LA SITUATION A FUKUSHIMA (III), par François Leclerc

Mise à jour n°105 (vendredi 20h40)

L’évolution de la situation catastrophique de la centrale conduit à se poser de nouvelles questions, au fur et à mesure de ses rebondissements.

La situation du réacteur n°3 concentre toutes les attentions, car une rupture avérée de la cuve du réacteur serait une première dans l’histoire des accidents intervenus dans les centrales nucléaires. L’inconnue n’étant pas seulement la résistance de la dalle de béton, ultime barrière avant les sols, sur laquelle le corium se répandrait, mais la propagation dans l’atmosphère de plutonium, notamment, l’enceinte de confinement n’étant plus étanche.

Après avoir évoqué cette possibilité, l’opérateur a affirmé qu’il n’en était rien, mais sa crédibilité est très relative.

La seconde interrogation concerne la contamination du site, non seulement par des rejets gazeux radioactifs provenant de fuites dans les enceintes de confinement, mais également d’eau contaminée répandue sur le sol de certaines installations, en particulier les bâtiments qui abritent les pompes. L’ensemble rend de plus en plus problématique la poursuite des travaux de remise en état de celles-ci et des circuits de refroidissement, ainsi que leur alimentation électrique.

Or le cœur de trois réacteurs connaît une fusion partielle et l’on peut se demander si les injections d’eau effectuées avec les moyens du bord pourront l’endiguer longtemps, alors que l’opérateur parle désormais de semaines, et même de plus d’un mois, avant de pouvoir remettre les installations de refroidissement en marche. C’est un second énorme facteur d’incertitude.

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Mise à jour n°104 (vendredi 17h20)

En refroidissant avec d’énormes quantités d’eau les installations, Tepco a crée un nouveau problème. Des fuites d’eau « très radioactives » ont été détectées dans les bâtiments abritant les pompes autour de ces trois réacteurs, celle du n°3 ayant abouti à la forte irradiation de trois techniciens. L’origine n’en est pas déterminée.

En conséquence, les travaux de rétablissement de l’électricité n’ont pas repris. Les pompiers continuent cependant de massivement asperger la piscine du réacteur n°3, celles des réacteurs n°2 et 4 étant désormais alimentées par des tuyaux.

Tepco a commencé à injecter de l’eau douce dans les réacteurs n°1 et 3, à la place de l’eau de mer dont les effets étaient potentiellement dangereux. La même opération est en préparation pour le réacteur n°2.

Aucune information complémentaire n’a été donnée sur la rupture de la cuve du réacteur n°3, dont l’hypothèse a été envisagée. Reste néanmoins à comprendre la source de la contamination de l’eau qui a irradié les techniciens.

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Mise à jour n°103 (vendredi 12h08)

Naoto Kan, le premier ministre japonais vient de déclarer : « La situation reste très imprévisible. Nous travaillons à ce que la situation n’empire pas. Nous devons être extrêmement vigilants ».

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Mise à jour n°102 (vendredi 09h25)

La catastrophe prend toute son ampleur. Tepco a d’annoncé que la cuve du réacteur n°3 « pourrait être endommagée ». L’Agence de sûreté nucléaire japonaise a été plus catégorique en affirmant que « des substances radioactives s’en sont échappées. »

Ce ne sont pas seulement des enceintes de confinement qui sont atteintes, laissant s’échapper une contamination radioactive permanente, mais le dernier rempart d’un réacteur, sa cuve, qui a perdu son intégrité. Circonstance aggravante s’il en était besoin, il s’agit du réacteur chargé au Mox.

L’Autorité de sûreté nucléaire japonaise « étudie la possibilité » de relever le niveau de l’accident, actuellement fixé à 5 (sur 7).

La contamination radioactive commence également à être mieux appréciée. Deux japonais qui résidaient dans un rayon de 250 à 300 kms autour de la centrale ont présenté à un contrôle effectué par les autorités chinoises, à la faveur d’un déplacement, une contamination « dépassant gravement les limites ». Ils ont été hospitalisés.

Si le rejet de fumée noire sur le réacteur n°3 a cessé, des fumées blanches s’échappent en permanence des réacteurs n°1, 2 et 4, considérées comme « pouvant être des vapeur d’eau ».

Au prétexte des difficultés rencontrées pour les approvisionner, le gouvernement a incité les habitants de la zone comprise entre en rayon de 20 et 30 kms de la centrale à la quitter. C’est une évacuation déguisée, permettant d’affirmer que la zone d’évacuation ne va pas être élargie. Il a été découvert des légumes contaminés (césium 137), qui ont été produits aux alentours immédiats de Tokyo. (Ajout Cela concernerait 130.000 personnes.)

Il a par ailleurs été reconnu que la remise en route des pompes allait prendre de multiples semaines. « Nous en sommes encore à évaluer les dégâts sur la centrale et nous ne pouvons par fixer une date à laquelle les équipements de refroidissement vont fonctionner. Cela pourrait prendre encore plus d’un mois, qui sait » a déclaré Tepco à l’AFP. La situation instable actuelle est donc condamnée à durer.

Les conditions dans lesquelles les techniciens et les pompiers (affectés aux aspersions) qui travaillent sur le site ralentissent considérablement les travaux. L’Agence de sûreté nucléaire a publiquement mis en cause Tepco pour ne pas avoir protégé ses techniciens, suite à la grave irradiation de trois d’entre eux (10.000 fois la dose normale).

Des centaines de techniciens, de soldats et de pompiers interviennent sur le site, prenant au fur et à mesure de leurs expositions aux radiations des doses cumulées de plus en plus importantes, le maximum autorisé ayant été relevé dès le début des opérations par les autorités japonaises.

Aujourd’hui, l’arrosage se poursuit sur les réacteurs n° 1, 2 et 4 mais est suspendu sur le réacteur n°3.

Parallèlement, l’opérateur cherche à réduire les étendues d’eau contaminée sur le site, sans qu’il soit précisé ce qu’il en fait. Il cherche également a établir si de l’eau a pénétré dans le sous-sol, selon ses déclarations.

Tepco annonce qu’il va substituer de l’eau pure à l’eau de mer pour ses injections dans les cuves des réacteurs n°1, 2 et 3 et dans les piscines des 4 réacteurs. Il va utiliser à cette fin l’eau d’un barrage, l’armée américaine lui en fournissant par ailleurs selon des modalités non détaillées. (Rectificatif par la mer, avec des barges.)

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Mise à jour n°101 (jeudi 23h36)

Selon Tepco, des mesures ont été effectuées sur des prélèvements d’eau de mer à 330 mètres du rivage de la centrale, au voisinage des débouchés des conduites de drainage du groupe des réacteurs 1 à 4. Mercredi , il a été trouvé 146,9 fois la valeur maximum admissible d’iode 131, ainsi que du césium 137, dans des proportions non communiquées

Hypothèse: l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs est rejetée à la mer.

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Mise à jour n°100 (jeudi19h10)

Les informations données de différentes sources officielles sont loin de permettre de répondre à de nombreuses interrogations sur la réalité de la situation à la centrale.

1. La situation du réacteur n°3 fait l’objet d’hypothèses très préoccupantes, selon lesquelles la cuve pourrait avoir été brisée ou serait en passe de l’être, le corium entrant alors en contact avec le fonds en béton de l’enceinte de confinement et pouvant le traverser. Le réacteur n°3 est chargé au Mox.

2. Les installations de la centrale laissent en permanence s’échapper dans l’atmosphère ambiante des radio-éléments, sans que leur origine, leur radioactivité et leur nature soit précisée. Il semble acquis que cette contamination ne provient pas seulement des rejets opérés par l’opérateur pour soulager la pression interne des réacteurs, quand il ne peut plus l’éviter, mais de fuites non identifiées dans les enceintes de confinement de plusieurs réacteurs (n°2 et 3).

3. Le rétablissement de l’électricité rencontre de très grandes difficultés, à l’exception de l’éclairage partiel des salles de contrôle des réacteurs n°1 et 3, et semble-t-il de quelques instruments de mesure. Aucune information n’est donnée sur l’état des installations qui devraient être remises en marche, dont l’examen est en cours, notamment des pompes.

4. Aucune indication n’est donnée sur la substitution d’eau douce à l’eau de mer utilisée pour refroidir les réacteurs. Cristallisé, le sel de l’eau de mer est susceptible de produire divers effets très contre-indiqués.

5. Pas d’information disponible sur la radioactivité des eaux déversées en très grandes quantités, et dont une partie pourrait avoir été absorbée dans les sols, à moins qu’elle ne ruisselle vers la mer.

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Mise à jour n°99 (jeudi18h29)

La propagation de la contamination s’étend, sur terre et en mer. Selon les autorités, des quantités d’iode radioactif et de cesium 137 très supérieurs aux normes admissibles concernant les produits alimentaires ont été découverts dans des tas de mauvaises herbes à 40 kms au Nord-Ouest de la centrale. Des prélèvements d’eau de mer « près de la centrale » ont donné le même résultat, selon Tepco, sans plus de précision.

Le gouvernement « pourrait considérer », a-t-on appris, la possibilité de déplacer les personnes vivant dans la zone comprise entre un rayon de 20 et 30 kms autour de la centrale, qui sont calfeutrés dans leurs maisons et à court d’approvisionnement. Le nombre des personnes dans ce cas n’a pas été divulgué, pas davantage que les moyens qui seraient employés.

Sur le site même, on appris les circonstances de l’accident à la faveur duquel trois techniciens ont été exposés à une irradiation comprise entre 173 to 180 millisieverts, alors qu’ils tiraient un câble électrique sous-terre en direction du bâtiment des turbines du réacteur n°3. Deux d’entre eux ont été envoyés dans un hôpital spécialisé, ils portaient des tenues de protection mais pas les bottes.

Ils se trouvaient dans une zone inondée par un mélange d’eau et de détritus de 15 centimètres de hauteur très radioactif (400 millisieverts par heure à la surface et 200 millisieverts par heure dans l’air ambiant). Cela donne une idée de l’environnement dans lequel ils travaillaient et permet de s’interroger sur ce qu’il advient des masses d’eau utilisée pour les aspersions des réacteurs et des piscines, qui ne sont pas toutes évacués sous forme de vapeur.

Le nombre de techniciens ayant reçu une exposition supérieure à 100 millisieverts, mais inférieur à 250 millisieverts, est désormais de 17, selon Tepco. Le ministère de la santé japonais a spécialement relevé le maximum admissible pour une personne de 100 à 250 millisieverts, afin de permettre les travaux en cours à la centrale. Il s’agit d’un cumul sur cinq ans.

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Mise à jour n°98 (jeudi13h36)

D’après le compte-rendu quotidien de l’IRSN, le contrôle de la situation des piscines est relativement amélioré (niveau d’eau, température). Celle des réacteurs reste très incertaine.

Pour le réacteur n°1, l’opérateur doit jongler entre l’augmentation du débit d’injection de l’eau de mer, afin de baisser une température très élevée, et la montée de la pression qui nécessiterait des rejets de gaz contaminés dans l’atmosphère.

Pour le n°3, il étudie l’hypothèse d’une rupture de la cuve du réacteur, suite à laquelle le corium (mélange à très haute température de combustible et de métaux fondus) serait en contact avec le béton du fond de l’enceinte de confinement.

La catastrophe de Fukushima serait, si cela se vérifie, entrée dans une nouvelle phase, identique à celle de Three Mile Island, sans que l’on sache si le fond de l’enceinte de confinement a été construite à Fukushima sur le même mode. A Three Mile Island, elle avait résisté.

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Mise à jour n°97 (jeudi 09h25)

Le dégagement de fumée noire de l’édifice du réacteur n°3 ayant cessé, sans que l’on en connaisse toujours l’origine, le travail et les aspersions d’eau y ont repris. La salle de contrôle est désormais éclairée, les techniciens s’efforcent de remettre en marche une pompe, sans succès pour le moment.

Trois d’entre eux ont été irradiés et deux ont du être hospitalisés pour avoir reçu une dose comprise entre 170 et 180 millisieverts (une exposition à 100 millisieverts sur une période d’un an est considérée comme le seuil à partir duquel augmente le risque de contracter ultérieurement un cancer).

Les tentatives de rétablissement de l’électricité se poursuivent, ayant également permis d’éclairer partiellement la salle de contrôle du réacteur n°1. Sans plus de garantie sur le bon fonctionnement du reste des installations, dont les pompes.

La pompe du réacteur n°5, qui avait été remise en marche, a cessé de fonctionner et va être remplacée.

A Tokyo, la contamination à l’iode radioactif de l’eau est repassée sous la limite légale admise pour les bébés, les distributions de bouteilles d’eau pour les enfants de moins d’un an ont néanmoins commencé. C’est également le cas dans de nombreuses autres préfectures.

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Mise à jour n°96 (mercredi 19h00)

L’Agence de sûreté nucléaire japonaise a informé que le niveau de la radioactivité n’avait pas changé consécutivement au dégagement de fumée noire du réacteur n°3, dont on ne sait toujours pas l’origine.

Le rétablissement partiel de l’électricité dans les salles de contrôle des réacteurs 1 et 3 a permis de mettre en évidence un phénomène jusque là ignoré  : la température externe des cuves des réacteurs dépasserait le niveaux maximum admissible de 300°C, au regard des normes de leur constructeur. Une pointe à 400°C a même été enregistrée. Bien qu’à l’arrêt, les réacteurs en question dégagent donc une chaleur intense, Tepco communiquant sur le fait que le combustible ne fond pas à cette température.

L’opérateur va tenter de substituer de l’eau douce à l’eau de mer pour refroidir le cœur du réacteur n°3, devant le danger que représente la poursuite l’injection d’eau salée (notamment l’augmentation de la température). Le débit des injections d’eau de mer dans le réacteur n°1 a été fortement augmenté, en prenant des précautions pour ne pas faire augmenter la pression (ce qui impliquerait des rejets dans l’atmosphère).

Le niveau des radiations dans les salles de contrôle des réacteurs 1 et 4, où l’éclairage a pu être rétabli, est tel qu’il n’est possible d’y rester que par intermittence. Il est aussi trop élevé pour qu’une nouvelle pompe puisse être installée pour le réacteur n°2.

Des faisceaux de neutron ont été détectés à 13 reprises sur le site de la centrale ces trois derniers jours, signifiant que du plutonium et de l’uranium a fuit, résultat d’un processus de fission nucléaire. Les niveaux enregistrés ont été déclarés sans danger.

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Mise à jour n°95 (mercredi 13h06)

D’un nouveau « point de la situation » de l’IRSN qui vient d’être mis en ligne – mais daté de six heures du matin (heure de Paris) – il ressort que la situation du réacteur n°3 est particulièrement préoccupante. C’est de son enceinte fissurée que proviendrait actuellement l’essentiel des rejets radioactifs dans l’atmosphère, le cœur du réacteur continuant d’être dénoyé et la température montant « légèrement ».

La salle de contrôle du réacteur n°2 a été évacuée en raison de « l’irradiation ambiante ».

La situation de la piscine du réacteur n°4 semblerait améliorée, l’aspersion d’eau réalisées avec le nouveau système a bras articulé semblant être efficace.

Aucun nouveau rejet contrôlé de gaz radioactifs n’a du, selon l’IRSN, être effectué. Les effets de l’injection d’eau de mer dans les réacteurs pourraient cependant « altérer le refroidissement du combustible à très court terme » (et augmenter la pression interne des réacteurs).

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Mise à jour n°94 (mercredi 11h21)

Le Premier ministre japonais a étendu à trois nouvelles préfectures l’interdiction de consommer les légumes et le lait cru qui y sont produits. Les tests vont être élargis à dix autres préfectures, dont certaines sont proches de Tokyo.

Le porte-parole du gouvernement a reconnu que « cette situation risque de durer longtemps », tout en affirmant que « si ces aliments sont mangés de façon ponctuelle, il n’y a pas de risque pour la santé. »

La catastrophe nucléaire se développe désormais sur deux plans : le risque d’une perte totale de contrôle de certaines installations de la centrale, induisant d’importants rejets radioactifs supplémentaires dans l’atmosphère, et la propagation lente mais irrésistible des rejets en cours, aboutissant à l’accroissement de la contamination dans une zone plus étendue que celle de l’évacuation (20 kms de rayon).

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Mise à jour n°93 (mercredi 11h10)

Il se confirme que la température au sein de l’enceinte de confinement du réacteur n°1 a atteint 400° C alors qu’elle est prévue pour fonctionner à une température de 300° C. Selon l’Autorité japonaise de sûreté nucléaire, il n’y aurait pas de danger « immédiat ».

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Mise à jour n°92 (mercredi 11h00)

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire et industrielle japonaise, la fumée noire au-dessus du réacteur n°3 provient de son enceinte et non pas du réacteur lui-même.

Si cette information est confirmée, elle écartera l’hypothèse d’une explosion survenue au sein du réacteur mais accréditera les doutes grandissants sur la possibilité de remettre en fonctionnement les installations de refroidissement du réacteur.

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Mise à jour n°91 (mercredi 09h36)

De l’iode radioactif en quantité dépassant la limite légale a été découvert dans le réseau de distribution d’eau de Tokyo. Le taux est supérieur au maximum admissible pour les bébés, les autorités ont déconseillé son utilisation pour la préparation des biberons.

C’est la première alerte à Tokyo, l’étendue et l’intensité de la contamination se révélant progressivement, consécutifs à la poursuite des rejets radioactifs sur le site de la centrale.

Les produits agricoles des deux préfectures (départements) de Fukushima et d’Ibaraki sont interdits à la vente et ne doivent plus être consommés, suite à la multiplication de contrôles positifs.

On ne connaît pas la teneur des fumées qui s’échappent du réacteur n°3.

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Mise à jour n°90 (mercredi 09h18)

Nouvelle évacuation des personnels travaillant sur le site, suite à l’apparition d’une nouvelle fumée noire au-dessus du réacteur n°3. La salle de contrôle du réacteur, au sein de laquelle des travaux de rétablissement de l’électricité se poursuivaient a été abandonnée.

L’opérateur déclare ne pas en connaître la provenance: réacteur lui même ou édifice.

Le réacteur n°3 est chargé avec du Mox, un combustible contenant du plutonium hautement radioactif.

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Mise à jour n°89 (mardi 19h58)

Des brocolis et du lait cru contaminés ont été détectés dans les préfectures (départements) de Fukushima et d’Ibaraki (à mi-chemin avec Tokyo). Les quantités mesurées étaient supérieures aux normes légales, sans plus de précision.

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Mise à jour n°88 (mardi 19h12)

Depuis Vienne, l’AEIA a apporté toute son expertise, 11 jours après le début de la catastrophe. La question de savoir si les fuites radioactives proviennent de l’enceinte de confinement ou des piscines n’est pas tranchée, observe son directeur de la sûreté des installations nucléaires, mais il a « suffisamment d’informations » pour affirmer qu’il n’y a pas de grands trous dans les enceintes de confinement. L’hypothèse qu’elles puissent provenir des deux est donc exclue. « Sans possibilité d’aller sur place, remarque-t-il, c’est difficile à déterminer ». On en convient aisément.

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Mise à jour n°87 (mardi 15h28)

L’électricité a été « en partie » rétablie dans la salle de contrôle du réacteur n°3, selon Tepco. Rien n’est précisé sur les équipements déportés qui sont consultés ou actionnés de la salle, il est seulement question de son éclairage général.

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Mise à jour n°86 (mardi 14h30)

Le camion a bras articulé allemand a déjà été mis en service pour asperger l’intérieur de l’édifice du réacteur n°4 et remplir d’eau la piscine, dont le niveau n’est pas connu. Le véhicule en provenance de Chine devrait être affecté au réacteur n°3, source particulière d’inquiétude.

La température du réacteur n°1, que l’on pensait stabilisée, a entre temps augmenté.

De nombreux facteurs d’incertitude subsistent, tant sur le site que dans son environnement, en raison des rejets radioactifs cumulés. Des campagnes de mesure sont menées à terre ou en mer et se veulent rassurantes, étant donné les niveaux enregistrés de radioactivité, et particulièrement la teneur de césium 137. Il n’est pas exclu que des zones particulièrement contaminées puissent être découvertes, la contamination n’étant pas homogène en raison de nombreux aléas.

Dans le meilleur des cas, la partie va se jouer sur une très longue période, combinant les effets de contaminations encore mal établies – et risquant de s’accroître – dans une zone dont le rayon pourrait s’élargir, avec le démantèlement des réacteurs, une fois que celui-ci pourra être entrepris. Les opérations de refroidissement en cours devront être poursuivis sans relâche en attendant, le rétablissement du fonctionnement des pompes et des circuits de distribution d’eau étant la meilleure solution, s’il peut intervenir.

Dans le pire, une nouvelle explosion d’hydrogène brisant les enceintes de confinement, une accélération du processus de fusion du combustible dans la cuve d’un réacteur entraînant sa rupture, ou des rejets radioactifs massifs en provenance d’une piscine maintenant à ciel ouvert sont parmi les scénarios possibles, qui ne sont pas à exclure.
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Mise à jour n°85 (mardi 10h05)

De nouveaux moyens de refroidissement sont en cours d’acheminement vers le Japon, en provenance de Chine et d’Allemagne. Il s’agit de camions-pompes munis de long bras articulés destinés à couler du béton, qui pourraient être utilisés pour remplir les piscines des réacteurs n°3 et 4, l’extrémité de leur bras surplombant les édifices détruits des réacteurs. Mise en service envisagée pour la fin de la semaine.

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Mise à jour n°84 (mardi 09h29)

De la fumée blanchâtre continuait de s’échapper des réacteurs n°2 et 3, ce matin à Fukushima. Revenus sur le site après l’avoir évacué la veille, les techniciens ont repris leurs travaux de remise en service des installations des réacteurs, mais les aspersions d’eau n’avaient pas repris en début de matinée.

L’ensemble des réacteurs est désormais pourvu d’une ligne électrique, l’étape en cours étant de vérifier un par un l’état des équipements avant de les alimenter. Aucun délai n’a été annoncé.

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Mise à jour n°83 (lundi 17h40)

L’éventuelle relance des systèmes de refroidissement pourrait mettre au mieux plusieurs jours, le temps que des composants de ceux-ci, non identifiés, soient acheminés vers le site et intégrés.

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Mise à jour n°82 (lundi 14h53)

Le temps ne joue pas pour l’opérateur dans sa lutte pour le contrôle de la situation. Le risque est que la poursuite de la contamination implique à un moment donné l’évacuation permanente du site, ainsi que l’arrêt autre que provisoire – comme c’est actuellement le cas – des aspersions d’eau. Le refroidissement des enceintes de confinement et des réacteurs avec de l’eau de mer nécessite également des manipulations humaines (allers-retours de camions citernes, manipulations de vannes, rejets de gaz).

Trois facteurs concourent à cette contamination : des fuites dont l’origine n’a pas été décelée, des rejets suscités par l’opérateur pour diminuer la pression interne des cuves, et des fumées au sommet des enceintes des réacteurs. Non compte-tenu de ce qui est libéré dans l’atmosphère lorsque des explosions d’hydrogène interviennent.

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Mise à jour n°81 (lundi 13h09)

Aucune information n’a été donnée sur l’origine et la composition des fumées échappées des réacteurs n°2 et 3.

Les aspersions d’eau sur les réacteurs n°3 et 4 ont du être interrompues, les réacteurs 1 à 4 étant groupés et l’évacuation des personnels ayant été ordonnée autour d’eux.

Aucune prévision n’a été donnée de reprises de celles-ci, qui sont vitales afin d’éviter un assèchement des piscines des réacteurs n°3 et 4, qui sont totalement découvertes.

Les robots dont l’envoi de France avait été annoncé ne sont pas partis, les autorités japonaises ayant décliné l’offre, les considérant inadaptés à la situation.

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Mise à jour n°80 (lundi 11h26)

Les accidents se succèdent, se manifestant par des fumées sortant des édifices des réacteurs. L’émission qui sortait du réacteur n°3 s’est arrêtée, une autre est survenue au réacteur n°2.

Toutes deux résultent probablement de fusions du combustible, porteuses de radio-éléments non déterminés, contribuant à accroître la radioactivité sur le site avant se répandre au-delà.

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Mise à jour n°79 (lundi 08h59)

La centrale est évacuée. De la fumée s’échappe du réacteur n°3.
CORRECTION: il ne s’agit que d’une partie du personnel, aux abords du réacteur, d’après Tepco.

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Mise à jour n°78 (lundi 08h44)

Une remise en service partielle de certains équipements du réacteur n°2 pourrait intervenir dans les heures qui viennent, d’après Tepco. Il s’agirait des capteurs permettant de mesurer la pression et la température internes ainsi que du système de climatisation de la salle de contrôle, ce qui permettrait de bloquer l’élévation de la radioactivité en son sein. Les pompes ne sont pas évoquées.

La tâche pourrait se révéler beaucoup plus ardue, voire impossible, pour les réacteurs n°3 et 4, dans le voisinage immédiat desquels le niveau de radioactivité est probablement plus élevé.

Un niveau d’iode radioactif plus de trois fois supérieur à la normale a été mesuré dans l’eau d’un village situé à 40 kms de la centrale (au-delà de la zone d’évacuation de 20 kms et de protection de 30 kms). La consommation de l’eau a été seulement déconseillée, étant donné le taux enregistré qui ne pourrait s’avérer dangereux – d’après les autorités – que dans le cas d’une consommation régulière…

On est entré dans une nouvelle phase. L’opérateur, étant toujours sans contrôle de la situation, des taches de pollution radioactive non détectées de prime abord – étant donné le maillage des moyens de mesure – sont découvertes, au-delà des zones ayant fait l’objet de mesures de protection.

Aucune information n’est disponible sur de nouveaux dégazages radioactifs des réacteurs, ce qui ne signifie pas qu’ils sont interrompus.

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Mise à jour n°77 (dimanche 22h44)

La situation du réacteur n°3 concentre à nouveau toutes les attentions, alors que l’opérateur n’annonçait plus dimanche de prévision de rétablissement de l’énergie électrique au réacteur n°2.

La vérification préalable des tableaux et circuits électriques semble en effet rencontrer des problèmes imprévus, rallongeant les délais.

En raison de la fusion en cours et d’un niveau insuffisant d’eau dans le réacteur n°3, la pression à l’intérieur de la cuve est considérée comme problématique, le risque étant qu’elle dépasse les normes de sécurité et la fasse exploser. Ce qui pourrait entraîner une rupture de l’enceinte de confinement, mettant le combustible Mox en contact avec l’atmosphère et entraînant une contamination au plutonium.

Des rejets de « décompression volontaire » sont nécessaire, mais ils pourraient s’avérer très radioactifs, la « piscine de suppression » qui est située à la base de l’enceinte de confinement – donc la fonction est de retenir une partie des éléments radioactifs, en cas de rejets – pouvant être endommagée.

Le jour va se lever et une décision va devoir être prise, si cela n’est pas déjà fait.

La météo n’est pas favorable, associant des précipitations avec un vent cessant de pousser les rejets vers la mer mais les rabattant sur l’intérieur.
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Mise à jour n°76 (dimanche 12h38)

Une nouvelle journée vient de s’achever Fukushima, sans que l’opérateur soit parvenu à reprendre en main la situation.

Le rétablissement de l’alimentation électrique n’est toujours pas intervenu, les contrôles préalables devant être effectués sur les installations avant leur mise sous tension (pour éviter un court-circuit) plus long que prévus. Pas de nouveau délai de donné.

Tepco est pris dans deux contradictions  :

1/ Il lui faut arrêter les aspersions d’eau pour rétablir l’alimentation électrique d’un premier réacteur – dont la situation est moins problématique – ce qui a pour effet de stopper le refroidissement des installations des réacteurs et des piscines n°3 et 4, pourtant considérés comme prioritaires.

2/ Il doit reprendre les rejets de gaz radioactifs dans l’atmosphère du réacteur n°3, afin de diminuer la pression à l’intérieur de l’enceinte de confinement et d’éviter une explosion d’hydrogène susceptible de l’endommager davantage. Ce faisant, il accroît la radioactivité et rend encore plus dangereux les opérations sur le site, ainsi que dans l’environnement en général.

Il n’est pas clairement établi que l’arrêt des aspersions et de nouveaux rejets soient intervenus.

Sept techniciens ont été exposés à des niveaux de radiations supérieurs à 100 millisieverts, seuil à partir duquel le risque de développer ultérieurement un cancer devient important.

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Mise à jour n°75 (dimanche 07h05)

Un nouveau report à lundi du rétablissement de l’alimentation électrique de premières installations a été annoncé par Tepco (le réacteur n°2, choisi comme cas test). Retardant d’autant la vérification du bon fonctionnement des pompes et des systèmes de refroidissement des réacteurs. Impliquant de poursuivre l’utilisation de moyens de fortune pour y suppléer.

Les risques de court-circuit – et les vérifications préliminaires qu’ils nécessitent – sont présentés comme en étant la cause. En réalité, il semble que l’opérateur soit également devant un dilemme: l’arrêt des aspersions des réacteurs n°3 et 4 s’imposerait pour rétablir l’alimentation électrique.

Tepco est face à un second dilemme: l’inquiétude monte à propos de la contamination radioactive dans de larges zones autour de la centrale, les relevés n’étant que fragmentaires et rendant mal compte d’une contamination en « peau de léopard ». Il va néanmoins lui falloir rejeter à nouveau des gaz radioactifs de l’enceinte de confinement du réacteur n°3, chargé au Mox, alors que l’on ignore l’état des barres de combustible à l’intérieur du réacteur, l’hypothèse qu’elles soient partiellement à découvert étant plausible.

Il en résultera à coup sur une augmentation de la radioactivité sur le site, pouvant encore compliquer les opérations en cours et les rendre plus dangereuses pour les techniciens.

Après enquête, un article du Wall Street Journal fait état des retards pris à l’origine de l’accident, l’opérateur ayant différé le noyage des réacteurs par de l’eau de mer faute de mieux, car cela en condamne toute remise en service ultérieure.

L’INRS Française, qui suit de très près les événements, s’inquiète des conséquences plus immédiates de formations cristallines de sel dans le réacteur, pouvant contribuer à affecter leur intégrité.
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Mise à jour n°74 (samedi 17h50)

Des traces d’iode 131 et de césium 137 ont été trouvées dans les réseaux de distribution d’eau dans une large zone au sud de Fukushima, jusqu’à Tokyo au sud et à la côté Ouest (Fukushima est sur la côte Est). Les teneurs décelées sont nettement en-deçà des seuils légaux au Japon, selon les autorités.
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Mise à jour n°73 (samedi 16h50)

L’AIEA vient d’annoncer que le niveau des radiations n’avait pas augmenté dans les principales villes japonaises, afin de calmer le jeu après la diffusion d’information sur la pollution radioactive de produits alimentaires et du réseau d’eau de la ville de Fukushima. Rien n’est dit sur les alentours de la centrale, dans un rayon de 80 kms (pour reprendre le rayon de la zone d’évacuation des autorités américaines pour leurs citoyens).

Elle a aussi évoqué la possibilité que les pompes des circuits de refroidissement des réacteurs ne fonctionnent pas, ce qui peut être interprété comme une préparation de l’opinion à de mauvaises nouvelles éventuelles à ce propos.

La seule alternative serait alors de poursuivre les aspersions d’eau avec les moyens du bord en attendant l’ensevelissement des installations. On entrerait dans un scénario type Tchernobyl, vu la dimension et hauteur des édifices des 4 réacteurs. Il n’est pas certain que les véhicules télécommandés envoyés par les Français soient à la hauteur de la tâche : un camion-benne, une pelleteuse et un bull.

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Mise à jour n°72 (samedi 16h10)

L’évolution de la situation est suspendue à la relance des pompes et circuits de refroidissement des réacteurs et des piscines. Il faudra attendre demain matin (heure de Tokyo = heure de Paris +8) pour en savoir plus.

Une stabilisation très précaire semble être intervenue, en particulier au réacteur n°3, le plus potentiellement dangereux. Les aspersions d’eau se poursuivent, mais il semble que les rejets radioactifs dans l’atmosphère, afin de soulager la pression interne, aient été provisoirement suspendus.

Une ligne électrique très haute tension aurait été installée et raccordée au réacteur n°2, qui pourrait également alimenter le n°1, mais elle doit encore être testée dans un environnement peu propice (eau et radiation). L’enjeu sera ensuite de vérifier le fonctionnement des pompes et l’intégrité des circuits de refroidissements, qui ont pu être mis à mal par les explosions d’hydrogène.

Toutes ces informations sont sujettes à caution, étant donné l’imprécision des communiqués de Tepco.

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Mise à jour n°71 (samedi 12h32)

Un nouveau séisme de magnitude 5,9 a particulièrement secoué la ville d’Ibaraki, entre Fukushima et Tokyo, et a été ressenti fortement à Tokyo. Des traces d’iode radioactif ont été découvertes dans le réseau de distribution d’eau de Tokyo, où la radioactivité ne nécessite pas de mesure de calfeutrage, selon les autorités. Du lait et des aliments contaminés, à des niveaux inférieurs au maximum autorités selon les autorités, ont été trouvés dans des préfectures (départements) entourant la centrale.

Les prévisions météo, qui prévoient des précipitations dimanche, pourraient accentuer la radioactivité au sol, les vents restant orientés vers la mer mais faiblissant.

Les opérations de rétablissement de l’énergie électrique se poursuivent, avec toujours la perspective de les conclure dimanche. Le réacteur n°3 est sous aspersion.

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614 réflexions sur « LA SITUATION A FUKUSHIMA (III), par François Leclerc »

  1. Sous toutes réserves, ça reste à vérifier mais d’après plusieurs sources concordantes, il paraît de plus en plus probable que les japonais ont modifié les plans de construction initiaux.
    J’en parlais dans un post précédent.
    Il paraît donc dorénavant probable que pour des raisons de sous-bassement et d’allègement du bâtiment, la dalle de béton de normalement 8 m d’épaisseur ait été remplacée par une dalle bien moins épaisse (combien ??) et un « vide d’air », une espèce de construction en corps creux, tout aussi solide mécaniquement, plus léger, avec une meilleure tenue vibratoire (donc aux séismes) mais donc aussi moins résistante dans le temps en cas de corium.

    Je le répète, pour le moment, ça reste à vérifier mais….

    Bien entendu, si tel devait être le cas, la situation pourrait être radicalement différente et les hypothèses que l’on avait jusque là, obsolètes.
    Les espoirs qu’elle résiste deviendraient dès lors quasi inexistants !
    mais aussi, ce « corps creux » pourrait constituer une réserve d’eau ce qui constituerait le « bouquet final » en la matière 🙁

    1. Qu’est-ce que les Japonais attendent pour creuser en-dessous comme cela avait été fait à Tchernobyl ?

      Se peut-il qu’ils le fassent déjà mais en secret ?

      Merci
      Fred

      1. Essentiellement dans les communiqués et publications de РосАтом et МинАтом qui semblent mieux informés que l’ASN et l’IRSN ou la NRC …ou plus locaces.
        Un peu aussi auprès de la CAEA mais les infos sont en général moins complètes et distribuées avec plus de retard.

        Vis à vis de la première question (creuser). Il faut savoir que jusque là, les japonais ont refusé toute aide et tout conseil.
        Après les premières 10 heures dépassées, considérées comme « fatidiques » par les modélisations, les experts russes avaient conseillé aux autorités japonaises d’abandonner les confinements et les tentatives de refroidissement alors devenues quasi inutile pour un déchapeautage des réacteurs et un ensevelissement sous des tonnes de bore, borax, plomb…
        A cet effet des pays comme la France avaient d’ailleurs proposer d’envoyer 100 tonnes de bore par avion ainsi que l’Allemagne, la Russie, la Chine et certainement bien d’autres.
        La Russie a même proposer des hélico lourds (grue volante) pour déverser ces matériaux une fois le réacteur mis à nu.
        Bien entendu, pendant ce temps les rejets auraient été importants mais avec une possibilité vérifiée (Tchernobyl) qu’ils soient relativement « brefs », qu’ils permettent un « freinage » du corium et donc un confinement par la suite (sarcophage).
        La solution aurait aussi permis d’évaluer avec précision l’état des coeurs, agir au mieux des circonstances et peut-être pouvoir agir avant une fonte trop importante (A TMI, le coeur avait fondu de 50% en moins de 15 heures alors qu’il n’a jamais été totalement hors-d’eau)

        TEPCO a préféré croire en un possible sauvetage de la centrale pendant au moins une semaine (plus aujourd’hui).
        Cette centrale, notamment avec son réacteur 6 qui allait être mis en service, était la fierté de la compagnie car le plus important au monde fonctionnement au Mox en circuit fermé (REB) avec une charge de plus de 130 tonnes de combustible.
        Pour sauver la centrale, la compagnie a préféré tenter l’impossible pour sauver les confinements et penser possible un arrêt des réactions auto-entretenues.
        Pour sauver les marchés (en évitant un « syndrome Tchernobyl » et un classement 7), le gouvernement a préféré suivre Tepco et minimiser la gravité (pendant une semaine, l’accident a été classé 4 par le gouvernement japonais !)

        Aujourd’hui les rejets sont plus importants en terme de quantités absolue et relative qu’à Tchernobyl, plus graves car contenant des actinides et des transuraniens extrêmement nocifs, des risques non négligeables d’explosion majeure… et la solution pour arriver au bout du problème pratiquement inexistante !

    2. Quelles sont les sources concordantes ?, ni l’ASN et l’IRSN n’en parlent, où allez vous pêcher vos info ?

    3. il semblerait que la dalle de béton sous les réacteurs fassent bien 8 metres: c’est ce qu’affirme Thierry Charles de l’ASN.

      1. Tant mieux alors si tel est le cas !
        Reste à savoir si pour affirmer cela l’ASN se base sur les plans et les spécifités originaux des réacteurs Mark-1 ou si elle a des infos plus documentées émanant des autorités japonaises.
        Autre point : certains points de construction de ces réacteurs ont été modifiés dans les années 80 mais seuls les réacteurs 5 et 6 de Fukushima sont postérieurs à cette période.
        En 1979, GE a découvert une faiblesse dans les enceintes de confinement de ces réacteurs et notamment au niveau de la dalle.
        Tant que tout va bien….tout va bien …mais dans le cas contraire, le confinement est « douteux » !
        http://www.7sur7.be/7s7/fr/9776/Seisme-et-tsunami-au-Japon/article/detail/1236465/2011/03/16/Le-danger-nucleaire-a-Fukushima-connu-depuis-1972.dhtml
        http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/dossiers/seisme-au-japon/201103/18/01-4380861–ge-defend-le-modele-de-son-reacteur-a-lusine-de-fukushima.php

        Quoi qu’il en soit, les autorités russes et chinoises qui semblent beaucoup se préoccuper de se qui peut advenir au Japon, semblent moins catégoriques que l’ASN 🙁

  2. Voici un paragraphe d’un article du new york time : http://www.nytimes.com/2011/03/26/world/asia/26japan.html?_r=2&hp
    Quelle était la dose recue par les liquidateurs de chernobyl??
    « The National Institue of Radiological Sciences said that 3.9 million becquerels per square centimeter of radiation had been detected in the water that the three workers stepped in – 10,000 times the level normally seen in coolant water at the plant.
    The injured workers’ dosimeters suggested exposure to 170 millisieverts of radiation. But the institute said that the actual amount of radiation the workers are thought to have been exposed to in the water is 2 to 6 sievert. Even 2 sievert is eight times the 250 millisievert annual exposure limit set for workers at Daiichi.

    Dvd

  3. Je viens de regarder la vidéo de l’ASN mise en ligne aujourd’hui sur la situation à Fukushima et je peux vous dire que les différents intervenants n’en mènent pas large. Il y a 2 ou 3 jours il en fut un qui refusa tout bonnement de répondre à propos du niveau de radioactivité de l’air quand une des personnes présentes dans la salle, ne se satisfaisant pas du comparatif établi entre les rejets à Tchernobyl et ceux de la centrale japonaise, chercha à en savoir plus sur les données dont ces gens disposent pour nous dire qu’il n’y aurait aucun danger ! …
    A mes yeux il suffit de peu (!) pour se rendre compte que ces « experts » ne considèrent pas le petit peuple comme majeur et responsable : sortirdunucléaire.org, criirad, IRSN, et même les infos de l’ASN mises bout à bout suffisent à comprendre qu’on souhaite minimiser voire nous cacher les informations que l’on nous doit, s’il est vrai que nous sommes en démocratie !
    L’indignation aujourd’hui est plus que de mise.

    1. @ Andromaque
      « les informations que l’on nous doit, s’il est vrai que nous sommes en démocratie !
      L’indignation aujourd’hui est plus que de mise. »
      L’ASN ne peut donner que les informations qu’elle connait; les balises de lecture directe n’ont rien donné car l’activité est trop faible pour la sensibilité des appareils. Il faut filtrer environ 1000 m3 pour ensuite compter le filtre, mais il faut attendre 4/5 jours pour que la décroissance de l’activité naturelle ( Radon, Thoron ) qui est plus élevée, permette la mesure de l’activité artificielle apporté par le nuage.
      24+5= 29 mars Faut être patient…..

      1. Faux !
        L’ASN refuse de communiquer les mesures faites par le réseau de surveillance international d’activité nucléaire militaire, à même de mesurer précisément ce qui nous intéresse actuellement….

      2. @ kerema 29
        Si vous le voulez lisez le volet n° 1 du communiqué de la criirad « Colère et indignation » et vous comprendrez que les données sur lesquelles communique l’ASN le plus largement ne sont pas celles qui nous intéressent le plus urgemment …. De plus les éléments à communiquer éventuellement pourraient-ils ne pas concerner que notre beau pays ! États-Unis, Canada, pays d’Asie sont concernés aussi et ces chiffres m’intéressent également. Comment ne pas comprendre après ce qui peut s’appeler de la désinformation, de l’édulcoration et même pas de la prudence que les populations se jettent littéralement sur les comprimés d’iode, le sel iodé, les compteurs geiger et toute chose qui à leurs yeux les « protégerait » ?
        Vous parlez de patience quand, effectivement, zagi l’exprime, l’ASN « refuse de communiquer » sur des données qu’elle possède déjà !
        Désolée mais se silence est assourdissant !

    2. Alors qu’il y a quelques jours encore nos dirigeants parlaient d’Apocalypse, de 48 heures pour agir, c’est le silence total … même côté écologistes.
      Nous sommes probablement dans l’oeil du cyclone.
      A croire que tous  »serrent les fesses ».

      1. Le message de l’Apocalypse traite également d’un passage ou les Grands de ce monde, c’est-à-dire les nombreux capitaines d’industrie et autres se mettront tôt ou tard à palir subitement sur place, car il est bien évident qu’à force de vouloir tous bien faire les premiers à l’image nous allons tous tout droit au désastre global.

        Pourquoi vouloir pousser sans cesse les hommes à devenir fous, pour celui-çi il lui faudra toujours plus de pouvoir et de fumée et pour cet autre encore plus de richesses et de raison à la fois.

        Petit homme et cela même si tu ne crois plus au Ciel, aux Anges, aux Sages, comme au grand Esprit je t’en prie ne prend plus guère exemple de conduite et de réussite humaine sur les premiers destructeurs de la terre et de l’homme, car à la fin du grand commerce mondial de quoi donc auront-ils tous l’air à ce moment ?

  4. Et on n’entend toujours pas parler du ‘syndrome chinois’ dans les médias mainstream …
    Il y a une semaine, on parlait à peine de ‘corium’.

    Dans une semaine, quand on parlera du dit ‘syndrome chinois’, cela signifiera alors que nous avons atteint le niveau ‘désespéré’ … mais les médias continueront de parler de ‘risques potentiels’.
    La question est : jusqu’à quel niveau le ‘pouvoir nucléaire’ peut-il intervenir de cette sorte sur les médias mainstream ?
    La réponse est : ‘imprévisible’ ?

    1. Si le béton tient plus d’une semaine, on aura l’air de deux cons (et tant mieux) mais je suis tout à fait d’accord avec vous.

  5. Relance :

    « En tant que citoyen (à compléter) je soussigné,

    – Me propose d’héberger une famille japonaise.

    – Suis favorable à ce que mon gouvernement envoie au plus tôt des moyens d’évacuation massive de personnes (chargés de vivres, eau potable et autres matériels de secours).

    Nom Prénom Mél Localisation Profession Fonction Numéro de SS Capacité d’accueil Préférences »

    À envoyer à http://www.avaaz.org/fr/contact/ ; à sa mairie ; à son gouvernement.

    Dépêchez-vous : bientôt y’en n’aura plus, ils vont prendre une valeur incroyable ! Déjà actuellement un couple de japonais en âge de se reproduire s’échange contre 4 à 5 moldaves en âge de travailler !

    PS : Actualité-fiction : La junte birmane soutient les forces du bien en Libye : elle fournit l’essence. Total affirme ne pas être au courant mais propose pour la Libye son savoir-faire en matière de coopération avec les populations.

  6. Alors qu’il devient clair que personne n’a plus le contrôle de la situation et qu’au mieux ca va mal finir. Il y a en qui n’ont toujours pas de doute. Je ne m’attends pas qu’on arrête la production de MOX du jour au lendemain. Mais voyant ce qu’un tremblement de terre + tsunami a créé et qu’un autre est toujours très probable au Japon. Est-ce vraiment le bon endroit pour en envoyer plus ?

    Vraiment ça dépasse mon entendement, on a des milliers de mort. Des morts à venir dans d’atroces souffrances, mais non on se pose pas de question. Ca n’a rien de personnel sans doute : c’est juste du « business ».
    http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/03/25/les-ecologistes-s-opposent-a-l-envoi-de-mox-par-areva-au-japon_1498589_1492975.html#xtor=RSS-3208

  7. Évolutions des dernières 24h

    • Aujourd’hui, 26 mars, Kyodonews :
    « Les niveaux de matières radioactives montent en flèche dans la mer…
    … de l’iode-131 radioactif à une concentration 1 250,8 fois la limite légale a été détectée vendredi matin dans un échantillon d’eau de mer pris environ 330 mètres au sud de l’usine… »

    Source : http://english.kyodonews.jp/news/2011/03/81165.html
    • Rappel du billet 101 de F. Leclerc, 24 mars :
    « Selon Tepco, des mesures ont été effectuées sur des prélèvements d’eau de mer à 330 mètres du rivage de la centrale, au voisinage des débouchés des conduites de drainage du groupe des réacteurs 1 à 4. Mercredi , il a été trouvé 146,9 fois la valeur maximum admissible d’iode 131, ainsi que du césium 137, dans des proportions non communiquées »

    1. Dire la vérité n’est pas forcément la meilleure solution s’il y a une petite chance que le pire n’arrive pas.
      Souvenons nous, alors que le nuage radioactif est arrivé dilué aux Etats Unis et au Canada, les pharmacies furent dévalisées, les habitants se ruant sur les comprimés d’iode.

      La population n’est pas prête à entendre un tel message qui risquerait de provoquer une panique générale.
      Il n’y a qu’un faible pourcentage de personnes à s’y interesser dans le détail comme nous tous ici sur ce site grâce à l’énorme travail de synthèse effectué par François notamment.

      Par contre, s’il y a des rejets massifs suite à la fonte totale d’un ou plusieurs coeurs, il risque d’y avoir des émeutes, les habitants du Japon, des régions côtières de Chine voire de Californie fuiront comme ils le pourront.
      Outre la catastrophe humaine, environnementale, ce sera une crise économique majeure, difficilement imaginable.

      Comment est-il possible au quidam moyen d’envisager un tel scénario ?

      Les autorités pratiquent le mensonge par omission, ceci expliquant cela.

      1. Votre message donne une nouvelle définition du mot « démocratie ». Qui est peut-être, dans le fond, la seule réaliste… 🙁

  8. Je lis ce matin sur LeMonde.fr (heureusement quand même que ce journal se remet à parler de la catastrophe en cours) :

    « Radioactivité élevé à Tokyo et dans la mer. A Tokyo, samedi matin, une radioactivité de 0,22 milliSievert par heure était enregistrée, soit six fois la normale. Un tel degré de radioactivité ne présente cependant rien d’inquiétant pour la santé des populations, selon les autorités. »

    Je lis ensuite sur wikipedia :

    « Ordres de grandeur et réglementation (…)
    Limite autorisée pour l’exposition de la population aux rayonnements artificiels, en France : 1 mSv/an/personne (Code de la santé publique, Article R1333-8) »

    Maintenant, petits calcul fait maison :
    Dans un an, il y a 365 jours environ, qui ont chacun environ 24h. Donc un an, il y a environ 8760 heures.
    Si la limite maximale annuelle autorisée, est de 1mSv, la limite horaire est donc de 1/8760=0,114 microSv (ou 0,000114 mSv).

    Maintenant, wikipedia dit aussi :
    « Dose annuelle moyenne reçue en France : ~2,4 mSv/an/personne »

    Déjà, on constate que la dose annuelle moyenne est supérieure au taux légal admis. C’est peut-être normal, parce que la dose annuelle est la somme des doses naturelles et des doses artificielles reçues. (Mais ce taux total est peut-être quand même déjà inquiétant, sinon pourquoi limiter les taux artificiels à 1mSv/an ?)

    Quoi qu’il en soit, si l’on fait le calcul avec 2,4mSv au lieu de 1 mSv, on trouve 0,274 microSv/h
    (ou 0,000274 mSv).

    Comparez maintenant ce taux avec celui ne présentant « rien d’inquiétant » reçu par les Tokyoïtes : 0,22 mSv/h.

    J’espère juste que LeMonde s’est trompé dans l’unité.

    1. Dit plus simplement : selon LeMonde.fr, les habitants de Tokyo prennent actuellement en 5h la dose annuelle autorisé. Quoi de plus rassurant ?

      1. Merci pour vos liens. Mais je ne comprends pas où sont mes erreurs. Pourriez-vous refaire le calcul avec les bons taux à considérer, ou faire des calculs différents, qui auraient « du sens », et qui permettraient de comparer le taux maximum admissible d’après la loi et les radiations reçues actuellement à Tokyo ?

      2. @ Crapaud
        M-D-R
        Quelles informations?
        Il n’y a AUCUNE ETUDE à grande échelle si ce n’est celle effectuée sur la population d’Hiroshima et de Tchernobyl.
        Les doses maximum conseillées sont le fruit d’une corrélation entre potentiel admissible et obligation de rentabilité. OGM, Chimique, nanobiologique même combat.
        La différences des effets, qu’ils soient déterministes ou surtout stochastiques, varient en fonction des types d’éléments qui compose la pollution.
        La bombe Fatman (Hiroshima) avait une réactivité de fission d’à peu près 80% de la masse effective de son composant. Soit 20% de produits non transformé, vaporisé au vent à 600 mètres du sol, par jour de haute pression atmosphérique. Il va de soit que la totalité du composé fissible qui n’était pas entré en réaction lors de la fission n’est pas resté sur la ville, et c’est dispersé très vite.
        C’est la première fois de l’histoire qu’un cœur de MOX est à l’air libre en fusion.
        Dose létale du Pu : 50 millièmes de milligramme
        Une micro particule fixée dans l’organisme : 100% des cas développent un cancer.

      3. @Noux : j’ai remonté en 2 minutes 3 liens pour montrer que la réglementation était complexe, donc que Machicouli ne pouvait rien conclure avec les deux bouts de ficelle de ses règles de trois. N’y voyez pas un plaidoyer général en faveur de l’état de l’information dans le domaine, au demeurant très vaste, du nucléaire.

      1. Apparemment oui, ouf. Mais dans ce cas, il reste à expliquer pourquoi ce taux est « six fois supérieur à normale ». Vu qu’il semble être égal au taux français.

    2. les 1 mSv sont ce qui vient en plus de la radioactivité naturelle.

      la dose reçue dans un but médical n’est pas comptée non plus.

  9. L’homme de pouvoir, a souvent hélas besoin de posséder un plus grand idéal de puissance et
    de gloire à la fois pour se sentir bien et en sécurité, jusqu’à même vouloir en épater ou endormir un plus grand nombre, vouloir par exemple faire davantage descendre du feu du ciel sur la terre mais cela n’y changera rien, au contraire ce sera bien plus pire à voir.

    Et voilà que les gens se mettent sérieusement à s’en mordre les doigts, mais jusqu’à quand pourrons nous encore y échapper dans le déni de voir la cruelle réalité de ce monde en face.

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