez raison, cela n’a qu’un temps mais pour une entente révélée combien qui continuent.

        sinon vraiment arrêtez de philosopher : vous me faites penser à tous ces économistes qui pérorent du haut de leur chair, grassement payés à faire la leçon à nous autres pauvres couillons qui n’y comprenons rien !

      7. @ J. Gorban

        les ententes de prix fonctionnaient très bien et ce n’était pas au détriment des quantités produites

        Donc ils montaient les prix sans rien faire d’autre : sans baisser la production, ni la qualité ? Hmm… Dans l’imaginaire de la concurrence pure et parfaite – chère à Vigneron 🙂 – l’entente consiste à baisser la quantité pour faire monter les prix jusqu’au point où le profit est maximal ; autrement dit : organiser la pénurie pour hausser les prix. Il se peut que la quantité baisse tres peu – on dit que la demande est peu élastique, comme dans le cas de certains produits alimentaires – mais elle baisse pour la raison simple que les clients décident de la quantité qu’ils achètent en fonction du prix. Lorsque le prix est plus haut, ils achètent moins qu’ils n’auraient acheté sinon…

        Autre possibilité : l’entente ne portait pas seulement sur les prix, mais sur la qualité, les normes, les variations de production etc. En cela elles peuvent conférer un avantage aux clients. La théorie de la concurrence pure et parfaite – chère à Vigneron et à la Commission de Bruxelles – néglige malheureusement cette possibilité et considère à tort toute entente comme néfaste.

  67. @GSF

    Le bilan de l’opération est le suivant :
    – les actionnaires des premières entreprises à délocaliser (ou innover, c’est pareil) ont réalisé un profit temporaire ;
    – les dernières ont réalisé une perte temporaire ;
    – des emplois manufacturiers ont été supprimés en France, durablement ;
    – le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
    – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon.

    Je ne capte pas trop votre logique apparente.

    En permutant un peu les données on a selon moi une fonction qui se rapproche plutôt de ceci :

    – Les actionnaires éparses et hétéroclites cumulent CONTINUELLEMENT des profits en picorant d’une entreprise à une autre.
    – Les emplois manufacturiers déclinent un peu partout au gré des razzias actionariales.
    – Le prix de tous les biens finissent par monter durablement parce que le monde, ben oui il est fini.
    – Avec la baisse programmée du pouvoir d’achat, tu peux aller pointer au resto du coeur, favorisant pour le coup le travail associatif.

    C’est quand même plus conforme à la réalité que votre sophisme de terminale éco non ?

  68. A vrai dire dans un tel monde de marchands et d’illusionistes de l’image médiatique c’est dans ces moments-là que nous nous rendons mieux compte à quel point le monde s’illusionne grandement sur le pseudo libre-arbitre de l’homme préférant même davantage se conduire comme tant d’autres singes de première en société.

    C’est beau les marques, elles pourraient se défendre avec raison, en invoquant précisément
    un plus grand libre arbitre pseudo-commercial : mais nous n’avons rien pu faire de mal vu
    que nous préférons davantage gagner plus de gains, inonder davantage le monde de nos premières choses, d’ailleurs à chaque fois que nous consommons davantage, n’apportons-nous pas non plus à l’homme une plus grande faculté de raisonnement, de volonté, de connaissance, d’esprit, la belle théorie en fait plus que fumeuse et foireuse du pseudo libre-arbitre humain, vivons et fonctionnons tous d’abord en fait comme une plus grande bande d’acheteurs de première, savoir mieux se vendre en fait toujours Corps et Ames, enfin bref …

    Hum ça me fait même doucement rire parfois.

  69. Il me semble qu’il y ai un gros bug dans votre logique.
    L’augmentation du pouvoir d’achat n’est pas fonction de la simple baisse de la valeur des marchandises, il fest fonction aussi du salaire et donc de la part du surplus qui est redistribué au consommateur.

    Et dans l’exemple l’absolu si vous mettez 60 millions de français vivant de prestations chômage achetant des téléviseurs à 10 centimes d’euros pièce , et bien ce serait toujours trop chère. Car ces mêmes français aux chômage ne créeraient pas ces 10C de valeur. C’est donc de  » la dette sociale  » qui est créé. A charge du dernier million qui travaillet encore , et qui se demande de plus en plus si cela en vaut vraiment le coup.

    1. Si (A et B) est vrai alors A est vrai. CQFD

      Quels que soient les divers moyens supposés d’augmenter le pouvoir d’achat, l’échange et l’innovation en sont un. Ce que vous dites ne contredit pas cette conclusion.

  70. Bonsoir à tous
    @Crapaud Rouge

    Vous n’avez pas tort quand vous parlez de la pérennité des pervers… Quand je parle de les mettre hors d’état de nuire, je ne pense pas à une élimination – concept totalitaire par excellence , mais au seul moyen efficace démontré- du moins dans les relations de travail: refuser absolument d’entrer dans leur jeu, refuser toute relation…

    Merci pour le rappel qui m’oblige à préciser….
    Cordialement

  71. @Paul Jorion

    Très bonne analyse du travail des cadres.
    Je rajouterais que la société justifie la différence de salaires des cadres ou responsables du fait qu’ils ont des responsabilités.
    Mais je suis persuadé que si vous leur dites, « vous avez le même salaire que les techniciens ou les ouvriers », ils ne quitteront pas pour autant leurs postes malgré les responsabilités.

    – Qui dit responsabilités dit pouvoir hiérarchique et beaucoup de gens aiment ça.
    – Qui dit responsabilités dit souvent travail plus intéressant et qui n’aime pas ça ?
    – Qui dit responsabilités dit plus grandes reconnaissances sociales et qu’on le veuille ou non cela a un impact dans notre société.
    – Qui dit responsabilités dit souvent pouvoirs de décisions, autonomie, … plus de libertés.

    Alors pourquoi tant de différence de salaire ?
    Trop de pression ? Mais que les cadres n’hésitent pas il y a toujours du boulot pour ramasser des fruits et légumes, décharger des camions ou préparer des commandes dans des entrepôts réfrigérés. 🙂

    1. Je rajouterais qu’il y a des entreprises où il y a peu de différence de salaires entre cadres moyens et techniciens, dans ces cas, il y a des gens qui refusent de passer cadres en interne mais il y en a toujours qui acceptent malgré les responsabilités et les astreintes.
      I

    2. excellent !

      d’autant que plus tu montes plus ton salaire ( et autres avantages ) est élevé, plus tu as de « responsabilités » mais JAMAIs tu ne seras coupable !!!

      il suffit de voir comment sont débarqués la crème des cadres supérieures : hein , c’est pas comme la caissière qui a ramassé un bon de réduction de 50 centimes ………………..

      la responsabilité, c’est bon pour le prolo qui demande un salaire trop élevé qui est déclaré responsable de son licenciement !

      cette société pue !

  72. M Jorion, je regrette l’absence quasi systèmatique d’un éclairage objectif sur les 30 glorieuses lorsqu’elles sont citées : cette période a vu le capitalisme financier un peu contrôlé essentiellement parce que ce même capitalisme financier a été à l’origine de la crise de 1929 qui a débouchéé sur la seconde guerre mondiale dont il fut (le capitalisme financier) l’organisateur . Cette compromission rapportée aux massacres et à l’anéantissement industrialisé des juifs (aujourd’hui si bien étudié techniquement dans nos manuels d’histoire en terminale…), après la défaite des nations nazies et associées, l’a disqualifié pour 2 générations (40 ans). 1945 + 40 = 1985… cohabitations, un PC en phase de disparition, une Europe en création qui commence à s’inféoder à la finance (par l’entrée de la Grande Bretagne), c’est le phénomène qui se reproduit. Les 30 Glorieuses doivent être présentées non comme un répit ou un « hasard », mais comme une conséquence des agissements du capitalisme financier. A mon avis….

    1. @here by

      Hum… D’un point de vue monétaire et donc financier, les trente glorieuses, ça commence d’abord par la nationalisation de la Banque de France. Et ça s’arrête effectivement avec la Loi Giscard qii interdit dorénavant à la BdF de prêter à l’État français. Pour le reste…

    2. Non, on doit les 30 Glorieuses à la trouille de voir les communistes prendre le pouvoir, nuance !
      Cf. Pouvoir d’achat : une France « quasi révolutionnaire » :

      Le problème des sociétés modernes, c’est qu’il n’y a plus de risque révolutionnaire. Je ne trouve pas ça négatif, mais, de 1945 à 1989, la régulation par les rapports de forces Est-Ouest a permis le miracle européen. Ce modèle économique a disparu avec la disparition du risque communiste.

  73. Excellente synthèse cet entretient!

    L’esprit est affuté et la parole tape dans le mille. J’aime bien quand à l’occasion de certains sujets, animé d’une juste colère notre champion enfile ses gants de boxe et envoie quelques coups bien placés. Gardant bonne mesure faisant toute la force du propos.

    Avec patience et constance vous labourez et ensemencez les intelligences. Avec cette petite faiblesse de l’âme à peine perceptible, qui en fait toute la grandeur ,témoignant de votre appartenance pleine et entière au genre humain.

    Le capital est un outil,un moyen, le capitalisme en fait une fin. Le capitalisme est la religion du capital, avec ses prêtres, ses disciples ,ses oracles et ses sacrifices. Il faut en finir avec le capitalisme pour un autre usage du capital. Le capital doit être au service de l’humanité et non l’inverse, favorisant les échanges et la créativité. Pour cela il faut qu’il circule dans tout le « corps social ».

    La base de tout c’est la Vie et donc les conditions nécessaires à sa perpétuation, le capitalisme en est l’antithèse. Puisqu’il contribue à la destruction progressive des conditions nécessaires à la vie elle même. Générant des écosystèmes énergivores et stériles. L’esprit du capitalisme est à l’opposé de l’esprit scientifique, tout en prétendant être une science. Dont l’hermétisme ne sert qu’a masquer sa forfaiture, sa nature fondamentalement prédatrice et triviale.

    Nature prédatrice au dessus de laquelle la Civilisation et la « Culture » nous aurait élevé??!!

    L’esprit capitaliste est pétri d’une vision populiste des sociétés humaines. Il porte en lui un profond mépris du populaire. C’est pourquoi, par l’exploitation de la culture et de la consommation de masse le capitaliste n’aspire qu’a s’ériger en élite au dessus de la nasse.

    L’humanitarisme affiché par le capitaliste, n’est rien d’autre que commisération à l’égard d’individus par dessus lesquels il s’est hissé vers la » réussite », et desquels il s’est fondamentalement désolidarisé.
    Le populisme de droite produit et nourrit un pseudo contre pouvoir dans le populisme de gauche, les deux entretiennent amoureusement un dialogue de sourds. Conservant ainsi un statu quo nécessaire à leur existence. L’un étant la cause et l’effet de l’autre.

    Ne jamais oublier qu’après une révolution dans la terreur,après avoir guillotiner un roi, on s’est coltiner un Empereur.

    Les mots en « isme » signent le dogmatisme et font les obscurantismes.

  74. Je n’ai pas lu tous les commentaires faute de temps.

    Le journaliste pose la question suivante :

    Admettons votre thèse de la raréfaction du travail. Dans ce cas, la priorité n’est-elle pas, à court terme, de mener un combat pour le droit de chacun à changer de métier, à se qualifier davantage ? Le défi d’aujourd’hui n’est-il pas, finalement, un autre partage du travail, à partir de l’idée de travailler tous, moins, et mieux ? Ce qui suppose aussi de mener le débat sur les finalités de la production, du point de vue de ceux qui produisent les richesses et non du point de vue de ceux qui amassent les profits et inventent constamment de nouveaux besoins ?

    Une partie de la société sous-jacente dessinée par le journaliste dans sa question serait une société où le travail est rare, les salariés en concurrence constante pour celui-ci et où le temps libre généré par la diminution du temps de travail serait consacré à la formation à des taches jugées productives pour l’industrie en vu de rester compétitif par rapport à la demande d’emploi.
    Le salarié est donc dans une position passive par rapport à un marché de l’emploi et il se doit d’être flexible par rapport aux décideurs afin d’adapter les services qu’il peut offrir, le salarié n’est pas un « acteur » mais un « re-acteur » dans le sens où il n’agit que par réaction à son environnement.
    Cette situation amène à des formations permanentes, payées par le salarié ou la collectivité (et pas par l’industrie qui a besoin du métier) et laisse peu de place à l’utilisation du temps non travaillé selon son libre choix et à des formations pour des connaissances non exploitables par l’industrie dominante.
    Il y a donc risque d’un jeu de dupe dans ce cadre.

    En dehors de la question du journaliste, j’ai personnellement en tête quand je pense au travail au choix commun du capitalisme et du communisme (et du syndicalisme aussi) de garder le travail comme point central essentiel à l’Homme, sans dépassement de ce moyen de subsistance.

  75. C’est bien quand même d’avoir de temps en temps sur le blog des gens comme Gu Si Fang ça me permet alors de mieux comprendre pourquoi je suis autant en décalage avec le monde de nos élites.

  76. @GSF: « – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon. »

    Comme le dit l’autre vigneron ici plus haut, les emplois du secondaire laissent place à des emplois du secteur tertiaire. Est-ce équivalent ou mieux? A court terme et pour les individus, peut-être (c’est discutable). A long terme et pour la nation, j’en doute.
    Amha, les USA et la GB vont payer très cher cette erreur de raisonnement (que les allemands ont évité).
    D’un point de vue historique, ce transfert du secteur de la production vers le secteur des services ressemble beaucoup à la décadence. Je vois mal comment une société de producteurs et d’ingénieurs pourrait se transformer en une société de laquais (même s’ils sont juristes) et sauvegarder sa liberté et sa puissance. Je pense que même un libéral comme vous doit l’admettre, c’est pourquoi vous vous êtes bien abstenu de répondre sur ce point à vigneron.
    Tout libéral qu’il est, le peuple américain aussi ne s’y trompe pas et commence à flipper face à cette évolution et à la puissance productrice de la Chine.

  77. J’aimerais connaitre votre position sur la cogestion en entreprise (ou paritarisme), sa capacité à contre-balancer une logique actionnariale, et le rôle attendu des pouvoirs politiques dans sa mise en oeuvre.

  78. @ GSF

    Le prix de la machine à laver le linge en 1960 et aujourd’hui, vous avez déjà comparé ? Qui pouvait s’en payer une alors ? Aujourd’hui elles sont à la portée de toutes
    les bourses, et il en va de même d’innombrables produits.

    Certes mais le monde pourra-t-il toujours continuer à se conduire ainsi ? Par ailleurs est-ce vraiment bien sain pour l’humanité de vouloir continuellement inonder le monde de nouveaux produits jetables pas forcément non plus de meilleure qualité.

    Je crois que vous n’êtes pas non plus tout-à-fait indifférent et je-m’en-foutiste au point de vue d’autrui, il est vrai que la bureaucratie ne facilite pas toujours mieux le quotidien des gens, encore plus celui des gens simples et moins habiles commercialement ou intellectuellement dans un tel monde.

    Si ! il y a un prix qui n’a cessé de monter avec une régularité d’horloge suisse : le prix des services publics. Si vous voulez comprendre le problème de pouvoir d’achat en 2011 c’est de ce coté-là qu’il faut regarder, ne vous en déplaise, pas chez les entrepreneurs privés.

    Hum mais si tout le monde devait être amener à regarder uniquement de ce coté-là, comment pourrions-nous mieux apprendre d’autrui ? Aussi pauvre et ignorant soit-il d’ailleurs sur tel ou tel domaine de penser !

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