Archives par mot-clé : « Comment sauver le genre humain »

CEVIPOF – « Le péril actuel au milieu des périls anciens : la Covid-19 à l’heure de l’anthropocène », le 6 octobre 2020

Le CEVIPOF – Centre de recherches politiques de Sciences Po m’a invité à faire un exposé demain. Il m’a été demandé un petit texte de présentation. Le voici.

Quand Rousseau évoqua la perfectibilité humaine comme nouvel horizon, son propos était d’évoquer les limites que le genre humain s’était assignées, pour suggérer de les faire au contraire exploser.

Quel était l’origine du manque d’ambition manifesté jusque-là ? L’Homo Imago Dei de l’Ancien Testament, un homme à l’image de Dieu, créé une fois pour toutes au gabarit d’une image précise, et dont les écarts par rapport au modèle originel constituaient autant de « crimes contre nature », non pas à l’encontre de cette Nature qu’évoquait Rousseau (l’envers de la Culture), mais une « nature humaine » définie une fois pour toutes et dont Adam constituait le prototype.

L’Esprit des Lumières nous encourageait donc à ce que l’on appelle aujourd’hui le « méliorisme » : une philosophie de notre amélioration de nous-mêmes à l’aide des moyens dont nous a pourvus la technologie : prothèses, bricolage génétique, intelligence artificielle supplémentant la nôtre, etc. Rien qui justifierait que l’on s’indigne, sans quoi il aurait fallu que l’on s’indigne aussi bien de la vaccination, voire même des progrès tout entiers de la connaissance.

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Pandémie, plan… Le livre de Paul Jorion et du Jansonien Vincent Burnand-Galpin prend un relief saisissant sous les feux de l’actualité, par Éric Blaisse

Pandémie, plan… Le livre de Paul Jorion et du Jansonien Vincent Burnand-Galpin prend un relief saisissant sous les feux de l’actualité

Qui écrivait, en 2019 : « Rappelons que nous ne serons jamais à l’abri d’une épidémie inédite. » ? Et qui préconisait, dans le même texte écrit l’année dernière, le retour à la planification comme la clé de voûte d’une croissance maîtrisée au service des citoyens ? C’est Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin, dans le livre qu’ils ont intitulé « Comment sauver le genre humain », que nous avons salué lors de sa parution, en mars dernier. C’était juste avant « le confinement », et cela n’a pas aidé à la diffusion de ses idées.

Et voilà que l’épidémie a explosé. On en connaît l’étendue et les dégâts : sanitaires, humains, économiques et sociaux.
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« Comment sauver le genre humain », le 18 mai 2020 – Retranscription

Retranscription de « Comment sauver le genre humain », le 18 mai 2020

Paul Jorion :

Bonjour Vincent Burnand-Galpin. On n’est pas tout à fait dans le format habituel de PJ TV. Ça serait un peu exagéré que je te présente comme un invité sur PJ TV alors que nous avons rédigé ensemble un ouvrage.

Je fais un tout petit récapitulatif : on s’est connu parce que tu m’as invité à l’ENSAE (École nationale de la statistique et de l’administration économique). Tu t’occupais de l’organisation des invitations de gens de l’extérieur. Tu m’as invité, si j’ai bon souvenir, deux fois. Une troisième fois, c’était à HEC et c’est d’ailleurs… la photo, c’est à HEC, quand tu m’as invité, c’était quoi, il y a un an ou deux ans.

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Aurons-nous l’opportunité d’un « moment Pearl Harbor écologique » pour déclencher un Etat d’Urgence écologique et la transition ?, par Cédric Chevalier

L’actualité nous montre des images d’apocalypse par le feu en Californie, rappelant celles que nous avons vu au Brésil récemment et précédemment, en Australie. Pendant que des rapports nous annoncent que l’Humanité est en train d’exploiter et détruire la nature à une échelle jamais vue.  L’année 2020 pourrait devenir la plus chaude jamais mesurée. Bref, il semble que le concept « d’effondrement » sorte de la catégorie des concepts théoriques pour devenir un questionnement pratique sur notre réel, le où et le quand nous vivons tous.

Comme pour la catastrophe de Fukushima, nous évaluons déjà très mal les risques et l’incertitude liés aux événements rares de grande ampleur, mais nous évaluons encore plus mal l’interaction des risques (conjonction-amplification-rétroaction), et en particulier la conjonction des risques de grande ampleur (perfect storm en anglais, soliton pour Paul Jorion).

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ESSEC – Imagination Week : Paul Jorion & Vincent Burnand-Galpin, le 27 août 2020 à 9h00

Notre exposé sur « Comment sauver le genre humain », à l’intention des étudiants de 3e année de l’ESSEC.

La récente victoire de l’IA sur les humains, que je mentionne durant mon exposé :


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Est-il possible de se passer de la planification en macro-économie ?, par Jean-Paul Vignal

À propos de Planification : le retour d’un Commissariat au Plan ? par Loïk Le Floch-Prigent, le 19 août 2020

Cet article de Loïk Le Floch-Prigent sur le retour du commissariat au plan me semble mériter plus de débats qu’il ne l’a fait parce que je crois qu’il porte sur un sujet vraiment important au moment où presque tout le monde s’accorde à reconnaitre les limites du capitalisme financier mondialisé actuel. 

Sur la forme, je trouve amusant que celui qui, en qualité de directeur de cabinet de Pierre Dreyfus, alors Ministre de l’Industrie, fut l’une des chevilles ouvrières des nationalisations de 1981 conteste 40 ans plus tard le bien-fondé de la planification, mais je n’en suis pas surpris sur le fond : Loïk Le Floch-Prigent a eu depuis tout le temps d’apprendre in vivo que la conduite d’une entreprise ne peut être guidée que par la poursuite inlassable de la maximisation de ses intérêts propres, réduits en système capitaliste financier à ceux de ses actionnaires et de ses cadres dirigeants, et que toute considération qui s’oppose à l’épanouissement de ces intérêts doit être ignorée quand c’est possible, ou vigoureusement combattue quand ça ne l’est pas. Continuer la lecture de Est-il possible de se passer de la planification en macro-économie ?, par Jean-Paul Vignal

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Ouest-France : Saint-Briac-sur-Mer. Comment sauver le genre humain, signature lundi 17 août

Saint-Briac-sur-Mer. Comment sauver le genre humain, signature lundi 17 août 2020.

Pourquoi Saint-Briac ? « Parce que c’est le lieu de résidence familial, depuis longtemps, où j’ai échafaudé mes réflexions », répond celui qui, à 23 ans, est actuellement étudiant, à l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE Paris) et à Sciences Po Paris.

Il s’est très vite engagé dans la vie étudiante. Il a même publié, en 2017, le Guide d’action du Lycéen engagé. Il a fondé la tribune étudiante de l’ENSAE, l’Agora. Et, depuis 2018, il co-signe de nombreux articles avec l’anthropologue Paul Jorion. « En mars, nous avons publié ensemble Comment sauver le genre humain. »

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Fanjeaux, dans l’Aude, Société de Secours Mutuel Saint-Roch : Paul Jorion, Le 1er novembre 2020

Je suis toujours ravi de découvrir qui a envie de m’entendre. Cette année la procession en costumes en l’honneur du saint n’aura pas lieu mais on aura l’occasion de venir échanger avec moi. On reste quoi qu’il en soit dans le cadre de l’espérance d’un monde meilleur 😀

L’annonce de ma venue :

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Recension de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

Pour Joseph Tainter, théoricien de l’effondrement, la théorie du conflit problématise l’Etat comme institution coercitive de la domination et de l’exploitation. La théorie de l’intégration en fait une solution : l’institution consensuelle des intérêts sociaux partagés.  Dépassant ces visions limitées, le philosophe Michel Foucault rejette l’idée d’Etat comme trop abstraite et se concentre sur les modes d’exercice pratiques du pouvoir, la gouvernementalité. Partageant le constat des risques existentiels, nos auteurs proposent ainsi une nouvelle gouvernementalité de l’urgence : un effort de guerre écologique via un Etat planificateur repensé. L’ouvrage bousculera les certitudes des « collapsonautes » institutionnellement résignés. L’Etat étant l’organisation humaine la plus puissante de l’histoire, les dégoûtés doivent expliquer pourquoi ils l’abandonneraient aux dégoûtants. Malgré une histoire étatique écodestructrice, Jorion et Burnand-Galpin écrivent qu’un Etat anti-collapse est encore possible, nécessaire et souhaitable. Nous n’avons pas mille ans mais dix. Avec un réalisme enraciné dans notre sol –les gens, idées et institutions tels qu’ils sont–, l’essai referme systématiquement des portes : déni, résignation, citoyennisme, survivalisme, révolution, abandon de la technologie et des marchés financiers, écologisme graduel, utopies ou eschatologies. Exit bien sûr capitalisme, économisme et profit, vive une politique des fins et non des moyens. Une seule porte reste ouverte : nous vivrons ou nous périrons tous ensemble. Le citoyen a besoin de l’Etat, l’Etat a besoin du citoyen. Comme le dit Bruno Latour, le citoyen est la clef pour recharger l’Etat de nouvelles pratiques. A lire d’urgence pour nous retrousser les manches et ne pas nous complaire dans le fatalisme. L’Etat c’est nous.

Cédric Chevalier, coauteur de Déclarons l’Etat d’Urgence écologique (avec Thibault de La Motte, Editions Luc Pire 2020)

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Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

Paul, Vincent, je suis invité par Pablo Servigne à rédiger une recension de votre essai « Comment sauver le genre humain » dans le magazine Yggdrasil (« Yggdrasil, effondrement & renouveau« ).

Servigne n’a jamais caché ses sources d’inspiration anarchistes, même s’il a toujours l’intelligence d’être assez indirect dans ses interventions et de se distancier face à des théories extrêmes : Ici il fait parler Kropotkine… L’Etat, ça a tout détruit dans la violence, les gildes, etc. Kropotkine : si on détruit l’Etat, l’entraide va revenir spontanément. (ça ce sont les courants anarchistes)

Mais dans Comment tout peut s’effondrer, Servigne & Stevens évoquent déjà le rôle que pourrait jouer l’Etat, à partir des expériences des économies de guerre UK et US (p. 235 et suivantes) : « lorsqu’on s’organise dans un but commun, il est possible de faire vite et de voir grand ». Continuer la lecture de Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

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« Comment sauver le genre humain » : Un livre qu’on continue donc à lire en haut-lieu !

Le Figaro : Le premier ministre promet la création d’un commissariat au Plan, le 15 juillet 2020

Pour rebondir face à la crise, l’exécutif ressort le commissariat au Plan. Le premier ministre Jean Castex a en effet profité de son discours de politique générale, ce mercredi après-midi à l’Assemblée nationale, pour annoncer le grand retour de ce portefeuille censé « rééclairer l’action publique d’une vision de long terme ». Pour lui, le commissariat a vocation à permettre « de planifier la politique économique et définira les gisements de croissance future ».

Ajout [18 juillet 12h45] : Continuer la lecture de « Comment sauver le genre humain » : Un livre qu’on continue donc à lire en haut-lieu !

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Élections municipales et Convention citoyenne : vert à moitié vide ou à moitié plein ? par Vincent Burnand-Galpin

Avec la supposée « vague verte » du second tour des élections municipales et les annonces du Président Macron aujourd’hui sur la Convention citoyenne, sommes-nous en train de prendre enfin le bon chemin pour sauver le genre humain (du moins en France…) ?

Les faits sont là. Hier, le second tour des élections municipales a été marqué par la conquête de nombreuses grandes villes par les forces écologistes. A Lyon, malgré un accord entre LREM et LR, l’écologiste, Grégory Doucet, remporte l’élection haut la main avec plus de 52,4% des voix, alors que le candidat était encore inconnu au bataillon avant ces élections. A Bordeaux, bastion historique de la droite, c’est Pierre Hurmic de EELV qui remporte l’élection. Encore à Marseille, l’écologiste Michèle Rubirola arrive en tête avec 39,9% des voix. Il faut encore citer Strasbourg, Besançon, Poitiers, Annecy ou encore Tours… en tout, une trentaine de grandes villes ont maintenant à leur tête un maire écologiste.  

Chacun aura son explication, mais cette poussée verte est certainement une conséquence de la crise sanitaire. Comme (j’en proposais l’hypothèse) le 24 mars 2020 sur ce blog, la crise sanitaire a agi comme révélateur de notre fragilité et de l’interconnexion entre biodiversité, climat, santé et économie. La crise sanitaire aurait agi comme dernier avertissement de la Planète et il aurait été enfin entendu. La crise sanitaire actuelle est un exercice grandeur nature du type de crises qui nous attend dans les décennies à venir et les électeurs se rendent bien compte que ce n’est pas le monde qu’ils souhaitent pour l’avenir.

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