LE CHOIX DES RISQUES, par Didier Cavard

Billet invité

Ce billet est, au départ, une réaction à celui de Paul intitulé « Propos indécents », du 15 mars dernier. Plus précisément, j’ai souhaité rebondir sur sa constatation de la vanité des calculs de probabilité des risques lorsque les occurrences des évènements redoutés sont trop rares pour donner prise à un calcul statistique pertinent.

Il est particulièrement hasardeux d’assigner une probabilité à un évènement qui ne s’est jamais produit, même si on est capable de l’imaginer. J’en donne en annexe deux exemples qui peuvent nous concerner en France.

Cependant, une fois ceci posé, il faut bien constater que notre industrie a fait pousser un peu partout  des installations hautement dangereuses. Si les installations nucléaires en sont probablement le plus beau fleuron, elles ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt chimique : nous avons dans l’hexagone toute la camelote requise pour réitérer Bhopal ; même notre principale source d’électricité renouvelable, les grands barrages hydrauliques, a déjà fait la démonstration, chez nous et ailleurs, de son potentiel destructeur.

La situation étant ce qu’elle est, avec certainement toute une escadrille de « cygnes noirs » prêts à fondre sur nous on ne sait quand, la question que je pose est : qu’est-ce qu’on fait maintenant, concrètement ? L’explorer est le but de ce billet.

Fukushima oblige, commençons par cette question : est-ce qu’il suffira d’arrêter le nucléaire pour pouvoir s’offrir un grand ouf ! de soulagement ? Je crains fort que non : les risques chimiques seront toujours là, les mineurs de charbon tomberont de plus belle comme des mouches, mais ce n’est pas le pire: le pire est que chacun de nous, par sa consommation directe et indirecte, contribue à l’aggravation d’un risque 10 000 fois pire que Tchernobyl, par la simple émission de gaz à effet de serre !

Pourquoi 10 000 ? Parce qu’avec un changement climatique sévère on passera de l’ordre des dizaines de milliers de victimes aux centaines de millions, et des milliers de km2 perdus aux dizaines de millions de km2 (voir la justification en annexe).

Il est temps de se demander comment nous en sommes arrivés à garnir ainsi notre plafond de milliers d’épées de Damoclès.

Depuis le 18ème siècle, l’humanité, entraînée par les nations occidentales, a réduit, par un développement scientifique, technique et matériel ininterrompu, les risques qui la menaçaient au premier chef à l’époque : famine et malnutrition, maladies infectieuses, mortalité infantile, faible espérance de vie, niveaux de vie et d’éducation misérables pour la grande majorité, quasi esclavage des femmes et des enfants (et j’en oublie sûrement). Ce développement est finalement allé au-delà des besoins de base, certainement  trop, avec le tourisme, les loisirs, les déplacements à tout va, les habitations inutilement spacieuses etc…

On oublie trop souvent que ce développement, malgré ses excès, a tout de même permis à des milliards d’êtres humains supplémentaires de connaître la vie (ce que la plupart ont dû hautement apprécier) – dans des conditions difficiles pour une bonne partie, certes, mais je doute que le plus grand nombre, au bout de leur passage sur cette planète, ait vraiment regretté d’être né.

Risques basiques réduits d’un côté, donc, risques nouveaux créés de l’autre : est-ce que ça ne formerait pas un ensemble, difficilement dissociable sans remettre en cause la protection contre les calamités des temps anciens et le niveau actuel de la population. Aurait-il été possible d’obtenir ces avancées en évitant les risques d’origine industrielle ? Question un peu vaine, sauf pour les pays qui luttent encore contre la malnutrition, le paludisme et autres calamités. Peut-on conserver l’essentiel en éliminant ces nouveaux risques ? En partie peut-être, à condition de renoncer à une bonne part du superflu, de poursuivre la recherche scientifique et technique, et de nous organiser de façon que l’emploi, et les revenus qui vont avec, ne soit plus la victime automatique des trous d’air dans la croissance du PIB.

Tout ne peut pas se faire simultanément, ne serait-ce que pour des raisons de financement. C’est là que le calcul stigmatisé par Paul, « coût du sinistre éventuel multiplié par la probabilité qu’il ait lieu, égale tant », peut retrouver une certaine utilité, pour aider à comparer les risques et à choisir ce qu’il est prioritaire de réduire. Dans certains cas extrêmes, le montant du sinistre peut d’ailleurs être considéré comme infini, ce qui délivre du souci de calculer une probabilité, du moment qu’elle n’est pas parfaitement nulle : par exemple, l’impact d’un astéroïde modèle « tueur de dinosaures », ou tout évènement conduisant à la disparition de la quasi-totalité de notre espèce.

Je soupçonne que ce travail ne mettrait pas l’arrêt universel de l’électronucléaire en tête de liste des choses à faire : il fait certes prendre des risques, surtout dans les pays développés, mais contribue sans aucun doute à atténuer les émissions de gaz à effet de serre dont nous avons été et sommes toujours (à part la Chine) les principaux émetteurs (justification en annexe) : nous avons imposé au reste de la planète un péril bien plus redoutable, il est globalement juste de nous exposer à quelques risques en contrepartie, si cela permet d’atténuer ceux dont nous sommes les principaux responsables.

J’ai pris soin de qualifier cette justice de « globale » : un préjudice de source collective serait « puni » au niveau individuel, puisqu’un accident nucléaire ne frappera que certaines personnes bien précises (sans que l’on sache à l’avance lesquelles, mais celles qui passent beaucoup de temps à proximité des installations nucléaires sont bien sûr plus exposées). C’est assez choquant, je le concède.

Je pense pourtant que l’individualisme ne doit plus nous égarer : c’est bien sur nous collectivement, habitants des pays développés, que le ressentiment des pays du Sud ravagés par le changement climatique et ses conséquences retombera. Ce n’est que collectivement que l’humanité pourra se sortir, si c’est encore possible, du piège infernal dans lequel l’évolution logique du développement matériel l’a fourrée. Teilhard de Chardin appelait cela acquérir le « sens de l’espèce ».

Dans ces conditions, par souci d’équité envers les personnes vivant près des installations particulièrement dangereuses, la moindre des choses est de faire de notre mieux pour limiter les conséquences d’éventuelles catastrophes.

Dans le cas de l’électronucléaire, n’oublions pas que même les écologistes demandent 30 ans pour en sortir (c’est à dire, en fait, pour entrer dans autre chose) : il est donc crucial de poursuivre l’amélioration de la sûreté des centrales pour que tout se passe au mieux dans l’intervalle, en tirant les leçons de Fukushima. Ce qui implique de faire, là aussi, tout de même un peu de probabilité des risques, ne serait-ce que pour les hiérarchiser et décider à quelles améliorations s’attaquer en priorité. La leçon essentielle de Fukushima, dans ce domaine, en plus de ce qui va de soi (réévaluer les protections requises contre les séismes, tsunamis et autres inondations) me semble être qu’une centrale doit pouvoir d’abord, dans un contexte de merdier général et d’interruption de toutes fournitures extérieures, quelles qu’en soient les causes, se débrouiller seule pour assurer l’indispensable refroidissement et éliminer toute accumulation d’hydrogène susceptible d’exploser. Ajoutons-y la capacité d’apporter très vite, par hélicoptère ou par voie d’eau, un excédent de groupes électrogènes et de matériels de pompage, en partant, dès le début de l’évènement, du principe que tout va aller le plus mal possible, selon la loi bien connue de l’emmerdement maximum. Et n’arrêtons surtout pas la construction des EPR déjà lancés, qui sont conçus pour supporter une fusion du cœur avec un minimum de rejets vers l’extérieur : à tout prendre, il faut mieux arrêter de vieux réacteurs mal placés en échange !

En conclusion, je voudrais insister sur un point : le sujet que je n’ai qu’ébauché ici est la prise en compte et la perception des risques dans notre civilisation. D’autres l’ont sûrement déjà fait, mais l’actualité justifiait d’y revenir. J’espère que la plupart des commentaires porteront sur ce sujet, sans s’obnubiler sur les détails annexes.

Mon emploi du temps risque de ne pas me permettre pas de répondre à vos remarques avant lundi. J’en profiterai pour tenter une réponse globale, si possible synthétique .

Justifications annexes

1 – Deux « cygnes noirs » potentiels déjà repérés :

– Effondrement possible d’un énorme pan de montagne dans l’Atlantique, à l’île de la Palma (Canaries), avec une vague de plus de 100 m de haut au départ :

http://fr.news.yahoo.com/79/20110317/tsc-un-mga-tsunami-dans-l-atlantique-est-be0b1cf.html (NB : le terme de tsunami n’est pas correct, l’origine n’est pas sismique et la vague ne se propage pas de la même manière)

– Effondrement possible d’un pan de montagne, barrant la vallée de la Romanche entre Séchilienne et Vizille (Isère), suivi de la rupture du barrage naturel consécutif :

http://www.symbhi.fr/10950-les-ruines-de-sechilienne.htm

Les dernières études ont un peu rassuré, quelques travaux ont été faits, mais le risque maximum ne peut être écarté : un tunnel de détournement de la Romanche, même en crue, reste indispensable  (NB : il serait sympa que ceux qui en ont la possibilité fassent un peu de foin médiatique sur ce sujet ; je vous en serais reconnaissant, n’étant arrivé à rien par la voie politique. En gros, il s’agit juste d’éviter de « tsunamiser » Grenoble et dans la foulée les vallées de l’Isère et du Rhône, dont les centrales de Cruas-Meysse et Tricastin).

2 – Conséquences d’un changement climatique sévère :

Je demande instamment aux « climatosceptiques » de rester calmes : dans ce billet, je raisonne par hypothèse sur le pire imaginable, et n’ai donc nul besoin de prouver à 100% la responsabilité humaine dans cet évènement. Je recommande à ceux dont la religion n’est pas faite de passer quelques heures sur les sites http://www.manicore.com/ et http://sauvonsleclimat.org/climat-environnement/rechauffement-climatique.html, ainsi que http://www.realclimate.org/wiki/index.php?title=RC_Wiki (surtout en anglais).

Quant au nombre de victimes et aux surfaces rendues inutilisables pour les activités humaines, considérez qu’il peut se produire entre autres ceci : alternance de sécheresses de longue durée et d’inondations inédites (voir l’Australie récemment) frappant les régions agricoles du Sud, Chine comprise, désertification complète de l’Afrique du Nord, pluies excessives dans la moitié Nord de l’Eurasie et de l’Amérique, perte totale des coraux tropicaux, acidification des océans, migration des poissons vers les pôles (les eaux chaudes dissolvent moins d’oxygène que les froides), modification des courants océaniques, disparition de la banquise arctique en été, fonte suffisante du Groenland et de l’Antarctique et dilatation des océans, d’où une hausse de leur niveau de 5 m au moins (adieu Bengladesh, entre autres), tout ça amplifié par un relâchement massif de méthane par des pergélisols qui ne mériteraient plus leur nom, voire par une partie des hydrates de méthane marins. Imaginez les migrations que ça déclencherait (sans oublier la migration des pathogènes tropicaux), et le bilan des conflits subséquents (p.ex. la Russie laissera-t-elle gentiment des centaines de millions de Chinois venir chercher leur pitance en cultivant la Sibérie ?). A la limite, on obtient le schéma (probablement exagéré) décrit par James Lovelock dans la Revanche de Gaia : 2 bandes habitables aux hautes latitudes Nord et Sud (avec migrations saisonnières pour suivre la lumière), le reste désert, à part quelques oasis montagnardes. On peut aussi consulter le livre « 2033, Atlas des futurs du monde », de Virginie Raisson et, sur le site de Jean-Marc Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/serre/index.html#Predire_l_avenir et http://www.manicore.com/documentation/serre/index.html#Risques.

3 – Apport de l’électronucléaire à la lutte contre le changement climatique

Quand on dit que le nucléaire ne pèse que 2% de l’énergie mondiale, et qu’une contribution aussi faible le disqualifie comme outil de lutte contre le changement climatique (donc aussi l’éolien et le photovoltaïque, qui représentent encore bien moins ?), on dissimule que ce pourcentage concerne l’énergie finale ; or, ce qui émet des gaz à effet de serre est la consommation d’énergie primaire (charbon p.ex.) par les centrales électriques. Entre les deux, le  rendement des centrales thermiques (nucléaire comme à flamme) étant ce qu’il est, le rapport est environ de 1 à 3. Le poids relatif de l’électronucléaire, quand on se préoccupe du climat, doit donc être multiplié par 3. Il faut aussi garder à l’esprit que le système climatique n’est pas linéaire, mais comporte très probablement des « seuils de déclenchement » : des niveaux de concentration de l’atmosphère en gaz à effet de serre qu’il vaut mieux ne pas franchir, sous peine de basculer dans un autre monde (climatique) dont on ne ressortirait pas forcément par le mouvement inverse (effet d’hystérésis). C’est dire que le moindre pourcent d’émissions en moins peut peser très lourd, a fortiori les 6% du nucléaire. Sur les points de bascule, voir p.ex. http://www.climat-evolution.com/article-diagnostic-de-copenhague-7-points-de-bascule-40923996.html.

4 – Aux sources de l’accident de Fukushima

Paul mentionne le rôle de la cupidité dans la genèse de certains accidents majeurs. C’est en l’occurrence très bien vu : on a d’abord appris que l’AIEA avait prévenu le Japon que les protections antisismiques de certaines centrales n’étaient pas au niveau souhaitable (voir http://fr.news.yahoo.com/76/20110317/twl-les-centrales-japonaises-un-problme-1a8f422.html). Depuis, d’autres dépêches sont venues rappeler le lourd passé en matière d’incidents nucléaires du Japon en général, et de TEPCO en particulier (je vous laisse les chercher, il s’en ajoute tous les jours).

5- Pour en savoir plus sur les risques en général :

Tout simplement http://fr.wikipedia.org/wiki/Risque et http://fr.wikipedia.org/wiki/Cindynique, un portail général http://portaildurisque.iut.u-bordeaux1.fr/ et le site d’un spécialiste de la question : http://www.patricklagadec.net/fr/.

Un article très récent : http://www.slate.fr/story/35477/orgueil-seisme-risques-probabilites

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285 réflexions sur « LE CHOIX DES RISQUES, par Didier Cavard »

  1. Entre prise de risque en faveur de la chimie, du nucléaire et des l’émission de CO2, nous avons qu’un choix à notre portée, celui d’apprendre à moins consommer afin d’entreprendre une sévère mutation de nos sociétés. Les européens sont dépendants du reste du monde.
    Le débat s’articule sur le positionnement que nous devrions adopter au sein de l’étau.
    Plutôt du côté de la mâchoire gauche ou droite, madame la marquise ?
    Les esprits s’échauffent et pendant ce temps rien ne change, le bla-bla continue …sous couvert des droits de l’homme les positionnements militaires se poursuivent, on change les dirigeants ici et là pour renégocier les contrats d’approvisionnement en énergie fossile, et les centrales nucléaires de demain sont déjà prêtes pour une exploitation en toute sécurité.
    Mais tout cela nous permet-il pas d’être sur le blog de J.Paul ce soir ?

    1. PAD
      A Tokyo, même si le système économique est quasiment prêt à tourner à nouveau, il semble que les Tokyoïdes (je viens d ‘apprendre que c’est ainsi qu’on les appelait) consomment moins de choses inutiles et restaient chez eux. Cette réduction des consommations est peut-être une manière de faire leur deuil (ou de trahir leur peur) mais je ne crois pas qu’un dirigeant japonais ait dit comme G.W. Bush après les 11 septembre: “Consommez, consommez, c’est ainsi qu’on défend notre way of life…”

      1. consommer-juste

        Je ne sais pas si les japonais peuvent accrocher sur le cas particuliers des fruits et légumes, surtout les fruits, qui sont franchement rares et chers au Japon.

  2. je vais faire mon Marlowe et mettre ce petit lien de PMO http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/On_vous_l_avait_bien_dit.pdf
    L’état de déliquescence organisationnel actuel dans les sociétés occidentales est antinomique des nécessaires contingences pour un fonctionnement à peu près sécurisé de l’outil nucléaire. Au slogan du lobby nucléaire, “le nucléaire ou la bougie”, l’actualité japonaise renvoi un écho déformé : “le nucléaire ET la bougie”.

  3. La meilleur des energies c’est celle qu’on ne cosomme pas . ( Na ! )

    A propos du nucléaire ,
    Apres le japon on constate que du fait que c’est la-bas , la-bas c’est à dire loin , très loin .
    Les réactions en Europe sont souvent assez molles .
    Attendez que ça arrive bien plus près .
    Car il ne faut pas se voiler la face , un tsunami costaud pouvant venir de très loin nous ne sommes pas forcément à l’abri d’autant que nos systèmes de refroidissement sont toujours avec des pompes électriques donc dépendant de cables et autres Générateurs Diésel de secours
    ( Comme tous le monde , et qu’il faudrait arréter de croire forcément qu’on est plus forts que les autres , ça va finir par nous jouer des tours ) .
    Est ce que nous allons en France revoir tout ça pour plus de sureté , pas sure vu que ça couterait trés cher sans doute .
    Alors restons dépendant à 85 % de l’énergie Nucléaire . Et attendons la prochaine maxi Cata .

    Nota :
    Deux chercheurs français ( Alain Couton – Alary ) cherchent un sponsor pour construire une Tour Aérogénératrice à Effet Vortex pouvant produire 300 MégaWatts uniquement avec la différence de densité de l’air .
    Ils pensent etre capables d’en réaliser une qui produirait autant qu’un réacteur nucléaire ( 1000 MW ).
    Evidement elle fait 300 Mètres de haut ça se verrait un peu , mais bon faut savoir .
    La différence avec les éoliennes et autres capteurs , c’est de dépendent ni du soleil ni du vent et donc elles fonctionnent 24/24 H avec un rendement plus faible la nuit ,( mais la conso est également basse) .
    Aux dernieres nouvelles ils auraient après 6 ans de galère un sponsor étranger , lequel ? Mystère .
    Nous avons peut etre raté un truc là , va savoir .
    Evidement AREVA n’avait pas d’intérèt dans ce bizness , donc c’était mort d’avance .
    A propos
    les Chinois viennent d’opter pour la filere Thorium car ils en ont beaucoup (ailleurs aussi ), c’est rassurant car avec on ne peut pas faire de bombe , faudra l’dire aux Iraniens .

  4. une des énergies dont on nous parle jamais.

    et plus particulièrement au japon, qui est un pays exposé au tremblement de terre donc avec une très forte activité de la terre et donc des poches d’énergie qui affleurent : c’est la géothermie.
    plutôt que de dépenser des sommes folles dans le nucléaire et dans des digues contre les raz de marée il aurait été plus profitable de sponsoriser les équipements collectifs de collecte de cette énergie gratuite.
    encore une fois la priorité est donnée aux choses qui rapportent à ceux qui le créer et en rende dépendant les autres.
    fournir quelque chose de disponible et gratuit n’est pas intéressant économiquement.

    1. Je ne sais pas si les japonais sont prêts à sacrifier leurs fameux Onsen pour y construire des usines géothermiques…

      1. Moi aussi je pose la question de la géothermie (d’origine radioactive, si on regarde de près, mais de la toute lente toute douce).

        Si la nature ne fait pas elle-même une structure échangeuse de chaleur entre eau et roche,
        il semble qu’on épuise assez vite les possibilités d’un volume modeste, on va refroidir les 3 m de roches autour en quelques semaines, puis après plus rien, si il n’y a pas de circulation d’eau.

        Or il n’y a pas toujours d’aquifère chaud sous nos pieds.

        Mais c’est vrai que l’ingénierie n’a peut être pas été très poussée. Quand on va faire des choses comme les creusements explosifs pour récupérer le gaz de schiste, on fabrique des volumes importants sous terre… avec les dégâts qu’on sait en surface, dans l’état actuel de cette (sale) technique. C’est un peu “préhistorique”, comme niveau.

  5. au maitre de ces lieux : je suis surpris de la non réaction de l’auteur du billet – d’autres comme PSJ par exemple ne rechignent pas à répondre.

    1. Ne vous inquiétez pas, Didier Cavard est déjà intervenu sur le blog et le fera très certainement lorsqu’il sera disponible.

  6. Un site consacré à toutes les âneries débitées par des journalistes professionnels du monde entier sur la situation au Japon :
    http://jpquake.wikispaces.com/Journalist+Wall+of+Shame

    Les français ne sont pas épargnés, notamment TF1 qui récolte la note maximale de 10 sur l’échelle de la désinformation(= “Hysterical fear-mongering along with racial/cultural/political bias”), assortie de ce commentaire cinglant :
    “It is not a big surprise for people know TF1 method but is the most watched TV news in France.”

    A noter : France 2 et Le Figaro figurent également sur ce Wall of Shame.

    1. Mouais… pas très sérieux tout cela : des appréciations qui semblent très subjectives et passablement arbitraires. Tout rapprochement avec Tchernobyl ou toute comparaison avec ce qui s’est passé là conduit à marquer le journaliste du sceau de l’infamie. Le site est anonyme, ce qui conduit à se poser la question : pour qui roule ce gars-là ?

      1. Il faut quand-même avouer que la situation est différente, notamment nous échappons à l’incendie du coeur du réacteur, – la fusion existe, mais sans feu, et donc il y a juste la vapeur qui disperse les éléments.

        Maintenant la fusion du coeur risque de contaminer le sous-sol et là, c’est le même problème qu’à Chernobyl. Ils ont tout fait pour l’éviter, preuve que c’est important.

      2. Lisztfr : je ne veux pas tomber dans le catastrophisme extrême mais quand on remplit des piscines percées et que ces mêmes piscines renferment du combustible pour une bonne dizaine de réacteurs, que l’on est en face de 6 tranches nucléaires à la dérive avec des enceintes de confinement trouées et des cuves qui fondent, la cata est au moins du niveau de Tchernobyl.

      3. J’ignore également qui tient ce site, et si il “roule” pour quelque organisation que ce soit, mais sa liste reflète bien l’exaspération des français restés au Japon (j’en connais certains, et on peut lire de nombreux blogs) qui sont unanimes pour critiquer l’attitude alarmiste des médias. Ils ne veulent pas quitter le Japon et en ont assez de se confronter à leur famille qui ne les comprend pas …
        Quelques exemples :
        http://www.japanthroughblueeyes.com/
        http://www.suppaiku.com/2011/03/je-suis-un-francais-du-japon-en-colere.html

        Un autre blog francophone qui décrit l’évolution de la situation, du point de vue d’un ingénieur en physique, mieux armé pour comprendre les détails techniques des communiqués :
        http://ameblo.jp/elb/entry-10836936769.html

        Je suis d’accord que certains (le premier blog cité, notamment) reflètent la position officielle de l’Ambassade de France à Tokyo, mais cela ne les disqualifie pas forcément a priori, en tout cas pas plus que ce que l’on peut entendre à la télévision.
        A force de lire et d’entendre tout et son contraire, on ne sait plus trop que croire. Ce qui dans mon cas n’a finalement que peu d’importance, puisque je n’ai pas à prendre la décision de quitter Tokyo ou pas, contrairement aux personnes citées ci-dessus. Eux, en tout cas, ont choisi de rester.

        1. Vous avez raison : le point commun entre ces différents blogs de Français qui restent au Japon (pour des raisons sans doute diverses) est l’espoir exprimé que tout s’arrange. On les comprend, mais vous devriez comprendre aussi que l’espoir ne constitue pas une garantie d’objectivité.

    2. Que les journalistes débitent des âneries semble quasiment dans la nature de leur métier. Chaque fois que je lis un article sur un sujet que je connais bien j’y trouve des erreurs factuelles, jusque dans les résultats sportifs !

      Sur les sujets scientifiques, c’est bien sûr l’apothéose. Jancovici en fait une analyse intéressante ici : http://www.manicore.com/documentation/serre/journalistes.html.

      Faire une anthologie des bourdes sur l’évènement en cours n’est donc pas bien difficile, il faut juste prendre le temps de le faire.

  7. Bonjour à tous

    Dans un bureau, un panel d’ingénieurs s’évertue à calculer les risques présentés par une nouvelle technologie, ou molécule ou autre…
    Dans un bureau voisin, les financiers et les commerciaux calculent les profits à court terme, la montée des cours des actions de la boîte, leurs primes sur objectifs que la mise sur le marché de cette nouvelle molécule ou technologie peut leur rapporter…

    Quand les ingénieurs arrivent avec leurs résultats, la vente a déjà démarré ! S’ils protestent, ils sont virés.
    C’est arrivé entre autre, pour les farines animales qui ont causé l’épidémie de vache folle …
    j’ai aussi vécu cela dans un labo .

    LA SECURITE NE COUTE PAS CHER: ELLE DIMINUE LA PART DES PORCS A L’AUGE!

    Pendant ce temps là, dear Red Toad, le bons sens populaire regarde le soleil tourner autour de la terre: c’est bientôt l’heure de l’apéro.
    Mais il est vrai qu’il fut un temps où le bon sens populaire et la science étaient en harmonie: la Sorbonne a enseigné et le géocentrisme et la platitude de la terre pendant quelques siècles!

    Comme le disait Pierre Dac: “L’art de la prédiction est difficile, surtout pour celles qui concernent l’avenir”

    Cordialement.

    1. LA SECURITE NE COUTE PAS CHER: ELLE DIMINUE LA PART DES PORCS A L’AUGE!

      trés réaliste ! mais, c’est trés peu aimable pour les porcs …et, je ne parlerais même pas des PIIGS(F)

      Quand les ingénieurs arrivent avec leurs résultats, la vente a déjà démarré ! S’ils protestent, ils sont virés.

      ….et, s’ils refusent en masse : ingénieurs ayant le sens des responsabilités, et qu’ils font passer une communication à la presse, dans les associations …à votre avis, que se passe-t-il ? ils, les ingénieurs s’en sortent, la tête haute ! esprit de corps, cela ne doit pas toujours être dans le mauvais sens !

  8. Vous voudriez nous faire croire que les risques et les conséquences sont sommes toutes équivalentes, mais pourtant il n’en ait rien.
    Comparer les effets du réchauffement climatique aux effets d’irradiations relève du grotesque pour ne pas dire de la malhonnêteté!
    L’homme, même si cela aura des conséquences difficiles saura s’adapter au réchauffement climatique.
    Une catastrophe naturelle ou pas (style tsunami ou barrage rompu) à des conséquences immédiates fortes et violentes mais beaucoup plus faible à long terme et n’impacte pas la persistance de la vie comme peut le faire la radio activité.
    Vous ne pouvez pas, sans arrière pensée, banaliser ainsi les conséquences d’un accident majeur, tel que nous sommes en train de le vivre au Japon, sur la vie terrestre.

    1. Mais tout à fait, comme si on avait la moindre idée jusqu’où peut aller un accident nucléaire, sachant que soi-même on mange du bio, – c’est toujours pour les autres, l’accident, la contamination, le stockage, le démantèlement, etc.

      Les conséquences même de Tchernobyl sont sous évaluées ! Les parents d’amis sont malades de façon prématurés en Pologne. Tous les enfants ont pris de l’iode en Pologne…

      Enfin… pour le téléphone portable on est dans le flou artistique à propos des ondes, on dit qu’il faut faire attention ! Alors pour le nucléaire, il semble que le risque leucémique est légèrement plus élevé autour des centrales, tous ces effets sont inquiétants, peu évalués et pas pris en comptes dans les risques ! C’est tout, à partir du moment où l’étude épidémiologie n’existe pratiquement pas comment voulez vous parler d’évaluer un risque ?

      Le problème du stockage n’est pas réglé non plus… Fukushima n’est pas terminé, c’est en train de polluer l’océan…

      1) Gisement sont les économies.
      2) Le solaire, qui est une gigantesque source d’énergie.

      – 1km carré = 1000 + 1000 + 100 = 100 MW

      10 km carrés de capteurs à 10%, c’est l’équivalent d’une centrale nucléaire.

      1. @ Lisztfr :
        Oui, concernant le solaire, il me semble me rappeler qu’avant l’intervention d’un intervenant (que l’on cite sur ce fil mais dont je n’arrive pas à retrouver le nom) sur France2, ils ont fait paraître un reportage parlant d’énergie de substitution au nucléaire.
        Pour le solaire, ils ont sorti : ‘il faudrait que la totalité de l’Europe soit couverte par des panneaux solaires pour produire autant d’électricité que le nucléaire en France’.
        Imaginez donc la tronche des télé-spectateurs : ‘waoooooh, veugra le solaire, on va retourner à Lascaux à ce prix !!’

        Sauf que deux jours plus tard, je crois, en fin de présentation des reportages concernant Fukushma, le présentateur rectifie le tir et s’excuse en disant qu’ils s’étaient trompés : la surface nécessaire était de la taille d’un département français (Lot et Garonne ?).

        Sauf que “l’info” était passée et celle-ci, évidemment, que les français ont retenu.
        Où quand AREVA n’a même plus besoin de passer commande de reportages sur l’utilité du nucléaire auprès des médias …

      2. Mais à 1$/W actuellement, et avec des panneaux au cadmium (SolarFirst : CdTe?) élément hélas juste un peu trop rare pour faire tout ce qu’on veut (plus rare que les terres rares).
        En technologie à 10% (silicium), le watt solaire reste plus cher.

        Et puis sans pouvoir stocker, comme pour l’éolien, vous êtes obligé de garder des centrales au gaz (les moins inertes) pour faire l’appoint “ou tu voudras quand tu voudras”…

        Je conseille assez régulièrement d’allez voir le site d’IEEE Spectrum / energy.
        Des technophiles, mais qui n’éludent pas tous les problèmes. Leur article sur la filière nucléaire en France était raisonnablement équilibré, avec interview des gens de greenpeace qui avaient intercepté les convois routiers de PLutonium (La Hague –> Marcoule, de mémoire)

      3. @ zébu
        je regarde la règle de trois :
        Pointe de conso électrique : 96 350 MW le 15 Décembre 2010.
        (9e10W pour 6e7 habitants, 1500 W/hab, réaliste, le total de l’énergie toute source est ~10 kW/hab)

        Si on veut couvrir disons 70 000 MW =7e10 avec du solaire, il faut un endroit au midi
        qui recoit 7e11 Watt avec un rendement de 10%.
        Avec 1e3 W/m2 (soleil “normal” d’avril), ca fait 7e8 m2, soit 700 km2.
        Mais en hiver, en lissant sur une journée (supposons qu’on ait un stockage journalier),
        on produit beaucoup beaucoup moins que 10% :
        le soleil est sans doute en moyenne à 300 W /M2 au zenith l’hiver, à part à Font-Romeu
        et la durée effective devient 4h sur la journée, 5h pour être sympa.
        On se prend donc un facteur 3 pour les 300 vs 1000W et un facteur 5 pour la fraction du jour soit un facteur 15. On passe à 11000 km2, un super gros département (6000 km2 en moyenne), et on ne sait pas comment stocker, c’est un gros hic, et on ne sait pas quoi faire si ça tombe à 50 W sur tout le territoire cause brouillard tenace etc…

        Ca ne pourra pas être un “bon plan” quoi qu’il arrive, disons que c’est un plan de dernier recours.

        Quant à la montée de l’éolien, aller voir IEEE Spectrum / energyqui a suivi les vicissitudes du devlpt de l’éolien en Allemagne (chercher par mot-clé “germany windmills” …).

        Donc c’est l’économie qui est le seul gros gisement propre et pas compliqué !

      4. @zebu et timiota

        Donc c’est l’économie qui est le seul gros gisement propre et pas compliqué ! Complètement d’accord. Et pour faire des économies, il faut que les Utilisateurs soient taxés.

        Dans mon village d’Ardèche, voici quelques années, l’eau (très pure) s’écoulait gratuitement… et les consommateurs en usaient et en abusaient. Pensez ! C’est cadeau. Avec les usages plus dispendieux, le réservoir s’asséchait de plus en plus fréquemment. Les Maires successifs ont bien tenté de raisonner les Administrés, mais rien ni a fait jusqu’à l’arrivée d’un Maire courageux qui a forcé à l’installation de compteurs, d’abord avec une consommation gratuite pendant les mois d’hiver, puis avec un prix toute l’année… Le réservoir, en dépit de l’accroissement de la Population, ne s’assèche plus.

        Tant que l’électricité consommée sera aussi peu chère (idem pour le gaz ou autres biens naturels prochainement rares comme l’eau par exemple), la plupart des consommateurs ne fera rien pour l’économiser.

        Evidemment, il faudra imaginer un fond social de consommation. Quoiqu’on fasse, on y viendra.

      5. Mais non, il faudrait installer les centrales solaires (d’ailleurs il n’y a pas que le photovoltaique) au Magheb, dans le désert. La ça ne gène personne

        Certes, produire des kilometre carré de cellules photovoltaique nécessite des métaux précieux, et autres terres rares.

        1) Il n’y a pas de cadmium dans mes cellules, mais du Titanium poreux dopé. Avec cette technologie on atteint 14 % de rendement en labo, d’autre part on n’est pas obligé de ne pas recycler les cellules et de laisser le cadmium se répendre dans l’environnement.

        2) Avec l’éthanol “biologique”, le rendement max est inférieur à 3 % car la chlorophylle a un rendement de 3% d’énergie.

        4) Etant donné que l’énergie est quasiment illimité au Maghreb, peu importe les pertes. Cependant des cables de 1500 km pour transporter l’énergie existent déjà. Et les allemands construisent des centrales dans cette région, car c’est une bonne idée.

        Pas de démantèlement, pas d’entretien ou presque. EDF provisionne pour le démantèlement tu parles, on ne sait pas ce que cela coutera.

        Il existe aussi des nouveaux capteurs organiques quasi-transparent et flexibles, chaque vitre pourrait fournir du courant.

        Ma préférence perso va à l’énergie des vagues, immense ! L’eau est 800 fois plus dense que l’air, elle transporte énormément d’énergie.

        Tout cela coute cher, mais pollution zéro et risques zéro.

      6. Mais non, il faudrait installer les centrales solaires (d’ailleurs il n’y a pas que le photovoltaique) au Magheb, dans le désert. La ça ne gène personne

        Précision : ça ne gêne pas les français ou les européens, parce que les bédouins à mon avis ils ne seront pas trop d’accord !

      7. @ Perceval :
        Merci !!
        ‘tain, j’ai encore des neurones et je n’étais pas loin : je me rappelais du ‘lot et garonne’ en lieu et place du ‘tarn et garonne’ (que les tarnais et tarnaises ne me jettent pas la première pierre, merci).

        @ timiota :
        Certes. Mais l’essentiel n’était pas là, comme le montre l’article de Perceval 78 : l’information a été déformée de 2700% et quelques dans l’évaluation. C’est ça qui pose question. que le solaire ne soit pas LA bonne solution, j’en conviens d’autant plus que je n’y connais rien en calculs énergétiques. Mais qu’il peut être UNE solution, avec une surface équivalente à la surface des toits en France …

      8. WITHOUT_THE_HOT_AIR
        On m’a signalé le lien suivant en anglais, qu’on m’a présenté comme remarquable.
        (à vérifier)
        withoutthehotair de David Mc Kay

        Vers la page 178, on trouve que les puissances de centrales solaires correctement installées dans des pays chaud (désert…) produisent en continu 10 à 15 W/m2.
        On a donc raison de tabler sur un rendement de 10% (100 W Solaires par m2 pic) et sur une dilution ultérieure d’un facteur 10 pour assurer 24/24 7/7 avec un stockage.
        La faisabilité pour l’Europe entière parait délicate pour le moins.

        Quant au prix, il bute actuellement sur le prix des panneaux qui compte plus dans le total que que celui des modules solaires proprement dit. Ce qui est le seul point positifs, on peut se payer des modules à 20% dans un futur pas trop lointain. Mais la thermodynamique limite le rendement à 30-40% (Queisser-Shockley …)

      9. Pour le site de McKay rappelé par Timiota, il existe maintenant un résumé en français. Au sujet de l’énergie solaire du désert, je vous recommande la carte du Royaume Unis, p7 . Les hexagones jaunes correspondent à la surface nécessaire dans le désert pour compléter toutes les installations déjà présentes sur le territoire anglais.
        Il existe une autre carte intéressante pour les USA.(p2) Ça permet de visualiser que les énergies renouvelables c’est possible, mais pas sans sacrifice en terme de surface consacrée à la collecte d’énergie.

  9. Encore une fois, je n’ai pas pris le soin de lire en détail les multiples commentaires.

    Cependant, voici un lien intéressant :

    http://energie.lexpansion.com/climat/-le-nuage-du-volcan-eyjafjoll-plus-radioactif-que-tchernobyl_a-35-4448.html

    Je ne comprend pas pourquoi la CRIIRAD qui se veut la gardienne de la santé des français n’ait jamais eu l’idée de mesurer la radioactivité engendrée par les retombées sur l’ensemble de l’Europe du volcan islandais.
    Je suppose qu’il s’agit d’un oubli de leur part ou alors que leurs dévoués ingénieurs et analystes ignorent que les volcans sont radioactifs.

    En conséquence, je doute de la véracité des actions de cet organisme piloté par des gauchistes à la solde des lobbys pétroliers !!!

    1. @henry38
      “à la solde des lobbys pétroliers” dites-vous de la Criirad. En tout cas en suivant le lien que vous donnez l’article de Hervé Nifenecker renvoie à “Sauvons le climat”, qui se baptise lui-même “SLC” (“Salut les copains”) à la solde du lobby radioactif.

      Sur l’argument du volcan islandais, votre Nifenecker écrit tout de même : “La radiotoxicité par inhalation des cendres de l’éruption serait donc supérieure à celle due aux retombées de Cs137 du nuage de Tchernobyl mais 20 à 50 fois moins radiotoxiques à l’ingestion.” Mais sans sortir le dosimètre on peut tout de même se dire que précisément parce que l’uranium et le thorium sont mortifères ce n’est pas très malin d’en extraire, d’en transporter, d’en exploiter et d’en faire bouillir à la surface terrestre. Sauf si on trouve malin de risquer la mort d’autrui afin de capitaliser l’énergie.

      Lien primaire via celui que vous donnez : http://sauvonsleclimat.typepad.fr/

      Lien secondaire, à partir du précédent, sur Fukushima : Jean Fluchère, voir les sponsors en bas de page.
      http://www.sauvonsleclimat.org/etudeshtml/accident-de-fukushima-daiichi/35-fparticles/714-accident-de-fukushima-daiichi.html

      Tout est relatif, sauf la mort. Adieu !

  10. Vous referencez le site http://www.manicore.com , mais ce site est bourré d’erreurs , son principe est simple , je fais une page bourré de chiffres pour perdre le lecteur et a la fin le lecteur y dit : putain il est fort ce gars la , finalement je suis pour le nucleaire .

    Mais prenons une page au hasard :

    http://www.manicore.com/documentation/part_eolien.html

    que nous dit on : cf tableau vers la fin
    on a jamais vu (lissé sur 50 ans) une energie depasser des taux de croissance de 10%

    faux et archifaux sur les 15 dernieres années , les taux de croissance de l’energie eolienne ont explosé la barre des 20%

    http://www.thewindpower.net/statistiques_monde.php.
    http://www.electron-economy.org/article-en-2020-les-capacites-eoliennes-mondiales-atteindront-1-500-000-mw-soit-presque-dix-fois-plus-qu-actuellement-greenunivers-com-47587358.html

    EN gros voici comment je ressens votre article , avant le lobby nucleaire disait circulez y a rien a voir . Maintenant , il donne quelques petites tapes sur la tete , en disant il est gentil comme tout le toutou , allez va voir ailleurs si j’y suis .

    Paul Jorion est super sympa dans son calcul de statistiques , vous ne vous en rendez meme pas compte . Moi je fais le calcul suivant :

    Les russes ont essaye : Thernobyl
    Les americains ont essaye : Three Miles Island
    Les japonais ont essaye : Fukushima
    Les francais ont essaye : … rien pour l’instant

    on est donc sur une probabilité d’accident de 75% !!! minimum !!!

    Quand au pseudo certitudes francaises , ca me fait doucement penser a l’equipe de france de football avant Nicena , on est les meilleurs ben voyons !!!

    ET notre histoire est pleine de mecs super surs d’eux , faudrait quand meme s’en souvenir un peu :

    AZINCOURT : la victoire etait tellement assuré , que nos elites se sont rués pour etre les premiers. Resultat 50 ans de galere (avec l’avantage que notre elite avait été decimé , vive charles d’orleans !!!)

    Et le top du top , n’oubliez pas qu’il y a seulement deux ans , notre super Pr… voulait vendre des centrales nucleaires a l’autre cingle Khadafi !!! et generaliser les subprimes en france .Avec des chefs comme ca , la probabilité d’accident nucleaire passe d’un seul coup a 120 % !!!

    1. La Bataille d’Azincourt selon Wikipédia :

      Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera souvent considérée comme la fin de l’ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fera que se renforcer par la suite grâce à l’invention des armes à feu.

      Et par la suite encore avec des missiles largués depuis des drones, pilotés en fauteuil à 10.000 km de distance. J’dis ça comme ça.

      1. D’où probablement l’expression, faire flèche de tout bois.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Arc_long_anglais
        Prenez quelques milliers de chevaliers lourdement équipés dans un couloir de 3OO mètres de large très glaiseux , c’est Novembre et il pleut. Les 1ers rangs tombent sous les flèches et c’est l’hécatombe. C’est juste à côté de chez moi, un lieu que les anglais adorent ré en-acter.

  11. Aller voir http://www.manicore.com/documentation/part_eolien.html (page sûrement pas choisie au hasard) révèle en fait toute la mauvaise foi de l’auteur de ce commentaire : le pétrole a déjà cru de plus de 10% par an (c’est dit), et pour l’éolien l’auteur donne plusieurs hypothèses de croissance : à chacun de choisir ou de tester d’autres hypothèses, au moins il y a les données pour.

    Jancovici fait un travail sérieux, contrairement à la plupart des Yakafocons qui pullulent ici.

    1. Oups ! Mal visé… Ceci se rapporte au commentaire 41 (perceval des Yvelines ? ou millésime 1978 ?)

      1. Perceval anciennement du 78 (je n’etais pas a azincourt , mes ancetres peut etre, je crois que les bretons ont hésité jusqu’au dernier moment pour savoir quel parti ils prenaient)

        Tu as mal lu mon commentaire (j’avais dis que jancovici disait : Lissé sur 50 ans) effectivement le petrole etait au dessus de 10% etre 1880 et 1898 . ceci etant dis , si tu vas sur le lien que j’ai donné dans mon commentaire ,tu t’apercevras que la moyenne de croissance de l’eolien sur 15 ans c’est plus de 28% . Donc le raisonnement de Jancovici est faux ( sur ce cas la) que ca vous plaise ou non . Et c’est quand meme un peut genant vu qu’il se base sur cette hypothese pour dire que l’eolien tiens pas la route !

        et puisque tu veux des données en voici :

        annee capacite % croissance
        1996 6100 1300 27
        1997 7480 1380 22
        1998 9667 2187 29
        1999 13701 4034 64
        2000 18040 4339 31
        2001 24319 6279 34.9
        2002 31181 6862 28
        2003 41343 10162 32
        2004 49463 8121 19
        2005 59137 9674 19
        2006 74178 15041 25
        2007 93952 19775 26
        2008 121328 27376 29
        2009 158008 36680 30
        2010 194154 36147 22

        Moi ce que j’observe c’est que la capacité des eoliennes double environ tous les 3ans , on etait a 0.4mw en 2000 , le dernier record (les allemands) se situe a 7MW , on est dans un paradigme qui est plutot proche de la loi de Moore pour les processeurs .

        Autre probleme dans son hypothese , la croissance d’une energie ne peut pas croitre plus vite que la demande . On aurait pu avoir une croissance de 40% du petrole en 1900 ,si les besoins avaent été la. Aujourd’hui la problematique est totalement differente , on veut remplacer un existant !

        Je comprends bien que c’est rassurant de suivre l’ideologie dominante , mais il n’est pas interdis de penser par soi meme . Merci de m’avoir rangé dans la categorie des Yakafocons , tout espoir de medaille etant definitivement perdu , je vais pouvoir plus que jamais dire ce que je pense . Vive la liberte de dire des conneries !!!! et merci à Mr Jorion de me laisser m’exprimer .

      2. 1 – La tableau n’est pas clair : 2 colonnes pour quelles données ? Quelles unités ?
        2 – JMJ a pu sous-estimer la croissance, mais ce n’est pas toute son argumentation. Il faut lire tout l’article.

      3. Pour éclairer le débat si on considère l’explication associée à la courbe :
        “Taux de croissance annuel moyen, sur 20 ans, de la consommation mondiale pour les énergies significatives du mix mondial actuel. Le point est positionné en face de l’année de fin de période. Exemple : la valeur de 1960 représente le taux de croissance annuel moyens pour la période 1940-1960. La valeur pour 1940 représente les taux de croissance annuel moyens pour la période 1920-1940, etc.”
        On constate que les données dont dispose peceval78 ne permettent pas encore de créer le premier point : il devra attendre 2016 pour avoir un premier point et 2017 pour mesurer une croissance. En effet lorsqu’une technique débute les taux de croissance ne veulent rien dire, ils sont par exemple infini lorsqu’on passe de rien à quelque chose (cas extrème). D’une manière générale le graphique de Jancovici a du sens à long terme seulement (moyenne de 20 années, lissé sur 50 ans).

  12. L’auteur du billet est clairement pronucleaire, et il veut nous convaincre du bien fonde en disant que il y a toutes autres sources possibles de catastrophes, naturelles ou anthropogènes, alors a quoi bon se soucier autant du nucleaire ?

    A une seule raison, les effets de toutes les autres catastrophes sont, ou bien limités dans le temps (innondations, séchéresses, tsunami) ou bien limités dans l’espace (le changement climatique fera bouger des écosystemes et despopulations, mais il n’est pas exclu une adaptation dans un autre endroit de notre Terre. Tout simplement nous ne connaissont pas les limites d’une catastrophe nucléaire à cinquante ans, cent ans, mille ans … les genomes de beaucoup d’espèces changeront brusquement, ce aui n’est pas le cas dan les autres catastrophes. Je ne suis pas du tout d’accord sur l’homogeneité des catastrophes. Il faut penser aux humains, animaux et plante qui nous suivront sur Terre ….

    1. +1 Colomba .
      L’arnaque de l’auteur du Billet , c’est de faire croire que le “CHOIX des RISQUES” est inéluctable , non discutable ….alors que ‘en fait Le “système” et donc ses bénéficiaires (la minorité qui font ces choix) , a pris SEUL , le Risque de SES CHOIX . On le voit bien ici :
      /////c’est bien sur nous collectivement, habitants des pays développés, que le ressentiment des pays du Sud ravagés par le changement climatique et ses conséquences retombera. Ce n’est que collectivement que l’humanité pourra se sortir, si c’est encore possible, du piège infernal dans lequel l’évolution logique du développement matériel l’a fourrée. /////
      La globalisation sera donc inéluctable ? (meme sans petrole ?) Et cet aboutissement est “LOGIQUE” ? , ….ni responsables , ni coupables ? , amnistie général de tous les cravatés qui nous ont mis ds ma M…. ?
      Abjection , votre horreur ! ..Nous voulons des tetes ! et des couilles coupées pour éviter le népotisme règnant .

      1. Comme vous faites partie des émetteurs de CO2 qui auront coulé leur pays, VOUS faites partie de ceux à qui les habitants des Maldives (p. ex.) viendront couper les roubignoles ; comme ils sont musulmans, ils pourront même déléguer à Al Qaida.

        C’est comme ça que je comprend le début du § que vous citez.

  13. @ Didier Cavard, Paul Jorion, Jean-Luc, et au blog…

    Devant tous les problèmes “nouveaux” – dans le sens de plus réels – et à venir qui se dessinent à l’horizon et qui se posent à la “civilisation” technologique européenne, tellement marchandée durant des siècles qu’elle en est devenue planétaire: nous sommes face à un bouleversement de la direction suivie par les sciences dites exactes, humaines, éthiques et religieuses depuis au moins l’avènement du christianisme: la fin du monde grec et romain.

    Les “disciplines des sciences” que je préfère appeler les arts cognitifs n’ont guère fusionné entre eux et de fait ont permis à Monsieur Hubert Reeves de tirer ce constat: “la science ne nous dit pas comment vivre”!

    “Le XIXe siècle considérait l’homme comme un chancre” : H. Reeves… lorsque j’ai personnellement pu lui poser la question: “pourquoi le XXe siècle avait laissé tomber le point de vue” ? , il m’a répondu: “à cause de la technologie”, tout en me précisant: “qu’il ignorait si
    l’humanité y survivrait” ?..

    Darwin a en effet parlé de lutte et du combat pour la vie: concept récupéré et transformé par les dominants d’alors pour légitimer la mise en compétition, en concurrence au sein des populations chargées de produire des “richesses commercialisables” en faveur du pouvoir et du maintien de puissance de ceux qui ne les réalisaient pas. (La prédisposition au virtuel a une longue histoire).

    Dans la “sous – sous – espèce d’hominidés” que représente l’homme “moderne”, il n’y a de combat et de lutte que pour l’acquisition par la ruse de pouvoir et de puissance sur la nature
    et sur les hommes qui lui restent fidèles: ces derniers en net diminution.

    Nous vivons la période de convergence de catastrophes et je pense que c’est qu’après la débâcle que nous nous occuperont des fondamentaux. “Je l’espère” ?

    Citation sur l’atome “moderne” de la part de celui qui est considéré comme son “papa”: Robert J. Oppenheimer:

    “Des événements aussi fous ne se produisent que lorsque les hommes qui connaissent les faits ne trouvent personne pour en parler et lorsque les faits sont trop secrets pour être discutés ou même soumis à réflexions”.

    Je me permets donc de vous proposer la première partie d’un éventail de réflexions tiré du travail de Monsieur Bertrand Louart que je considère comme un frère de perception.

    Technologie contre Civilisation

    1. Genèse de la technologie

    “La puissance, comme une pestilence désolante,
    Pollue tout ce qu’elle touche; et l’obéissance,
    Fléau de tout génie, vertu, liberté, vérité,
    Fait esclaves les hommes et, de la charpente humaine,
    Un automate mécanisé.”
    Percy Bysshe SheUey.

    Technology est à l’origine un mot qui désigne simplement une technique particulière ; le terme de technologie est un anglicisme qui s’est imposé pour désigner les techniques les plus modernes : on parle volontiers de technologie spatiale pour désigner la fabrication et l’usage des fusées, mais on ne parlerait de technologie à propos de menuiserie, de plomberie ou de maçonnerie que pour des outils ou des matériaux faisant intervenir un élément de ces techniques de pointe (par exemple, une machine à commande numérique, des pièces normalisées ou des matériaux nouveaux).
    Nous entérinons cet usage en utilisant ce mot selon le sens qui lui restera pour désigner le complexe industriel et technique propre à notre époque et l’idéologie du progrès matériel qui l’accompagne.

    La technologie est un ensemble de techniques, d’outils et de machines, d’organisations et d’institutions, et également de représentations et de raisonnements, produits à l’aide d’une connaissance scientifique très avancée de certains aspects de la nature et des hommes. Cette connaissance ne peut parvenir à ce degré de maîtrise et de précision spécialisée que grâce aux produits technologiques que ses précédentes avancées ont permis à l’industrie de mettre au point. Par exemple, les manipulations génétiques sont inimaginables sans des connaissances très spécialisées en biologie moléculaire, qui elles-mêmes ne peuvent être acquises qu’à l’aide d’un appareillage complexe mettant en œuvre une maîtrise très fine de la physique, de la chimie, etc.
    Ainsi, chaque technologie met en œuvre des techniques très diverses avec une grande précision, et donc le développement technologique induit une coordination entre les différents secteurs industriels, la normalisation des techniques et des produits, le réglage précis des échanges, et tout cela à son tour induit le développement des technologies par les capacités nouvelles de production et les éléments de base normalisés et recombinables à volonté dont se dote ainsi la production industrielle.
    Au début de l’ère technologique, avec l’apparition de l’industrie nucléaire et aéronautique, l’Etat avait d’abord assuré de manière autoritaire et volontariste cette coordination à grande échelle des différents secteurs industriels nécessaires à la production des armes nucléaires et de leurs vecteurs. Maintenant, le mouvement de concentration des capitaux en grandes sociétés aux activités diversifiées poursuit de manière autonome, sur sa lancée, cette unification du système technologique à l’échelle de la planète avec la mondialisation des échanges marchands.
    En ce sens la technologie est un stade supérieur de la technique, d’abord parce qu’elle s’est acquise des bases qui lui sont spécifiques à partir des formes précédentes, mais surtout parce qu’elle s’est créée à partir de là, en quelque sorte, un monde qui lui est propre. Jusqu’alors la technique était essentiellement empirique, issue de la pratique des arts et métiers, du Néolithique jusqu’au siècle des Lumières, puis méthodique, avec le développement des connaissances scientifiques du XVIIe jusqu’au début du XXe siècle. Durant cette dernière période, la recherche scientifique n’avait que peu de rapports directs avec les applications techniques, qui étaient surtout l’affaire des ingénieurs. La science avait pour but principal la compréhension du monde physique et la description de la nature, la recherche s’effectuait conjointement à l’enseignement dans des universités et des instituts. La science n’était alors que le socle théorique sur lequel les ingénieurs s’appuyaient pour mettre en œuvre les techniques et maîtriser leurs applications industrielles.
    C’est seulement vers le milieu du XXe siècle que la recherche scientifique a été de plus en plus étroitement mêlée au développement des techniques, en même temps que ses méthodes étaient appliquées à l’étude du vivant, de l’homme et de la société. L’Etat a d’abord pris en charge son financement et ensuite son organisation pour l’orienter plus spécifiquement vers des connaissances directement opérationnelles et des applications techniques (*).

    A partir de là, réellement, tout savoir nouveau doit servir à accroître le pouvoir sur la nature et le peuple pour les institutions qui en sont les commanditaires.

    (*) Sur l’histoire de l’institution scientifique, voir J-J. Salomon, Science et Politique (1970).

    Il faut reconnaître que la technique est un des aspects déterminants de l’histoire du XXe siècle, jusqu’ici relativement négligé par les différents courants de la critique sociale radicale. ” La majeure partie de la critique sociale a toujours considéré que les avancées scientifiques et techniques étaient des alliées absolues du processus émancipateur, et n’a jamais imaginé que, en tant que créateur de nouvelles servitudes, elles feraient de la domination une chose insurmontable. ” (**). L’affirmation courante selon laquelle “la technique ne vaut que par l’usage que l’on en fait ” évite justement de se poser la question politique de savoir qui met au point la technique et pour en faire quoi exactement, et fait passer les moyens techniques comme politiquement neutres, comme s’ils n’induisaient aucune contrainte dans l’organisation des activités humaines : ce n’est pas pour rien que les staliniens ont soutenu le programme électronucléaire français qui implique pour sa sécurité et son fonctionnement un pouvoir fort et centralisé qui est la forme politique du pouvoir qu’ils ont toujours admiré.

    (**) Miguel Amoros: Où en sommes-nous ? Peut servir à éclaircir quelques aspects de la pratique critique en ces temps malades, février 1998.

    La technologie – étymologiquement “science des outils” – est la technique scientifique, c’est à dire le discours rationnel (logos) appliqué à l’organisation de la production (tekhnê). Mais par “discours rationnel”, il faut entendre ici le discours de la raison abstraite des sciences et du calcul économique dont l’objectivité ne veut considérer que les qualités primaires de la matière des objets pourvus d’une certaine quantité d’énergie sous forme de masse et de mouvement et ne considère les intérêts et passions subjectives des hommes que comme une espèce d’irrationalité, tout juste exploitable par la publicité pour mieux mettre en mouvement la masse de ses marchandises. La technologie est donc aussi une idéologie, “la logique d’une idée ” (H. Arendt), et cette idée qui en vient à déterminer toutes les activités sociales est que la technique (et l’échange marchand sur lequel le capitalisme veut fonder tous les rapports sociaux est en ce sens un acte purement technique, c’est-à-dire où n’entrent en compte que “le froid intérêt, le dur argent comptant ” et aucune considération humaine) peut réaliser, en quelque sorte automatiquement, toutes les valeurs auxquelles les hommes aspirent, tout le Bien souhaitable. Au contraire des religions qui prêchaient la passivité et la résignation, toutes les idéologies se sont prétendues scientifiques, parce que leur but est de mobiliser l’activité humaine en vue de la réalisation sur Terre de leur idée. Elles veulent avoir une action effective sur le monde, elles partent donc de la connaissance scientifique de la réalité qui, par son objectivité, à la fois parvient à transformer effectivement les conditions existantes et prétend laisser les questions politiques aux mains de ceux qui en déterminent… l’usage.
    La technologie est l’Idéologie Matérialisée par excellence, elle a supplanté toutes les autres parce qu’elle est, immédiatement, la matérialisation en Action et l’activité qui matérialise la raison abstraite, c’est-à-dire la vision et les présupposés métaphysiques de la science sur la nature et les hommes qui ont été, de manière sous-jacente, le fondement de toutes les idéologies particulières. Elle est l’aboutissement de l’idéal scientiste né avec le capitalisme, selon lequel le monde est régi par des lois précises et rigoureuses dont la science peut “arracher le secret à la nature” pour instruire les hommes et rendre par-là leur existence et leur comportement enfin rationnels. Elle ne voit pas le progrès en termes éthiques et politiques, mais en termes exclusivement matériels et techniques : comment organiser rationnellement les hommes avec des pseudos contentements ? (***).

    (***) Sur le scientisme, voir la brochure L’ennemi c’est l’homme (1993). Un aperçu sur la critique de la science dans (Remarques AGM). Remarques sur l’agriculture génétiquement modifiée et la dégradation des espèces. Ed.: (1999), p.26, en attendant un prochain numéro de N&MC sur ce sujet.
    Or, la question historique et sociale par excellence est celle du progrès. Quelle vie mérite d’être vécue et quel monde voulons-nous habiter ? Quels moyens sont compatibles avec ces buts ? C’est à la réponse à ces questions politiques que l’usage et le développement des techniques devraient être subordonnés. Mais le monde moderne ne veut pas entendre parler de ces questions, pour lui la technologie a réponse à tout parce que la technique accroît l’efficacité et le rendement dans l’ordre matériel, le seul que veut, justement, considérer la raison abstraite. Les technologies n’ont d’autre fin que leur propre développement indéfini qui seul peut matérialiser et par-là justifier les valeurs du progrès qu’elles-mêmes représentent.
    A cet enchaînement circulaire, où l’usage de la technologie est justifié par les calculs très rigoureux de la raison abstraite, et l’usage de la raison abstraite est à son tour justifié par les résultats très particuliers de la technologie, on reconnaît la patte de l’idéologie, qui ne considère de la réalité que ce que ses vues simplificatrices veulent bien en appréhender, et dont les raisonnements superficiels n’ont que mépris pour la vie ; Ils représentent, selon l’expression de Marx pour qualifier l’Économie politique capitaliste dont elles sont toutes issues, “le reniement achevé de l’homme “. L’humanité n’est en effet ni efficace, ni rentable les technologistes nous le rappellent à travers chacune de leurs inventions qui visent à se substituer à la nature et aux facultés humaines – et la vie ne se réduit pas à de la matière et à de l’information en mouvement – comme le montrent les nuisances qui résultent de la mise en œuvre d’une telle conception.
    ” Quelques uns d’entrevous se disent certainement encore que la machine les libère. Elle les libère provisoirement, d’une manière, d’une seule mais qui frappe leur imagination ; elle les libère, en quelque mesure, du temps ; elle leur fait “gagner du temps”. C’est tout. Gagner du temps n’est pas toujours un avantage. Lorsqu’on va vers l’échafaud, par exemple, je n’en connais point de
    pressé. ”

    Georges Bernanos, La liberté pourquoi faire ? , 1947.

    Morceaux d’idéologie

    Les technologies prétendent supplanter en précision et en efficience bien des savoir-faire et des techniques anciennes, mais en réalité c’est parce que, d’abord, ont été supprimées les possibilités de mettre en œuvre d’une manière indépendante ces dernières. Que l’on songe au pléthorique et d’autant plus étouffant appareil réglementaire qui aujourd’hui sous prétexte d’hygiène, de sécurité et de protection sociale n’interdit certes pas mais complique considérablement les activités productives les plus simples (par exemple : Pour porter des œufs du jour au marché, ceux-ci doivent être datés par une machine électronique certifiée et légalement contrôlée… ), les mettant ainsi à la seule portée d’une entreprise et, plus généralement, la réservant à une organisation industrielle seule capable d’intégrer toutes les contraintes liées à la production de masse, la distribution à grande échelle et la gestion dans les normes édictées… avec pour conséquence la perte de la qualité des produits (falsifications et ersatz), la propagation des nuisances (vache folle, dioxine, etc.), l’accroissement des résistances bactériennes (salmonellose, listériose, etc.) et autres “pathologies atypiques” aux origines opaques.
    Maintenant que l’automation s’est étendue à une très grande partie de l’appareil de production, les pauvres sont dépossédés de leurs moyens de subsistance autonome, de ce qu’ils pouvaient auparavant tirer de leur activité libre combinée à celle de la nature. Par-là, leur “exclusion”, qui n’est rien d’autre qu’un chômage forcé à l’intérieur du système, n’est à son tour possible que parce que cette même production industrielle leur fourni à bon marché des ersatz d’aliments (*+). Ils sont ainsi à l’égal des plébéiens de l’antiquité romaine, chassés de leurs terres par le bon marché des blés importés des quatre coins de l’empire et par l’extension des latifundia, n’ayant plus d’autre perspective que le pain et les jeux, réduits à une masse de manœuvre disponible pour toutes les manipulations et les barbaries… en attendant que la décadence entraîne la chute de
    l’ Empire . Ce qui existait autrefois indépendamment de l’industrie et de I’ Etat, (petits métiers, solidarités de voisinage, etc.), n’a donc aujourd’hui plus droit légalement à l’existence ; non pas que tout cela soit formellement interdit, mais plus subtilement que, au moment où la loi prétend tout réglementer, l’Etat tout prendre en charge et les autorités faire la preuve de leur compétence en tout (+*) , cela n’entre plus dans aucun cadre juridique. Le droit a changé de nature, ce n’est plus comme autrefois un cadre définissant certaines limites à la vie sociale, il tend maintenant à dicter à chacun sa manière de travailler et de se comporter en société ; Il prétend régler les rapports entre les hommes à l’égal de lois physiques s’appliquant aux éléments d’une machine, et sous couvert de protéger les personnes contre elles-mêmes, réduit leur liberté et les livre à l’arbitraire bureaucratique.

    (*+) Voir de Venant Brisset, Tant qu’il est encore temps… Libre opinion sur l’agriculture, l’État et la Confédération Paysanne, Octobre 1998. Résumé en un article paru dans Campagnes solidaires, 12/1998.

    (+) Voir de A. Koestler, Spartacus (1945), les discours de M Marcus Crassus dans la 4e partie, ch. IV.

    (+*) Avec comme contrecoup l’accroissement des recours juridiques contre les autorités pour des “délits involontaires” : “Les gens ne supportent plus de penser qu’ils sont victimes de la fatalité.” s’indigne un député dans Le Monde du 30 avril 1999. Ne serait-ce pas parce qu’ils n’ont plus le loisir de n’expérimenter aucune liberté ?

    Toute activité personnelle, tout travail réellement productif effectué en vue d’acquérir une certaine indépendance vis à vis de l’économie marchande (tel que le permettaient autrefois la paysannerie, l’artisanat, etc., qui sont les bases de ce que les économistes appellent l’économie informelle) tend donc à devenir impraticable ; La société industrielle en a fait une corvée, au sens que ce terme avait au Moyen-âge, à savoir, étant soumis à impôts, cotisations, obligations et contrôles divers, ou au contraire travail au noir et donc “non protégé” – “un travail gratuit que les serfs et les roturiers devaient au seigneur ” et une tâche pénible, fonction subalterne du processus de production industriel. Combien de menuisiers ne font plus que du Ikea sur mesure, par exemple, alors que la production des meubles dits “traditionnels” est largement automatisée.

    Pour maintenir l’indispensable cohésion d’un “tissu social” rendu ainsi de plus en plus évanescent, le même Etat de droit se voit obligé d’imposer autoritairement la “solidarité” et la “responsabilité” (par exemple entre parents et enfants) qu’il a par ailleurs rendu si difficile, tandis que l’industrie des loisirs et de la culture reconstitue une sociabilité, une authenticité et une nature de synthèse (de Disneyland en Center Parcs). Car en fait, cette société si démocratique, si libérale et si ouverte ne tolère rien qui lui soit extérieur, plus aucun mode de vie qui n’entre peu ou prou dans ses statistiques, ses réglementations et ses systèmes d’assurances ; rien sur quoi, par ce racket à la protection qui est le soutient de toutes les mafias, les spéculateurs et les bureaucrates puissent avoir, en définitive, le dernier mot.

    ” Actuellement, la scolarité prolongée, les stages et l’assistance sociale, sont les méthodes employées à outrance pour maintenir une partie toujours plus importante de la population loin de la production, tant qu’elle reste une force productive non nécessaire qu’il faut démobiliser : Ces méthodes sont à la charge de l’Etat et sont présentées comme réussite sociale, expression du “bien être”. Par ces procédés, les jeunes, les chômeurs et les exclus en général, sont écartés des circuits de la production mais conservés en tant que consommateurs. La mondialisation a provoqué une augmentation des dépenses sociales au détriment des autres nécessités significatives de l’Etat comme par exemple L’effectif policier et l’achat d’armement. Plutôt que d’avoir recours à l’impôt, les stratèges du pouvoir ont développé des politiques d’atomisation des forces productives inutiles, par le biais d’aide à des associations là but non lucratif financées par l’Etat, par des donations privées alléchées par un dégrèvement fiscal. Pour l’essentiel, il s’agit pour l’Etat de céder la gestion des services sociaux et du recyclage d’individus à des organisations inoffensives de volontaires, ou à des collectifs encadrant des jeunes, des chômeurs etc., de manière à développer une économie intermédiaire neutralisant les inutilisables du marché global du travail. Cette économie est appelée à se développer dans les années à venir (en France, l’économie sociale représente plus de 6% des emplois). ”

    Miguel Amoros, Où en sommes-nous ? , 1998.

    L’idéologie du progrès matériel fait croire que les machines et les technologies dernier cri sont toujours plus efficaces que les précédentes. Mais personne ne prend jamais la peine de vérifier précisément la réalité de ce qui n’est en fait qu’une pétition de principe. On préfère plutôt s’employer à supprimer tout point de comparaison qui permettrait de saisir précisément quel est le genre d’efficacité dont les technologies sont capables, quelle est la manière très particulière dont elles “rationalisent” les activités humaines (+**). Pendant que la production s’automatise, les machines-outils les plus simples à mettre en œuvre et dont l’usage impliquait un véritable savoir-faire tendent à disparaître au profit d’un appareillage plus complexe, bourrée d’électronique difficilement réparable, mais qui se combine à merveille avec les matériaux technologiques et surtout ne nécessite aucune compétence particulièrement approfondie. L’efficacité de l’outillage technologique réside essentiellement, on le voit tous les jours, dans l’indépendance de son fonctionnement à l’égard du personnel qu’il emploie pour l’essentiel à des fonctions subalternes d’entretien et de maintenance de l’appareil productif, de gestion des flux d’entrants et de promotion de ses produits. La main-d’œuvre en est interchangeable, et ses compétences éphémères ou inexistantes ne peuvent pas gêner l’adaptation de l’appareil de production aux contraintes et fluctuations du marché, c’est-à-dire non à la demande sociale elle-même, mais, à travers la publicité et la mode, à la spéculation sur celle-ci rendue d’autant plus aisée par la dépossession et la déréalisation des salariés qu’engendre partout l’usage intensif des technologies.

    (+**) Un exemple particulièrement éclairant par Jean-Marc Mandosio, L’effondrement de la Très Grande Bibliothèque Nationale de France, éd. : (1999).

    Le travail d’usine ou de bureau, où l’individu n’est plus qu’une fonction, un rouage dans la machine qu’est l’entreprise, est donc devenu le modèle des rapports sociaux, c’est-à-dire ce à travers quoi les individus et les institutions perçoivent maintenant toute activité sociale : à la fois au travers des catégories parcellaires (citoyen, consommateur, salarié, contribuable, usager, etc.) employées par la bureaucratie pour diviser les problèmes et mieux les gérer, et au travers de la volonté des individus de s’identifier à une de ces formes de la représentation sociale diffusée par le spectacle. Par exemple, lorsque des salariés revendiquent une plus grande “reconnaissance” dans leur travail, ils demandent par-là à être moins maltraités et aussi une “revalorisation de l’image” que leurs supérieurs hiérarchiques et autres autorités leur renvoient d’eux-mêmes. Il en est de même pour le “respect” que réclament parfois les habitants des banlieues à la suite de reportages télévisés qu’ils estiment calomniateurs à leur endroit. Les rapports sociaux et l’activité des individus ne sont, en effet, plus perçues et analysées que dans les termes diffusés et mis à la mode par la représentation sociale, parce qu’il n’existe plus de communauté à l’échelle humaine dans laquelle ces activités puissent prendre un sens pour la personne elle-même. Aussi l’individu atomisé, qui effectue un travail parcellaire à l’aide de compétences éphémères, n’a d’autre ressource que de rechercher un sens à son existence dans la société en son ensemble, mais cette abstraction ne laisse que la possibilité de s’identifier à ses représentations, de devenir soi-même une image dans le spectacle social.

    La boucle est bouclée et, d’une manière générale, la rationalisation qui s’opère par l’automation tend à supprimer tout travail vivant au profit de la manipulation de signes censés représenter la réalité. Les conséquences désastreuses d’une telle déréalisation de l’activité humaine s’étalent dans toute leur monstrueuse absurdité dans les activités en contact direct avec la nature, dans l’agriculture et l’élevage industriels (voir les Remarques AGM, op. cit.).
    Mais les gens réalistes nous diront que de toute façon ” l’homme ordonne, la machine exécute ” ; c’est bien, en effet, ce que nos sens nous font immédiatement percevoir, et l’on se contente de hausser les épaules devant celui qui prétend que la réalité est tout autre, que c’est la machine qui dicte à l’homme son emploi. Les professeurs qui enseignement l’usage des machines à commande numérique et informatique, par exemple, répètent à l’envi que “il ne faut pas se laisser diriger par la machine ” voulant seulement rappeler par là qu’il faut toujours vérifier les ordres qu’on lui donne et ne pas se laisser aller à avoir confiance a priori dans les réglages précédemment effectués. Comment un automobiliste peut à la fois être maître de la conduite de son véhicule et être asservi à son usage social, voilà pourtant une expérience fort communément partagée, mais de laquelle l’habitude de la raison abstraite empêche de tirer le moindre enseignement. Comment une machine automatique, par l’investissement qu’elle représente, le volume de production qu’elle implique, le bon marché auquel elle astreint les autres producteurs et par-là auquel elle astreint ses propres détenteurs, fait que ceux qui la mettent en œuvre n’ont d’autre possibilité que de l’utiliser selon les nécessités technico-économiques non seulement qu’elle impose, mais qu’elle suppose par sa seule existence, voilà ce qu’aucune évaluation technique, ce qu’aucun calcul économique, ce qu’aucune expérimentation scientifique ne peut appréhender. On voit ainsi comment la raison abstraite des sciences se protège de toute évaluation objective, non pas de ses résultats – qui font toujours l’objet de rigoureux calculs -, mais de ses conséquences pratiques, concrètes et réelles, que chacun peut vérifier tous les jours de ses propres yeux, sans l’aide d’aucun expert, instrument de mesure sophistiqué, ni connaissance spécialisée, mais avec seulement un peu de curiosité et d’esprit critique – denrées ne pouvant, certes, être produites industriellement (+***).

    (+***) Sur ” le déclin continu de l’intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes scolaires imposées depuis trente ans “.
    Voir Jean-Claude Michés, L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, éd. Climat (1999).

    Le point de vue d’où nous formulons notre jugement critique sur la technologie est donc fort simple : c’est celui de la raison concrète qui ne considère pas isolement les faits et phénomènes, et pas seulement les conséquences apparentes et immédiates des actes, mais aussi le contexte social et historique où ils sont apparus et qui leur donne leur sens, c’est-à-dire à la fois la signification qu’ils peuvent avoir pour les hommes et la direction vers laquelle ils peuvent infléchir les événements ultérieurs. C’est dire que, contrairement à la méthode scientifique, dont l’objectivité appliquée aux sciences humaines est identiquement le point de vue “du plus froid des montres froids “, de l’autorité et de la domination, de l’Etat et de l’Économie, “rien de ce qui est humain ne nous est étranger “.
    Dans ce numéro et les prochains sous le même titre, nous allons donc évoquer les conditions historiques et sociales qui ont concouru à la genèse des technologies et à la naissance de la société industrielle dont nous voyons aujourd’hui qu’elle tend à s’unifier mondialement en un système totalitaire technologique. Nous exposeront ensuite quelques conclusions auxquelles la reconnaissance de ces faits nous mène nécessairement dans la mesure où nous ne voulant pas de ce monde et que nous entendons bien nous opposer à son parachèvement.

    Signification des technologies.

    Technologies lourdes :

    -Nucléaire : Manhattan Project, conception, réalisation et utilisation de la bombe atomique en 1945, dirigé par Robert Oppenheimer (antinazi, accusé par la suite de sympathies communistes sous le président Eisenhower).

    Energie en tant qu’absolu. Disponible pour tous les usages, donc produite abstraitement, sans aucun rapport avec l’usage particulier.

    -Aéronautique : Avions à réaction, missiles et fusées réalisés en 1942, par Werner von Braun (Major de la S.S. qui dirigera ensuite la construction des fusées du programme Apollo pour le voyage sur la Lune).
    Transport en tant qu’absolu. Déplacement sans rapport avec les lieux et indépendamment de l’espace géographique et social traversé.

    Transformation de la matière :

    -Matériaux plastiques : Ersatz, matériaux plastiques dérivés des hydrocarbures (Caoutchouc, Nylon), substances chimiques (engrais, pesticides, etc.).
    Création de matériaux pour des propriétés spécifiques. Substituts et ersatz. Matières et objets pour un usage spécialisé et unique, c’est-à-dire à la fois jetables et inutilisables par ailleurs, et que les êtres vivants ne peuvent généralement assimiler (d’où pollution et nuisances).

    -Antibiotiques et génétique : Pénicilline, antibiotiques, etc. Fonction de lADN découverte en 1944. Manipulation du vivant en tant que matériau pour l’industrie.
    Le but n’est pas de soigner la maladie en luttant contre ses causes, mais de supprimer son apparition, d’inhiber les facteurs déclenchants pour habituer l’organisme à un environnement pathogène (d’où instrumentalisation et déstructuration du vivant).

    Communication et Coordination :

    – Electronique : Transistor, radar, radio, etc.

    Traitement des signaux. Contrôle et communication avec abolition de la distance.
    -Informatique : Machines à calculer. En travaillant sur Enigma, machine à décrypter les messages codés allemands durant la guerre, Alan M. Turing établit les principes théoriques du fonctionnement d’une machine capable de résoudre tous les problèmes : l’ordinateur.
    Manipulation des symboles. Traitement automatisé de l’information indépendamment du sens.

    – Cybernétique et automatisation : Robots, automatismes, etc.
    Organisation rationnelle du travail et coordination entre les machines et les hommes, “l’usage humain des êtres humains ” (Norbert Wiener, créateur de la cybernétique en 1942). L’homme n’est plus qu’un élément du système de la production industrielle, consommé autant que produit par lui.

    Brève histoire de la technologie:

    Du déclenchement de la première à la fin de la seconde Guerre Mondiale, le capitalisme a traversé une crise majeure : le système a dû lutter contre toutes les possibilités émancipatrices que son propre développement technique et économique antérieur avait fait éclore. Il a dû trouver les formes politiques et techniques pour neutraliser ces possibilités, pour lui critiques et révolutionnaires. D’autre part le laisser faire, laisser aller, l’anarchie capitaliste engendrait périodiquement les crises de plus en plus dévastatrices. Après avoir fait le tour de la planète et être ainsi revenu sur lui-même, le libéralisme mettait en concurrence le capital non plus contre les économies locales, mais contre lui-même. Le capitalisme devait mettre un terme à ces tendances autodestructrices, à la dispersion dans l’emploi de ses moyens et à l’inconscience sur ses propres fins (*/). Pour cela, il a fait de la politique non plus un art, mais une simple technique ; il a fait de la technique non plus un simple moyen, mais un but politique. Il s’est alors emparé de l’appareil d’Etat pour en faire un moyen de régulation du marché et de coordination des différents secteurs industriels, en attendant que la concentration des capitaux – qui s’est réalisée depuis sous l’effet du développement technologique, des interdépendances et complémentarités qu’il engendre entre les différents secteurs industriels – y pourvoie d’elle-même. ” Dès lors, l’histoire mondiale devient toujours plus l’histoire de la technique. ” (M. Amorós, op. cit.).

    (*/) Sur la fin du libéralisme, voir Karl Polanyi, La grande transformation (1941).

    La classe ouvrière était, au début du siècle, une force sociale considérable qui a d’abord été neutralisée par l’écrasement des révolutions russe et allemande, puis récupérée dans les systèmes totalitaires, la lutte nationaliste contre ces régimes (seconde Guerre Mondiale et guerre froide) et en l’intéressant à la survie du capitalisme (accès aux biens de consommation, Welfare state, etc.). Le mouvement ouvrier représentait une menace d’autant plus grande que les moyens de production avaient atteint un développement tel que l’unité des moyens techniques alors réalisée rendait possible à la classe ouvrière de s’en emparer et de les mettre en œuvre pour son propre compte. Comme le remarque Simone Weil en 1934 : ” La machine-outil [a] produit, surtout avant la guerre, le plus beau type peut-être de travailleur conscient qui soit apparu dans l’histoire, à savoir l’ouvrier qualifié. ” (/). La normalisation des objets techniques, la simplicité et la polyvalence des machines-outils, l’éducation et la qualification d’une partie des ouvriers rendaient alors possible l’appropriation et la réorganisation dans un but émancipateur de l’appareil de production créé par le capitalisme .

    (/) Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale (1934).

    Pour désamorcer définitivement ces potentialités révolutionnaires, le système capitaliste s’emploiera dès lors à supprimer la classe ouvrière et à compliquer le système technique de la production pour le mettre aux seules mains des spécialistes qui le conçoivent et le dirigent, techniciens, experts et gestionnaires. L’automatisation de la production n’a pas d’autre but que de faire en sorte que le capital se passe de producteurs; elle est la volonté de réaliser l’autonomie de la technique à l’égard des hommes. Pour le capitalisme, elle est le seul moyen de supprimer radicalement la séparation entre le travailleur et son produit et de dépasser la contradiction aux conséquences subversives que cela représente. Ainsi, toutes les techniques nouvelles apparues lors de la seconde Guerre Mondiale, et qui constituent maintenant ce que l’on appelle couramment les technologies, ont pour caractère spécifique de limiter les possibilités d’intervention de l’homme en tant que sujet dans le fonctionnement de la machine. Il s’agit là d’une transformation qui va à l’encontre de tout le développement technique antérieur.
    L’automatisation sous ses différentes formes, de la mécanisation élargie aux machines pilotées par ordinateur, représente, comparée à tout l’outillage traditionnel dont la machine-outil était le perfectionnement le plus aboutit, un saut qualitatif nettement régressif dans les rapports entre l’homme et la machine. En effet, la machine-outil se limitait à assister l’homme dans son activité, lui laissant toute latitude pour l’organiser à sa guise (ce qui a suscité ]!éclosion de créations originales, comme en témoigne l’Art Nouveau et ses recherches de formes organiques), tandis que les machines automatiques se substituent à cette activité, réduisant l’homme au rôle de servant de la machine, l’obligeant à planifier de bout en bout la conception, l’approvisionnement en matières premières et la distribution de la production. C’est donc moins une production qu’il faut organiser à une échelle humaine, que des flux à gérer au niveau d’un système économique qui, dans la mesure où ce genre de machine se généralise, bouleverse les rapports entre entreprises concurrentes et partenaires, accélère les échanges, et tend, à son tour, à échapper à toute maîtrise humaine. La tâche de l’ouvrier ne consiste plus qu’à alimenter, entretenir et surveiller la machine qui a remplacé le travail vivant et le savoir-faire de plusieurs dizaines de personnes, tandis que les ingénieurs qui planifient cette production automatisée et sa distribution à grande échelle ne peuvent plus se permettre beaucoup d’originalité, leurs marchandises produites en masse devant s’imposer par défaut au plus grand nombre pour être écoulées aisément. L’automatisation est donc une technique qui tend à s’appliquer à tout l’appareil de production en standardisant l’organisation et les produits en amont et en aval des machines automatiques, et de ce fait elle en vient à imposer ces caractères à l’ensemble de la société: l’uniformisation des produits disponibles sur le marché forme le goût pour une esthétique qui tend au dépouillement ornemental et à la fonctionnalité. (Il suffit de feuilleter un catalogue Ikea pour voir que l’on vend là, plutôt que des meubles ou des objets, un “mode de vie” jeune et branché… superficiel et creux qui correspond bien à la perte du goût et de toute compétence réelle qu’engendre la banalisation d’un tel mode de production).

    De Guernica à Hiroshima:

    La seconde Guerre Mondiale est le creuset d’où est sorti le complexe industriel et social de la technologie. C’est en effet à partir des luttes contre les formes politiques du totalitarisme que vont se mettre en place dans le “monde fibre” les éléments du totalitarisme technologique. Le fascisme, “cet archaïsme techniquement équipé ” et le stalinisme, cette bureaucratie technocratique, sont les premiers régimes modernes à avoir traité les problèmes d’ordre politique comme des tâches essentiellement techniques : au gouvernement des hommes, ils ont substitué l’administration des individus atomisés, c’est-à-dire des hommes réduits à l’état de choses (des mouvements de masse aux camps de concentration) (/*). Les régimes totalitaires ont fondé leur puissance politique sur des hommes désocialisés, des individus désolés (/**), à la fois moralement par l’expérience de la première Guerre Mondiale, idéologiquement par l’écrasement des mouvements révolutionnaires et socialement avec la crise économique et le chômage de masse. Ils ont eu cette supériorité sur les anciennes formes de la démocratie bourgeoise de pouvoir se détacher de tout souci du ‘bien public” – l’administration des intérêts contradictoires au sein de la société pour se concentrer exclusivement sur l’accumulation de la puissance, en suscitant l’adhésion frénétique des masses à leur exaltant mouvement pour la conquête du monde.

    (/*) Voir de S. Tchakhotine, Le viol des foules par la propagande politique (1939). Il faut remarquer que l’auteur voulait organiser une propagande progressiste qui aurait repris les mêmes méthodes de conditionnement des masses par identification réflexe à un mouvement politique que celle de la propagande fasciste qu’il voulait combattre.

    (/**) Voir de H. Arendt, Le système totalitaire (1951), particulièrement la fin du chapitre Idéologie et terreur: ” L’homme désolé se trouve entouré d’autres hommes avec lesquels il ne peut établir de contact, ou à l’hostilité desquels il est exposé. ”

    Dans cette lutte pour s’accaparer la puissance, qui se prolongera bien au-delà de la seconde Guerre Mondiale avec la “guerre froide”, sa course aux armements et au prestige technologique (des missiles intercontinentaux aux voyages sur la Lune), les moyens techniques se substitueront progressivement, partout et dans tous les domaines, aux fins politiques et inversement les réalisations politiques en viendront à ne plus être définies que comme mise en œuvre à grande échelle de gadgets technologiques. Et c’est dans le “monde libre”, que finalement se réalisera le parachèvement de la recherche de puissance absolue entamée par les systèmes totalitaires, et dont avaient seulement rêvé, avant eux, toutes les formes de domination.
    Pour la première fois, avec le Manhattan Project, une organisation sociale et industrielle a été créée de toutes pièces – et sous le secret militaire – dans le but précis et unique de produire un objet technique qui dépasse, et de loin, toute mesure et toute maîtrise humaine: la bombe atomique (/***). (Quatre usines pour la séparation des isotopes de l’uranium, employant plusieurs dizaines de milliers de personnes, ont été construites sur des sites tenus secrets et plus de 2000 chercheurs, techniciens et militaires ont travaillé à la mise au point de la Bombe à Los Alamos). Ce type d’organisation est par la suite devenu le modèle pour la recherche scientifique et technique, la base pour le développement de l’industrie nucléaire en particulier, et pour toute l’industrie technologique, étroitement liée aux activités militaires. Et cette nouvelle organisation de la production transformera profondément à son tour les rapports sociaux.

    (/***) Pour une analyse de “notre existence sous le signe de la bombe” voir Gunther Anders, De la bombe et de notre aveuglement face à l’apocalypse (texte tiré de L’obsolescence de l’homme , 1956), éd. Titanic.

    A la fin de la seconde Guerre Mondiale, le totalitarisme, sous sa forme la plus grossière et la plus brutale, le fascisme, était vaincu. Mais Hiroshima – et avant cela les bombardement massifs de villes allemandes et japonaises par les Alliés sans autre but stratégique que la démoralisation des populations civiles – ne fait qu’illustrer combien moralement il a vaincu, lui qui avait engagé les hostilités avec Guernica. Ainsi, la fin des camps de concentration nazis ne signifiait nullement la fin de la terreur de masse; avec la bombe atomique et la course aux armements nucléaires cette dernière s’étend d’un coup à la planète entière, avec pour conséquence chez les populations un saut qualitatif dans l’indifférence à l’égard de leur propre sort.
    La course aux armements et l’équilibre de la terreur sont la première manifestation de l’autonomie du processus technologique face aux êtres humains: lorsque des stratèges bien à l’abri dans leurs bunkers jouent sur ordinateur avec des scénarios impliquant des millions de morts en quelques jours de guerre nucléaire et font connaître de tels calculs au monde, il est signifié à chaque être humain combien il compte maintenant pour peu de choses dans le complexe étatico-militaro-industriel, la machinerie qui peut ainsi régler son sort en quelques instants (/+).

    (/+) Voir de L. Mumford, Le mythe de la machine (1967), en particulier les chapitres 9 (La nucléation de la puissance) et 10 (La nouvelle mégamachine) du vol. II.

    Avec la Bombe, pour la première fois dans l’histoire, le pouvoir de l’État n’existe plus seulement en tant que pouvoir politique, mais principalement en tant que puissance technique d’annihilation du sujet politique (citoyens, sociétés et nations) d’où émanait autrefois sa légitimité. Par là, ce pouvoir s’est rendu indépendant des populations dont il n’a maintenant plus que la charge, c’est-à-dire dont il doit gérer les “ressources humaines” au mieux des nécessités techniques imposées par l’économie mondialisée. Avec le Manhattan Project, venait donc de naître la société industrielle, une organisation sociale issue de l’organisation industrielle de la production sous l’égide des technologies. Cette société évolue au gré des nécessités économiques et techniques liées au fonctionnement de sa machinerie; l’existence des hommes y est prise en charge aussi bien matériellement qu’idéologiquement par la production de masse qui occupe tout l’espace social; les rapports sociaux se réduisent à des actes techniques, échanges marchands et communication d’informations. Enfin son but essentiel – celui auquel tous les moyens sont subordonnés -n’est pas le renouvellement ni l’enrichissement de la vie humaine, mais une production d’objets techniques par lesquels le système accroît toujours sa puissance et étend son empire sur la totalité des conditions de la vie sur Terre.

    A suivre… La science et le bon sens par Robert J. Oppenheimer…si je n’abuse pas trop ?

    Cordialement…

    1. Bizarrement, JRCS, vous ne me convainquez PAS DU TOUT.

      Surtout lorsque je lis ça : “Les « disciplines des sciences » que je préfère appeler les arts cognitifs n’ont guère fusionné entre eux et de fait ont permis à Monsieur Hubert Reeves de tirer ce constat: « la science ne nous dit pas comment vivre »!”

      Les sciences exactes, d’où dérivent les technologies, sont des outils. Que l’humain peut utiliser en bien comme en mal.
      Veuillez ne pas confondre, donc, la perversion des sciences exactes par l’argent et l’argent qui produit les domaines subjectifs.

      1. J’en profite pour expliquer la manipulation que vous faites.

        Vous prenez les paroles d’un scientifique. Qui dit que les sciences peuvent être utilisées en bien comme en mal.
        Vous généralisez aux sciences inexactes, soit vous entrez dans le subjectif.
        Et là, vous pouvez délirer en affirmant tout ce que vous voulez avec une “caution” faussée.

        Roulez jeunesse. (dans les 4 sens du terme).

      2. J’ai oublié de signer mes deux commentaires le “Kone hitif”.
        Car la pratique de la physique (et notamment l’automatisme) à un niveau après bac fait se rendre compte que notre esprit privilégie le cognitif, en effet…

        L’autre mode nous désarçonne très facilement tel l’adroitesse de la partie “gauche”.

      3. Julien. Sans vouloir te commander ou t’influencer, il me semblerait intéressant d’inciter ce gros poisson à mordre à l’hameçon du blog.

        Ce serait pour moi une autre grosse prise.

      4. Les sciences exactes, d’où dérivent les technologies, sont des outils. Que l’humain peut utiliser en bien comme en mal.
        Veuillez ne pas confondre, donc, la perversion des sciences exactes par l’argent et l’argent qui produit les domaines subjectifs.

        C’est faux, il n’ y a pas d’un côté : l’outil, de l’autre sa possible utilisation. Il y a un tout qui se reproduit comme système social.
        Toutes les catégories dans lesquelles vous raisonnez sont théologico-politiques, ainsi l’humain”, ainsi, le bien /le mal, ainsi encore : la perversion. Le confinement de votre raisonnement religieux efface qu’il efface ce qu’il efface.

    2. Yvan,

      Mise au point:

      je ne cherche a convaincre personne, je me contente de quelques esprits pas trop lavés par
      l’idéologie technologique: fussent-ils bac +36xyz. Tout au plus des camarades de perception sans trop de dominance d’entourloupes de l’hémisphère “gauche”.

      A mes yeux toutes sciences…tous arts cognitifs sont subjectifs: ils sont empreints d’anthropie qui au delà de l’homophonie avec l’entropie signifie que nous sommes prisonniers de la perception limitée de notre destructrice existence.

      Je signe pour vous… Con y tifs

      Cordialement…

      1. à JRCS,

        Dans l’ensemble, les participants du blog sont des croyants qui ont foi en une science objective.

        Vous avez du travail devant vous !

      2. Quand on a dit objectivité ou subjectivité on a rien dit. Il faut expliquer. On peut attribuer à ces mots des significations qui sont parfois à l’opposé de ce qu’on pense leur faire dire. Aussi j’aimerais savoir ce que vous entendez vraiment par là.

        Pour ma part voici comment je comprends cette notion eu égard à sa signification dans le domaine scientifique.
        Parler d’objectivité de la science ne signifie pas que la science a la prétention de décrire complètement le réel et de nous réduire à ce réel qu’on aura identifié, dont on aura fait une nature, confusion qui est souvent faite et voue aux gémonies ceux qui associent science et objectivité.

        Ainsi, par exemple, lorsque Paul parle de science économique qu’il faudrait construire il signifie que la science actuelle n’a pas d’objet faute de prendre en considération le monde empirique qui le constitue en partie. Par exemple, en objectivant le rapport social qui construit le rapport de forces dans la formation des prix des prix la pseudo science économique actuelle est renvoyée à son caractère purement mécanique, sans finalité humaine, c’est à dire non objectivée en tant que phénomène social, vidant de ce fait la pseudo science économique de son prétendu caractère naturel. En d’autres termes la pseudo-science économique actuelle fait l’économie de ce que Aristote nommait la praxis ( concept essentiel chez Marx également).

        Dans la mesure où l”objectivité scientifique ne se conçoit qu’en rapport à un modèle qui s’intercale entre la subjectivité individuelle et le Réel (le monde phénoménal en soi), il y a tout lieu de penser que l’objectivité relative à la science, ne peut être assimilée au dogmatisme et à la réification. L’objectivation du Réel n’est alors autre qu’une exploration du Réel.

        Paul Jorion, et, me semble-t-il, avec un certain nombre d’entre nous ici sur le blog, de ceux qui pensent que c’est parce que la science manque d’objectivité qu’elle réifie l’humain et non pas l’inverse.

      3. @ Marlowe.

        Très bien perçu, merci pour le message.

        Vous me dites que j’ai du pain sur la planche: non, je ne vois que l’information avec mes yeux.

        Eu égard aux dernières informations du monde conformiste:
        Je vous propose une métaphore:

        L’armée intervient pour sauver des civils ???

        Depuis quand les larves capitalistes et leurs chrysalides technologiques se préoccupent de la vie des papillons ?… si ce n’est qu’ils se reproduisent pour continuer le cirque infernal.

        Bien à vous et très cordialement

      4. @Pierre Yves .D.
        ///Quand on a dit objectivité ou subjectivité on a rien dit. Il faut expliquer. On peut attribuer à ces mots des significations qui sont parfois à l’opposé de ce qu’on pense leur faire dire.///

        Se méfier aussi du terme “ACTUEL” dont le signifiant originel est l’opposé de “VIRTUEL” et non de passé ou futur .
        (entendu sur une tres bonne série actuelle-ment en ligne sur Fr Culture , cours du collège de france sur l’ humiliation au moyen age )

      5. @kercoz

        Je ne saisis pas très bien l’intérêt de votre remarque sur l’usage que fait Pierre-Yves de l’adjectif “actuel”. Sa qualification d’actuelle pour la science économique dont nous sommes les contemporains témoins des effets dévastateurs me paraît correspondre fidèlement au sens originel que vous semblez lui préférer. Soit une “science” dont les effets sont d’abord réalisés ici et maintenant et non seulement à projeter dans un futur hypothétique où sa virtualité resterait à actualiser. Bref une “science” qui, bien qu’incontestablement du domaine de la pensée magique, n’a plus rien d’essentiellement virtuel mais est par essence actuelle, agissante, effective. Une science économique “authentique” a par contre, je vous le concède, tout de la science virtuelle, à actualiser ou réactualiser, et n’est rien moins qu’actuelle. Plus que science économique virtuelle, je dirais même, de préférence, “Évanescience économique”…

      6. A propos des lois et des sciences, il me semble que Marx considérait que la seule science était celle de l’histoire, car compréhension de la lutte et non de la loi.

        Il est bien vrai que la science moderne prostituée a tout intérêt à ne pas attirer l’attention sur elle, d’autant plus dans les jours troublés par les catastrophes.

    3. @JRCS
      Vous direz à votre copain “des croissants” de revoir un tantinet sa copie. C’est très longuet et très court à la fois. Et surtout, au delà de l’aspect patchwork et multi-butineur pas forcement désagréable, il en émane un esprit de système des plus suspects dont le moindre détail significatif que j’ai pu relever n’est surement pas le fait de ranger les antibiotiques parmi les ersatzs emblématiques de la dérive technologique fomentée par le capitalisme. Prétendre que la streptomicine ne s’attaquait pas aux causes de la tuberculose, pardon, mais ça vaut son pesant des œuvres complétes de tous les phtisique de la littérature française ! et, en soi seul, un bon zéro pointé à sa laborieuse copie… Donc, vous m’avez compris, rien que pour cette merveille de bêtise crasse, corbeille !

      1. Comme disait Pasteur, “le virus n’est rien, le terrain est tout“, mais sans doute le vigneron, ou prétendu tel, n’en a pas été informé.

      2. @Rhalovely Marlowe

        D’abord le “bon Pasteur” parlait de microbe et surement pas de virus puisqu’il en ignorait le terme comme la nature, même si c’est bien contre virus de la rage qu’il pratiqua sa première vaccination. Il parlait “d’infrabactérie” pour ces agents infectieux invisibles aux microscopes de l’époque et qui traversaient leurs filtres à bactéries. Mais, que Rhalovely Marlowe m’arrête si je déraille, il me semble bien que le principe de la vaccination consiste précisément en l’amélioration du “terrain” en cas de contamination infectieuse et que cette parole de Pasteur etait justement destinée à promouvoir le principe de la vaccination et à démystifier la dangerosité tout à la fois des agents infectieux et de ses vaccinations.
        Par ailleurs si Rhalovely Marlowe passera sans souci aucun, l’épreuve d’une bonne petite grippe saisonnière, même carabinée, sans autres soins que le pageot, une tisane et le regard plein de commisèration de son poisson rôsatre et idôlatre, je lui souhaite une bonne vieille pleurésie des familles, une p’tite septicémie de derrière les étagères de Beaujolpif ou un abcès rongeant le fémur d’un nouveau-né cher à son cœur pour évaluer, avec le recul critique nécessaire , le bien-fondé politique et éthique des usages dégénérés et sataniques de ces antibiotiques, innomables produits mortifères – s’il en est ! -fruits des entrailles puantes de la Bête (The Beast !)Techno-Scientiste Capitaliste.

      3. Il est difficile de faire la part de l’élévation du niveau de vie/progrès dans la chimie;
        On peut noter toutefois que certains pays qui ne pratiquent pas l’obligation vaccinale ( France, Grèce et Urss,- peut-être encore :Russie-, en étaient les champions de l’obligation bien entendu) tels les Pays-Bas, et d’autres ne connaissent pas des épidémies de maladies, telles que Tuberculose Polio, etc…la population des Pays-bas est l’une de celles au plus haut niveau de vie au monde, et la mortalité infantile est l’une des plus basses au monde. Les accouchements à domicile sont fréquemment réalisés, sans qu’il en résulte aucun inconvénient par rapport à l’accouchement en clinique ou hôpital.
        Il faut également prendre en considération une période plus longue d’histoire afin de pouvoir établir une balance, cependant s’agissant des “antibiotiques”, le corps (amusant) médical lui-même s’est alarmé des conséquences de l’administration de ces substances à cause de l’effet d’accoutumance/résistance que cette pratique avait induit dans les micro-organismes pathogènes, tout le monde sait cela, il en va de même pour l’usage des pesticides et autres phyto-sanitaires (Qu’en est-il de l’accroissement obtenu sur les récoltes, par exemple : le Vigne ,)
        dont France est le premier ou l’un des premiers consommateurs;
        Le pathos n’est pas de mise, sous couvert de bon sens, ou pas .
        le texte de JRCS, que j’ai survolé, me paraît digne d’intérêt, je vais le lire à fond, mais cela ne change rien à mon présent propos.

      4. à Vigneron,

        Vous avez raison il s’agissait bien de microbe et non de virus.

        Je devais penser à tous ceux qui ont été durablement contaminés par les virus de la Science et de la Technique et qui ont permis et encouragé la propagation des radiations et des poisons chimiques sur une planète et des habitants qui se sentent fatigués avec leurs défenses immunitaires affaiblies.

        Vous me souhaitez une vraie maladie pour bien vous comprendre et apprécier les mérites des technologies médicales modernes.
        Je vous remercie. Je suis déjà pourvu et je soigne une maladie moderne et commune pour laquelle il n’existera jamais de vaccin.
        Quant à ce qui concerne votre maladie et celle de vos semblables, je pense aussi que le vaccin ne sera jamais trouvé.
        Portez vous bien.

  14. @Didier Cavard,
    À parcourir le fil, vous avez pris un risque en énonçant des propos qui à mon goût restent mesurés.
    En bas du fil JRCS 27 mars 2011 à 18:33 : écrit :
    Quelle vie mérite d’être vécue et quel monde voulons-nous habiter ? […] C’est à la réponse à ces questions politiques…
    Pourquoi pas « quelle vie vaut d’être vécue » ?
    Valeur comme mérite trouveront quelque étalon AOC politique qui répondront à la question.
    La mort est le risque de la vie, un fil fut consacré autour de ces questions récemment.
    Les effets courtermistes du capitalisme sont régulièrement dénoncés sur ce blog, sans emporter pour autant le choix tranché : pas de propriété privée des grands moyens de production. L’entrepreneur des Bêtises de Cambrai y survivra.
    La culture d’entreprise, du secret, de l’ordination comme de la sub-ordination, s’en trouveraient modifiés mais pas épuisés pour autant. EN 89 avec le citoyen ou en 17 avec le camarade, on a tenté par le langage de mettre à niveau égalitaire les liens sociaux, mais ça ne se décrète pas par décret avec les meilleures intentions du monde.
    Le modèle de la discipline militaire a ses qualités dans des circonstances appropriées, mais je ne suis pas certain qu’il soit pertinent dans l’entreprise, où règne la peur et diverses formes de tyrannies. Dans toute entreprise risquée humainement si on entend par là un risque vital (et à y regarder de près la liste peut s’allonger…), non seulement le court termisme devrait être proscrit, mais transparence et contre-pouvoirs devraient être de mise. Ce n’est pas le cas. La concurrence l’empêche. Si ce ne sont pas les intérêts privés qui poussent, ce sont les publics au sens des états-nations qui parfois engagent des formes poussées de coopérations avec d’autres états-nations mais le plus souvent en concurrence avec d’autres regroupements d’états-nations. Qu’il s’agisse des criquets-pèlerins de la finance, des flux migratoires humains, des virus globe-trotters, des atomes nomades, les cartes géopolitiques sont vaines.
    À défaut d’en prendre acte au niveau des peuples, avec des représentants plus visionnaires que ceux qui nous gouvernent, la panoplie des risques risque l’inflation. Et puis ne pas oublier l’enseignement de l’affaire Semmelweiss…

    1. Semmemweiss ? Je sors mon Destouches !
      Citation de Céline tirées de sa thèse de mèdecine sur Semmelweiss :

      Rien n’est gratuit en ce bas monde. Tout s’expie, le bien comme le mal, se paie tôt ou tard. Le bien c’est beaucoup plus cher forcément.

  15. Bonjour, je vois que le flot de commentaires se tarit, il est temps que j’en dise un mot, comme promis.

    Le nombre plutôt élevé de commentaires (228 en cet instant) est agréable en soi : ma prose a été au moins le prétexte à des échanges plus ou moins vigoureux, moyen comme un autre de s’exprimer et de passer un moment.

    Je ne répondrai pas en détail aux pro- (un peu) et antinucléaires (surtout) : avec les billets de FL sur le sujet, on commence à avoir fait le tour de la question ! J’attire simplement l’attention sur le fait que Tchernobyl a donné un coup d’arrêt au développement de cette industrie, mais n’a pas déclenché de vague d’arrêt générale des réacteurs en service. Il en sera probablement de même cette fois encore ; il se peut même qu’un série d’évènements climatiques inédits renvoie le balancier dans l’autre sens et permette à la construction de nouveaux réacteurs de reprendre, sous la pression du besoin d’électricité à très faible émission de CO2.

    Ceci posé, je suis surtout déçu de l’absence de réponse sur le risque des Ruines de Séchilienne (annexe 1, http://www.symbhi.fr/10950-les-ruines-de-sechilienne.htm) : n’y a-t-il place que pour les considérations théoriques sur ce blog ? Trouvez-vous cet évènement moins probable qu’un séisme de magnitude 9 et un tsunami de plus de 20 m au Japon ? Personne n’habite dans la zone qui serait touchée, ou bien ceux qui s’y trouvent estiment-ils que les autorités ont fait, font et feront tout ce qu’il faut et que tout va très bien comme ça ?

    Abordons le sujet principal, les risques. J’ai voulu faire prendre conscience que vivre sur cette planète n’a jamais et ne sera jamais sans risques, et qu’il est bien difficile d’en éliminer un sans se soumettre à d’autres, globalement ; mais cette bascule peut aussi faire porter les nouveaux risques sur d’autres populations : le développement économique technoscientifique ne fait pas que modifier la panoplie des risques, il les déplace aussi, il en change le périmètre, concentrant ici pour diluer ailleurs, et inversement, d’où des enjeux éthiques bien difficiles à aborder, mais qui, s’ils ne sont pas perçus et traités, se révéleront immanquablement un jour sous forme de ressentiment puis de colère.

    On peut lire sur ce sujet “le Ressentiment dans l’histoire” de Marc Ferro, et “la Haine de l’Occident” de Jean Ziegler. Le changement climatique est particulièrement propice à de tels sentiments : lors des négociations climatiques, les pays du Sud ne se privent pas de rappeler aux pays développés leur responsabilité dans la modification de l’atmosphère. Al Qaida est déjà à l’affût d’une récupération possible.

    Un commentaire m’amène aussi à préciser que je ne me fais personnellement aucune illusion sur le caractère désespéré de toute tentative pour éviter un effondrement plutôt brutal de la civilisation occidentale. Je ne parle pas de “piège infernal” par hasard. Il faudra une série de miracles pour y échapper, mais, au cas où, faisons le maximum pour en profiter ! Sinon, à quoi bon le travail de Paul ? Ce ne serait que pour savoir quand retirer ses billes et se tirer dans un coin tranquille, tel un monastère médiéval où rassembler les trésors d’une civilisation en perdition, à l’attention de la suivante?

    Espérer une transition à peu près douce, avec une quantité acceptable de vandalisme et de têtes coupées, vers une société plus égalitaire et conviviale, sans consumérisme et productivisme à tout va, implique d’éviter un effondrement brutal de l’énergie disponible, car une crise économique majeure s’en suivrait, avec explosion du chômage : les instruments pour une “Prospérité sans croissance” (livre de Tim Jackson) sont loin d’être en place, et les mentalités n’y sont pas encore prêtes (mais on y travaille, et les catastrophes y aident !).

    Il faut beaucoup de temps pour modifier un système énergétique, il en faut aussi pour faire des économies d’énergie, parce qu’il y a des investissements très lourds à faire ; pour l’énergie, ils sont malheureusement d’autant plus lourds globalement qu’on disperse la production. Les sympathiques exemples de vie modeste développés par certains ne sont pas rapidement généralisables, sauf si un effondrement économique total et brutal disperse les habitants des villes vers les campagnes pour simplement espérer se nourrir un peu.

    Ces délais interdisent donc l’arrêt brutal des réacteurs nucléaires existants, sauf à faire exploser les émissions de CO2 en se jettant sur le gaz et le charbon. C’est pourquoi j’ai insisté sur l’importance d’améliorer encore la sûreté du nucléaire et de partir à la chasse aux “cygnes noirs”.

    Comme quelqu’un l’a trouvé, je me suis occupé de “développement durable” (expression fondamentalement absurde sur le plan matériel, je le sais) dans le cadre de l’association “Initiatives et qualité en Gard rhodanien” (http://www.iqgarho.org/ et http://iqgarho.pagesperso-orange.fr/index.htm). Malgré le lien historique de cette association, dont j’ai été 6 ans secrétaire, avec le site de Marcoule, elle n’est pas remplie que de suppôts du Satan nucléaire. D’ailleurs, une association qui a invité Paul Jorion (cf http://iqgarho.pagesperso-orange.fr/activites2010.htm) ne peut pas être entièrement mauvaise !

    Je ne suis favorable aux réacteurs à fission actuels que de façon parfaitement conjoncturelle : tant mieux si on peut les remplacer par d’autres énergies (ou des baisses de consommation), je n’en ferai pas une maladie, du moment qu’elles ne font pas émettre davantage de gaz à effet de serre. Mais trépigner sur place en hurlant “Sortons du nucléaire” est vain : pour sortir d’une pièce, il faut d’abord choisir la porte de sortie, ou en faire une s’il n’y en a pas.

    Les scénarios style “Négawatt” ne sont pas réalistes à ce jour, en ne s’occupant que de la production annuelle de kWh sans regarder comment passer les pointes de consommation ; ils exigeraient une mentalité où les particuliers accepteraient de nombreux délestages à l’improviste lorsque le vent ou le soleil manqueraient, la production restante étant, par force, réservée aux usagers prioritaires (industrie, santé, sécurité).

    Le commentaire 4 (idle) aborde la question politique. Il est clair que la démocratie représentative n’est pas sans responsabilité dans l’état actuel du monde. J’espère pouvoir proposer un autre billet à ce sujet.

    A part ça, j’ai mis des réponses particulières aux commentaires n° 5, 6 et 23.

    1. Le Canard du 23 mars publie un dessin : “HIER” un camion muni d’une lance à eau asperge des manifestants anti-nucléaires, “AUJOURD’HUI” un camion muni d’une lance à eau asperge une centrale nucléaire. On a contraint la sagesse à se taire, comment s’étonner du règne de la vulgarité ?

      1. Il n’est pas nécessaire de faire taire la sagesse : “la dictature, c’est “ferme ta gueule !”, la démocratie, c’est “cause toujours !”” (Coluche).

    2. Vous caricaturez la “sortie du nucléaire”. Vous caricaturez la figure de l’anti-nucléaire en lui attribuant une figure d’irresponsable, cela en ne retenant du mouvement anti-nucléaire que ses éléments imbéciles qui voudraient du jour au lendemain arrêter toutes les centrales.

      Il ne s’agit pas d’en sortir du jour au lendemain, mais de programmer cette sortie pour qu’elle s’effectue dans de bonnes conditions. Or pour que celle-ci s’effectue il faut bien d’abord en avoir pris la décision. Tout le reste, je le crains, n’est qu’atermoiements.

      De plus je relève comme une incohérence dans votre plaidoyer pour le “il est urgent d’attendre”.
      Vous nous dites que l’effondrement est quasi inéluctable. Or si c’est bien le cas, l’urgence n’est-elle pas de s’employer à mettre tous les moyens financiers, techniques, humains pour démanteler en bon ordre l’industrie nucléaire avant qu’elle ne se retrouve dans un environnement chaotique tel qu’elle ne disposera plus de ces moyens pour faire face à tous les problèmes de d’entretien, de maintenance, de sécurisation, de retraitement des déchets qui ne manqueront pas de survenir ?

      1. Même dans le chaos, on trouvera les ressources prioritaires pour les installations dangereuses, la peur sera bonne conseillère. Il y a déjà eu des conflits dans des pays nucléarisés, et personne n’a osé s’attaquer à ce type d’installation. Ceci dit, cela n’empêche pas, en effet, qu’un programme de “sortie du nucléaire” prévoie son maintien en sûreté.

        S’il existe un programme “responsable” sur ce sujet, je suppose qu’EELV saura en convaincre le PS dans le cadre d’une alliance électorale.

      2. Vous caricaturez la figure de l’anti-nucléaire en lui attribuant une figure d’irresponsable” : c’est l’attitude de tous les pro-nucléaires qui, depuis leur origine, considèrent que “satisfaire les besoins” ou “répondre à la demande” en énergie est une responsabilité politique fondamentale. Aucun n’a jamais considéré que limiter ces besoins eût été une responsabilité également consistante.

      3. Je trouve que des gens comme Stéphane Lhomme ou Noël Mamère sont des caricatures : c’est mon droit. Je ne doute pas qu’il y ait des antinucléaires plus complexes, surtout ceux dont ce n’est pas la seule raison de vivre. Je me demande ce que certains deviendront si le nucléaire est mis à l’arrêt partout.

        Vice-versa, j’aimerais ne pas être caricaturé non plus en quelques lignes, alors que j’ai pris la peine d’écrire une dizaine de page de texte où j’ai abordé des sujets plus importants et variés, enfin j’espère.

      4. Didier Cavard : “Je me demande ce que certains deviendront si le nucléaire est mis à l’arrêt partout. : question légitime maintenant que le mal est fait. N’avez-vous pas remarqué combien il est agréable et facile d’augmenter son confort, combien il est désagréable et difficile de le diminuer ? C’est la même chose à l’échelle d’une société. C’est pourquoi il ne fallait pas faire de cette montée du progrès et de la consommation la question cruciale que l’on en fit. Sa seule excuse est qu’elle servait fort bien les États dans leur course à la puissance. Le capitalisme n’a que faire du progrès dont il fait bénéficier les classes laborieuses, car ce n’est pour lui qu’un moyen d’exercer sa propre puissance. C’est une réalité concrète, immédiate et tangible pour lui, mais qui se paie d’illusions pour le peuple dont l’existence, on l’oublie un peu vite, ne s’arrête pas à la vie des individus.

        Monsieur Cavard, si vous êtes l’un de ces décideurs qui planent au sommet, votre texte se comprend parfaitement. Mais si vous êtes comme tout le monde sur ce blog, alors votre discours, aussi intéressant soit-il, est regrettablement coloré de préjugés que vous n’avez pas choisis.

      5. Je ne suis pas un décideur influent – qu’est-ce que je ferais sur ce blog ? -, et mon préjugé principal est d’être convaincu que la vie vaut mieux que l’absence de vie (j’aime bien “Uranus” de Marcel Aymé).

        Et vous ?

      6. @Didier Cavard : “mon préjugé principal est d’être convaincu que la vie vaut mieux que l’absence de vie” : je vois ce que vous voulez dire, mais je pressens qu’il faut alors parler de philosophie personnelle. “la vie”, c’est d’abord la sienne, non ? Si vous voulez parler de “la vie collective”, la “vie sociale”, votre argument ne tient pas : elle est détestable cette vie-là, et d’autant plus que l’on baigne dans la consommation. Entre la pauvreté moyenâgeuse et l’abondance moderne, le destin de l’humanité a dérapé, l’électricité nucléaire n’y changera rien.

  16. C’est une simple redite.
    Je crois que vous n’avez pas compris que le risque nucléaire
    est d’une autre nature que les autres. Il est hors de toute comparaison.

    Il y a le relatif et l’absolu, hyper scandaleux.
    Si on doit s’incliner devant un fait écrasant, c’est cela:
    le nucléaire est à la fois absolu et hyper-scandaleux.
    La terre entière ne peux pas faire avec.
    Il n’y a pas d’accommodements possibles..
    Un astre géo-croiseur ou un volcanisme géant et durable
    ( trappe du Decan *100) sont dans le même sac.

    Après un désastre “naturel”, la nature re-colonise la zone et parfois s’en porte bien.
    Dans une zone nucléarisée, les atteintes à l’ ADN produisent des inadaptés. Seuls quelques insectes ou organismes réparent assez bien et vite leur ADN.
    Les mammifères, et la plupart des végétaux, en sont exclus, sinon au prix de souffrances complètement inutiles. ( Certitude: Phyton est capable de souffrances.)
    En un mot le nucléaire porte atteint à la pérennité de la Vie.
    Inacceptable. C’est une option de “conservateur”, générale je crois.

    Et je pense, par ailleurs et indépendemment, qu’un impôt progressif est un impératif moral.

    1. Je pourrais reprendre vos termes et les appliquer au changement climatique dans – disons 10 ans – , le temps que l’ampleur de ses ravages soit parvenue à votre conscience.

      Vous me donnez l’occasion d’émettre une hypothèse concernant le statut spécial du refus du nucléaire par rapport aux autres risques : l’horreur du nucléaire est d’ordre MORAL, elle est de ce fait incontestable et insensible à tout argumentaire logique.

      Pour les personnes qui sont dans ce jugement moral, le nucléaire est le DIABLE : il est dans la catégorie du MAL, et ça ne se discute pas puisque c’est profondément ressenti.

      Hiroshima et Nagasaki constituent le “péché originel” du nucléaire, rien de se qui s’est fait depuis grâce aux techniques nucléaires, même en médecine, n’a pu effacer ce péché chez un bon nombre de personnes. Pour l’effacer, pas de baptême ni de confessional disponible. Il faudrait au moins qu’une technique à base de nucléaire sauve le monde pour compenser, par exemple en aidant à détourner un astéroïde de bonne taille en route pour une collision avec la Terre.

      En attendant, pour ceux qui ne ressentent pas cette horreur satanique, il faut bien respecter ce sentiment chez ceux qui en souffrent actuellement. Comprenez à votre tour qu’il y a des gens qui, sans être insensibles, s’attachent à prendre en compte l’ensemble des risques et refusent au nucléaire la place à part qu’il a pour vous.

      1. Je veux bien accepter un risque
        Mais quand moi je le décide
        Personne n as le droit de m imposer un risque que je refuse

      2. Phimouk, votre individualisme forcené vous aveugle. Il n’y a plus un m2 sur cette planète où l’on ne soit pas soumis à des risques créés par d’autres, et qu’en plus on ignore pour la plupart.

        Tout émetteur de gaz à effet de serre vous soumet au risque de prendre un jour un grêlon de 500 g sur le crâne (exemple au hasard). C’est un risque que vous avez choisi ?

    2. En réponse à votre 29 mars 2011 à 08:41
      Pas de surprise.
      Bien que je sois porté à croire que les dérèglements de la finance
      soient d’origine moral, je ne vois pas cette question du nucléaire
      sous cet angle. Erreur donc.
      Ensuite, je reconnais , contraint et forcé, que le nucléaire est nécessaire,
      mais entouré de précautions raisonnables, et dans ce cas d’espèce,
      MAXIMUM. Avez-vous connaissance des palidonies ( Fr/US) du choix de l’acier
      composant la cuve? ( pour la France, au début)
      Si oui, vous conviendrez qu’un choix rationnel a été
      obscurci par des considérations étrangères à la rationalité.
      Si non, pour faire court, les précautions n’ont pas été maxima.
      Les mésaventures bétonnières des EPR français et finlandais
      montrent aussi que les précautions de base ne sont pas maxima.
      ( précautions de base , à double titre, puisque le radier a été jugé
      insuffisant et ce par rapport au plan !)
      Je ne sais si les autorités nucléaires UK, France et Finlande
      ont redonnés quitus à la sécurité de fonctionnement de l’EPR, mais
      j ‘exprime les plus forts doutes sur la capacité des hommes
      à planifier ce genre de chantier en respectant toutes les précautions..
      Il s’agit d’hommes aux prises avec des questions techniques contraints
      par le pognon. Et vous le constaterez: des hommes, pas le diable.
      Seconde erreur donc.
      Pour le reste, je réaffirme que vos exemples mettent sur un même
      plan des risques “naturels” et le risque nucléaire.
      Il y a une différence de nature entre les deux qui invalident cette comparaison.

      Je dois dire que si le raisonnement auquel vous semblez tenir est partagé
      par ceux qui décident en toute obscurité, alors nos voisins peuvent
      préparer leurs plans d’évacuation. La Suisse aura l’occasion de juger
      si la protection nucléaire de sa population doit être conservée.
      Et je deviendrais anti-nucléaire confirmé. Je suis sûr ne pas être le seul.
      Qu’au moins la tragédie absolue du Japon serve à cela:
      faire prendre conscience qu’elle n’était inscrite nulle part et qu’elle doit
      tout à l’inadéquation des hommes par rapport à l’enjeu.

      Et je pense, par ailleurs et indépendemment, qu’un impôt progressif est un impératif moral.

      1. La problématique morale est une hypothèse, inspirée par la lecture de l’ouvrage de Nicolas Baumard “Quelles bases pour la morale ?”. Au ton du début de votre billet, vous m’avez semblé être dans ce schéma ; en tout cas, j’ai déjà rencontré des gens qui y étaient sans l’ombre d’un doute ; à vous de voir en ce qui vous concerne, ça n’est pas une tare.

        Risques naturels et industriels : je pense que vous n’avez pas saisi mon propos ; problème de style peut-être, mais je n’ai pas envie de recommencer pour un seul lecteur, désolé.

  17. Bonjour,

    Je viens de prendre connaissance de vos derniers écrits, et tout cela donne le vertige !…

    C’est une relation indirecte qui m’a fait connaitre votre blog et c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai parcouru les différents articles qu’il propose.
    Le lien avec votre site m’a été donné en réponse à une réflexion personnelle adressée ce matin à quelques contacts, dans lequel je disais :

    “Cet envoi sur la Symphonie inachevée de Schubert, déjà vu et qui date un peu mais qui reste malheureusement d’actualité, vient à l’appui de mes réflexions “matinales”.
    Cela illustre ma réflexion contre la financiarisation de l’économie et la dégringolade sociale en règle qui lui est liée.
    Comment combattre la logique infernale d’une économie déconnectée du réel ?
    Peut-on croire en la possibilité d’une économie plus humaine, dans laquelle l’homme ne serait plus une simple variable d’ajustement ?
    Il me semble urgent de tout mettre en œuvre pour replacer l’être humain et les valeurs fondamentales de son épanouissement au cœur des différents systèmes politiques, économiques et sociaux.
    Au lendemain d’élections catastrophiques, au regard de la hauteur des différents débats, les institutions font, une nouvelle fois, la démonstration de leur incompétence à trouver et mettre en œuvre de véritables solutions.
    Que pouvons-nous faire à nos niveaux respectifs pour tenter de faire avancer les choses ?
    Difficile en tout cas de rester les bras croisés !”

    En vous lisant, je constate que vous êtes nombreux à réfléchir sur la “déconfiture” de notre civilisation et que vos études sont fort avancées.
    Tous vos constats, au-delà du vertige, suscitent néanmoins de la nausée et mettent l’accent sur notre totale impuissance. C’est terriblement frustrant !

    QUE POUVONS-NOUS FAIRE ?

    Modeste formatrice en communication, relations humaines et développement personnel, je travaille sur “l’Humain” et tente, par le biais de mes formations, de redonner à la fois Sens et Confiance dans un contexte de plus en plus difficile.

    Pourtant je veux faire confiance aux jeunes générations. Si elles ne peuvent changer dans l’immédiat la réalité qui est la nôtre, elles semblent vouloir l’appréhender différemment.
    Changer d’éclairage permettra peut-être d’élaborer des stratégies pour surmonter la vague.
    La bulle internet constitue un formidable outil de partage et de propagation d’un nouvel élan.
    Gardons l’espoir, mais que cela ne nous empêche pas d’agir…

    Merci de me tenir informée de vos avancées,

    Marie-Christine.

    1. Marie-Christine,

      Les travaux utiles de ce blog se retrouvent en pratique synthétisés dans les livres de Paul Jorion.

      Votre texte m’incite à vous recommander 2 autres ouvrages :

      “Prospérité sans croissance” de Tim Jackson

      “Vers une démocratie écologique” de Dominique Bourg et Kerry Whiteside

      Ce qui est frustrant, c’est qu’il y a pléthore de lieux où réfléchir, mais aucun où AGIR. Le champ politique est vide de projets répondant aux enjeux actuels.

      1. Le véritable champ politique est en chacun de nous et n’est pas nécessairement vide de projets répondant aux enjeux actuels.
        Inutile donc d’attendre que des “aires de jeux” soient créés pour agir.

      2. S’il n’influence pas les décisions des gens au POUVOIR, votre champ politique interne est impuissant.

      3. à Didier Cavard: Je vous comprend bien, mais je pars du principe que nous sommes nous-même les gens au pouvoir : La politique n’agit pas, elle réagit.
        Si nous n’avons pas ce pouvoir d’agir sur nous même, donc de changer nous ne pouvons pas avoir de pouvoir sur “les gens au pouvoir”.

      4. J’ai suivi un peu ce que fait Pierre Priolet, qui est un aspect concret (“consommer-juste.com”)

        et j’ai aussi proposé un système “LeFourBanal” de réappropriation des produits industriels par les consommateurs.

        Reprendre la politique par là où elle ne marche pas me semble un peu désespéré.
        Seul des cas limites comme Jean Sarkozy à l’EPAD déclenchent directement assez de sentiment de honte (“aidos”) pour passer un seuil, amha.
        Mais par un biais où les gens ont souvent un affect gênant, il y a quelque chose à faire.
        Par exemple, le sentiment de perte de savoir-vivre qui me saisit devant une gondole d’hypermarché (où le consommateur est censé être équipé d’une zapette portative à code-barre maintenant) , ce sentiment doit être au fond partagé par un grand nombre de gens (je remercie Stiegler pour avoir donné un cadre théorique à ces sensations, ainsi qu’à avoir généralisé le concept de prolétarisation dans ce sens : perte de savoir-faire), et on peut donc s’en indigner dans la minute.
        Alors qu’en politique, l’info est avant tout “polémique”, on a du mal à en discuter dès qu’on a perdu de vue un évènement fondateur “participatif” (tel 1789, 1830, 1848, 1870, Affaire Dreyfus, deux guerre, mai 68) . (on peut aussi gloser sur la frontière politique technique et lire Bruno Latour aussi par exemple)

        Donc agir au niveau de la consommation me semble le point d’entrée dans le capitalisme dévoyé.

      5. Toute personne avertie des choses scientifiques et technologiques , et qui savent lire un graphe , savent qu’il n’y a PAS DE SOLUTION technologique a la déplétion energetico-économique en cours …
        Une rapide approche conjecturale montre qu’a moyen terme nous hésiterons entre deux attracteurs :
        – le modèle (théorique) d’une répartition équitable de la pénurie d’abondance ou énergetique
        -le modèle plus probable ou une minorité continuera le modèle actuel en promettant a une majorité opprimée (ou anesthésiée) …des lendemains enchantés .

        L’effet de “collage” au modèle antérieur est des plus probables , en raison de la faible pente de déplétion (env 3% /an….ce taux devant baisser nettement avec le temps) .

      6. Il ne reste donc plus qu’à attendre la prise du pouvoir par le FN.

        Une majorité de “nous-mêmes” armés d’un bulletin de vote pense déjà que c’est un parti “comme les autres” : la porte est ouverte.

        C’est bien de rêver, les copains, mais un jour vous allez vous faire réveiller sans douceur. Et ce n’est pas le FN qui risque d’arrêter le nucléaire, il en rajoutera plutôt aux frontières.

      7. Didier cavard, le nucléaire est une solution DE FACTO. Il me semble que tout le monde est d’accord là-dessus : 50 centrales en France, qui produisent autant de Gigawatts, ça ne s’arrête pas du jour au lendemain. Mais vous en parlez comme si quelque chose pouvait le justifier “philosophiquement”, à long terme et au titre d’une évolution humaine souhaitable. (Et bien sûr, sans évoquer les déchets.)

      8. /////C’est bien de rêver, les copains, mais un jour vous allez vous faire réveiller sans douceur. ////
        exactement , comme tout le monde .
        Meme si ce n’est pas facile de conjecturer , il y a des attracteurs forts induit par une chute rapide de l’acces a l’énergie (de 150 Kw-esclaves virtuels à 60, puis 40 ….kw /individu ) .
        La déplétion lente en cours ne peut se poursuivre sans délitements périodiques plus graves , sur un domaine (transport par ex ) , ou sur un lieu (guerre de l’eau ou blé ds un continent)….
        Quel que soit le modèle depletif qui va s’instaurer , fortement modifié par les choix societaux collectifs (effet de collage a craindre), il y a des “constantes” qu’on peut conjecturer :
        – se rapprocher des productions essentielles (pour s’approvisionner et pour trouver du boulot)
        – s’éloigner des villes (pas de boulot, risques d’émeutes, rupture d’appro)
        – participer partiellement a la production de ses besoins essentielles . Je produis les 2/3 de mes besoins vegetaux et viens d’acquerir 4 poules .
        -Ne pas refuser le système mais avoir un pied dans un modèle plus sécurisant . Important la cheminée

        Ce que je veux dire c’est que le modèle actuel , a une dynamique forte et donc une inertie que l’on ne peut inverser collectivement sans cata grave .
        Par contre une solution individuelle a deux avantages :
        – elle est sécurisante et de façon surprenante tres plaisante (celà doit provenir du rapport direct entre la production d’un travail et la satisfaction d’un besoin essentiel)
        – par contagion , elle peut devenir “LA” solution globale en de nombreux modèles déplétifs , dans une fourchette cata , somme toute assez large .
        Elle peut sembler egoiste, mais on pêut avancer que la situation actuelle provient d’autres egoismes .
        En gros se placer plus bas pour tomber de moins haut , c’est humain !

      9. @Kercoz

        Ouais c’est ça ! Le tribalisme rural. J’ai commencé à m’y mettre, mais avec des experts du genre, tout seul même pas la peine d’y penser. Banquets de hérissons, braconne, p’tits chantiers au blak plus p’tites poulettes chez les néo-rurs et système D tous azimuts avec les potes gitans. Zont encore d’la ressource les bougres, j’vous dis pas ! Nos nouveaux seigneurs… Héhéhé…

      10. @Vigneron:
        Le modèle centralisé ne pourra etre qu’un modèle kaki (en raison de l’effet de collage): dictature “provisoire” dans l’ attente de découvertes type “fusion ” (sans espoir j’y ai bossé en 75 !).je préfère encore les gitans .
        Il faut etre lucide : 90% des boulots urbains sont tres eloignés des besoins vitaux . L’urbanité ne peut perdurer , a terme que par la dictature (comme en espagne ou les chomeurs fument des petards en bas des cités et sont nourris par des “sans papiers” au 1/3 du smig .
        Cette perversion est structurelle et non pas idéologique , elle est inscrite dans le modèle centralisateur .

  18. Without the hot aire de David Mc Kay

    un bouquin d’un ingénieur anglais dispo sur le web (en partie html) et qui contient des chiffres documentés de façon réaliste, et rendus accessibles par des métaphores aisées à comprendre.
    Effort pédagogique aussi pour dénablater les paradoces apparents tels que (de mémoire)
    “l’éolien peut fournir l’électricité à tous les foyers anglais” et
    “le nucléaire ne correspond qu’à 4% des émissions de CO2 en Grande Bretagne”

    Vous connaissez, M. Cavard du Gard ? Je recommande d’aller voir en tout cas.

    1. Téléchargement lancé. Est-ce vraiment différent de ce que dit Jancovici ?

      Méfiez-vous, il y a des tas de Cavard dans le Gard, dont un élu EELV (Christophe Cavard).

    2. Intéressant par la présentation et la multiplicité des options

      Un gros bémol : dans le résumé que j’ai lu il n’est question que de kWh, jamais de kW : le problème des pointes de consommation n’est pas abordé, et les moyens de production envisagés n’y sont pas adaptés, sauf le charbon avec séquestration (sachant que le RU est très pauvre en hydroélectricité).

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