Séance de discussion à Ars Industrialis, Prix / valeur – Droit au revenu, le 21 mars 2015

Ouvert aux commentaires.

La séance de discussion à Ars Industrialis du 21 mars 2015. Y participaient, Olivier Laudau, Simon Lincelles, François-Xavier Petit, Christian Faure, Julien Gautier, Paul-Emile Geoffroy, Vincent Puig, Colette Tron, Franck Cormerais, Arnauld de l’Epine, ainsi que moi-même.

Ma propre communication (2ème partie de la discussion) : Valeur / Prix / Création de valeur

La communication de François-Xavier Petit (1ère partie de la discussion) : Droit au revenu dissocié du revenu de l’emploi salarié

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 20 MARS 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 20 mars 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 20 mars 2015. Et j’ai demandé au dieu Pazuzu de bien vouloir manifester aujourd’hui sa colère relative au comportement de la Troïka. Alors, si vous voyez quelque chose de curieux se passer pendant que je parle, eh bien, ce sera sans doute cela.

Non, je ne veux pas réitérer l’exploit de notre ami, l’intrépide reporter, globe-trotter, Tintin, dans Le Temple du Soleil, je ne vais pas essayer de profiter lâchement de la présence d’une éclipse solaire pour essayer de faire passer mon message. J’ai calculé le temps de mon intervention pour qu’elle soit terminée avant le début de l’éclipse !

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« Rebâtir, à partir de Keynes » : Les riches transfèrent aux pauvres le risque lié aux incertitudes de l’avenir

La date de parution aux éditions Odile Jacob de mon livre intitulé « Rebâtir, à partir de Keynes » a été fixée à septembre. Ici, quelques autres pages à venir.

Les riches transfèrent aux pauvres le risque lié aux incertitudes de l’avenir

Les membres en surnombre d’un groupe issu de la division sociale du travail sont dans un rapport de force défavorable vis-à-vis des membres des autres groupes. Y aurait-il à cela en arrière-plan une objectivité fondant cela ? Une telle objectivité existe : c’est celle qu’impose la problématique du risque imprégnant la totalité des activités humaines en raison de l’imprévisibilité des événements contingents de notre monde en devenir, facteur sur lequel Keynes insista dans l’entièreté de son œuvre et dès son Treatise on Probability de 1921.

Le membre surreprésenté d’une classe sera en général rémunéré à un niveau déprécié et sa loyauté sera dès lors restreinte à l’égard de son employeur, faiblesse intrinsèque qui trouvera à s’exprimer si une meilleure offre devait lui être faite. L’employeur devra alors remplacer le travailleur démissionnaire ou défaillant. Ce risque de reconduction de l’emploi offert pour l’employeur est équivalent à ce qu’on désigne en finance du nom de risque de réinvestissement : le risque de celui qui, prêtant à court terme, se retrouve périodiquement et à brève échéance devant la nécessité de replacer son argent dans des conditions qui risquent de ne pas être aussi favorables que celles qui avaient prévalu lors du placement qui vient d’arriver à échéance (cf. pour un traitement plus étendu de cette question, mon Le prix 2010 : 222-224).

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L’explication du prix par le rapport de force (I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres

Quel est le mécanisme déterminant le prix de vente d’un bien ou d’un service ?

Si l’offre est supérieure à la demande, le prix est déterminé par le rapport de force entre vendeurs et acheteurs, qui est alors favorable aux acheteurs en raison de la concurrence qui s’exerce entre les vendeurs soucieux de vendre un produit qui ne trouvera pas nécessairement acheteur ; le plancher du prix dans ce cas-là, sa borne inférieure, est le niveau de profit qui entame le niveau de subsistance des vendeurs, à savoir le niveau de profit zéro qui correspond à un prix fixé au niveau du coût de production. Si la demande est supérieure à l’offre, le prix est déterminé par le rapport de force entre vendeurs et acheteurs, qui est alors favorable aux vendeurs en raison de la concurrence qui s’exerce entre les acheteurs soucieux d’acheter un produit qui n’est pas en quantité suffisante pour les satisfaire tous ; le plafond du prix dans ce cas-là, sa borne supérieure, est le niveau de profit qui entame le niveau de subsistance des acheteurs éventuels (cf. Le prix 2010).

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Le prix : collector !

Bonne nouvelle pour ceux que le prix de 23 € pour 366 pages de réflexions inédites (que du neuf !) sur le prix dissuadait d’acheter Le prix (Le Croquant 2010) dans son édition originale : Le prix va sortir en livre de poche !

Meilleure nouvelle encore pour les collectionneurs : l’édition originale va disparaître des rayons et devenir **==> rarissime < ==** ! Collector à votre portée !

N.B. : Le prix est le premier livre qui explique la formation des prix en termes de rapport de force entre vendeur et acheteur (Incroyable mais vrai : même Karl Marx n’avait pas osé interpréter le prix en termes de lutte des classes !), ce qui veut dire qu’en plus d’être un placement tenant compagnie à vos pièces et lingots, le livre est également **==> très intéressant à lire < ==** !

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 31 JANVIER 2014

Sur DailyMotion, c’est ici. Le son est bien meilleur que sur YouTube (allez savoir pourquoi ?) mais il y a de la pub !

Nous sommes en train de gagner ! Nous marquons des points ! (C’est pas une blague)

L’affaire Snowden en 1998 : Enemy of the State (Ennemi d’État) de Tony Scott

1) Le prix est un rapport de force

Paul Jorion « Le prix » (2010)

2) Interdiction de la spéculation

– Jean-Michel Naulot, « L’interdiction des activités spéculatives des banques est une solution de bon sens », Le Monde, le 29 janvier 2014

Avec sa réforme bancaire, le commissaire européen Michel Barnier veut lutter contre « la spéculation, l’absence de transparence et les manipulations ».

3) La banque est propriétaire de l’argent déposé sur un compte

– Paul Jorion « L’argent, mode d’emploi » (2009)

– Blog de Paul Jorion : L’argent après l’Union Bancaire, par Alain Monod-Broca, le 4 janvier 2014

… les dépôts bancaires ne sont pas de l’argent comme les billets de la Banque Centrale ou les comptes ouverts dans ses livres mais des créances affectées, comme toutes les créances, du risque de signature… Voilà la thèse de votre livre L’argent, mode d’emploi totalement validée par tous nos dirigeants politiques et financiers. Je voulais vous en féliciter. Je n’ai pas trouvé ce constat sur votre blog.

4) Prendre l’argent où il est

– Les Échos : « La Bundesbank prône l’impôt sur la fortune pour les États fauchés », le 27 janvier 2014

5) Le travail disparaît

– Ce soir (ou jamais !), Paul Jorion, « Le travail disparaît », le 3 octobre 2012

– Radio Canada, Paul Jorion, « Faire face à la robotisation du travail », le 28 janvier 2014

– Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes », La Vie, le 27 janvier 2014

 Cette idée néolibérale selon laquelle le travail peut être la variable d’ajustement est mortelle.

Le « Pacte de responsabilité »

L’argent donné aux entreprises ne peut se redistribuer que de deux manières : 1) hausse des dividendes attribués aux actionnaires ; 2) hausse des rémunérations (salaires, bonus, etc.) des dirigeants.

Le mécanisme qui transformerait l’argent donné aux entreprises en création d’emplois N’EXISTE PAS.

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Un vrai marché est un espace de solidarité politique subjective, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. À propos de PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – MONDIALISATION, par Michel Leis.

Le chapitre de Le prix (2010) que je reprendrais pour critiquer la mondialisation et le modèle en vigueur du libre-échange, est celui où Paul Jorion explique les solidarités et les négociations qui se nouent dans les professions de la pêche pour répartir sur tous les acteurs du marché les chocs et les transformations de l’équilibre des prix entre l’offre et la demande (pp. 127–131). C’est à partir du travail de Paul Jorion que je me suis rendu compte qu’un marché délimité par des personnes identifiables et un consensus de règles et de coutumes est porteur d’un capital commun par quoi sont absorbés les chocs affectant la communauté au fil du temps. Un marché régulé par l’Etat négociable et collectif d’une communauté de production mutualise le risque économique entre tous les rôles tous les acteurs.

Les marchés régulés par des États de compétence générale ou particulière sont des accumulateurs de capital assurantiel. Ce qui est assuré, c’est l’équilibre des rapports entre les acteurs dans un mode de production collective. La mondialisation d’aujourd’hui fondée sur le démantèlement des États vise à libérer le capital assurantiel de sa finalité politique afin de le distribuer aux intérêts privés hors sol, des intérêts anonymes déconnectés de toute obligation de solidarité. La libre circulation du capital et des marchandises interdit l’adossement dans les limites des sociétés politiques, de la richesse réelle à sa représentation en monnaie. Les spéculateurs peuvent exproprier le capital public des marchés, à l’économie réelle et au citoyen consommateur. La crise des subprimes a été déclenchée par les intérêts indépendants de toute communauté humaine pour privatiser l’intégralité du capital des États institués officiels.

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POUR LES GENS PRESSÉS : TOUT JORION EN 3 PAGES, par La Glue

Billet invité.

« L’économie, quelle que soit son importance pour le bien général, ne peut prétendre étouffer les autres valeurs, la vie étant le plus grand de tous les biens et devant être protégée jusqu’aux limites les plus extrêmes » (attendus du procès en responsabilité du Bois du Cazier – cités dans La Survie de l’Espèce).

L’ambiance est pesante.

Mais on a LA méthode scientifique. A quoi sert-elle ? Voir ou ne plus voir ?

Pas de constance chez l’Homo erectus (l’economicus étant une fable d’économistes faisant allégeance au capitalisme) pour faire évoluer les choses en mieux, surtout si son sort est encore supportable.

Le capitalisme : comment ça marche ?

Rapidement dans nos sociétés dites modernes, civilisées et surtout capitalistes, le pouvoir de la force est remplacé par le pouvoir de la terre, qui est remplacé par le pouvoir de l’argent. Plus t’en as, mieux c’est et plus tu risques d’en avoir.

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Les « forces collectives » proudhoniennes. Un complément à « Misère de la pensée économique », par Jacques Langlois

Billet invité.

Le fondement de l’économie chez Proudhon réside dans sa théorie des « forces collectives » résumée par la parabole de l’érection de l’obélisque de Louxor (« Qu’est-ce que la propriété » ou 1er mémoire sur la propriété, 1840). 200 grenadiers employés par l’Etat ont en une heure érigé l’obélisque. Supposons 200 ouvriers, contremaîtres et cadres payés par un capitaliste privé. Celui-ci aurait déboursé 200 heures de travail, pensons à 1 ouvrier payé pendant 200 heures : l’obélisque serait resté par terre. Conclusion : le capitaliste ne paye pas la force collective résultant de la combinaison des efforts, de leur coordination dans la division des fonctions. Ce n’est pas seulement un « effort collectif » et une coordination. C’est en fait une « composition » de 2 éléments inséparables et associés quoique distincts : la division du travail qui rend en même temps les fonctions interdépendantes et solidaires, d’un côté, et la formation des coûts qui résulte de la coopération et de la productivité de l’association des deux aspects dans la production, de l’autre. C’est avec les effets de la force collective (que Marx reprendra sous forme de « forces productives ») que l’on comprend « l’aubaine » du capitaliste qui empoche le surplus dégagé par les forces collectives tout en ne payant ses salariés que un par un.

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LE PRIX : ÉVALUER LE RAPPORT DE FORCE

Un petit clin d’œil à ceux d’entre vous qui avez lu mon livre Le prix (2010), et en particulier le passage (à la page 321) où j’explique :

Ce qui caractérise ce marché à l’amiable du « Pan Coupé » [P.J. à Lorient] par rapport à la criée, c’est que, même si l’on peut rater son coup, comme ce fut le cas pour Jean-Yves le 3 août, le pêcheur a le sentiment qu’il peut y défendre sa marchandise, d’« homme à homme », dans une enchère descendante qui autorise le marchandage. Ainsi, dans les termes d’un autre pêcheur : « On connaît tout le monde : il y a toujours une petite conversation. C’est un bon marché : on peut défendre sa marchandise. »

Passage à rapprocher d’un autre, dans un article du Financial Times d’avant-hier, à propos de la pénurie de foin aux États-Unis, où il est dit :

Le produit est difficile à standardiser, du fait que les ballots sont ronds, rectangulaires, secs ou humides, et constitués d’espèces aussi variées que la luzerne, la brome et la fléole [P.J. deux herbes des prés communes]. « Il n’y a pas de qualité standard uniforme pour les foins. Et c’est comme cela que le veulent les marchands de foin. Ils aiment le marchandage », explique Stephen Barnhart, agronome spécialiste du fourrage à Iowa State University.

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